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UN PASS SANITAIRE EN CALÉDONIE EST INÉLUCTABLE

Le Danemark a été le premier pays européen à mettre en place un pass sanitaire au début du mois d’avril de cette année, le coronapass. Il a levé cette obligation depuis le 1er septembre, ainsi d’ailleurs que toutes les restriction Covid.
La France a instauré un passe sanitaire le 5 juin dernier, un pass dont la durée est prévue jusqu’au 15 novembre.

Ce pass peut être au format numérique et au format papier et constitue une preuve sanitaire parmi les trois suivantes :

  • L’attestation de vaccination, à la condition que les personnes disposent d’un schéma vaccinal complet :
    o 7 jours après la 2e injection pour les vaccins à double injection (Pfizer, Moderna, AstraZeneca) ;
    o 28 jours après l’injection pour les vaccins à une seule injection (Janssen/Johnson & Johnson) ;
    o 7 jours après l’injection du vaccin chez les personnes ayant eu le Covid-19 (1 seule injection).
  • La preuve d’un test négatif RT-PCR, antigénique ou un autotest réalisé sous la supervision d’un professionnel de santé de moins de 72h maximum.
  • Le résultat d’un test RT-PCR ou antigénique positif attestant du rétablissement du Covid, datant d’au moins 11 jours et de moins de 6 mois. Il permet d’indiquer un risque limité de réinfection au Covid-19.
    Un certificat médical attestant d’une contre-indication médicale à la vaccination peut être présenté à la place des 3 documents précités.

    La métropole n’a pas rendu la vaccination obligatoire, contrairement à la Nouvelle Calédonie. Le pass sanitaire correspond donc à une restriction de libertés des non vaccinés, et en revanche, à une surcroît de libertés pour les vaccinés.

    Plusieurs manifestations anti-pass se sont déroulées, sans que le gouvernement ne fléchisse. Ainsi, il est incontestable que l’obligation de pass sanitaire a boosté la vaccination.

    En Australie, dans le New South Wales, la Première ministre a elle aussi opté pour l’abandon de la stratégie « covid free » pour passer à celle de la vaccination massive. Mais Gladys Berejiklian a prévenu : “Même à 80%, les personnes non vaccinées n’auront pas les mêmes libertés que les autres!”

    En Nouvelle Calédonie, que risque-t-il de se passer ?

    D’abord, il ne fait pas de doute que tous les spécialistes, et notamment, le mission d’évaluation arrivée sur le territoire, vont proposer de s’inspirer des expériences qui ont marché, notamment en métropole, et comme on l’a vu, au Danemark.

    Tous s’accordent à dire que l’on va s’acheminer vers un pic épidémique qui sera une tragédie locale, puis, renforcée par la vaccination, la Calédonie pourrait connaître un « plateau » suivi d’une décrue. La durée de ces phases, leur échéance dépendra essentiellement du pourcentage de vaccination de la population.

    C’est pourquoi, afin « d’encourager » les Calédoniens à se faire vacciner, tout en permettant le retour à une activité économique et à une vie normale, l’instauration d’un pass sanitaire local est logique. Mais bien évidemment ce retour à la normale serait prioritairement réservé aux vaccinés.

    Dans une telle hypothèse, pourraient également avoir accès au travail et aux lieux fréquentés par le public, notamment les personnes disposant d’un test PCR de moins de 72 heures. Mais ce test pourrait devenir payant.

    Les équipements pour obtenir un QRCode papier ou intégrable à une application numérique sont déjà en place. L’application « TousAntiCovid » est téléchargeable. Il ne reste qu’à déterminer une décision : quand ?

LA VACCINATION OBLIGATOIRE DEVRAIT S’IMPOSER

La balle est à présent dans le camp des élus. Un consensus s’est dégagé vendredi lors des premières Assises du Covid réunissant la société civile, et notamment, le corps médical et les employeurs. Pour éviter la tragédie qui se déroule sous nos yeux en Polynésie, deux recommandations ont émergé : la vaccination obligatoire pour atteindre le plus rapidement possible une couverture vaccinale de 60% en Calédonie, et l’instauration sans plus attendre d’un Pass Sanitaire pour se préparer à la circulation du variant Delta à l’intérieur du territoire.

POUR IMPOSER LA VACCINATION OBLIGATOIRE AUX PASSAGERS ARRIVANTS, LA MESURE DOIT ÊTRE GÉNÉRALE
En matière de circulation des personnes, l’Etat est d’accord pour restreindre cette liberté aux seuls adultes vaccinés. Mais la discrimination ainsi créée ne serait pas tenable en cas de recours. C’est pourquoi, la décision de rendre la vaccination obligatoire en Nouvelle Calédonie est préalable à la décision de l’Etat.

LA RESPONSABILITÉ DU CONGRÈS
Lundi, les élus doivent se saisir d’un texte traitant de la vaccination exigée pour tout arrivant sur le territoire. Calédonie Ensemble a déposé un amendement tendant à étendre cette obligation à tous les adultes majeurs.

Tout laisse à penser que c’est finalement la décision qui sera prise, afin de protéger au mieux le territoire d’une éventuelle entrée du variant Delta, ou plus exactement, de la retarder. Car les médecins sont unanimes : la redoutable contagiosité de ce virus modifié rend inéluctable sa circulation à l’intérieur de nos frontières.

Les élus du Congrès devront donc décider, et le gouvernement, mettre en application la mesure.

LE MÉDIPÔLE SERAIT SUBMERGÉ PAR UN AFFLUX IMPORTANT DE MALADES COVID
Le CHT est aujourd’hui en mesure de proposer un maximum de 49 lits de réanimation. Mais si les lits sont disponibles, le personnel qualifié est insuffisant. Selon un responsable du Médipôle, une trentaine de personnels infirmiers est actuellement disponible, c’est à dire qu’il en manquerait plus d’une centaine en cas de grand afflux. Une situation que connaît la Polynésie, pourtant mieux dotée que nous.

Or les malades du Covid admis en réanimation sont essentiellement des personnes non vaccinées. Pour éviter la saturation des lits de réanimation, une seule solution : la vaccination. CQFD.

VACCINATION OBLIGATOIRE DES ENTRANTS : UNE MESURE DISCRIMINATOIRE ?

Un texte imposant la vaccination obligatoire pour toutes les personnes entrant en Nouvelle Calédonie semble recueillir un assentiment général. Mais en restreignant cette mesure à une seule catégorie de citoyens, ne serait-elle pas contestable ?

Il pourrait s’agir, selon plusieurs juristes, d’une rupture d’égalité discriminante. La disposition serait, dans cette hypothèse, juridiquement fragile. Considérant que les antivax ne manqueraient pas de la porter devant les juridictions, il y a là une question de fond à laquelle il serait pertinent de répondre.

Cependant, une solution existe : transformer cette obligation restreinte à un groupe de personnes en une obligation générale. Ainsi, elle ne serait plus discriminante.

La balle est dans le camp des décideurs et de leurs conseils juridiques. Mais au bout du compte, le réel sujet est la protection des Calédoniens contre la circulation du virus dans le territoire avec un thème d’actualité : la vaccination obligatoire pour tous, ou non. Un sujet éclairé par la tragédie que vivent les Polynésiens, et qui ne fera qu’enfler.

LA TRAGÉDIE POLYNÉSIENNE

54 nouveaux décès en 72 heures. Ce serait l’équivalent d’un avion transportant 54 passagers et membres d’équipage qui se serait écrasé. Avec une différence de taille : au rythme actuel, celà correspondrait à un tel accident tous les trois jours. Au moins.
C’est dire la tragédie que traverse la Polynésie en ce moment. L’hôpital de Papeete est saturé par les malades du Covid. Les autres pathologies ne peuvent plus y être soignées. Dans cette médecine de guerre, les responsables sont obligés de choisir entre les malades que l’on tentera de sauver, et ceux qu’on laisse aller à une mort certaine.
Ce n’est pas un film d’horreur. Cela se passe chez nos cousins du Pacifique, à quelques heures d’avion de chez nous.

Les Polynésiens peuvent-ils espérer un pic de contamination, puis une décrue ? Certainement pas dans l’immédiat. Certes la vaccination a progressé et 125.000 personnes y ont reçu au moins une dose de vaccin, dont 93.872 sont complètement vaccinées. Mais la population polynésienne est de 280.000 personnes. Autant dire que le chemin est encore long pour enrayer la circulation du virus.

EN CALÉDONIE, LA SITUATION SERA PIRE DÈS L’INTRODUCTION DU VIRUS
Tous les scientifiques sont affirmatifs : le virus entrera sur notre territoire en dépit de nos barrières sanitaires. La raison ? L’effrayante contagiosité du virus variant Delta, et l’insuffisance de Calédoniens vaccinés.

Aujourd’hui, la stratégie « Covid free » est dépassée, en raison de la puissance de ce variant. Il faut, bien entendu, maintenir le dispositif de quarantaine, mais il ne fera que retarder l’échéance
La dure réalité, en outre, est qu’en matière hospitalière, nous sommes moins bien lotis qu’en Polynésie. Depuis des mois, des alertes ont été lancées sur le manque de médecins et de personnels soignants.

Il faut ajouter, de surcroît, que le Médipôle est plein. Or, en cas d’afflux de Covid, et de saturation de tous les lits disponibles, comme en Polynésie, il ne sera plus possible de traiter les urgences graves, comme les infarctus ou les AVC dont 1 cas de chaque par jour est enregistré !

C’est dire que lorsque le Covid circulera en Calédonie, ce sera, à notre tour, de connaître une tragédie, probablement encore plus grave qu’en Polynésie. Cette circulation sera alors effrayante. Une personne infectée peut en contaminer plus de 10 en 24 heures. Selon une récente étude de Pasteur et de l’IRD, en 3 mois, 10.000 Calédoniens seraient alors malades du Covid. Compte tenu des proportions de comorbidités présentes dans une population notamment affectée de diabète, d’obésité et de maladies cardio-vasculaires, le chiffre terrible de 53 morts en 72 heures pourrait devenir une dramatique réalité.

LA VACCINATION EST LE SEUL REMPART, ET LE RENVOI EN MÉTROPOLE DE 60.000 DOSES DE PFIZER SERAIT SCANDALEUX
En matière de vaccination, la Calédonie est en retard par rapport à la Polynésie. Et elle s’apprête à renvoyer en métropole pour cause de péremption, le solde des 66.000 doses qui, récemment encore, n’avaient pas été utilisées. Ce serait d’ailleurs un bonne raison pour que Paris ne renouvelle pas ses envois de vaccins.

Il paraît même que des responsables auraient proposé de fournir des doses aux pays de la région ! Solidarité, ou bien condescendance de privilégié ?

Une chose est certaine : dans le monde entier, le seul rempart connu et mis en application pour ralentir, voire stopper la circulation du virus, est la vaccination.

L’EXEMPLE DES MARQUISES
L’archipel des Marquises est exemplaire en matière de vaccination. 81% de la population a reçu les deux doses. L’île de Nuku Hiva est la première de la classe avec 87% de personnes vaccinées !

« A ce jour, nous n’avons eu aucune hospitalisation liée au Covid 19« , a indiqué la directrice de l’hôpital de Nuku Hiva, Estelle Salgues.

Ce constat se passe de commentaires, et devrait inspirer les responsables calédoniens …

COVID : QUAND LE SAGE MONTRE LA LUNE …

La polémique autour de la « libération » d’une personne en septaine sur décision de Justice repose sur des arguments qui, d’un côté comme de l’autre, semblent fondés. Mais ils sont comme l’arbre qui cache la forêt.

Le régime de quarantaine a été mis en place alors que les vaccins anti-covid n’existaient pas. Il en allait de même pour les tests sanguins rapides. Aujourd’hui, la conjugaison vaccination-test PCR-test sérologique permet de s’assurer qu’une personne présente un risque sanitaire ou non.

Le virus circule grâce à la circulation des porteurs. Ce sont donc eux qui présentent un risque, notamment en raison de la contagiosité du variant Delta. La contamination pourrait donc s’effectuer par des porteurs sains ou des malades qui, lorsqu’ils ne sont pas vaccinés, doivent être soumis à une quatorzaine. Le risque de contamination est le plus probable lorsque des malades sont admis au Médipôle.

La problématique comporte donc deux volets essentiels :

le premier concerne la pertinence de la septaine, et donc les personnes vaccinées, testées négativement par un test PCR, et positivement par un test sérologique. Non porteuses du virus et donc non contagieuses, protégées contre le Covid, pourquoi leur imposer une rétention de 7 jours ? Pourquoi pas 2 ou 12 ? 7 parce que c’est la moitié d’une quatorzaine ?! Sur la nature et la durée, et éventuellement les ultimes précautions à prendre, il serait important que les experts médicaux, plutôt que juridiques, se prononcent.

– Le second concerne la vraie solution au risque Covid : la vaccination, puisqu’aujourd’hui elle existe. Les vaccins sont disponibles et gratuits. Et certains, à la mi-septembre, seront périmés ! Dans ces conditions, et en plus des efforts effectués pour ouvrir des « vaccinodromes » et des lieux faciles d’accès de vaccination, il serait temps de développer une campagne plus active pour inciter, ou contraindre les Calédoniens à se faire vacciner.

On sait qu’avec ou sans polémique sur telle ou telle décision de Justice, et la transformation progressive de la septaine en passoire, la seule solution est la vaccination. Alors, il faut mettre les moyens pour une vaccination encouragée et massive …

LA STRATÉGIE « ZÉRO COVID » EST DÉPASSÉE

Les statistiques résultant d’une stratégie « zéro Covid » affichées en Nouvelle Calédonie et par des pays comme l’Australie, le Vietnam et même la Chine restent bien meilleures qu’en France. Mais avec le variant Delta, considéré comme étant 60% plus contagieux qu’Alpha, il est de plus en plus difficile de tendre vers le « zéro cas ». Autre difficulté : de nombreux experts estiment que le coronavirus fera partie du paysage pendant des années. Se pose alors la question du moment où les pays « zéro Covid » oseront rouvrir leurs frontières.

SINGAPOUR VA OUVRIR SES FRONTIÈRES
A Singapour, par exemple, où seulement 37 morts sont à déplorer au total, les autorités changent de cap. En juin, elles ont détaillé un plan pour lever graduellement les restrictions à mesure que la vaccination progresse : 58% des habitants sont déjà complètement vaccinés et 16% ont reçu au moins une dose. L’objectif est désormais de se concentrer sur les chiffres des hospitalisations et de parvenir peu à peu à traiter le coronavirus comme la grippe. Mais les autres Etats auront des difficultés à sortir de cette stratégie sans exposer leur population, car leur couverture vaccinale est faible : seuls 15% des Australiens et Néo-Zélandais sont complètement vaccinés, et seulement 1,63% à Taiwan et 0,68% au Vietnam, selon Our World in Data.

EN POLYNÉSIE, LA PEUR D’ÊTRE SUBMERGÉ
Selon Tahiti Infos,  » Ce n’est pas tant l’effet volume de patients qui nous impacte dans un premier temps que la rapidité avec laquelle ils arrivent”. Les traits tirés par la fatigue, le président de la Commission médicale d’établissement au CHPF, Philippe Dupire n’en revient toujours pas de la montée en charge des malades en l’espace de dix jours. La découverte d’un premier malade porteur du Delta dix jours après son arrivée à l’aéroport de Tahiti-Faa’a avait déjà inquiété le personnel de l’hôpital. “Et puis ça s’est emballé avec le cluster de l’hospitel, on a découvert un patient le mardi vers midi, le lendemain on avait déjà 15 patients contaminés, et quelques jours plus tard, huit de plus » rapporte celui qui est aussi chef du service pharmacie à l’hôpital du Taaone. »

Au Centre Hospitalier de Tahiti, « on a peur d’être submergé » indique un responsable.  » C’est donc un appel à l’aide que les médecins du Taaone lancent, indique Tahiti Infos. “Les soignants sont en première ligne mais ils ont besoin des efforts de tout le monde. Si on rame d’un côté et que les autres rament dans l’autre sens, on ne va pas s’en sortir”.

UNE SEULE SOLUTION POUR LA CALÉDONIE : ACCÉLÉRER SA VACCINATION
La Calédonie n’échappera pas à cette sorte de fatalité. Inévitablement, un variant Delta franchira les barrières sanitaires actuellement en place, et la propagation du virus sera, dans ce cas, fulgurante.

Compte tenu de l’étendue des facteurs de comorbidité -obésité, surpoids, diabète, surtensions artérielles-, cette pénétration du coronavirus mutant risquera alors de se traduire dramatiquement.

La vaccination locale étant largement insuffisante, il est urgent de l’accélérer. Le nouveau gouvernement serait bien inspiré de se saisir du dossier dont les paramètres sont bouleversés par le variant Delta.

LE VARIANT DELTA, UNE MENACE POUR LA NOUVELLE CALÉDONIE

Le variant Delta est le nouveau cauchemar dans la crise sanitaire du Covid-19. Sa mutation résulte des millions de circulation au sein de la population infectée en Inde, et sa contagiosité est effrayante. Par lui, le coronavirus a accéléré son infection dans le monde entier. Personne ne peut garantir qu’il ne franchira pas la frontière sanitaire érigée par le territoire par des régimes de quarantaine, en raison, justement de son étonnante contagiosité. L’Australie et la métropole en font la triste expérience. Aux Antilles, des patients doivent être évacués vers la métropole en raison de la saturation des services de réanimation des hôpitaux. Face à ce nouveau fléau qui nous menace, une seule réponse : la vaccination.

ETAT D’ALERTE AUX ETATS UNIS
« Coronavirus : Des documents américains sonnent l’alarme face au variant Delta et assurent que « la guerre a changé » », titre un quotidien français. Ces documents internes de l’agence sanitaire des Etats-Unis s’appuient sur une analyse de près de 900 cas de Covid-19 dépistés après des festivités du 4-Juillet, où trois quarts des participants à l’évènement étaient vaccinés.

Selon ces sources, le variant Delta est aussi contagieux que la varicelle, et a probablement des effets plus graves que ses prédécesseurs. Les personnes contaminées semblent le transmettre, qu’elles soient vaccinées ou non, d’où la flambée des contaminations constatée un peu partout dans le monde.

Certes, les personnes vaccinées résistent plutôt bien à l’infection, et évitent les formes graves du Covid. Mais même si elles ne présentent aucun symptôme, elles peuvent contaminer leur entourage, ou des personnes simplement croisées. Selon des études australiennes, il ne suffirait que quelques secondes de proximité pour que le virus infecte.

Révélés par le Washington Post, ces documents, dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP, s’accompagnent d’une mise en garde à l’égard des responsables : « la guerre a changé ». Ainsi, la directrice des CDC, Rochelle Walenksy, s’est appuyée sur les données de la présentation pour recommander à nouveau, depuis deux jours, le port du masque en intérieur pour les personnes vaccinées dans les zones à haut risque.

EN CALÉDONIE, LA VACCINATION EST LA SEULE RÉPONSE
Certes, en Nouvelle Calédonie, le régime d’isolement pour les personnes non vaccinées, avec test PCR avant leur sortie, et celui de contrôle sanguin+test PCR pour les personnes vaccinées est, en théorie, efficace.

Mais l’extrême contagiosité des personnes infectées admises au Médipôle dans le service Covid, ne met personne à l’abri d’un accident, d’une contamination fortuite tant ce variant semble extraordinairement agile.

Selon la plus récente étude chinoise sur ce sujet, le variant delta posséderait une charge virale jusqu’à 1260 fois supérieure à celle de la souche d’origine, ce qui explique son pouvoir contaminant avec, en outre une période d’incubation plus courte et une vitesse de réplication plus élevée. En moyenne, les malades infectés par delta peuvent être testés positifs quatre jours après l’infection, contre six pour des personnes contaminées au début de l’épidémie, en 2020. Certes, ces résultats méritent d’autres confirmations, mais la menace est prise en considération dans tous les pays.

En Calédonie, la population présentant des facteurs de comorbidité est importante. Une diffusion rapide du Covid y serait dramatique. Or, les habitants ont la chance de disposer, gratuitement, du vaccin Pfizer réputé être le plus efficace. Conclusion : la vaccination y est donc, plus que jamais, nécessaire parce qu’elle constitue la seule réponse à la menace du variant Delta.

QUARANTAINE PAYANTE POUR TOUS APRÈS LE 31 OCTOBRE ?

Le nouveau gouvernement qui va prendre ses fonctions aujourd’hui va avoir une autre question délicate à régler, qui va s’ajouter au Ruamm, au budget, à la CLR, et à la crise du bâtiment : le régime sanitaire d’entrée en Nouvelle-Calédonie.

Celui-ci prévoit actuellement une quatorzaine pour les non-vaccinés, et une septaine pour les vaccinés. Un régime déjà fragilisé par les quelques recours ayant abouti.

Quelle sera la situation au 31 octobre prochain ?

D’une part, au plan national, la loi d’urgence sanitaire aura été levée. Or, c’est sous son empire que les contraintes au droit d’aller et venir ont pour être mises en œuvre, avec toutefois, une « autonomie » laissée au Haut-Commisssaire de Nouvelle-Calédonie. La durée de cette loi s’achève au 30 septembre. Dès lors, comment sera interprétée le principe de liberté de circuler en Calédonie par les juges ?

Mais surtout, le dispositif d’hébergement gratuit dans les hôtels réquisitionnés sera impossible à financer. Il a déjà bénéficié d’une généreuse subvention de l’Etat à hauteur de 10 milliards, permettant le bouclage du budget local.

Au delà du 31 octobre, les finances calédoniennes seront dans l’incapacité de payer, en plus des autres dépenses urgentes, ces dépenses sanitaires. Dans ces conditions, quelles solutions demeurent ?

La première consisterait à faire payer par les voyageurs les frais liés au régime de quarantaine. Avec, comme c’est déjà le cas, une septaine pour les personnes vaccinées.

La seconde serait de maintenir une quatorzaine payante pour les non vaccinés, mais de soumettre à un confinement court en hôtel -une nuit ou deux- les personnes vaccinées, justifiant d’un test PCR négatif et d’une sérologie positive prouvant l’activité de leurs anticorps.

La troisième pourrait prévoir le maintien du régime de quatorzaine payante pour les non vaccinés, et une septaine à domicile pour les personnes vaccinées justifiant d’un test PCR négatif et d’une sérologie positive.

Ce dispositif, d’ailleurs préconisé par de nombreux médecins, permettrait à la fois de ménager les finances publiques, et de maintenir un dispositif de protection du territoire. Serait-il totalement étanche ? En tout cas, chaque Calédonien serait alors face à sa responsabilité individuelle : celle de se faire vacciner gratuitement, et celle de risquer d’être atteint par la maladie.

COVID : LA SEPTAINE, OBSTACLE À LA LIBERTÉ D’ALLER ET VENIR ?

La liberté d’aller et venir est un droit garanti par la Constitution de la République. Elle s’impose partout sur le sol national, dont fait partie la Nouvelle-Calédonie.  Cette liberté est encadrée par le régime d’urgence sanitaire déclaré sur l’ensemble du territoire national par un décret pris le 17 octobre 2020. La loi du 31 mai 2021 organise la sortie de l’urgence, et a instauré un régime transitoire qui s’achève le 30 septembre prochain.

Le régime d’urgence sanitaire autorise notamment le Premier ministre à prendre des mesures limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion (y compris des mesures d’interdiction de déplacement hors du domicile)

De son côté, la Nouvelle-Calédonie, compétente en matière de santé, a mis en place une obligation de quarantaine pour tout arrivant sur le territoire.

Urgence sanitaire et régime de quarantaine ont jusqu’à présent fait bon ménage en raison de la concordance des intérêts de l’Etat et du territoire. Pour gérer harmonieusement l’ensemble, les décisions ont été prises conjointement par le Haut-Commissaire et le président du Gouvernement.

La question qui se pose est la disparition de cette concordance à la date du 30 septembre, date à l’issue de laquelle l’ensemble des Français va recouvrer ses droits d’aller et venir librement.

Déjà, une décision récente du premier président de la Cour d’Appel ayant conduit à la « libération » d’une personne soumise à la contrainte de la quarantaine alors que ses tests démontraient qu’elle n’était ni malade, ni contagieuse, a rappelé le caractère éventuellement excessif de privation de liberté d’aller et venir.

Ainsi, au delà du 30 septembre, toute entrave à cette liberté fondamentale devra être hautement justifiée. Or, pour les voyageurs vaccinés, disposant de tests prouvant qu’ils ne sont pas infectés et qu’ils disposent d’anticorps suffisants, il ne sera probablement pas possible, pour la Nouvelle-Calédonie, de leur imposer un isolement en septaine. Un isolement que le bon sens, à lui seul, d’ailleurs, devrait écarter.

Il ne fait pas de doute, dans ces conditions, que le gouvernement doit aménager sa copie. Tout laisse à croire que dans le cas contraire, il pourvoirait grandement à la multiplication des honoraires d’avocats …