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ENTRE PROTECTION DU CONSOMMATEUR ET SOUTIEN À L’INDUSTRIE LOCALE – Un enjeu économique et social délicat

Est-il possible de faire évoluer le système de protection des productions locales en soutenant les entreprises locales qui le méritent, en évitant la constitution de rentes de situation et en protégeant le consommateur calédonien de prix déraisonnables qui figurent désormais dans les barèmes internationaux ? En vertu de la liberté de commerce, tout le monde peut exercer une activité économique et commerciale en Calédonie. Mais est-ce à dire que tous doivent être protégés par des mesures de contingentement, ou pire, d’interdiction d’importation de produits concurrents ? Certainement pas.

UN MARCHÉ DE PETITE TAILLE
C’est évidemment la taille du marché intérieur qui constitue le principal handicap à l’industrie locale. Dans des pays de plusieurs dizaines de millions de consommateurs et soumis aux règles du commerce international et donc directement à la concurrence mondiale, bien des productions locales sont vouées à l’échec. Que dire d’un marché de 270 000 consommateurs !

Encore faut-il rappeler que certaines règles de protections, appliquées depuis des années en Calédonie, se situent à la marge de ce qui est normalement autorisé.

POUR QUELLES ENTREPRISES LA PROTECTION EST-ELLE JUSTIFIÉE ?
Mais au delà de considérations qui relèvent de l’OMC, qu’une entreprise fabrique des produits localement, crée des emplois apporte de la ressource fiscale et sociale, quoi de plus vertueux si le prix à payer par le consommateur et par le territoire est raisonnable. Mais il est important que cette règle soit quantifiée, validée et suivie pour que le résultat demeure positif pour la collectivité toute entière.

Qu’une autre entreprise fabrique des produits localement, mais que son apport en emplois, en ressources fiscales et sociales soit d’une valeur bien inférieure à ce que son activité et ses produits vont coûter aux consommateurs et au territoire, alors, il est pertinent de se poser la question de la protection de cette entreprise. De la protection uniquement, s’entend, puisque l’entreprise peut exercer librement ses activités, quoi qu’il en soit.

PAS AU DÉTRIMENT DE L’ÉCONOMIE ET DU CONSOMMATEUR
La question de la cherté de vie est l’un des sujets majeurs de la Nouvelle-Calédonie. Les prix, ici, sont devenus, pour beaucoup d’entre eux, déraisonnables. Les mécanismes autoritaires mis en place – contrôle des marges et des prix – se sont globalement soldés par un échec.

On sait, pourtant, quels autres mécanismes génèrent ces coûts exorbitants, et ils ne sont pas tous liés au bouc émissaire que constitue au sens large, l’importation.

Il y a une trentaine d’années, la Nouvelle-Zélande a conduit une véritable révolution économique notamment à l’initiative d’un député, Roger Douglas. Dans ce cadre, certaines productions locales, comme la fabrication de télévisions, furent jugées économiquement inappropriées, car en plus du défi technologique qu’elle représentaient, leur apport économique globale était négatif au regard du coût engendré par ces productions. Le pays mit fin à ces fabrications et consacra des budgets importants à la reconversion des personnels concernés.

COMMENT FAIRE BAISSER L’INCROYABLE COÛT DE LA VIE ?
La Nouvelle-Calédonie importe la plus grande partie de ses équipements et de ses produits de consommation. Elle fabrique le reste. Comment, dans ces conditions, faire évoluer à la baisse le coût de la vie ?

En matière d’importation, après l’échec des contrôles des marges, plusieurs pistes demeurent. Du point de vue social, les produits de première nécessité doivent être réglementés et rendus accessibles au même prix en tout point du territoire grâce à un fonds de péréquation.

LES VERTUS DE LA CONCURRENCE
Dans le monde entier, la réponse s’appelle la libre concurrence. La Calédonie, évidemment, n’échappe pas à cette règle. Prenez le cas des pièces automobiles. Certains concessionnaires sont-ils taxés de prix trop élevés ? C’est la concurrence de revendeurs spécialisés dans les pièces détachées qui fera baisser les prix. Ou encore les commandes par Internet … Chacun en a déjà fait l’expérience.

S’APPROVISIONNER EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZÉLANDE À DE MEILLEURS CONDITIONS
Certains marchés d’approvisionnement doivent par ailleurs être libérés. Nous sommes à deux pas de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Taxer durement à l’entrée un certain nombre de produits accessibles plus facilement et moins chers à partir de ces marchés est stupide. Cela consiste en général à protéger une exportation marginale de quelques fournisseurs métropolitains et européens, avec une rentrée fiscale négligeable pour le territoire. Mais à un coût qui ne l’est pas pour le consommateur calédonien.

UNE PROTECTION CLAIRVOYANTE À METTRE EN PLACE
Reste la production locale. Celle qui relève du secteur agricole doit évidemment être traitée sous un double regard : l’activité économique, et l’occupation des espaces ruraux. Mais il n’empêche.

Que le consommateur calédonien doive payer les bananes et les pommes de terre à un prix qui se situe vers les sommets mondiaux impose réflexion.

Quant à l’activité industrielle, il est évident que certaines activités méritent d’être protégées. Mais cette protection doit être justifiée par un panel de paramètres prouvant l’intérêt économique général, et l’impact modéré sur le coût au consommateur. Ce dernier, d’ailleurs, ne doit pas être privé de choix. Les interdictions d’importations doivent être l’exception, la taxation protectrice, la règle. Et si le consommateur préfère acheter plus cher un produit qui lui convient davantage que celui fabriqué localement, libre à lui.

La liberté est comme la santé : elle n’a pas de prix, mais elle a un coût. C’est l’équation délicate que les élus auront à résoudre, entre soutenir l’industrie locale, éviter les rentes de situation et protéger le consommateur.

LE CYCLÔNE TINO NE MENACERA PAS LA CALÉDONIE

Situation dimanche soir

Toutes les prévisions méteo concordent : le cyclône Tino dont la trajectoire a concerné Tonga, puis Wallis et Futuna, s’oriente vers le sud. Pas de déplacement vers la Nouvelle-Calédonie, donc. Le territoire restera sous l’influence d’une zone de haute pression centrée dans la mer de Tasman et bénéficiera d’un beau temps.

Situation lundi
Situation mardi
Trajectoire de Tino

UNE PLANTATION DE CANNABIS EN PLEIN NOUMÉA ! L’A340 est reparti – 500 visiteurs à Tiga pour la Fête de la pastèque – 17 nouveau cas d’infection à un nouveau virus en Chine

Une plantation de cannabis en plein Nouméa ! C’est ce que les services de police ont découvert à l’issue d’un contrôle de véhicule suspect. La culture était opérée en plein champ dans un squat, au nez et à la barbe des autorités jusqu’à ce jour. Des autorités coupables d’une absence de programme de résorption de l’habitat insalubre, aussi bien sur des terrains municipaux que territoriaux.

L’Airbus A340 de la compagnie Qantas, dérouté à Tontouta pour cause de météo, est reparti hier vers l’Australie. De nombreux Calédoniens se sont déplacé à l’aéroport pour assister au décollage, spectacle insolite, première visite du géant du ciel. Les 370 passagers ont dormi à Nouméa, une aubaine pour les hôtels … et les statistiques touristiques.

Fin de la fête de la pastèque à Tiga. 500 personnes ont fait le déplacement dans la petite île rendue célèbre par le nom qu’elle a donné à une planche à voile.

Le cyclône Tino est en train de se disloquer. Lire notre article.

La Chine a fait état dimanche de 17 nouveaux cas du mystérieux virus apparu à Wuhan et de la même famille que le Syndrome Respiratoire Aigu (Sras), dont trois patients dans un état grave, ce qui alimente les inquiétudes à quelques jours des grands chassés-croisés du Nouvel An chinois. L’épidémie fait aussi craindre une nouvelle crise comme celle du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), hautement contagieux, qui avait tué 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003. Lire le lien 20 minutes
https://www.20minutes.fr/monde/2698475-20200119-chine-pekin-annonce-17-nouveaux-cas-mysterieux-virus

2020 : CE QUI VA SE PASSER EN CALÉDONIE … ET CE QUI RISQUE DE SE PASSER

L’année 2019 n’a pas été avare d’événements et de changements en Nouvelle-Calédonie. On peut même parler de changement d’époque. L’économie, le social et le politique se sont répartis les rôles.

La vie économique a été fertile en constats et en événements. La SLN a poursuivi son redressement avec deux faits nouveaux : une autorisation d’exporter des minerais pauvres, puis un accord avec Enercal sur le prix de l’électricité. Plusieurs coups de théâtre ont marqué les décisions de Vale. Le géant brésilien avait d’abord fermé le robinet des financements, et notamment pour l’aménagement de Lucy à 70 milliards. Puis il l’a rouvert, à la faveur des perspectives du développement des batteries électriques gourmandes en nickel. Puis cela a été l’annonce de son retrait de Calédonie, de changement de stratégie industrielle, et de négociations avec un repreneur.

Autre secteur d’importance : le tourisme qui est toujours à la peine. Dans les entreprises, un léger regain d’optimisme s’est fait jour après les premières mesures prises par le nouveau gouvernement : une loi de relance dynamique et innovante, une sortie en douceur du contrôle des marges des entreprises, un budget terriblement contraint mais qui préserve des investissements publics importants.

En matière sociale, les limites ont été atteintes par le déficit du Ruamm, -une affaire que les responsables traînent depuis 10 ans-, avec la cessation de paiement annoncée des professions de santé. Mais une lueur d’espoir s’est allumée avec la présentation par le gouvernement d’un plan de redressement, d’un calendrier, et des moyens à mettre en oeuvre.

Dans le domaine politique, exit la toute puissance de Calédonie Ensemble. Le regroupement Avenir en Confiance a ramassé l’essentiel de la mise, tandis qu’une partie de la communauté wallisienne et futunienne a joué le remake de l’Union Océanienne de 1989. Pourtant, l’absence de majorité au gouvernement et au congrès, le jeu permanent des partis et l’instabilité potentielle qu’il génère, montre les limites du fonctionnement démocratiquement rationnel de nos Institutions.

Le reste de l’actualité quotidienne en 2019 a surtout été marqué par l’incapacité des responsables de l’Etat et locaux à maîtriser la dérive toujours croissante de l’insécurité routière autant que de la délinquance.

Coup de chapeau, en revanche, pour l’ensemble des pompiers et la pour la Sécurité Civile, tous sur le difficile front du feu. Avec succès.

Autre bonne note, celle que l’on peut attribuer au sport. Succès individuels pour les nageurs, les tennismen, les véliplanchistes, les rugbymen, les athlètes du handisport, ou encore collectifs à l’image de l’AS Hienghène.

C’est sous les auspices du changement que s’ouvre l’année 2020. Ou de promesses de changement. Dans ce paysage contrasté, le regroupement des Républicains Calédoniens, du Rassemblement et du MPC s’est engagé à restaurer la confiance. Que va-t-il se passer en 2020, et que peut-il se passer ?

Au plan électoral, deux échéances s’imposent aux Calédoniens : les élections municipales en mars, et le référendum en septembre. Tous les électeurs français aux municipales, les électeurs français citoyens de Nouvelle-Calédonie au référendum.

Commentaires sur ces deux scrutins : le focus sur Paita, où un désaccord s’est fait jour au sein de l’Avenir en Confiance, et l’inconnue de l’Eveil Océanien, d’une part, sur La Foa où Muriel Keletoana joue la survie de Calédonie Ensemble, d’autre part, sur le résultat du match entre Jerôme Siret et Pascal Vittori à Boulouparis enfin, pour la succession d’Alain Lazare. Qui va sortir victorieux (se) de ces compétitions entre loyalistes ?

Chez les indépendantistes, deux grandes régions : les Iles et la Grande Terre. Le Palika voudra conserver Ouvéa, et confirmer sa poussée à Lifou et Maré. Et pourquoi pas une nouvelle coalition à Lifou, fief de l’Union Calédonienne qui a cédé la tête de liste provinciale à un ancien adversaire de Neko Hnepeune, et qui semble en recul ?

Sur la Grande Terre, c’est le scrutin de Hienghène qui retiendra l’attention : retour de la commune dans le giron de l’UC ou confirmation du basculement au Palika ?

Quant au référendum, c’est la constitution du Front Loyaliste qui apporte une dynamique nouvelle au scrutin d’autodétermination. La première édition, en novembre 2018, avait été marquée par un forme d’arrogance victorieuse des loyalistes accompagnée d’une campagne assez calamiteuse, et par une réponse cinglante des indépendantistes, sérieux sur le terrain, et gratifiés d’une … défaite en forme de victoire.

Tout laisse à penser que, du côté loyaliste, la leçon a porté quelques fruits, en dépit de la bouderie de Calédonie Ensemble. Paradoxalement, c’est le mouvement indépendandiste qui paraît à la fois uni sur l’objectif, mais au sein d’une union nuancée par les différences de conception de l’indépendance, et qui portera peut être les stigmates des municipales.

Chaque camp tentera donc de mobiliser les abstentionnistes de novembre 2018. La progression, la stagnation ou la régression se jugeront peut être à quelques dixièmes de point. Mais des dixièmes ou des points qui pèseront lourd sur l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie.

Ce sont les comptes sociaux qui font peser la menace la plus lourde sur les finances publiques, les professions médicales, les fournisseurs et le quotidien de santé des Calédoniens. Un véritable enjeu de Société.

Inspiré par le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales dont les spécialistes vont revenir sur le territoire, et cette fois inscrivant sa démarche dans la concertation avec les partenaires sociaux, le gouvernement devrait marquer des points décisifs en 2020, sur le retour à l’équilibre des régimes et la pérennisation du système de protection sociale et de santé des Calédoniens. L’un des meilleurs au monde. Restauration de la trésorerie, mesures de redressement dans la gestion, mise en oeuvre d’une gouvernance et d’un pilotage plus vertueux du système sont inscrits dans un calendrier désormais connu.

Les services publics, les établissements publics, les bénéficiaires de subventions publiques vont connaître une année financièrement difficile. Mais comme aimait à le rappeler un ancien membre du gouvernement à propos des crédits, « quand y’a pas, y’a pas ! » Sûrement l’occasion de rationnaliser la performance du fonctionnement en généralisant la dématérialisation, et par de meilleurs contrôles de gestion.

Le monde économique devrait reprendre son souffle, grâce notamment à la concrétisation des mesures inscrites dans le Plan de Relance et les mesures de stabilisation -et de sécurisation- fiscale promises en début 2020. En dépit de l’hypothèque que fait toujours peser le cycle des référendums, la confiance devrait lentement se développer, avec pour effet un mieux dans la consommation des ménages. Le remboursement promis de 4 milliards d’avances imposées aux entreprises sur les droits et taxes à l’importation lors de la création de la TGC, devrait provoquer un effet sensible, à la fois sur la confiance, sur la dépense et l’investissement.

Le coût de la vie restera l’une des préoccupations des consommateurs calédoniens. Une nouvelle stratégie va être mise place par le gouvernement, basée sur le développement de la concurrence d’une part, et sur celui du Bouclier Qualité/Prix d’autre part. Fondée sur la concertation et l’attention portée aux recommandations de l’Autorité calédonienne de la Concurrence, sera-t-elle plus efficace que les théories précédentes de blocage des prix et des marges ? L’année 2020 sera un test significatif à cette thèse du libéralisme encadré. Tout de même plus moderne.

Pour Vale, 2020 devrait voir son départ et son remplacement, dans l’usine du Sud reconfigurée, par un nouvel actionnaire. L’année va cependant connaître sa crise sociale, avec les suppressions, et d’emplois dans l’usine de raffinage, et de contrats pour des sous-traitants. L’enjeu sera donc le reclassement des personnels touchés par les suppressions de postes, un reclassement pour lequel Vale mettra la main à la poche pour financer le dispositif déjà utilisé par la province Sud.

Quelques points demeurent encore imprécis, notamment celui concernant l’engagement du géant brésilien à achever la construction de la zone de stockage de déchets « Lucy ». Dans quelles conditions, et dans quels délais ?

Une perspective : après les mesures douloureuses de spécialisation de la production vers le NHC destiné aux batteries et les équipements d’accompagnement annoncés, l’usine du Sud devrait enfin trouver les chemins de l’équilibre ou des bénéfices, gages de pérennité. En l’espèce, la prudence est tout de même de mise.

La SLN devrait franchir une étape significative de son redressement. Au coeur des discussions futures figurera la nouvelle centrale énergétique avec quelques sujets qui restent tout de même à préciser : les besoins confirmés de l’usine Doniambo et donc le dimensionnement définitif de la centrale, c’est à dire son coût réel.

Glencore est silencieux. L’usine du Nord est encore loin, et de son équilibre financier, et de sa production nominale. Une certitude : l’endettement des partenaires calédoniens et colossal.

En matière de production d’énergie propre, la Nouvelle-Calédonie est exemplaire. En 2019 a été inaugurée la plus importante centrale avec batterie de France. Les équipements, notamment en solaire, se poursuivent. Le territoire va probablement atteindre ses objectifs en matière d’énergies renouvelables dès 2023, c’est à dire avec plusieurs années d’avances sur sa feuille de route.

C’est une société calédonienne plus clivée qui devrait se développer en 2020. Le fédéralisme du territoire, créé par les Accords de Matignon, a conduit au clivage provincial porté par les compétences importantes de ces collectivités en matière économique, sociale, culturelle et d’enseignement. Le référendum de novembre 2018 a, quant à lui, confirmé un clivage politique entre deux grands blocs : le Nord et les Iles d’une part, le Sud d’autre part. L’ensemble de ces clivages devrait s’accentuer au cours de cette année.

C’est évidemment le référendum de septembre 2020 qui devrait accroître le clivage de la société calédonienne. Les Accords de Matignon, puis de Nouméa, avaient laissé espérer que deux positions inconciliables -la revendication d’indépendance, celle du maintien dans l’ensemble français- pourraient finalement se fondre dans un désir réciproque de « destin commun ». On sait, à présent, que pour les générations actuelles, cette vision est une vue de l’esprit.

A côté de la campagne référendaire qui a déjà été lancée, et qui va durer 9 longs mois, d’autres théories de « coexistence » sur un même archipel commencent à prendre corps, en plus, évidemment de celles de l’indépendance.

L’indépendance, d’abord, est vue différemment selon que l’ont soit à l’Union Calédonienne ou à l’Uni. Souveraineté pleine et entière sans partage, sous-entendu « on verra ensuite« , d’un côté, souveraineté en partenariat avec la France de l’autre.

Le maintien du territoire dans la République commence, lui aussi, à prendre des formes totalement nouvelles. Elles vont de l’hyper-provincialisation à la capacité, pour chaque province, de choisir la nature de ses liens avec la France, en passant par la résurgence du fédéralisme de feu la Communauté française, avec la coexistence, au sein d’une nouvelle entité fédérale inscrite dans la Constitution, d’une collectivité de la République -l’actuelle province Sud- et d’un Etat associé avec la France constitué par les actuelles provinces Nord et Iles.

Comment ces théories vont-elles prospérer ?

C’est en réalité la suite postérieure au troisième référendum qui s’ébauche. A moins que l’accession de la Nouvelle-Calédonie à l’indépendance -tout de même peu probable-, vienne couper court à ce qui ressort, pour l’instant, de spéculations.

SÉCURITÉ RENFORCÉE SUR LES BAIES – Budget voté pour les provinces Nord et Sud – A Paita, le Rassemblement ne soutiendra pas le maire sortant – 3G : Harold Martin fait appel

Après les graves incidents du week end dernier, l’Etat va enfin mettre un dispositif de sécurité réellement renforcé sur la baies pour tenter d’éviter que la zone ne soit aux mains des casseurs. Il était temps. Comme à plusieurs reprises depuis ces dernières années, la gendarmerie mobile viendra prêter main forte à la Police Nationale et à la Police municipale.

Les provinces Nord et Sud ont adopté leur budget pour l’année 2020. 37 milliards pour le Nord, dont 11 en investissement, et 53 milliards pour le Sud. Cette dernière province maintient comme le Nord un niveau d’investissement publics importants, mais a décidé une simplification de son organisation administrative, ainsi que des économies de fonctionnement. Volonté de transition écologique, transformation numérique, soutien économique, bien être des habitants du Sud et sécurité sont les maîtres mots pour ce budget 2020 de la province Sud. Calédonie Ensemble et les indépendantistes ont voté contre, Générations NC s’est abstenu. Dans le Nord, le budget a été voté à l’unanimité.

Pour les prochaines élections municipales de Paita, le Rassemblement ne soutiendra pas la candidature de Willy Gatuhau, maire sortant et Secrétaire général adjoint des Républicains Calédoniens. La raison ? La récente condamnation de l’intéressé qui a pourtant fait appel.

Récemment condamné par la Cour d’Appel de Nouméa, Harold Martin a décidé de se pourvoir en Cassation.

Un semi-remorque s’est renversé sur la Savexpress hier après midi à la hauteur de Kenu In. L’accident a provoqué d’importantes perturbations de trafic routier.

APPEL AU CALME PAR LES COUTUMIERS DE BOULOUPARIS – Incendie de la Tamoa : des maisons évacuées à la tribu de Bangou – Le Mont Dore choisit le numérique

On se souvient qu’une altercation sur fond d’alcool et de rivalité coutumière a récemment fait une victime à Tomo. Un conflit coutumier agite deux groupes de la tribu de Ouinané depuis plusieurs mois.

Les responsables coutumiers de Boulouparis appartenant à l’aire Xaracuu ont lancé un appel au calme. Il prône un retour à la raison et à l’apaisement des tensions.

L’incendie de Tamoa n’est pas complètement maîtrisé. Il a repris hier pour des raisons inconnues. Résultat : plusieurs maisons de la tribu de Bangou ont du être évacuées.

Le Mont Dore choisit la simplification administrative pour ses concitoyens et étend les démarches numériques. La ville a signé ce matin une convention de dématérialisation de ses documents comptables et financiers avec ses partenaires : la chambre territoriale des comptes, la direction des finances publiques et le trésorier de la province Sud.

La station d’eau potable de Koné qui avait été vandalisée, est réparée. la tribu de Koniambo, le lotissement Cigales et le haut du village sont à nouveau alimentés.

Encore un accident mortel. A Koumac, une sortie de route d’un véhicule a provoqué la mort de deux personnes. Ce sont 51 victimes de la route qui sont ainsi recensées depuis le début de l’année. Une prévention routière quelque peu défaillante …

NOUMEA PREMIÈRE VILLE FRANÇAISE EXEMPTE DE DENGUE GRÂCE À WOLBACHIA ?

Star du programme World Mosquito Program qui vise à éradiquer la dengue, le zika et le chikungunya, un programme mis au point par les chercheurs de l’Université Monash en Australie, la bactérie Wolbachia empêche la transmission des trois maladies par le moustique porteur, Aedes Aegypti. Depuis un an, dans le cadre d’un partenariat entre Monash, l’Institut Pasteur, la Dass et la Ville de Nouméa, l’opération a été mise en oeuvre.

Depuis le mois de juillet, ce sont quelques 3 millions de moustiques « infectés » par Wolbachia -une bactérie que l’on trouve localement à l’état naturel, dans les bananes, par exemple- qui ont été lâchés dans la capitale. Objectif de ces vecteurs : transmettre Wobachia à tous les moustiques pour éradiquer la dengue, le zika et la chikungunya.

L’opération a été très bien accueillie par les Nouméens qui se sont précipités pour procéder eux-mêmes à « l’élevage » de moustiques Wolbachia. Des pochettes sont mises à leur disposition, mais les stocks sont déjà en rupture !

A partir de février prochain, et durant toute l’année 2020, les chercheurs s’appliqueront à vérifier l’efficacité du dispositif.

En théorie, dès l’année prochaine, le risque Dengue devrait être éradiqué de la capitale, devenant ainsi la première ville française à afficher un tel résultat.

D’autres communes, comme Dumbéa, ont rejoint le programme. L’objectif global est ambitieux : rendre la Calédonie entière indemne des trois maladies.

FEU VERT POUR LA LOI DE RELANCE – Affaire de la 3G : le verdict de la Cour d’Appel – Un incendiaire interpelé à Numbo

Le projet de Loi de Relance Economique a été examiné par le Conseil d’Etat qui s’est borné à encourager l’élargissement des zones franches. Hier matin, le projet a de nouveau été approuvé à l’unanimité par le gouvernement. Il sera inscrit à l’ordre du jour du 30 décembre au Congrès.

La Cour d’appel a rendu son verdict dans le feuilleton de la 3G. 6 mois de prison avec sursis, 7 millions d’amende et 2 ans d’interdiction de fonction publique pour Harold Martin, 6 mois avec sursis, 7 millions d’amende et 20 millions d’amende pour la Calédonienne d’Ingénierie pour Jean-Marc Bruel, et relaxe pour Thierry Granier.

Un incendiaire a été interpelé en flagrant délit lundi soir à Numbo. Chacun s’interroge sur la peine qui sera requise. Rappel à la loi, amende, ou prison ferme ?

Manif d’agriculteurs hier devant le gouvernement. Ils réclament la nomination d’un élu responsable du secteur. Une proposition sera de nouveau faite mardi prochain. En attendant, une enveloppe supplémentaire de 400 millions pour l’Agence Rurale sera proposée au projet de budget 2020

RETOUR À L’ÉQUILIBRE DES COMPTES SOCIAUX : THIERRY SANTA PRÉSENTE LE PLAN AU CONGRÈS – LES PRIX SONT STABLES EN NOVEMBRE – MORT DE TOMO : UN SUSPECT ARRÊTÉ

Le président du gouvernement a planché devant les élus du Congrès hier pour présenter le plan visant au retour à l’équilibre des comptes sociaux calédoniens.

Dans un premier temps, un organisme nouveau de financement, alimenté par une fiscalité affectée, permettrait avant la fin 2020 de restaurer la trésorerie des établissements de santé et de protection sociale. Le « trou », après « retraitement », est estimé à 23 milliards.

Dans le même temps, afin de restaurer l’équilibre à moyen et long terme, les prescriptions du Plan Do Kamo, largement inspirés du rapport de l’Igas réalisé en 2017, seraient mises en application. Elles visent à rénover la gouvernance et le pilotage des comptes sociaux.

Thierry Santa a indiqué que des spécialistes de l’Inspection Générale des Affaires Sociales seront prochainement sur le territoire pour contribuer à mettre en oeuvre ce volet.

Selon l’Isee qui a publié le baromètre des prix en novembre, les prix sont restés stables. Si une hausse est enregistrée pour l’énergie -la Calédonie est soumise aux hausses extérieures en ce domaine- en revanche les prix des services et de l’alimentation sont en légère baisse. On est loin de l’explosion des prix annoncée par certains élus après l’extinction du contrôle des marges des entreprises.

L’intersyndicale des retraités a été reçue au gouvernement. Ses représentants ont exprimé le souhait que des améliorations soient apportées à la Carte Senior.

Incendie à la Tamoa. Des moyens lourds ont été actionnés pour circonscrire le sinistre. Le nième de la saison.

Individu casseur arrêté : il s’agit d’un caillasseur de bus Taneo qui s’est attaqué au véhicule hier après midi. Les forces de police sont intervenues rapidement.

Un individu a été interpelé à Tomo. Il est soupçonné d’avoir provoqué la mort d’un homme après une altercation sur fond de rivalité tribale et d’alcool.

UN CALÉDONIEN CHAMPION DE FRANCE, UN CALÉDONIEN CHAMPION D’AUSTRALIE : IL N’Y PAS QUE LES ABRUTIS DU SAMEDI SOIR

Les voyous du samedi soir ne doivent pas occulter de magnifiques réussites de jeunes Calédoniens dans leurs disciplines sportives respectives. Heremana Courte en Australie, Maxime Grousset en métropole, et toujours notre déjà championne Lara Grangeon.

Pendant que quelques dizaines d’abrutis affrontaient les forces de police, cassant tout ce qu’ils pouvaient à la baie des Citrons ce week end, des centaines d’heures de travail et de sacrifices étaient récompensées sur les courts de Melbourne et les bassins d’Angers.

En Australie se déroulait la finale nationale Open des joueurs de tennis de 12 ans et moins. Le jeune Heremana Courte a tout simplement terrassé son adversaire, un des meilleurs Japonais, tous deux ayant battu les meilleurs joueurs australiens. De quoi, par ailleurs, suggérer que son professeur du Club du Mont Coffyn, Philippe Poignon, est plutôt bon. Le talentueux joueur calédonien est ainsi champion d’Australie dans sa catégorie.

En métropole se déroulaient les finales de natation en petit bassin pour le championnat de France. La France, une des meilleurs nations mondiales dans ce sport. Lara Grangeon a glané le titre du 200m dos. L’exceptionnelle championne calédonienne n’étonne presque plus alors que chacun de ses succès est une victoire étonnante.

Mais c’est Maxime Grousset qui a pris une nouvelle place dans le palmarès des champions calédoniens de haut niveau en remportant la finale prestigieuse du 100m. Un authentique exploit.

Ainsi, pendant que des bandes d’écervelés par l’alcool et probablement le cannabis, cassent en plein coeur de Nouméa, posant quelques interrogations sur la pertinence des décisions de l’Etat en matière de sécurité et de répression de troubles récurrents, d’autres jeunes montrent l’exemple de ce que doit être la Calédonie de demain. Bravo à eux.