USINE DU SUD : PROVOCATION DES INDÉPENDANTISTES ?

Décidément, les indépendantistes tentent tous les moyens, même les plus farfelus, pour essayer d’imposer la loi de la province Nord dans le Sud. Il y a d’abord eu la candidature bidon Sofinor-Korea Zinc qui n’a pas répondu intégralement au cahier des charges d’un appel international des plus sérieux. Puis, par la force et la violence, ils ont demandé que Korea Zinc puisse venir sur le site. Puis devant le retrait de Korea Zinc, ils ont annoncé un plan B. Puis devant l’incapacité à proposer un plan B tandis que Vale a conclu un compromis de vente avec Prony Resources, ils sortent de leur chapeau ce « plan » de reprise de Vale NC à 100% par une société regroupant les 3 provinces dont la caractéristique est … de n’avoir pas le moindre sous !

UNE PROPOSITION POUR LE MOINS FARFELUE
Le FLNKS n’en est pas à une contradiction près, le but étant simplement d’empêcher la province Sud d’exercer ses compétences. Dans la première phase de revendication, il mettait en avant l’absence d’un « industriel » au sein de la proposition Prony Resources. Les indépendantistes étaient d’ailleurs mal informés puisque Trafigura est également un industriel, propriétaire de mine de nickel en Finlande, d’une usine de traitement, et même d’une unité de fabrication de composants pour batteries électriques.

Or, en proposant que la SPMSC achète 100% de l’usine du Sud, ils voudraient faire croire que cette société est un métallurgiste ! Peine perdue : tout le monde est au courant qu’elle n’a aucune compétence industrielle, et que de sucroît elle s’est montrée incapable de payer les 5% qu’elle détient déjà dans Vale NC …

L’INCAPACITÉ À GÉRER UN PAYS
Les idéologues confondent en général les doctrines et la capacité à gérer un pays dans la vraie vie. L’URSS s’est effondrée, la Chine a opté pour le capitalisme d’Etat, et en Corée du Nord, la privation de liberté de tout un peuple s’accompagne d’autres privations de tous ordres y compris alimentaires.

Depuis le début de la crise, les indépendantistes n’ont guère brillé dans leur démonstration de capacité à gérer Kanaky. Refus de la démocratie, dictature des idées économiques, refus de l’exercice des libertés fondamentales, ce sont des éléments qui s’ajoutent à leur incapacité à maintenir un système économique viable. Pire, ils se sont attachés à sa destruction. Seule réflexion devant le malheur possible de toute une population : le fameux « tant pis ».

LA RADICALISATION DES POSITIONS
Mais surtout, le FLNKS fait désormais peu de cas de la paix civile. Barrages et menaces se font désormais au grand jour. Il déclare que telle ou telle personne est « non grata » en Nouvelle-Calédonie …

Dans quelques jours, le château de cartes de la prospérité calédonienne va peut être s’effondrer. Et peut être, parmi les séparatistes, nombreux sont ceux qui pensent que la faillite économique e le désordre sont le meilleur moyen d’accéder à la pleine souveraineté.

Ils pourraient se tromper lourdement. Une énorme majorité silencieuse existe en Calédonie, qui désapprouve cet espèce de suicide collectif imposé. Elle tend, elle aussi, à se radicaliser. Et si beaucoup perdent tout, ils n’auront, quels que soient leurs actes, plus rien à perdre.

ENQUÊTE SANS PRÉCÉDENT : 170 INSTRUCTIONS, 70 PERSONNES INCULPÉES

Cette fois, les autorités de sécurité intérieure et de Justice ne traînent pas. Des vérités sont dites: « Ce n’étaient pas des manifestants, n’osez pas les appeler des manifestants, c’était une foule émeutière, des insurgés, des terroristes de l’intérieur. »

En une semaine, plus de 170 instructions ont été ouvertes, et déjà, 70 personnes ont été inculpées. Les autorités réalisent un travail gigantesque : l’examen détaillé de 100.000 photos et vidéos, grâce notamment à leur circulation sur les réseaux sociaux. Et ce n’est qu’un début.

Plusieurs personnes mises en cause, aux dires de leurs avocats, se défendent en invoquant les appels à se mobiliser pour réaliser les actes qui leur sont reprochés. Une stratégie de défense qui pourrait éclabousser les figures du mouvement.

L’enquête serait d’une ampleur sans précédent. Elle concernerait l’ensemble du territoire. Une carte de l’insurrection se dessine et une galerie de portraits émerge.

Mais tout cela concerne les Etats Unis et les suites données à l’assaut du Capitole. La déclaration est de Biden, pas de Sébastien Lecornu.

Toute comparaison avec notre situation locale serait évidemment hors de propos. En Calédonie, les faits n’ont pas la gravité de l’assaut du Capitole. En Calédonie, il ne s’agit que de d’entraves aux libertés, de barrages routiers, de voitures brûlées, de camions incendiés, de destruction de bâtiments, de mise en danger d’un site industriel, de déclarations menaçantes comme « pouvoir de nuisance », de « légitimité de la violence » quand ce n’est pas un quasi-appel à la guerre civile. Du fait divers banal qui pourrait, à la limite, mettre en péril tout une économie. Donc, pas de quoi fouetter un chat. Ça mérite tout juste une condamnation de 5 mois avec aménagement de peine pour qu’elle ne soit pas trop gênante.

Ici, nom d’une pipe, on n’est pas en Amérique !

On s’en est aperçu.

LE PRÉSIDENT DU SÉNAT VA DIRIGER UNE MISSION SPÉCIFIQUE SUR LA CALÉDONIE

C’est le site d’Info Public Sénat qui l’annonce : « Gérard Larcher va présider une mission spécifique sur la Nouvelle-Calédonie ». « Embourbée dans son processus politique, la Nouvelle-Calédonie est en proie, depuis quelques semaines, à de vives tensions entre loyalistes et indépendantistes autour de la reprise d’une usine de Nickel. Au Sénat, une mission spécifique sera constituée sur ces enjeux à la fin du mois, elle sera présidée par Gérard Larcher. »

Selon le site, Sébastien Lecornu aurait lui-même évoqué cette initiative devant un groupe de sénateurs de la délégation sénatoriale aux Outre-Mer.

Contacté par publicsenat.fr, le cabinet du président du Sénat confirme que Gérard Larcher prendra bien la tête d’un « groupe de contact » sur la Nouvelle-Calédonie. La composition de cette mission sera connue à la fin du mois. D’ores et déjà, l’entourage du président du Sénat, indique que le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu sera auditionné ainsi que des experts de la filière du Nickel.

Dans un communiqué de presse diffusé le 10 décembre dernier, Gérard Larcher s’était exprimé sur la situation en Nouvelle-Calédonie. « Les enjeux liés à la filière nickel sont essentiels pour l’économie calédonienne, mais ils ne doivent pas faire passer au second plan la poursuite de ce dialogue qui est primordiale pour définir l’avenir que les Calédoniens se choisiront. Chacun sait, en Nouvelle-Calédonie, combien l’usage de la force est une dangereuse impasse »

On devrait en savoir davantage à la fin janvier.

LE PREMIER MINISTRE ÉVOQUE LA CALÉDONIE DEVANT LE SÉNAT

Jean Castex, le Premier ministre, a évoqué la situation de la Calédonie devant le Sénat, et en particulier, celle de l’usine du Sud et de la SLN. Répondant à la question d’un Sénateur relayant celle de Gérard Poadja, il a déclaré : « Le projet de reprise a fait l’objet d’une opposition violente qui a conduit à des troubles très graves au début du mois de décembre. La réponse de l’État, par les forces de l’ordre et l’autorité judiciaire, a été très claire, et j’ajoute, très bien conduite. Elle n’a malheureusement pas pu empêcher de très nombreuses dégradations commises dans cette usine, et j’observe avec vous qu’une partie des opposants qui sont plutôt de tendance indépendantiste ont finalement demandé la nationalisation de l’usine par l’État. Le problème ne s’est malheureusement pas arrêté là puisque d’autres opposants ont également fait le choix de bloquer une autre usine, que vous connaissez, la SLN, dont l’État est actionnaire minoritaire via Eramet, et là aussi, pour, je cite, « mettre la pression sur l’État dans le dossier de l’usine du Sud », objet de votre question, en sorte que cette autre usine est, elle, désormais au bord de la faillite alors que dix mille emplois y sont concernés« .

Le Premier ministre a repris des thèmes abordés par le ministre des Outre mer en début de semaine. Il a indiqué que l’Etat ne négocie pas sous la contrainte, et que la paix n’est pas négociable.

Pou ceux qui sont tentés par un parallèle avec les événements de 1984, Jean Castex estime que  » le contexte n’est plus du tout le même. 30 années de rééquilibrage, de partage du pouvoir, de dialogue sont passées par là. » Soulignant que la moitié de la population calédonienne a moins de 30 ans, il a poursuivi : « voilà donc la responsabilité historique devant laquelle la République et l’ensemble des acteurs politiques calédoniens se trouvent, non pas reproduire, revenir vers ce passé que vous avez évoqué dans votre question, mais inventer une solution politique nouvelle pour la Calédonie, dans le cadre de la République française. Vous pouvez compter sur l’engagement de mon Gouvernement dans ce projet« .

Ci-dessous l’intervention intégrale du Premier ministre

LES LOYALISTES VEULENT BLOQUER LA LIVRAISON DE MINERAI À LA CORÉE

Interview « musclée » d’Harold Martin sur les ondes de RRB hier matin. Ce matin vers 3h30 baie de la Moselle,  plusieurs centaines de loyalistes se sont réunis. Ils se sont ensuite répartis en deux groupes avec un objectif : bloquer de manière ciblée l’approvisionnement en carburant des centres miniers assurant la livraison de minerai de nickel à l’usine de Corée. Deux dépôts ont été visés. Mais pas de pénurie pour les particuliers : les stations service sont ravitaillées. De la même manière, les personnels des entreprises concernées peuvent continuer à travailler.

« S’ILS NOUS BLOQUENT, ON VA LES BLOQUER »
Dans son entretien radio hier matin, l’ancien président du gouvernement avait fustigé le manque de réaction de l’Etat face aux blocages et aux exactions perpétrés par les indépendantistes depuis trois mois.

Si, dans les paroles, la fermeté de l’allocution de vœux du ministre des Outre mer est incontestable, Harold Martin avait estimé que les responsables indépendantistes « étaient morts de rire » parce « ça se passe comme ça depuis 30 ans« .

Relevant que Sébastien Lecornu avait déclaré que « les indépendantistes ont renoncé définitivement à la violence« , l’ancien chef de l’Exécutif calédonien s’était exclamé au micro : « Comment ça, ils ont renoncé à la violence ? Ils cassent, ils brûlent, ce n’est pas de la violence ?« 

« S’ils nous bloquent, on va les bloquer« , a proposé Harold Martin, précisant que contrairement aux indépendantistes, ces actions pourraient se faire sans violence, ni exactions.

LA RÉUNION D’UN COMITÉ DES SIGNATAIRES
Harold Martin est également très critique sur la méthode « Leprédour ». Pour lui, le ministre s’est rendu otage des indépendantistes, car l’ancien élu ne classe pas les représentants de Calédonie Ensemble au titre des loyalistes …

L’ancien président du gouvernement estime, quant à lui, que les règles de concertation instaurées par l’Accord de Nouméa sont la seule voie pour tenter de solutionner les problèmes calédoniens. Il demande donc la réunion d’un Comité des Signataires sans délai et à Nouméa. La visio-conférence permet, en effet, de gommer en grande partie l’éloignement.

LE RAPPORT DE FORCE
Proche de Jacques Lafleur durant les événements de 1984 jusqu’à la signature de l’Accord de Nouméa, Harold Martin estime certainement que les relations entre les indépendantistes et les loyalistes sont marquées en permanence par un rapport de force.

Pour lui, ce rapport de force doit également se manifester sur le terrain. C’est en tout cas le sens de ce qu’il a entrepris aujourd’hui. Avec quel effet ? Un premier résultat psychologique, d’abord. Quant à la suite, elle dépendra des conséquences de la démarche, et des nuisances dont pourrait pâtir le camp indépendantiste.

AUX U.S. AVEC LES FAUTEURS DE TROUBLES, ÇA NE TRAÎNE PAS !

Quelques jours à peine après l’assaut et l’invasion du Capitole à Washington, les identifications, les enquêtes, et les arrestations vont bon train. Là bas, le FBI e la Justice ne traînent pas …

L’Agence Fédérale accentue sa chasse à l’homme. « Ce n’est pas parce que vous avez quitté la région, a menacé Steven ­D’Antuono, directeur adjoint du bureau à Washington, que personne ne viendra frapper à votre porte si vous êtes lié de quelque façon que ce soit aux incidents de mercredi. » C’est exactement ce qui est arrivé aux individus les plus emblématiques de cette séquence insurrectionnelle, qui désormais croupissent derrière les barreaux. A l’image de Richard Barnett, cet homme qui s’était installé dans le bureau de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et qui a été arrêté juste après sa descente d’avion à Little Rock, dans l’Arkansas.

Le FBI a lancé des mandats d’arrêt à l’encontre de tous ceux qui ont pu être identifiés grâce aux photos diffusées sur les réseaux sociaux, à la télévision et dans la presse. Selon le décompte de l’agence Associated Press samedi, les procureurs fédéraux et de Washington D.C. avaient inculpé 57 individus, dont certains pour détention d’armes à feu ou de cocktails molotov au sein du Capitole.

Chez nous, après 3 mois de violences et d’émeutes, d’attentats contre des outils des installations industrielles, on a pu arrêter une dizaine de personnes. Et aux alentours de deux ont été condamnés à de la prison ferme. Mais il est vrai que le coq gaulois vole moins vite que l’aigle américain. Et encore moins que le cagou …

LA SLN POURRAIT « PLONGER », la Table Ronde sur l’environnement de Vale NC s’est tenue, 2e hôtel pour la quatorzaine payante

Tous les voyants sont désormais dans le rouge pour la SLN. A court de trésorerie, sans approvisionnement suffisant en minerai pour ses fours de Doniambo, la société semble plonger inexorablement vers la fermeture. Déjà sous procédure Ad Hoc, la SLN «  va solliciter dans les prochains jours une procédure de conciliation auprès du président du Tribunal de Commerce mixte de Nouméa. La société ne peut exclure, en cas de dégradation de sa situation, l’ouverture d’une procédure collective qui pourrait intervenir dans les prochaines semaines. »

Cela signifie en clair la mise en cause de tout ou partie des 2500 emplois à Nouméa et sur sites, ainsi que l’arrêt d’activité pour les sous-traitants. Et surtout, dans un premier temps, une procédure de sauvegarde consisterait à geler ses dettes notamment à l’égard de ses fournisseurs, mais également pour des organismes extérieurs et les institutions.

Demain jeudi 14, un appel à une mobilisation a été lancé, notamment pour « le sauvetage de la SLN » et un « Stop au blocage de nos centres miniers ».

En attendant, la demande d’autorisation d’exportation de minerai déposée par la société est toujours en attente. Hier, le gouvernement a arrêté une redevance à l’extraction et une taxe à l’exportation. Mais la Calédonie pourra-t-elle taxer une activité réduite à néant ?…

La table ronde sur l’environnement concernant l’usine du Sud s’est tenue. Une trentaine de personnes représentant les politiques, les employeurs, les bloqueurs, les associations environnementales étaient présente. Dimanche soir, à la télévision, la présidente de la province Sud, compétente en matière environnementale, avait déclaré être ouverte à la réalisation d’une nouvelle expertise sur le barrage.

La réunion duré plus 5 heures. Finalement, des expertises complémentaires sont envisagées. On est bien avancé …

L’hôtel Gondwana pourra accueillir les personnes désirant entrer en Calédonie sous le régime de la quatorzaine payante. La décision a été prise par le gouvernement. Tarifs tout compris : 390.000F pour une personne seule, 540.000 pour deux. Jusqu’à présent, seul l’hôtel Beaurivage appartenant à la province Nord était agréé.

Les pluies diluviennes qui se sont abattues hier sur la Calédonie ont rendu la circulation difficile sur plusieurs points du territoire. Cet effet de la Ninã devrait perdurer durant une semaine, et le risque, pendant 4 semaines.

LE GOUVERNEMENT REND HOMMAGE À ERIC BABIN

Eric Babin a perdu la vie lors d’un tragique accident de moto. Eleveur à Voh, il avait été élu à l’assemblée de la province Nord en 1995. De 2004 à 2009, il a été membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en charge des secteurs de l’agriculture et de la pêche, puis du développement durable à partir de 2007.

Eric Babin avait été en charge de l’agriculture dans le gouvernement présidé par Harold Martin

Figure de la Brousse et du monde agricole, il était connu pour son franc parler et une indépendance d’esprit.

Les membres du gouvernement ont observé une minute de silence à sa mémoire lors de la séance d’hier. Beaucoup d’hommages ont été exprimés aussi bien dans le monde agricole que de la part de responsables politiques.

SÉBASTIEN LECORNU : OUVERTURE ET FERMETÉ, ET PEUT ÊTRE, DERNIÈRE CHANCE

Le ministre des Outre mer, en s’adressant hier soir aux Calédoniens, a développé tous les sujets de l’heure, usine du Sud, SLN, solidarité, budget, avenir institutionnel, consultation directe des Calédoniens, conséquences du « oui » à l’indépendance, conséquences du « non » à l’indépendance. Une allocution marquée par des propositions et des annonces innovantes, mais surtout, par des gestes d’ouverture et l’affirmation de la fermeté de l’Etat. Enfin, ultime proposition pour résoudre le conflit de l’usine du Sud. Et peut être, la dernière chance.

LA FERMETÉ
Pas de langue de bois. Le ministre a dit les choses clairement.  » La France, c’est le respect de l’Etat de droit ; c’est l’ordre républicain ; c’est l’indépendance de la justice. C’est la paix civile.« 

Sur la SLN et sa prise en otage : « Là encore, je veux être très clair : l’Etat ne discute pas sous la menace. Ceux qui bloquent la SLN devront répondre des conséquences de leurs actes.

La nationalisation de l’usine n’est pas la solution.

On ne peut pas brûler une usine, puis demander à l’Etat de la reprendre.

On ne peut pas asphyxier la SLN parce que l’Etat en est actionnaire, puis demander à l’État de reprendre l’usine du Sud. »

Sur l’ultime proposition d’une participation de l’Etat au rachat de l’usine du Sud : « Dans l’hypothèse où elle serait refusée, l’État prendra ses responsabilités et ceux qui cherchent à faire échouer l’offre devront prendre les leurs.« 

USINE DU SUD : DERNIÈRE CHANCE
L’annonce forte de Sébastien Lecornu est une proposition prochaine d’implication de l’Etat dans le processus de rachat, mais ce sera la dernière. « Parce que nous voulons tendre une dernière fois la main, je suis cependant prêt à faire une proposition nouvelle et forte.« 

Pas de nationalisation ( » La nationalisation de l’usine n’est pas la solution« ), mais « une proposition nouvelle et forte« , « une implication plus forte de l’Etat dans l’usine du sud« .

En quoi pourrait consister cette proposition ?

On pense a priori à une entrée au capital de l’Etat, au travers de son agence de participation, déjà présente au capital d’Eramet. Cette introduction devrait se faire au titre des actionnaires non locaux dont Sonia Backes indiquait qu’ils pourraient monter leur participation à 51%

Les actions de l’Etat pourraient donc soit se situer aux côtés de Trafigura et de la Compagnie Financière de Prony, Trafigura diminuant sa participation, soit au sein de la compagnie financière de Prony.

Sébastien Lecornu pose deux conditions à cette hypothèse :

(…) « les leaders indépendantistes doivent revenir à la table des négociations : je ne peux pas discuter avec une chaise vide. Des rencontres bilatérales, avec les uns comme avec les autres, sont possibles pour préparer les discussions. Mais, quand il s’agit de décider, il ne peut y avoir de destin commun sans que tout le monde soit autour de la table.

(…) « une nouvelle implication de l’Etat sera liée à l’avenir institutionnel. Si la Nouvelle Calédonie devient indépendante, la France se désengagera de l’usine du Sud. La proposition que je fais devra donc être assortie d’une clause résolutoire en ce sens.« 

SOLIDARITÉ NATIONALE
Le ministre a souligné la livraison par la France de 14.000 doses de vaccin anti-covid. Elles seront utilisées dans le respect des compétences du gouvernement.

En ce qui concerne les finances publiques et l’économie, il a rappelé l’intervention de l’Etat au travers du prêt de 28,5 milliards, et du dispositif de soutien aux entreprises à hauteur de 25 milliards.

Autre intervention annoncée : « je vous confirme ce soir que l’État accompagnera le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie dans la prise en charge du coût de la quatorzaine, selon des modalités que nous devrons définir ensemble. »

Mais pour les comptes locaux, et notamment les budgets des collectivités, les élus devront trouver des solutions.  » Il vous revient de définir entre Calédoniens la réponse aux déficits structurels des comptes du Pays. »

AVENIR INSTITUTIONNEL
Sébastien Lecornu a confirmé que l’Etat clarifiera les conséquences de l’accession à l’indépendance, comme celles du maintien de la Calédonie dans la France. Il répondra notamment aux interrogations suivantes :

  • Dans l’hypothèse de l’indépendance : pourrez-vous conserver la nationalité française ? quelle sera votre monnaie ? quel serait le modèle économique ? le modèle fiscal ? qui remplacera les gendarmes ? qui rendra les décisions de justice ? quels seront les droits des minorités, les droits des femmes, les droits des homosexuels ? avec quels pays de la zone formerez-vous des alliances ? dans quels pays pourrez-vous étudier demain ? est-ce que le droit de vote sera ouvert à ceux qui en sont aujourd’hui exclus ?
  • Si la Nouvelle-Calédonie choisit de rester française : est-ce qu’il sera possible de choisir l’indépendance dans quelques années ? qu’est-ce qui doit changer par rapport à aujourd’hui ? dans le partage des compétences, dans le partage des richesses ? que pouvons-nous faire de mieux pour le rééquilibrage ? pour sauver l’industrie du nickel ? qu’est-ce que la France peut apporter à la Nouvelle-Calédonie dans cette zone du Pacifique où les tensions montent ?

Ces questions seront remises prochainement aux élus qui seront invités à y « réagir formellement« . Et  » chacun devra prendre ses responsabilités« .

GRANDE CONSULTATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE CALÉDONIENNE ET DES PARTIS POLITIQUES NATIONAUX
Dans les jours prochains, le Haut Commissaire définira les modalités d’une grande consultation sur l’avenir auprès de la société civile calédonienne, citoyens calédoniens ou non.

Mais certains sujets comme ceux touchant à la nationalité relevant du Parlement, le ministre entreprendra une consultation des partis politiques nationaux.

Enfin, a-t-il indiqué, « j’engagerai enfin des contacts sur le plan international pour évoquer la situation calédonienne avec l’Organisation des Nations unies. Nous arrivons à une étape décisive du processus de décolonisation. Le moment est venu de tirer les leçons de plus de 30 ans de rééquilibrage, de partage du pouvoir, de construction du “destin commun” et de partager en toute transparence, devant l’ONU, les enjeux du “oui” comme du “non”. »

DES RÉACTIONS DÈS AUJOURD’HUI
A n’en pas douter, le contenu aussi bien que le ton du ministre va susciter des réactions, et surtout des réponses.

Ce sont d’abord les indépendantistes qui sont interpelés, aussi bien les élus que des responsables qui n’apparaissent pas toujours sur le devant de la scène. Première étape : la participation au Comité Leprédour. Sébastien Lecornu a indiqué qu’il ne formulerait pas de proposition sur l’usine du Sud à des chaises vides.

Ce sont ensuite les entraves aux libertés, les violences et les exactions. Il a rappelé que « La France, c’est le respect de l’Etat de droit ; c’est l’ordre républicain ; c’est l’indépendance de la justice. C’est la paix civile. » On devrait donc s’attendre à un renforcement des personnels en charge du maintien de l’ordre, et dans le respect de l’indépendance de la Justice, la poursuite active des enquêtes et des instructions menées par la gendarmerie, la police et le Parquet.

Mais au delà, le sentiment est qu’il s’agit d’une dernière chance de conciliation. Si « la main tendue » est refusée, la Nouvelle-Calédonie devra se résoudre à entrer dans une période que personne ne peut prédire.

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