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SCOTT MORRISON BATTU EN AUSTRALIE PAR LE TRAVAILLISTE ANTHONY ALBANESE

Le parti travailliste a remporté les élections générales qui viennent de se dérouler en Australie. La conséquence immédiate est que Anthony Albanese devient Premier ministre, en remplacement de Scott Morrison, du Parti Conservateur. Les Français avaient découvert ce dernier lors de l’affaire de la rupture du « contrat du siècle », les sous-marins français commandés par l’Australie ayant été remplacés par des équipements nucléaires américains.

Ce changement de majorité qui intervient après 9 ans de pouvoir des Conservateurs dans l’île continent aura-t-il des conséquences pour les relations entre la France et l’Australie, et plus particulièrement, entre la Nouvelle-Calédonie et l’Australie ?

L’ancien ministre des Affaires Étrangères français, Jean-Yves Le Drian, très critique à l’égard de Scott Morrison, a déclaré que les décisions prises par l’ex-Premier ministre australien dans le dossier des sous-marins avaient été « d’une brutalité extrême et d’un cynisme, et je serais même tenté de dire, d’une incompétence notoire ». Il a formé le vœu que la France « renoue avec l’Australie un dialogue franc et constructif ».

Une donnée importante du nouvel équilibre politique au sein du parlement fédéral australien réside dans l’absence de majorité absolue pour le Parti Travailliste. Le 31e chef du gouvernement australien qui est en réalité le véritable chef de l’Etat voisin, va devoir composer avec des partis alternatifs, et en particulier avec les Verts, en progression, notamment dans le Queensland

Pour autant, beaucoup d’interrogations demeurent sur le programme travailliste qui n’a guère été développé durant une campagne aux allures de référendum australien « pour ou contre Morrison ». Sans conteste, les Verts australiens pèseront. Anthony Albanese a d’ores et déjà annoncé un engagement contre le réchauffement climatique « après une décennie perdue ». Redresser l’économie australienne et le pouvoir d’achat érodé par l’inflation sera cependant une des tâches prioritaires du nouveau gouvernement. Les mesures à venir seront-elles efficaces ? Dans le domaine des salaires, les travaillistes ont annoncé une augmentation globale de 5,1%, correspondant à la hausse constatée du coût de la vie.

Mais dans un premier temps, c’est la sécurité de l’Australie qui sera au centre des discussions que le Premier australien doit avoir avec le Quad regroupant les Etats Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie. 

« 30 ANS D’INCURIE POLITIQUE » SELON LOUIS MAPOU. MÊME À LA SOFINOR ?

Étranges déclarations que celles de Louis Mapou sur son action et celle de prédécesseurs. « Humilité » est un mot qui fait tarte à la crème, et qui est surtout largement utilisé par celles et ceux qui oublient d’appliquer cette vertu. En tout cas, le président d’un gouvernement dont la majorité ne s’est guère illustrée par sa dynamique, aussi bien dans la réforme de la gouvernance des régimes sociaux, le traitement de la désertification médicale, la relance économique, les économies budgétaires ou encore la réduction des inégalités, prend de haut l’action politique menée depuis 30 ans, la qualifiant d’incurie. Un comble pour un gouvernement dont l’absence de mise en œuvre de la collégialité et de la simple concertation tranche avec ses belles déclarations de février 2021, lors de la chute du gouvernement Santa. L’échec est toujours de la faute des autres …

Lorsqu’à l’issue des Accords de Matignon, les élus ont décidé de remettre la Nouvelle Calédonie sur les rails, après 4 années de troubles, de faillite économique, et de violence entre les camps antagonistes calédoniens, indépendantistes et loyalistes ont su retrouver les chemins d’une concorde perdue, redresser l’économie du territoire, et réformer des secteurs entiers laissés à l’abandon.

« Incurie politique » les prémisses, déjà, une nouvelle industrialisation de la Calédonie fondée sur le nickel, la construction de nouveaux hôtels dans toutes les provinces, le développement des compagnies aériennes intérieure et internationale, les réformes sociales sur les retraites complémentaires, les dynamiques dans toutes les provinces générées par les responsabilités toute neuves conférées par les Accords ? Foutaise ! Si les trente années qui nous précèdent ont aussi leurs échecs, leurs erreurs, leurs carences, il s’agit bien, déjà, d’une période de 10 ans entre 1990 et 2000 marquée par une concorde retrouvée, et un développement sans précédent.

La période qui a suivi les Accords de Nouméa a certes été moins flamboyante. Mais cela justifie-t-il que l’ancien responsable de la Sofinor parle « d’incurie politique » ? Deux usines nouvelles ont été réalisées, fonctionnant plutôt cahin-caha, mais créant des milliers d’emplois, les régimes de solidarité se sont bonifiés avec une retraite de solidarité dont bénéficient largement les « vieux », les allocations familiales ont été servies aux familles sans emploi, les infrastructures de santé ont fait un bond en avant prodigieux, les infrastructures sportives ont connu un développement exceptionnel grâce aux Jeux du Pacifique en 2011, la Calédonie est entrée au capital de la SLN et d’Eramet, et plus récemment, le territoire a lancé un mouvement de transition énergétique exemplaire en brûlant les étapes. Et puis, et puis. La liste pourrait être longue à présenter à Louis Mapou pour souligner qu’en dépit de nombreuses carences, « 30 ans d’incurie politique » est une affirmation outrancière. 

Qu’importe d’ailleurs. Qu’il prouve que l’action politique dont il dit grand mal pour ceux qui l’ont précédé, peut, en ce qui le concerne, dépasser les illusions idéologiques, les approximations et la procrastination. Et ses successeurs seront assurément, moins cruels à son égard.

PAP NDIAYE : LE NOUVEAU MINISTRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE

Une surprise, une vraie. Alors que la rumeur annonçait Gabriel Attal à ce ministère, c’est l’historien Pap Ndiaye qui a été nommé ministre de l’Education nationale. Agrégé et docteur en histoire, professeur des universités à Sciences Po Paris et ancien directeur du département d’histoire de l’Institut d’études politiques (IEP), Pap Ndiaye est un spécialiste de l’histoire sociale des États-Unis, particulièrement celle des minorités – les Black Studies. Après avoir été conseiller scientifique de l’exposition «Le Modèle noir» au musée d’Orsay, Pap Ndiaye avait pris la direction générale de l’établissement public du Palais de la Porte Dorée, qui rassemble le Musée national de l’histoire de l’immigration et l’Aquarium tropical.

Né à Antony dans les Hauts-de-Seine le 25 octobre 1965, de père sénégalais et de mère française, Pap Ndiaye a pour soeur la romancière Marie NDiaye , qui avait obtenu le Goncourt pour «Trois femmes puissantes». Lui aussi a écrit de nombreux ouvrages, dont «Obama dans l’Amérique noire» et «La Condition noire : essai sur une minorité française».

Sa nomination a rudement fait réagir l’extrême droite qui évoque « un indigéniste assumé », « la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir » ou encore « militant racialiste et anti-flics ». Pas moins.

YAËL BRAUN-PIVET À L’OUTRE-MER : QUI EST-ELLE ?

Ancienne présidente de la Commission des Lois à l’Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet succède donc à Sébastien Lecornu à l’Outre-mer à 51 ans. Cette juriste pénale connaît la Nouvelle Calédonie pour avoir été rapporteuse de la mission d’information sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle Calédonie en 2021.

Incontestablement, ses compétences juridiques seront très utiles dans la démarche statutaire entreprise pour le territoire, aussi bien pour ce qui concerne le corps électoral, que l’évolution du statut, les modifications constitutionnelles qui l’accompagneront et le référendum dit « de projet ».

Yaël Braun-Pivet avait mis sa « vocation » entre parenthèses pour suivre son mari, cadre chez l’Oréal, sept ans à Taïwan et au Japon, et élever leurs cinq enfants. De retour, elle s’était investie aux Restos du Coeur, où elle a vu « beaucoup de gens dans des situations très compliquées« , créant des consultations gratuites d’avocats et un centre d’accueil dans les Yvelines.

Originaire de Nancy, et issue d’un militantisme de gauche avant de rejoindre Emmanuel Macron, elle est réputée « chaleureuse », et on lui reproche parfois même d’être « trop sympa ». On dit de cette descendante de « l’immigration slave, juive, polonaise et juive allemande, avec des grands-parents entrés en France avec des visas touristes » dans les années 1930, qu’elle préfère les discussions et les débats internes plutôt que les confrontations et les bras-de-fer publics.

LE NOUVEAU GOUVERNEMENT BORNE : LA LISTE INTÉGRALE ET LES SURPRISES

Le gouvernement d’Elisabeth Borne est désormais connu. On y trouve des poids lourds de l’ancien gouvernement Castex, confirmés, voire renforcés. Bruno Le Maire est à l’Économie et les Finances mais également à la souveraineté industrielle et numérique, Gérald Darmanin, à l’Intérieur, Eric Dupond-Moretti demeure à la Justice. Les Calédoniens regarderont évidemment si Sébastien Lecornu reste au gouvernement : c’est le cas, avec une belle promotion, au ministère des Armées. Il est remplacé à l’Outre-mer par Yaël Braun-Pivet. Une grosse surprise : la nomination de Pap Ndiaye qui remplace Jean-Michel Blanquer à l’Éducation Nationale.

Elisabeth Borne, Première ministre, remplace Jean Castex

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, remplace Barbara Pompili

Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, remplace Jean-Yves Le Drian

Pap Ndiaye, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, remplace Jean-Michel Blanquer

Sébastien Lecornu, ministre des Armées, remplace Florence Parly

Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, reste à son poste

Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein-emploi et de l’Insertion, remplace Élisabeth Borne

Yaël Braun-Pivet, ministre des Outre-mer, remplace Sébastien Lecornu

Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, reste à son poste

Rima Abdul Malak, ministre de la Culture, remplace Roselyne Bachelot

Brigitte Bourguignon, ministre de la Santé et de la Prévention, remplace Olivier Véran

Damien Abad, ministre des Solidarités, de l’Autonomie, et des Personnes handicapées

Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, remplace Frédérique Vidal

Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, remplace Julien Denormandie

Stanislas Guérini, ministre de la Transformation et de la Fonction publique, remplace Amélie de Montchalin

Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques, remplace Roxana Maracineau

Parmi les ministres délégués :

Olivier Véran, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et de la Vie démocratique

Gabriel Attal, ministre délégué chargé des Comptes publics

Christophe Béchu, ministre délégué chargé des Collectivités territoriales

Franck Riester, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité

Isabelle Rome, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances

Clément Beaune, ministre délégué chargé de l’Europe, reste à son poste

Parmi les secrétaires d’État :

Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement, remplace Gabriel Attal

Justine Bénin, secrétaire d’État chargée de la Mer

Charlotte Caubel, secrétaire d’État chargée de l’Enfance

Chrysoula Zacharopoulou, secrétaire d’État chargé du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux

PASCAL LAFLEUR, CANDIDAT DANS LA PREMIÈRE CIRCONSCRIPTION

C’est la surprise de cette fin de semaine. Pascal Lafleur, le fils de Jacques Lafleur, a déposé sa candidature pour les élections législatives du 12 juin prochain. Sa suppléante sera Pascale Daly.

La liste s’est donc allongée dans la première circonscription, où le chef d’entreprises va se présenter. On y trouve en outre les candidatures de Guy-Olivier Cuenot (suppléante Petelonila Manuila) pour le Rassemblement National, Philippe Dunoyer (suppléante Naïa Wateou) pour Ensemble ! Majorité présidentielle, Virginie Ruffenach (suppléant Warren Laukau) pour le Rassemblement/LR, Antoine Gil (suppléant Gérard Quinet) pour le Mouvement des Citoyens français, Muneiko Haocas (suppléant David Yeiwie) pour le MNIS, Joel Kasarherou (suppléant Luen Iopue) pour Construire Autrement, Jérémy Simon (suppléant Mickaël Tordjman) pour les Patriotes, et Wali Wahetra (suppléant Fidel Malalua) pour le FLNKS.

Pascal Lafleur et sa suppléante ne revendiquent aucune étiquette.

LÉGISLATIVES : VAEA FROGIER SE RETIRE

Vaea Frogier-Morault a finalement décidé de retirer sa candidature aux élections législatives prochaines dans la deuxième circonscription. Elle l’a fait savoir dans un communiqué diffusé ce jour.

« Dès la mi-mars j’avais annoncé mon intention d’être candidate à l’élection législative 2022 dans la 2ndecirconscription de la Nouvelle-Calédonie, pour porter des sujets de société très importants, comme le statut de la personne (coutumier, civil, particulier) et la place des communes dans le prochain statut. 

« Depuis la donne politique a changé. Le camp des non-indépendantistes est plus divisé que jamais. A l’inverse du FLNKS qui montre sa capacité à se mobiliser sur l’essentielet présente des candidatures unitaires. La perspective de l’élection de leur candidat dans la 2nde circonscription doit nous mobiliser.

« Pour apporter ma pierre à l’unité, j’ai décidé de ne pas présenter ma candidature, tout en continuant à m’exprimer sur les sujets cruciaux pour notre territoire« .

DEUX CANDIDATS INDÉPENDANTISTES AUX LÉGISLATIVES

La mouvance indépendantiste sera présente aux élections législatives, sous une bannière unitaire. Ce sont Gérard Régnier, ancien secrétaire général de l’UC et Walisaune Wahetra qui en porteront les couleurs respectivement dans la première et la deuxième circonscription.

Leurs suppléants sont respectivement Marie-Pierre Goyetche, ancienne présidente de l’USTKE et responsable au Parti Travailliste, et Fidel Malalua, Vice-président de l’USTKE.

Ces choix sont-ils les plus pertinents pour réaliser le meilleur score indépendantiste ? La réponse sera apporté le 12 et le 19 juin pour les candidats admis au second tour.

Walisaune Wahetra a commencé sa campagne avec des propos très affirmatifs, notamment sur le corps électoral, indiquant que les indépendantistes n’accepteront jamais le « dégel ». Candidate au Parlement de la République, là même où se votent les lois ainsi que la Constitution française lorsque l’Assemblée nationale est réunie en Congrès avec le Sénat, elle devrait toutefois savoir que le gel du corps électoral ne peut perdurer. C’est même la position de l’Organisation des Nations Unies et de la Cour Européenne des Droits de l’Homme …

Autres candidats dans la course électorale : Agir pour l’avenir. Joel Kasarherou sera présent dans la première circonscription et Michèle Homboué, dans la deuxième. Les axes de leur projet parlementaire reposent sur l’environnement et la moralisation de la vie politique. Des sujets relevant toutefois davantage des compétences locales que des pouvoirs de l’Assemblée nationale.

LES INDÉPENDANTISTES CONDUISENT-ILS LA CALÉDONIE À LA CESSATION DE PAIEMENT ?

Est-ce un fin calcul ou la décision de responsables qui ne comprennent pas vraiment la situation dans laquelle se trouve la Nouvelle Calédonie ? En tout cas, au Congrès, les indépendantistes et quelques voix supplémentaires ont décidé hier de reporter à juillet l’habilitation du gouvernement à signer le contrat de prêt de 20,88 milliards de francs auprès de l’AFD.

Le motif : l’Agence française de développement a indiqué à l’exécutif l’impossibilité de prévoir un taux d’intérêt fixe, au regard de la panique sur les marchés financiers et de l’inflation mondiale très rapide due à la guerre en Ukraine. En clair, si ce n’est pas un taux fixe, c’est un taux variable.

Dans l’intervalle, le prêt relais consenti par un pool de banques locales devrait permettre quelques paiements prioritaires du territoire pour ses dépenses obligatoires et certains créanciers. En début de semaine, toutefois, la trésorerie du territoire était négative, ce qui signifie que dans ce cas, tout décaissement est impossible pour la Nouvelle Calédonie.

On peut craindre ainsi que le manque de trésorerie accroisse les difficultés des entreprise créancières, et accentue celles du Ruamm et des services de santé. Plusieurs cas de figure peuvent se dessiner, au gré des fluctuations des systèmes financiers de la planète et de celle de l’AFD.

Les conditions évoquées par l’Agence évoluent, et un taux fixe acceptable et proposé, conduisant à la signature de la convention du prêt de 20 milliards. Autre cas de figure, ces conditions n’évoluent pas, mais la Calédonie trouve un bailleur proposant un prêt à un taux maximum de 3%. Dans les conditions de solvabilité du territoire, on peut toujours rêver, en dehors peut être d’une banque chinoise qui se passerait de la garantie de l’État … Autre cas de figure également, l’État garanti à la Calédonie qu’au delà d’un taux d’intérêt supérieur à 3%, il prend le différentiel à sa charge jusqu’à un retour à bonne fortune. Autrement dit, le gouvernement local aurait pu, par exemple, solliciter un délai de négociation avec l’assentiment de l’ensemble des partis politiques du Congrès au lieu d’une adoption de motion préjudicielle. Cela cache-t-il quelques autres intentions ?