Synthèse du « Plan pour élever le Tourisme Durable au rang d’une Industrie »

PTDI

LE CONTEXTE
Le 7 avril 2016 s’est tenu au plan national le colloque de la Fédération Professionnelle des Métiers du Tourisme Les Républicains avec pour thème : quelle politique du tourisme pour une nouvelle majorité en 2017 ?

Dans l’esprit de cette initiative qui concerne l’hexagone, Les Républicains de Nouvelle-Calédonie ont décidé de mener une réflexion sur le tourisme en Nouvelle-Calédonie.

Ce travail de 8 mois, enrichi de rencontres avec des professionnels de tous les secteurs du tourisme calédonien, s’est conclu par un rapport intitulé : «  Une transition économique dédiée aux générations futures – Plan pour élever le Tourisme Durable au rang d’une Industrie (PTDI)».

Il constitue une contribution au débat calédonien sur le tourisme, hors de tout esprit de polémique.

LE DOCUMENT  : LES CONSTATS ET LES BILANS

Bilan 1990-2015 : les constats et les enseignements
Fondé sur un bilan des 25 dernières années, le document effectue plusieurs constats sur une première période 1990-2004, puis sur celle de 2004-2015.

  • Il est ainsi constaté qu’entre 1990 et 2004, une période de forte croissance a été marquée par la création d’un organisme « pays » de promotion internationale, le Gie « Destination Nouvelle-Calédonie », la construction de la plupart des hôtels existants soutenue par un Fonds Territorial, la création de la défiscalisation locale pour les hôtels, les achats d’ATR pour Aircal et le développement d’Aircalin sur le long courrier, la construction de l’aquarium des Lagons, la construction de 3 golfs, des aménagement de sites ou encore l’acquisition du domaine de Gouaro-Deva.

Cette période a enregistré le franchissement de la barre des 100.000 touristes en 1997, de celle de 35.000 japonais en 1998, tandis que la fréquentation s’est élevée à 110.000 touristes en 2001.

  • Entre 2004 et 2015, période dont le développement répond à la stratégie issue du Plan de Développement Touristique Concerté de 2006, les résultats ont été mitigés et l’objectif de 000 touristes en 2015 n’a pas été atteint.

Il en ressort toutefois la construction de l’hôtel golf de Gouaro Deva. Par ailleurs, depuis 3 ans, les chiffres d’arrivée ont enregistré une tendance à la hausse pour atteindre 114.000 visiteurs en 2015.

L’examen de ces deux périodes contrastées pose clairement le problème du positionnement économique du tourisme et de sa gouvernance.

Bilan de la croisière
Pour ce qui concerne la croisière dont la croissance est exclusivement due à l’augmentation considérable d’activité de la filiale australienne de Carnival, numéro un mondial de la croisière, les chiffres et les dépenses des croisiéristes ont explosé de manière exponentielle. En revanche, force est de constater la quasi-absence d’accompagnement local de cette expansion.

Aujourd’hui, la croisière génère pourtant des revenus importants : 2 milliards en 2015 soit 3 fois plus que le tourisme en provenance de Nouvelle-Zélande et autant que celui en provenance d’Australie.

L’investissement privé en panne
Enfin, le document constate que l’investissement privé est totalement en panne, aussi bien en Nouvelle-Calédonie qu’en provenance de l’extérieur.

 LES PROPOSITIONS
Elles relèvent d’un Plan pour conférer au tourisme calédonien le rang d’une Industrie reconnue, assorti de 78 propositions d’actions concrètes.

  • Dans cette perspective, le document revisite d’abord tous les fondamentaux du tourisme : positionnement de la destination, identité, couple image/produit, marketing, transport aérien, infrastructures et équipements, formation et professionnalisme des personnels ou encore éducation et mobilisation des publics calédoniens. Il propose des actions de recadrage.
  • Il développe ensuite plusieurs axes de réflexion et d’action parmi lesquels :
  • La prise en compte d’un nécessaire équilibre entre le secteur public et le secteur privé
  • L’allègement des carcans administratifs
  • Une mise en conformité avec la révolution du e-tourisme.

Surtout, il propose de créer un cadre administratif, fiscal et économique assis sur une dimension industrielle, et propre à susciter l’intérêt des investisseurs. Ce dispositif repose sur trois orientations favorisant investissement et la croissance :

  • le cadre économique et le régime d’investissement
  • l’allègement des charges d’exploitation hôtelière
  • l’amélioration des revenus des personnels d’équipements touristiques
    Le cadre économique et le régime d’investissement

    Il fait l’objet d’une Loi-Cadre des investissements touristiques de délibérations associées concernant :

  • la simplification des règles et procédures, notamment lorsque celles-ci sont des extensions inadaptées au contexte local de ce qui existe en métropole ou en Europe
  • une adaptation du droit du travail dans le respect du dialogue social, pour faciliter le développement touristique, et donc, la création d’emplois,
  • l’extension à Nouméa du bénéfice de la défiscalisation nationale pour construction d’hôtel,
  • la mise en place d’incitations fiscales, pendant une période de 10 ans, analogues à celles adoptées en faveur des secteurs métallurgiques et miniers, et notamment, le paiement de l’impôt sur les sociétés à l’issue de l’amortissement de l’investissement immobilier, l’exonération de droits et taxes pour les matériaux et matériel de construction d’équipements à caractère touristique (hôtels, centre de cure thermale, centre de congrès, centre d’animation marine notamment)
  • la garantie de stabilité fiscale pendant 15 ans.L’allègement des charges d’exploitation hôtelières pour rétablir la rentabilité et la croissance des établissements :
    Pour rendre opérante la transition économique proposée, il est proposé d’appliquer pendant une période limitée des mesures d’allègement des charges d’’exploitation. Inscrites dans la Loi-Cadre, elles concerneront en particulier :
  • les charges sociales pour la zone de Nouméa en vue, soit de leur alignement sur celles du reste du territoire, soit de leur allègement,
  • un taux préférentiel à 10% de l’impôt sur les bénéfices générés par les exploitations d’équipements touristiques visés au chapitre précédent pendant une période de 10 ans,
  • la possibilité de répercuter des pertes sur les exercices bénéficiaires,
  • un taux préférentiel des carburants utilisés par les entreprises classées « entreprises touristiques » par le gouvernement selon une grille de critères à créer en accord avec les professionnels, mesure analogue à celle bénéficiant au secteur mine et métallurgie.L’amélioration des revenus des personnels des équipements touristiques

Il est proposé un abattement de 50% de l’impôt sur les revenus des employés des équipements touristiques, pendant une période de 10 ans. Cet abattement résulterait des charges et des sujétions particulières liées à ces emplois et qui justifient un traitement différencié de ces catégories de ces personnels devant l’impôt. Cette mesure sera également inscrite dans la Loi-Cadre.

Quant au dispositif « service charge » ( prélèvement pour service redistribué aux employés) en cours d’étude, il est essentiel qu’il soit exempté de charges sociales.

Enfin, le document propose le lancement de 4 dossiers en vue de leur réalisation :

  • celui d’un Centre de Congrès pour développement le marché très rémunérateur « Mice »
  • celui d’un resort à Nouméa Kuendu Beach
  • celui d’un resort à Nouméa Sainte Marie
  • celui d’un Centre de Cure Thermale et de Remise en Forme à Canala.

Il privilégie la procédure d’appel d’offres international pour ces réalisations.

La croisière
Si les équipements d’accueil se sont développés à Lifou et Maré, tout reste à faire à Nouméa :

  • regrouper les acteurs au sein d’un « Club Croisières »
  • réaliser un terminal d’accueil provisoire en grande rade
  • réaliser des infrastructures portuaires d’accueil adaptées aux nouvelles normes du trafic
  • organiser l’accès des croisiéristes au Centre-ville et leur parcours de visite de la ville
  • appuyer un dossier de candidature de Nouméa « Port tête de ligne »
  • lancer une étude d’impact environnemental et de durabilité de la croisière

Le Plan propose 11 actions concrètes pour élever la croisière au rang d’une industrie.

La proposition de nouvelle gouvernance
Le constat des 11 dernières années est que sans gouvernance cohérente, aucun développement concerté n’est possible.

Cette gouvernance doit à la fois respecter les compétences des collectivités, et veiller à la mise en œuvre des orientations partagées par la mobilisation et la coordination des acteurs notamment dans les domaines suivants :

  • piloter et évaluer le Plan pour élever le Tourisme Durable au rang d’une Industrie
  • proposer un cadre d’investissement attractif
  • veiller à la formation des acteurs
  • mettre en place un groupe pour préparer l’ouverture du marché de la Chine.

Cette structure nouvelle prendrait la forme d’un Gie intercollectivités/interprofessionnels et comprendrait en outre l’Etat et la CCI. Elle serait d’un coût limité en personnel et en fonctionnement parce que ne se substituant par aux services des provinces, du gouvernement ou des mairies.

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