LE CONGRÈS DES MAIRES REPORTÉ

imagesLe congrès de l’Association des maires de France (AMF), qui devait se tenir de mardi à jeudi à Paris, a été annulé et reporté au 31 mai « à la demande de l’État », à la suite des attentats dans la capitale. Il est reporté en raison des « impératifs de sécurité ».

Plusieurs élus calédoniens se sont rendus dans la capitale ou devaient s’y déplacer à cette occasion.

CALÉDONIE : BUDGET DE CRISE POUR 2016

 

Le projet de budget 2016 de la Nouvelle-Calédonie, qui comprend celui de la Nouvelle-Calédonie « en propre », celui des provinces, des communes et des établissements publics doit être déposé le 15 novembre au terme de la Loi Organique. Ce ne sera pas le cas. Motif : une clarification de présentation pour faire apparaître le budget des missions relevant du seul gouvernement, et surtout une situation des rentrées fiscales délicate. En cause : la situation économique dégradée. Commentaires.

L’argent ne pousse pas dans les arbres, fussent-ils endémiques à la Nouvelle-Calédonie ! Les élus du congrès auront donc, pour l’exercice 2016, à ne prendre en compte que les recettes estimées d’une situation économique plus proche du marasme que de la flamboyante croissance.

DEFICIT DE PLUSIEURS MILLIARDS

images-2De fait, la situation de trésorerie a commencé à se dégrader dès 2011. Au troisième trimestre 2013, elle était insuffisante pour payer les dépenses à mandater ! Les services ont donc du procéder à de « la cavalerie », faisant trainer des règlements et proposant un emprunt de trésorerie auprès de l’Agence Française de Développement.

Quant à la situation budgétaire, elle était « réglée » en deux temps pour répondre à l’insuffisance de recettes inscrites au budget primitif : la plus grande partie inscrite au budget primitif et … le solde au budget supplémentaire.

A présent, les chiffres sont inquiétants. Pour 2014, le budget propre de la Calédonie accusait un déficit de 4,2 milliards. Avant les derniers arbitrages, celui de 2015 affichait une impasse de 8 milliards, chiffre qui pourrait croître dramatiquement pour 2016. Certains évoquent même un risque de cessation de paiement pour 2017 …

DES RÉDUCTIONS DRASTIQUES

Pour réduire le « trou », des mesures drastiques ont du être imposées aux directions du gouvernement. D’abord, en 2015, la restitution d’une partie des crédits non consommés, et pour 2016, un cadrage imposant une contraction globale des dépenses proche de 20%.

Mais la Nouvelle-Calédonie dépense aussi énormément pour des interventions en tout genre par voie de dotations et de subventions. Certaines d’entre elles dépassent le milliard. Les réductions imposées aux directions vont également impacter des interventions dont la règle était jusqu’à présent une tendance à la hausse. Dans le domaine agricole, notamment, cela risque « de faire mal ».

Cet exercice difficile pour le gouvernement va se solder par le dépôt du projet de budget pour l’année 2016 au début du mois de décembre. Ce sont ensuite les membres du congrès qui devront voter le document définitif, à l’issue, on peut s’en douter, de bien des états d’âme et de quelques modifications.

FAILLITE ANNONCÉE ?

couve LivreL’important sera d’observer les orientations des décideurs. Pour la première fois depuis 25 ans, la Nouvelle-Calédonie se trouve dans une situation économique grave. Cette situation économique sera-t-elle prise en compte, ou bien les élus se contenteront-ils d’ajuster des chiffres au budget ?

Car le nœud gordien est bien la création de la richesse intérieure, laquelle est la seule à alimenter l’essentiel de la ressource budgétaire des collectivités. Tout comme Manuel Valls et le gouvernement socialiste qui scandent désormais « nous aimons l’entreprise », les élus calédoniens vont-ils être capables de placer au cœur des Politiques Publiques la nécessaire croissance des entreprises calédoniennes ?

Si tel n’est pas le cas, les ajustements de chiffres ne seront qu’un cataplasme sur une jambe de bois. Dans un rapport de commission traitant de la construction budgétaire et de la nécessaire clarification de présentation, une spécialiste indiquait que cette construction avait été un élément contribuant « à créer les conditions d’une faillite annoncée ».

PHARAONIQUE ! LE COMPLEXE AQUATIQUE DE MAGENTA

Le terme avait été utilisé pour qualifier le projet de Front de Mer attribué à Gaby Briault. En réponse, ce dernier y avait toujours substitué le terme « d’une ambition à la mesure de Nouméa », en faisant observer qu’il s’agissait d’une perspective à 15 ans. Et surtout, d’un financement essentiellement privé. Ce n’est pas le cas du méga-projet de piscine à vague et d’ensemble aquatique de Magenta, qui sera financé sur fonds publics. Pharaonique.

Une simple piscine avait été envisagée par l’équipe de Jean Lèques. Mais l’idée avait rapidement été abandonnée dès les premières estimations financières. Trop cher ! En lieu et place, la construction d’un Centre Socio-Culturel avait été décidée, en faveur des jeunes, des familles et des associations de Magenta, Ouémo et Portes de Fer.

EXIT LE CENTRE SOCIO-CULTUREL
La nouvelle-majorité en a décidé autrement. Exit le Centre Socio-Culturel, dont les appels d’offres étaient prêts à être lancés, au profit d’une animation très « Gold Coast ». Ce centre était pourtant attendu. Destiné à l’animation jeunesse, à l’action parentale, aux liens de cohésion sociale entre les quartiers périphériques, il avait fait l’objet d’une étude approfondie et partagée avec les habitants des quartiers.

Le complexe projeté est d’une toute autre nature. Sans conteste, il représenterait une animation exceptionnelle pour la ville, puisque son attraction devrait dépasser les frontières des quartiers de proximité. Trois questions se posent cependant.

2 MILLIARDS

Un complexe de 2 milliards au bas mot
Un complexe de 2 milliards au bas mot

La première relève du coût de construction. Lorsque l’on se souvient que la piscine de Koutio, certes de 50 mètres et non de 25 mètres avait coûté 1 milliard, on peut s’interroger sur le coût annoncé de 1 milliard pour ce complexe grandiose. Le double paraît plus réaliste.

La seconde concerne les frais de maintenance. Il est couramment admis qu’ils représentent aux alentours de 10% du coût de l’investissement. Autrement dit, quelques 200 millions par an, réduits des recettes qui devront toutefois servir à l’exploitation du complexe. Car celui ci, en personnel de service, de surveillance, d’encadrement spécialisé, ne sera pas … une goutte d’eau dans les piscines.

La troisième concerne la priorité. Certes, suite de campagne oblige. Et puis, l’avantage de la nouvelle majorité sera par ailleurs d’inaugurer les réalisations lancées par l’équipe de Jean Lèques, comme le prolongement de la promenade Pierre Vernier, le Carré Rolland ou encore le Parc de la Rivière Salée.

QUEL PLAN DE FINANCEMENT ?
Mais malgré tout, dans un contexte de crise économique, et alors que l’équipement des quartiers et la sécurité en dégradation relèvent de plus grandes attentes de la ville, le complexe aquatique de Magenta semble quelque peu déplacé.

Reste toutefois à trouver les financements. Celui de l’Etat paraît plutôt hasardeux, avec 700 millions pourtant annoncés. Les autres communes de l’agglomération ont du probablement s’étonner à la fois du chiffre et de la destination de l’aide nationale.

Le projet de budget 2016 de la ville devrait donc dévoiler le plan de financement du complexe de Magenta. Et, à n’en pas douter, donner quelques grains à moudre à l’opposition municipale.

EXPORTATION DE NICKEL VERS LA CHINE : LA DECISION UBUESQUE DU GOUVERNEMENT

 

 

Alors que la Nouvelle-Calédonie s’apprête à entrer plus rapidement que beaucoup le pensent dans une des plus graves crises économiques de ces 25 dernières années, le gouvernement refuse aux mineurs, à l’exception de MKM, au mieux, une légère croissance, au pire, le maintien de leur activités. Et des emplois. Commentaires.

C’est donc MKM, dont le patron est proche de l’Union Calédonienne, qui a gagné à la tombola des exportations de minerai pauvre vers la Chine. L’affaire a ainsi traîné plusieurs mois, entrecoupée par la rocambolesque convocation du congrès en session extraordinaire, contestée par le Haut Commissaire et la juridiction, puis finalement aboutie sur injonction de l’Etat.

Entretemps, plus de 3 millions de tonnes d’exportation vers la Corée a été votée par l’Exécutif au projet de la SMSP.

« NIET »

Ce mardi matin, il s’agissait donc de statuer sur les demandes des mines Montagnat, Ballande, Maï, et SLN, pour exporter ce que les mineurs estiment être des « déchets », minerais pauvres poussés au rebut, vers la Chine.

Compte tenu des faibles volumes sollicités, les conséquences au regard des réserves considérables de saprolites et de latérites étaient sans conséquence aussi bien dans l’immédiat que pour le futur à moyen et à long terme.

La réponse de l’Exécutif a été un « niet » sans appel.

Sa décision est difficilement explicable autrement que par des règlements de compte, ou par la volonté d’une appropriation de l’économie du nickel par la puissance publique.

SANCTION POUR LA SLN

search-1Elle sera sans nul doute lourde de conséquences. D’abord pour la pérennité de l’emploi au sein des entreprises minières privées. Elle est ensuite un mauvais signe pour l’économie de marché et la liberté d’entreprendre. Elle vient enfin pénaliser des entreprises minières au moment où la quasi totalité des entreprises calédoniennes va entrer en crise.

Il faut enfin souligner le message adressé à la SLN et à Eramet. C’est, à n’en pas douter, une sanction. Alors qu’ Eramet, en difficulté, vient de différer 100 milliards d’investissements pour la nouvelle centrale électrique, au moment où certains de ses actionnaires seraient favorables à la cession –pour ne pas dire l’abandon- de la SLN, ce message risque peut être de précipiter des décisions catastrophiques pour la Nouvelle-Calédonie.

ERAMET VA-T-ELLE CÉDER LA SLN AU TITRE DE LA « CESSION DES ACTIFS » ?

« CENTRALE : QUESTION DE VIE OU DE MORT
POUR LA SLN »

search-1C’est l’Usine Nouvelle qui l’écrit à propos de la suspension du remplacement de la centrale électrique Doniambo. « D’après nos informations, indique l’Usine Nouvelle, cette suspension inclut le projet de nouvelle centrale électrique de la SLN, que Pierre Gugliermina (Président du Conseil d’administration de la SLN-NDLR) qualifie de « question de vie ou de mort pour le site »: « C’est un investissement prioritaire pour Eramet. Le choix est clair, c’était une question de vie ou de mort pour le site de Doniambo » (Nouvelle-Calédonie). « Le premier projet de remplacement de la centrale date de 2007-2008, mais c’était la crise, il a été repoussé. La centrale actuelle a 45 ans et elle a toujours, comme au démarrage, moins de 3% de pannes aléatoires. Par contre elle ne passera pas la cinquième décennale. »

« TOTALEMENT SACRIFIER LA SLN »

 Alors, si la centrale électrique nouvelle est « une question de vie ou de mort » pour la SLN, cette décision d’Eramet est-elle le prélude à un désengagement de plus grande envergure ?

« De toute évidence, Philippe Gomès détient des informations qui lui permettent de penser qu’Eramet va totalement sacrifier la SLN », affirme un commentateur qui souhaite rester anonyme », poursuit l’Usine Nouvelle.

EN DÉCEMBRE

Un prochain conseil d’administration de la société pourrait, début décembre, préciser de possibles cessions d’actifs dans la branche nickel et manganèse.

Au sein de la compagnie, depuis plusieurs exercices, certains administrateurs critiquent les choix opérés par Bernard Buffet, le Président d’Eramet. Les tensions entre Romain Zaleski, deuxième actionnaire avec 13% du capital et représenté au conseil par Jacques Bacardats, et Bernard Buffet sont qualifiées « d’historiques ». Le premier reproche aux dirigeants actuels un manque de pertinence des investissements consentis par le groupe Eramet dans ses activités historiques (le nickel, le manganèse et les alliages) ainsi que des « projets de diversifications en tous genres », allusion à Weda Bay (nickel) et à Moanda .

« DÉCISION PAR LES ACTIONNAIRES »

Cette fois, avec un marché terrifiant, des déficits qu’il sera difficile de combler, Eramet pourrait en effet prendre des décisions radicales, facilitées par les critiques en tout genre venant d’une partie de la classe politique calédonienne, et la volonté affichée pour un administrateur au sein même d’Eramet, de faire monter les collectivités publiques à 51% dans le capital de la SLN.

Cela va-t-il aller jusqu’à la cession de la SLN, de son usine affublée d’une centrale électrique obsolète, en recherche de compétitivité, sous le coup d’un risque de « nationalisation » de la société, mais d’un autre côté, dotée d’un des plus beaux domaines miniers nickel au monde ? C’est la majorité des actionnaires qui, le cas échéant, le décidera.

Report de la centrale Doniambo 100 milliards d’investissements en moins

 

« Brut de décoffrage », la décision de reporter la construction de la centrale électrique de Doniambo a pour conséquence de supprimer, pour l’instant, un investissement de 100 milliards FCFP en Nouvelle-Calédonie. En plus des conséquences économiques, cette décision est un révélateur pour les Calédoniens. Explications.

UNE TRES MAUVAISE NOUVELLE POUR LES ENTREPRISES
La richesse d’un pays vient de l’activité de ses entreprises, et plus particulièrement de leur bonne santé financière. Une entreprise qui réalise des profits investit et crée des emplois. La construction de la centrale électrique de nouvelle génération était une aubaine pour tous les corps d’état : construction, second œuvre, fournisseurs, intermédiaires. Une grande partie de l’investissement, c’est à dire plusieurs dizaines de milliards, devait se traduire par des retombées locales.

Image SLN
Image SLN

Désormais, il faut réviser les plans de charge espérés. Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’énorme chantier du Médipôle s’achève, et que se clôt le carnet de commandes lié à cette construction.

Difficile de mesurer l’impact négatif du report de la réalisation de la centrale électrique de Doniambo. Mais il est sûr que deux effets sont à prévoir : l’impact direct traduit par un chiffre d’affaires espéré qui disparaît, et l’impact indirect en ce sens que beaucoup d’anticipations d’investissements des entreprises et même des ménages calédoniens est lié à la dynamique de l’activité mine et métallurgie.

UN REVELATEUR
La décision du Conseil d’administration d’Eramet est-elle une réponse du berger à la bergère, suite aux différentes attaques subies par la société par plusieurs acteurs politiques locaux ?

On ne peut nier que la situation économique d’Eramet et de la SLN est aujourd’hui préoccupante pour les actionnaires. Entre 30 et 40 milliards FCFP de pertes pour l’exercice en cours, un cours du nickel en berne, des perspectives plus que floues, il convenait d’arrêter l’hémorragie.

Eramet n’est pas un service public, c’est une entreprise ! Ses actionnaires ont le devoir de protéger la bonne santé, voire l’existence de la société, en la gérant dans le respect de son intérêt. D’ailleurs, un actionnaire qui agirait délibérément contre lesdits intérêts pourrait avoir maille à partir avec le droit des sociétés.

Mais cette décision de gestion économique remet en perspective certaines réalités.

Sur la centrale, d’abord. On peut discuter à l’infini sur les vertus ou les vices de ce nouvel équipement destiné à remplacer une installation obsolète et à améliorer la rentabilité de la SLN, il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, ces querelles semblent bien futiles. L’investissement n’aura pas lieu. Fin des débats, et chacun peut en mesurer les conséquences concrètes.

Sur la réalité économique ensuite. On voit bien que pour une installation métallurgique de cette ampleur, les pouvoirs publics locaux sont un nain financier. Encore faut-il ajouter que les finances publiques sont « à la ramasse » et que la Nouvelle-Calédonie s’oriente doucement vers un schéma espagnol ou grec*. A charge pour elle de se reprendre d’urgence.

Dans le nouvel espace économique mondialisé, les « doctrines » promouvant la prééminence des acteurs publics ou des collectivités dans les grands appareils de production apparaissent clairement comme une vue de l’esprit.

La décision d’Eramet sera-t-elle de nature à rappeler aux décideurs que le cœur de la vie économique d’un pays, c’est la croissance des entreprises ? Réponse lors du vote des « politiques publiques » par le congrès, lors de l’examen du budget 2016

* Lire « Echéance 2018 – les dangers / Risques d’ersatz de République bananière et de faillite économique/ Plaidoyer pour un modèle de développement économique calédonien » . Chez Calédolivres, As de Trèfle quartier Latin, Géant, Carrefour, librairie Michel Ange.

COMMENT ÉVITER LE RISQUE DE FAILLITE ÉCONOMIQUE CALÉDONIENNE : Le dernier livre de JCG Briault

Deux risques nous séparent de l’échéance de 2018 : l’article 27 et la situation économique.

En s’appuyant sur les travaux d’un grand juriste, spécialiste en droit constitutionnel, l’auteur pointe du doigt les risques présentés par un transfert mal maîtrisé de l’article 27 : la mainmise d’un petite oligarchie sur la Calédonie. Quelles précautions s’imposent ?

couve 4e LivreRégimes sociaux en déficit, pour certains, structurels, finances publiques en grande difficulté, métallurgistes du nickel en pertes d’exploitation par dizaines de milliards et dont la capitalisation boursière s’est effondrée, entreprises calédoniennes inquiètes, taxées hier, imposées encore plus demain et dont la croissance est au point mort : cette situation n’est pas sans rappeler celle de l’Espagne et du Portugal hier, et plus récemment, celle de la Grèce. Toutes proportions gardées évidemment.

Depuis 25 ans, la Nouvelle-Calédonie est portée par la prospérité. Elle est à présent « en revers de fortune ».

couve LivreCette situation est inédite, parce que nullement comparable aux multiples épisodes de « crise » et de rebonds qu’elle a connu. Seule pourrait être évoquée la crise de 1973-1975, caractérisée par la quasi-faillite de la SLN qui a imposé d’une part, une réforme fiscale locale, sa cession et son nouveau statut de filiale d’Imétal d’autre part, et une aide de l’Etat équivalente à 100 milliards de nos francs actuels, enfin.

La crise dans laquelle entre la Calédonie ne pourra pas se résoudre de la même manière.

Le « pays » devra d’abord compter sur lui-même, et seulement sur lui-même. C’est le prix de l’autonomie qu’il a voulue

Bientôt, les politiques publiques seront bientôt, dans le cadre du projet de budget 2016.

Elles concerneront aussi bien la fiscalité, le droit du travail, le dialogue social, l’enseignement, la formation, les équipements et les investissements publics, que l’appréhension des dépenses budgétaires.

Une seule voie existe pour éviter cette faillite dramatique qui s’annonce. Cet espoir est réel grâce à des potentiels propres à la Calédonie : ses ressources minérales, son capital humain, la maîtrise de ses compétences qui lui permettra d’éviter les erreurs de la métropole.

La Nouvelle-Calédonie devra mettre en œuvre, comme tous les pays développés en crise aujourd’hui, dont la France, la seule recette adaptée aux contraintes d’une économie mondialisée : fonder un modèle de développement économique qui place la croissance des entreprises calédoniennes au cœur des politiques publiques.

Hors ce sursaut qui s’accompagne de l’indispensable réhabilitation de la réussite entreprenariale, la Calédonie va de plus en plus vivre au rythme des informations justifiant les craintes exprimées.

C’est le thème du livre que JC Gaby Briault viens de publier, et que l’on peut trouver dans plusieurs librairies, parmi lesquelles As de Trèfle Quartier Latin, Géant Sainte Marie, Carrefour, Librairie Michel Ange et Calédolivres.

POLICE : LE BLUES

Le public a été frappé, ces derniers jours, par les mises en cause de policiers étant intervenus pour protéger la tranquillité des citoyens. Comment comprendre, en dehors des subtilités juridiques, qu’un agresseur menaçant des honnêtes gens avec une arme blanche, désarmé par un policier, devienne un accusateur, écouté, des forces de l’ordre … ? Etats d’âme.

imagesDans un futur proche, les policiers se borneront peut être à n’intervenir qu’avec des porte-voix, pour ne jamais être poursuivis pour voie de fait, non assistance à personne en danger, ou autres mises en cause.

Que dire des policiers municipaux, fièrement équipés de « tazers » par le députée-maire ? A la moindre intervention « électrique », tous les violents, tous les agresseurs les accuseront probablement d’avoir attenté à leur vie. Et il est difficile d’imaginer ce qu’il adviendra lorsqu’au cours d’une confrontation, un mort sera à déplorer …

Pour les calédoniens qui se rendent régulièrement en Australie, quelle différence. Là-bas, les policiers sont respectés. Parce qu’ils ont les moyens de faire respecter la loi, et là même, de se faire respecter.

Ici, ils doivent supporter les insultes en tout genre sans mot dire –imbroglio des procédures oblige-, et en cas de contact avec un interpelé, être sous la menace d’une accusation de violence … par le délinquant.

Dans ces conditions, quelle motivation peut animer encore nos forces policières dans des interventions de maintien de l’ordre ou de la tranquillité publique ? Les beuveries des week end ? Les agressions de plus en plus fréquentes ?

Celle de leur engagement, bien sûr. Pour le reste, ils ont probablement le « blues ».

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