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51% de la SLN : Niet du PDG d’Eramet à Dang et à Gomès

« IL Y A CINQ ANS
DÉJÀ »

imgres-2Le PDG d’Eramet, Patrick Buffet, est constant dans sa stratégie industrielle. En novembre 2010, il y a donc près de 5 ans, il affirmait, suite aux demandes de Dang de porter la participation des collectivités calédoniennes dans le capital de la SLN à 51 % : « « La perte de la majorité est inconcevable, on préfère vendre la SLN et partir. Nous ne sommes pas des opérateurs financiers, mais des industriels« . Et il ajoutait alors, pour que les choses soient bien claires : « Cette majorité n’est pas négociable« .

Aujourd’hui, et alors que la SLN enregistre de lourdes pertes en raison de la chute vertigineuse des cours du nickel, Patrick Buffet vient de confirmer sa position, à propos de la demande réitérée cette fois par Philippe Gomès et le Président du Gouvernement Philippe Germain de porter la participation de la STCPI (l’entité qui porte les parts des collectivités locales au sein du capital de la SLN – Ndlr) à 51%.

Lors d’un déplacement à Tokyo, il a en effet déclaré : « Une situation dans laquelle nous financerions et garantirions une nouvelle centrale d’une telle importance pour une société dont nous n’aurions pas la majorité est impossible ». C’est clair, c’est net !

« UN RETRAIT
D’ERAMET » 

Or, le remplacement de la centrale actuelle, polluante et coûteuse, est une nécessité pour la SLN afin de mener à bien son plan de compétitivité. Il y a fort à craindre que sans ce ballon d’oxygène sur sa facture énergétique, la compagnie ne pourra tenir longtemps face à la concurrence internationale. En filigrane, c’est la menace de la mise en sommeil de Doniambo dans les 5 ans à venir.

Pire, ce coup d’arrêt à la modernisation de l’appareil industriel calédonien pourrait entraîner le retrait d’Eramet de Nouvelle-Calédonie, accompagné de l’obsolescence progressive de l’usine Doniambo, et du seul maintien des intérêts miniers du groupe français.

imgres-1Patrick Buffet, à l’évidence, ne s’exprime pas sans l’aval tacite de son partenaire japonais Nisshin Steel et du groupe Duval. Mais qui peut douter que cette position n’a pas aussi reçu l’onction de l’Etat.

Dans les couloirs de Matignon, et même de l’Elysée, on ne cache pas que les prétentions soutenues depuis longtemps par André Dang sont démesurées. Et contraires à l’intérêt national.

Démesurées parce que les collectivités industrielles n’ont pas les moyens de supporter un risque industriel déjà trop important dans le montage de KNS et de l’usine de Corée, et a fortiori, dans une majorité à la SLN. En coulisse, certains fonctionnaires font remarquer que « la Calédonie aura tout simplement du mal à équilibrer, dans les années futures, ses régimes de retraites des salariés et des fonctionnaires ! ».

Alors un risque industriel de plusieurs centaines de milliards de CFP …

Quant à l’intérêt national, il ne se mesure plus dans des termes pseudo-coloniaux. Il s’agit simplement du fait que la Calédonie est jusqu’à preuve du contraire une collectivité de la République, que l’Etat y assure son rôle au prix de 20% du PIB calédonien. Entre autres.

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