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Nouvelle donne politique chez les loyalistes : 3 niveaux de changements

La recomposition politique intervenue lors de l’élection du Président jeudi dernier, l’accord de vote exprimé entre le nouveau groupe des Républicains, l’isolement de l’UCF traduisent une nouvelle donne politique. Un nouveau Pacte, un nouveau CGS, un rapprochement éphémère ? Décryptage.

Un nouveau regroupement : les Républicains
Première strate de cette nouvelle donne : la formation au congrès –pour l’instant-, de l’émanation du nouveau parti créé sous search-4l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Car c’est bien ainsi que les choses se présentent : ce groupe est une réunion, et non pas une « fusion-absorption » comme le prétendent ses adversaires. A preuve, les appartenances à leurs partis politiques respectifs de Sonia Backes et d’Isabelle Lafleur demeurent.

Mais qui peut douter qu’au delà du ou des simples groupes, une nouvelle dynamique d’union est en train de se créer ? Elle se place, non pas, sous le joug du Rassemblement, mais sous les auspices de Sarkozy et des Républicains. Peut être, un jour, si les vents deviennent trop mauvais pour l’ancien chef de l’Etat, de Juppé et … des Républicains.

La réalité, même pour le Rassemblement, est qu’une page est probablement en train de se tourner. Elle est générationnelle, certes, mais politique, surtout.

D’ailleurs, ceux qui crient à la trahison de Backes ou de Lafleur sont en grande partie ceux là même qui ont été pendant des années dans une seul maison : le RPCR …

L’isolement de l’UCF
Bien sûr, les leaders de l’UCF affirment haut et fort qu’ils ne sont pas isolés : seulement fidèles à leurs convictions et fidèles à leurs électeurs. C’est la loi du genre en pareille circonstance.

Mais c’est surtout un sentiment « anti-Frogier » qui les animent. Cela transpire dans les apparitions publiques ou sur les réseaux sociaux.

En particulier, la pierre d’achoppement est le fameux emblème de l’identité kanak, monté avec l’accord de Nicolas Sarkozy et la bénédiction de François Fillon alors Premier ministre. Pourtant … A la mairie de Nouméa, Jean Lèques était plus que tiède. C’est donc son premier adjoint, Gael Yanno, qui s’est chargé de hisser le drapeau kanak, puis de se rendre à Ouvéa pour la montée des deux drapeaux –et celle du drapeau de la République pour la première fois depuis 25 ans !- en compagnie du maire d’alors Maurice Tillewa.

Ainsi, aujourd’hui, les ex-UMP de l’UCF sont à double titre plutôt en rupture de ban avec Sarkozy. Et surtout, pas d’accord pour la constitution du groupe des Républicains, renonçant à une candidature à la Présidence du congrès, subissant une défection de dernière minute de l’étonnante Nicole Robineau, c’est pour eux davantage de l’isolement que du regroupement.

Pourtant, aucun partie ne peut se targuer d’avoir à lui seul une majorité dans les assemblées dominées par les loyalistes. Aussi, les élus de l’UCF peuvent jouer la charnière. Peut être plus à la Province sud, où Gil Brial fait partie d’un exécutif au trois quarts Calédonie Ensemble, et où Philippe Michel ne possède pas de majorité absolue. En tout cas, l’UCF est affaiblie. Mais elle n’a pas disparu.

Calédonie Ensemble-Républicains : un rapprochement … des points de vue
frogier_2Outre « les suitesimgres du Comité des Signataires », Calédonie Ensemble n’avait rien à gagner à tenter de prendre la Présidence du congrès, après celles de la Province sud, du gouvernement, et probablement du Conseil Economique et Social. L’hégémonie a tout de même des limites !

Magnanime, le parti de Philippe Gomes a voté pour les candidats des Républicains. Mais surtout, le Président de la première formation politique de Calédonie a exprimé à plusieurs reprises une convergence nouvelle entre son « referendum éclairé » et « le troisième Accord » de Pierre Frogier.

Suffisamment, en tout cas, pour que d’aucuns y voient « un genre de nouveau Pacte Républicain ». Et de craindre, chez les moins nombreux, de passer sous la férule du député de la deuxième circonscription.

La réalité semble plus subtile. Incontestablement, c’est un rapprochement des points de vue pour tenter de préparer de manière plus consensuelle, avec les indépendantistes et l’Etat, la sortie de l’Accord de Nouméa.

UnknownPour le reste, point de rapprochement ni de convergence pour l’instant. Simplement cet appel de Thierry Santa, tout juste élu, à Philippe Germain pour que « l’esprit de dernier Comité des Signataires » souffle jusqu’au quatrième étage de l’immeuble du gouvernement.

Mais pour que ce satané ou providentiel esprit ne s’essouffle pas, il faudra parler conception de l’économie, stratégie nickel, rôle des entreprises, fiscalité, TVA, mesures de lutte contre la vie chère, équilibre des régimes sociaux, production locale. Sujets si chers aux calédoniens parce qu’il sont leur vie quotidienne, mais si divergents entre Calédonie Ensemble et les Républicains.

Et là, si après tout, en politique rien n’est impossible et qu’il faut au contraire rendre possible ce qui est nécessaire, « l’esprit » devra sacrément souffler…

THIERRY SANTA ÉLU PRÉSIDENT DU CONGRÈS

L’élection de Thierry Santa, candidat du nouveau groupe « les Républicains » présidé par Sonia Backès était attendue. Mais la séance du congrès a produit ses premières surprises.

imagesCe matin, en effet, et contrairement à ce qu’il avait annoncé, Gael Yanno ne s’est pas porté candidat au « perchoir ». Probablement en raison de la défection de dernière minute de Nicole Robineau, ce qui lui laissait entrevoir un score de 3 voix.

Toutefois, l’UCF s’est abstenue au premier tour. Une façon de rappeler qu’avec 3 élus, Gael Yanno détient une des clés de la majorité des loyalistes au congrès.

Au cours du deuxième tour, le candidat des Républicains a cette fois recueilli la majorité absolue avec 29 voix.

Autre événement annoncé, les indépendantistes ont présenté une candidature unique, celle de Rock Wamytan. Une première depuis des années.

Troisième événement : dès l’ouverture de la séance, Thierry Santa a appelé à ses côtés le Président du gouvernement. Au cours de son discours il a appelé Philippe Germain a insuffler au gouvernement l’esprit de concorde qui a soufflé du le congrès.

La suite dans les prochains jours. Peut être.

Sarkozy : non-lieu probable et mains plus libres pour 2017

search-8 Nicolas Sarkozy devrait pouvoir préparer sereinement les primaires de 2017 et même envisager sa candidature aux prochaines présidentielles. Un des principaux risques susceptible de plomber ses ambitions de retour pourrait prochainement tomber.

En effet, le 8 juillet dernier, le parquet a requis un non-lieu général sur le dossier des pénalités liées à la précédente campagne présidentielle, pénalités payées par l’UMP. Dans cette affaire, l’ancien chef de l’État est placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté dans cette affaire. Ce sont Jean-François Copé et l’ex-trésorière du parti Catherine Vautrin qui sont mis en examen pour abus de confiance.

Il revient à présent aux deux juges d’instruction de trancher. Renaud Van Ruymbeke avait décidé, en avril, de ne pas mettre Nicolas Sarkozy en examen. Une ordonnance de non-lieu semble donc probable.

Le groupe des « Républicains » – Union et République ?

 

 

Pendant que sur les ondes, la guéguerre fait rage entre l’UCF et les Républicains, une réalité demeure : la constitution d’un groupe au congrès n’a contraint aucun des élus y participant à quitter son mouvement politique.

C’est en effet, ou une ambiguité, ou une première étape. Mais dans l’ex-UMP, personne n’a voulu transgresser les instructions de Nicolas Sarkozy : la coordination, le regroupement, mais pas de mouvement politique pour l’instant.

Isabelle Lafleur demeure la dirigeante de son parti, le RPC. Quant à Sonia Backes, elle a démissionné du gouvernement, mais pas du MPC.

Yanno RosadaFace à Alexandre Rosada, le Président de l’UCF, Gael Yanno, a déclaré refuser « de se soumettre à Pierre Frogier ». Mais il semble bien que ni Isabelle Lafleur, ni Sonia Backes n’aient prêté allégeance au Président du Rassemblement qui d’ailleurs, ne siège pas au congrès et ne leur a pas demandé.

Les loyalistes sont, paraît-il, en quête d’union. Depuis 2004, les routes des uns ont divergé de celles des autres. Mais ils ont un point commun : tous ont fait leurs classes –et ont accédé au statut d’élu- au RPCR. « R » comme République.

Or par définition, les républicains sont attachés à la République, par opposition aux indépendantistes qui veulent s’en séparer. Inévitablement, la constitution du groupe « les Républicains » suggère une interrogation : Nicolas Sarkozy arrivera-t-il à rétablir l’union des … républicains en Calédonie ?

DONNE POLITIQUE NOUVELLE EN CALÉDONIE-CRÉATION DES « RÉPUBLICAINS »

Un Comité des Signataires aux résultats inespérés, une rencontre importante de loyalistes avec Nicolas Sarkozy, un « esprit des Accords » décrit comme « retrouvé », autant d’évolutions qui vont se traduire dans la vie politique locale aux tous prochains jours. Jeudi soir, en tout cas, dix conseillers du congrès ont déposé une déclaration de groupe intitulé « Les Républicains ». Tout laisse à penser qu’une page se tourne, et qu’une autre, nouvelle, est en train de s’écrire. Explications.

FINALEMENT, UN COMITE DES SIGNATAIRES
Le gouvernement français, inspiré par de vieilles lunes, n’avait pas saisi la réalité du contexte calédonien d’aujourd’hui en ce début d’année. Intransigeant sur la composition des listes électorales, il demeurait sourd aux demandes répétées du Sénateur Pierre Frogier de réunir un Comité extraordinaire pour remettre la Calédonie sur les rails des Accords, et rien n’y faisait.

Noumea

Il a fallu que dix mille calédoniens descendent dans la rue le 24 avril dernier lors de la visite du Président de l’Assemblée Nationale, pour que, alerté par ce dernier, Manuel Valls prenne le véritable pouls du territoire. Claude Bartolone ne s’y est pas trompé : la Calédonie est une poudrière qui sommeille. Malheur à celui qui met le feu aux poudres !

En 24 heures, tout a basculé. Un Comité des Signataires extraordinaire programmé. Et le Premier ministre piqué au vif au cours de la réunion par Pierre Frogier qui lui demande tout de go d’être enfin à la hauteur de ses prédécesseurs prestigieux, Michel Rocard et Lionel Jospin. Pour le coup, Manuel Valls « secoue le cocotier », replace l’Etat dans le jeu, et met chacun en face de ses responsabilités. Résultat : un Comité salué comme une avancée remarquable dans un esprit des Accords retrouvé.

« SURMONTEZ VOS DIVISIONS »
Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, le Sénateur, Gael Yanno et Isabelle Lafleur rencontrent Nicolas Sarkozy dans la foulée de la création des Républicains. Le Président de la toute nouvelle formation politique nationale n’y va pas par quatre chemins. « Pour réussir le destin de la Calédonie, il est temps pour vous de surmonter vos divisions » recommande-t-il à ses interlocuteurs. Fermement. Et à l’appui de ses dires, il évoque son propre parcours, pour ressouder la famille UMP d’abord, puis pour réussir la naissance des Républicains.

Pierre Frogier connaît le tempérament de Nicolas Sarkozy. Il sait qu’une « ferme recommandation » est davantage qu’une instruction : un devoir …

Gael Yanno réagit différemment. Au sortir de la réunion, il indique son intention de fonder le parti des Républicains Calédoniens ! Ce qui lui vaut la remarque immédiate de son compère Philippe Blaise qu’il existe déjà le Mouvement des Républicains Calédoniens …

Mais tout cela se passe à Paris. C’est à Nouméa que l’action politique va se déplacer.

CRÉATION DES « RÉPUBLICAINS »
Pierre Frogier
sent qu’il se trouve dans une séquence positive. Il est conscient aussi du fait que la création des Républicains peut répondre à une interrogation complexe :  comment à la fois redonner un nouveau départ aux discussions qui l’obsèdent sur la sortie de l’Accord de Nouméa, aller dans le sens voulu par le Président des Républicains, et répondre à l’inquiétude des calédoniens qui grandit ?

Une nouvelle fois, il « jette la rancune à la rivière », et décide de tenter de surmonter les divisions. C’est un récidiviste de l’union. Déjà en 2009, au nom de l’intérêt de la Nouvelle-Calédonie, il avait mené la réconciliation avec un Philippe Gomès pourtant honni par le Rassemblement.

Lors de son comité directeur du 17 juin, le Rassemblement acte  « le principe de la constitution du groupe « Les Républicains » au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, groupe qui pourra être élargi à tous les élus qui partagent ses valeurs et qui souhaiteraient s’y associer. »

searchGael Yanno, est dans une autre démarche. Il fait connaître ses réticences à cette proposition, puis s’exprimant sur plusieurs radios, annonce qu’il ne participera pas à la création du groupe de Républicains. Le 8 juillet, il indique qu’il sera candidat au perchoir du congrès.

Isabelle Lafleur, elle, est sensible à la volonté d’union de Sarkozy. Elle n’a jamais caché que son implication dans la vie politique n’avait qu’un seul but : participer à la réunion des loyalistes en poursuivant le dialogue avec les indépendantistes, comme le fit Jacques Lafleur. Elle décide d’être parmi les fondateurs du groupe nouveau.

Sonia Backès qui a déjà beaucoup appris en politique, sent bien que renoncer à cette opportunité d’union, prônée par l’homme fort de l’opposition nationale et peut être demain, Président de la République, serait probablement une erreur. Elle est de surcroît déçue par Gael Yanno dont elle a pourtant grandement suscité l’ascension, et leur inimitié croissante est devenue un secret de polichinelle dans le landernau politique local…

Elle décide donc de démissionner du gouvernement où l’atmosphère est délétère et le travail quasiment impossible, pour participer à la création des Républicains au congrès. Et obtient la présidence du groupe.

imagesTous s’accordent à « surmonter leurs divisions » comme le souhaitait Sarkozy dont l’ombre va désormais flotter au congrès. Un ombre particulière pour les indépendantistes : depuis « les événements », Nicolas Sarkozy avait été le premier Président de la République à être accueilli  par eux à la Place Bir Hakeim, après qu’il eut accepté de faire flotter le drapeau de l’identité kanak aux côtés de celui de la France.

UNE NOUVELLE PAGE POLITIQUE OUVERTE
Certes, un groupe d’élus n’est pas un mouvement politique. Mais la constitution des Républicains, jeudi soir, au sein de la première assemblée du territoire, est un événement parce qu’il rebat, de manière importante, les cartes politiques locales.

Il connaîtra logiquement des prolongements, et rapidement, à l’Assemblée de la Province sud.

search-1Effet collatéral : il fait exploser l’UCF. Arithmétiquement, Gael Yanno devrait perdre son siège de Président du congrès et son groupe politique n’existera plus. Il faut en effet 6 sièges pour en constituer un. Il perd également tous les moyens matériels et humains liés à la fonction et au groupe. Enfin, l’UCF ne pourra pas prétendre à présenter une liste dans un quinzaine de mois pour la nouvelle désignation du gouvernement.

Inversement, les Républicains ont de bonnes chances d’avoir un ou une des leurs présider le congrès. Philippe Gomès, déjà accusé d’hégémonie institutionnelle, ne souhaite pas briguer pour son parti cette présidence mais soutiendra un candidat d’union non-indépendantiste.

Dès lors, si les jeux ne sont pas encore faits, on sait qui a les atouts dans sa main.

LISTE UNIQUE INDEPENDANTISTE
Autre interrogation dans la perspective du renouvellement du bureau du congrès le 16 juillet prochain : une candidature puis une liste unique des indépendantistes. Cette hypothèse est aujourd’hui très crédible.

Mais paradoxalement, elle contribuera à renforcer et à accélérer un processus de réunion des loyalistes. En ce sens, la formation du groupe des « Républicains » est une avancée. Mais si les « loyalistes » veulent maintenir au congrès une majorité qui existe démocratiquement dans le territoire, il leur faudra aller au delà.

En effet, dans l’hypothèse d’une liste unique, les indépendantistes pourraient rafler la mise face à une division de leurs adversaires …

UNE BONNE NOUVELLE POUR LES CALÉDONIENS
En attendant, le nouveau processus d’union amorcé par Les Républicains est un événement politique. Plusieurs échéances se profilent : la présidence du congrès, bien sûr, mais au delà, l’élection du prochain Président de la République, puis les élections législatives.

Ce début de retour à l’union est en tout cas une bonne nouvelle pour les calédoniens, lassés des guerres fratricides, inquiets de la dégradation de l’économie, anxieux devant le terme de l’Accord de Nouméa qui se rapproche.

Après plus de 10 ans de déchirements ininterrompus entre loyalistes, ils attendaient que la page se tourne. C’est peut être maintenant.

Gael Yanno candidat à la Présidence du Congrès Quelles chances a-t-il ?

Entouré de deux élus du Mouvement Populaire Calédonien, Gael Yanno a annoncé hier après midi son intention de se porter candidat à sa propre succession pour la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.

search« Je ne veux pas rentrer dans des jeux politiciens, dans des tractations secrètes. Cela ne m’intéresse pas. Il est important pour moi de faire fonctionner le congrès de la Nouvelle-Calédonie au mieux, il est important également de rallier ni les uns ni les autres mais de faire en sorte qu’au sein de la famille des non-indépendantistes, nous puissions travailler dans les dernières années de l’Accord de Nouméa au mieux » a-t-il déclaré. Poursuivant qu’il souhaitait continuer ce travail pour l’année à venir.

Les autres composantes de l’UCF, groupe rassemblant le MPC de Gael Yanno, le MRC de Philippe Blaise et le RPC d’Isabelle Lafleur n’étaient pas toutes présentes. Est-ce un signe de malaise ?

Autre élément évoqué, la constitution annoncée d’un groupe « les Républicains » au Congrès. On se souvient en effet que plusieurs personnalités, parmi lesquelles Gael Yanno, Isabelle Lafleur et Pierre Frogier, ont rencontré longuement Nicolas Sarkozy lors de leur séjour parisien consacré au Comité des Signataires.

Il apparaît que le Président des Républicains a « fermement » invité ses interlocuteurs à surmonter leurs divisions, seule possibilité de faire progresser la Nouvelle-Calédonie et de préparer au mieux la sortie de l’Accord de Nouméa. Il a ainsi pris exemple ses propres efforts pour réunir l’ex famille UMP au travers des Républicains.

La formation du groupe des Républicains du congrès amorcerait cet « effort à surmonter les divisions », conforme à la « recommandation » de Nicolas Sarkozy …

Gael Yanno, pour sa part, reste sourd à cet appel. Il a même déclaré qu’il refuserait de s’inscrire au groupe « les Républicains » si ce dernier était créé. Mais si tel n’est pas le cas d’un ou de plusieurs élus UCF au congrès, le groupe UCF disparaîtra de la première assemblée.

Ainsi, dans cette hypothèse, les chances d’une candidature solitaire de Gael Yanno au « perchoir » le 16 juillet seraient pour le moins ténues …

Sonia Lagarde restera députée

Première conséquence de la scission de Calédonie Ensemble à la mairie de Nouméa, sur les ondes de RRB vendredi midi, la députée-maire, Sonia Lagarde, a annoncé qu’elle ne démissionnera pas et conservera son siège à l’Assemblée Nationale.

searchRappelant qu’elle s’était engagée « les yeux dans les yeux » auprès des Nouméens à démissionner avant la fin 2014, elle a indiqué que plusieurs événements locaux l’avaient dissuadée de le faire.

D’abord, la chute du gouvernement Ligeard, et les conditions de formation du gouvernement Germain. « Les Calédoniens sont inquiets. Ce n’était pas un moment propice ».

Ensuite, à l’issue d’un déplacement à Paris au cours duquel elle interroge le Premier ministre sur le corps électoral, « je me retrouve revenant ici avec le dépôt d’un groupe »(le groupe Calédonie Ensemble à la Mairie – ndlr).

« C’est comme un chewing gomme collé à ma chaussure, cette affaire de députation. Je l’ai dit à un moment, le soir d’un débat et je traîne ça avec des remords » indique Sonia Lagarde au micro d’Elisabeth Nouar, ajoutant « je voudrais dire aux Nouméens qui m’écoutent : franchement, je m’excuse de l’avoir dit ».

Soulignant qu’elle ne cumule en aucune manière ses indemnités de maire et de députée, elle souligne sa liberté de parole et celle de ne pas « être mis au pas », et donc de résister aux pressions qui semblent s’exercer.

Elle met aussi en exergue l’avantage pour la ville de Nouméa d’avoir un maire disposant d’une écoute dans les ministères à Paris.

Elle annonce ainsi, après également que certains de ses collègues députés lui aient déconseillés de démissionner, notamment parce qu’elle est la seule maire UDI d’une ville de 100.000 habitants : « Je ne céderai à rien, je vais résister, et je vais assumer mon mandat de députée jusqu’au bout. »

Scission Calédonie Ensemble à Nouméa : les conséquences possibles

 

C’était une rumeur, c’est devenu une réalité : le groupe issu de l’élection de Sonia Lagarde à la mairie de Nouméa en mars 2014 a éclaté en deux : curieusement, un groupe … Calédonie Ensemble, et par soustraction, le solde étant le « groupe » fidèle à la Députée-Maire. Conséquences.

Unknown-1Ce rebondissement n’est pas sans rappeler deux événements de la vie politique récente à Nouméa. D’une part, la mise en minorité de Jean Lèques alors Maire de la ville par un groupe dissident du Rassemblement emmené par Gael Yanno. D’autre part, alors que Didier Leroux était aux côtés de Philippe Gomès, la candidature de ce dernier contre celle du premier aux élections législatives de 2007.

En Nouvelle-Calédonie, la boucle de l’instabilité est presque … bouclée. Après les péripéties rocambolesques du gouvernement et la drôle de gouvernance qui y règne, voilà que la capitale où vit 40% de la population calédonienne plonge à son tour dans les lendemains incertains.

La situation, d’ailleurs, mérite d’être examinée de plus près.

Certes, 21 élus défient la députée-maire qui ne dispose que d’une troupe fidèle de 19 élus, mais au sein de l’exécutif municipal, Sonia Lagarde peut compter sur 9 adjoints contre 6 à Calédonie Ensemble.

LES CONSEQUENCES
AU SEIN DE LA VILLE
DE NOUMEA

Quelles conséquences pour le fonctionnement de la commune dans l’immédiat ?

Pas grand chose.

Dans une ville, le maire règne en maître. Surtout s’il est majoritaire au sein de l’Exécutif, et c’est le cas de Sonia Lagarde.

De surcroît, le Maire peut déléguer des compétences et des signatures à ses adjoints. Mais il peut aussi les retirer …

Quant aux fonctionnaires de la ville, ils n’ont qu’un seul chef hiérarchique : le maire.

C’est donc sur les seules décisions relevant du conseil municipal que Sonia Lagarde peut être mise en difficulté.

A ce jeu là, plusieurs choix s’offrent à elle pour les tourner à son avantage :

  • présenter les textes qui ne souffrent d’aucune contestation, et généralement votés à l’unanimité. En s’y opposant, les élus de Calédonie Ensemble peuvent alors porter préjudice aux Nouméens et être atteints par une image négative
  • Présenter des textes susceptibles de votes hostiles et donc risqué Mais dans ce cas elle peut tenter d’en faire une présentation telle que les opposants de « son camp» augmenteraient leur discrédit.

C’est lors du vote du budget que la situation risque d’être « très chaude » …

En effet, en cas de refus de vote du budget par le Conseil Municipal, le Maire apparaîtra en réelle difficulté et en position de plus grande faiblesse. Mais Sonia Lagarde n’a pas la langue dans sa poche, et les risques de dégâts collatéraux peuvent être très importants, notamment pour Calédonie Ensemble. A tout juste deux ans du renouvellement des mandats législatifs.

LES CONSEQUENCES
AUX LEGISLATIVES

Et c’est là que Calédonie Ensemble peut courir un grand risque.

A peu de choses près, les élections législatives prochaines auront lieu dans deux ans exactement, c’est à dire demain. Deux cas de figure peuvent notamment être envisagés dans la première circonscription où les 60 000 électeurs de Nouméa pèsent d’un poids déterminant.

Le premier est que Calédonie Ensemble et les opposants loyalistes -peut être Les Républicains- présentent chacun leur candidat.

Dans ces conditions, rongé à la fois par l’image de diviseur de la ville de Nouméa et par une campagne hostile de la Maire de Nouméa, le candidat de Calédonie Ensemble risque très fort de mordre la poussière !

Le second est que les loyalistes présentent un candidat unique.

Cela suppose un sacré changement politique au sein du camp loyaliste. Mais je dis souvent qu’en politique, tout n’est pas possible, mais rien n’est impossible …

Indépendance ou Interdépendance ? L‘Union Calédonienne ouvre le débat

Le concept d’interdépendance pour la Calédonie n’est pas nouveau. Il fut évoqué par Jean-Marie Tjibaou, puis largement suggéré dans le préambule de l’Accord de Nouméa. Daniel Goa remet ce sujet à l’ordre du jour au récent Congrès de l’Union Calédonienne à Ponérihouen. Les interdépendances trouvent-elles une expression dans la souveraineté partagée, telle que définie dans ce préambule : « le partage des compétences signifiera la souveraineté partagée ». Commentaires.

Le préambule de l’Accord de Nouméa est un texte lumineux, mais ambigu. Dans la droite ligne des Accords de Matignon, il avait vocation à satisfaire deux parties dont les objectifs politiques étaient diamétralement opposés : l’indépendance pour les uns, le maintien de la Calédonie dans la France pour les autres.

Fondation d’une nouvelle souveraineté
Ainsi, les indépendantistes ont pu se réjouir de la partie du texte qui affirme dans le troisième chapitre : « Il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée, ce qui équivaut pour lui à une reconnaissance de sa souveraineté, préalable à la fondation d’une nouvelle souveraineté dans un destin partagé ». Ouf !

Dans le décryptage de cette phrase complexe, on pourrait comprendre que la reconnaissance de la souveraineté du peuple kanak est donc préalable à la fondation d’une nouvelle souveraineté dans un destin partagé. Faux. Car le texte a précisé que dès lors qu’il est fait « mémoire de ces temps difficiles » (ceux de la colonisation), que les « fautes » de la colonisation sont reconnues, que l’identité du peuple kanak est restituée, cela « équivaut », pour lui, à la reconnaissance de sa souveraineté.

Un contexte mondial nouveau
Cette séquence accomplie, la Calédonie peut donc passer à l’étape « nouvelle souveraineté dans un destin partagé ». Le verrou à lever est alors la réponse à la question : l’identité kanak est-elle jugée pleinement reconnue par les kanak pétitionnaires de cette revendication ?

Ce préalable posé, et peut être levé, en s’exprimant au congrès de Ponérihouen, Daniel Goa a sans aucun doute tracé une piste de réflexion pour une solution définitive au statut de la Nouvelle-

Daniel Goa Président de l'Union Calédonienne
Daniel Goa Président de l’Union Calédonienne

Calédonie. Le Président de l’Union Calédonienne évoque les réalité des enjeux dans un contexte nouveau, par rapport à la revendication d’indépendance formulée en juin 1975 : la mondialisation.

Mais il « s’interroge » sur « les discours ou slogans à caractère révolutionnaire » qui semblent décalés au regard de cette situation planétaire nouvelle. Il replace ainsi dans le 21è siècles, une revendication formulée en juin 1975, c’est à dire il y a 40 ans. C’était un autre temps, et surtout, un autre monde.

L’émancipation est la décolonisation
C’est tout le formidable enjeu de la démarche de décolonisation initié par les accords et observés par l’Organisation des Nations Unies. La décolonisation peut être aboutie dans des termes qui sont différents de la rupture avec l’ancienne puissance coloniale. Mais ces termes doivent faire consensus, c’est le fondement de la résolution de 1970 sur la quatrième voie de la décolonisation.

Dans mon livre écrit en 2005 « 2018 – la fin de l’Accord de Nouméa », j’avais écrit :

« La Calédonie gagnera à aborder les vrais enjeux, et passé les incantations, il lui faut aller « à l’intérieur des mots ».

« C’est, par l’information et la confrontation des idées, le plus sûr moyen d’apaiser les conséquences des choix (ceux du referendum – ndlr). On fera le constat, alors, que par certains côtés, nous vivons dans une bulle et que tout autour de nous, le monde a changé. On s’apercevra que pour un petit pays comme la Nouvelle-Calédonie, la notion d’indépendance est dépassée. On prendra conscience que la relation moderne entre une métropole et son ancienne colonie ne s’inscrit plus dans la rupture. La liberté a d’autres horizons que ceux du passé, elle subit des contraintes de nature différente. Le bonheur des peuples se construit avec de nouvelles exigences. »

Et il est bon de rappeler cette citation :
« Pour un petit pays comme le nôtre, l’indépendance, c’est de bien calculer les interdépendances ». Jean-Marie Tjibaou

Les Républicains en Calédonie : union ou méli-mélo ?

C’est à un score écrasant que les militants ex-UMP ont approuvé la proposition de Nicolas Sarkozy de renommer leur parti « Les Républicains ». La presse s’en est largement fait écho. En Nouvelle-Calédonie, la famille divisée UMP a-t-elle une chance de se ressouder ?

Sarkozy le souhaite sûrement. Mais dans un premier temps, conscient des difficultés provoquées par une division trop récente et des blessures encore non-cicatrisées, il a demandé qu’à tout le moins, les partis issus de l’UMP coordonnent leur actions.

TROIS CAS DE FIGURE POSSIBLES
Il est vrai que trois cas de figure sont possibles.

D’abord, un rapprochement de ces partis, et notamment du MPC, du RPC, du Rassemblement, de l’Avenir Ensemble et de Simon Loueckhote dans le cadre -pour l’instant indéterminé- des Républicains.

Plus osée : l’hypothèse d’une fusion des partis et d’une redistribution des responsabilités pour maintenir un équilibre entre les responsables. Ce qui suppose l’abandon des anciennes étiquettes.

Enfin, une sorte de drôle de guerre où chacun, continuant de camper sur ses positions, rechercherait tout de même des accords de circonstance.

Peut être un dénominateur commun : l’opposition à Calédonie Ensemble qui poursuit une « purge » non pas de l’indépendance pour reprendre un mot fameux du Président du Rassemblement, mais des autres partis loyalistes au gouvernement et dans tous les organismes publics et para-publics.

Et puis, tout de même, une opposition à l’indépendance.

Premiers à dégainer : les responsables du Mouvement Populaire Calédonien qui ont annoncé leur intention de se muer en Républicains Calédoniens. Réaction du Mouvement Républicain Calédonien de Philippe Blaise, créé en juillet 2011 : Républicain fait déjà partie du nom de cette formation qui n’entend d’ailleurs nullement rallier Les Républicains de Nicolas Sarkozy.

Décidément, les choses ne sont pas simples.

Exit en tout cas l’hypothèse d’une fusion. A dire vrai : qui, dans le contexte actuel, aurait pu croire le contraire ?

MÉLI MÉLO : PAS CERTAIN MAIS PAS IMPOSSIBLE
Reste un rapprochement. Pour coordonner les actions et le cas échéant, pour conclure des accords de circonstance. L’union, en tout cas, ne semble pas être pour demain.

En fait, si le Rassemblement-UMP devenait par exemple le Rassemblement Républicain, rien ne serait changé. A part le nom des partis.

Il faut y ajouter quelques arrières-pensées. Car si de surcroît -mais avec des si …-, Nicolas Sarkozy était élu en 2017 Président de la République, la vague bleue serait forte, et chacun se prépare, en plus, à la course aux investitures.

Philippe Gomes a les moyens de troubler encore davantage le jeu. Le renouvellement du bureau du congrès devrait avoir lieu après les Jeux du Pacifique de Papouasie. Un geste de Calédonie Ensemble pour contrebalancer les querelles et les contentieux entre loyalistes au gouvernement et le calédonien lambda aura du mal à s’y retrouver.

Un méli-mélo pas certain. Mais pas impossible non plus.