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RETRAIT POLITIQUE DE « LKU » : UNE PAGE SE TOURNE

Bonne nouvelle pour les uns, mauvaise nouvelle pour les autres, non-événement pour le reste, la sortie de Louis Kotra Uregei des institutions calédoniennes est une page qui se tourne. Le personnage aux multiples facettes, parfois sulfureuses, syndicaliste, homme d’affaire, personnalité politique, a incontestablement marqué la société calédonienne.

Au plan syndical, d’abord, avec la création de l’USTKE le 5 décembre 1981. Le syndicat devient rapidement la terreur des employeurs, à une époque où toute revendication est appuyée par le blocage de l’outil de travail. Il provoque peu à peu une surenchère avec les autres syndicats. En 2006, il ne se passe pas une semaine sans qu’une entreprise ou deux soit « cadenassé », alors que Gérard Jodar a repris le flambeau. Le paroxysme des « blocages » est atteint, quand une initiative pour ouvrir un nouveau dialogue social est ouverte au gouvernement par Alain Song, puis poursuivie par Gaby Briault.

L’arrivée d’Yves Dassonville en qualité de Haut Commissaire, ancien directeur de cabinet de Christian Estrosi, Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, va permettre de rétablir l’ordre républicain et l’application des décisions de Justice. Un retour à une quasi paix sociale … à la française se développe progressivement avec une intermédiation très active du directeur du travail.

Dès les annés 80, l’USTKE dont les statuts affirment que le syndicat <« se prononce pour le droit à l’autodétermination du peuple kanak et au libre exercice de sa souveraineté nationale, et pour la suppression de l’exploitation capitaliste. L’USTKE se détermine en conséquence pour l’accession à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie et pour la socialisation des moyens de production et d’échange. Elle s’engage donc dans la lutte pour l’indépendance kanak socialiste »>, a rallié la cause du Front Indépendantiste, puis du FLNKS. Le syndicat politique, avec des positions en permanence conformes à ses statuts, est quelque peu l’enfant terrible du camp indépendantiste.

En 2007, LKU crée le Parti Travailliste, dont l’ossature sera étroitement liée à l’USKE.

Après quelques divergences avec ses alliés, le Parti Travailliste qui compte des élus en province et aux Congrès, rejoint le groupe FLNKS, puis s’en détache.

Mais c’est lors du referendum que la fâcherie se transforme en conflit entre le Parti Travailliste et les autres partis indépendantistes.

Louis Kotra Uregei est plus radical sur la composition du corps électoral, fidèle à sa ligne pour une indépendance kanak et socialiste. Pressentant la défaite du camp indépendantiste en raison d’un corps électoral qu’il juge trop ouvert aux non-kanak, et trop restreint pour les kanak, il décide de prôner l’abstention, qualifiant le scrutin de « referendum bidon ». Le Parti Travailliste se retrouve seul dans cette posture.

Il sera mis au ban, pour cette raison, par les autres indépendantistes, et écarté de toute liste d’union aux élections provinciales.

Après un retrait de la vie syndicale, LKU opère donc un retrait de la vie politique, même s’il s’en défend en demeurant président du Parti Travailliste.

Il est le premier de la « vieille garde » indépendantiste à passer la main. Désormais, les autres dirigeants séparatistes sont les seuls à représenter « l’ancien monde ». Son départ va-t-il peser sur la vie politique locale ? Sans doute pas, l’importance du Parti Travailliste étant devenue marginale. En revanche, LKU conservera son droit de parole. Une parole dont on peut imaginer qu’elle sera désormais plus radicale.

LOUIS KOTRA UREGEI DÉMISSIONNE DE TOUS SES MANDATS – Le nouveau A330 Neo d’Aircalin a effectué son premier vol – Création d’un nouveau parti indépendantiste wallisien – Encore des médailles d’or à Apia

LKU DÉMISSIONNE DE LA PROVINCE ET DU CONGRÈS, et l’a annoncé face à la presse. Motif déclaré : sa déception devant ce qu’il qualifie de trahison des partis séparatistes dans la cause indépendantiste kanak.

Il affirme même que « le FLNKS n’existe plus« , estimant que le Front est simplement devenu un fonds de commerce électoral qui sert l’intérêt de ses dirigeants.

Louis Kotra Uregei a déclaré cependant qu’il ne se retirait pas de la vie politique, et conserve sa fonction de président du Parti Travailliste. C’est le fils de Maki Wea, Fayssen Wea de la tribu de Gossanah, qui « monte » à l’assemblée de la province des Iles, tandis que Kadrile Wright siègera au Congrès.

NOUVEAU PARTI INDÉPENDANTISTE WALLISIEN – Il s’est constitué à partir d’une scission du RDO d’Aloisio Sako, un RDO lui-même issu de la scission de l’Union Océanienne.

Le MOI, Mouvement Indépendantiste Océanien, se déclare évidemment ouvert à toutes les composantes de la société calédonienne.

PREMIER VOL DE L’A330 NÉO D’AIRCALIN à Toulouse. L’avion devrait être livré et arriver prochainement sur le territoire. Il sera suivi du second A330 Néo commandé.

LES MÉDAILLE D’OR continuent de pleuvoir à Apia. Le Judo, le marteau, le saut à la perche, le lancer du disque en ont apporté leur lot.

LUTTE CONTRE LA DÉLINQUANCE – Le célèbre professeur Harvey Milkman a rendu ses premiers constats dans la commune de Dumbéa, après avoir interrogé 1400 jeunes de 14 à 17 ans.

NOUMÉA APPROUVE LE PROJET D’URBANISME qui doit être présenté à la consultation publique. Le nouveau PUD introduit plusieurs évolutions, notamment dans les droits à construire et les exigences de parking.

ROBERT COURTOT ACCÈDE À L’ASSEMBLÉE DE LA PROVINCE NORD – Le maire de Pouembout siègera au sein de l’Uni-Palika après l’élection de Yannick Slamet à la fonction de 2e Vice-président de la province, en remplacement de Jean-Pierre Djaiwe, membre du gouvernement.

LE PRÉSIDENT DE LA PROVINCE DES ILES PRONONCE … UN DISCOURS DE POLITIQUE GÉNÉRALE

Initiative originale du nouveau président de la Province des Iles : il aurait pu prononcer un discours programme quinquennal, ou un discours cadre pour la mandature. Il a choisi le vocable prévu par la loi Organique pour le président du gouvernement, celui de « discours de politique générale ». Une déclaration qui laisse toutefois l’impression que les Iles se réveillent après 30 ans de léthargie, et dont beaucoup retiendront l’ambition de créer, à Ouanaham, un aéroport international.

UNE INSTITUTION AU SERVICE DE L’AVÉNEMENT DE KANAKY-NOUVELLE CALÉDONIE
D’entrée, le nouveau président annonce la couleur. « Le pouvoir politique sera recentré au sein de la présidence« . C’est évidemment le cas dans chacune des provinces. Cela sera sans doute accentué aux Iles, avec un engagement « pour une province sereine aux portes de l’accession à la pleine souveraineté de notre pays, Kanaky-Nouvelle Calédonie« .

DES ETATS GÉNÉRAUX POUR L’ENSEIGNEMENT
Si l’intitulé du discours surprend, la méthode, pour améliorer « la réussite qualifiée » des élèves est plus classique : des Etats Généraux. « Méthodes pédagogiques revisitées« , « promotion d’une école multidimensionnelle« , ou « déploiement du service civique« , les idées ne manquent pas.

AÉROPORT INTERNATIONAL ET LABEL « MADE IN ILES LOYAUTÉ »
« Le développement économique tarde à se mettre en place aux Iles loyauté« . Constat peu encourageant après 29 ans de transferts financiers conséquents vers les Iles, aussi bien de la province Sud au titre du rééquilibrage, que de la France pour les aides multiples de l’Etat …

Le nouveau responsable de l’Exécutif provincial prône donc tout à la fois le développement du tourisme « authentique » et « l’écotourisme de luxe » – avec une proposition choc : faire de Ouanaham un aéroport international qui permettra de court-circuiter la Grande Terre -, et l’objectif de « souveraineté alimentaire » pour les Iles.

Autre dessein: créer un label Iles Loyauté, « véritable atout au niveau mondial » pour la vanille, le miel, le santal, le corail.

FUSIONNER L’AMG ET LA COUVERTURE CAFAT
Le président des Iles regrette l’absence d’un hôpital aux Iles alors que « la province participe financièrement à de multiples structures d’intérêt territorial« .

Pour le bien être des Loyaltiens, il formule une proposition audacieuse : fusionner le régime d’Aide Médicale Gratuite avec la couverture Cafat …

CRÉATION D’UNE CENTRALE D’ACHAT
La diminution des coûts demeure un objectif fort de la province. Pour cela, deux propositions choc. En premier lieu, la création d’une centrale d’achat pour « diminuer les coûts pour les entreprises et la population« , alors que « nous sommes encore trop largement dépendants des importations. » En second lieu, la diminution du coût du travail « tout en augmentant le SMG et le SMAG« .

QUI VA PAYER ? s’est hasardé au micro d’une radio Charles Washetine, le leader local du Palika qui déclare néanmoins partager les grandes orientations tracées par le discours.

C’est peut être là que le bât blesse. La province des Iles contribue pour 2 à 3% aux recettes fiscales de la Nouvelle-Calédonie, quand la province Sud en assure 90%. Le reste des financements est assuré par l’Etat. Le chemin vers Kanaky-Nouvelle Calédonie, en particulier pour la province des Iles, pourra difficilement occulter cette réalité financière.

Qui paie, qui paie …

PRISE ILLÉGALE D’INTÉRÊT : LES ÉLUS DANS LE COLLIMATEUR

Non, le délit de prise illégale d’intérêt ne nécessite pas d’intention frauduleuse. Oui, le délit de prise illégale d’intérêt peut être un délit sans enrichissement personnel du coupable ni même d’intérêt direct. Oui, des relations de proches, et même … d’amitié, peuvent être constitutive de prise illégale d’intérêt. Mais quelle est cette contrainte, terrifiante pour certains, décidée par le législateur pour renforcer la probité des actes accomplis par les élus ? Décryptage.

MORALISATION DE LA VIE PUBLIQUE
Pas un mois, en métropole, sans qu’un élu ne se fasse épingler. Maires, simples élus, parlementaires, conseillers régionaux, les exemples ne manquent pas. Dernièrement, faisant suite à celle d’autres personnalités, la mise en examen, en Nouvelle-Calédonie, du député de la seconde circonscription, a défrayé la chronique locale. Ce dernier  plaide pourtant, dans l’affaire en cause, ne posséder aucune action, aucun intérêt personnel, ne bénéficier d’aucune rémunération et d’aucun avantage.

Ainsi, le renforcement des mesures visant à garantir la probité de l’action publique, la sensibilisation de la Justice à ce délit, les règlements de compte entre élus, tout cela tend à faire du risque de prise illégale d’intérêt un sujet permanent de vigilance.

Le vote, en 2017, de la loi de moralisation de la vie politique a scellé cet état de vigilance.

QU’EST-CE QUE LA PRISE ILLÉGALE D’INTÉRÊT ?
« C’est le fait, pour une personne investie d’un mandat électif public, de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont elle a, au moment de l’acte, la charge d’assurer la surveillance, l’administration, la liquidation ou le paiement« . Le délit est sévèrement puni : 5 ans d’emprisonnement et 9 millions CFP d’amende !

SANS ENRICHISSEMENT PERSONNEL NI … INTENTION FRAUDULEUSE
Beaucoup s’imaginent que la prise illégale d’intérêt ne peut être constituée que s’il y a eu enrichissement personnel, ou, à tout le moins, intention frauduleuse. Ils se trompent. Il y a prise illégale d’intérêt … même sans intérêt !

La Cour de Cassation a rappelé que l’infraction était constituée quand bien même les prévenus n’avaient retiré de l’opération prohibée un quelconque profit et quand bien même la collectivité n’avait subi un quelconque préjudice : « le dol général caractérisant l’élément moral du délit résulte de ce que l’acte a été accompli sciemment ». Terrifiant.

LIENS DE PARENTÉ ET MÊME … D’AMITIÉ
Dans l’acte accompli par un élu au titre de son mandat électif public, l’intérêt direct qu’il peut en retirer peut être qualifié de délit. Mais la prise illégale d’intérêt peut également être constituée par un intérêt indirect, auquel cas il est considéré comme personnellement intéressé. Conseil d’Etat ou tribunaux administratifs ont ainsi considéré que les liens de proche parenté (ascendants, descendants ou collatéraux au premier degré) conduisent à considérer l’élu comme personnellement intéressé.

La notion d’intérêt indirect va très loin puisqu’elle peut toucher des liens d’amitié ! En effet, le 5 avril 2018, la Cour de cassation a jugé que le lien d’amitié peut être constitutif de « l’intérêt » nécessaire à la caractérisation du délit de prise illégale d’intérêts. Dans cette affaire, l’élu a été poursuivi pour prise illégale d’intérêt, et son ami, pour recel de ce délit !

LANCEURS D’ALERTE ET SIGNALEMENTS
Non seulement, les dispositions légales ont été renforcées, mais un véritable cadre a été bâti pour les « lanceurs d’alerte » ou les signalements effectués par des tiers.

En particulier, la confidentialité de l’identité des personnes effectuant un signalement est garantie. Il est même prévu que les éléments de nature à identifier le lanceur d’alerte ne peuvent être divulgués, sauf à l’autorité judiciaire, qu’avec le consentement de celui-ci.

PRUDENCE DES ÉLUS ET PROBITÉ
Toutes ces dispositions incitent les élus à renforcer leur vigilance sur les situations présentant, à un moment ou un autre, un risque de délit.

L‘attention des contrôles de légalité, mais également, les signalements effectués par des particuliers ou même des associations comme Anticor (pour anti corruption), la plus connue d’entre elles, constituent des contraintes nouvelles au rôle et à la fonction d’un élu.

Phénomène de société, l’existence des réseaux sociaux ne fait qu’amplifier l’observation des situations supposées ou non irrégulières, ce qui n’exclue malheureusement pas, de prétendus « lancements d’alerte » relevant de la malveillance.

 

ROGER KADDOUR : LES SPORTIFS LUI DOIVENT TANT !

Roger Kaddour aux côtés de Numa Daly

Avec sa modestie permanente, Roger Kaddour s’en défendrait ; pourtant, le sport calédonien et ses sportifs lui doivent tant ! Fondateur avec d’autres des Jeux du Pacifique Sud, après Numa Daly et Pierre Issamatro, Roger Kaddour a déplacé des montagnes pour obtenir l’organisation des Jeux de 1966. Il a du en bouger d’autres pour faire construire des infrastructures qu’on lui doit aujourd’hui. Depuis, sans discontinuer, son action, sa présence sont associées aux Jeux renommés « du Pacifique » en 2005. Pionnier visionnaire.

66 000 HABITANTS
La Nouvelle-Calédonie d’alors est quelque peu différente de celle d’aujourd’hui ! En 1961, elle compte 81 200 habitants, 5 969 voitures de tourisme appartenant à des particuliers, 700 véhicules dans les collectivités, et un manoeuvre, dans la métallurgie, gagne 14 000 FCFP par mois. Le Conseil de gouvernement est dirigé par Michel Kauma.

En brousse, on produit, en ce temps, plus de 1 000 tonnes d’un excellent café !

Le budget du territoire, modeste, est essentiellement alimenté par des taxes indirectes et des recettes douanières. Une part importante des financements provient directement de l’Etat.

IL PARVIENT À CONVAINCRE L’ETAT
Accompagné de Numa Daly et de Marcel Anglès, Roger Kaddour et ses compagnons emportent la décision du comité organisateur des Jeux : après Fidji en 1961, ce sera Nouméa en 1966.

Homme d’affaires entreprenant, Roger Kaddour prend le taureau par les cornes. Il convainc l’Etat et les autorités calédoniennes de doter Nouméa d’infrastructures sportives dignes de ce nom : un stade de foot et d’athlétisme, un vélodrome, une salle omnisports et une piscine olympique. Démesuré, pour l’époque et pour certains !

A Paris, aidé de Jacques Vendroux et de Maurice Herzog, le célèbre alpiniste vainqueur de l’Annapurna et Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, il emportera la décision avec une confirmation de Georges Pompidou, devenu Premier ministre.

LES « CORBEAUX » CRITIQUENT SON AMBITION POUR LA NOUVELLE-CALÉDONIE !
Immédiatement, localement, de nombreux « corbeaux » le critiquent. On l’accuse de folie des grandeurs, de gaspilleurs de fonds publics. On le surnomme « Monsieur 250 millions », montant des investissements qu’il fera conduire. Ce sera d’ailleurs la même critique des « corbeaux » 35 ans plus tard, pour les Jeux de 2011 avec la résidence des athlètes destinée ensuite aux étudiants, ou encore la piscine olympique de Dumbéa !

UN VISIONNAIRE
Mais des critiques, Roger Kaddour n’en a cure. Seul lui importe l’intérêt du sport, et le défi, pour la Calédonie, d’organiser les Jeux en 1966.

Grâce à l’Etat, les équipements sont réalisés. Fort heureusement. Et 43 ans après, ils servent encore le sport et ses athlètes. Et avec le recul, les 250 millions, somme importante à l’époque, paraissent dérisoires.

Le stade en construction. On remarque la faible urbanisation autour !

Roger Kaddour, lui, savait qu’un tel investissement s’amortit sur plusieurs générations.

La jeune équipe de tennis aux Jeux

UN PATRIARCHE
Dans le monde des Jeux, Roger Kaddour est infiniment respecté, et sa parole pèse. A travers lui, ce sont la Nouvelle-Calédonie et la France qui rayonnent. Pour les sportifs, il fait figure de patriarche.

A Samoa, le Conseil des Jeux lui a rendu hommage en le nommant « membre à vie » du Conseil des Jeux.

Il faut souligner que le CTOS n’avait pas attendu : depuis plusieurs années, le monde sportif calédonien l’a honoré en donnant à sa « Maison » le nom de Roger Kaddour. Monsieur Kaddour.

CROISSANCE DE 2 À 3% EN 2019, CE FAMEUX RAPPORT « SYNDEX » …

Les écrits restent. Ainsi, avec quelques mois de recul, les résultats de l’exécution de l’exercice 2019 du budget de la Nouvelle-Calédonie prennent tout leur relief à la lumière du rapport sur les « orientations budgétaires » 2019 à 2021. Un rapport tablant sur une croissance 2 fois supérieure à celle de la métropole. De quoi faire blêmir Bercy ! Rappel.

DES PRÉVISIONS TRÈS OPTIMISTES DE SYNDEX
Toutes les prévisions budgétaires pour 2019, et notamment, bien sûr, les recettes, ont été basées un rapport produit par un cabinet de plus en plus connu sur le territoire : Syndex. Ce cabinet a accompagné plusieurs réflexions économiques, notamment celle commandé par l’Usoenc sur le nickel en 2015 …

Cette fois, c’est à dire en 2018, c’est le Conseil … du Dialogue Social, qui commande à Syndex un rapport sur « la conjoncture générale de la Nouvelle-Calédonie ». Le Conseil du Dialogue étant financé par les contribuables calédoniens, le gouvernement se saisit de ce document en octobre dernier, et en particulier, relève les prévisions de croissance.

LE COMITÉ D’EXPERT LOCAUX « AMÉDÉE » PLUS RÉSERVÉ
Rien à voir avec les prévisions du Comité Amédée, constitué par des responsables publics et privés locaux de l’économie calédonienne, plutôt pessimiste sur les perspectives 2019 avec … 0,2% de croissance. Le rapport Syndex, lui, table sur une croissance de 2018 et 2019 « qui devrait s’établir respectivement à +2% et +3%« , note le rapport du gouvernement calédonien. Un optimisme remarquable.

A titre de comparaison, la métropole a poussé un cocorico avec une croissance de 1,7% du PIB en 2018. C’est dire qu’avec 3%, la Calédonie faisait figure d’exemple …

DES INSCRIPTIONS BUDGÉTAIRES EN CONSÉQUENCE
Les conséquences de cette prévision ont été, évidemment, les inscriptions budgétaires.

Certes, les recettes fiscales 2018 semblaient baissaient. Mais le rapport a expliqué :  » L’exercice de comparaison de la croissance de la valeur ajoutée à celle des recettes fiscales conforte l’idée selon laquelle la baisse des recettes fiscales trouve davantage son explication dans l’évolution de la politique fiscale que dans le ralentissement de la croissance économique du pays ».

4,3% DE HAUSSE DU BUDGET DE RÉPARTITION
Pourtant, grâce à la croissance annoncé par Syndex,  » En 2019, les effets de l’impact des mesures fiscales sur le rendement des principaux impôts se poursuivent, mais les estimations d’évolution de l’assiette du budget de répartition tablent sur une croissance de + 4,3% ». Pas moins. De quoi inscrire des recettes … et des dépenses.

Ainsi, prévoit le rapport gouvernemental :

« Cette hausse de +4,3% du budget de répartition se traduit, pour la collectivité Nouvelle-

Calédonie, par une hausse de +7,3% de ses recettes fiscales, grâce à une diminution de l’effet cliquet (la NC comblerait un peu moins la perte de recettes des communes depuis 2016).

Sur la base de ces prévisions de recettes:

– les provinces percevraient une dotation en hausse de +4,3% par rapport au BP 2018 ;*

– la dotation de fonctionnement des communes resterait stable, le mécanisme de l’effet cliquet étant toujours de mise (le niveau de l’assiette fiscale 2019 serait toujours inférieur au niveau de 2016, année de référence pour le calcul de l’effet cliquet) ;

– en revanche, l’enveloppe du FIP équipement au profit des communes serait en hausse de +4,3%, autorisant le financement de 36 MF de projets supplémentaires.« 

Et pour illustrer cet optimisme, les prévisions avaient été inscrites dans un beau tableau :

14 JUILLET : LA FIERTÉ MOLLE D’ÊTRE FRANÇAIS

Un bon point pour la ville Nouméa, avec la fontaine Céleste magnifiquement parée de bleu-blanc-rouge, comme la façade de l’Hôtel de Ville. Côté militaire, bien sûr, rien à redire. Ces hommes et ces femmes, capables de porter l’idéal français de liberté sur des théâtres d’opérations extérieures, célèbrent chaque jour l’esprit de la Nation. Le défilé de la baie de la Moselle était parfait.

Mais si les communes calédoniennes ont, pour la plupart, rappelé la Révolution par la retraite aux flambeaux et célébré la fête nationale, en revanche, pour l’immense majorité de la population attachée à la France, c’était un jour comme les autres. Rien à voir avec les pavoisements chez nos voisins australiens et néo-zélandais en une telle circonstance. C’est probablement une des explications pour les trop nombreuses abstentions au referendum du 4 novembre dernier …

LE DRAPEAU DU FLNKS est lui, arboré de manière permanente, sur les tee-shirts, les voitures, les jardins. Et même devant la délégation des Cagous à Apia, « erreur » des organisateurs samoans.

L’apogée avait été atteinte lors du récent scrutin d’autodétermination : l’emblème du FLNKS omniprésent sur toute la Calédonie. Et l’absence consternante du drapeau tricolore.

LA RÉPUBLIQUE ET LES DROITS DE L’HOMME
Ce drapeau tricolore, pourtant, est connu par la planète entière, pour la révolution qu’il symbolise, et l’historique déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui a éclairé le monde. Le reste fait partie de l’Histoire, et de notre Histoire.

De quoi en être fier. Au moins une fois l’an, pour la fête de la Nation qui est la nôtre.

HILTON DE LIFOU : C’EST PARTI

Le magnifique projet Wadra Bay Resort, à Lifou, comprend vingt bungalows sur la lagune, trois en forêt, 22 chambres et cinq villas. Dans ce complexe quatre étoiles, on trouvera aussi bar, lounge, spa, des restaurants ou encore une lagune intérieure, ainsi qu’une piscine/aquarium abritée par le récif.

Les travaux ont démarré. Ils devraient durer 2 ans, dont une dizaine de mois pour le gros oeuvre.

Cet investissement, porté par la province des Iles, a obtenu l’accord de défiscalisation métropolitaine en fin d’année dernière.

LARA GRANGEON : UNE CALÉDONIENNE AUX JO DE TOKYO

Le 10km en eau libre au Mondial de natation

Aux championnats du monde de natation, en Corée du Sud, dans le 10km en eau libre, Lara Grangeon rate la troisième marche du podium pour … un dixième de seconde !

La nageuse calédonienne a néanmoins réalisé une belle performance, et a devancé la championne du monde en titre, la Française Aurélie Muller (11e).

« À 300 m de l’arrivée, je sens qu’on est encore plus de dix », a déclaré Lara à l’Equipe. « Je me suis dit que je n’avais pas fait tout ça pour rien, je me suis bien battue et je réalise une belle touche ». Elle a pu compter, dans ce finish, sur ses qualités de sprinteuse développées en bassin.

Mais si le podium lui a échappé, Lara Grangeon enregistre l’immense satisfaction d’obtenir son ticket pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Bonne chance Lara.

TOURISME : LES TOURISTES WALLISIENS PLUS NOMBREUX QUE LES NÉO-ZÉLANDAIS

Surprenant pour les professionnels du tourisme, le marché wallisien et futunien dépasse, dans les statistiques touristiques, le marché néo-zélandais

Selon les statistiques de l’Itsee, en dépit d’un léger recul, le marché touristique wallisien tient ses promesses.

En effet, lors des trois premiers mois de l’année, le nombre de touristes en provenance de Wallis et Futuna se monte à 1636, un chiffre supérieur aux 1138 Néo-Zélandais qui sont venus sur le territoire. Ces chiffres corroborent, dès l’abord, ce que les observateurs avisés subodoraient : le marché wallisien est devenu plus important que le marché néo-zélandais.

Toujours pour le premier trimestre 2019, les touristes en provenance de Vanuatu (820), de Polynésie française (631) et de Wallis et Futuna (1636), soit au total 3 087 touristes, sont légèrement moins nombreux qu’en 2018 où ils étaient 3291.

A noter le caractère particulièrement productif de ces 3 marchés qui ne nécessitent aucune dépense promotionnelle.

Consacrer une étude de dépenses effectuées par ces marchés sur le territoire serait aujourd’hui pertinent. Nul doute, en tout cas, que la baisse enregistrée depuis janvier des marchés wallisiens, vanuatais et polynésiens suscite quelques inquiétudes du côté des hôteliers et des acteurs du tourisme …

J.K.