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BIÈRE SANS ALCOOL ! RÉACTION IMMÉDIATE DE LA GBNC

Finalement, ce sera un contrat gagnant-gagnant. Devant la perspective de baisser le degré d’alcool pour faire entrer les bières dans les boissons alcooliques, et en interdire la vente dans un certain nombre d’enceintes, les producteurs réagissent.

En particulier, le gouvernement envisage de fermer la vente des boissons dont le taux d’alcool est inférieur à 2% dans des endroits comme des snacks à proximité d’installations sportives.

Les  pratiquants de tennis et autres sportifs qui transpirent abondamment, aiment pourtant prendre une bière fraîche après l’effort. Sans pour autant se soûler, nuire à leur santé, ou perturber la tranquillité publique.

La Grande Brasserie de Nouvelle-Calédonie n’est, en tout cas, pas entrée dans ce débat. Ces entreprises doivent payer leurs charges sociales, rémunérer leurs personnels, et faire de bénéfices, ce qui, outre les dividendes versés à ceux qui prennent des risques financiers privés, permet à la collectivité de récupérer des impôts.

C’est donc une bière sans alcool qui est désormais commercialisée. Elle a l’aspect, la mousse, et pratiquement le goût de la bière avec alcool. Mais point d’alcool dans sa composition, ce qui ne l’empêche d’être délicieusement rafraîchissante.

La commercialisation va certainement connaître un succès mérité. Le gouvernement devrait être satisfait. Du moins partiellement.

Il pourra se réjouir d’une baisse de consommation de boisson alcoolique. En revanche, avec la baisse d’achat d’alcool, et dans l’hypothèse du succès de ces bières, le rendement de 6 milliards de recette budgétaire devrait quelque peu s’éloigner …

LA SITUATION EN EUROPE
En Espagne, les bières sans alcool représente 8% du marché. En France, un petit 2% des volumes. Dans ce segment se côtoient Buckler (Heineken), Kro Pur Malt (Brasseries Kronenbourg), quelques autres marques et MDD et depuis peu, Wit 0,0% et Wit Fruity Rosé 0,0% (Bavaria).

Les Brasseries Kronenbourg (BK) ont lancé une deuxième marque sur ce segment, 1664 sans alcool. Une mousse dont la fermentation a été stoppée au bout de trois jours (au lieu de 8 jours pour une bière classique) pour que le taux d’alcool n’atteigne que 0,5°.

La législation française autorise l’appellation « bière sans alcool » pour tout produit brassé titrant moins de 1,2° mais Kronenbourg a souhaité aller plus loin dans le but d’exporter cette nouveauté.

DÉCÈS DE MICHEL LEVALLOIS QUI FUT SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA CALÉDONIE

Photo Académie des Sciences d’Outre-Mer

C’est en 1969 que Michel Levallois fut affecté en Nouvelle-Calédonie. Il participa, avec le Haut Commissaire Louis Verger, qu’il avait secondé alors que ce dernier était préfet à Alger, à la gestion du « Boom économique » de l’époque. Il quitta le territoire en 1974.

En 1984, au début des événements, il était Directeur des Affaires Politiques au ministère de l’Outre mer. Il fut ensuite régulièrement consulté sur le dossier calédonien par les instances parisiennes.

Proche de Michel Rocard, il avait été souvent en contact avec Jean-Marie Tjibaou lors des discussions à Matignon en 1988, discussions qui s’étaient conclues par le fameux accord.

Alain Rollat lui consacre un long article dans Le Monde.

Michel Levallois s’est éteint à Paris le 29 avril à l’âge de 84 ans.

Biographie – Académie des Sciences d’Outre-Mer
Michel Levallois (né le 16/01/1934 à Paris et mort le 29/04/2018 à Paris) est titulaire d’une licence en droit, d’un DES en sciences économiques, d’un diplôme de Coopération crédit et mutualité agricole. Il soutient sa thèse de doctorat en histoire (études arabes) à l’Institut national des langues et civilisations orientales (1999), sur La genèse de l’Algérie franco-musulmane d’Ismaÿl Urbain (1812-1884).

Il est affecté au Niger, comme chef adjoint au cabinet du gouverneur (1957). Il exerce à Saint-Maixent, puis en Algérie, comme officier de section administrative spécialisée (1958-1960). Il assure les fonctions de chef de cabinet du préfet d’Orléansville (Algérie), Louis Verger (1960-1962), puis de chargé de mission au cabinet du délégué général à Alger, Jean Morin (1961-1962).

De retour en France, il est nommé sous-préfet de La Châtre (1962-1964), de Villeneuve-sur-Lot (1964-1967) et de Provins (1967-1969). Affecté en Nouvelle-Calédonie, il occupe le poste de secrétaire général du Territoire (1969-1974) avant d’être nommé directeur du cabinet du secrétaire général du gouvernement Marceau Long (1974-1978). Préfet de la Haute-Marne (1978-1981), il poursuit sa carrière comme préfet de Région de la Réunion (1981-1984) puis comme directeur des affaires politiques (1984-1986), placé en position de hors-cadre (1986) au ministère des DOM-TOM.

Il reçoit une affectation au cabinet de Philippe Seguin, alors ministre des Affaires sociales et est nommé chef de la mission pour l’emploi des jeunes et les travaux d’utilité collective (1987). Il occupe le poste de président (1957) de l’Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération (ORSTOM, aujourd’hui IRD) où il fait deux mandats. Il demande à bénéficier de sa retraite au 1er janvier 1995. Il exerce alors plusieurs mandats d’administrateur et de président dans des institutions publiques et privées en relation avec l’Afrique subsaharienne : Université francophone Léopold Senghor d’Alexandrie, ONG Enda Tiers monde et Enda Europe et Comité international de la fondation de France.

Enfin, Michel Levallois est élu membre titulaire de la 5e section de l’Académie des sciences d’outre-mer le 02/12/1994.

LE CENTRE SLN DE KOUAOUA POURRAIT FERMER – LA « SERPENTINE » À NOUVEAU INCENDIÉE

Image d’archives

Le Maire de Kouaoua est en colère. Lundi soir, un nouvel incendie criminel a eu pour cible le grand tapis roulant de la mine SLN de Kouaoua. C’est le quatrième acte du genre, le dernier étant encore tout récent. Menace de fermeture.

Cette fois, les criminels s’en sont pris à la partie du tapis qui chemine dans la plaine, sur 60 mètre environ.

La fermeture du site est à l’ordre du jour.

La dernière réparation a coûté 110 millions à la société. Une société qui, rappelons le, fonctionne grâce à un emprunt de plusieurs dizaines de millions, et qui n’est pas encore sortie de ses difficultés financières.

Pour Alcide Ponga, maire de la commune, cette fermeture serait un coup mortel à la région de Kouaoua, mais affecterait également les zones de Canala et de Houailou. Ce sont entre 250 et 350 emplois qui sont en jeu.

Cette activité irrigue en effet toute l’économie régionale grâce à ses effets indirects et induits.

Selon toute vraisemblance, les auteurs des faits sont des habitants de la région. A l’évidence, ils bénéficient d’une « omerta » de la part de la population, du moins de celle qui connait les criminels.

La suite de l’exploitation, et donc l’avenir de Kouaoua est entre leurs mains. Le risque est en effet que la SLN souhaitera des garanties de sécurité pour ses équipements avant de relancer son activité, pourtant nécessaire à l’alimentation des fours de Doniambo.

Cette incidence éventuelle, sur le fonctionnement de l’usine et le plan performance, n’est pas encore connue.

LA GRÈVE DES CLINIQUES SUSPENDUE – Trois morts sur la route – Le Président de la République a achevé sa visite après un important discours à Nouméa

LA GRÈVE DES CLINIQUES SUSPENDUE après un protocole signé dimanche à midi entre les syndicats et le gouvernement.

Cette phase de mise en parenthèse du conflit prend en compte la mission prochaine du médiateur Claude Evin, et les conclusions qu’il présentera à l’issue.

Le retour à la normale est attendu pour mercredi.

TROIS MORTS SUR LES ROUTES, et la liste s’allonge. Un accident samedi soir à Bourail, près de Téné, a fait deux jeunes victimes. Un second accident a eu lieu à Houailou où le conducteur a été tué dans le choc contre un talus.

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE A ACHEVÉ SA VISITE en Nouvelle-Calédonie. Samedi soir, après avoir remis l’original de l’acte de la prise de possession au gouvernement, il a délivré un important discours auThéâtre de l’Île.

Il a regagné Paris dans la nuit. Lire le décryptage de son discours dans noumeaPost.

SUCCÈS POUR LA KERMESSE DU SECOURS CATHOLIQUE, événement traditionnel qui permet la récolte de moyens pour l’association caritative.

DISCOURS DE MACRON À NOUMÉA : DÉCRYPTAGE EN 10 POINTS

Quels sont les éclairages que le Président de la République a voulu apporter sur sa perception du contexte calédonien ? Quelle est sa position intime sur le referendum d’autodétermination ? Quel rôle la France veut-elle jouer en Asie Pacifique ? Les réponses étaient présentes dans son remarquable discours prononcé samedi soir, au Théâtre de l’Île, à Nouméa. Décryptage.

Point n°1 – Réconcilier tous les passés pour se projeter dans l’avenir
Quand le Président parle du passé, c’est pour « la réconciliation des mémoires et des racines« , « pour se décharger d’un fardeau« , mais dans une perspective plusieurs fois répétée :  » se projeter dans l’avenir« . Le cœur de son discours réside dans ce tryptique : Emmanuel Macron se situe déjà dans l’après referendum. En clair, il a un coup d’avance !

Point n°2 – Tourner la page de colonisation qui fait place à un choix libre et démocratique
Il reprend les thèmes du préambule de l’Accord de Nouméa des « ombres et des lumières« , « sans déni et sans repentance« , mais pour indiquer que l’échéance du 4 novembre, doit tourner la page de la colonisation. Et une fois encore, se projeter vers l’avenir.

Dans cet esprit, la restitution de l’acte de prise de possession n’est pas un renoncement. Il marque la fin d’une « décision unilatérale » pour faire place à « un lien réinventé« . En clair, l’acte de colonisation va faire place à un libre choix démocratique. C’est, en quelque sorte, au travers du referendum d’autodétermination, l’ultime étape de la décolonisation.

Or, le scrutin d’autodétermination est organisé avec la participation de l’ONU. Le Président ne pourra manquer de présenter son résultat à l’instance internationale, et au cas où le choix des Calédoniens serait de demeurer dans la France, de faire constater leur choix libre et démocratique de décolonisation …

Point n°3 – Chacun a sa place place dans l’avenir de la Nouvelle-Calédonie
Dans le cheminement de l’Histoire de la Nouvelle-Calédonie, jalonné « d’étapes« , il indique que tous ont leur place dans cet avenir, dans une énumération sans faille. Un peu à la manière de Paul Dijoud, un ancien ministre de l’Outre mer, qui, lors de ses visites,  s’adressait à chaque composante de la société calédonienne.

Il nu manque pas d’inclure, dans la société locale, les « pieds noirs et des harkis« . Une attention à l’égard de ceux qui furent particulièrement choqués par les déclarations du candidat Macron en Algérie, parlant de crimes contre l’humanité lors de la colonisation.

Kanak, pionniers, missionnaires, ouvriers des mines, commerçants, personnels de santé, militaires, pieds noirs et des harkis « arrivés dans l’angoisse des événements en Algérie« , européens, hommes et femmes venus du Pacifique. « C’est cela, la Nouvelle-Calédonie« .

Point n°4 – Referendum : le Chef de l’Etat ne prend pas parti, mais … exprime son sentiment
Président de la République, il indique qu’il se gardera de prendre parti pour le referendum, parce « ce n’est pas au Chef de l’Etat de prendre position sur une question qui n’est posée qu’aux seuls Calédoniens« . C’est sans appel.

MAIS, de manière subliminale et romantique, il indique clairement sa préférence par deux formules habiles, après avoir rappelé les sacrifices et les liens de sang entre la France et ce territoire lointain : « La France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie« . « Sans la Calédonie, la France ne serait pas la même« .

Point n°5 – Un processus dont la France est fière
Le Chef de l’Etat a voulu rappeler le processus exemplaire de la Nouvelle-Calédonie -Accords, Institutions, rééquilibrage-, fierté de la France, et processus inventé et admiré par le monde entier, affirme-t-il. En en attribuant une partie de la paternité aux Calédoniens.

Point n°6 – Des noms cités : choisis avec soin …
Quelques noms ont été cités, par le Président de la République : les « géants », Jacques Lafleur et Jean Marie Tjibaou, puis Marie-Claude Tjibaou, Isabelle Lafleur qu’il a remerciées pour la poursuite d’un engagement, Jacques Iekawe, Jean Lèques et encore Christian Karembeu.

Point n°7 – La souveraineté dans la souveraineté
« La souveraineté dans la souveraineté » : les Calédoniens vont s’exprimer souverainement le 4 novembre prochain, une expression s’inscrivant dans la souveraineté de la France.

Le Président évoque également, à plusieurs reprises, un autre type de souveraineté : la souveraineté économique ou encore la souveraineté énergétique. Mais pas d’équivoque constitutionnelle qui irait au delà du concept de la « souveraineté partagée » inscrit dans l’Accord de Nouméa.

Point n°8 – La « stratégie Indo-Pacifique » de la France
Géopolitique, Economie, lutte contre le Réchauffement Climatique sont au cœur de la stratégie Indo-Pacifique développée par Emmanuel Macron, probablement en Australie la semaine dernière et à New Delhi lors de son récent voyage en Inde.

Le Président de la République énonce clairement un « axe Paris-New Delhi-Canberra« .

Territoires français du Pacifique et de l’Océan Indien, présence militaire, échanges économiques et désormais seule porte de l’Europe depuis le retrait de la Grande-Bretagne, Cop21 et leadership pour la lutte contre le réchauffement climatique, remise en cause d’accords économiques conclus avec les USA en cette zone du monde, voilà les éléments qui justifient une « nouvelle ambition » pour la France : ce que le Président désigne par la « stratégie Indo-Pacifique« .

Point n°9 – Le Président inscrit déjà la Nouvelle-Calédonie dans la « stratégie Indo-Pacifique »
Le jour d’après, la vie continuera. Apprenez à conjuguer au futur, dit le Président, plutôt que l’imparfait. C’est sur ce chapitre qu’il laisse percer une pointe d’enthousiasme. Il décrit l’avenir de cette région du monde, et surtout l’ambition de la France qui demeure la seule puissance européenne présente. « La Chine est en train de construire son hégémonie« . Partenaire, certes, mais « si nous ne nous organisons pas, cette hégémonie réduira nos libertés« . Et d’intégrer la Nouvelle-Calédonie dans le grand projet de la France en « Indo-Pacifique ».

Dans cette ambition, la Nouvelle-Calédonie doit organiser et développer son développement économique, « sa souveraineté économique« , que le Président inclut dans sa « stratégie Indo-Pacifique » : les filières de services, les filières industrielles, l’entreprenariat, la filière numérique, le bois, l’énergie, la mer, la pêche, et bien sûr le nickel. « Penser le développement économique, c’est aussi penser le tourisme« .

En clair, et sans cruauté, ce qui reste à faire, et donc, qui n’a pas été fait …

La lutte contre le réchauffement climatique, en partenariat avec nos grands voisins, demeure un projet porté par la France. Le Président a souligné cette ambition pour le Pacifique, nourrie « des pratiques ancestrales », et mariées avec les innovations du 21e siècle.

Dans cette ambition, Emmanuel Macron pratique habilement la conjugaison du projet de la France en y associant directement la Nouvelle-Calédonie de l’après-referendum. « Nous pouvons faire davantage » et non pas, « vous pouvez faire davantage« .

Point n°10 – Nouvelle-Calédonie, Terre de Regards
Terre de Parole, Terre de Partage : à la devise de la Nouvelle-Calédonie, le Président de la République ajoute une autre locution.

« C’est une Terre de Regards », a-t-il conclu, en évoquant sa perception des émotions ressenties, et qu’il a constatées lors de son séjour. Et une nouvelle fois, l’allusion au jour d’Après : « J’aimerai que ces regards se tournent vers l’avenir. » Tout, ou presque, est dit dans cette conclusion.

MACRON À OUVÉA : ÉMOTION ET RECUEILLEMENT

Devant « la tombe des 19 » – Film NC1ère

Thérèse Waia, journaliste d’expérience et pourtant aguerrie de NC1ère, a du mal à retenir ses larmes après avoir recueilli des témoignages à la tribu de Wadrilla, à Ouvéa, là où a été érigée la stèle sur « la tombe des 19 ». C’est dans un contexte fortement émotionnel, politico-historique, que s’inscrivait cette visite du Chef de l’Etat à Ouvéa. Là où les événements de la prise d’otage et de l’assaut du 11e Choc de mai 1988 sont encore présents dans les esprits. Emotion.

HOMMAGE AUX GENDARMES
Emmanuel Macron, arrivé avec quelque retard à Fayahoué, avait d’abord rendu hommage aux gendarmes tués lors de la prise d’otage de ce funeste mois d’avril 1988. Première séquence d’émotion et de recueillement. Le Président, mettant en relief l’esprit de respect et d’humilité de sa visite, a été « au contact », après s’être entretenu avec les familles des gendarmes et le président du comité perpétuant le souvenir de l’événement.

LE SUSPENS DE WADRILLA
Mais c’était à Wadrilla que se situait le suspens. Le matin même, les gendarmes avaient bloqué les membres du comité contestant la venue du Président de la République sur « la tombe des 19 », originaires de la tribu de Gossanah. Tout près de la grotte où les otages avaient été libérés après un assaut meurtrier.

La visite d’Emmanuel Macron avait cependant recueilli l’assentiment des autorités coutumières, de la Province des Iles et même du FLNKS. C’est finalement un accueil empreint d’émotion, mais également de chaleur, que le Président a été accueilli, d’abord pour se recueillir sur le lieu de l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou et de Yeiwene Yeiwene, puis, dans un pudique retrait, devant la stèle « des 19 ».

OBSTACLES HABILEMENT CONTOURNÉS
Comment finalement les obstacles claironnés par la presse ont-ils été contournés ? Le Président, après avoir déclaré qu’il ne prendrait pas la parole devant la tombe des 19, ni  ne déposerait de gerbe pour simplement, et respectueusement, partager le recueillement des familles, a « fait la coutume » avec la chefferie de Wadrilla, puis a planté un cocotier, arbre qui commémorera la première visite d’un Président de la République française à Ouvéa.

Il s’est ensuite entretenu avec les familles, hors les caméras et la presse.

Son discours, dont les prémisses avaient été tracées dans son entretien, la veille, avec les chaines télé NC1ère et Calédonie, a été confirmé : ne pas oublier le passé, mais tourner la page pour construire l’avenir, et notamment pour les jeunes générations.

Ce thème, visiblement, a fait mouche. Il a été reprise à maintes fois par les orateurs kanak, et par certains descendants des « 19 ».

SUCCÈS PERSONNEL
Au total, Emmanuel Macron, au prix de quelques pertinentes improvisations, a dépassé les préventions et les critiques abondamment commentées par la presse métropolitaine. Sa visite peut être considérée comme une réussite. Elle constitue un succès personnel qui devrait avoir quelques incidences sur l’appréciation locale et nationale de sa visite en Nouvelle-Calédonie. Et peut être, sur son indice de popularité …

« CONSTRUIRE LA SOUVERAINETÉ DANS LA SOUVERAINETÉ » – MACRON SUGGÈRE UNE DÉCOLONISATION ACCOMPLIE

C’est donc à 16h16 que le Président de la République s’est posé hier à Tontouta. Il était accompagné du ministre des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense, de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale, et d’Annick Girardin, ministre des Outre-mer. Visite de trois jours.

UN DISCOURS INHABITUEL
Dès son arrivée, Emmanuel Macron a prononcé une allocution, ce qui, somme toute, est assez inhabituel. Comme s’il voulait dessiner, dès l’abord, le cadre politique de sa visite.

Il a d’abord exhalté « l’histoire commune », un thème largement repris par la presse métropolitaine, évidemment nombreuse à être du voyage. Un équilibre entre « les ombres » et « les lumières », et parmi ces dernières, les 30 dernières années des Accords. Un hommage qui se dessine pour Michel Rocard, et avec lui, Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur.

Pour les Calédoniens, et pour l’audience nationale, après sa visite réussie en Australie, il a, bien sûr, rappelé et consacré le rôle de la France dans cette région du monde. Un rôle stratégique, et une place largement souhaitée par l’Australie et les Etats Unis.

Mais c’est évidemment tout ce qui se rattache au referendum, qui retient l’attention des Calédoniens.

LE REFERENDUM ET « EN MÊME TEMPS »,  LE JOUR D’APRÈS
De ce point de vue, les sondages publiés par Kantar/TNS et par I-Scope pour le compte de la télé Caledonia ne sont pas neutres. En arrivant sur un territoire où l’attachement à la République sera probablement confirmé par un scrutin d’autodétermination placé sous le regard des Nations Unies, le Président de la République peut confirmer sa neutralité, et « en même temps », impulser une vision politique de la Nouvelle-Calédonie d’Après.

Il ne prend cependant pas de risque. Ses citations, ses évocations, il les puise dans l’Accord de Nouméa et notamment, dans son préambule. Le cas échéant, il rappellera certainement qui sont les signataires originels de cet accord : Pour le FLNKS : Roch Wamytan, Paul Neaoutyine, Charles Pidjot, Victor Tutugoro, Pour le RPCR : Jacques Lafleur, Pierre Frogier, Simon Loueckhote, Harold Martin, Jean Leques, Bernard Deladriere.

PARTAGE DE SOUVERAINETÉ AVEC LA FRANCE
Le préambule de 1998 stipule que  » Dix ans plus tard, il convient d’ouvrir une nouvelle étape, marquée par la pleine reconnaissance de l’identité kanak, préalable à la refondation d’un contrat social entre toutes les communautés qui vivent en Nouvelle-Calédonie, et par un partage de souveraineté avec la France, sur la voie de la pleine souveraineté. », et concrètement,  » Au terme d’une période de vingt années, le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité seront proposés au vote des populations intéressées. »

Nous y sommes. Et par le fait démocratique, Emmanuel Macron, aussi, mais cette fois, en qualité de Chef de l’Etat.

Les sondages indiquant un écart considérable en faveur d’un population qui souhaite que la Nouvelle-Calédonie demeure au sein de la République, Macron ne fait que tracer une perspective pour l’après referendum.

« CALCULER LES INTERDÉPENDANCES »
Au cas, probable, où la « pleine souveraineté » traduite par « indépendance » dans la question finalement adopté lors du dernier Comité des Signataires, est rejetée par la Calédoniens, que reste-t-il à imaginer ?

A construire ce que le Préambule de l’Accord dénomme « la souveraineté partagée avec la France », la souveraineté dans la souveraineté. Le terme n’est pas hors sujet.

Il aura un avantage non négligeable, pour le Président, et notamment aux yeux de Paul Néaoutyne qui fut le seul à défendre « la candidature Macron » lors des dernières élections présidentielles : la souveraineté est un terme qui convient bien aux indépendantistes, même si elle n’est « que » interne. C’est en grande partie ce que Jean-Marie Tjibaou évoquait en déclarant : « C’est la souveraineté qui nous donne le droit et le pouvoir de négocier les interdépendances. Pour un petit pays comme le nôtre, l’indépendance, c’est de bien calculer les interdépendances. »

L’issue du referendum risque bien d’être cette forme d’interdépendance, mais sans passer par la case souveraineté pleine et entière. Cependant, issue d’un choix « souverain » des Calédoniens.

CRITÈRES ONUSIENS DE DÉCOLONISATION
Pour la France, cette présentation pourrait être conforme à une demande de constat, auprès de l’ONU, que la Nouvelle-Calédonie serait alors dans une situation ne relevant plus des critères onusiens de « colonisation ». De quoi demander un retrait du territoire de la liste des pays à décoloniser.

Au plan local, hormis des ajustements institutionnels qui s’avèrent aujourd’hui indispensables, la situation ne serait pas fondamentalement différente, mais sa perception, elle, interne comme externe, serait davantage conforme à son régime juridique de « souveraineté partagée ».

SOUVERAINETÉ, PEUPLE, NATION
Est-ce à dire que le territoire serait alors « une petite Nation dans une grande Nation » ? Le Président de la République se garde bien de confondre les deux concepts juridiques. Parlera-t-il alors de « peuple calédonien » élément constitutif d’une « nation » ? Ce serait, de sa part, méconnaître les clivages profonds de la société calédonienne, en dépit des slogans comme  » destin commun » ou « communauté de destin ». C’est, d’ailleurs, peut être ce que souhaiteraient gommer les tenants de l’affirmation de valeurs communes aux Calédoniens.

En attendant, le referendum impose deux choix : un destin au sein de la France, ou un destin hors de la France. Par « la souveraineté dans la souveraineté« , Emmanuel Macron tente de mettre « en même temps » entre les deux.

ENTRE 66% ET 73% CONTRE L’INDÉPENDANCE – Sondage Kantar/TNS

(Source RRB) Premier sondage sur les intentions de vote lors du scrutin d’autodétermination du mois de novembre prochain : il a été réalisé par l’Institut Kantar/TNS au mois d’avril.

Résultat de ces premières estimations : entre 66% et 73% contre l’indépendance.

15% des personnes interrogées déclarent ne pas encore savoir ce qu’elles vont voter, et 12% ne souhaitent pas répondre.

Ces extrapolations sont issues d’un « socle ferme » de 58% de personnes qui sont certaines de voter contre l’indépendance, et de 15% de personnes qui sont sures de voter en faveur de l’indépendance.

Ces estimations majorent les résultats constatés lors de précédentes élections ou de précédents sondages, concernant le nombre de personnes contre l’indépendance. Cette fois, le caractère définitif du choix semble faire pencher la balance vers la crainte d’une rupture sans retour avec la France.

De nombreux indécis ont été constatés dans les Provinces nord et Iles.

Quant au taux de participation, il est estimé très élevé : 86% des personnes interrogées déclarent être certaines d’aller voter.

Autre sondage, réalisé cette fois par I-Scope pour la chaîne télé Caledonia, le Non à l’Indépendance recueillerait entre 54,2% et 65,2%, et le Oui à l’Indépendance, entre 17,9% et 27,2%.

Les indécis sont dans ne fourchette comprise entre 13,5 et 22%.

Il sera intéressant, après le 4 novembre, de revenir sur ces estimations …

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ARRIVE AUJOURD’HUI EN CALÉDONIE – Réforme de la Santé devant le Congrès – Le Raid est désormais à Nouméa

Le Président de la République se posera cet après midi à 16h à Tontouta. Les honneurs lui seront rendus lors d’un dépôt de gerbe au monument aux morts, Place Bir Hakeim.

Il se rendra ensuite au Sénat Coutumier, et à 18h, il remettra à Jean Lèques les insignes de Grand Officier de la Légion d’Honneur.

Vendredi, il sera à Koné, où il visitera le Lycée Michel Rocard de Pouembout, L’après midi, il se rendra à la cité Pierre Lenquette. En fin de journée, il rencontrera les chefs d’Etat et de Gouvernement à la CPS et devrait échanger avec eux sur le réchauffement climatique.

Samedi, Emmanuel Macron s’envolera pour Ouvéa avec pour étapes, la gendarmerie, le mémorial des 19, puis le lieu de l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou et de Yeiwene Yeiwene.

A 16h, il devrait remettre au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie l’acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie au Centre Culturel Tjibaou.

Il prononcera ensuite un discours au Théâtre de l’Île, et regagnera la métropole.

RÉFORME POTENTIELLE DU SYSTÈME DE SANTÉ – Le gouvernement va transmettre les propositions listées pour le retour à l’équilibre du Ruamm au Congrès, inscrites dans une « réforme potentielle » du système de santé.

Il manque 9 milliards pour équilibrer le régime. L’Exécutif demande au « parlement » calédonien de se prononcer.

LE RAID EST À NOUMÉA – L’ex-GIPN a intégré ses nouveaux bureaux et son nouveau statut d’élite. 16 policiers de très haut niveau, dont le niveau de formation et de compétence a été réhaussé, forment désormais le Raid en Nouvelle-Calédonie. Trois opérateurs aguerris rejoindront prochainement l’unité.

L’ILLÉTRISME EST ÉLEVÉ et ce constat soulève quelques interrogations. Il serait peut être temps d’aligner « le projet pédagogique calédonien » sur les mesures de bon sens décidées par le ministre de l’Education Nationale : condamnation de la méthode globale, et

  • Une dictée quotidienne;
  • 10 à 15 minutes de calcul mental par jour;
  • Former à l’écriture cursive en minuscules;
  • 5 à 10 livres étudiés par an;
  • Utilisation généralisée des cahiers à réglure Séyès;
  • Savoir par cœur la table des additions.