Archives pour la catégorie Société

LES PARTIS INDÉPENDANTISTES INERTES FACE À UNE DÉLINQUANCE QUI PORTE DÉSORMAIS ATTEINTE À LA SOCIÉTÉ KANAK

Les partis indépendantistes kanak seraient-ils bien inspirés de s’associer à la lutte contre la délinquance, notamment chez les jeunes ? Certainement. Car cette délinquance a déjà atteint des espaces sociaux kanak, et entreprend de s’attaquer aux Iles, jusque là, relativement préservées. Se retrancher derrière « les conséquences de la société coloniale » pour justifier une forme d’inertie dans cette lutte aura des conséquences graves sur la société kanak. Les espaces urbains vont résoudre, un jour ou l’autre, la montée de la délinquance. Mais quid des espaces coutumiers ? Laxisme.

AUCUNE PRISE DE POSITION
Depuis la fin des années 90 que monte la délinquance en Nouvelle-Calédonie, les partis indépendantistes se sont refusés à prendre officiellement parti pour la lutte répressive contre la délinquance. Aux mesures proposées, en général par les partis loyalistes, ils ont, en permanence, exprimé des réserves, se bornant à réclamer davantage de prévention plutôt que la répression.

Certains responsables, comme Harold Martin à Païta, ont même suggéré que cette délinquance était soutenue par la mouvance séparatiste pour des raisons politiques.

« LA TRIQUE » N’ÉTAIT PAS DE LA PRÉVENTION
Pourtant, dans le monde coutumier, la prévention était le fruit de l’éducation coutumière. On y expliquait les risques encourus en cas de transgression des règles. La société kanak n’était guère permissive. La punition par « la trique » était une sanction plutôt légère. On peut reprendre les écrits sur les terribles punitions de l’adultère ou du vol. Tout ne réglait pas par « une coutume de pardon ». Les délits commis par des étrangers kanak, et même parfois, des affronts, se soldaient souvent par des guerres et des morts.

DISPARITIONS DE L’ÉDUCATION À LA COUTUME ET DES SANCTIONS COUTUMIÈRES
Aujourd’hui, l’éducation coutumière a pratiquement disparu pour la plupart des enfants kanak. Ils vont à l’école dès le plus jeune âge, au lieu d’être aux côtés de leurs tontons jusqu’à l’âge adulte, pour connaître tout des règles sociales du clan et de l’aire coutumière.

Les sanctions, elles, ont pratiquement disparu. La faute, d’ailleurs, à la nouvelle société issue de la période coloniale passée comme des règles actuelles, qui punit les auteurs d’atteintes corporelles.

LES PARTIS KANAK INDÉPENDANTISTES N’ONT PAS SU S’ADAPTER
Devant la montée de la délinquance, notamment chez les jeunes Kanak, les partis indépendantistes kanak ont plutôt choisi, tout en rendant « les autres » responsables de cette dégradation, de donner des leçons.

Celles-ci, en général, tout en s’adressant aux partis loyalistes et à l’Etat, se sont bornées à appeler à une prévention ciblée. Et parfois, en justifiant les actes délictueux.

Or, ils ne se sont pas aperçus que dans les provinces qu’ils gèrent, la société kanak elle-même est agressée par les jeunes délinquants.

DÉGRADATION DE LA SOCIÉTÉ KANAK AUX ILES, AU NORD ET AU SUD
On connaît, depuis près de 3 décennies, les dégâts causés par la délinquance au sein même de la « tribu » de Saint Louis. Depuis, en passant par Bangou et Thio, la délinquance s’est propagée dans des espaces coutumiers authentiques, au Nord, notamment à Canala et à Houailou.

Dans certains régions, plus isolées, « la coutume tient bon ». Au Nord Est, au Nord, ou au Nord Ouest notamment.

Aujourd’hui, ce sont les Iles qui sont atteintes.

UNE DÉLINQUANCE DANS UN MILIEU PUREMENT KANAK INDÉPENDANTISTE
Aux Iles, il sera difficile de botter en touche dans les tribunes du colonialisme, dans le domaine de la délinquance. La région n’a guère subi de colonisation foncière, et, à la Province, aucun élu loyaliste ne siège !

TENTATIVE DU SÉNAT COUTUMIER
Certes, ces récents actes de délinquance dont le Lycée de Wé a été victime ne sont pas encore des faits perpétrés à grande échelle. Mais il n’empêche : la gangrène est présente.

Seul, peut être, le Sénat Coutumier a voulu lancer des signaux d’alerte. En proposant la reconnaissance du socle des valeurs kanak, il a inclus, dans cet exercice, une forme de lutte contre les risques de délinquance.

En vain. Les Kanak, eux-mêmes, n’ont guère prêté attention à ce travail intéressant.

Dans cette évolution néfaste, sur fond de cannabis et d’alcool, la société kanak risque d’être un peu plus abimée.

Sous peine d’endosser une lourde responsabilité, les partis indépendantistes kanak, doivent se poser la question des conséquences de la délinquance sur l’identité kanak, une identité qu’ils prétendent porter.

MAIRIE DE BOULOUPARIS : LE CHAMPION VA PASSER LA MAIN

Il a d’abord été connu pour ses exceptionnelles performances sportives : Alain Lazare, avant d’être le maire estimé de Boulouparis, a été un très grand champion. Sa discipline : une des plus difficiles, l’épreuve reine venant de l’antiquité, clôturant les Jeux Olympiques, le marathon.

Fin des années 70. Le Calédonien s’entraîne avec une rigueur et une constance d’autant plus remarquables qu’il le fait pratiquement en solo. A force de persévérance, et faisant preuve d’un talent hors du commun, il accumule les médailles aux Jeux du Pacifique, et devient champion de France en 1983 et 1986.

Points d’orgue de cette prestigieuse carrière, il participe aux Jeux Olympiques en équipe de France par deux fois, en 1984 à Los Angeles et en 1988 à Séoul. Il ne terminera pas cette dernière épreuve, mais sera médaillé de bronze à la Coupe du monde de marathon.

En 1984, à Tokyo, il inscrit son nom aux tablettes des records de France, un record aujourd’hui détenu par Benoît Zwierzchiewski.

C’est ce sportif hors norme qui prendra les rênes de la commune de Boulouparis en 1995, après en avoir été le Secrétaire général. Il a marqué de son empreinte de nombreuses réalisations communales comme la traversée du village, requalifiée et paysagée, la création du centre culturel à l’architecture originale, la réfection du wharf de Tomo ou encore le jumelage de la commune avec celle de Biloela dans le Queensland.

En 1997, avec son équipe, il crée la Fête du Cerf et de la Crevette devenue, près de l’hippodrome, un rendez-vous incontournable de la brousse calédonienne.

Quatre ans plus tard, il devient membre du gouvernement, puis occupera, en 2011, la fonction de 1er Vice-président de la province Sud, également Conseiller au Congrès depuis 2009.

Alain Lazare a désigné son dauphin qui n’est autre que son fidèle premier adjoint, Jérôme Siret, exploitant agricole, investi dans les associations sportives et les activités rurales.

Le maire-ancien champion de marathon va passer la main en 2020, après 4 mandats de premier magistrat de la commune. Un marathon électif conduit, comme sur les parcours de sport, avec beaucoup de panache.

GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE : UN STATUT DÉPASSÉ

SEULEMENT DEUX GRANDES FORMATIONS POLITIQUES
Le mode d’élection du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a été choisi à un moment où deux grandes formations dominaient la vie politique locale : le FLNKS et le RPCR. En adoptant un scrutin de liste à la proportionnelle, les deux signataires savaient que le gouvernement comporterait une majorité RPCR, mais étaient assurés que le second signataire participerait au fonctionnement de l’institution.

RECHERCHE DU CONSENSUS ET RÈGLE MAJORITAIRE
Au delà de la règle majoritaire, admise par les parties, l’esprit qui prévalait à la mise en place du 1er gouvernement local reposait sur la recherche du consensus, comme cela avait été le cas pour les Accords de Matignon et de Nouméa. Cette recherche, labellisée par le terme de « collégialité », avait été implicitement conclue pour le fonctionnement de l’institution. En l’absence de consensus, bien entendu, la règle majoritaire allait de soi.

L’ÉCLATEMENT DES 2 GRANDS BLOCS CHANGE LA DONNE
Les signataires ont-ils pêché par excès de confiance dans le maintien durable de 2 seuls grands blocs ? C’est aujourd’hui certain. L’éclatement de ces deux grandes formations a bouleversé la donne. Peu à peu, le jeu des partis a pris le dessus. De négociations et chantages, le gouvernement a versé dans l’instabilité. En l’absence de majorité, les partis charnières font la loi. Ce n’est, ni illégal, ni anti-démocratique dans l’état juridique actuel de nos institutions.

L’INSTABILITÉ MÊRE DE TOUTES LES DÉRIVES
Pourtant, l’instabilité est la mère de bien des dérives. Dans le système électoral provincial inégalitaire qui est celui du territoire, elle peut conduire à l’impossibilité de mettre en œuvre une gestion souhaitée par une majorité d’électeurs !

Après les impérities de la 4ème République, la stabilité des Institutions constitue un fondement de la Constitution actuelle. Ce souci de stabilité s’est exprimé jusqu’à la mise en place automatique de majorités de gestion dans les communes -de plus de 3500 habitants, puis plus récemment, de plus de 1000 habitants-, avec l’attribution des 50% des sièges à la liste ayant obtenu le plus de suffrages, puis la répartition des sièges à la proportionnelle pour les 50% restants.

10 PARTIS POLITIQUES AU GOUVERNEMENT
Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie comprend aujourd’hui 10 partis politiques contenus dans 3 regroupements ! Quel pays au monde peut dire mieux ? Ou pire …

Certains prétendent que cet émiettement serait plutôt vertueux. Selon eux, il obligerait les partis à discuter puis à s’entendre. C’est un point de vue.

RÉFORME NÉCESSAIRE QUAND LE TEMPS SERA VENU
Les résultats d’une telle pratique ne sont pourtant guère concluants : ils ont conduit à la situation catastrophique que connaît à présent la Calédonie. A l’évidence, et comme la politique n’est pas le royaume des Bisounours, le système devra évoluer lorsque le temps d’une telle décision sera venu.

Personne, évidemment, ne voudra remettre en cause la participation des indépendantistes au gouvernement en cas de majorité non-indépendantiste et réciproquement. Resterait donc à imaginer un nouveau dispositif conciliant cette exigence avec le nouveau paysage politique local. Après le 3ème referendum ?

LE « PHÉNOMÈNE » REQUINS EN CALÉDONIE

Depuis l’attaque mortelle de requin à Poé, une vigilance accrue appuyée par des moyens qui n’existaient pas au siècle dernier, a permis de détecter la présence de requins en plusieurs endroits de Calédonie. Mais la question qui se pose est celle de l’augmentation de cette présence ou pas. Avec une seconde interrogation : les squales sont-ils devenus plus agressifs. Début de psychose.

POURQUOI ?
Le drame affreux survenu à la marina de Port du Sud, auquel s’est ajouté, quelques jours plus tard, celui du récif Cook, à l’est des iles Belep, a choqué l’opinion publique autant que les autorités. La crainte des requins est d’autant plus prégnante que le danger est supposé, alors même qu’il n’est pas visible.

L’observation de la présence d’un requin à la baie des Citrons et dans la rivière Dumbéa ont évidemment provoqué, lundi, l’interdiction immédiate de baignade en ces lieux. Et alimenté, probablement à juste raison, la crainte des requins.

Ces constats, autant que les attaques successives, suggèrent plusieurs lancinantes questions. Les requins sont-ils plus nombreux dans nos eaux et surtout, dans nos baies et nos rivières ? Quelles seraient les causes de ce phénomène ?

ON PÊCHAIT LE REQUIN EN GRANDE RADE
C’est une lapalissade que d’affirmer que les requins ont toujours été présents dans les eaux du lagon. Après tout, la mer est leur élément naturel. Les Nouméens se souviennent des requins pêchés dans les rades, et montrés comme des trophées ; une pêche désormais interdite. Pourtant, tout laisse à penser qu’ils sont de plus en plus nombreux. Même dans les marinas !

PLUS NOMBREUX
Lors de la capture du requin bouledogue après le récent drame de Nouméa, des témoins de l’événement ont pu observer la présence d’un requin tigre, attiré par le sang. A l’évidence, les squales sont plus nombreux à roder. Pour quelles raisons ?

Selon certains connaisseurs, les drames de Nouméa et du récif Cook ont des causes différentes. La présence de squales dans le nord du territoire est naturelle. En revanche, celle, accrue, dans les baies de Nouméa serait une conséquence du développement urbain de la ville.

LES CAUSES D’UN « SÉDENTARISATION » : NOURRISSAGE ET MOUILLAGES SAUVAGES
A plusieurs reprises, déjà, la « sédentarisation » des requins a fait l’objet d’informations. La première d’entre elle concerne le « nourrissage » des requins.

Il s’agit d’abord du rejet, à l’eau, des restes de poissons qui peuvent être « vidés » régulièrement dans certains lieux, et même dans des marinas. S’ajoute à cela le rejet à la mer d’aliments susceptibles d’intéresser les squales. Ce nourrissage presque régulier, au retour d’une sortie ou d’une partie de pêche provoque des habitudes opportunistes de « visite » des requins.

Il s’agit ensuite du nombre de plus en plus important de bateaux, habités et en mouillage sauvage, notamment à la baie de l’Orphelinat. Depuis quelques mois, quelques bateaux ont même élu domicile … à la baie des Citrons.

Ces deux évolutions, liées à l’augmentation de la population, seraient les causes de la « sédentarisation » des requins à Nouméa.

PAS D’OBLIGATION DE RÉCUPÉRATION DES EAUX GRISES
Les autorités responsables n’ont toujours pas imposé à ces bateaux ce qui est courant dans tous les ports organisés du monde : l’obligation de stockage à bord des eaux grises. Cette contrainte empêche des rejets à l’eau, et améliore, ce qui est hautement souhaitable, les conditions d’hygiène des dites baies.

Cette mesure devrait être accompagnée d’une forte recommandation de ne rien jeter à l’eau, et notamment, ce qui pourrait constituer une nourriture pour les requins.

ADOPTER DES MESURES DE FOND
Au delà des simples interdictions de baignade, mesures de formes, il serait donc urgent d’adopter des mesures de fond.

Celles liées, d’une part, aux bateaux en situation de mouillage sauvage, et probablement par la construction rapide de nouvelles marinas, et d’autre part, celles liées au comportement des plaisanciers pêcheurs.

Restera ensuite à se pencher sur la situation des squales sédentaires.

EXÉCUTIF DES PROVINCES : PROPORTIONNEL OU MAJORITAIRE ?

En démocratie, la règle est celle de la majorité pour assurer la cohérence de la gestion des affaires publiques. En l’absence de majorité, les partis politiques en composent une au moyen d’alliances. Ce sont les majorités de coalition. Et parfois de circonstance.

L’absence de majorité entraîne en général confusion et difficultés de gestion. C’est à la suite de ce constat qu’a été bâtie la Constitution de la 5ème République, apportant une stabilité dans les institutions françaises, et mettant fin aux désordres de la 4ème République.

MAJORITÉ IMPOSÉE DANS LES COMMUNES
Pour la bonne administration des communes de plus de 1000 habitants, le mode de scrutin à deux tours garantit que chaque ville est administrée par une majorité de plus de la moitié des élus, et donc, la composition d’un Exécutif municipal majoritaire et cohérent.

UN GOUVERNEMENT ÉLU À LA PROPORTIONNELLE
La Nouvelle-Calédonie, pour des raisons liées à la paix civile, a disposé, en 1998, d’un gouvernement élu à la proportionnelle permettant à tous les partis politiques disposant d’un groupe au Congrès d’être présent au sein de l’Exécutif local. Ce système est unique au monde, et il n’avait que pour objectif celui de permettre aux indépendantistes d’y participer.

Car en 1998, deux partis principaux étaient représentés au Congrès. Le dispositif permettait alors d’installer une majorité cohérente dans le gouvernement, et d’en assurer un fonctionnement rationnel. Mais, au delà d’un objectif affiché de recherche de consensus entre les deux partis, la règle demeure, en cas de désaccord, celle de la majorité.

COLLÉGIALITÉ :  LA TARTE À LA CRÈME
À cette occasion, le terme de « collégialité » a été sacralisé. On lui a attribué des vertus particulières, et le mot est parfois utilisé à toutes les sauces ! La réalité, d’abord, c’est que « La collégialité est un système de gouvernement ou de direction d’un Etat, d’une société, d’une association, d’un groupe de personnes (le collège) où tous les membres ont le même statut, le même pouvoir, et assument les décisions prises à la majorité. »

Aujourd’hui, la composition du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ne permet plus un fonctionnement cohérent de l’institution, en raison de sa composition devenue hétéroclite avec la multiplication des partis siégeant au Congrès.

Or, cette composition ne résulte pas d’une règle autre que celle d’une élection à la proportionnelle. Aujourd’hui et compte tenu de la « balkanisation » politique du territoire, elle est d’ailleurs considérée comme inadéquate, et porteuse de risque pour la stabilité et le fonctionnement démocratique du gouvernement.

SYSTÈME MAJORITAIRE POUR LES PROVINCES
Pour les provinces comme pour les communes, il en va tout autrement.

Les communes de plus de 1000 habitants sont assurées, comme on l’a vu, de disposer de majorité stable et cohérente.

Pour les provinces, tout dépend du résultat des élections. Lorsqu’une majorité s’en dégage, l’Exécutif de la province est naturellement l’émanation de cette majorité, comme dans toutes les assemblées du monde. Et lorsque ne se dégage aucune majorité, une ou des alliances se forment pour en construire une. Dans ce dernier cas, chaque partenaire de l’alliance négocie évidemment des postes de responsabilité.

L’histoire politique récente de la Nouvelle-Calédonie illustre cette règle.

MAJORITÉ RPCR ABSOLUE EN 1990
Lors de la première installation des provinces en 1990, par exemple, le RPCR a naturellement composé l’Exécutif de la province sud parce qu’il y disposait de la majorité absolue.

EN 2004, L’AVENIR ENSEMBLE « PREND TOUT »
En 2004, l’Avenir Ensemble, avec, pourtant, seulement 19 sièges à l’assemblée de la province Sud, et 16 sièges au Congrès, à égalité avec le RPCR, avait trusté toutes les institutions. Le gouvernement était présidé par Marie-Noelle Thémereau, après que les élus … du RPCR lui aient apporté leurs suffrages, le Congrès était présidé par Harold Martin, alors président de l’Avenir Ensemble, et la province Sud, sous la présidence de Philippe Gomes, étaient administrée par un Bureau entièrement Avenir Ensemble.

PAS DE MAJORITÉ EN 2009 ET 2014
Dans cette même province, des Exécutifs comprenant des représentant de plusieurs partis politiques ont été nommés en 2009 ou en 2014. En raison de l’absence de majorité, et de la nécessité de réaliser des alliances pour former une majorité. Alliances d’ailleurs éphémère en 2014, puisqu’après un accord, Cynthia Ligeard a été « éjectée » de la présidence du gouvernement au profit de Philippe Germain.

MAJORITÉ AVENIR EN CONFIANCE EN PROVINCE SUD 2019
En 2019, l’Avenir en Confiance dispose d’une majorité, une première d’ailleurs depuis 20 ans, et naturellement, a installé un Exécutif émanant de cette majorité.

EN CAS D’INSTABILITÉ INSTITUTIONNELLE, LA VICTIME EST LA POPULATION
Personne, par ailleurs, ne s’est offusqué de la composition majoritaire du bureau de la province Nord … Les « gestes » et les « cadeaux », dans ces matières, n’existent qu’au royaume des bisounours.

Heureusement, d’ailleurs, car une incohérence, dans une institution, peut rapidement provoquer une panne ou un blocage de celle-ci. On l’a vu lors des deux dernières crises institutionnelles au gouvernement.

Ce ne sont pas les élus qui, alors, en pâtissent. Quand surviennent des errements institutionnels, ou même des crises, c’est la population qui en est toujours la victime …

DRAPEAU KANAKY AU DÉFILÉ DU 1ER MAI À PARIS

Au défilé du 1er mai à Paris organisé par la CGT, se trouvaient aux côtés des militants syndicaux, des gilets jaunes et des black blocs. Mais pas que.

Dans la foule, peut être un étudiant, peut être un visiteur, peut être un militant permanent, brandissait le drapeau de Kanaky.

Cela n’a pas échappé aux nombreux téléspectateurs calédoniens des chaînes  infos nationales !

DÉBAT DÉMOCRATIE CITOYENNETÉ : IL FAUT PARLER DU GEL DU CORPS ÉLECTORAL !

Voila une suggestion qui constitue un raccord entre le grand débat national et le contexte calédonien : le régime électoral spécial pour les élections provinciales qui sera applicable, au moins, jusqu’au 3e referendum. Ce régime résulte bien d’une loi nationale, et détermine le fonctionnement de la démocratie locale ainsi que la citoyenneté de Nouvelle-Calédonie. Dans ce débat, les questions les plus prégnantes sont les suivantes :

Comment une démocratie peut-elle priver de droit de vote 42 000 personnes en Nouvelle-Calédonie représentant plus de 60 000 personnes, soit près du quart de la population calédonienne ?

Comment une citoyenneté peut-elle consister à être plus fermée qu’une nationalité ?

Pourquoi, dans une brochure éditée en 1998, il était indiqué que la citoyenneté calédonienne pouvait être obtenue que un citoyen français « résidant depuis 10 ans sur le territoire » ?

Et puis, puisqu’on y est , pourquoi, le 12 décembre 2006, par 9 voix contre 3, le bureau du Congrès a-t-il refusé d’inscrire à l’ordre du jour de la séance du lendemain, le sujet du gel du corps électoral ?

Autant de sujets passionnants pour des débatteurs certainement avides de démocratie …

LA SÉCURITÉ DEMEURE L’ATTENTE MAJEURE DES CALÉDONIENS

Le grand Plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance (PTSPD) en … 139 actions du gouvernement, annoncé en début d’année dernière, a fait pschitt ! Le plan provincial de prévention de la délinquance n’a guère fait mieux. A défaut de résultats concrets et tangibles, force est de constater qu’il ne s’est agi que d’opérations de communication. Du mieux en 2019 ?

Pour ce qui est du plan territorial approuvé dans l’enthousiasme, salué par la Province nord, pratiquement aucune action novatrice n’a été lancée. De l’action 1 « Créer le Conseil territorial de sécurité et de prévention de la délinquance » jusqu’à la 139, en passant pas la 110 « Offrir des places aux Calédoniens dans les Établissements d’insertion pour l’emploi (EPIDE) métropolitains ou créer un EPIDE sur le territoire« , soit la concrétisation n’a pas été au rendez-vous, soit les Calédoniens n’ont pas vraiment senti les effets salvateurs de la grande annonce.

DES DÉLINQUANTS MINEURS
RELÂCHÉS

L’Etat a mis en place, de son côté, la police de proximité. Une certitude : la Brigade Anti-Criminalité « fait le job ». Elle arrête souvent les délinquants et son action est remarquable d’efficacité. Qui sont relâchés illico lorsqu’ils sont mineurs …

Point à souligner : les communes essaient avec « les moyens du bord ». Les polices municipales de Dumbéa et de Nouméa ont développé des expériences de « voisins vigilants ». Avec des succès prometteurs. Une baisse de 30% de la délinquance dans la portion de Magenta concernée, au bout de quelques mois.

PAS DE CONTRÔLES D’ALCOOLÉMIE 
SYSTÉMATIQUES

Bref, hors les grandes questions politiques, l’insécurité demeure le problème n°1 de la Calédonie. L’insécurité routière atteint des records. Et si la gendarmerie a au moins conduit une vaste action territoriale, la police n’effectue toujours pas de contrôle d’alcoolémie après 22h !

Dans tous les pays du monde, on sait que des contrôles systématiques génèrent la crainte des contrôles. Et provoquent le début de la sagesse. Un exemple : la traversée de Tomo a fait l’objet de contrôles de vitesse systématiques de la part de la gendarmerie. Aujourd’hui, tous les automobilistes traversent cette agglomération à vitesse raisonnable selon le principe de « on ne sait jamais » !

Détail révélateur d’une forme d’incurie des autorités : la réglementation des Nakamals, qui dort depuis 2012 au Congrès, faisait partie de 139 mesures qui devaient changer les choses. Même cette réglementation, pourtant simple, est toujours attendue …

DE NOMBREUX SUJETS
RELÈVENT DES AUTORITÉS LOCALES

Alors qu’espérer en 2019 ?

La sécurité de relève pas que de l’Etat. L’éradication de squats, l’errance des SDF, la video protection, les éclairages publics, les polices municipales, la lutte contre les tags, la lutte contre l’ivresse au volant, la lutte contre les violences faites aux femmes, le traitement de la délinquance des mineurs, autant de sujets entre autres, qui relèvent essentiellement des autorités locales.

Après 20 années de croissance ininterrompue de l’insécurité en Nouvelle-Calédonie, les Calédoniens attendent des résultats concrets.

Ce sera donc l’affaire des dirigeants. Soit les anciens, touchés par la grâce. Soit des nouveaux capables d’apporter du changement dans le domaines prioritaire de la sécurité. Les Calédoniens pourront choisir.

NE PAS CONFONDRE « DESTIN COMMUN » ET « VIVRE ENSEMBLE »

Dans la plupart des commentaires, y compris les plus doctes, la confusion entre « Destin Commun » et « Vivre Ensemble » est patente. Pas étonnant, tant « Destin Commun », « Communauté de Destin » ont été des expressions galvaudées depuis 30 ans.

LARGE MAJORITÉ POUR LA FRANCE OU POUR L’INDÉPENDANCE
Le « destin commun » est un terme qui est apparu avec les Accords de Matignon, et quasi-sacralisé par le préambule de l’Accord de Nouméa. Mais le contenu politique du « destin commun » est qu’une large majorité des Calédoniens choisissent d’inscrire leur futur, soit dans l’indépendance, soit dans la France.

Comment pourrait-il en être autrement, d’ailleurs ? Le destin commun d’un couple qui veut se marier peut-il être de conserver chacun, pour la femme, un amant, et pour l’homme, une maîtresse ?

En revanche, ils pourraient vivre ensemble …

Le « Destin Commun », à la sauce calédonienne, a été refusé le 4 novembre. Pour faire simple, d’un côté, le « peuple kanak » a choisi l’indépendance, et les « non-kanak » ont choisi la France. Fin de la séquence « Destin Commun ».

LE VIVRE ENSEMBLE OBLIGÉ OU ACCEPTÉ
En revanche, le Vivre Ensemble demeure. Obligé, sous forme de coexistence pacifique le plus souvent, il s’impose à celles et ceux qui vivent côte à côte, avec plus ou moins de proximité, chaque journée calédonienne.

Le Vivre Ensemble n’est d’ailleurs pas toujours une contrainte subie. Il peut prendre la forme d’unions mixtes, intégrer des sentiments de respect, d’empathie et même d’affection.

COMBIEN ACCEPTERAIENT DE PERDRE LA NATIONALITÉ FRANÇAISE ?
Mais si demain, la Nouvelle-Calédonie devenait indépendante, et que le Parlement dont c’est la compétence, comme le rappelait récemment le Premier ministre, décidait de refuser la double nationalité pour les « nationaux kanak-calédoniens », combien de non-kanak abandonneraient la nationalité française pour partager un « destin commun » ?

Incendies, exactions, menaces, caillassages : LA FAILLITE DE LA CHARTE DES « VALEURS CALÉDONIENNES »

Les actes délictueux qui ont suivi le referendum tranchent sinistrement avec le battage opéré lors de la signature de la « Charte des Valeurs Calédoniennes ». Ils ne sont pas nouveaux, mais prennent un relief particulier depuis le soir du 4 novembre. Comment en effet ne pas faire de rapport entre le score du « oui » à l’indépendance, et les exactions commises depuis l’annonce des résultats ?

Celles-ci, en effet, frappent les communes où le « non » à l’indépendance l’a emporté. Et même si les enquêtes concluent à de simples actes de délinquance, difficile ne pas rapprocher ces exactions du contexte politique nouveau créé en Nouvelle-Calédonie par le referendum.

L’un des constats les plus marquants du scrutin du 4 novembre est, par ailleurs, le caractère ethnique du clivage entre les pro-indépendance, et les anti-indépendance. Peu ou prou, ce sont tous les électeurs kanak qui ont voté pour le oui à l’indépendance.

Or la fameuse charte des « valeurs calédoniennes » voulait mettre en relief ce qui rassemble, au delà des clivages ethniques et politiques, la population calédonienne. Récemment, le discours radical du Président de l’Union Calédonienne sur « l’axe du Mal » l’avait déjà … mise à mal.

Ce qui encore plus frappant est qu’aucun leader indépendantiste, signataire du document, n’a condamné ces actes. Les derniers faits de Saint Louis ont même été présentés comme un défoulement compréhensible des jeunes exclus du referendum …

Dans une séquence « après referendum » où des tensions sont un fait, la réalité d’un idéal de « valeurs partagées » paraît d’autant plus illusoire que la fracture politique en Calédonie semble irrémédiable, après 30 ans de déni.