LE GOUVERNEMENT ÉLU. ET MAINTENANT ?

L’élection du 16e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie issu de l’Accord de Nouméa s’est déroulée comme prévu. Une majorité non indépendantiste élue par le Congrès, mais une mise en place différée, faute de désignation du Président de l’institution. Cette dernière est reportée à 15 jours. Que peut-il se passer pour la suite ?

PAS D’ACCORD, et le blocage peut durer … jusqu’au déblocage. Lorsque Calédonie Ensemble a fait tomber le gouvernement Ligeard, la Calédonie est restée 4 mois sans Exécutif.

UN ACCORD, et plusieurs scénarios peuvent se dessiner. Premier scénario : après quelques semaines, les indépendantistes votent pour le membre du gouvernement qui leur paraît le plus compatible. A l’évidence, Philippe Germain est celui la, puisque pendant 4 ans, il a gouverné en grande partie avec les indépendantistes.

Deuxième scénario : Calédonie Ensemble se résout à voter pour Thierry Santa. Ce fut la position du RPCR en 2004, alors que l’institution était bloquée, et que Jacques Lafleur décida de porter Marie-Noelle Thémereau à la présidence du gouvernement.

Troisième scénario : les indépendantistes, ou une partie des indépendantistes votent pour Thierry Santa. Dans ce cas, ils auront probablement négocié la Vice-présidence et des secteurs.

VIENDRA ENSUITE LA DÉLICATE RÉPARTITION DES SECTEURS, d’autant plus ardue que si Thierry Santa est élu président, il s’est engagé à ne briguer aucun secteur pour se consacrer à l’animation de la collégialité, et à l’exercice de ses compétences propres.

CE SERA ENFIN LA PRIORISATION DES DOSSIERS URGENTS, pour les compétences réglementaires propres du gouvernement, et pour les dossiers à soumettre au Congrès. On sait que la situation de la Cafat est de nouveau à l’ordre du jour. Il en va de même pour les taris d’électricité à la SLN, rappelés par l’intervention remarquée de son Président, ou la refonte du statut des médecins hospitaliers. La préparation du budget supplémentaire s’inscrit également dans ce wagon des affaires à traiter sans délai.

ET LES ENGAGEMENTS ÉLECTORAUX … Et là, ce sera une autre paire de manche. Simplification de la TGC, modération de l’encadrement des marges en attendant sa levée prévue dans 3 mois, augmentation du SMG, lancement des grands travaux, réforme de la protection sociale, et autres sujets brûlants. Thierry Santa, si la présidence lui échoit, aura bien fait de déclarer se consacrer à la collégialité et à la recherche du consensus.  Même s’il apparaît comme l’homme calme de la situation, ce ne sera pas du pain qu’il aura sur la planche. Mais plutôt une boulangerie …

LE 16e GOUVERNEMENT ÉLU SANS PRÉSIDENT – Dispensaires de Kouaoua et Touho fermés – Un navire de la Marine Nationale refoulé au Vanuatu – Fête de la Mer à Poum

LE16e GOUVERNEMENT LOCAL A ÉTÉ ÉLU hier. Il comprend 11 membres : 4 de l’Avenir en Confiance, 1 de l’Éveil Océanien, 3 de l’UC, 2 de l’Uni-Palika et 1 de Calédonie Ensemble. Convoqué ensuite pour élire son Président, il s’est réuni sans trouver un accord. Il est convoqué à nouveau dans 15 jours. Sans président, le gouvernement ne peut être mis en place.

DISPENSAIRES FERMÉS aujourd’hui et pour le week end à Kouaoua et Touho en raisons d’exactions commises. Les établissements rouvriront lundi.

COMPTES 2018 POUR LA CAFAT : le régime maladie en déficit de 4 milliards, 2 milliards puisés dans le régime vieillesse, régimes accident du travail et chômage en déficit. Seul le régime famille est en équilibre.

LE BATIMENT DE LA MARINE NATIONALE D’ENTRECASTEAUX interdit d’accoster à Anatom, au Vanuatu.  Le bâtiment de la marine nationale devait s’y rendre dans le cadre de la mission humanitaire Castor, pour participer à la construction d’une école à Anatom. Officiellement, l’incident relève d’un retard administratif, mais il s’agit en réalité d’une résurgence du conflit entre la France et le Vanuatu qui revendique la souveraineté sur les Iles Matthew et Hunter.

FÊTE DE LA MER À POUM, la 20e du genre. Proposés dans les stands : crabes, picots, palourdes, coquilles long ou encore les langoustes et tazars de Bélep.

UN GOUVERNEMENT ÉLU CE MATIN POUR UN LONG CHEMIN

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie sera élu ce matin par les membres du Congrès. Cette élection se fera probablement sans surprise, à la proportionnelle des groupes constitués, en fonction des listes déposées. On connaît donc la composition du premier gouvernement de la dernière mandature avant la sortie de l’Accord de Nouméa. Mais ce n’est qu’un début. Il devra, pour être mis en place, élire son Président puis son Vice-président. Il devra ensuite, pour fonctionner, procéder à la répartition des secteurs. Il devra enfin, pour délibérer, trouver sur chaque texte, une majorité. Un long chemin.

LES MEMBRES DU GOUVERNEMENT
Les listes étant déposées et les groupes constitués, le gouvernement devrait être composés de 5 membres de l’Avenir en Confiance/Eveil Océanien ( Thierry Santa, Christopher Gyges, Isabelle Champmoreau, Yoann Lecourieux et Vaimu’a Muliava), de 3 membres de l’Union Calédonienne (Gilbert Tyuienon, Didier Poadjaliwane et Jean-Louis d’Anglebermes), de 2 membres de l’Uni-Palika (Jean-Pierre Djaiwé et Valentine Eurisouké), et d’un membre de Calédonie Ensemble (Philippe Germain).

LA DIFFICILE ÉLECTION DU PRÉSIDENT
Dans la foulée de leur élection, les nouveaux « ministres » seront convoqués par le Haut-Commissaire pour désigner leur président, réunion présidée par le doyen d’âge.

Compte tenu des positions affichées, aucun candidat ne devrait recueillir les 6 voix requises pour obtenir la majorité. A moins, évidemment, d’un coup de théâtre.

Dans cette hypothèse, une nouvelle convocation leur sera adressée, en général, pour une semaine plus tard, sauf accord justifiant une réunion immédiate. Les affaires courantes sont réglées par le gouvernement précédent, et la procédure peut durer indéfiniment.

COMBIEN DE TEMPS ?
Chacun peut évidemment rester sur ses positions pendant de longs mois. Mais le blocage du gouvernement entraîne, de facto, le grippage des administrations, et la suspension de toute activité législative et réglementaire de la Nouvelle-Calédonie.

Il faut ajouter à ces difficultés, le marasme économique, la dégradation des régimes sociaux quasiment en faillite, les perturbations graves et croissantes au Médipôle, et la chute des recettes publiques.

En clair, l’absence de mise en place du nouveau gouvernement sera de nature à générer une sensible aggravation de la situation, et provoquer de gros remous dans la population. Notamment, dans des secteurs comme le bâtiment, le commerce ou le tourisme, où globalement, des centaines de licenciements sont, pour quelques semaines encore, en suspens.

LE DANGER DONIAMBO
L’intervention publique d’un haut responsable local de la SLN n’est pas neutre. Il ne s’agit encore moins d’une initiative personnelle.

Compte tenu de ses pertes abyssales, certaines personnalités d’Eramet s’inquiètent sérieusement. Le désordre institutionnel, l’absence de décisions sur un sujet vital comme celui des coûts énergétiques peuvent inciter, à l’approche d’un date butoir pour une telle décision, à « jeter l’éponge ».

LA SUITE DU CHEMIN
Lors des « éditions » précédentes, l’élection du président du gouvernement s’était résumé à quelques négociations pratiques, -toujours les mêmes !- visant à des fonctions et des répartitions de secteurs. Dans 2, 3 ou 4 semaines, le processus actuel ne devrait pas échapper à la loi du genre.

Viendra ensuite la difficile répartition des secteurs, dans le détail. On se souvient de l’affectation du secteur de la Météo à Hélène Iékawé. Avec, en cas de mécontentement, l’arme, pour chaque membre du gouvernement, du contreseing obligatoire, une obligation désormais riche d’une abondante jurisprudence !

Puis, sur chaque texte, il conviendra de trouver une majorité. Car, au delà des grands débats sur la « collégialité » -en réalité, toutes les assemblées sont collégiales-, le fonctionnement institutionnel est classique : pour qu’un texte soit adopté, il faut une majorité pour le voter.

Enfin, les textes votés et transmis au Congrès pour ce qui concerne les lois du pays et les délibérations, c’est au « Parlement » local qu’une majorité devra décider. Mais cela est déjà une autre histoire …

RISQUE REQUIN : ENFIN DES DÉCISIONS EFFICACES !

L’horrible drame de la marina de Nouméa, puis l’attaque mortelle d’un pêcheur à Belep ont provoqué un début de psychose au sein de la population. A Nouméa et à Dumbéa, plusieurs requins bouledogue ont été aperçus, ce qui a provoqué la fermeture de baignades. Question : et si demain, une attaque mortelle se produisait au bord des plages de la baie des Citrons ou de l’Anse Vata ? La présidente de la province Sud et la maire de Nouméa n’ont guère hésité. En adoptant des mesures radicales et vigoureuses, elles veulent, sans tarder, rassurer la population. Protection.

NEUTRALISATION ET APPEL AU CIVISME
Faut-il laisser progressivement se laisser envahir par des prédateurs et se barricader contre leurs attaques, ou faut-il rétablir un équilibre en protégeant les êtres humains ? Sonia Backes et Sonia Lagarde ont répondu. Les prédateurs les plus dangereux seront neutralisés, et les plaisanciers sont appelés à faire preuve de civisme.

DES MESURES CLAIRES
En clair, 20 requins bouledogue, identifiés comme sédentaires, c’est à dire fréquentant régulièrement les rades et les plages de Nouméa, seront saisis et euthanasiés. Les propriétaires de bateaux en situation de mouillage sauvage à la baie des Citrons sont priés de quitter les lieux. Enfin, il en coûtera 90 000 francs d’amende aux usagers de la mer qui jetteront de la nourriture dans des zones de mouillage.

Bien entendu, et comme il fallait s’y attendre, une pétition contre cette mesure a été lancée par des internautes.

PROTÉGER D’ABORD LES VIES HUMAINES
Mais la protection des vies humaines demeure une priorité, d’autant que les prélèvements décidés seront d’une portée négligeable pour la population de requins présents dans le lagon.

Et puis, Sonia Backes et Sonia Lagarde ont été élues démocratiquement par la population. Pas par des pétitions.

LE SECOND REFERENDUM EST DEMANDÉ : RÉPONSE ENTRE LES MAINS DE PARIS

L’Avenir en Confiance a tenu l’un de ses engagements de campagne, grâce à ses 18 sièges obtenus au Congrès : le regroupement des loyalistes a adressé une lettre à l’Etat demandant l’organisation de la seconde consultation « dans les plus brefs délais« .

Peu avant, cependant, les indépendantistes avaient fait de même. Mais ils s’inscrivent dans une temporalité différente. Ils expriment, en effet, la volonté de mettre en place le deuxième referendum, mais simplement conformément à l’Accord de Nouméa. Commentaires publics : « il y a 18 mois pour mener à bien les préparatifs« . « il faut respecter le calendrier« .

DES DÉLAIS COMME CALENDRIER
De fait, il n’existe pas de calendrier pour l’organisation des scrutins d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie. La loi organique prévoit le délai maximum à l’intérieur duquel l’Etat a l’obligation d’organiser la consultation. Ainsi, le second referendum doit être mis en place au plus tard en novembre 2020. Mais l’Etat est évidemment totalement libre de l’organiser avant cette date butoir. D’autant que les enseignements du premier referendum, établissement du corps électoral, organisation du scrutin et de la campagne, séjour des observateurs de l’Onu, pourront faire gagner un temps considérable.

L’ETAT MAÎTRE DES HORLOGES
Seul rendez-vous électoral dans les mois prochains : les élections municipales de mars 2020.

C’est donc la situation politique en Calédonie et un hypothétique consensus entre les partenaires calédoniens qui présideront au choix de la date. De ce point de vue, le premier révélateur sera la prochaine réunion du Comité des Signataires que le Premier ministre s’est engagé à tenir après la mise en place des institutions locales issues du scrutin provincial.

Pour le reste, la réponse est entre les mains de l’Etat.

PHILIPPE GERMAIN RETOURNE AU GOUVERNEMENT

Alors que dans une interview, Philippe Germain avait annoncé vouloir prendre du recul après 4 années de présidence du gouvernement local, et se consacrer à une vie plus personnelle, il conduit la liste des candidats de Calédonie Ensemble pour cette même institution. Il y sera élu et retrouvera un siège dans l’Exécutif local. Toujours comme président ?

La possibilité avait filtré de plusieurs allusions distillées par l’entourage de Philippe Gomes. Compte tenu de la prise de position publique de l’intéressé et du résultat des élections provinciales sanctionnant, au moins du côté loyaliste, la politique menée dans la mandature précédente, ce retour a plutôt surpris.

HYPOTHÈSE IMPROBABLE
Philippe Germain peut-il aspirer à redevenir président ? Il faudrait alors que les voix indépendantistes se portent sur sa candidature, et il n’aurait alors qu’un rôle : appliquer la politique de l’Union Calédonienne et de l’Uni. Cette hypothèse est improbable, avec tout de même un bémol : les chemins obscurs de la politique …

DÉFENDRE TOUTES LES MESURES ADOPTÉES PENDANT 4 ANS
En revanche, l’ancien Président ne pourra contribuer à défaire ce qu’il a construit : la TGC à 5 taux, l’encadrement des marges, certaines orientations du Plan Do Kamo telles que le non remboursement des soins en métropole, ou encore la rupture de contrat avec la CRE-Ircafex et le remplacement du régime métropolitain par un régime local.

Pour ce qui concerne les productions locales, il défendra pied à pied les protections instaurées, ainsi que les positions établies. Les Calédoniens entendront encore parler du yaourt …

MAJORITÉS D’IDÉES
La question réelle qui se pose est évidemment celle des « majorités d’idées » qui s’installeront au gouvernement. Philippe Gomes avait, à plusieurs reprises, rappelé cette « doctrine » lorsqu’il était accusé de collusion avec les indépendantistes.

Or, c’est bien avec les indépendantistes que de nombreuses propositions avaient été arrêtées par l’Exécutif, puis votées au Congrès. Majorités d’idées …

Pour les Calédoniens qui aspirent à des réformes, aussi bien dans les domaines économique, social et culturel, l’attente risque d’être longue.

CALÉDONIE ENSEMBLE NE SOUTIENDRA PAS LA CANDIDATURE LOYALISTE AU GOUVERNEMENT

C’est le Secrétaire Général de Calédonie Ensemble qui l’a annoncé dimanche soir au micro d’Yvan Avril sur NC 1ère : « il n’est pas question, pour nous, de soutenir la candidature de Thierry Santa au gouvernement ». Selon les prévisions basées sur l’importance des groupes au Congrès, et à la suite de l’Alliance entre l’Avenir en Confiance et l’Eveil Océanien, les indépendantistes disposeront de 5 sièges dans l’Exécutif local, à égalité avec l’alliance. Si Calédonie Ensemble maintient sa position, ce sera un remake de 2015. Menace ou tactique ?

EN 2004, L’AVENIR ENSEMBLE AVAIT TRUSTÉ LES POSTES EN PROVINCE SUD …
En 2004, alors que l’Avenir Ensemble ne disposait par de la majorité absolue à l’Assemblée de la Province sud, -19 sièges contre 16 au RPCR-, le nouveau parti avait trusté tous les postes de l’Exécutif de la province Sud. Philippe Gomes avait été élu Président, avec comme Vice-présidents, 3 autres membres de la même formation politique, Sonia Lagarde, Philippe Michel et Christiane Gambey.

… AU CONGRÈS …
L’Avenir Ensemble avait également trusté les postes de la présidence du Congrès et de la commission Permanente. Une domination sans partage.

… ET AU GOUVERNEMENT
Quant au gouvernement, toujours en 2004, après la sombre affaire Vigouroux et la chute du premier gouvernement Thémereau, les 4 élus de l’Avenir Ensemble s’étaient retrouvés à égalité avec les 4 élus du RPCR.

Finalement, pour débloquer la situation institutionnelle, le RPCR, prenant en compte le résultat des élections provinciales, avait décidé de voter pour Marie-Noelle Thémereau et de la porter à la présidence du gouvernement.

EN 2014, ACCORD, PUIS CALÉDONIE ENSEMBLE FAIT CHUTER CYNTHIA LIGEARD DU RASSEMBLEMENT
En 2014, c’est à nouveau un « pacte » entre les formations non indépendantistes, cette fois-ci de « gouvernance solidaire ». Las pour le Rassemblement, il ne dure que quelques mois ! Calédonie Ensemble décide de le faire chuter, puis de se saisir de la présidence avec les voix des indépendantistes début 2015. Cette nouvelle majorité aura fonctionné jusqu’en 2019.

UNE MÉMOIRE SÉLECTIVE
Aujourd’hui, le représentant de Calédonie Ensemble, ne disposant, en province Sud, que de 9 sièges contre 20 sur 40 à l’Avenir en Confiance, s’indigne pourtant que ce dernier n’ait pas « partagé » les postes avec le parti de Philippe Gomes. La référence avancée étant la situation de 2014, le moins que l’on puisse dire est qu’il s’agit d’un exercice de mémoire sélective gommant la rupture de contrat cette même année !

Philippe Michel, routier de la politique, expérimenté et roué, ne peut l’ignorer. Ses déclarations relèvent de la posture. Dans quel but ? Probablement pour tenter de négocier.

UNE POSITION DIFFICILE
La réalité, c’est que le résultat des dernières élections provinciales est une lourde sanction pour Calédonie Ensemble qui perd quasiment la moitié de ses sièges en province Sud et disparaît de la province Nord.

L’Avenir en Confiance comptabilise, certes, des voix d’adhésion. Mais le regroupement loyaliste bénéficie en grande partie d’un vote par défaut, rejetant tout à la fois la politique économique et sociale de Calédonie Ensemble et sa gestion des affaires publiques.

Le rapport de force à l’issue des élections provinciales, le rejet de la gestion « pays » de la mandature passée, les erreurs accumulées rendent difficiles la position de Calédonie Ensemble.

BLOQUER LES INSTITUTIONS : LOURDE RESPONSABILITÉ MAIS ARME ULTIME POUR ENCORE NÉGOCIER
En refusant, pour l’instant, d’élire Thierry Santa à la présidence du gouvernement, Calédonie Ensemble agite la menace d’un blocage de l’institution. Ce n’est pas son coup d’essai.

En 2011, le gouvernement était tombé par 4 fois avec les démissions des membres de Calédonie Ensemble. Le Conseil d’Etat avait alors qualifié ces démissions de « manœuvres électorales », ce qui avait conduit à une modification de la Loi Organique.

Aujourd’hui, un blocage, dans la situation actuelle bien différente de celle de 2011, aurait pour effet de plonger la Calédonie dans une catastrophe économique et sociale.

Il n’est pas exclu, cependant, qu’estimant que le situation du parti ne pourrait pas être pire, ses responsables tentent encore de négocier pour sauver quelques positions. Par exemple Aircalin, pour sa présidente clouée au pied du « podium électoral », ou encore celles de conseils d’administration tels que SHN ou Promosud à la province Sud. Et même le nombre de collaborateurs. La présidence du gouvernement ? Impensable, mais en politique … En tout cas, une sorte de tactique ultime, et presque désespérée, dans la séquence de mise en place des institutions.

FOOT : ANTOINE KOMBOUARÉ JETTE L’ÉPONGE ET QUITTE DIJON – Accident mortel à Tina – Préparation du Pèlerinage de Téné : plusieurs centaines de jeunes sur places- 4000 personnes au Salon du Collectionneur

FOOT : ANTOINE KOMBOUARÉ PREND DU RECUL après avoir réussi à maintenir l’équipe de Dijon en première division. Il a déclaré que cette saison avait été très éprouvante pour lui, et qu’il souhaitait prendre des vacances et protéger sa famille.

LE PASSAGER D’UNE VOITURE TROUVE LA MORT près du pont de Tina sur Mer. Le véhicule, qui roulait à vive allure, a quitté la route. Le conducteur accuserait une alcoolémie positive.

LES JEUNES PRÉPARENT LE 32e PELERINAGE DE TÉNÉ et se sont réunis dès hier soir sur place. La manifestation catholique se déroulera le week end prochain sur le thème « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».

SUCCÈS POUR LE 19e SALON DES COLLECTIONNEURS qui s’est déroulé à l’Hotel de Ville. 4000 personnes s’y sont pressées.

TIR SUR DES VANDALES À HOUAILOU par un chasseur, alors que des individus vandalisaient sa voiture. L’un d’entre eux a été touché, et le chasseur est convoqué par la Justice.

ULTRA TRAIL : THOMAS LUBIN, installé à Tahiti, vainqueur chez les hommes après 20 heures d’efforts ! Côté féminin, c’est Angélique Plaire qui s’impose.

LA LISTE DES PRODUITS LES PLUS FIABLES PUBLIÉE PAR FNAC DARTY

Le service après-vente de Fnac Darty vient de publier le classement des trois marques les plus sûres par catégories de produits.  Il s’agit de celles dont les articles ont le moins souvent fait l’objet de pannes durant les deux premières années de leur achat. Pour cela, le SAV s’appuie sur 560 000 interventions effectuées en 2018.

Premier enseignement : les marques les plus chères ne sont pas forcément les plus fiables ! Il en va ainsi de la marque Beko, connue pour ses prix attractifs. Elle se démarque dans le gros électroménager : troisième dans la catégorie lave-linge, et deuxième pour les lave-vaisselle – devançant même Miele – et les sèche-linge.

Deuxième constat concernant les aspirateurs : si les aspirateurs balais ont la côte, ce ne sont pas les plus fiables. Il s’avère que leur taux de panne est 4 fois supérieur à celui des aspirateurs traineaux.

Grâce à ces résultats étudiés pour la seconde année consécutive, Fnac Darty va mettre en place un nouveau label : « Le choix durable », un guide pour les consommateurs dans leur achat de produits fiables, durables (avec des pièces détachées disponibles au moins dix ans).

LE JUMELAGE PAPEETE-NOUMÉA : UN ÉVÉNEMENT POLITIQUE

Les deux collectivités françaises présentes dans le Pacifique, Polynésie et Nouvelle-Calédonie, sont, à l’est et à l’ouest du grand Océan, des zones dynamiques porteuses de Francophonie, d’économie, de modèles sociaux, et d’expressions culturelles fortes. Jamais, pourtant, elles n’ont réussi à se rapprocher suffisamment pour créer des synergies à leur profit commun. En franchissant le pas du jumelage, après d’autres collègues calédoniens et polynésiens, Michel Buillard, maire de Papeete, et Sonia Lagarde, maire de Nouméa, ouvrent la voie à de nouvelles relations entre les « cousins » du Pacifique.

LES FREINS
Personne n’ignore les relations plutôt conflictuelles qui existaient entre Gaston Flosse et Jacques Lafleur. La nomination du leader polynésien d’alors à la fonction de Secrétaire d’Etat au Pacifique par Jacques Chirac n’avait pas amélioré les rapports entretenus entre les deux hommes, et même entre Chirac et Jacques Lafleur.

Depuis, plusieurs initiatives ont pourtant été concrétisées, parmi lesquelles le jumelage entre des communes, les deux Ports Autonomes, ou la participation polynésienne à des opérations de francophonie à Gold Coast ou à Nouméa.

UNE NOUVELLE ÈRE POSSIBLE
Incontestablement, l’initiative des deux capitales pourrait cependant « faire bouger les lignes » à un niveau plus vaste. Bien sûr, d’autres communes ont déjà procédé à des jumelages entre elles, et pas des moindres. On peut citer ainsi ceux d’Arue et de Punauia avec le Mont Dore et Dumbéa, ainsi que les excellentes relations personnelles entre les maires de ces villes. Mais le pacte d’échanges et d’amitié conclu entre les deux capitales véhicule un affichage nouveau.

Le président de la Polynésie, Edouard Fritch, d’ailleurs, ne s’y est pas trompé. Au cours d’une réception regroupant la totalité de ses ministres et les délégations de Papeete et de Nouméa, il a exprimé clairement une volonté de partage et de synergie entre les deux « pays ».

Ainsi, côté Calédonien, les cartes seront prochainement entre les mains du futur gouvernement.

20 MILLIARDS D’EXCÉDENT BUDGÉTAIRE
Les collectivités calédoniennes et polynésiennes s’inscrivent dans un cadre relativement proches. Elles n’ont pourtant pas des statuts parfaitement analogues, ni pour les communes, ni pour les « pays ». Mais surtout, leurs actions, notamment économiques, sociales et culturelles, à l’intérieur de ces cadres, sont parfois très différentes.

En matière économique et fiscale, par exemple, la TGC calédonienne et la TVA polynésienne répondent au même objectif de simplification fiscale pour les entreprises, et de ressources budgétaires pour chaque territoire. C’est peu de dire, cependant, que leur conception, leur rendement, et l’adhésion à ce nouvel impôt sont similaires ! Il est évident que la réussite de la TVA polynésienne peut être source d’inspiration.

D’une manière plus générale, la Polynésie connaît une période de nette amélioration en matière économique. Si ses comptes sociaux sont à l’équilibre, sa situation économique, en nette croissance, a pu générer un excédent budgétaire important, de l’ordre d’une vingtaine de milliards.

REDRESSEMENT ÉCONOMIQUE : LA STABILITÉ POLITIQUE
Le constat est unanime en Polynésie. Alors que le territoire a été au bord du « dépôt de bilan » et en situation de rupture de trésorerie publique, son redressement, depuis quelques années, est spectaculaire.

La quasi totalité des responsables politiques formule un diagnostic sans appel. Si l’économie a pu reprendre des couleurs, et produire à nouveau des ressources fiscales en hausse, c’est grâce à une stabilité politique retrouvée.

Un belle leçon dont devraient tirer parti les cousins « taratonis ». Alors que Tahiti est connue pour ses bringues et ses ukulele, c’est la Calédonie qui a joué, dans la fable de La Fontaine, merveilleux écrivain français et francophone, le rôle de la cigale. À côté de la Polynésie fourmi.

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