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USINES : POURQUOI LA CONFRONTATION PARAÎT INÉVITABLE

Dans le conflit qui oppose globalement les indépendantistes aux loyalistes, les possibilités de discussions raisonnables sont arrivées à leur terme. D’une part, le compte à rebours a commencé pour la mise sous cloche de l’usine du Sud, dont les propriétaires ont récemment confirmé la catastrophe éventuelle. D’autre part, les contestataires, tous indépendantistes, agitent des solutions dont la dernière est carrément farfelue, en affirmant que si « leur » solution n’était pas acceptée, ils poursuivraient les troubles et les blocages. Calédonie Ensemble essaie de se mettre en marge, en insistant sur une option de « nationalisation » temporaire, hypothèse que le ministre des Outre-mer a rejetée. Quant à la province Sud, soutenue par l’ensemble des Loyalistes, elle met en œuvre la seule solution crédible pour la reprise de l’usine du Sud. Pour empêcher sa fermeture, elle a enclenché le processus indispensable à la signature définitive de la vente de Vale NC à Prony Resources.

Ces positions sont aujourd’hui inconciliables. Or en l’absence de reprise formelle de Vale NC par Prony Resources le 12 février au plus tard, le séisme économique annoncé se produira. Et par conséquent, la province Sud, compétente en matière environnementale et minière, n’a guère le choix.

L’Etat, pour l’instant, constate que sa proposition de s’impliquer dans le capital de Prony Resources ne trouve pas d’écho auprès des indépendantistes qui pratiquent la politique de la chaise vide. Pourtant, Sébastien Lecornu a prévenu : cette « main tendue » sera l’ultime initiative. Il ne fait pas de doute que les indépendantistes n’y donneront pas suite.

A 23 jours de la fermeture possible de l’usine du Sud, chacun campe sur ses positions, mais la province Sud ayant le devoir de faire aboutir la seule option crédible. C’est donc un affrontement qui est annoncé, et qui paraît inévitable dans ce dossier fou.

La réalité, c’est que le FLNKS veut agir comme si Kanaky était déjà instaurée, et qu’il en avait la direction. Il s’agit, depuis le début du conflit, d’imposer à la province Sud -loyaliste à 80%-, les choix de la province Nord -indépendantiste à 80%-.

Or contrairement à ce que pensent fortement quelques idéologues, l’argent ne pousse pas sur les arbres. 3000 familles sans ressources, alors qu’elles en avaient, et peut être davantage tant la folie continue de déborder sur la SLN, sont autant de Calédoniens qui demanderont des comptes et pourront, à leur tout, être tentés par la violence de la colère et du désespoir.

« Nos exigences ou le chaos » est apparemment le leitmotiv des indépendantistes. En 1988, le chaos qui résultait du drame d’Ouvéa avait provoqué les Accords de Matignon. Cette fois, l’histoire ne se répètera pas. Le chaos, en 2021, risque de conduire la Nouvelle-Calédonie sur une voie radicalement inverse au « destin commun », objectif ultime des Accords passés.

Or, le contraire de « destin commun » est « destins séparés »…

LA CALÉDONIE AU BORD DE LA PLUS GRANDE CATASTROPHE ÉCONOMIQUE DE SON HISTOIRE

Tout allait pourtant bien. Le risque Covid avait été maîtrisé par l’instauration d’une quatorzaine systématique pour les arrivants sur le territoire. Puis grâce à une aide massive de la France, l’essentiel du tissu économique calédonienne avait pu être préservé. Côté SLN, la mobilisation des salariés, l’amélioration de la productivité et la remontée des cours du nickel plaçaient la société sur la voie du redressement. Côté Vale NC, après le renoncement de New Century Resources, une nouvelle entité à majorité calédonienne, accompagnée d’un géant du négoce international également industriel du nickel et des batteries a proposé une candidature pour l’heure retenue par Vale.

C’était évidemment sans compter sur les idéologues de l’indépendance. Simplement pour tenter d’imposer la prise de contrôle de l’usine du Sud par l’entité publique financière de la province Nord, une quasi-insurrection est menée, en dehors de toutes les règles de la démocratie, du bon sens économique, et de l’esprit de l’Accord de Nouméa.

Résultat : d’une situation qu’auraient pu nous envier tous les Etats du Pacifique, la Calédonie se trouve aujourd’hui au bord de la plus grande catastrophe économique de son histoire.

Elle risque de voir s’effondrer, en fin de semaine, puis dans un peu plus de trois semaines, les deux plus importantes installations minières et métallurgiques de territoire. La troisième pourrait suivre dans la foulée.

Cette catastrophe devrait provoquer l’anéantissement du système de protection sociale, et celui de la santé, tant les finances publiques sont à l’agonie. Ce cauchemar qui nous pend au nez est du à la volonté d’hégémonie d’une poignée qui a mobilisé des fauteurs de trouble.

Les Calédoniens mesurent mal aujourd’hui l’étendue du séisme qui s’annonce. Et pendant ce temps, les fonctionnaires se préoccupent de conditions de recrutement pour alourdir le poids d’une fonction publique qui risque de ne plus pouvoir être assurée.

Pour ceux qui s’interrogeaient sur Kanaky, ou qui fantasmaient sur la perspective d’indépendance, c’est comme un avant goût de ce qu’elle pourrait être.

Notamment pour les milliers de salariés des usines et des mines, des milliers de sous-traitants, et des milliers d’autres, aussi bien dans les secteurs publics que privés, dont les salaires et les traitements ne pourront et ne pourraient plus être assurés.

La province Sud tente à présent, après tout ce temps perdu, après tous ces dégâts, de consolider la reprise de l’usine du Sud et les milliers d’emplois qui en dépendent. Il reste à espérer que l’Etat saura faire respecter le Droit, les libertés, l’ordre et la Justice.

2020 a été une année plutôt horrible. 2021 risque d’être encore pire.

ENQUÊTE SANS PRÉCÉDENT : 170 INSTRUCTIONS, 70 PERSONNES INCULPÉES

Cette fois, les autorités de sécurité intérieure et de Justice ne traînent pas. Des vérités sont dites: « Ce n’étaient pas des manifestants, n’osez pas les appeler des manifestants, c’était une foule émeutière, des insurgés, des terroristes de l’intérieur. »

En une semaine, plus de 170 instructions ont été ouvertes, et déjà, 70 personnes ont été inculpées. Les autorités réalisent un travail gigantesque : l’examen détaillé de 100.000 photos et vidéos, grâce notamment à leur circulation sur les réseaux sociaux. Et ce n’est qu’un début.

Plusieurs personnes mises en cause, aux dires de leurs avocats, se défendent en invoquant les appels à se mobiliser pour réaliser les actes qui leur sont reprochés. Une stratégie de défense qui pourrait éclabousser les figures du mouvement.

L’enquête serait d’une ampleur sans précédent. Elle concernerait l’ensemble du territoire. Une carte de l’insurrection se dessine et une galerie de portraits émerge.

Mais tout cela concerne les Etats Unis et les suites données à l’assaut du Capitole. La déclaration est de Biden, pas de Sébastien Lecornu.

Toute comparaison avec notre situation locale serait évidemment hors de propos. En Calédonie, les faits n’ont pas la gravité de l’assaut du Capitole. En Calédonie, il ne s’agit que de d’entraves aux libertés, de barrages routiers, de voitures brûlées, de camions incendiés, de destruction de bâtiments, de mise en danger d’un site industriel, de déclarations menaçantes comme « pouvoir de nuisance », de « légitimité de la violence » quand ce n’est pas un quasi-appel à la guerre civile. Du fait divers banal qui pourrait, à la limite, mettre en péril tout une économie. Donc, pas de quoi fouetter un chat. Ça mérite tout juste une condamnation de 5 mois avec aménagement de peine pour qu’elle ne soit pas trop gênante.

Ici, nom d’une pipe, on n’est pas en Amérique !

On s’en est aperçu.

CES ULTRAMARINS DE CALÉDONIE QUI ONT MARQUÉ 2020

Les Ultramarins mis à l’honneur par des chaînes TV nationales sont, en général, choisis parmi des personnalités martiniquaises ou gualoupéennes. Nous avons donc choisi 12 personnalités de Nouvelle Calédonie qui ont particulièrement brillé au cours de l’année 2020, au plan national ou international, et qui sont présentées sans ordre de mérite.

Lara Grangeon – La sirène calédonienne brille toujours dans les bassins. Elle a été championne de France du 200m papillon pour la 7e fois consécutive. Une domination sans partage, mais pas que. Elle a aussi décroché une qualification pour les Jeux Olympiques en nage en eau libre.

Maxime Grousset a réalisé un exploit, toujours en natation. Il est champion de France de la discipline reine, celle du 100m nage libre. Une première dans l’histoire déjà riche de la natation calédonienne.

Sarah Hauser – la jeune Calédonienne ingénieure, mais qui consacre sa vie à la glisse sur l’eau est inscrite dans le livre des records : elle a windsurfé la plus haute vague au monde dans sa catégorie.

Emmanuel Kasarherou inscrit son nom au poste prestigieux de Président du Musée du Quai Branly. Un établissement qu’il connaît bien pour y avoir été coordinateur scientifique des collections, puis organisé l’exposition exceptionnelle « Kanak, l’art est une parole ».

Paul Barjon a brillé en golf. Cet ancien élève de Dumbéa a été admis à participer à l’US Open de Golf, une des épreuves du Grand Chelem américain, le circuit le plus prestigieux et le plus fermé au monde. Seul Pierre Henri Soero avait réussi cet exploit en 2005 en qualité de joueur amateur.

Evelyne Bégaud une calédonienne et Yves Germani PDG de BioSpeedia ont mis au point un test sanguin rapide Covid 19. A compter du 1er janvier, l’usine Delpharm Biotech à Lyon devrait produire un million de kits de diagnostic de la Covid- ​19 par mois pour le compte de BioSpeedia

Titouan Pouyo et Noïc Garioud ont décroché la médaille d’or aux championnats de France stand up paddle dans la longue distance et au sprint. Le premier est déjà une star de la discipline au plan national et mondial, le second gravit les marches vers le Graal.

Marie-Paule Trolue  a été nommée sous-préfète de Verdun le 27 novembre dernier. L’enfant du pays a quitté la province Nord où elle était Commissaire déléguée de la République pour une sous-préfecture où se sont illustrés des volontaires du Pacifique.

Gulan, avec son nouveau titre « Azizam » est revenu sur la scène de « The Voice » en mars dernier. Le chanteur Kanak avait déjà fait sensation lors de sa première compétition en impressionnant des chanteurs et des musiciens au Top.

Peato Mauvaka et Rodrigue Neti, tous deux anciens joueurs de Dumbéa, ont intégré le XV de France de Rugby. Les Calédoniens d’origine wallisienne et futunienne se sont retrouvés tous deux sous le maillot national pour affronter le XV d’Italie.

2021 : QUELLES CERTITUDES ET QUELLES INTERROGATIONS ?

L’année 2020 a été celle de la catastrophe du Covid dans le monde. La Nouvelle-Calédonie l’a surmontée de la meilleure façon en restant indemne du coronavirus. En revanche, c’est en interne que les conditions d’un chaos économique ont été fabriquées. A l’aune de cette année nouvelle, de quoi les Calédoniens peuvent-ils être sûrs et quelles interrogations demeurent ?

Les certitudes sont les plus évidentes et les plus banales. La vie va continuer, la Nouvelle-Calédonie demeure dans la République jusqu’au prochain référendum, les journées seront rythmées par le lever et le coucher du soleil. C’est peu. Deux bonnes nouvelles cependant, au titre de quasi-certitudes : la dengue a pratiquement disparu à Nouméa grâce à l’opération Wolbachia menée par la Ville, l’Institut Pasteur et l’Université australienne de Monarsh d’une part, l’accès à des vaccins anti-covid qui sera possible grâce aux commandes de la France d’autre part.

C’est dire si les interrogations sont légion ! Elles relèvent de plusieurs ordres : l’évolution de la situation sanitaire, la résolution de l’impasse budgétaire, le sort de Vale NC, celui de la SLN, l’emploi et l’économie, le devenir de la Cafat, la date du 3e référendum, la cherté de vie, le devenir du « vivre ensemble » ou encore les décisions de Justice concernant les exactions liées à la reprise de l’usine du Sud.

Comment évoluera le protocole sanitaire au fur et à mesure des vaccinations anti-covid ? Si aucune date précise n’a encore été avancée sur les premières vaccinations, on peut imaginer qu’elles pourraient s’effectuer assez rapidement. La Polynésie a annoncé la livraison de 15.000 doses Pfizer dès la mi-janvier. Comment n’en serait-il pas de même localement, même si évidemment la situation sanitaire est bien différente dans les deux territoires ? En tout cas, ce ne sont pas les vaccins qui devraient manquer, compte tenu du rythme très lent des vaccinations en métropole (moins de 400 vaccinations depuis le 27 décembre). La question que se posent les Calédoniens concerne plutôt l’évolution du dispositif sanitaire à l’entrée : maintien de la quatorzaine pour les entrants vaccinés ? Autres questions : quelles règles sanitaires d’entrée en Australie et en Nouvelle-Zélande, et quelles règles pour voyager ainsi que pour le travail des navigants à bord des avions ?

Comment résoudre l’impasse budgétaire de la Nouvelle Calédonie ? Si aucun projet de budget n’a été présenté, c’est que cette impasse est gigantesque à l’échelle du territoire. Une certitude cependant : les capacités de prélèvements supplémentaires locales seraient insuffisantes pour équilibrer les comptes. On voit mal comment, sans une intervention de l’Etat, l’écueil pourrait être surmonté.

Le sort de Vale NC est évidemment au cœur de toutes les interrogations. Un compromis de vente a été signé entre Vale et Prony Resources. Ce sont les troubles et les attentats contre l’usine du Sud qui peuvent empêcher la finalisation de cet accord. C’est donc un bras de fer, enrobé dans un contexte de « retour au dialogue », qui a été entrepris. En jeu, les emplois, bien sûr, mais également le sort de la Cafat et le séisme social et économique qui résulterait de la mise sous cloche de l’usine. Une date ? Difficile à avancer. La décision incombe à Vale qui a fixé comme échéance la fin janvier.

La SLN sera-t-elle en cessation de paiement en mars ? La mandataire ad hoc se démène pour tenter de trouver une issue positive à la situation de la société qui approche la désespérance. En cause : les blocages sur mine, empêchant un approvisionnement suffisant en cette période de forte demande de nickel, et l’absence de feu vert par le Congrès pour les exportations de minerai non traitable sur le territoire.

L’emploi et l’économie font aujourd’hui l’objet d’une navigation à vue, du moins pour certains secteurs plus touchés que d’autres. Pour l’emploi, les interrogations concernent sa pérennité à Vale NC et à la SLN, et peut être à KNS.  Si l’une ou plusieurs de ces entreprises fermaient, la Calédonie subirait, de toute façon, un séisme économique, social et politique dont on peut mal mesurer les effets. Notre économie, hors nickel, se porte du mieux qu’elle peut en crise Covid, à l’exception du tourisme international, des croisières et du transport aérien international. L’arrivée des vaccins anti Covid va contribuer à débloquer cette situation. Les croisières pourraient reprendre en 2022, mais dans quelles conditions ? Quant au tourisme international et aux voyages, le redémarrage, en cours d’année, devrait être timide avec, prétendent les experts, un retour à la normale en 2024.

La Cafat est au bord du gouffre, mais cette situation n’est pas nouvelle. Disons qu’elle s’en rapproche. Un plan existe pour un retour progressif aux équilibres financiers, pour l’assainissement de la gestion, et pour la mise en place d’une gouvernance plus vertueuse. Mais quand ? Ce sont les élus du Congrès qui pourront, ou pas, dépasser les divisions intestines et enfin, décider.

Le troisième référendum en 2021 ou en 2022 ? Dans un contexte ultra-compliqué de conflit sur l’usine du Sud, de devenir de la SLN, d’entrée en campagne pour les élections présidentielles françaises, on voit mal un référendum en 2021. Ou l’inverse.

Les progrès pour améliorer la situation des prix en Nouvelle-Calédonie sont possibles, mais seront-ils mis en œuvre ? Le rapport produit sur le sujet par l’Autorité de la Concurrence calédonienne est sans précédent par l’étendu de son analyse, et les recommandations proposées. Mais comme le souligne le dit rapport, ce sont désormais les élus qui ont la suite en main.

Quelles décisions de Justice pour les auteurs et les responsables de exactions de la fin 2020 ? Quelques auteurs ont été traduits devant les tribunaux. Mais reste ceux dont l’identification et l’arrestation sont encore à venir. Les faits les plus graves sont les incendies à caractère criminel ayant pour cible les installations de l’usine du Sud. Ils ont mis des vies en danger. Lorsque les auteurs seront jugés, quel degré de sanction leur sera appliqué ? Reste enfin les responsables, les véritables donneurs d’ordre, tant il est vrai que le caractère spontané de ces violences est, au minimum, douteux. Seront-ils mis en cause, en cas de responsabilité avérée ?

Le « vivre ensemble » est-il devenu une ambition ou une obligation ? 2020 a cristallisé une quasi-rupture sociologique, déjà constatée lors des deux premiers référendums, et illustrée par les auteurs des barrages et des exactions. Les semaines et les mois qui viennent apporteront une réponse à ce qui fut une des grandes ambitions des Accords de Matignon et de Nouméa.

Les autres interrogations liées au contexte local de 2020 sont nombreuses, mais relèvent des questions sectorielles. En revanche, les gens de bonne volonté se demandent simplement si en 2021, ils verront éclore l’espoir d’un renouveau calédonien, celui de construire au lieu de détruire.

UNE ANNÉE DE NAUFRAGE POUR LA CALÉDONIE : 2020 L’AN COULÉ (Annus Horribilis …)

Pas de doute pour le Philosophe du Bord de Mer : « 2020 a été une année de merde ! ». Elle a montré la faiblesse du « processus fascinant » (Edouard Philippe) d’un Accord de Nouméa désormais dépassé, et le visage destructeur de la quête indépendantiste. Le résultat : une exceptionnelle situation de « Covid free » … qui a permis l’expression de la plus stupide des violences : l’atteinte aux outils de travail métallurgiques provoquant l’effondrement économique et la cassure raciale de la Nouvelle-Calédonie.

Tout n’avait pourtant pas mal commencé, avec des décisions permettant de maintenir le virus hors de nos frontières dès la fin mars. Mais déjà pointait le conflit : l’UC qui demandait le départ du Haussaire et du général Commandant Supérieur des Forces Armées, et un Sénat Coutumier qui se prenait pour un genre de conseil constitutionnel. Le pire restait à venir.

Certes, il y a eu, en octobre, le second référendum qui, pour la seconde fois, a confirmé la volonté d’une majorité d’électeurs de demeurer dans la France. Les tenants de l’indépendance ont tout de même gagné du terrain. Pour montrer quelques semaines plus tard ce dont ils sont capables …

Pour l’avenir d’un pays, les perspectives économiques sont le fondement essentiel. Dans notre système, record du monde de la redistribution de la richesse produite, ça l’est encore plus. Les partis communistes ont du se résoudre à cette vérité incontournable, et se mettre au diapason de l’économie de marché. Sauf quelques pays dans lesquels la population est sacrifiée : la Corée du Nord et le Venezuela. Il faudra y ajouter Kanaky.

Développement ou violence : le choix a été la violence. En voulant imposer la « doctrine nickel » du Nord pour le sauvetage de 3000 emplois dans l’usine de Prony, les indépendantistes, incapables de présenter une alternative économique et financière crédible, ont opté pour la violence. Ainsi, l’année 2020 s’est égrenée au rythme de l’échec de la reprise de Vale NC par l’australien New Century Resources, et de la contestation du compromis signé avec Prony Resources, pourtant à 50% calédonien. Et surtout, incendies dans l’usine de Vale NC, barrages, destructions par le feu, menaces, insultes, sont désormais porteurs d’un effondrement de toute la Calédonie. Comble de la stupidité : les contestataires s’en sont pris à la SLN dont le dépôt de bilan pourrait survenir en mars.

L’idéologie a laissé de côté l’intérêt du peuple. Que deviennent les salariés, les familles concernées par le malheur à leur porte ? Le FLNKS a apporté une réponse aussi limpide que cinglante : « Tant pis ». C’est toute l’architecture d’un Etat totalitaire qui se dessine : une caste de dirigeants, décidés à faire respecter les Tables de leur doctrine quoi qu’il en coûte, et une population dont le seul choix est de subir. Beau programme.

L’argent ne pousse pas sur les arbres, et les finances publiques sont au plus mal. C’est une vérité économique et sociale toute simple que l’on devait enseigner dans toutes les écoles du totalitarisme : la richesse d’un pays est produite par son économie, et se traduit par des ressources fiscales permettant la redistribution budgétaire au profit de la solidarité. Par les opérations de destruction économique, venant s’ajouter à la catastrophe du Covid, les indépendantistes ont contribué à tarir les sources fiscales. Résultat : pas de budget général, des budgets provinciaux provisoires, une Cafat en péril, une Santé au bord du précipice. Et un Sénat Coutumier qui se plaint du manque de budget.

Pour 2021, un seul salut : la France. Cruel réveil indépendantiste pour sortir la Calédonie des sables mouvants dans lesquels elle s’enfonce : seul l’Etat sera en mesure d’éviter le pire, même si celui-ci n’est pas forcément survenu. Entendons nous bien : pas l’Etat souverain revendiqué par certains, aujourd’hui sans le sous, sans économie solide, mais bien l’Etat dont la Nouvelle-Calédonie fait partie, la France.

Mais la France ne pourra pas tout. Elle ne peut porter seule le fardeau de l’usine du Sud, de la SLN, et peut être bientôt, de l’usine du Nord. Il faudra bien qu’une majorité de la population calédonienne y mette du sien, après avoir adopté, en 1998, une autonomie sans équivalent dans la République. Un jouet trop sophistiqué pour des enfants gâtés ?

En cette fin d’année, les barrages et les entraves portent préjudice aux habitants de Yaté, commune peuplée à près de 100% par des Kanak, et à près de 100% indépendantiste. Quelle illustration du naufrage de 2020, une année à l’image du Titanic, un « An coulé ».

COMMENT AVOIR DES MÉDECINS DANS LE NORD ? NE PAS BRÛLER LEUR VOITURE …

Pour pallier le manque de médecins, notamment dans le Nord,  faut-il autoriser la venue de praticiens de la zone, des Australiens, des Néo-Zélandais, des Fidjiens ? Il suffit d’observer les faits divers pour écarter le déni de réalité et se faire une opinion raisonnable …

Le dernier de ces faits divers concernant un médecin, c’est le vol et l’incendie de son véhicule dans la nuit qui a suivi Noël (info RRB). Dans d’autres cas antérieurs, il s’est agi de cambriolages, et parfois même, d’agressions physiques. Une super pub pour venir exercer en Nouvelle-Calédonie !

Il s’avère, d’ailleurs, que les médecins australiens et néo-zélandais sont mieux payés. On ne voit pas très bien pourquoi ils viendraient prendre des risques dans le Nord, et le cas échéant, aux Iles ? Reste quelques Fidjiens, peut être. Il est vrai que l’offre est alléchante : véhicules brûlés, maisons saccagées, coups de poing …

Certes, on peut imaginer que les médecins australiens, néo-zélandais et fidjiens ne lisent pas le français. Donc, ils pourraient venir sans être vraiment au courant. Mais dans ces conditions, comment feraient-ils pour communiquer avec les patients ? Un diagnostic par signes, des dessins sur un cahier, un interprète agréé ?

C’est comme pour les investisseurs. Investissez chez nous : blocages garantis, incendies assurés, cambriolages certifiés. On pourrait ajouter : Tentez l’expérience Kanaky, un pays en devenir …

LA CALÉDONIE PROCHE DU « BIG BANG » EN CETTE FIN D’ANNÉE

Indemne du Covid, bénéficiant de l’aide de la France pour surmonter ses difficultés budgétaires et économiques, disposant d’un repreneur crédible pour la reprise de l’usine du Sud, la Nouvelle-Calédonie pourrait être un exemple de résilience et de développement dans le monde. Au lieu de cela, l’accumulation des contestations, des violences, des actions irréfléchies, lui font terminer l’année non loin d’un Big Bang mortifère.

C’est tout l’édifice économique, social et budgétaire qui risque de s’écrouler en cette fin d’année. Les faiseurs de troubles semblent ignorer que les équilibres d’un petit pays comme la Nouvelle-Calédonie sont fragiles. D’ailleurs, sans l’aide de la France, le territoire serait déjà plongé dans une grande tourmente.

L’économie du nickel est fragile. Koniambo tourne au ralenti et continue d’accumuler des pertes. La SLN, on le sait, est sous perfusion. Quant à Vale NC, en contestant des procédures de commerce légales, en semant une violence qui a provoqué l’arrêt de l’usine de Prony, les indépendantistes ont mis en péril, non seulement le processus de rachat, mais également les fondements économiques de la Calédonie. Demain, tout le secteur métallurgique pourrait s’écrouler.

Notre économie est fragile. Hors le nickel, elle repose en grande partie sur la consommation. Que celle-ci chute, et la production locale chutera. Ne resteront que les filières de production et de distribution alimentaires.

La situation de l’emploi est donc fragile. Il est difficile d’imaginer l’impact direct d’un séisme métallurgique, et ses conséquences indirectes et induites. 3000, 15.000, 20.000 emplois peut être sont en jeu. De quoi mener tout un pays à la ruine.

La situation de nos comptes sociaux est fragile. Elle ne date pas d’aujourd’hui, mais une catastrophe économique signerait d’effondrement de la Cafat. Cela signifie, en clair, le fonctionnement des établissements de santé, le remboursement des professionnels de santé, les remboursements liés à la couverture sociale et le régime de retraite.

La situation des finances publiques est fragile. Celles-ci n’ont du leur salut, en 2020, qu’à un prêt, dans des conditions très favorables, accordé par la France. Que l’économie s’effondre, et les ressources publiques s’effondrent. La déflagration serait générale : la Nouvelle-Calédonie, les provinces, les communes, les établissements publics, les associations seraient en rupture, et de paiement, et de trésorerie. Et déjà, faut-il le rappeler, la Nouvelle-Calédonie se trouve dans l’incapacité de présenter un projet de budget équilibré.

La cohésion sociale est fragile. Elle a déjà été durement, et peut être durablement, ébranlée par les deux référendums et l’explosion de violence au dernier trimestre. Le racisme s’est dévoilé. La Calédonie est clairement divisée en deux blocs. La perte d’emplois, les restrictions sociales, l’absence d’avenir transformeraient les fractures en abysses.

Ce n’est pas de la fiction : le Big Bang est aux portes de la Calédonie. Qui peut contester la réalité de ce qui précède ? Les patrons des usines ? Le directeur de la Cafat ? Les responsables budgétaires ?

Tout cela, d’ailleurs, n’est pas sans conséquences politiques. Hors les consignes des partis et la résolution des fanatiques, le citoyen lambda, indépendantiste ou pas, est capable de se forger lui même une opinion. Car il peut constater par lui-même la dévastation générée par les idéologues indépendantistes, parce qu’il va en subir les effets pour lui, pour sa famille, pour ses enfants.

D’un autre côté, il peut constater par lui-même qu’aux portes de la catastrophe, tout le monde appelle l’Etat à l’aide. Et l’Etat, c’est la France.

INCENDIES, ENTRAVES, DÉGRADATIONS : FAIRE PAYER LES AUTEURS ET LES RESPONSABLES

Les énormes dégâts résultant des exactions conduites ces dernières semaines se chiffrent par milliards. Les réparations vont-elles uniquement échoir aux cochons de contribuables métropolitains et calédoniens, ainsi qu’aux acteurs économiques spoliés ?

La France est un Etat de droit, et la Nouvelle-Calédonie est une collectivité de la République. Face à ces dommages, des plaintes ont été déposées. La Justice devra passer.

Certes, les procédures seront parfois longues. Elles nécessiteront d’abord l’identification des auteurs. Mais il est important, également, que les donneurs d’ordre subissent leurs responsabilités. Outre les éventuelles condamnations correctionnelles ou pénales, les victimes auront droit à des réparations pécuniaires.

Les auteurs et les donneurs d’ordre seront-ils solvables ? Beaucoup, certainement, le seront.

Ils doivent réparation à la société dans laquelle ils vivent, en grande partie grâce aux impôts que paient les contribuables de tous ordres, en Nouvelle-Calédonie comme en métropole. Ils doivent également réparation aux travailleurs indépendants, aux entreprises, petites ou grosses, dont le labeur et les investissements procurent du travail aux Calédoniens, et subviennent ainsi aux besoins de leurs familles.

A quelque niveaux qu’ils soient, et qu’ils soient « puissants ou misérables », que pour eux aussi passe la Justice.

UN HAUSSAIRE QUI PARLE UN LANGAGE CLAIR

Intervention remarquée, hier soir, du Haut Commissaire interrogé sur le plateau de NC1ère. Pas de langue de bois pour Laurent Prévost. Il s’est réjoui, bien sûr, pour les Calédoniens et pour les responsables publics de l’apaisement qui semble intervenir dans les troubles actuels, rappelant que « la logique qui doit prévaloir, c’est celle des discussions, de la négociation, du temps pris pour trouver une solution à cette crise ».

PROFESSIONNALISME ET SANG FROID DES FORCES DE L’ORDRE
Sur ce qui aurait du être fait, le Haussaire a préféré parlé de « ce qui a été fait« . L’action de la gendarmerie et de la police, en concertation, chaque fois que cela était possible ou nécessaire, avec les responsables locaux, et l’accompagnement au retour du dialogue. Le représentant de l’Etat n’a pas manqué, d’ailleurs, de rendre hommage « au professionnalisme et au sang-froid » des forces de l’ordre.

Lui même, d’ailleurs, a du affronter des situations difficiles. Il était en poste à la Région Martinique lors des troubles liés à la cherté de vie dans le département, en début des années 2010. Il a ensuite assuré la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la … Gestion des Crises au ministère de l’Intérieur en 2014. Un parcours pour le moins solide.

PROCÉDURES ET INTERPELLATIONS
Sur le reportage présenté sur les faits de la semaine, le Haut-Commissaire estimant qu’il « mélange beaucoup de choses », a précisé sans détour, et utilement, les principes de l’Etat de droit. … »Oui, le droit de manifester est reconnu »… »Oui le droit de grève est reconnu » … « en revanche, les dégradations, les violences, les blocages, ce sont des faits contraires à la loi et qui donnent lieu à des procédures, à des interpellations quand c’est possible, et ensuite à des enquêtes, quitte à procéder à aller chercher les auteurs des faits plus tard« …

QUALIFICATIONS PÉNALES D’APPELS À LA VIOLENCE
« Le fait de publier sur Facebook » … »des propos qui peuvent s’apparenter à des appels à la violence, ou qui semblent légitimer le recours à la violence comme on a pu le lire ou même l’entendre sur votre antenne il y a peu de temps, les propos qui indiquent qu’on est prêt à la guerre civile qui ont été publiés par des responsables publics il y a quelques jours, tout cela est inacceptable. J’ai d’ailleurs transmis au Procureur de la République l’ensemble des propos, des déclarations, d’où qu’ils viennent, qui émanaient de responsables publics, pour qu’il puissent regarder si certains de ces propos, certaines de ces vidéos, relevaient de qualifications pénales » …

REPRENDRE LES DISCUSSIONS
Concernant « l’assaut » de l’usine de Prony, si la priorité était la protection des personnes, il n’empêche que des procédures seront conduites sur la base, notamment, des documents existants, videos, photos, pour identifier les auteurs.

Sur les usines, « les trois usines ne vont pas bien« , a rappelé le représentant de l’Etat. Indiquant par là-même que celle de Koniambo est également en situation financière difficile. Et que la filière nickel est soutenue massivement par l’Etat et donc « par le contribuable national » …

Plutôt que « la politique du pire« , Laurent Prévost a conclu en appelant tous les responsables, « élus, coutumiers » avec l’Etat, à rechercher les voies et moyens de reprendre les discussions pour sortir de la crise. Un message fort et clair du représentant de la République en Nouvelle-Calédonie.