Lutter contre la vie chère … en faisant augmenter les prix

Une majorité du Congrès a décidé d’augmenter les taxes à l’importation sur la plupart des produits importés concurrents de production agricoles locales. Une façon de traiter les problèmes économiques en faisant supporter la charge par les consommateurs et les contribuables. Et une nouvelle inflexion à gauche.

Ce n’est un secret pour personne : certains productions locales connaissent des difficultés. Pas toutes, bien sûr. L’eau du Mont Dore est souvent citée en exemple : pas de contingement, une concurrence ouverte, et le produit local ne cesse d’augmenter ses parts de marché.

Source d’inflation

D’autres secteurs sont moins performants, et les explications de manquent pas. Ce sont les solutions qui, depuis des décennies, sont absentes. Et la seule que les responsables ont mis en œuvre est économiquement désastreuse : l’augmentation des protections conduisant à un renchérissement des produits importés. En imaginant qu’une telle pratique va protéger ou faire redémarrer les productions locales.

Ce raisonnement n’est pas toujours impropre. Mais les résultats qu’il génère sont loin d’être favorables au consommateur. Pire, il est source d’inflation, et parfois de frustration. Ainsi par exemple, la cotation de la pomme de terre en métropole au 28 décembre ressortait au « plus haut du mois de décembre autour des 142,5 €/t », soit 17.000FCFP la tonne, ce qui donne aux alentours de 170FCFP le kilo.

90 FCFP le kilo de pomme de terre sur le Carreau d’Agen

Champs de la célèbre "Noirmoutier"
Champs de la célèbre « Noirmoutier »

Mais sur le carreau d’Agen, fin novembre 2014, la pomme de terre « rubis » se vendait en moyenne 0,75€ le kilo, soit aux alentours de 90FCFP. Evidemment, on trouve plus cher. En 1996, Maître Cornette de Saint Cyr a vendu aux enchères à l’hôtel Drouot un lot de 5 kilos de bonnottes à 15.000FF, soit … plus cher que la truffe. Mais c’est une exception d’anthologie, et nous n’en sommes pas encore là !

Vient ensuite le jeu de l’alignement des prix. Plus les prix à l’importation sont élevés, et mieux c’est pour la production locale qui peut se hisser au niveau supérieur. Humain. C’est ainsi que parfois, les prix des légumes locaux atteignent des sommets vertigineux.

Alors bien sûr, le souci de maintenir les agriculteurs « à flot » et louable. La France est en outre la championne du monde de la subvention aux productions, et la Nouvelle-Calédonie est, de ce point de vue, bien française.

Mais soutenir les productions agricoles ne vaut pas que le consommateur trinque encore. D’ailleurs, si l’on calculait le coût économique de la mesure, on s’apercevrait qu’il est disproportionné par rapport à la valeur ajoutée locale.

Au moment où il est fortement question d’encourager l’innovation, il serait bon d’innover en matière économique et fiscale.

Nouméa calme en ce 1er janvier 2016 – Bonne et Heureuse Année à nos lecteurs

Au lendemain du réveillon de fin d’année, Nouméa est une ville calme. Les principaux promeneurs sont … les croisiéristes. Voici quelques photos pour nos abonnés et lecteurs de métropole, du Royaume Uni, des Etats Unis, de Suisse, de Belgique, du Vénézuela, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Japon, d’Indonésie, du Vanuatu, de la Réunion et de Polynésie. A tous, de Nouvelle-Calédonie et d’ailleurs, noumeaPost souhaite une Bonne et Heureuse Année 2016.

Averse à la Coulée en ce début d'après midi du 1er janvier
Averse à la Coulée en ce début d’après midi du 1er janvier

Léger vent d’ouest en ce premier jour de 2016. Le ciel est partiellement découvert à l’ouest, mais couvert et pluvieux dans la chaîne. Une averse tombe sur la région de la Coulée, ce qui est plutôt une bonne nouvelle au regard de l’incendie qui a ravagé 150 hectares de cette région.

La ville est bien calme après les pétards et les feux d'artifice
La ville est bien calme après les pétards et les feux d’artifice
Peu de monde sur la plage de l'Anse Vata
Peu de monde sur la plage de l’Anse Vata
Les joueurs de pétanque, eux, ne connaissent pas de répit
Les joueurs de pétanque, eux, ne connaissent pas de répit
Les croisiéristes font la queue pour aller à Pizza et Pasta. Qui prétend qu'ils ne dépensent rien dans la ville ? 2 milliards CFP l'an dernier !
Les croisiéristes font la queue pour aller à Pizza et Pasta. Qui prétend qu’ils ne dépensent rien dans la ville ? 2 milliards CFP l’an dernier !
Calme également à la Baie des Citrons
Calme également à la Baie des Citrons
Quelques irréductibles sur le radeau, avec du sable remué par un léger vent d'ouest
Quelques irréductibles sur le radeau, avec du sable remué par un léger vent d’ouest
Côté restaurants Mirage Plazza, pas grand monde
Côté restaurants Mirage Plazza, pas grand monde
Et guère plus au centre commercial
Et guère plus au centre commercial
Calme sur la promenade de la Baie de l'Orphelinat
Calme sur la promenade de la Baie de l’Orphelinat
Calme sur la Place des Cocotiers
Calme sur la Place des Cocotiers
Seule animation : un navire de croisière, en grande rade
Seule animation : un navire de croisière, en grande rade
Oui, la ville est calme, en ce premier janvier
Oui, la ville est calme, en ce premier janvier
Et les promeneurs se reposent du réveillon. Bonne et Heureuse année.
Et les promeneurs se reposent du réveillon. Bonne et Heureuse année.

2015 Année de crises – 2016 Année de tous les Dangers

2015 – ANNÉE DE CRISES

L’année qui s’achève s’est ouverte sur une crise. Elle était politique avec la Nouvelle-Calédonie sans gouvernement pendant un peu plus de 3 mois.

Dans ce contexte, les autorités ont paru ignorantes de la crise mondiale des matières premières. Celle-ci a atteint notre territoire en lui faisant découvrir les pertes abyssales de opérateurs métallurgiques : Eramet-SLN, Valé NC et Glencore. Compte tenu du poids direct, indirect et induit des secteurs miniers et métallurgiques, le reste de l’économie calédonienne a commencé à ressentir les effets d’un refroidissement. A l’exception notable, mais normale, du secteur alimentaire.

IMG_0317C’est dans le droit fil de cette situation que le conflit des rouleurs a paralysé le pays pendant plusieurs semaines. Leurs craintes sur les réductions de demandes autraliennes de latérites se sont révélées fondées, avec la quasi-faillite de l’usine de Yabulu.

Au relevé des rendements fiscaux, les collectivités ont du constater que les finances publiques ne pouvaient échapper à cette panne de croissance. Les budgets ont donc du être contraints, à l’exemple du budget de la Nouvelle-Calédonie et des dotations locales aux provinces et aux communes qui viennent d’être adoptés. Préoccupante également : la rupture de trésorerie de la Nouvelle-Calédonie, une première depuis 25 ans.

Quant aux comptes sociaux, la presse locale a régulièrement annoncé quels étaient leurs besoins considérables, sous peine de crise de paiement des prestataires notamment.

ANNÉE 2016 – CELLE DE TOUS LES DANGERS

L’année 2016 sera donc l’année de tous les dangers car si tout peut évoluer de manière imprévue, rien, pour l’heure, ne laisse entrevoir d’améliorations évidentes.

Au plan politique, hors le renouvellement possible du gouvernement à l’issue de la période de « stabilité » imposée par la Loi Organique suite aux démissions successives des élus de Calédonie Ensemble en 2011, l’année sera marquée par la préparation des élections aux Parlement en 2017. Législatives, Sénatoriales, de ce point de vue, rien n’est écrit et tout est possible car si les loyalistes sont certains d’emporter le siège de député de Nouméa et des Iles, qui d’entre eux obtiendra la cocarde ? Pour le reste, c’est aujourd’hui l’inconnu. Objet d’unions ou de désunions ?

UsineDans le domaine économique, la crise va faire connaître ses effets, dont les plus immédiats seront la montée du chômage. Au sommet de l’échelle des dangers se situent les décisions des grands groupes métallurgiques. Restera, restera pas, sujet sensible d’abord pour Glencore, et dans une mesure plus nuancée, Eramet ?

Quant à la mine, la crise des exportations risque de faire de lourds dégâts, notamment en Brousse.

Cette menace aura des incidences sur le bâtiment, privé de grands chantiers, et dont le petit champ de construction soutenu par des incitations fiscales vient de se réduire par la décision du Congrès.

Les réductions d’activité économique vont évidemment peser sur les rentrées de la Cafat, et les finances publiques peuvent se retrouver face à des choix similaires à ceux du gouvernement national au regard de la Sécurité Sociale.

Tout cela risque d’être désastreux pour les finances publiques. Les difficultés de trésorerie, toujours réelles, risquent de provoquer la chute d’entreprises en panne de cash flow. Les réductions des interventions publiques qui sont pour l’instant passées presqu’inaperçu, vont poser des problèmes à plusieurs établissements publics.

Ce contexte ne sera évidemment guère favorable à la consommation. C’est tout le commerce non alimentaire qui sera impacté.

Ce paysage n’est malheureusement pas une fiction, même si rien n’est encore écrit. Seules lueurs susceptibles d’allumer un espoir : un retournement spectaculaire de la conjoncture nickel ou de réelles décisions de relance économique de la part des autorités.

Et bonne nouvelle tout de même : le concert de Johnny en avril qui remettra un peu de chanson dans l’air

Rififi au Congrès autour de la remise fiscale de 2,9 milliards en faveur de la SMSP

 

CongrèsLe débat était attendu. La polémique, amorcée depuis plusieurs mois, avait même conduit à une demande de création d’enquête sur le sujet par les Républicains. Mardi, le congrès a adopté à la majorité cette remise fiscale exceptionnelle de 2,9 milliards à la SMSP, à l’issue d’un débat houleux. Synthèse.

« Il y matière à qualifier une forfaiture », menace Harold Martin, un des orateurs du groupe des Républicains avec Sonia Backes et Grégoire Bernut dans une attaque frontale contre le Président du gouvernement, Philippe Germain. « Pesez les mots que vous employez. Vos accusations sont celles de concussion », réplique Philippe Dunoyer, chef de groupe de Calédonie Ensemble. « Taisez vous », somme Philippe Germain, annonçant qu’il demandera l’enregistrement de la séance pour d’éventuelles suites. Ambiance entre loyalistes.

Une chose est certaine pour tous : les services fiscaux, naturellement chargés de l’instruction de ce dossier d’exception, sont irréprochables. Ils ont produit plusieurs notes « dont chaque mot a été pesé au trébuchet », estime un élu. Alors, pourquoi ce ramdam ? Deux raisons : le montant de la remise d’abord, la politique ensuite.

Une remise de 2,9 milliards sur un redressement fiscal, alors que le budget de la Nouvelle-Calédonie était difficile à équilibrer, cela ne pouvait pas passer inaperçu ! Quelles que soient les justifications, les élus de l’opposition ont soulevé quelques principes, présentant l’opération comme « un cadeau fiscal ». Celui de l’égalité de tous devant l’impôt, d’abord : « il faudra bien que les autres sociétés de Nouvelle-Calédonie puissent bénéficier de la même générosité en cas de redressement », rappelle un membre du congrès. La justification, ensuite : « Il n’y a aucune justification à ce cadeau », tempête le Maire de Paita, évoquant les notes des services fiscaux et estimant que le gouvernement devait aller en contentieux.

Pour le Président du gouvernement, tout cela « est une histoire », rejetant toutes les accusations, rappelant la demande d’avis de Cynthia Ligeard alors Présidente du gouvernement, et estimant que la décision soumise au congrès se situait dans le droit fil des analyses des services fiscaux.

Mais le débat a pris alors une dimension politique. Les élus Républicains n’ont évidemment pas manqué de rappeler les conditions d’élection à la Présidence de l’Exécutif de Philippe Germain avec les voix du Palika, et une voix de l’Union Calédonienne. A l’époque, ce vote avait suscité des rumeurs de « contreparties ». Ce que n’ont pas manqué de souligner les élus Républicains pour qui l’existence d’un « axe Calédonie Ensemble-Palika » fait partie de la réthorique. Un « prétendu » axe que le Président du gouvernement balaie du revers de la main.

Au total, après les foudres de l’opposition, la remise fiscale a trouvé une majorité pour l’approuver. Et l’examen du budget de la Nouvelle-Calédonie a pu débuter. Avec une moins-value de 2,9 milliards.

BUDGET 2016 AU CONGRÈS – LE VRAI ENJEU : LA RELANCE ÉCONOMIQUE

Anticiper la crise ou la subir
Anticiper la crise ou la subir

Comme chaque année, au mois de décembre, le Congrès va examiner le projet de budget 2016 à l’issue d’un examen par ses commissions spécialisées, et les arbitrages rendus par la commission des Finances. Mais ce budget est particulier : c’est le premier budget de crise économique depuis la fin des événements. L’enjeu en est donc la relance. En d’autres termes : anticiper la crise, ou la subir.

COMMENT RELANCER LA CROISSANCE
DES ENTREPRISES CALÉDONIENNES

Au delà des chiffres qui verront fatalement un équilibre entre les dépenses et les recettes, les membres du Congrès vont devoir effectuer un exercice nouveau : comment impulser une relance économique pour les entreprises calédoniennes au travers des politiques publiques.

Car depuis 2005, date à laquelle le budget a changé de présentation, passant d’une nomenclature comptable à la présentation des politiques publiques, l’enjeu du vote budgétaire annuel a –en théorie !-, évolué. En clair, par exemple, on votait autrefois « le budget de la Direction des TP». A présent, la congrès doit décider, sous la forme d’une « Mission », la Politique Publique de la Nouvelle-Calédonie en matière d’équipements et d’infrastructures publics : routes, ponts, aérodromes, bâtiments, moyens de transports, etc …

Ces politiques publiques, en théorie conformes au « Schéma de Développement et d’Aménagement 2025 », lequel est en chantier depuis les Accords de Nouméa et n’est toujours pas terminé, s’inscrivent –toujours en théorie- dans une perspective à court, moyen et long terme.

SEULES LES POLITIQUES PUBLIQUES
PEUVENT RELANCER L’ECONOMIE

En ce mois de décembre, alors que les finances publiques sont en difficulté, les comptes sociaux dans le rouge, le nouvel hôpital sur le Médipôle en passe de faire croître les dépenses de santé, les entreprises métallurgiques en plein marasme et les entreprises calédoniennes en « mode croissance zéro », seules les Politiques Publiques peuvent donner des signes positifs en faveur d’une relance économique.

Manuel Valls "J'aime l'entreprise"
Manuel Valls « J’aime l’entreprise »

A cet égard, la situation calédonienne n’est aujourd’hui pas très différente de celle de la métropole, où le Premier ministre s’est plu a déclarer « j’aime l’entreprise ». Normal : la Calédonie a importé de Paris … le mauvais modèle.

DROIT DU TRAVAIL, FISCALITÉ,
RÉGLEMENTATION ÉCONOMIQUE

Il en va ainsi du droit du travail, dont la complexité paralyse la croissance, et dont le copié-collé du droit métropolitain a abouti à un droit local ne correspondant plus à une économie de 270 000 consommateurs, installés sur une île dont l’avion et le bateau sont les seuls liens avec l’extérieur.

Il en va ainsi de la Politique Publique fiscale. Essentielle pour la relance, tout comme la métropole en fait l’expérience. Taxer les entreprises sans discernement sera mortel pour la croissance, et pire pour l’économie. Remettre la relance des entreprises au cœur du dispositif fiscal est à présent indispensable, à la fois dans le but de gommer les entraves au développement et l’investissement, et aussi pour mesurer les impacts économiques de la fiscalité.

Autre politique publique en relief : la formation professionnelle. Depuis une décennie, la totalité du Fond Européen de Développement y est consacrée, ce qui fait, avec les budgets locaux, plusieurs milliards chaque année.

Or, les entreprises constatent dans trop de secteur une inadéquation entre la formation … et les besoins des entreprises. Les ateliers manquaient ainsi de carrossiers. Les hôtels, eux, sont toujours en attente de gouvernantes locales qualifiées.

AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE
CALIBRÉE POUR 65 MILLIONS D’HABITANTS

La réglementation économique est également une Politique Publique essentielle à la relance. Or celle-ci passe par l’investissement. Ce dernier est paralysé par la « menace » d’une Autorité de la Concurrence, dont l’action ne va pas réguler la concurrence, mais dissuader les quelques investisseurs locaux.

Une telle autorité est en effet calibrée pour des pays de plusieurs dizaines de millions de consommateurs. La France métropolitaine en compte 65 millions ! Elle est aussi dimensionnée pour réguler l’action d’entreprises souvent côtées en bourses, dont les capacités d’investissement se chiffres par centaines de milliards de FCFP.

Rien de tel, évidemment en Calédonie. Les quelques entreprises susceptibles d’investir doivent jouer sur la synergie de leur groupe ou de leur holding. Avec l’Autorité de la concurrence, elles devront peut être, au contraire, vendre une partie de leurs actifs !

imgresMais la cerise sur la gâteau a été, ces derniers mois, l’interprétation en matière de réglementation d’exportations minières. Tout pays rêve d’exporter. Surtout les détenteurs de minerais en pleine crise des matières premières. Pas la Calédonie, qui l’a interdit !

Décision difficile à qualifier, dont la justification –la préservation de quelques millions de tonnes de nickel pour les générations futures, ou encore une doctrine décidée par une collectivité dont un représentant affiche clairement son marxisme- est difficilement recevable.

ANTICIPER LA CRISE
OU LA SUBIR

Autre politique publique sensible pour la relance : les équipements et les infrastructures. Dans un contexte budgétaires contraint, elle doit viser le meilleur rendement « qualité-prix » au regard de ses Unknowneffets économiques. Par exemple, la poursuite du chantier autoroutier de Nouméa vers Tontouta devrait constituer une priorité. Il ne s’agit pas que d’une simple route. Cette voie de communication est indispensable au regroupement des liaisons aériennes intérieures et internationales à Tontouta, générant d’importante économies d’exploitation ; elle facilitera la communication, et donc les échanges, entre le Nord et le Sud ; elle ouvrira de nouvelles zones à l’urbanisation pour le logements et les implantations industrielles.

Pour en faire profiter au mieux les entreprises, le marché public peut prévoir dans ses conditions un partage entre les entreprises du nord et celles du sud.

Tel est, derrière son appellation, l’enjeu du budget 2016. Les effets de la crise se feront durement sentir à la prochaine rentrée. En attendant, par le vote des Politiques Publiques, le Congrès va déterminer deux choix : le premier est d’anticiper cette crise, le second est de la subir.

LA SLN EN DANGER ? L’ACTION ERAMET CONTINUE DE BAISSER

 

imgresLe dernier conseil d’administration du 9 décembre en a pris acte : Eramet doit intensifier ses efforts non plus de redressement, mais de colmatage de l’hémorragie dont la « petite » entreprise française est victime. Mais le cours de la bourse est impitoyable : l’action Eramet continue de « dévisser », entraînant dans la chute, la SLN. Danger ?

UNE VALEUR EN BAISSE DE 60%

Face aux géants Glencore et Valé, Eramet ne pèse pas lourd. Mais dans le contexte de marasme des matières premières, la compagnie française n’attire pas les prédateurs. D’autant qu’un pacte d’actionnaires est censé la mettre à l’abri d’une OPA hostile.

Mais le français est en mauvaise posture. Le 24 décembre, le cours de son action a enregistré une nouvelle baisse de -2,23%, clôturant à 27,66 euros. Certes il a connu pire : 23,05 euros. Mais par rapport au 94,39 euros qui fut sa plus haute cotation, quelle dégringolade. La baisse est de 60% par rapport à la valeur du début 2015 !

Dans ces conditions, la récente décision de ne plus produire de mattes à Doniambo n’apparaît pas comme une action de simple gestion. Elle génère certes des économies de production, mais surtout ouvre la voie à une fourniture non-calédonienne. Une première pour l’usine hydrométallurgique de Sandouville.

Ces mattes devraient être fournies par le groupe étatique finlandais Terrafame, lui même propriétaire de la mine de nickel de Telvivaara. Cette dernière était en difficulté financière, mais le gouvernement finlandais, après avoir envisagé la mise en faillite du groupe minier, a finalement décidé de la soutenir en procédant à une nationalisation. Le minerai de Telvivaara est notamment traité par l’usine de Harjavalta, au sud-ouest de la Finlande, qui appartient au géant russe Norilsk.

Pour faire simple, on peut dire que la Nouvelle-Calédonie ne fabriquera plus jamais de mattes, et que ses fours Bessmer seront définitivement éteints.

Mais au travers de cette décision, plusieurs questions se posent naturellement.

ERAMET A-T-IL BESOIN D’ÊTRE PRODUCTEUR DE NICKEL ?

La première concerne la stratégie d’approvisionnement d’Eramet.

images-3Le groupe français raffine des mattes et des ferro-nickels pour une production d’alliages spécifiques de haute rentabilité. A-t-il besoin d’être lui même producteur de nickel ?

La gouvernance de Patrick Buffet n’est pas exempte de critiques de la part de certains actionnaires. Ceux-ci lui reprochent notamment les dépenses considérables de Weda Bay, en Indonésie, dépenses réalisées en pure perte pour justement tenter de consolider la production nickel du groupe.

Quant à la SLN, elle apporte beaucoup de soucis à Eramet. Certes les accords de prix entre la filiale et la maison mère sont favorables à cette dernière. Sauf que les prix ne sont pas suffisamment compétitifs, et le seront d’autant moins que la nouvelle centrale électrique est renvoyée aux calendes. Et sauf que cette filiale est source d’ennuis sociaux et politiques, pour un domaine minier certes très riche, mais dont la rentabilité industrielle et financière pose question.

La seconde a trait à la responsabilité d’un actionnaire dans une société capitalistique.

En évoquant la participation de la STCPI locale au financement de la nouvelle centrale, la direction d’Eramet a rappelé le rôle des actionnaires -et plus encore, d’un administrateur- d’une société : être solidaires en cas de difficulté, ou pire, de menace, et … mettre la main au portefeuille en cas de besoin.

Une façon également de souligner que vouloir 51% du capital d’une société, c’est justement devoir assumer encore plus de responsabilité en qualité d’actionnaire majoritaire. Peut être un avant-goût de la finalité d’une stratégie nouvelle.

TRIPAVISOR CLASSE LES 15 PLUS BELLES PLAGES AU MONDE 2015 – LA CALÉDONIE TOUJOURS ABSENTE

Il y a 12 ans, les Japonais avaient élu la plage de Kanuméra  « plus belle plage du monde ».
Aujourd’hui, malgré nos merveilles, avec le plus grand et plus beau lagon du monde, en dépit de la reconnaissance obtenue par le classement de notre récif au patrimoine mondial de l’Unesco, nous n’arrivons même plus à accrocher une nomination dans le palmarès balnéaire international.
Celui qui suit a été réalisé par les clients de Tripadvisor, premier site mondial de recommandations hôtelières et touristiques. Présentation des 15 lauréates.

N° 15, Laguna Beach en Californie
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N° 14 : Playa Paraiso au Mexique

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N°13 : Iztuzu Beacu àEn En13 : Dalyan (Turquie)

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N° 12 : Wesr Byayau Honduras

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N° 11 : la plage de Woolacombe, … au Royaume Uni

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N° 10 : Camp’s Bay Beach, au Cap (Afrique du Sud)

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N°9 : la plage d’Elafonissi, en Grèce

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N° 8 :  la plage de Whitehaven, dans les Whitsunday, en Australie (Queensland)

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N° 7 : l’Anze Lazio, dans l’île de Praslin, aux Seychelles

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N° 6 : la baie de Sancho, à Fernando de Noronha, au Brésil

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N° 5 : la plage de Ses Illettes, à Formentera, aux Baléares

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N° 4 : Playa Paraiso sur l’ile de Cayo Largo, à Cuba

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N° 3 : Grace Bay sur l’île de Providentiales, dans les îles Turques

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N° 2 : White Beach à Boracay, aux Philippines

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N° 1 : Flamenco Beach sur l’île de Culebra, à Porto Rico

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PATRICK DION : DG DES ENSEIGNEMENTS ET VICE-RECTEUR D’EXCEPTION

imgresTout en rondeur, mais d’une rigueur professionnelle sans faille, il rendait compréhensible cette exigence pour la Nouvelle-Calédonie de bénéficier de spécialistes qu’elle n’a pas encore enfantés. Tel est Patrick Dion, Directeur Général des Enseignements et Vice-Recteur depuis la mise en route effective du transfert du secondaire, et qui vient de regagner la métropole.

« Un exercice d’équilibre difficile entre le ministère central
et le gouvernement local »

Un poste antérieur à Wallis et Futuna lui avait fait connaître quelques spécificités océaniennes. Et cette expérience n’était pas de trop pour une mission très particulière qui lui était assignée : transférer l’enseignement secondaire public, l’enseignement primaire et secondaire privé, la santé scolaire sous l’autorité du gouvernement calédonien, gérer la mise à disposition de 5000 personnels, le tout pour une part de dépenses de l’Etat de 50 milliards FCFP sur les 80 milliards que l’Education Nationale consacre au territoire.

Cerise sur le gâteau, et expérience inédite pour ce haut fonctionnaire : dépendre à la fois du Ministère de l’Education nationale en sa qualité de Vice Recteur, et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en sa qualité de Directeur Général des Enseignements. Un exercice d’équilibre constant entre le puissant ministère parisien, l’Exécutif local et les 27 syndicats que compte l’enseignement !

Non seulement Patrick Dion a su gérer avec tact cette périlleuse responsabilité, mais il a apporté son savoir –que personne n’égale en Nouvelle-Calédonie-, pour bonifier le transfert des dites compétences au profit de l’enseignement calédonien.

« Inflexible
et profondément humain »

Mieux, connu et respecté dans ce bastion que constitue l’Education nationale, cet ancien directeur général du Centre national de documentation pédagogique (CNDP) a relayé avec une redoutable efficacité les requêtes du gouvernement calédonien et des partenaires sociaux quand ces dernières lui semblaient justes. Il en a été ainsi des budgets d’abord, de la Mise à Disposition Globale et Gratuite de 5000 personnels ensuite, des avantages pour les personnels calédoniens enfin. Du stage de Capes localement, à la réduction à 2 ans du stage en métropole des personnels de direction, en passant par une écoute attentive de l’autorité locale -laquelle nomme aux emplois- pour les mouvements de personnels, il a exercé brillamment toutes ses responsabilités et, je pense, gagné l’estime du plus grand nombre au sein de l’enseignement, au cours de son séjour.

Parmi les 17 priorités tracées dès la mi-2012, nous avons ainsi lancé ensemble le plan de 6 milliards et demi pour la rénovation des lycées et des ALP, un plan au sein duquel les priorités données notamment au Lycée de Touho et au Lycée Jules Garnier sont aujourd’hui concrètement traduites dans les travaux sans précédents réalisés. Ce plan s’est naturellement accompagné d’une modernisation essentielle de l’informatique et de la sécurité qui transforme peu à peu la vie lycéenne.

Auparavant, nous avions aussi, ensemble, affronté la première rentrée scolaire « calédonienne » de 2012 marquée par une « traditionnelle » grève, et mis notre volonté à « pacifier » définitivement ces rentrées. Elles sont, depuis, sereines. Pour le plus grand bien des élèves.

Il m’avait accompagné efficacement pour un dialogue rénové avec les associations de parents d’élèves, réunies pour la première fois avec leurs interlocuteurs politique et administratif. Leur demande de correction du bac à Nouméa, pour le bien de l’enseignement et des élèves et qui n’a malheureusement toujours pas trouvé de réponse concrète,  date de cette époque.

Le secteur public n’était évidemment pas sa seule préoccupation. Il était attentif à la situation de l’enseignement privé. Mieux, il en reconnaissait les mérites, la place légitime ainsi que les performances.

Je me souviens de l’inauguration de l’auditorium de Blaise Pascal, et Patrick Dion me glissant à l’oreille, admiratif : « Ils ont fait quelque chose de remarquable, avec des budgets contraints. Il faut que nous réalisions un tel équipement dans un lycée public ! »

Ce Vice-Recteur d’exception savait être inflexible, mais profondément humain. C’est dans cet esprit qu’il conduisait le difficile dialogue social au sein de l’enseignement.

« Sa volonté de plaider et de défendre en permanence les dossiers calédoniens avait parfois agacé Paris »

Je peux témoigner qu’il attachait du prix à deux questions particulières, liées au transfert. La première était l’enseignement des langues et de la culture kanak. Dans le strict respect de l’esprit des Accords. Il s’est malheureusement heurté à des conflits internes qui ont fait obstacle à l’épanouissement de ce service. La seconde était la construction des nouveaux lycées de Pouembout et du Mont Dore. Pour lui, l’engagement de l’Etat à réaliser ces équipements ne pouvait souffrir d’hésitation. Je crois savoir que sa volonté de plaider et de défendre en permanence ces dossiers avait parfois agacé Paris.

Car Patrick Dion, comble de l’expatriation, tout en demeurant un haut fonctionnaire de l’Etat loyal à son administration centrale, s’était pris au jeu du transfert. L’histoire montrera peut être qu’il aura su mieux défendre les intérêts de la Nouvelle-Calédonie que ne pourront le  faire les Calédoniens eux-mêmes !

« En cas de doute, pour le bien de l’enseignement et des jeunes calédoniens, aucune place ne doit être cédée à la médiocrité. Sous quel prétexte que ce soit. »

Son départ, discret, n’est guère à la hauteur de la reconnaissance que nous devons à son dévouement et de son labeur–Patrick Dion usait d’une capacité de travail peu commune- pour les élèves calédoniens.

Car ce sont les élèves qui sont « au centre du dispositif ». Nous aimions à le rappeler, y compris aux partenaires sociaux.

Fasse que le successeur soit au moins d’un égal dévouement et d’une égale compétence. Mais en cas de doute, pour le bien de l’enseignement et des jeunes calédoniens, aucune place ne doit être cédée à la médiocrité. Sous quel prétexte que ce soit.

Et si d’aventure tel était le cas, la solution la plus sage pour le bien de la prochaine rentrée et de la bonne continuité du service public sera que l’on sollicite une exceptionnelle prolongation de séjour pour ce « patron » d’exception.

Jean-Claude Gaby  Briault
Ancien membre du gouvernement
en charge de l’enseignement

TVA calédonienne : seul moyen de renflouer les caisses sans douleur

 

La TVA calédonienne était un serpent de mer. Didier Leroux s’y était collé, alors qu’il était « ministre » en charge de la fiscalité dans le TVAgouvernement Thémereau dominé par l’Avenir Ensemble. Il s’était alors heurté à de fortes réticences, et n’avait pu faire aboutir ce dossier sensible. Ses successeurs n’ont guère fait mieux. Mais aujourd’hui, face aux difficultés colossales que les finances publiques doivent affronter, les opposants doivent s’y résoudre : le principe fiscal de la TVA est un « jackpot » pour le budget. Et le seul et dernier moyen de ramener quelque équilibre sans trop de douleur.

BRAS DE FER
De multiples études, d’innombrables consultations ont accompagné pendant près de 10 ans la gestation de la TVA locale, baptisée d’abord Taxe Générale sur l’Activité (TGA). En 2011, les Nouvelles Calédoniennes annonçaient son adoption imminente et indiquaient « Entrée en vigueur prévue en janvier 2013 ».

La fin de la décennie 2004-2014 s’était soldée par un bras de fer entre Calédonie Ensemble, plutôt hostile au projet, et les autres partis loyalistes qui réclament l’instauration de cette fiscalité depuis plusieurs années. Puis la création de la TVA calédonienne avait trouvé sa place dans « l’agenda partagé ». Entretemps, elle a été rebaptisée Taxe Générale sur la Consommation (TGC), désormais parée de bien des vertus.

RENDEMENT COLOSSAL

La première affichée de celles-ci est la simplification fiscale. Logique avec l’esprit de la TVA. La TGC va se substituer à plusieurs impôts : taxes à l’importation (TGI, TBI, Taxe de péage), TSS, Taxe sur le Frêt Aérien alimentant l’Agence de la Desserte Aérienne, et des centimes additionnels au profit des Provinces.

La seconde, dont on parle peu, est le rendement exceptionnel d’une TVA … Bâtie sur l’assiette la plus large possible –l’ensemble des consommateurs, c’est à dire la quasi-totalité de la population-, la TGC sera un impôt dont le « rendement » va être colossal.

La troisième vertu est son caractère indolore. Perçue sur l’essentiel des services et des livraisons de bien, adoucie par les substitutions de taxes, elle sera, dans un premier temps, presqu’imperceptible par le consommateur.

Mais ensuite, et en tant que de besoin, la variation du curseur permettra l’alimentation efficace des budgets publics. Compte tenu des déficits affichés et inscrits dans une conjoncture nickel déprimée laquelle, selon certains experts, durera quelques années encore, la TGC est le seul moyen de renflouer les caisses sans trop de dommages collatéraux.

La crise actuelle l’a fait comprendre à tout le monde.

Côte de popularité : Juppé en tête-Forte progression des Présidents de région

 

Le dernier sondage BVA pour iTélé et Orange montre une baisse du couple exécutif : Hollande perd 3 points (30% de bonnes opinions) et Valls 1 point (39%).

imagesDans le camp des Républicains, Alain Juppé est à 57% de côte d’influence (+1 point), tandis que Nicolas Sarkozy perd 7 points (42%). Le résultat de ce dernier est probablement impacté par les décisions récentes concernant Nadine Morano et Nathalie Kosciusco-Morizet dont la côte progresse de 7 point à 51%.

Les Président de région nouvellement élus enregistrent un bond de bonnes opinions : Valérie Pécresse engrange 13 points (33%), Laurent Wauquiez, 5 point (29%), et surtout Xavier Bertrand, +19 points à 38%.

Côté majorité, Emmanuel Macron continue de progresser (+4 points-48%), et Laurent Fabius recueille les fruits du bon déroulement de la Cop 21 : +5 point à 32%.

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