Archives de catégorie : Sécurité

AIRCALIN ET MÉDIPÔLE : DES ÉQUIPEMENTS MIS EN RELIEF PAR LA CRISE

Air Calédonie International comme le Médipôle sont deux équipements de la Nouvelle-Calédonie qui ont leurs soutiens et leurs détracteurs. Les critiques étaient-elles injustifiées ? Chacun est libre d’apporter sa propre réponse.
Mais en cette période de crise sans précédent, l’essentiel est naturellement mis en relief : heureusement que ces outils sont à la disposition de la Nouvelle-Calédonie !

Ainsi, s’il avait fallu demander aux autres compagnies aériennes de rapatrier nos ressortissants, l’auraient-elles fait ? Certainement pas. On a vu que chaque Etat se préoccupe uniquement de ce qui relève de l’intérêt national.

S’il avait fallu demander aux autres compagnies aériennes d’acheminer régulièrement le cargo, notamment entre la métropole et la Calédonie, pour les médicaments notamment, qui l’aurait accepté ? On aurait pu, peut être, solliciter Air France. Mais avec quelle flexibilité et à quel coût ?

Quant aux évacuations sanitaires lourdes, elles pourraient être mises en oeuvre par d’autres transporteurs, privés notamment, vers Sydney. Mais vers Paris ?

Pour ce qui est du Médipôle, la question est encore plus centrale. Quel Calédonien, aujourd’hui, pourrait se retrancher derrière le coût de cet équipement, alors que la qualité du plateau hospitalier et des équipes de spécialistes sont, pour tous, un gage de sécurité sanitaire ?

Les crises sont des révélateurs. Créer une compagnie aérienne internationale long courrier, investir 60 milliards pour construire un hôpital ultra-moderne, cela correspondait, au temps de ces décisions, à un grand changement. « Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité, et ils ne voient la nécessité que dans la crise« , avait dit Jean Monnet.

LA CALÉDONIE PEUT-ELLE DEMEURER INDEMNE DU CORONAVIRUS ?

Devant la montée de la contagion en métropole et dans le monde hors de Chine, les Calédoniens s’interrogent sur la capacité du territoire à sortir totalement indemne de ce phénomène mondial. Illusion ou espoir irréaliste ?

Si la panique a atteint quelques groupes de la population aux Antilles où des manifestants ont empêché le débarquement d’un vol Alitalia, et ont contraint des croisiéristes à remonter à bord, à encore à la Réunion où des passagers racontent dans des journaux australiens et néo zélandais « avoir été attaqués par des habitants de l’île », la Calédonie semble demeurer plus calme.

Des protestations se sont exprimées à Dumbéa, lors de la réquisition du Cise pour une éventuelle quarantaine, et à Lifou, de la part d’habitants du Wet hostiles aux débarquements des navires de croisière. Mais pour l’heure, les Calédoniens gardent leur calme.

Il est vrai qu’aucun cas avéré de coronavirus n’a encore été constaté.

Cette situation peut-elle durer ? Probablement pas.

AUTORITÉS SANITAIRES PRÊTES
Dans cette perspective, les dispositions sanitaires ont été prises : traitement au Médipole des cas les plus graves dans des chambres à pression négative, centre d’isolement à Dumbéa. Au cas où le nombre de patient serait trop important, les mesures appliquées en métropole en quasi-épidémie seraient sûrement appliquées : maintien à l’hôpital des malades souffrant des symptômes les plus graves, confinement à domicile pour les autres.

INCUBATION DE 1 À 14 JOURS
Pour ce qui concerne la maladie elle-même, les médecins disposent à présent de données plus précises. Ainsi, la période d’incubation est estimée à 14 jours par l’Organisation Mondiale de la Santé, après que des indications chinoises l’aient chiffrée à 24, voire 27 jours, une hypothèse finalement écartée.

L’OMS juge que la période moyenne d’incubation la plus fréquente est autour de 5 jours.

C’est pendant cette séquence que le risque de contagion est le plus grand. Les mesures recommandées sont désormais connues : se laver fréquemment les mains, éternuer ou tousser dans son coude, ne plus serrer les mains ou faire de bises, et porter un masque si on est malade ou suspect.

Dans 80% des cas, la maladie est bénigme. Elle menace essentiellement, pour les cas restants, certaines populations à risque présentant des faiblesses immunitaires, ou encore des troubles cardio-vasculaires ou souffrant de diabète.

MÉDICAMENTS AU SECOND SEMESTRE, VACCIN DANS UN AN
Enfin, les autorités sanitaires annoncent la mise au point d’un vaccin pour le second semestre, fin de l’été métropolitain/début de l’automne. En Chine, des essais cliniques ont été annoncés sur des hommes au mois d’avril. A Londres, des chercheurs testent un vaccin sur des souris. Il faudra cependant un délai d’un an pour disposer d’un vaccin efficace, estime l’OMS.

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-la-course-au-vaccin_3848777.html

Quant aux médicaments pour traiter la maladie, le Vice-président américain Mike Spence en charge de ce dossier a affirmé que des premiers traitements thérapeutiques seraient disponibles dans une au début du second semestre. Les médecins chinois les annoncent quant à eux pour ce mois-ci.

En clair, si le coronavirus ne se propage pas sous forme épidémique en Nouvelle-Calédonie d’ici cette période, le territoire pourrait disposer, comme les autres, de ces avancées thérapeutiques, et plutôt bien s’en sortir face au coronavirus.

TABASSÉ À L’ANSE VATA !

Sur les réseaux sociaux circulent cette information et des photos. La page « Coup de Gueule » a repris le message de la victime au visage tuméfié qui écrit :

Bonjour à tous, je me permets de faire ce poste car je me suis fait tabasser sur l’anse vata en sortant du XO dans la nuit de jeudi à vendredi entre 2h45 et 3h10 du matin à côté du parking face à la piscine.
Suite à mes blessures, je ne me rappelle pas de grand chose et j’ai de gros trou de mémoire.
Mon pronostique vitale n’a pas été engagé, mais je suis victime de multiples fractures au niveau du visage.
Ma voiture a été volé et ensuite retrouvée dans la mâtiné avec 3 jantes déformées et les 3 pneus crevés.
Mon téléphone portable de marque Samsung (Note 10+ blanc avec le numéro IMEI 358780/10/077235/4) ma aussi été dérobé
Je suis donc à la recherche d’éventuel témoin. Si vous avez vu, ou encore entendu quelque chose, je suis preneur de toutes informations qui pourrait être précieuse pour l’enquête.
vous pouvez me joindre par message privé
En vous remerciant du fond du cœur.
Jérémy

Mais que sont devenus tous les Plans contre la délinquance ?…

SÉCURITÉ : 2 ANS DE PRISON ET 15 MILLIONS POUR VANDALISME … SUR UN ARBRE ! Mais c’est en Nouvelle-Zélande …

La Nouvelle-Zélande est probablement un des pays les plus citoyens de la planète. Pour tous les visiteurs, un voyage au pays des kiwis est AUSSI une leçon de civisme.

Mais leur système n’est pas fait que de prévention béate. Témoin, cet avis publié suite à la vandalisation d’un arbre planté dans la ville de Queenstown, dans l’île du sud, commémorant le sacrifice des soldats néo-zélandais tombés au cours de la 1ère guerre mondiale.

Les peines encourues pas les délinquants sont de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 15 millions FCFP s’il s’agit d’un « body corporate ».

Un appel au renseignement civique sur ce qui est qualifié de « criminal offense » a été lancé, ce qui correspond, chez nous, à « un appel à témoin ».

Pour tout visiteur de la Nouvelle-Zélande, le degré de criminalité et l’état des villes, des villages, des panneaux de signalisation sur les routes ainsi que de tous les lieux publics montrent l’efficacité de l’approche kiwi pour la lutte contre la délinquance.

Une méthode à l’évidence plus efficace que les Plans de Lutte, les Plans Marshall, les CLSPD et autres les Grandes Causes.

SÉCURITÉ : HARO SUR LE HAUSSAIRE ! POUR MASQUER LES INCURIES LOCALES ?

Avec l’éruption, comme un mauvais furoncle, des pillages d’alcool et de cigarettes en bande ces derniers jours, les communiqués et les déclarations ont fusé comme des missiles. En direction de Thierry Lataste, Haut Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie. Motif : que fait l’Etat, responsable de l’ordre public, de la sécurité des biens et des personnes. Réalité autant qu’antienne. Mais est-ce bien suffisant ?

La Nouvelle-Calédonie est presqu’en situation d’indépendance association sans être passée par la case indépendance, c’est la réalité institutionnelle. Cela suppose une prise en main des affaires internes, une vision de la société, une anticipation des difficultés et suffisamment de liberté d’innovation pour résoudre les problèmes.

En matière de sécurité, l’Etat est-il le seul alpha/oméga ? Certainement pas.

INSÉCURITÉ DEPUIS PLUS DE 20 ANS
Les collectivités locales, Nouvelle-Calédonie, provinces, communes ont un rôle majeur. Si elles en ont la volonté.

Or la sécurité, en Calédonie, n’est pas une inquiétude nouvelle. C’est un problème, une menace dénoncée depuis 20 ans par tous les partis politiques. Il n’y a qu’à refeuilleter les programmes -et les promesses- électoraux, les « plan de lutte », les « plans Marshall », pour se le rappeler.

Depuis, cette question que certains estimaient prioritaire a-t-elle été traitée au niveau local par les tenants du pouvoir dans le respect des engagements pris ? Nullement.

LE RAPPORT SUR LES ADDICTIONS DATE … DE 2006 !
Les pistes, pourtant, ne manquent pas, pour compléter l’action de l’Etat et rétablir la sécurité. Cela va de la protection de la jeunesse relevant d’une décision judiciaire, compétence transférée depuis longtemps au territoire, en passant par le traitement concret des abus d’alcool, de la déscolarisation, de l’insertion sociale des jeunes en déshérence, la résorption des squats, la limitation de l’errance des mineurs la nuit, ou par la lutte contre les comportements addictifs au sujet desquels un remarquable rapport de l’Inserm a été remis aux autorités … en 2006.

AIDER LES COMMUNES, AU PLUS PRÈS DES ADMINISTRÉS
Seules peut être les communes, au plus près des préoccupations quotidiennes des administrés, tentent de trouver des remèdes. Elles se sont équipées de polices municipales, de caméras pour certaines. Mais, soit elles manquent de moyens, soit elles n’en mobilisent pas suffisamment.

Ces satanés moyens, ils reviennent pourtant dans toutes les bouches des maires. Alors, le reste est une question de choix et de priorité. Tel responsable économique, consulté lors de l’examen récent des nouvelles taxes sur l’alcool, laisse tomber :  » S’il existait une véritable volonté, au lieu d’attendre simplement que l’Etat mette en place la police de proximité, la Calédonie n’a qu’à consacrer deux milliards sur les six espérés de la taxe sur les alcools pour aider les polices municipales et mettre en œuvre les mesures locales de sécurité« .

PEUT-ÊTRE ?
Un espoir, ou plutôt une espérance, peut être : des mesures concrètes, sonnantes, trébuchantes en provenance du territoire et des provinces, au lieu des sempiternels comités et sous-comités de réflexion et de coordination dont la Calédonie s’enrichit chaque jour davantage.

Peut être.