24 SEPTEMBRE, ANNIVERSAIRE DES CALDIENS

Le 24 septembre 1853 marquait le début de l’installation, en Nouvelle-Calédonie, de la population caldienne.

D’abord européenne, métropolitaine, anglo-saxonne, elle s’est rapidement enrichie des « malabars », puis des travailleurs chinois, vietnamiens, indonésiens, japonais.

Quelques décennies plus tard, des océaniens venus de Polynésie française, de Wallis, de Futuna, des pieds noirs, des réunionnais, des antillais et d’autres sont venus s’ajouter à ces communautés en devenir.

Au fil des générations, les métropolitains ont perdu l’accent du terroir. Les japonais ont perdu leur langue maternelle. Toutes les générations nouvelles des populations d’origine se sont fondues dans un grand mouvement d’acculturation.

Une nouvelle identité est née, progressivement, chez tous ces calédoniens parfois métissés, nés ici ou d’adoption, mais ne se revendiquant pas de la culture kanak.

Le français est demeuré ou devenu la langue commune. Mais avec un accent du pays, des expressions qui nous sont propres, un vocabulaire original. Un français parlé « de Nouvelle-Calédonie ».

Une cuisine, qui n’est certes pas une gastronomie, s’est révélée, puisant le bami chez les uns, la salade de poisson, le rougail et mille petits plats chez les autres.

De notre côté, nous avons ensemble concocté la salade de cerf, ou encore le crabe mou sauté à l’ail. Parce la chasse et la pêche sont en grande partie notre mode de vie.

Des écrivains se sont mis à écrire des nouvelles, des romans, des pièces. Des cinéastes ont réalisé des films. Des artistes, de tous bords , ont créé des bandes dessinées, des chansons, de la musique, du théâtre.

Et bien d’autres choses encore.

« La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeur, les traditions et les croyances. » Telle est la définition de la culture par l’Unesco. Ainsi, notre culture est régionale, mais elle est réelle.

Dans la République, nous ne sommes, ou nous ne sommes plus, ni de Perpignan, ni de Roubaix, ni de Strasbourg ou de Brest. Nous ne sommes pas des Kanak. Mais nous sommes, nous aussi, d’ici.

Caldiens

Nous sommes les Caldiens. Notre épopée a commencé il y a 162 ans. Bon anniversaire à nous tous.

JC Gaby Briault

CONFLIT DES ROULEURS : L’ÉPREUVE DE VÉRITÉ

En refusant de se prononcer sur les demandes d’exportation de latérites vers la Chine, le gouvernement calédonien tente de renvoyer ce dossier devant le Congrès. Qui n’est pas compétent. Manœuvre ? Provocation ? Tentative pour sauver la face du Président du gouvernement ? Une épreuve de vérité commence.

Le Président du congrès a d’abord refusé de convoquer une session extraordinaire comme le réclamait la majorité du gouvernement. Motif : la délibération de l’Exécutif sera entachée d’un vice de procédure. Autre raison : la décision d’autoriser les exportations de minerai relève du gouvernement et non du Congrès. Epreuve de vérité juridique, donc, éclairée par le Haut-Commissaire qui dans le langage policé du corps préfectoral, suggère que la régularité de l’acte de gouvernement « apparaît incertaine », avis d’autant plus lourd qu’un de ses proches collaborateurs est issu du Conseil d’Etat. En clair : la procédure est probablement illégale.

Cet acte a été pris par une majorité Calédonie Ensemble-Palika, à laquelle s’est joint Jean-Louis d’Anglebermes. En contradiction, semble-t-il, avec les directives de son parti, l’Union Calédonienne. Si tel est le cas, il se profile une épreuve de vérité pour le Vice-président du gouvernement.

Epreuve de vérité économique, également. En annonçant un plan de réduction des emplois, Wilfrid Maï a rappelé à chacun qu’il ne s’agissait pas d’une simple querelle théorique de textes et de doctrine : l’économie, c’est d’abord la source d’emplois. Et ce qui se pointe s’appelle une catastrophe.

Epreuve de vérité en matière d’ordre public, peut être, aussi. Ce mineur fait travailler beaucoup de monde dans le sud, et notamment, dans la tribu de Saint Louis. Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer quelle vendetta pourrait inspirer un coup dur aux revenus des familles concernées.

RECHERCHE D’UNE ISSUE HONORABLE ?
Alors pourquoi cette décision du gouvernement qui risque de mettre un grand feu aux poudres ?

IMG_0284 2Probablement la recherche d’une issue honorable. Depuis l’origine du conflit, le Président Philippe Germain s’abrite en effet derrière le « schéma minier », lequel ne permettrait pas d’autres exportations de nickel que vers les « clients traditionnels ».

Ses détracteurs prétendent, eux, que ce n’est pas le cas et que la lecture attentive du fameux schéma montre que le texte permet d’autoriser les exportations demandées sous la clause contenue dans le document « d’évolution du marché ».

Or, si malgré tout, le schéma minier était expressément modifié par le Congrès dans le sens souhaité par les rouleurs et les mineurs indépendants, la décision ferait d’une pierre deux coups :

  • elle justifierait a posteriori la position de la majorité du gouvernement,
  • elle justifierait, à l’issue, une autorisation d’exportation vers la Chine.

Le risque, pour la majorité gouvernementale, est évidemment celui d’un examen juridique faisant autorité confirmant que lesdites exportations sont possibles sans modification du schéma minier…

Quoi qu’il en soit, le bilan inévitable de ce conflit sera certainement lourd. Pour l’économie, pour la crédibilité du gouvernement, pour les relations entre les partis politiques, pour la sérénité du débat de sortie de l’Accord de Nouméa.

Et la question se posera à coup sûr : pour quelles raisons avouées ou obscures la Calédonie a-t-elle été soumise à ce charivari abracabradantesque ?

LE TORCHON BRÛLE ENTRE CALÉDONIE ENSEMBLE ET L’UC

Alors que l’UC avait apporté ses voix pour la désignation de Philippe Germain à la Présidence du gouvernement et de Jean-Louis d’Anglebermes à la Vice-Présidence, Calédonie Ensemble a publiquement pris ses distances en critiquant violemment l’Union Calédonienne sur sa position à propos des exportations de latérites vers la Chine. Missiles et conséquences.

Tout un communiqué consacré à une critique en règle de l’Union Calédonienne, après que le plus vieux parti politique calédonien ait affiché un « nous n’avons pas de leçon à recevoir de quiconque » dans le dossier Lecren, voilà ce qui s’appelle une attaque en règle.

INJONCTION À L’UC
« Le positionnement de l’Union Calédonienne lors du GTPS du 7 septembre constitue donc un flagrant délit d’incohérence avec la ligne politique de l’Union Calédonienne concernant l’arrêt des exportations de minerai brut en 2019 (Congrès de Tiaoué-Koné) ainsi qu’avec la ligne politique affirmée le matin même du GTPS par le Président de l’Union Calédonienne », est une leçon ou une critique, c’est selon, sans nuance.

Mais Calédonie Ensemble va cette fois plus loin. En affirmant que « si l’Union Calédonienne a changé de position sur le sujet, c’est que son canal « business » a pris le pas sur le canal « historique » », c’est directement une accusation d’affairisme qui vise les leader de l’UC et en particulier son président Daniel Goa.

Procureur, le communiqué indique qu’il « faudra que l’UC explique en quoi cette démarche s’inscrit dans le cadre politique défini », référence aux positions jusqu’alors exprimées par le parti.

Ce qui frappe dans cet écrit est la violence des propos et l’injonction à un parti réputé jaloux de son indépendance. D’autant que l’Union Calédonienne peut se prévaloir d’être à l’origine du développement minier et métallurgique de la Province nord.

L‘UC OBTIENT LE FABULEUX MASSIF DU KONIAMBO
C’est en effet à l’UC que cette collectivité doit d’être propriétaire du gisement du Koniambo, une pépite nickel d’importance mondiale.

Rappel. Alors que les négociations sur « la solution consensuelle » prônée par Jacques Lafleur dès 1991 sont en panne, l’Union Calédonienne fait toujours la sourde oreille en 1998, à l’approche de l’échéance devant conduire à un referendum couperet « pour ou contre l’indépendance ».

La pression politique est considérable. Le leader du RPCR a même convaincu d’anciens éminents dirigeants de l’UC à s’en séparer pour défendre la solution consensuelle. Ainsi nait la Fédération des Comités de Coordination Indépendantistes, la FCCI.

L’UC est ébranlée mais ne plie pas. Bien au contraire. Ses militants bloquent une partie de la Calédonie, érigent des barrages, pour exiger de l’Etat « un geste fort au nom de la dette coloniale ». En clair : l’affectation du fabuleux gisement de Koniambo à la Province nord et le fameux « préalable minier ».

imgresC’est finalement le gouvernement Jospin, et notamment Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’économie et des finances, qui débloque l’affaire. La SLN, propriétaire du Koniambo, doit accepter un échange avec un massif à Tiébaghi accompagné d’une soulte d’une vingtaine de milliards CFP en dédommagement. Une mauvaise affaire pour la SLN, mais la porte ouverte aux plus grandes ambitions minières et métallurgiques pour la Province nord.

C’est cet accord obtenu par l’Union Calédonienne, et par personne d’autre, qui permet ensuite la signature de l’Accord de Nouméa.

Les responsables et les militants de l’UC ont conservé intact ce souvenir, alors que la Province est administrée depuis plus d’une décennie par le Palika. Et que l’Union Calédonienne a été écartée de la gestion du dossier nickel.

Pour ce qui concerne l’accusation de « canal business », Daniel Goa a sans doute aucun du prendre en considération la situation de centaines de rouleurs kanak et non kanak adhérents ou sympathisants de l’Union Calédonienne dans le conflit des rouleurs. Les sacrifier au nom d’une doctrine qui fait davantage place à l’idéologie plutôt qu’à  la prise en compte des situations humaines ne relève pas de la tradition de l’Union Calédonienne.

Chacun connaît par exemple la Cafat. Mais qui se souvient que la Cafat, instrument partenarial de solidarité exceptionnel pour tous les Calédoniens, fut créé il y a 65 ans par l’Union Calédonienne ? On pourrait donner bien d’autres exemples en matière économique, sociale, fiscale.

LE PRIX DU SANG
Ce parti a bien sûr évolué. Mais dans son ADN demeure un forme de pragmatisme qui sait s’imposer à l’idéologie.

Il faut ajouter que c’est l’UC qui est principalement à l’origine des événements de 1984, alors que son Secrétaire Général, Eloi Machoro, fracasse l’urne de Canala ce jour d’élection du 18 novembre pour mettre en place le statut Lemoine. Puis est « neutralisé ».

images-1C’est Jean-Marie Tjibaou, Président du FLNKS mais également Président de l’UC qui signe finalement les accords de paix de Matignon au nom des indépendantistes.

Au risque de sa vie qu’il perd à Ouvéa le 4 mai 1989, avec Yeiwene Yewene. Tous deux de l’Union Calédonienne.

Les responsables et les militants de l’UC portent cette histoire, faite de domination de la vie politique calédonienne de 1958 à la fin des années 70, faite aussi d’épisodes dramatiques, de conflit armé, d’acceptation de la paix et d’un nouveau rapport avec l’ancienne puissance coloniale.

C’est pour ces raisons qu’elle considère « ne pas avoir de leçons à recevoir de quiconque ». Mais c’est également pour ces raisons notamment que les récentes attaques de Calédonie Ensemble laisseront quelques traces profondes.

Humeur : Par Toutatis, ils sont fous ces Calédoniens !

Mon cher Economix,

Le mois dernier, en arrivant devant le siège du gouvernement local, j’ai pu admirer un échantillon d’une centaine de camions, accompagnés d’un bulldozer dénommé « le fils à Goldorak ».

Je pensais d’abord qu’il s’agissant du Salon Annuel du Camion.

C’est en voyant les inscriptions guère aimables sur les banderoles que je me suis aperçu que ce rassemblement n’avait rien d’un événement de loisir grand public !

Par curiosité, je me suis renseigné sur la cause de cette manifestation. C’est tout à fait étonnant, mon cher Economix.

En fait, la Nouvelle-Calédonie est une île très riche en minerai de nickel qu’elle utilise dans ses propres fonderies, et qu’elle exporte au Japon et en Corée.

L’île traverse actuellement un ralentissement économique. Les budgets publics sont en difficulté, les régimes sociaux sont en déficit, les usines métallurgiques perdent des sommes colossales.

Par chance pour la Calédonie, et alors que les ventes de minerai sont en baisse, la Chine propose d’en acheter ! Et pas n’importe quel minerai : celui qui est inutilisable par les clients traditionnels de l’île en raison de sa très faible teneur.

imagesLe monde entier rêve de nouveaux marchés en Chine, alors même que ce pays connaît un ralentissement économique qui met à mal l’économie mondiale.

Et bien crois moi si tu veux, le monde entier sauf la Calédonie !

Que comprendre ? Par Toutatis, ils sont fous ces Calédoniens !

Metallurgix

L’UCF est bien au gouvernement

Chacun aura rectifié sur la majorité éventuelle du gouvernement pour autoriser des exportations de latérites sur la Chine : il s’agit bien des deux voix des Républicains, de celle de l’UCF représentée par Isabelle Champmoreau, et celles de l’Union Calédonienne.

 

NICKEL : ACCORD DU GTPS POUR LA CHINE-QUE VA FAIRE LE GOUVERNEMENT ?

Dans une précédente édition, nous écrivions :

« S’il (Daniel Goa médiateur-NDLR) veut réussir aux yeux des opposants aux exportation vers la Chine, il doit convaincre rouleurs et petits mineurs de renoncer à leur demande. Comment alors leur sauver la face ?
Or, peut-il faire renoncer aux rouleurs leur demande d’exportation vers la Chine ? Pas plus que de demander à Philippe Germain de tourner casaque. Mais en politique, tout n’est pas possible, mais rien n’est impossible.
Il peut en revanche « externaliser » la décision vers une assemblée de sages, genre GTPS, après que le gouvernement ait accepté de s’y soumettre pour l’intérêt général et le retour au calme.
Il peut également trouver une majorité UC-Républicains au gouvernement, qui devra alors s’y soumettre, sauvant ainsi le face du Président qui appliquerait naturellement à une « décision collégiale ».

UNE MAJORITÉ EN FAVEUR D’EXPORTATIONS VERS LA CHINE
Le GTPS, rassemblant les signataires des Accords et les présidents de Provinces a donc été l’organe externe chargé de donner un avis censé faire autorité sur la demande d’exportation de nickel vers la Chine. Cet avis n’a pas été « consensuel ». Il a été obtenu à la majorité, deux blocs s’étant dessinés : le Palika et Calédonie Ensemble d’une part, l’Union Calédonienne et les Républicains d’autre part.

Au sortir de la réunion, un report de la réunion du Comité du Commerce Extérieur Minier prévue pour ce vendredi 11 a été évoqué par le Président de Gouvernement. Réaction immédiate du syndicat des rouleurs, Contrakmine : « nous exigeons le maintien de cette réunion comme prévu dans le calendrier », déclaration agrémentée d’un rappel au risque de « nouveau conflit dans le pays ».

QUE VA FAIRE LE GOUVERNEMENT ?
Désormais, la balle est de toute façon entre les mains du gouvernement local.

UnknownEn théorie, l’addition des voix des Républicains –Cynthia Ligeard, Bernard Deladrière- celle de l’UCF Isabelle Champmoreau et celles de l’Union Calédonienne –Gilbert Tyuienon, Antony Lecren et Jean-Louis d’Anglebermes- forme une majorité.

Certains s’interrogent sur le vote éventuel de d’Anglebermes, réputé proche de Calédonie Ensemble. Mais c’est la position de Daniel Goa qui compte dans cette affaire, tout comme le Président de l’UC est à l’origine du vote de Jean-Louis d’Anglebermes en faveur de Philippe Germain à la présidence du gouvernement.

On semble donc s’acheminer vers un vote à la majorité d’une autorisation d’exportation limitée en tonnage, en teneur, et dans le temps, de minerai de nickel vers la Chine.

UN GÂCHIS ?
Si tel était le cas, on pourra légitimement s’interroger sur un tel gâchis.

D’une part, la Direction des Mines et de la Géologie a recensé un stock de 21 millions de tonnes de latérites inutilisées, inutilisables, et exportables vers la Chine, alors que la demande des mineurs et des rouleurs ne porte que sur 1 à 2 millions de tonnes. Encore faut-il préciser qu’il ne s’agit non pas de réserves, chiffrables elles en centaines de millions de tonnes, mais bien de « déchets » actuellement entreposés dans les carrières.

D’autre part, dès le début du conflit, une autorisation limitée dans le temps limitée en teneur et limitée en tonnage avait été suggérée par plusieurs intervenants, parmi lesquels les Républicains.

Mais tout n’est peut être pas joué. Dans ce cas, il faudra s’attendre à une nouvelle épreuve qui cette fois, risque d’être autrement plus dure. Et quoi qu’il arrive, le conflit et la prise de position du GTPS auront sérieusement ébranlé l’autorité et la crédibilité du gouvernement.

JOHNNY À NOUMÉA EN 2016

Johnny Hallyday a déjà, par deux fois, rencontré la Nouvelle-Calédonie. Il devrait le faire une troisième fois en 2016.

La première fois fut au cours d’une tournée effectuée du 24 février au 8 mars 1972 à Nouméa et à Tahiti. L’idole des jeunes s’était produit au Rex devant une salle comble, bien sûr. Il était accompagné de Nanette Workman, son « égérie » d’alors dont les spectateurs de l’époque se souviennent des ennuis … de jean sur scène.

Johnny à Tahiti en 1972
Johnny à Tahiti en 1972

Johnny avait fait une excursion remarquée au Turtle Club de l’île Ouen, en ce temps mémorable tenu par Kolka Muller, sur un bateau confié par une personnalité. Sur le gazon de l’hôtel, Johnny avait, avec beaucoup de gentillesse, interprété à la guitare sèche, quelques uns de ses morceaux au grand bonheur de ses fans, y compris quelques uns de la tribu de Ouara.

Il avait ensuite poursuivi sa tournée avec des représentations triomphales à Tahiti.

LAURA SMET JOUE LE RÔLE DE MISS CALÉDONIE !

Laura Smet ... Miss Calédonie
Laura Smet … Miss Calédonie

Tiens toi droite afficheLa seconde rencontre, si l’on peut dire, a été à l’occasion du film « Tiens toi droite » de Katia Lewkowicz. Dans cette comédie sortie le 26 novembre 2014, la fille de Johnny, Laura Smet dont la mère est l’actrice Nathalie Baye, incarne … une Miss Nouvelle-Calédonie un peu déboussolée.

JOHNNY AIMERAIT RETOURNER À TAHITI
Le 2 octobre dernier et alors qu’il se trouvait à Los Angeles, le plus populaire de chanteurs français de « rock’n roll attitude » s’est livré à un exercice inédit : pendant toute la soirée, il a dialogué en direct avec ses fans.

Au cours d’un échange avec une habitante de Tipaerui, en Polynésie, il a évoqué Tahiti. La question posée était celle d’une fan : «avez-vous pensé à venir faire un concert chez nous à Tahiti. Je sais que c’est petit chez nous, mais les fans, eux, sont grands». Johnny a répondu de manière très positive : «ça fait partie des endroits où je souhaiterais me produire en 2016, mais j’y travaille».

imagesSelon certaines informations, la tournée a été effectivement mise sur pied. Elle devrait se dérouler en avril 2016. Elle comprendrait Nouméa où 43 ans après, Johnny va retrouver ses fans de toujours, et ceux de la nouvelle génération.

Le Rex n’est plus, mais « la fanitude » calédonienne pour Johnny est toujours bel et bien là.

 

 

 

 

CONFLIT DES ROULEURS : QUELLE ISSUE POUR GOA ?

Curieuse Calédonie. A certains moments, l’opinion se déchaîne pour dénoncer telle ingérence du politique dans l’économie. Ou pour fustiger une trop grande politisation de tel ou tel conflit. Cette fois, les rouleurs, en conflit avec le gouvernement, ont sollicité une médiation … du Président de l’Union Calédonienne. Derrière l’arbre, la forêt.

L’UNION CALEDONIENNE EN PHASE AVEC SON PRESIDENT ?th-3
Daniel Goa avait fait acte d’autorité pour engager l’Union Calédonienne en faveur de l’élection de Philippe Germain à la Présidence du gouvernement. Pourtant, tous les élus gouvernementaux n’étaient pas présents pour le scrutin. On se souvient même de déclarations pour le moins ombrageuses du Secrétaire général du mouvement.

Puis tout était apparemment rentré dans l’ordre.

Sur le conflit des rouleurs, Daniel Goa s’est montré prudent. Pas de prise de position publique tranchée. Au congrès, lors de l’accueil des représentants de Contrakmine, et avant la sortie de l’hémicycle de Calédonie ensemble pour protester contre cette audition, Rock Wamytan et Caroline Machoro ont adopté une attitude favorable à un règlement du conflit tenant compte de l’intérêt des parties.

Mais la sortie de l’ancien Président de l’UC, Pascal Naouna, cette fois au nom de « l’UC de l’aire Paici » a montré qu’une partie du mouvement ne l’entendait pas de cette oreille. « Nous défendons la doctrine de la Province nord » a-t-il déclaré publiquement. La doctrine de la Province nord étant clairement le refus d’accorder toute autorisation, même temporaire et limitée, vers la Chine. Situation quelque peu confuse.

UN SECTEUR NICKEL AU BORD DE LA FAILLITE, AVEC LA CALEDONIE
« Alors que les hordes de barbares étaient aux portes de Rome, le Sénat délibérait ». Personne ne semble se rendre compte que la Calédonie est au bord de la faillite !

Toutes les usines perdent des milliards, Glencore vient de suspendre la réparation du second four de KNS, on évoque ouvertement d’hypothétiques reprises d’installations métallurgiques par des groupes chinois. Et le gouvernement calédonien met son veto à un marché nouveau d’exportation de minerai non traitable en Calédonie vers la Chine ! Marché qui pourra d’ailleurs être différé compte tenu de la chute des cours de matière première.

La Calédonie est-elle en plein délire ?

Elle encourt, ce que l’on pourrait appeler « le risque grec » …

SAUVER LA FACE MAIS ECHEC POUR L’UNE DES PARTIES
Si Pascal Naouna veut réussir aux yeux des rouleurs, il doit obtenir une autorisation d’exportation vers la Chine quelle que soit la forme et le contenu de cette autorisation. Mais il doit aussi sauver la face du gouvernement.

S’il veut réussir aux yeux des opposants aux exportation vers la Chine, il doit convaincre rouleurs et petits mineurs de renoncer à leur demande. Comment alors leur sauver la face ?

Or, peut-il faire renoncer aux rouleurs leur demande d’exportation vers la Chine ? Pas plus que de demander à Philippe Germain de tourner casaque. Mais en politique, tout n’est pas possible, mais rien n’est impossible.

Il peut en revanche « externaliser » la décision vers une assemblée de sages, genre GTPS, après que le gouvernement ait accepté de s’y soumettre pour l’intérêt général et le retour au calme.

Il peut également trouver une majorité UC-Républicains au gouvernement, qui devra alors s’y soumettre, sauvant ainsi le face du Président qui appliquerait naturellement à une « décision collégiale ».

Mais tout cela semble bien idéal. La sortie de crise, en l’état, sera, en réalité, un mise en échec, ou des rouleurs, ou du gouvernement.

NICKEL : DES RÉSERVES POUR 180 ANS !

Beaucoup de chiffres fantaisistes circulent sur les réserves de nickel en Nouvelle-Calédonie. La réalité montre que celles-ci sont considérables, et qu’aucune décision de protection stricte et précipitée n’est justifiée. Seul s’impose un plan de gestion selon les principes de développement durable.

Si l’on raisonne en tonnes de nickel métal, contenu dans notre minerai, deux cas de figure sont à prendre en considération : les latérites, aux alentours de 1% de métal contenu, et les saprolites, aux alentours de 2% de nickel contenu.

imgresSur cette base, les besoins d’extraction de minerai annuels du territoire doivent correspondre à une production d’environ 300.000 tonnes de nickel métal : 60.000 tonnes pour chacune des usines en Calédonie, 60.000 tonnes pour l’usine délocalisée de Corée du sud, et grosso mode 60.000 tonnes contenues dans les exportations de minerai brut.

Selon les derniers chiffres collectés par les services de la Nouvelle-Calédonie, les réserves connues de latérites et de saprolites permettent la production d’environ … 50 millions de tonnes de nickel métal !

Encore faut-il préciser que toutes les réserves du territoire n’ont pas encore été étudiées. Ce chiffre est donc en deçà de la capacité réelle de la Nouvelle-Calédonie …

Autrement dit, la Nouvelle-Calédonie, en satisfaisant ses consommateurs actuels, pourrait sans difficultés extraire, transformer, exporter son nickel pendant 180 années !

UNE CALÉDONIE SOCIALISTE ?

Pierre Frogier a lancé un pavé dans la mare en portant le conflit rouleurs/gouvernement au niveau d’un choix de société économique et sociale. Exporter un minerai inutilisable en Nouvelle-Calédonie en Chine ou ailleurs, avec en contrepartie le maintien ou la création d’emploi, ou protéger un futur monopole de société publique –comprenant certains intérêts privés-, tel et l’enjeu que le Sénateur met en relief. Liberté d’entreprendre et de commercer ou économie dirigée par des politiques et des fonctionnaires, c’est la question de fond. Commentaires.

ILS SONT FOUS CES CALÉDONIENS
Quel chef d’une entreprise tournée vers l’exportation ne se réjouirait d’une ouverture sur le plus grand, le plus convoité des marchés au monde ?

Aucun. Sauf peut être en Calédonie !

Les européens, les américains, les australiens, les néo-zélandais, les japonais font la queue pour y accéder. La monnaie chinoise a un rhume, et c’est la planète qui tousse. Les économistes observent à la loupe l’évolution de la croissance de l’Empire du Milieu. Cette année, les deux chiffres ne seront pas atteints. Inquiétude.

Vue de l’extérieur, seule la Calédonie est indifférente a ce phénomène qui a transformé le commerce mondial ces dix dernières années.

Des marchés à l’export en Chine ?

Inopportun ? Et peut être même dangereux …

Ils sont fous ces calédoniens.

UNE ÉCONOMIE DIRIGÉE … DU NORD
Dangereux pour qui ? Apparemment, pour une seule société, la SMSP. Est-ce bien raisonnable ?

Clin d’œil de l’histoire : c’est au moment où Cuba, dernier modèle d’économie totalement dirigée, est en train de se réconcilier avec les Etats Unis, et inévitablement avec l’économie de marché, que certains semblent s’inspirer … du modèle cubain.

Bien entendu, il est légitime que la SMSP possède sa propre stratégie de développement. Toutes les entreprises industrielles font de même. Qu’en revanche, elle veuille l’imposer à tout un pays rappelle les pressions de quelques grandes sociétés américaines en Amérique du sud. Dans des circonstances où les intérêts commerciaux se sont imposés aux décideurs politiques.

frogier_2Des rouleurs, des exploitants miniers exercent aussi leur activité en Province sud. Ils devront, au terme des prétentions du directeur financier de la SMSP, se soumettre au « modèle économique » de cette société.

Pierre Frogier a donc raison. « La question posée est celle des valeurs de notre modèle économique et social ».

IMPORTÉ DE MÉTROPOLE
La Calédonie a été, comme nulle part ailleurs dans la République, un pays d’entrepreneurs. Avec parfois, au bout, le succès et la fortune. Le rapport à l’argent des calédoniens n’était guère français. Il était davantage celui que les anglo-saxons entretiennent avec la réussite individuelle.

Puis, insidieusement, l’argent est devenu une sorte de gêne pour les héros de « success stories », un sujet d’envie et de jalousie pour les autres. En oubliant trop souvent que l’entreprise, c’est miser ses propres fonds, prendre des risques personnels, et non dépenser les impôts des contribuables, et faire supporter les risques éventuels par les collectivités.

Avec des gouvernements de gauche comme de droite, la France s’est progressivement engluée dans un socialisme affiché ou rampant, installée dans une détestation du capital. Ce fut l’archaïsme d’Edith Cresson alors Premier ministre, déclarant « la Bourse, j’en ai rien à cirer ».

Aujourd’hui, avec son fameux « j’aime l’entreprise », Manuel Valls a « viré sa cuti », contraint par les nouvelles règles économiques mondiales.

La Calédonie ne peut, seule, du haut de son fragile piédestal, réfuter ce nouvel « ordre économique ». Aurait-elle pourtant cette prétention ?

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