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MACRON À OUVÉA : ÉMOTION ET RECUEILLEMENT

Devant « la tombe des 19 » – Film NC1ère

Thérèse Waia, journaliste d’expérience et pourtant aguerrie de NC1ère, a du mal à retenir ses larmes après avoir recueilli des témoignages à la tribu de Wadrilla, à Ouvéa, là où a été érigée la stèle sur « la tombe des 19 ». C’est dans un contexte fortement émotionnel, politico-historique, que s’inscrivait cette visite du Chef de l’Etat à Ouvéa. Là où les événements de la prise d’otage et de l’assaut du 11e Choc de mai 1988 sont encore présents dans les esprits. Emotion.

HOMMAGE AUX GENDARMES
Emmanuel Macron, arrivé avec quelque retard à Fayahoué, avait d’abord rendu hommage aux gendarmes tués lors de la prise d’otage de ce funeste mois d’avril 1988. Première séquence d’émotion et de recueillement. Le Président, mettant en relief l’esprit de respect et d’humilité de sa visite, a été « au contact », après s’être entretenu avec les familles des gendarmes et le président du comité perpétuant le souvenir de l’événement.

LE SUSPENS DE WADRILLA
Mais c’était à Wadrilla que se situait le suspens. Le matin même, les gendarmes avaient bloqué les membres du comité contestant la venue du Président de la République sur « la tombe des 19 », originaires de la tribu de Gossanah. Tout près de la grotte où les otages avaient été libérés après un assaut meurtrier.

La visite d’Emmanuel Macron avait cependant recueilli l’assentiment des autorités coutumières, de la Province des Iles et même du FLNKS. C’est finalement un accueil empreint d’émotion, mais également de chaleur, que le Président a été accueilli, d’abord pour se recueillir sur le lieu de l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou et de Yeiwene Yeiwene, puis, dans un pudique retrait, devant la stèle « des 19 ».

OBSTACLES HABILEMENT CONTOURNÉS
Comment finalement les obstacles claironnés par la presse ont-ils été contournés ? Le Président, après avoir déclaré qu’il ne prendrait pas la parole devant la tombe des 19, ni  ne déposerait de gerbe pour simplement, et respectueusement, partager le recueillement des familles, a « fait la coutume » avec la chefferie de Wadrilla, puis a planté un cocotier, arbre qui commémorera la première visite d’un Président de la République française à Ouvéa.

Il s’est ensuite entretenu avec les familles, hors les caméras et la presse.

Son discours, dont les prémisses avaient été tracées dans son entretien, la veille, avec les chaines télé NC1ère et Calédonie, a été confirmé : ne pas oublier le passé, mais tourner la page pour construire l’avenir, et notamment pour les jeunes générations.

Ce thème, visiblement, a fait mouche. Il a été reprise à maintes fois par les orateurs kanak, et par certains descendants des « 19 ».

SUCCÈS PERSONNEL
Au total, Emmanuel Macron, au prix de quelques pertinentes improvisations, a dépassé les préventions et les critiques abondamment commentées par la presse métropolitaine. Sa visite peut être considérée comme une réussite. Elle constitue un succès personnel qui devrait avoir quelques incidences sur l’appréciation locale et nationale de sa visite en Nouvelle-Calédonie. Et peut être, sur son indice de popularité …

« CONSTRUIRE LA SOUVERAINETÉ DANS LA SOUVERAINETÉ » – MACRON SUGGÈRE UNE DÉCOLONISATION ACCOMPLIE

C’est donc à 16h16 que le Président de la République s’est posé hier à Tontouta. Il était accompagné du ministre des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense, de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale, et d’Annick Girardin, ministre des Outre-mer. Visite de trois jours.

UN DISCOURS INHABITUEL
Dès son arrivée, Emmanuel Macron a prononcé une allocution, ce qui, somme toute, est assez inhabituel. Comme s’il voulait dessiner, dès l’abord, le cadre politique de sa visite.

Il a d’abord exhalté « l’histoire commune », un thème largement repris par la presse métropolitaine, évidemment nombreuse à être du voyage. Un équilibre entre « les ombres » et « les lumières », et parmi ces dernières, les 30 dernières années des Accords. Un hommage qui se dessine pour Michel Rocard, et avec lui, Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur.

Pour les Calédoniens, et pour l’audience nationale, après sa visite réussie en Australie, il a, bien sûr, rappelé et consacré le rôle de la France dans cette région du monde. Un rôle stratégique, et une place largement souhaitée par l’Australie et les Etats Unis.

Mais c’est évidemment tout ce qui se rattache au referendum, qui retient l’attention des Calédoniens.

LE REFERENDUM ET « EN MÊME TEMPS »,  LE JOUR D’APRÈS
De ce point de vue, les sondages publiés par Kantar/TNS et par I-Scope pour le compte de la télé Caledonia ne sont pas neutres. En arrivant sur un territoire où l’attachement à la République sera probablement confirmé par un scrutin d’autodétermination placé sous le regard des Nations Unies, le Président de la République peut confirmer sa neutralité, et « en même temps », impulser une vision politique de la Nouvelle-Calédonie d’Après.

Il ne prend cependant pas de risque. Ses citations, ses évocations, il les puise dans l’Accord de Nouméa et notamment, dans son préambule. Le cas échéant, il rappellera certainement qui sont les signataires originels de cet accord : Pour le FLNKS : Roch Wamytan, Paul Neaoutyine, Charles Pidjot, Victor Tutugoro, Pour le RPCR : Jacques Lafleur, Pierre Frogier, Simon Loueckhote, Harold Martin, Jean Leques, Bernard Deladriere.

PARTAGE DE SOUVERAINETÉ AVEC LA FRANCE
Le préambule de 1998 stipule que  » Dix ans plus tard, il convient d’ouvrir une nouvelle étape, marquée par la pleine reconnaissance de l’identité kanak, préalable à la refondation d’un contrat social entre toutes les communautés qui vivent en Nouvelle-Calédonie, et par un partage de souveraineté avec la France, sur la voie de la pleine souveraineté. », et concrètement,  » Au terme d’une période de vingt années, le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité seront proposés au vote des populations intéressées. »

Nous y sommes. Et par le fait démocratique, Emmanuel Macron, aussi, mais cette fois, en qualité de Chef de l’Etat.

Les sondages indiquant un écart considérable en faveur d’un population qui souhaite que la Nouvelle-Calédonie demeure au sein de la République, Macron ne fait que tracer une perspective pour l’après referendum.

« CALCULER LES INTERDÉPENDANCES »
Au cas, probable, où la « pleine souveraineté » traduite par « indépendance » dans la question finalement adopté lors du dernier Comité des Signataires, est rejetée par la Calédoniens, que reste-t-il à imaginer ?

A construire ce que le Préambule de l’Accord dénomme « la souveraineté partagée avec la France », la souveraineté dans la souveraineté. Le terme n’est pas hors sujet.

Il aura un avantage non négligeable, pour le Président, et notamment aux yeux de Paul Néaoutyne qui fut le seul à défendre « la candidature Macron » lors des dernières élections présidentielles : la souveraineté est un terme qui convient bien aux indépendantistes, même si elle n’est « que » interne. C’est en grande partie ce que Jean-Marie Tjibaou évoquait en déclarant : « C’est la souveraineté qui nous donne le droit et le pouvoir de négocier les interdépendances. Pour un petit pays comme le nôtre, l’indépendance, c’est de bien calculer les interdépendances. »

L’issue du referendum risque bien d’être cette forme d’interdépendance, mais sans passer par la case souveraineté pleine et entière. Cependant, issue d’un choix « souverain » des Calédoniens.

CRITÈRES ONUSIENS DE DÉCOLONISATION
Pour la France, cette présentation pourrait être conforme à une demande de constat, auprès de l’ONU, que la Nouvelle-Calédonie serait alors dans une situation ne relevant plus des critères onusiens de « colonisation ». De quoi demander un retrait du territoire de la liste des pays à décoloniser.

Au plan local, hormis des ajustements institutionnels qui s’avèrent aujourd’hui indispensables, la situation ne serait pas fondamentalement différente, mais sa perception, elle, interne comme externe, serait davantage conforme à son régime juridique de « souveraineté partagée ».

SOUVERAINETÉ, PEUPLE, NATION
Est-ce à dire que le territoire serait alors « une petite Nation dans une grande Nation » ? Le Président de la République se garde bien de confondre les deux concepts juridiques. Parlera-t-il alors de « peuple calédonien » élément constitutif d’une « nation » ? Ce serait, de sa part, méconnaître les clivages profonds de la société calédonienne, en dépit des slogans comme  » destin commun » ou « communauté de destin ». C’est, d’ailleurs, peut être ce que souhaiteraient gommer les tenants de l’affirmation de valeurs communes aux Calédoniens.

En attendant, le referendum impose deux choix : un destin au sein de la France, ou un destin hors de la France. Par « la souveraineté dans la souveraineté« , Emmanuel Macron tente de mettre « en même temps » entre les deux.

ENTRE 66% ET 73% CONTRE L’INDÉPENDANCE – Sondage Kantar/TNS

(Source RRB) Premier sondage sur les intentions de vote lors du scrutin d’autodétermination du mois de novembre prochain : il a été réalisé par l’Institut Kantar/TNS au mois d’avril.

Résultat de ces premières estimations : entre 66% et 73% contre l’indépendance.

15% des personnes interrogées déclarent ne pas encore savoir ce qu’elles vont voter, et 12% ne souhaitent pas répondre.

Ces extrapolations sont issues d’un « socle ferme » de 58% de personnes qui sont certaines de voter contre l’indépendance, et de 15% de personnes qui sont sures de voter en faveur de l’indépendance.

Ces estimations majorent les résultats constatés lors de précédentes élections ou de précédents sondages, concernant le nombre de personnes contre l’indépendance. Cette fois, le caractère définitif du choix semble faire pencher la balance vers la crainte d’une rupture sans retour avec la France.

De nombreux indécis ont été constatés dans les Provinces nord et Iles.

Quant au taux de participation, il est estimé très élevé : 86% des personnes interrogées déclarent être certaines d’aller voter.

Autre sondage, réalisé cette fois par I-Scope pour la chaîne télé Caledonia, le Non à l’Indépendance recueillerait entre 54,2% et 65,2%, et le Oui à l’Indépendance, entre 17,9% et 27,2%.

Les indécis sont dans ne fourchette comprise entre 13,5 et 22%.

Il sera intéressant, après le 4 novembre, de revenir sur ces estimations …

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ARRIVE AUJOURD’HUI EN CALÉDONIE – Réforme de la Santé devant le Congrès – Le Raid est désormais à Nouméa

Le Président de la République se posera cet après midi à 16h à Tontouta. Les honneurs lui seront rendus lors d’un dépôt de gerbe au monument aux morts, Place Bir Hakeim.

Il se rendra ensuite au Sénat Coutumier, et à 18h, il remettra à Jean Lèques les insignes de Grand Officier de la Légion d’Honneur.

Vendredi, il sera à Koné, où il visitera le Lycée Michel Rocard de Pouembout, L’après midi, il se rendra à la cité Pierre Lenquette. En fin de journée, il rencontrera les chefs d’Etat et de Gouvernement à la CPS et devrait échanger avec eux sur le réchauffement climatique.

Samedi, Emmanuel Macron s’envolera pour Ouvéa avec pour étapes, la gendarmerie, le mémorial des 19, puis le lieu de l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou et de Yeiwene Yeiwene.

A 16h, il devrait remettre au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie l’acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie au Centre Culturel Tjibaou.

Il prononcera ensuite un discours au Théâtre de l’Île, et regagnera la métropole.

RÉFORME POTENTIELLE DU SYSTÈME DE SANTÉ – Le gouvernement va transmettre les propositions listées pour le retour à l’équilibre du Ruamm au Congrès, inscrites dans une « réforme potentielle » du système de santé.

Il manque 9 milliards pour équilibrer le régime. L’Exécutif demande au « parlement » calédonien de se prononcer.

LE RAID EST À NOUMÉA – L’ex-GIPN a intégré ses nouveaux bureaux et son nouveau statut d’élite. 16 policiers de très haut niveau, dont le niveau de formation et de compétence a été réhaussé, forment désormais le Raid en Nouvelle-Calédonie. Trois opérateurs aguerris rejoindront prochainement l’unité.

L’ILLÉTRISME EST ÉLEVÉ et ce constat soulève quelques interrogations. Il serait peut être temps d’aligner « le projet pédagogique calédonien » sur les mesures de bon sens décidées par le ministre de l’Education Nationale : condamnation de la méthode globale, et

  • Une dictée quotidienne;
  • 10 à 15 minutes de calcul mental par jour;
  • Former à l’écriture cursive en minuscules;
  • 5 à 10 livres étudiés par an;
  • Utilisation généralisée des cahiers à réglure Séyès;
  • Savoir par cœur la table des additions.

POURQUOI MACRON VIENT DANS LE PACIFIQUE

Emmanuel Macron et Malcolm Turnbull à Paris

Ce n’est pas un voyage en province qu’effectue cette fois-ci le Président de la République. L’Australie, la Nouvelle-Calédonie, c’est aux antipodes, dans la région Asie-Pacifique où se sont déplacées la dynamique économique et les enjeux de puissance. L’Australie, mais surtout la Chine, le Japon, les deux Corée, les Etats-Unis, l’Indonésie, entourent les petites îles qui seront les premières victimes du réchauffement climatique. Billard à multiples bandes.

LES ENJEUX COMMUNS FRANCE-AUSTRALIE
« Ce ne sont pas que des contrats commerciaux, c’est un enjeu stratégique« . C’est en ces termes que l’ambassadeur d’Australie à Paris, Brendon Berne, avait résumé les relations entre la France et l’Australie et le contexte de la visite d’Emmanuel Macron à Canberra.

La première rencontre entre le Premier ministre australien et le chef de l’Etat, l’an dernier, avait donné le ton. Le Président de la République s’était plu à rappeler le sacrifice des soldats australiens lors des combats de Villers-Bretonneux, tout près de sa ville natale d’Amiens. Un souvenir qui scelle une relation durable.

Les points de convergence, entre les deux pays, sont déjà nombreux : l’économie libérale, au G20, la lutte commune contre DAECH, l’accord sur la COP21. Mais au delà, « l’Asie-Pacifique, zone qui est importante pour nous aussi, compte tenu de nos territoires ultra-marins et de notre présence dans cette zone qui est aujourd’hui la plus dynamique du monde« , avait déclaré Emmanuel Macron au chef de l’Exécutif australien.

Certes, la France a passé, avec l’Australie, le « contrat du siècle » avec la fabrication de 12 sous-marins, représentant un marché de … 4 000 milliards de FCFP ! Mais de surcroît, plus de 600 entreprises françaises sont implantées sur le territoire voisin. C’est considérable. Certaines, comme Thalés ou Airbus – avions ravitailleurs, hélicoptères de combat, transport de troupes, radars-, interviennent dans des secteurs stratégiques.

Cependant, le premier submersible sera construit vers 2022, et pour l’heure, tous les transferts de technologie et de compétences sont en cours. Ils visent à doter l’Australie d’une « totale souveraineté » sur ces navires, pour employer un terme au goût du jour. Un suivi qui sera également à l’agenda de la rencontre d’Etat.

Brendon Berne, ambassadeur d’Australie à Paris

ENJEU ASIE-PACIFIQUE
L’Australie, pour sa part, compte sur son partenaire France sur deux enjeux de taille, l’un dans la zone, l’autre en Europe.

Dans la zone Asie-Pacifique, l’allié français est « désiré ». Il représente, aux côtés des Etats-Unis, l’Occident et son Droit. Même si l’Australie se veut être également un pays asiatique. La lutte contre le terrorisme, le maintien de la stabilité dans le Pacifique, l’équilibre avec le puissant -et envahissant- voisin chinois, premier partenaire commercial de l’Australie, tout cela rend Canberra sensible à la rassurante présence de la France.

D’autant que par ses territoires de Polynésie, de Wallis, et surtout, de Nouvelle-Calédonie, et les accords militaires liant les deux pays, la présence de la France est devenue essentielle.

Enfin, s’agissant de l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie, l’Australie a soutenu le processus des Accords. Elle suit avec attention les approches chinoises sur le nickel et les installations métallurgiques de l’île …

LIBRE ÉCHANGE AVEC L’EUROPE
Le deuxième enjeu est l’accès économique à l’Europe. Avec le Brexit, et le retrait de Londres des instances européennes, La France est un partenaire bienveillant pour l’Australie. Or, celle-ci souhaiterait bénéficier d’une entrée libre sur le marché européen pour ses exportations. Ce contrat de libre-échange fera partie des items de la rencontre.

EN NOUVELLE-CALÉDONIE : LA FRANCE DES DROITS DE L’HOMME
On entend souvent la question : mais que vient faire Macron en Nouvelle-Calédonie ? Première réponse : la Calédonie est toujours collectivité de la République ; alors quoi de plus normal que le Chef de l’Etat nous rende visite ?

Mais il est vrai que cette visite se situe à 6 mois du scrutin d’autodétermination. Convergence des calendriers, peut être. Un partenariat important avec l’Australie, conclu par un « retour » à la visite de Malcolm Turnbull à Paris, d’abord, et dans la foulée, une visite sur le territoire particulier de la Calédonie. Emmanuel Macron vient ici parce qu’il avait prévu une rencontre avec les Australiens, ou l’inverse ?

Peu importe, au fond. Le Président de la République porte avec lui, sa fameuse déclaration sur les crimes contre l’humanité associés à la colonisation de l’Algérie. Une sortie qui avait choqué une grande partie des Français, et qui avait, pendant la campagne présidentielle, été éclipsée par l’annonce de l’Alliance du candidat Macron avec François Bayrou et le Modem. Probablement, un basculement dans la course à la présidence.

Il sera interpelé sur le sujet. Que répondra-t-il ?

POINT FINAL À LA DÉCOLONISATION
Pour le reste, il veut sceller la liberté d’un choix démocratique qui se prépare, en « restituant » les documents de « prise de possession », fondement de la colonisation en Nouvelle-Calédonie. Signifiant ainsi que cette époque fera place, soit à l’indépendance, soit au choix librement consenti de placer le territoire et ses habitants au sein de la République. Une sorte de point final de la décolonisation.

OUVÉA : ÉVITER LA STÈLE MÉMORIAL
Tout cela risque-t-il de se gâter avec la visite contestée par certains à Ouvéa ?

La contestation n’est pas anodine. Elle est menée par le village de Gossanah, au premier rang duquel, Maky Wea. Un nom qui résonne dans l’histoire dramatique de l’île.

Mais le groupe des « 30 », de fait, déclare être opposé à une visite à la stèle des kanak tombés lors de l’assaut de la grotte, « la tombe des 19 ». Pas à un déplacement du Président à Ouvéa.

CANDIDAT : POUR LA FRANCE – PRÉSIDENT : POUR LA CONSTITUTION
Sur le referendum, le candidat Macron s’était exprimé, en indiquant sa préférence pour que la Nouvelle-Calédonie demeure au sein de la République. Aujourd’hui, les Calédoniens ne doivent pas attendre du Président qu’il prenne position. Il est le garant de du respect de la Constitution.

Mais peut être rappellera-t-il la position de l’Etat sur la suite du scrutin : en cas de choix de l’indépendance, la mise en place de cette rupture, en cas de choix inverse, la mise en place, sous l’égide de l’Etat, d’instances chargées de réfléchir sur les « jours d’après ». Et sur les deux autres scrutins prévus …

RÉFORMES LÀ-BAS, CONSERVATISME ICI
Sur la situation économique, il ne pourra que constater la totale compétence et l’entière responsabilité des autorités calédoniennes. Osera-t-il comparer les réformes lancées sous son égide en métropole, et le conservatisme, parfois rétrograde, de l’économie locale ?

TERRE DE CONTRADICTIONS ?
En clair, des symboles sont attendus, mais pas d’annonces fracassantes. Sauf surprise, bien sûr. Probablement, sa vision de la place de la France dans le Pacifique, et le sort des Français présents dans cet océan. Aux Calédoniens de décider pour le reste.

Sûr que dans ces conditions, certains diront :  » Alors, pourquoi est-il venu« . Les mêmes auraient déclaré, si la visite n’avait pas lieu : « Quand même, il aurait pu venir nous voir !« .

Nouvelle Calédonie, terre de parole, pas sûr. Terre de partage, institutionnel, essentiellement. Terre de contradictions ? A chacun de répondre.

KOMBOUARÉ : HÉROS KANAK DE GUINGAMP

Guingamp, Côtes d’Armor, Bretagne, 6 900 habitants recensés en 2015, soit approximativement, la population de Bourail. Un club de foot hors du commun, qui a failli battre le Paris Saint Germain lors du dernier match de Ligue 1. Et un entraîneur calédonien, Antoine Kombouaré, Kanak de Kunié. Itinéraire hors norme.

Tout est exceptionnel, d’abord dans ce club. C’est, à l’origine, un patronage laïque, créé en 1912 par le directeur de l’école supérieure de garçons, Pierre Deschamps. Le « patro », société d’éducation physique, est nommé « En avant ». C’est en 1913 que l’équipe de foot-ball est formée. Pour une épopée qui dure encore.

Division d’honneur, deuxième division, descente en national, puis en 1995, la Ligue 1. Une progression extraordinaire marquée notamment par la présidence d’un certain … Noel Le Graet, aujourd’hui patron du foot français. Et par des joueurs qui connaîtront de brillantes carrières. Qui se souvient que Didier Drogba fut pensionnaire de Guingamp en 2003 ?

Dans ce parcours hors norme, le club breton accroche deux Coupes de France à son palmarès. Pourrait-on imaginer l’équipe de foot de Bourail deux fois vainqueur de la Coupe de France ?

Aujourd’hui, Antoine Kombouaré est le coach de l’équipe. Lui aussi est un phénomène du foot. Parti des terrains du Mont Dore, le jeune Kunié a fait ses classes à Nantes à la grande époque de Suaudeau. C’est au Paris Saint Germain que Kombouaré deviendra un joueur célèbre, après son coup de tête victorieux contre le Real de Madrid en mars 1993.

Mais, fait encore plus exceptionnel, ce grand joueur va devenir un entraîneur réputé, parmi l’élite des entraîneurs français. On se souvient de sa prise en main du Paris Saint Germain après Valenciennes et Strasbourg, puis de son éviction. Ce sera ensuite Lens, et enfin l’En Avant Guingamp.

Pour ce passionné de golf, c’est un véritable challenge. D’abord de prendre la suite des entraîneurs qui se sont inscrits dans une si belle histoire avec Guingamp, ensuite de maintenir le club breton dans le haut du tableau de la Ligue 1, l’élite française du foot.

Après avoir étrillé Bordeaux, le petit club des Côtes d’Armor a failli épingler le géant Paris Saint Germain le dernier week end. Bien sûr, il y a quelques regrets sur un penalty que certains jugent généreux pour le PSG, mais malgré cela, c’est la première fois que le club aux milliards du Qatar est tenu en échec sur sa pelouse.

Par un équipe vaillante et talentueuse. Et par un entraîneur d’exception, véritable héros de Guingamp : Kunié, Kanak et Calédonien.

LE DERNIER « VOLONTAIRE » DE 39-45 S’EN EST ALLÉ – Manifestation aujourd’hui à Ouvéa – Grève de la Santé : la situation devient préoccupante – Nouveau look pour Les Nouvelles

LE DERNIER « VOLONTAIRE » S’EN EST ALLÉ – Maurice Meunier était le dernier survivant des volontaires du Pacifique qui avaient rejoint le Général de Gaulle lors de la seconde guerre mondiale. Maurice Meunier avait également été adjoint des maires de Nouméa Roger Laroque et Jean Lèques. Il était âgé de 97 ans.

REFERENDUM BIDON POUR L’USTKE ET LE PARTI TRAVAILLISTE, c’est ce qu’ont déclaré leur responsable à l’occasion du défilé du 1er mai. C’est au mois de juillet que le congrès du parti décidera de sa participation ou non au scrutin du 4 novembre.

SOUVENIR À LA SLN où les personnes décédées au travail ont été honorées.

TRADITION DU MUGUET RESPECTÉE en Nouvelle-Calédonie et les amateurs se pressaient au marché et chez les fleuristes.

GRÈVE DE LA SANTÉ : LA SITUATION DEVIENT PRÉOCCUPANTE avec la plupart des praticiens libéraux qui ont rejoint le mouvement. L’arrivée du médiateur Claude Evin est prévue pour le 14 mai. En attendant, le Médipôle, et notamment le service d’urgence, commencent à connaître des embouteillages.

MANIFESTATION À OUVÉA pour demander que le Président de la République ne se rende pas sur « la tombe des 19 ». Le collectif appelle à se réunir à Fayahoué ce matin.

NOUVEAU LOOK POUR LES NOUVELLES CALÉDONIENNES avec une évolution du format et du contenu.

CONFLIT DES CLINIQUES : CLAUDE ÉVIN POSSIBLE MÉDIATEUR

Tandis que le conflit entre les cliniques privées et le gouvernement prend de l’ampleur avec la menace d’une grande partie du corps médical de se joindre au mouvement, c’est Claude Évin qui a été proposé par l’Exécutif pour intervenir en qualité de médiateur.

Dans le gouvernement Rocard, il a été successivement ministre délégué chargé de la Protection sociale en mai 1988, chargé de la Santé et de la Protection sociale à partir de juin, puis enfin ministre de la Solidarité, de la Santé et de la Protection sociale entre 1988 et 1990. Claude Évin a mis en place les premières actions de lutte contre le tabagisme et la publicité pour l’alcool, à travers la « Loi Evin» qui interdit l’affichage de publicité pour l’alcool et le tabac en 1991, la vente de ces produits aux moins de 16 ans ainsi que le fait de fumer dans la plupart des lieux publics.

Avocat, il a rejoint en septembre dernier le cabinet Houdard et Associés

Lors de la dernière campagne présidentielle, Claude Evin avait soutenu publiquement la candidature d’Emmanuel Macron. Il avait estimé que ce candidat, aujourd’hui Président de la République, avait « une vision globale de la santé », une vision qui s’opposait à « la vision comptable » du candidat François Fillon.

TOUTES LES CLINIQUES DE NOUMÉA FERMÉES, LES GÉNÉRALISTES POURRAIENT REJOINDRE LE MOUVEMENT – Casse de Koné : les voitures avaient été volées à Magenta – Les Républicains Calédoniens veulent marcher pour la France le 4 mai

TOUTES LES CLINIQUES DE NOUMÉA FERMÉES, LES GÉNÉRALISTES POURRAIENT REJOINDRE LE MOUVEMENT – C’est donc une forte activité qui attend le Medipole ce week end. Avec la menace de la cessation d’activité des médecins généralistes et des infirmiers libéraux, c’est le chaos qui menace le secteur de la santé.

CASSE DE KONÉ : LES VOITURES AVAIENT ÉTÉ VOLÉES À MAGENTA pendant que les propriétaires étaient dans une salle de gym. Après le casse du magasin Leader Price, l’un des véhicules a été incendié à Poya. 3 individus ont été appréhendés.

LES ORIENTATIONS D’ACTION DU MEDEF
Un mois après l’élection de Daniel Ochida à sa tête, le Medef réunissait hier son premier comité exécutif. Il a mis en place 4 groupes de travail sur les thèmes suivants :
–  relance économique
– mise en place d’un financement de la protection sociale et notamment du Ruamm
– refonte de la formation professionnelle
– simplification de la réglementation administrative et réduction de la dépense publique

Par ailleurs deux cellules seront créées, l’une pour accompagner le financement des entreprises, l’autre pour les aider en cas de crise.

GRÈVE DES POMPIERS : LE GOUVERNEMENT INTERVIENT – Le syndicat  a été reçu, et des propositions ont été formulées. Une nouvelle réunion est prévue ce matin. Air Calédonie met en place un service minimum.

SÉCURITÉ : LA PROVINCE SUD AIDE LES PETITS COMMERCES pour leur équipement contre l’insécurité. La possibilité d’accorder une subvention d’un montant maximum d’un million aux commerces de surface inférieure à 350m2 a été adoptée à l’unanimité.

LES RÉPUBLICAINS CALÉDONIENS VEULENT MARCHER POUR LA FRANCE – Le parti de Sonia Backes appelle les Calédoniens à marcher le 4 mai, lors de la visite d’Emmanuel Macron, pour exprimer leur attachement à la France.

UN LABEL ALIMENTAIRE POUR LES RESTAURANTS et les snacks de Nouméa. La Ville et la CCI ont signé une convention en ce sens. Bientôt un label pour les Nakamals ?!

RENOUVEAU TEASOA POURSUIT SA GRÈVE et l’association de logement social a atteint ses 17 jours de protestation contre la réduction de ses moyens.