REBOND DU NICKEL OU MARASME EN 2016 : LES PERSPECTIVES SELON INVESTING NEWS NETWORK

La revue Investing News Network compile les commentaires de plusieurs analystes financiers, parmi lesquels Equitas Resources, Bloomberg, Morgan Stanley ou encore International Nickel Study Group. Pour l’année 2016, les avis sont partagés …

La Nouvelle-Calédonie a été le principal exportateur de ferro-nickel vers la Chine en 2014
La Nouvelle-Calédonie a été le principal exportateur de ferro-nickel vers la Chine en 2014

Une évidence pour l’ensemble des analystes : c’est la demande chinoise représentant la moitié des besoins mondiaux, qui dictera l’évolution de cours en 2016. Pointée : le « pig iron », fonte de nickel de moindre qualité et moins coûteuse, que la Chine continue de produite malgré l’embargo indonésien de janvier 2014, et grâce aux livraisons en provenance des Philippines.

Pour le directeur d’Equitas Resources, Raymond Goldie, la Chine devra accroître ses importations de nickel en 2016 parce que ses stocks ont atteint un niveau inférieur aux besoins normaux de ses industries. Il estime d’autre part que plusieurs facteurs vont œuvrer en faveur d’un raffermissement des prix : le retour à des niveaux de stocks normaux aux Etats Unis, le tassement des approvisionnements en Chine pour la production de « pig iron », la poursuite de la croissance de la demande de la Chine et du monde occidental de 3 à 4% l’année.

Selon Bloomberg, Morgan Stanley a choisi le nickel comme « most preferred metal », estimant que le prix moyen de la tonne sera de 10.692$ la tonne en 2016, prix grimpant à 12.236$ la tonne en 2017. Le Groupe Crédit Suisse aurait une approche similaire.

Pour RBC Capital Markets, l’année 2016 ne verra pas d’évolution aussi significative du cours du nickel. Restant à 5$ la livre, le prix monterait en 2017 pour atteindre 11$ la livre en 2019.

Pour International Nickel Study Group, la production de nickel pourrait décroître en 2016. Elle était de 1.994 Mt en 2014, descendant à 1.954 Mt en 2015. Elle se situerait à 1.942 Mt en 2016. En revanche, la consommation passerait de 1.905 Mt en 2015 à 1.965 Mt en 2016. Mais INSG pondère ces perspectives en constatant des incertitudes financières, économiques et politiques dans de nombreuses régions du monde, incertitudes qui pourraient impacter la demande de nickel.

La conclusion est qu’il est bien difficile, et notamment pour les investisseurs, de savoir si 2016 sera une bonne année pour le nickel, ou au contraire, une année décevante à l’image de 2015.

Les analystes s’accordent cependant à reconnaître que c’est de la croissance de la Chine que tout dépendra. A cet égard, le meilleur indicateur demeureront les statistiques asiatiques sur les chiffres d’import/export de produits contenant du nickel.

Autre élément à prendre en comte, enfin, la production de « pig iron » en Indonésie où des fours électriques chinois sont en construction …

Dernière trajectoire du cyclône « ULA » : MARÉ LUNDI A 13H

Prévision à jeudi matin

« Ula » poursuit sa trajectoire capricieuse, qui risque encore de varier dans les prochains jours. Ses dernières caractéristiques lui font atteindre, selon Windyty, l’île de Maré lundi prochain vers 13h. Les vents soufflant sur l’île sont de l’ordre de 45 noeuds.

Lundi 13h

Elle incurve ensuite sa route vers le sud, évitant la Grande Terre, puis passe à l’est de l’Ile des Pins aux alentours de 21h.

"ULA" passe à l'est de l'Ile des Pins vers 21h puis s"évacue dans le sud
« ULA » passe à l’est de l’Ile des Pins vers 21h puis s »évacue dans le sud

« Ula » s’évacue ensuite vers le sud.

Ula change de trajectoire-Elle passerait au sud de la Grande Terre le 11 janvier

ULA passerait au sud de la Grande Terre le lundi 11 janvier
ULA passerait au sud de la Grande Terre le lundi 11 janvier

Suivi de ce jour du déplacement du cyclône Ula par Windyty : selon le site, le phénomène infléchit sa direction vers le sud et passerait au sud de la Grande Terre le lundi 11 janvier

Les rafales prévues près du centre atteignent 65 noeuds soit environ 118 km/h. Mais dans la configuration d’aujourd’hui, l’Ile des Pins n’enregistrerait que des vents de l’ordre de 25 noeuds, de même que l’Ile de Maré.

Cependant, le chemin d’un cyclône est capricieux, et Ula peut encore faire des siennes. Pour l’instant, heureusement, les perspectives se sont infléchies vers seulement un peu de pluie pour la Calédonie. Et peut être, avec la forte houle, de bonnes vagues pour les surfeurs.

De la pluie et peut être de bonnes vagues pour les surfeurs
De la pluie et peut être de bonnes vagues pour les surfeurs

TENNIS AU PARADIS-MAIS NOUMEA RISQUE DE PERDRE SON TOURNOI ATP

Le tournoi ATP Challenger qui se déroule chaque année sur les courts du Ouen Toro est l’un des plus côtés des Challenger français. Mais l’ATP risque de lui retirer son accréditation. Explications.

Tennis au Paradis : le Challenger ATP de Nouméa
Tennis au Paradis : le Challenger ATP de Nouméa

DES JOUEURS CÉLÈBRES À NOUMÉA

Marc Ledru a consacré une partie de sa vie au tennis. Joueur de talent, puis Président du Club doyen du Mont Coffyn, il s’est mis un jour en tête d’apporter à la Nouvelle-Calédonie le plus beau tournoi international de tennis à sa portée : un Challenger.

Méthodiquement, il a bâti son projet, mobilisant sponsors publics et privés. La ville a accepté de mettre les courts du Ouen Toro au niveau requis, la Nouvelle-Calédonie et la Direction de la Jeunesse et des Sports ont apporté des financements aux côtés des entreprises et des autres collectivités. Géniale inspiration : Marc Ledru a proposé de positionner le tournoi un peu avant l’Open d’Australie qui ouvre la saison des grand chelems. En quelque sorte, une préparation à l’Open d’Australie, avec en prime de précieux points pour les joueurs qui en manquaient en vue d’une qualification à ce tournoi majeur.

La recette a fonctionné au delà des espérances du monde tennistique calédonien : les meilleurs espoirs français  sont passés par les courts du Ouen Toro, mais également des étrangers, américains, européens. On a retrouvé ensuite leur nom aussi bien à Melbourne qu’à Roland Garros.

Cette année encore, et ainsi que toute la presse s’en est fait l’écho, des joueurs célèbres sont à Nouméa. Une des meilleurs paires au monde, des individuels parmi les 150 meilleurs mondiaux. De quoi « affuter » nos locaux dans les qualifs. Ou de donner l’occasion à nos espoirs de haut niveau comme Maxime Chazal de faire leur première expérience du tournoi de Nouméa.

UN FORMIDABLE APPEL POUR LES JEUNES CALÉDONIENS

L’Open de Nouvelle-Calédonie est aussi un formidable appel pour les jeunes calédoniens, joueurs en herbe ou en progression, de toutes ethnies et dans toutes les Provinces. D’ailleurs, l’un des courts du Central ne s’appelle-t-il pas « Wanaro N’Godrella » pour honorer le seul calédonien a avoir fait partie de l’équipe de France de Coupe Davis.

Aujourd’hui, Marc Ledru est spectateur. Des jeunes dirigeants ont pris la relève, et Gérard Winter est aux commandes. Le monde du tennis est en joie, le public est ravi. Pourtant, ce tournoi d’exception risque de s’arrêter.

QUALITÉ DE SURFACES DE JEU INSUFFISANTE : RETRAIT DU LABEL ATP

Sur les traces de "Bill" Wanaro NGodrella
Sur les traces de « Bill » Wanaro NGodrella

En cause, l’état des courts. Plus au niveau. L’ATP commence à s’en émouvoir, après avoir été indulgente pour un tournoi que tous apprécient, et désormais connu dans le monde entier tennistique. L’épée de Damoclès : le retrait du label ATP pour qualité des surfaces de jeu insuffisante.

Car la règle est la règle. Depuis des mois, les appels à un effort somme toute modeste au regard de ce que le tournoi « rapporte » et apporte à la Calédonie n’ont toujours pas rencontré d’écho.

Un enjeu : les jeunes, celles et ceux qui rêvent, un jour, de marcher sur les traces de « Bill » Wanaro N’Godrella.

LA CALÉDONIE FRAPPÉE PAR LE CYCLÔNE « ULA » LE 12 JANVIER SELON WINDYDTY

 

Ula sur les Iles Loyauté le 12 janvier
Ula sur les Iles Loyauté le 12 janvier

Le cyclône Ula qui vient de passer sur les Fidji fait pour l’instant route vers le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie.

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La position de "ULA" ce mardi à 6h02, heure de Nouméa
La position de « ULA » ce mardi à 6h02, heure de Nouméa

Selon le site Windyty, disponible sur noumeaPost, et grâce auquel vous pouvez suivre le phénomène météo en permanence et en temps réel (fenêtre en bas de la colonne de droite), Ula passera au nord des Iles Loyauté le 12 janvier prochain.

Il poursuivra ensuite une trajectoire nord-ouest pour passer sur les Belep le 13 janvier.Les photos qui suivent vous montrent la progression estimée, avec des vents de 74 nœuds.

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Lutter contre la vie chère … en faisant augmenter les prix

Une majorité du Congrès a décidé d’augmenter les taxes à l’importation sur la plupart des produits importés concurrents de production agricoles locales. Une façon de traiter les problèmes économiques en faisant supporter la charge par les consommateurs et les contribuables. Et une nouvelle inflexion à gauche.

Ce n’est un secret pour personne : certains productions locales connaissent des difficultés. Pas toutes, bien sûr. L’eau du Mont Dore est souvent citée en exemple : pas de contingement, une concurrence ouverte, et le produit local ne cesse d’augmenter ses parts de marché.

Source d’inflation

D’autres secteurs sont moins performants, et les explications de manquent pas. Ce sont les solutions qui, depuis des décennies, sont absentes. Et la seule que les responsables ont mis en œuvre est économiquement désastreuse : l’augmentation des protections conduisant à un renchérissement des produits importés. En imaginant qu’une telle pratique va protéger ou faire redémarrer les productions locales.

Ce raisonnement n’est pas toujours impropre. Mais les résultats qu’il génère sont loin d’être favorables au consommateur. Pire, il est source d’inflation, et parfois de frustration. Ainsi par exemple, la cotation de la pomme de terre en métropole au 28 décembre ressortait au « plus haut du mois de décembre autour des 142,5 €/t », soit 17.000FCFP la tonne, ce qui donne aux alentours de 170FCFP le kilo.

90 FCFP le kilo de pomme de terre sur le Carreau d’Agen

Champs de la célèbre "Noirmoutier"
Champs de la célèbre « Noirmoutier »

Mais sur le carreau d’Agen, fin novembre 2014, la pomme de terre « rubis » se vendait en moyenne 0,75€ le kilo, soit aux alentours de 90FCFP. Evidemment, on trouve plus cher. En 1996, Maître Cornette de Saint Cyr a vendu aux enchères à l’hôtel Drouot un lot de 5 kilos de bonnottes à 15.000FF, soit … plus cher que la truffe. Mais c’est une exception d’anthologie, et nous n’en sommes pas encore là !

Vient ensuite le jeu de l’alignement des prix. Plus les prix à l’importation sont élevés, et mieux c’est pour la production locale qui peut se hisser au niveau supérieur. Humain. C’est ainsi que parfois, les prix des légumes locaux atteignent des sommets vertigineux.

Alors bien sûr, le souci de maintenir les agriculteurs « à flot » et louable. La France est en outre la championne du monde de la subvention aux productions, et la Nouvelle-Calédonie est, de ce point de vue, bien française.

Mais soutenir les productions agricoles ne vaut pas que le consommateur trinque encore. D’ailleurs, si l’on calculait le coût économique de la mesure, on s’apercevrait qu’il est disproportionné par rapport à la valeur ajoutée locale.

Au moment où il est fortement question d’encourager l’innovation, il serait bon d’innover en matière économique et fiscale.

Nouméa calme en ce 1er janvier 2016 – Bonne et Heureuse Année à nos lecteurs

Au lendemain du réveillon de fin d’année, Nouméa est une ville calme. Les principaux promeneurs sont … les croisiéristes. Voici quelques photos pour nos abonnés et lecteurs de métropole, du Royaume Uni, des Etats Unis, de Suisse, de Belgique, du Vénézuela, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Japon, d’Indonésie, du Vanuatu, de la Réunion et de Polynésie. A tous, de Nouvelle-Calédonie et d’ailleurs, noumeaPost souhaite une Bonne et Heureuse Année 2016.

Averse à la Coulée en ce début d'après midi du 1er janvier
Averse à la Coulée en ce début d’après midi du 1er janvier

Léger vent d’ouest en ce premier jour de 2016. Le ciel est partiellement découvert à l’ouest, mais couvert et pluvieux dans la chaîne. Une averse tombe sur la région de la Coulée, ce qui est plutôt une bonne nouvelle au regard de l’incendie qui a ravagé 150 hectares de cette région.

La ville est bien calme après les pétards et les feux d'artifice
La ville est bien calme après les pétards et les feux d’artifice
Peu de monde sur la plage de l'Anse Vata
Peu de monde sur la plage de l’Anse Vata
Les joueurs de pétanque, eux, ne connaissent pas de répit
Les joueurs de pétanque, eux, ne connaissent pas de répit
Les croisiéristes font la queue pour aller à Pizza et Pasta. Qui prétend qu'ils ne dépensent rien dans la ville ? 2 milliards CFP l'an dernier !
Les croisiéristes font la queue pour aller à Pizza et Pasta. Qui prétend qu’ils ne dépensent rien dans la ville ? 2 milliards CFP l’an dernier !
Calme également à la Baie des Citrons
Calme également à la Baie des Citrons
Quelques irréductibles sur le radeau, avec du sable remué par un léger vent d'ouest
Quelques irréductibles sur le radeau, avec du sable remué par un léger vent d’ouest
Côté restaurants Mirage Plazza, pas grand monde
Côté restaurants Mirage Plazza, pas grand monde
Et guère plus au centre commercial
Et guère plus au centre commercial
Calme sur la promenade de la Baie de l'Orphelinat
Calme sur la promenade de la Baie de l’Orphelinat
Calme sur la Place des Cocotiers
Calme sur la Place des Cocotiers
Seule animation : un navire de croisière, en grande rade
Seule animation : un navire de croisière, en grande rade
Oui, la ville est calme, en ce premier janvier
Oui, la ville est calme, en ce premier janvier
Et les promeneurs se reposent du réveillon. Bonne et Heureuse année.
Et les promeneurs se reposent du réveillon. Bonne et Heureuse année.

2015 Année de crises – 2016 Année de tous les Dangers

2015 – ANNÉE DE CRISES

L’année qui s’achève s’est ouverte sur une crise. Elle était politique avec la Nouvelle-Calédonie sans gouvernement pendant un peu plus de 3 mois.

Dans ce contexte, les autorités ont paru ignorantes de la crise mondiale des matières premières. Celle-ci a atteint notre territoire en lui faisant découvrir les pertes abyssales de opérateurs métallurgiques : Eramet-SLN, Valé NC et Glencore. Compte tenu du poids direct, indirect et induit des secteurs miniers et métallurgiques, le reste de l’économie calédonienne a commencé à ressentir les effets d’un refroidissement. A l’exception notable, mais normale, du secteur alimentaire.

IMG_0317C’est dans le droit fil de cette situation que le conflit des rouleurs a paralysé le pays pendant plusieurs semaines. Leurs craintes sur les réductions de demandes autraliennes de latérites se sont révélées fondées, avec la quasi-faillite de l’usine de Yabulu.

Au relevé des rendements fiscaux, les collectivités ont du constater que les finances publiques ne pouvaient échapper à cette panne de croissance. Les budgets ont donc du être contraints, à l’exemple du budget de la Nouvelle-Calédonie et des dotations locales aux provinces et aux communes qui viennent d’être adoptés. Préoccupante également : la rupture de trésorerie de la Nouvelle-Calédonie, une première depuis 25 ans.

Quant aux comptes sociaux, la presse locale a régulièrement annoncé quels étaient leurs besoins considérables, sous peine de crise de paiement des prestataires notamment.

ANNÉE 2016 – CELLE DE TOUS LES DANGERS

L’année 2016 sera donc l’année de tous les dangers car si tout peut évoluer de manière imprévue, rien, pour l’heure, ne laisse entrevoir d’améliorations évidentes.

Au plan politique, hors le renouvellement possible du gouvernement à l’issue de la période de « stabilité » imposée par la Loi Organique suite aux démissions successives des élus de Calédonie Ensemble en 2011, l’année sera marquée par la préparation des élections aux Parlement en 2017. Législatives, Sénatoriales, de ce point de vue, rien n’est écrit et tout est possible car si les loyalistes sont certains d’emporter le siège de député de Nouméa et des Iles, qui d’entre eux obtiendra la cocarde ? Pour le reste, c’est aujourd’hui l’inconnu. Objet d’unions ou de désunions ?

UsineDans le domaine économique, la crise va faire connaître ses effets, dont les plus immédiats seront la montée du chômage. Au sommet de l’échelle des dangers se situent les décisions des grands groupes métallurgiques. Restera, restera pas, sujet sensible d’abord pour Glencore, et dans une mesure plus nuancée, Eramet ?

Quant à la mine, la crise des exportations risque de faire de lourds dégâts, notamment en Brousse.

Cette menace aura des incidences sur le bâtiment, privé de grands chantiers, et dont le petit champ de construction soutenu par des incitations fiscales vient de se réduire par la décision du Congrès.

Les réductions d’activité économique vont évidemment peser sur les rentrées de la Cafat, et les finances publiques peuvent se retrouver face à des choix similaires à ceux du gouvernement national au regard de la Sécurité Sociale.

Tout cela risque d’être désastreux pour les finances publiques. Les difficultés de trésorerie, toujours réelles, risquent de provoquer la chute d’entreprises en panne de cash flow. Les réductions des interventions publiques qui sont pour l’instant passées presqu’inaperçu, vont poser des problèmes à plusieurs établissements publics.

Ce contexte ne sera évidemment guère favorable à la consommation. C’est tout le commerce non alimentaire qui sera impacté.

Ce paysage n’est malheureusement pas une fiction, même si rien n’est encore écrit. Seules lueurs susceptibles d’allumer un espoir : un retournement spectaculaire de la conjoncture nickel ou de réelles décisions de relance économique de la part des autorités.

Et bonne nouvelle tout de même : le concert de Johnny en avril qui remettra un peu de chanson dans l’air

Rififi au Congrès autour de la remise fiscale de 2,9 milliards en faveur de la SMSP

 

CongrèsLe débat était attendu. La polémique, amorcée depuis plusieurs mois, avait même conduit à une demande de création d’enquête sur le sujet par les Républicains. Mardi, le congrès a adopté à la majorité cette remise fiscale exceptionnelle de 2,9 milliards à la SMSP, à l’issue d’un débat houleux. Synthèse.

« Il y matière à qualifier une forfaiture », menace Harold Martin, un des orateurs du groupe des Républicains avec Sonia Backes et Grégoire Bernut dans une attaque frontale contre le Président du gouvernement, Philippe Germain. « Pesez les mots que vous employez. Vos accusations sont celles de concussion », réplique Philippe Dunoyer, chef de groupe de Calédonie Ensemble. « Taisez vous », somme Philippe Germain, annonçant qu’il demandera l’enregistrement de la séance pour d’éventuelles suites. Ambiance entre loyalistes.

Une chose est certaine pour tous : les services fiscaux, naturellement chargés de l’instruction de ce dossier d’exception, sont irréprochables. Ils ont produit plusieurs notes « dont chaque mot a été pesé au trébuchet », estime un élu. Alors, pourquoi ce ramdam ? Deux raisons : le montant de la remise d’abord, la politique ensuite.

Une remise de 2,9 milliards sur un redressement fiscal, alors que le budget de la Nouvelle-Calédonie était difficile à équilibrer, cela ne pouvait pas passer inaperçu ! Quelles que soient les justifications, les élus de l’opposition ont soulevé quelques principes, présentant l’opération comme « un cadeau fiscal ». Celui de l’égalité de tous devant l’impôt, d’abord : « il faudra bien que les autres sociétés de Nouvelle-Calédonie puissent bénéficier de la même générosité en cas de redressement », rappelle un membre du congrès. La justification, ensuite : « Il n’y a aucune justification à ce cadeau », tempête le Maire de Paita, évoquant les notes des services fiscaux et estimant que le gouvernement devait aller en contentieux.

Pour le Président du gouvernement, tout cela « est une histoire », rejetant toutes les accusations, rappelant la demande d’avis de Cynthia Ligeard alors Présidente du gouvernement, et estimant que la décision soumise au congrès se situait dans le droit fil des analyses des services fiscaux.

Mais le débat a pris alors une dimension politique. Les élus Républicains n’ont évidemment pas manqué de rappeler les conditions d’élection à la Présidence de l’Exécutif de Philippe Germain avec les voix du Palika, et une voix de l’Union Calédonienne. A l’époque, ce vote avait suscité des rumeurs de « contreparties ». Ce que n’ont pas manqué de souligner les élus Républicains pour qui l’existence d’un « axe Calédonie Ensemble-Palika » fait partie de la réthorique. Un « prétendu » axe que le Président du gouvernement balaie du revers de la main.

Au total, après les foudres de l’opposition, la remise fiscale a trouvé une majorité pour l’approuver. Et l’examen du budget de la Nouvelle-Calédonie a pu débuter. Avec une moins-value de 2,9 milliards.

BUDGET 2016 AU CONGRÈS – LE VRAI ENJEU : LA RELANCE ÉCONOMIQUE

Anticiper la crise ou la subir
Anticiper la crise ou la subir

Comme chaque année, au mois de décembre, le Congrès va examiner le projet de budget 2016 à l’issue d’un examen par ses commissions spécialisées, et les arbitrages rendus par la commission des Finances. Mais ce budget est particulier : c’est le premier budget de crise économique depuis la fin des événements. L’enjeu en est donc la relance. En d’autres termes : anticiper la crise, ou la subir.

COMMENT RELANCER LA CROISSANCE
DES ENTREPRISES CALÉDONIENNES

Au delà des chiffres qui verront fatalement un équilibre entre les dépenses et les recettes, les membres du Congrès vont devoir effectuer un exercice nouveau : comment impulser une relance économique pour les entreprises calédoniennes au travers des politiques publiques.

Car depuis 2005, date à laquelle le budget a changé de présentation, passant d’une nomenclature comptable à la présentation des politiques publiques, l’enjeu du vote budgétaire annuel a –en théorie !-, évolué. En clair, par exemple, on votait autrefois « le budget de la Direction des TP». A présent, la congrès doit décider, sous la forme d’une « Mission », la Politique Publique de la Nouvelle-Calédonie en matière d’équipements et d’infrastructures publics : routes, ponts, aérodromes, bâtiments, moyens de transports, etc …

Ces politiques publiques, en théorie conformes au « Schéma de Développement et d’Aménagement 2025 », lequel est en chantier depuis les Accords de Nouméa et n’est toujours pas terminé, s’inscrivent –toujours en théorie- dans une perspective à court, moyen et long terme.

SEULES LES POLITIQUES PUBLIQUES
PEUVENT RELANCER L’ECONOMIE

En ce mois de décembre, alors que les finances publiques sont en difficulté, les comptes sociaux dans le rouge, le nouvel hôpital sur le Médipôle en passe de faire croître les dépenses de santé, les entreprises métallurgiques en plein marasme et les entreprises calédoniennes en « mode croissance zéro », seules les Politiques Publiques peuvent donner des signes positifs en faveur d’une relance économique.

Manuel Valls "J'aime l'entreprise"
Manuel Valls « J’aime l’entreprise »

A cet égard, la situation calédonienne n’est aujourd’hui pas très différente de celle de la métropole, où le Premier ministre s’est plu a déclarer « j’aime l’entreprise ». Normal : la Calédonie a importé de Paris … le mauvais modèle.

DROIT DU TRAVAIL, FISCALITÉ,
RÉGLEMENTATION ÉCONOMIQUE

Il en va ainsi du droit du travail, dont la complexité paralyse la croissance, et dont le copié-collé du droit métropolitain a abouti à un droit local ne correspondant plus à une économie de 270 000 consommateurs, installés sur une île dont l’avion et le bateau sont les seuls liens avec l’extérieur.

Il en va ainsi de la Politique Publique fiscale. Essentielle pour la relance, tout comme la métropole en fait l’expérience. Taxer les entreprises sans discernement sera mortel pour la croissance, et pire pour l’économie. Remettre la relance des entreprises au cœur du dispositif fiscal est à présent indispensable, à la fois dans le but de gommer les entraves au développement et l’investissement, et aussi pour mesurer les impacts économiques de la fiscalité.

Autre politique publique en relief : la formation professionnelle. Depuis une décennie, la totalité du Fond Européen de Développement y est consacrée, ce qui fait, avec les budgets locaux, plusieurs milliards chaque année.

Or, les entreprises constatent dans trop de secteur une inadéquation entre la formation … et les besoins des entreprises. Les ateliers manquaient ainsi de carrossiers. Les hôtels, eux, sont toujours en attente de gouvernantes locales qualifiées.

AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE
CALIBRÉE POUR 65 MILLIONS D’HABITANTS

La réglementation économique est également une Politique Publique essentielle à la relance. Or celle-ci passe par l’investissement. Ce dernier est paralysé par la « menace » d’une Autorité de la Concurrence, dont l’action ne va pas réguler la concurrence, mais dissuader les quelques investisseurs locaux.

Une telle autorité est en effet calibrée pour des pays de plusieurs dizaines de millions de consommateurs. La France métropolitaine en compte 65 millions ! Elle est aussi dimensionnée pour réguler l’action d’entreprises souvent côtées en bourses, dont les capacités d’investissement se chiffres par centaines de milliards de FCFP.

Rien de tel, évidemment en Calédonie. Les quelques entreprises susceptibles d’investir doivent jouer sur la synergie de leur groupe ou de leur holding. Avec l’Autorité de la concurrence, elles devront peut être, au contraire, vendre une partie de leurs actifs !

imgresMais la cerise sur la gâteau a été, ces derniers mois, l’interprétation en matière de réglementation d’exportations minières. Tout pays rêve d’exporter. Surtout les détenteurs de minerais en pleine crise des matières premières. Pas la Calédonie, qui l’a interdit !

Décision difficile à qualifier, dont la justification –la préservation de quelques millions de tonnes de nickel pour les générations futures, ou encore une doctrine décidée par une collectivité dont un représentant affiche clairement son marxisme- est difficilement recevable.

ANTICIPER LA CRISE
OU LA SUBIR

Autre politique publique sensible pour la relance : les équipements et les infrastructures. Dans un contexte budgétaires contraint, elle doit viser le meilleur rendement « qualité-prix » au regard de ses Unknowneffets économiques. Par exemple, la poursuite du chantier autoroutier de Nouméa vers Tontouta devrait constituer une priorité. Il ne s’agit pas que d’une simple route. Cette voie de communication est indispensable au regroupement des liaisons aériennes intérieures et internationales à Tontouta, générant d’importante économies d’exploitation ; elle facilitera la communication, et donc les échanges, entre le Nord et le Sud ; elle ouvrira de nouvelles zones à l’urbanisation pour le logements et les implantations industrielles.

Pour en faire profiter au mieux les entreprises, le marché public peut prévoir dans ses conditions un partage entre les entreprises du nord et celles du sud.

Tel est, derrière son appellation, l’enjeu du budget 2016. Les effets de la crise se feront durement sentir à la prochaine rentrée. En attendant, par le vote des Politiques Publiques, le Congrès va déterminer deux choix : le premier est d’anticiper cette crise, le second est de la subir.

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