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LE DOUBLEMENT DU PONT DE L’ILE NOU : PEUT ÊTRE UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT POUR LES PATIENTS DE LA FUTURE CLINIQUE

A la suite d’un accident dimanche, à proximité du pont de Nouville, la circulation routière a du être bloquée. Impossible d’entrer ou de sortir de l’Ile Nou. Que dire d’une telle situation lorsque la clinique Ile Nou Magnin sera ouverte ? Et comment peut-on imaginer qu’un tel incident puisse mettre la vie de patients en danger en cas d’extrême urgence ?

Il semble bien, pourtant, que l’élargissement du pont dit « de la pointe Lambert », dont l’existence est due à Jean Lèques soucieux d’assurer une liaison entre la petite et la grande rade de Nouméa, a fait l’objet d’un engagement contractuel entre la ville et le territoire.

Les deux collectivités avaient du s’entendre, en effet, pour permettre la réalisation de l’établissement hospitalier, et notamment sur le plan foncier. La ville avait alors négocié un promesse de restitution du terrain hébergeant la polyclinique de l’Anse Vata, ainsi que l’élargissement du pont de Nouville.

En fin d’année, la clinique ultra-moderne va ouvrir ses portes et demeura le seul établissement de soins de la capitale. Grâce à elle, notamment, des enfants pourront naître … à Nouméa.

La clinique comporte évidemment un service d’urgence, lui aussi, le seul désormais de la capitale. L’accès routier de cette unité est vital. C’est une des raisons pour lesquelles le gouvernement et la mairie avaient conclu un accord il y a plus de cinq ans pour l’élargissement du pont.

A cette époque, la Nouvelle-Calédonie s’était engagée à lancer les études …

RÉVOLUTION PROPOSÉE ET NÉCESSAIRE DU SYSTÈME DE SANTÉ ET DE PROTECTION SOCIALE : AUTORITÉ INDÉPENDANTE DE RÉGULATION, REFONTE DE LA CAFAT, FIXATION DE NIVEAUX DE DÉPENSES

Face à la faillite imminente du financement de notre système de santé et de protection sociale, les deux inspecteurs de l’Igas (Inspection Générale des Affaires Sociales) proposent une véritable révolution qui sera salvatrice si elle appliquée. Changement de gouvernance, autorité indépendante de régulation, ce rapport pertinent et novateur devrait sauver et moderniser notre système de santé. Il était temps !

TROIS GRANDS CHANTIERS ET 35 MESURES OBLIGATOIRES
Jean-Louis Rey et Philippe Calmette proposent de révolutionner -dans le bon sens-, notre système de santé et de protection sociale. Un système actuel basé sur une caisse primaire de protection sociale créé par l’Union Calédonienne en 1958, héritant des dispositions de la première Caisse d’Allocations Familiales fondée en 1943 et du régime accidents du travail et maladies professionnelles ouvert en 1957.

Quant au système hospitalier, il a considérablement évolué depuis la fin de l’hôpital militaire Gaston Bourret en fin des années 80.

Les deux inspecteurs ont ouvert trois chantiers :

– la gouvernance, le pilotage et le statut de la Cafat

– la régulation du système de santé

– des mesures techniques avec notamment la modernisation du système d’information et la fixation d’un objectif de l’évolution des dépenses.

Hors ces chantiers, c’est simple : aucune réforme en profondeur n’est possible.

Autre point essentiel : les deux inspecteurs ont recensé 35 mesures et précisent qu’elles forment un bloc. En clair, si les politiques veulent que leurs propositions soient efficaces, ce sont ces 35 mesures, et non quelques unes d’entre elles, qui doivent être implémentées.

LES POINTS POSITIFS – LES POINTS NÉGATIFS
La Nouvelle-Calédonie a beaucoup investi pour améliorer son système santé-protection sociale. Les dépenses sont passées en 20 ans de 12% du PIB à 23% du PIB, un ratio conforme à la moyenne des pays de l’OCDE. Médipole, hopital de Koné, nouvelle clinique sont la marque de ces progrès. Quant à la réflexion sur le long terme, Do Kamo, dans ses orientions, trouve plutôt grâce aux yeux des deux spécialistes. Ce sont les points positifs.

Les points négatifs sont nombreux, et leur identification est essentielle pour « rectifier le tir ».

  • On y trouve ainsi l’absence d’outil de maîtrise de l’évolution des dépenses de santé. Cette maîtrise est essentielle.
  • L’absence de régulation du système de santé et la dispersion des centres de décision est également un handicap et empêche un pilotage efficient du système. Les spécialistes estiment que la création d’une autorité indépendante est nécessaire.
  • Autre handicap : le manque de données. Dossier médical partagé, numéro d’identification de la vie à la mort pour chaque patient, données épidémiologiques, coordination des intervenants, il y a là une importante lacune à combler.
  • Do Kamo est intéressant. Mais le projet manque de précision sur le cap à moyen terme. Il faut, de surcroît, développer en milieu rural, la téléassistance, les téléconsultations pour permettre à des médecins de transmettre les données à un centre hospitalier en vue d’une prise en charge des patients
  • Enfin, les inspecteurs recommandent des rendez-vous obligatoires du gouvernement pour exposer l’évolution de la politique sociale et de santé chaque année pour l’année suivante. En clair, il faut anticiper. Un telle pratique aurait permis d’éviter le conflit récent des cliniques.

NOTRE SYSTÈME EST-IL TROP COUTEUX AU REGARD DE LA POPULATION ?
C’est une question récurrente : notre protection sociale -la meilleure de tout le Pacifique-, nos infrastructures de santé -Médipôle, hopitaux, cliniques-, ne sont-elles pas démesurées au regard de la population calédonienne et de nos moyens budgétaires ?

Selon les spécialistes de l’Igas, la Nouvelle-Calédonie se situe dans la moyenne des pays développés, et ils voient rien d’excessif dans le dispositif local.

Ces dépenses représentent 23% de notre PIB, en métropole, ce taux est de 32% !

En revanche, les circonstances, la mauvaise évolution du système imposent d’urgence des réformes dans la régulation, la gouvernance, la maîtrise de l’évolution des coûts.

LA CAFAT ÉTABLISSEMENT PUBLIC À DEUX COLLÈGES – SUPPRESSION DE L’AGENCE SANITAIRE
La recommandation vise à la transformation de la Cafat en établissement public, ce qui lui permettrait de percevoir directement les ressources provenant de la fiscalité affectée. Dans ces conditions, l’Agence Sanitaire et Sociale serait supprimée.

Toujours dans cette hypothèse, la gouvernance de la Cafat comprendrait deux blocs :

-un bloc paritaire pour gérer 3 régimes privés (retraite-assurance chômage et accidents professionnels), les partenaires sociaux étant pleinement responsables,

– un collège pour gérer les régimes universels tels le Ruamm et les prestations familiales, représentant les représentants de toute la population calédonienne.

RÉFORME DU CONTRÔLE MÉDICAL, ENFIN !
Notre contrôle médical date de 30 ans et n’a jamais suivi les évolutions de modernisation. Jugé archaïque, il manque de pilotage et doit être unifié. Pour gagner en efficacité, il est nécessaire d’instaurer un suivi au jour le jour. Pour gagner en transparence,  les indicateurs de résultats et le rapport du comité de suivi seraient publiés chaque année.

SURVEILLANCE DES COMPTES DE LA PROTECTION SOCIALE
Il est indispensable d’indiquer toutes les données de protection sociale dans des documents accessibles. Ceux-ci seraient établis par une commission des comptes de la protection sociale. Pour garantir la qualité du contenu, un intervenant extérieur indépendant interviendrait, par exemple, un membre de la Chambre Territoriale des Comptes.

MAÎTRISE DE L’ÉVOLUTION DES COÛTS
En quelque sorte, il faut passer aux choses sérieuses ! Il convient de définir des objectifs et les tenir pour les rendre crédibles. Ces mesures et leurs résultats doivent être rendus publiques à date régulière, et au moins, avant les décisions du Congrès en la matière.

Procédure d’alerte, pilotage mensuel, intervention obligatoire des pouvoirs publics en cas de dérapage attesté, tels sont les ingrédients de cette recette moderne.

NOUVELLE RÈGLE DU JEU AVEC UNE AUTORITÉ INDÉPENDANTE DE RÉGULATION
Un des piliers de la réforme proposée est la création d’une autorité de régulation indépendante, mesure innovante qui ne trouve pas son équivalent en métropole.

Cette autorité aurait pour rôle central de garantir le maintien de la santé à un niveau de qualité. Elle serait au service -mais non aux ordres- du congrès et du gouvernement pour la mise en œuvre des orientations décidés dans ce domaine.

En clair, tout en disposant de la distance nécessaire pour garantir son caractère indépendant, elle assurerait la mise en œuvre et la gestion courante du nouveau système.

L’autorité veillerait également à la nomination des principaux dirigeants du secteur.

Quant aux missions relatives aux actions de prévention et de santé dévolues à l’ASS, elles seraient transférées directement à la Nouvelle-Calédonie, aucune suppression de poste n’étant dans ce cas envisagée.

UNE RÉFORME MAJEURE POUR LA NOUVELLE-CALÉDONIE
Ces propositions sont de nature à répondre à la question aujourd’hui sans solution : pouvons-nous pérenniser notre système de santé ?

Opportunité considérable : il est possible de la mettre en œuvre le plus rapidement possible, pour arrêter la dérive mortelle des coût sociaux enregistrée ces dernières années. Cela passe d’abord par le pilotage efficient et la gouvernance moderne de notre système de santé et de protection sociale.

Certes, il faudra tout de même renflouer le Ruamm, et acquitter ses dettes abyssales. Mais au moins, une perspective positive est tracée. Reste maintenant aux politiques à se hisser à la hauteur de l’enjeu.

SANTÉ/SOCIAL : UN COÛT QUI PEUT « TUER » LA CALÉDONIE

« Sans réforme, les recettes fiscales calédoniennes devraient intégralement être consacrées à l’équilibre des comptes sociaux en 2030 ! ». C’est ainsi que s’exprimait, il y a plus d’un an, un haut responsable de la Cafat lors d’assises à l’UNC. Le coût de la Santé et de la Protection Sociale, actuellement en dérive totale, peut faire sombrer les finances publiques locales. Ou asphyxier les entreprises et les contribuables. Inquiétude ou panique ?

TRANSMETTRE « LA PATATE CHAUDE »
Le gouvernement a transmis « la patate chaude » au Congrès. Dans un catalogue énumérant toutes les mesures susceptibles de redresser les comptes sociaux, et notamment, le déficit abyssal du Ruamm, l’Exécutif demande aux Conseillers du territoire de faire des choix. Le principe de la démarche n’a pas manqué de faire réagir des élus.

C’est le cas des Républicains Calédoniens de Sonia Backes, qui dans un communiqué, dénoncent le fait que « le gouvernement s’est borné à transmettre au Congrès un catalogue confus et désordonné de mesures possibles (…) Le gouvernement est confronté à une situation qu’il ne maîtrise plus et il cherche à transférer sa responsabilité au Congrès« .

UNE PISTE SÉRIEUSE DE REFONTE DU SYSTÈME
La veille, la commission Santé du Congrès avait reçu les deux missionnaires de l’Inspection Général des Affaires Sociales. Jean Louis Rey et Philippe Calmette ont exposé, devant les commissaires, les grandes lignes de leur rapport qui sera déposé début juin. Une mise à plat du système, et des propositions innovantes qui, de l’avis de plusieurs élus, constituent enfin un piste sérieuse de refonte du système de Santé et de Protection Sociale permettant une maîtrise du dispositif.

350 MILLIONS QUI DEVIENNENT 7 MILLIARDS
Hier matin, en commission plénière, le Congrès a notamment auditionné l’intersyndicale des professions de Santé, puis le gouvernement a exposé ses propositions. Plusieurs demandes d’explications ont été formulées, et en particulier sur un point souligné par l’intersyndicale Santé : une ligne de 350 millions en 2017 qui passe … à plus de 7 milliards dans les comptes de la Cafat relatifs au coût du Ruamm.

CONSULTATIONS
Le Président du Congrès, Thierry Santa, a indiqué que l’assemblée recevrait les organisations concernées qui souhaiteraient être entendues, et au premier chef, la Cafat. C’est le 28 mai qu’une seconde séance en commission plénière sera organisée, sur ce dossier vital aux multiples incidences, des finances publiques à la pression fiscale sur les entreprises et les particuliers. Avec au centre, bien entendu, la santé des Calédoniens et leur protection sociale.

CONFLIT DES CLINIQUES : CLAUDE ÉVIN POSSIBLE MÉDIATEUR

Tandis que le conflit entre les cliniques privées et le gouvernement prend de l’ampleur avec la menace d’une grande partie du corps médical de se joindre au mouvement, c’est Claude Évin qui a été proposé par l’Exécutif pour intervenir en qualité de médiateur.

Dans le gouvernement Rocard, il a été successivement ministre délégué chargé de la Protection sociale en mai 1988, chargé de la Santé et de la Protection sociale à partir de juin, puis enfin ministre de la Solidarité, de la Santé et de la Protection sociale entre 1988 et 1990. Claude Évin a mis en place les premières actions de lutte contre le tabagisme et la publicité pour l’alcool, à travers la « Loi Evin» qui interdit l’affichage de publicité pour l’alcool et le tabac en 1991, la vente de ces produits aux moins de 16 ans ainsi que le fait de fumer dans la plupart des lieux publics.

Avocat, il a rejoint en septembre dernier le cabinet Houdard et Associés

Lors de la dernière campagne présidentielle, Claude Evin avait soutenu publiquement la candidature d’Emmanuel Macron. Il avait estimé que ce candidat, aujourd’hui Président de la République, avait « une vision globale de la santé », une vision qui s’opposait à « la vision comptable » du candidat François Fillon.

EPIDÉMIE DE DENGUE : TOUJOURS PAS DE MESURES CONTRE LES MOUSTIQUES ?

Nouméa, Yaté, Dumbéa, Poidimié et Lifou ont pour l’instant été touchés par l’épidémie de dengue qui a été déclarée. Plus de 150 cas ont été diagnostiqués, la majorité de serotype 2 dont la Calédonie a été épargnée pendant 20 ans. Conséquence : la population n’est plus du tout immunisée contre ce sérotype.

Cette épidémie sera-t-elle plus importante que celle de l’année dernière ? On peut le craindre, d’autant que la fin d’une longue période sèche et les grosses pluies récentes favorisent la formation de gîtes larvaires.

A nouveau les autorités sanitaires appellent à la vigilance citoyenne pour la destruction de ces gîtes, et l’utilisation de répulsifs. Des opérations de destruction des larves seront certainement menées. Ce ne sera probablement pas suffisant.

L’an dernier, 11 personnes sont décédées des conséquences de la dengue, des malades de tous âges et pour certains, sans antécédents médicaux.

Va-t-on assister cette année à la même absence de mesures de destruction des moustiques porteurs de virus ?

Les faits ont montré que vider les boîtes remplies d’eau, les pots de fleur, et s’enduire de répulsif n’était pas suffisant. Pourtant, à aucun moment, ces conditions exceptionnelles n’ont déclenché l’usage du produit tueur de moustique.

Résultat : 11 morts.

ALCOOL : 4,5 MILLIARDS PRÉLEVÉS DANS LA POCHE DE CONSOMMATEUR, MAIS POUR QUELLE PRÉVENTION ET QUELLE RÉPRESSION ?

La « facture » en métropole

La Nouvelle-Calédonie aura bientôt l’alcool le plus cher du monde, et les touristes paieront le bon vin français plus cher dans ce territoire français … que dans leur propre pays. Mais les nouvelles taxes sont, selon les déclarations officielles, destinées à freiner le fléau que constitue l’excessive consommation d’alcool en Calédonie. Objectif fort louable mais qui demandera une totale transparence sur cet effort exigé des Calédoniens. Une transparence sur la prévention et la répression où tout, à peu de chose près, reste à faire ! Trous dans le dispositif.

DES CONTRÔLES D’ALCOOLÉMIE
PRATIQUEMENT INEXISTANTS

Tout commence d’abord par le contrôle et la répression, sinon l’intention, comme dit le trivial sans commun, « relève du pipeau ».

Les contrôles routiers, pour ne parler que d’eux ? Ils sont pratiquement inexistants, alors que cela fait des années que les accidents de la route dus aux abus d’alcool sont dénoncés.

Bien sûr, il y a les fameuses « opérations coup de poing ». Elles se déroulent de temps en temps -combien en 2017 ?-, et se traduisent par de belles communications. Impact éducatif sur les conducteurs : proche de zéro.

A Nouméa, en zone police nationale, les automobilistes ne craignent guère les contrôles d’alcoolémie. Et pour cause : combien ont été effectués, ne serait-ce que le vendredi soir ou le samedi soir, après 22 heures ? Le nombre est là aussi proche de zéro.

UNE PRÉVENTION
PRATIQUEMENT INEXISTANTE

Depuis le temps que la Nouvelle-Calédonie s’émeut des méfaits de l’abus d’alcool, -un triste record national-, dénoncé tous azimuts dans les violences familiales, les violences faites aux femmes, les accidents de la route, les troubles à l’ordre public, quid de la politique nécessaire en matière de prévention ?

La page n’est pas blanche, mais presque.

Certes, le fameux Plan Do Kamo est devenu l’alpha et l’oméga dans tous les domaines touchant à la santé et aux sujets périphériques. Il s’agit, disent ses responsables, de changer les comportements, et notamment, par l’éducation en primaire. Vaste programme …

Alors il faut passer aux actes. Ce sujet calédonien n’est pas unique au monde, et il n’est pas besoin de nouvelles études pour compléter les études pour développer une pédagogie informant les enfants sur les conséquences des abus d’alcool. Tout doit évidemment être prêt pour compléter les programmes dès 2018 …

UN MANNE ANNONCÉE
QUI POURRAIT PERMETTRE
UNE STRATÉGIE SANS PRÉCÉDENT

4,5 milliards, ce n’est pas rien ! Ils viendront s’ajouter aux dizaines de milliards qui alimentent déjà l’Agence Sanitaire et Sociale dont la mission première est -était?- la prévention en matière de santé.

Pour les hauts revenus, l’augmentation annoncée sera naturellement indolore. Pour les autres, elle sera ressentie comme une punition du plus grand nombre pour une minorité de consommateurs abusifs d’alcool.

Cet effort sera peut être accepté. Mais la contrepartie sera une exigence : des résultats rendus publics, et une évaluation, elle aussi publiée,  de cette partie de politique publique.

CRISE DES FINANCES PUBLIQUES : RÉGIMES SOCIAUX ET CAFAT AU BORD DE L’EXPLOSION

Le Médipôle sera suivi de l’Hôpital de Koné

« Tout va très bien, Madame la Marquise, l’écurie brûle, le château est en feu … ». La Nouvelle-Calédonie ne se lasse pas de vanter son régime de santé et de protection sociale, l’un des plus généreux au monde. Mais il s’agit peut être d’un château de cartes qui menace d’entraîner les Calédoniens dans une spirale insoutenable de prélèvements fiscaux et sociaux. Dans l’immédiat, des « pansements » sont recherchés. Mais les fondements sont menacés. Gouffre.

UNIQUE DANS LES ÎLES DU PACIFIQUE
On a coutume de réduire les régimes sociaux à la Cafat. Ce n’est, malheureusement, pas tout !

Aux déficits des régimes de la Caisse –à l’exception du régime de retraite-, il faut en effet ajouter les dépenses et les engagements de dépenses accumulées ces dernières années dans les autres régimes sociaux : prestations sociales de solidarité, minimum retraite, minimum vieillesse, aides au handicap, aides à la mobilité réduite.

Bien entendu, personne ne pourrait s’en plaindre. Ainsi, lorsqu’une personne âgée n’ayant jamais travaillé ou cotisé, en milieu urbain comme en tribu, perçoit désormais une allocation d’un million par an, la Calédonie affiche une solidarité unique dans les îles du Pacifique.

Simplement, les dépenses globales doublent tous les 7 ans. Pas les ressources !

400 MILLIARDS EN 2021 !
Le Ruamm a accumulé 15 milliards de dettes, le paiement des prestataires est différé par manque de trésorerie,  les dépenses réelles de santé du Médipôle et du prochain hôpital de Koné viendront s’ajouter à celle de l’hôpital de Koumac et de Poindimié. Les équilibres, pour l’heure, ne sont pas trouvés.

Pourront-ils l’être, d’ailleurs, en envisageant simplement une augmentation des cotisations sociales et une nouvelle hausse des impôts ?

L’impasse de trésorerie du Ruamm est, semble-t-il, de 2 milliards. Qu’à cela ne tienne, il suffira de prélever cette somme dans un des « réservoirs », en se fondant sur le précédent du Port Autonome et de l’Office des Postes. Mais rien ne sera réglé au fond, et le trou des régimes sociaux continuera à se creuser.

Jusqu’à quand ? En 2021, le coût de ces régimes sociaux au rythme actuel sera de 400 milliards !

En 2030, si rien n’est fait, la totalité des recettes fiscales … sera consacrée à maintenir les dits régimes sociaux !

PROCÉDURE D’ALERTE
A la Cafat, en tout cas, les commissaires aux comptes ne sont pas à l’aise. Ils se retrouvent face à un situation dans laquelle les déficits comptables s’inscrivent dans une courbe de croissance sans que rien n’annonce un quelconque retournement de tendance. Dans une société privée, elle reflèterait clairement une position latente de faillite.

Dans ces conditions, l’énoncé d’une procédure d’alerte semble inévitable au regard des règles strictes de la profession.

Si l’absence de solution est parfois considérée comme une solution, dans le domaine social, ce ne sera pas le cas. La rupture serait le chaos. Peut-on imaginer un seul instant ce qui se passerait si les professions de santé n’étaient plus remboursées, et si les dotations aux hôpitaux n’étaient plus assurées ?

Inenvisageable, dira-t-on.

Mais alors, les réformes nécessaires –et forcément douloureuses- doivent être mises en œuvre d’urgence et avant qu’il ne soit trop tard.

Du pain sur la planche et un sacré défi pour le prochain gouvernement.

11ème VICTIME : TOUJOURS AUCUNE LUTTE CONTRE LE MOUSTIQUE TUEUR, LA DENGUE CONTINUE DE TUER ! A quand le douzième décès ?

11 morts. Et peut être 11 morts qui auraient pu être évités. La dengue continue à être combattue avec … des répulsifs, tandis que le moustique vecteur mortel, l’aedes aegypti, continue à voler en toute sécurité.

Un résident de Dumbéa, âgé de 54 ans, est décédé hier matin au Médipôle de Dumbéa. Ce drame fait tout juste l’objet d’un titre : « 11e Victime ».

La question de l’usage du malathion se pose une nouvelle fois. « There is limited evidence in humans for the carcino genicity (cancérogénicité) of malathion. » est-il écrit en conclusion de l’étude française sur la substance. Son usage, selon des doses recommandées, et au titre d’une lutte exceptionnelle et limitée contre une épidémie mettant en péril la vie humaine, doit être à l’ordre du jour.

Le rapport de l’IRD sur le sujet va dans le même sens ( lire nos articles précédents )

On pourrait dire qu’en Nouvelle-Calédonie, des personnes meurent pour éviter qu’éventuellement, d’autres personnes échappent à une menace non avérée de maladie !

La menace n’est pas avérée, mais les décès, eux, sont réels.

APRES UN BÉBÉ, UNE DAME EST LA 10e VICTIME DE LA DENGUE. « Indications limitées de cancérogénicité du malathion chez l’homme » : Centre de recherche sur le cancer de Lyon

10e victime de la dengue en Nouvelle-Calédonie, une dame âgée de 75 ans est décédée au Médipôle après avoir été hospitalisée à Poindimié.

Le vecteur du virus mortel, véritable tueur armé, est bien connu : l’aedes aegypti. Un moustique qui résiste aux traitements éventuels actuels, mais pas au malathion.

Le malathion à propos duquel l’IRD écrit : « Le malathion est le moins cher de tous les organophosphorés et ne présente que peu de danger pour l’homme s’il est appliqué suivant les recommandations de l’OMS. En aspersions intradomiciliaires, les doses recommandées sont de 2 g/m2 avec une persistance d’action de 2 à 3 mois (WHO, 2006a). L’OMS préconise aussi son utilisation en aspersion spatiale (ULV) aux doses de112 à 600 g/ha si la nébulisation est faite à froid et de 500 à 600 g/ha si celle-ci est réalisée à chaud (WHO, 2006a). Le malathion possède l’avantage de se dégrader rapidement dans l’environnement, ce qui limite dans le temps son impact sur l’environnement ».

Quant au  Centre international de Recherche sur le Cancer de Lyon qui est fréquemment cité en référence, il indique : « On dispose d’indications limitées de cancérogénicité du malathion chez l’homme. »

En revanche, en Nouvelle-Calédonie, on dispose d’indications précises sur la mortalité engendrée par le virus de la dengue, et inoculé par un moustique qui n’est pas résistant au malathion : 10 morts aujourd’hui. « Probablement » 11 demain.

 

9ème VICTIME DE LA DENGUE – LES MOUSTIQUES TUEURS TOUJOURS PAS ATTAQUÉS ET LA CALÉDONIE ATTEND PATIEMMENT LE DIXIÈME MORT !

La mention « Mais ne faisons pas de mal aux moustiques » a évidemment été rajoutée …

Et la sinistre liste des victimes de la dengue continue à s’allonger sans que des mesures plus sérieuses soient prises pour éliminer le moustique tueur.

Cette fois, c’est une petite fille de 6 mois qui est décédée. Le bébé, dont les parents habitent au Mont Dore, n’avait pas d’antécédents médicaux.

Depuis le début de l’épidémie, plus de 3.000 personnes ont contracté le virus.

La seule réponse apportée pour préserver les Calédoniens contre le risque mortel est … de s’enduire de répulsif et d’assécher les gîtes larvaires réels ou potentiels.

Toujours rien pour combattre directement le moustique tueur. Aucune voix ne s’est élevée pour demander l’usage exceptionnel du malathion pendant la durée de l’épidémie.

Chacun attend patiemment le dixième mort.