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Le groupe des « Républicains » – Union et République ?

 

 

Pendant que sur les ondes, la guéguerre fait rage entre l’UCF et les Républicains, une réalité demeure : la constitution d’un groupe au congrès n’a contraint aucun des élus y participant à quitter son mouvement politique.

C’est en effet, ou une ambiguité, ou une première étape. Mais dans l’ex-UMP, personne n’a voulu transgresser les instructions de Nicolas Sarkozy : la coordination, le regroupement, mais pas de mouvement politique pour l’instant.

Isabelle Lafleur demeure la dirigeante de son parti, le RPC. Quant à Sonia Backes, elle a démissionné du gouvernement, mais pas du MPC.

Yanno RosadaFace à Alexandre Rosada, le Président de l’UCF, Gael Yanno, a déclaré refuser « de se soumettre à Pierre Frogier ». Mais il semble bien que ni Isabelle Lafleur, ni Sonia Backes n’aient prêté allégeance au Président du Rassemblement qui d’ailleurs, ne siège pas au congrès et ne leur a pas demandé.

Les loyalistes sont, paraît-il, en quête d’union. Depuis 2004, les routes des uns ont divergé de celles des autres. Mais ils ont un point commun : tous ont fait leurs classes –et ont accédé au statut d’élu- au RPCR. « R » comme République.

Or par définition, les républicains sont attachés à la République, par opposition aux indépendantistes qui veulent s’en séparer. Inévitablement, la constitution du groupe « les Républicains » suggère une interrogation : Nicolas Sarkozy arrivera-t-il à rétablir l’union des … républicains en Calédonie ?

DONNE POLITIQUE NOUVELLE EN CALÉDONIE-CRÉATION DES « RÉPUBLICAINS »

Un Comité des Signataires aux résultats inespérés, une rencontre importante de loyalistes avec Nicolas Sarkozy, un « esprit des Accords » décrit comme « retrouvé », autant d’évolutions qui vont se traduire dans la vie politique locale aux tous prochains jours. Jeudi soir, en tout cas, dix conseillers du congrès ont déposé une déclaration de groupe intitulé « Les Républicains ». Tout laisse à penser qu’une page se tourne, et qu’une autre, nouvelle, est en train de s’écrire. Explications.

FINALEMENT, UN COMITE DES SIGNATAIRES
Le gouvernement français, inspiré par de vieilles lunes, n’avait pas saisi la réalité du contexte calédonien d’aujourd’hui en ce début d’année. Intransigeant sur la composition des listes électorales, il demeurait sourd aux demandes répétées du Sénateur Pierre Frogier de réunir un Comité extraordinaire pour remettre la Calédonie sur les rails des Accords, et rien n’y faisait.

Noumea

Il a fallu que dix mille calédoniens descendent dans la rue le 24 avril dernier lors de la visite du Président de l’Assemblée Nationale, pour que, alerté par ce dernier, Manuel Valls prenne le véritable pouls du territoire. Claude Bartolone ne s’y est pas trompé : la Calédonie est une poudrière qui sommeille. Malheur à celui qui met le feu aux poudres !

En 24 heures, tout a basculé. Un Comité des Signataires extraordinaire programmé. Et le Premier ministre piqué au vif au cours de la réunion par Pierre Frogier qui lui demande tout de go d’être enfin à la hauteur de ses prédécesseurs prestigieux, Michel Rocard et Lionel Jospin. Pour le coup, Manuel Valls « secoue le cocotier », replace l’Etat dans le jeu, et met chacun en face de ses responsabilités. Résultat : un Comité salué comme une avancée remarquable dans un esprit des Accords retrouvé.

« SURMONTEZ VOS DIVISIONS »
Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, le Sénateur, Gael Yanno et Isabelle Lafleur rencontrent Nicolas Sarkozy dans la foulée de la création des Républicains. Le Président de la toute nouvelle formation politique nationale n’y va pas par quatre chemins. « Pour réussir le destin de la Calédonie, il est temps pour vous de surmonter vos divisions » recommande-t-il à ses interlocuteurs. Fermement. Et à l’appui de ses dires, il évoque son propre parcours, pour ressouder la famille UMP d’abord, puis pour réussir la naissance des Républicains.

Pierre Frogier connaît le tempérament de Nicolas Sarkozy. Il sait qu’une « ferme recommandation » est davantage qu’une instruction : un devoir …

Gael Yanno réagit différemment. Au sortir de la réunion, il indique son intention de fonder le parti des Républicains Calédoniens ! Ce qui lui vaut la remarque immédiate de son compère Philippe Blaise qu’il existe déjà le Mouvement des Républicains Calédoniens …

Mais tout cela se passe à Paris. C’est à Nouméa que l’action politique va se déplacer.

CRÉATION DES « RÉPUBLICAINS »
Pierre Frogier
sent qu’il se trouve dans une séquence positive. Il est conscient aussi du fait que la création des Républicains peut répondre à une interrogation complexe :  comment à la fois redonner un nouveau départ aux discussions qui l’obsèdent sur la sortie de l’Accord de Nouméa, aller dans le sens voulu par le Président des Républicains, et répondre à l’inquiétude des calédoniens qui grandit ?

Une nouvelle fois, il « jette la rancune à la rivière », et décide de tenter de surmonter les divisions. C’est un récidiviste de l’union. Déjà en 2009, au nom de l’intérêt de la Nouvelle-Calédonie, il avait mené la réconciliation avec un Philippe Gomès pourtant honni par le Rassemblement.

Lors de son comité directeur du 17 juin, le Rassemblement acte  « le principe de la constitution du groupe « Les Républicains » au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, groupe qui pourra être élargi à tous les élus qui partagent ses valeurs et qui souhaiteraient s’y associer. »

searchGael Yanno, est dans une autre démarche. Il fait connaître ses réticences à cette proposition, puis s’exprimant sur plusieurs radios, annonce qu’il ne participera pas à la création du groupe de Républicains. Le 8 juillet, il indique qu’il sera candidat au perchoir du congrès.

Isabelle Lafleur, elle, est sensible à la volonté d’union de Sarkozy. Elle n’a jamais caché que son implication dans la vie politique n’avait qu’un seul but : participer à la réunion des loyalistes en poursuivant le dialogue avec les indépendantistes, comme le fit Jacques Lafleur. Elle décide d’être parmi les fondateurs du groupe nouveau.

Sonia Backès qui a déjà beaucoup appris en politique, sent bien que renoncer à cette opportunité d’union, prônée par l’homme fort de l’opposition nationale et peut être demain, Président de la République, serait probablement une erreur. Elle est de surcroît déçue par Gael Yanno dont elle a pourtant grandement suscité l’ascension, et leur inimitié croissante est devenue un secret de polichinelle dans le landernau politique local…

Elle décide donc de démissionner du gouvernement où l’atmosphère est délétère et le travail quasiment impossible, pour participer à la création des Républicains au congrès. Et obtient la présidence du groupe.

imagesTous s’accordent à « surmonter leurs divisions » comme le souhaitait Sarkozy dont l’ombre va désormais flotter au congrès. Un ombre particulière pour les indépendantistes : depuis « les événements », Nicolas Sarkozy avait été le premier Président de la République à être accueilli  par eux à la Place Bir Hakeim, après qu’il eut accepté de faire flotter le drapeau de l’identité kanak aux côtés de celui de la France.

UNE NOUVELLE PAGE POLITIQUE OUVERTE
Certes, un groupe d’élus n’est pas un mouvement politique. Mais la constitution des Républicains, jeudi soir, au sein de la première assemblée du territoire, est un événement parce qu’il rebat, de manière importante, les cartes politiques locales.

Il connaîtra logiquement des prolongements, et rapidement, à l’Assemblée de la Province sud.

search-1Effet collatéral : il fait exploser l’UCF. Arithmétiquement, Gael Yanno devrait perdre son siège de Président du congrès et son groupe politique n’existera plus. Il faut en effet 6 sièges pour en constituer un. Il perd également tous les moyens matériels et humains liés à la fonction et au groupe. Enfin, l’UCF ne pourra pas prétendre à présenter une liste dans un quinzaine de mois pour la nouvelle désignation du gouvernement.

Inversement, les Républicains ont de bonnes chances d’avoir un ou une des leurs présider le congrès. Philippe Gomès, déjà accusé d’hégémonie institutionnelle, ne souhaite pas briguer pour son parti cette présidence mais soutiendra un candidat d’union non-indépendantiste.

Dès lors, si les jeux ne sont pas encore faits, on sait qui a les atouts dans sa main.

LISTE UNIQUE INDEPENDANTISTE
Autre interrogation dans la perspective du renouvellement du bureau du congrès le 16 juillet prochain : une candidature puis une liste unique des indépendantistes. Cette hypothèse est aujourd’hui très crédible.

Mais paradoxalement, elle contribuera à renforcer et à accélérer un processus de réunion des loyalistes. En ce sens, la formation du groupe des « Républicains » est une avancée. Mais si les « loyalistes » veulent maintenir au congrès une majorité qui existe démocratiquement dans le territoire, il leur faudra aller au delà.

En effet, dans l’hypothèse d’une liste unique, les indépendantistes pourraient rafler la mise face à une division de leurs adversaires …

UNE BONNE NOUVELLE POUR LES CALÉDONIENS
En attendant, le nouveau processus d’union amorcé par Les Républicains est un événement politique. Plusieurs échéances se profilent : la présidence du congrès, bien sûr, mais au delà, l’élection du prochain Président de la République, puis les élections législatives.

Ce début de retour à l’union est en tout cas une bonne nouvelle pour les calédoniens, lassés des guerres fratricides, inquiets de la dégradation de l’économie, anxieux devant le terme de l’Accord de Nouméa qui se rapproche.

Après plus de 10 ans de déchirements ininterrompus entre loyalistes, ils attendaient que la page se tourne. C’est peut être maintenant.

Gael Yanno candidat à la Présidence du Congrès Quelles chances a-t-il ?

Entouré de deux élus du Mouvement Populaire Calédonien, Gael Yanno a annoncé hier après midi son intention de se porter candidat à sa propre succession pour la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.

search« Je ne veux pas rentrer dans des jeux politiciens, dans des tractations secrètes. Cela ne m’intéresse pas. Il est important pour moi de faire fonctionner le congrès de la Nouvelle-Calédonie au mieux, il est important également de rallier ni les uns ni les autres mais de faire en sorte qu’au sein de la famille des non-indépendantistes, nous puissions travailler dans les dernières années de l’Accord de Nouméa au mieux » a-t-il déclaré. Poursuivant qu’il souhaitait continuer ce travail pour l’année à venir.

Les autres composantes de l’UCF, groupe rassemblant le MPC de Gael Yanno, le MRC de Philippe Blaise et le RPC d’Isabelle Lafleur n’étaient pas toutes présentes. Est-ce un signe de malaise ?

Autre élément évoqué, la constitution annoncée d’un groupe « les Républicains » au Congrès. On se souvient en effet que plusieurs personnalités, parmi lesquelles Gael Yanno, Isabelle Lafleur et Pierre Frogier, ont rencontré longuement Nicolas Sarkozy lors de leur séjour parisien consacré au Comité des Signataires.

Il apparaît que le Président des Républicains a « fermement » invité ses interlocuteurs à surmonter leurs divisions, seule possibilité de faire progresser la Nouvelle-Calédonie et de préparer au mieux la sortie de l’Accord de Nouméa. Il a ainsi pris exemple ses propres efforts pour réunir l’ex famille UMP au travers des Républicains.

La formation du groupe des Républicains du congrès amorcerait cet « effort à surmonter les divisions », conforme à la « recommandation » de Nicolas Sarkozy …

Gael Yanno, pour sa part, reste sourd à cet appel. Il a même déclaré qu’il refuserait de s’inscrire au groupe « les Républicains » si ce dernier était créé. Mais si tel n’est pas le cas d’un ou de plusieurs élus UCF au congrès, le groupe UCF disparaîtra de la première assemblée.

Ainsi, dans cette hypothèse, les chances d’une candidature solitaire de Gael Yanno au « perchoir » le 16 juillet seraient pour le moins ténues …

Sonia Lagarde restera députée

Première conséquence de la scission de Calédonie Ensemble à la mairie de Nouméa, sur les ondes de RRB vendredi midi, la députée-maire, Sonia Lagarde, a annoncé qu’elle ne démissionnera pas et conservera son siège à l’Assemblée Nationale.

searchRappelant qu’elle s’était engagée « les yeux dans les yeux » auprès des Nouméens à démissionner avant la fin 2014, elle a indiqué que plusieurs événements locaux l’avaient dissuadée de le faire.

D’abord, la chute du gouvernement Ligeard, et les conditions de formation du gouvernement Germain. « Les Calédoniens sont inquiets. Ce n’était pas un moment propice ».

Ensuite, à l’issue d’un déplacement à Paris au cours duquel elle interroge le Premier ministre sur le corps électoral, « je me retrouve revenant ici avec le dépôt d’un groupe »(le groupe Calédonie Ensemble à la Mairie – ndlr).

« C’est comme un chewing gomme collé à ma chaussure, cette affaire de députation. Je l’ai dit à un moment, le soir d’un débat et je traîne ça avec des remords » indique Sonia Lagarde au micro d’Elisabeth Nouar, ajoutant « je voudrais dire aux Nouméens qui m’écoutent : franchement, je m’excuse de l’avoir dit ».

Soulignant qu’elle ne cumule en aucune manière ses indemnités de maire et de députée, elle souligne sa liberté de parole et celle de ne pas « être mis au pas », et donc de résister aux pressions qui semblent s’exercer.

Elle met aussi en exergue l’avantage pour la ville de Nouméa d’avoir un maire disposant d’une écoute dans les ministères à Paris.

Elle annonce ainsi, après également que certains de ses collègues députés lui aient déconseillés de démissionner, notamment parce qu’elle est la seule maire UDI d’une ville de 100.000 habitants : « Je ne céderai à rien, je vais résister, et je vais assumer mon mandat de députée jusqu’au bout. »

Scission Calédonie Ensemble à Nouméa : les conséquences possibles

 

C’était une rumeur, c’est devenu une réalité : le groupe issu de l’élection de Sonia Lagarde à la mairie de Nouméa en mars 2014 a éclaté en deux : curieusement, un groupe … Calédonie Ensemble, et par soustraction, le solde étant le « groupe » fidèle à la Députée-Maire. Conséquences.

Unknown-1Ce rebondissement n’est pas sans rappeler deux événements de la vie politique récente à Nouméa. D’une part, la mise en minorité de Jean Lèques alors Maire de la ville par un groupe dissident du Rassemblement emmené par Gael Yanno. D’autre part, alors que Didier Leroux était aux côtés de Philippe Gomès, la candidature de ce dernier contre celle du premier aux élections législatives de 2007.

En Nouvelle-Calédonie, la boucle de l’instabilité est presque … bouclée. Après les péripéties rocambolesques du gouvernement et la drôle de gouvernance qui y règne, voilà que la capitale où vit 40% de la population calédonienne plonge à son tour dans les lendemains incertains.

La situation, d’ailleurs, mérite d’être examinée de plus près.

Certes, 21 élus défient la députée-maire qui ne dispose que d’une troupe fidèle de 19 élus, mais au sein de l’exécutif municipal, Sonia Lagarde peut compter sur 9 adjoints contre 6 à Calédonie Ensemble.

LES CONSEQUENCES
AU SEIN DE LA VILLE
DE NOUMEA

Quelles conséquences pour le fonctionnement de la commune dans l’immédiat ?

Pas grand chose.

Dans une ville, le maire règne en maître. Surtout s’il est majoritaire au sein de l’Exécutif, et c’est le cas de Sonia Lagarde.

De surcroît, le Maire peut déléguer des compétences et des signatures à ses adjoints. Mais il peut aussi les retirer …

Quant aux fonctionnaires de la ville, ils n’ont qu’un seul chef hiérarchique : le maire.

C’est donc sur les seules décisions relevant du conseil municipal que Sonia Lagarde peut être mise en difficulté.

A ce jeu là, plusieurs choix s’offrent à elle pour les tourner à son avantage :

  • présenter les textes qui ne souffrent d’aucune contestation, et généralement votés à l’unanimité. En s’y opposant, les élus de Calédonie Ensemble peuvent alors porter préjudice aux Nouméens et être atteints par une image négative
  • Présenter des textes susceptibles de votes hostiles et donc risqué Mais dans ce cas elle peut tenter d’en faire une présentation telle que les opposants de « son camp» augmenteraient leur discrédit.

C’est lors du vote du budget que la situation risque d’être « très chaude » …

En effet, en cas de refus de vote du budget par le Conseil Municipal, le Maire apparaîtra en réelle difficulté et en position de plus grande faiblesse. Mais Sonia Lagarde n’a pas la langue dans sa poche, et les risques de dégâts collatéraux peuvent être très importants, notamment pour Calédonie Ensemble. A tout juste deux ans du renouvellement des mandats législatifs.

LES CONSEQUENCES
AUX LEGISLATIVES

Et c’est là que Calédonie Ensemble peut courir un grand risque.

A peu de choses près, les élections législatives prochaines auront lieu dans deux ans exactement, c’est à dire demain. Deux cas de figure peuvent notamment être envisagés dans la première circonscription où les 60 000 électeurs de Nouméa pèsent d’un poids déterminant.

Le premier est que Calédonie Ensemble et les opposants loyalistes -peut être Les Républicains- présentent chacun leur candidat.

Dans ces conditions, rongé à la fois par l’image de diviseur de la ville de Nouméa et par une campagne hostile de la Maire de Nouméa, le candidat de Calédonie Ensemble risque très fort de mordre la poussière !

Le second est que les loyalistes présentent un candidat unique.

Cela suppose un sacré changement politique au sein du camp loyaliste. Mais je dis souvent qu’en politique, tout n’est pas possible, mais rien n’est impossible …

Indépendance ou Interdépendance ? L‘Union Calédonienne ouvre le débat

Le concept d’interdépendance pour la Calédonie n’est pas nouveau. Il fut évoqué par Jean-Marie Tjibaou, puis largement suggéré dans le préambule de l’Accord de Nouméa. Daniel Goa remet ce sujet à l’ordre du jour au récent Congrès de l’Union Calédonienne à Ponérihouen. Les interdépendances trouvent-elles une expression dans la souveraineté partagée, telle que définie dans ce préambule : « le partage des compétences signifiera la souveraineté partagée ». Commentaires.

Le préambule de l’Accord de Nouméa est un texte lumineux, mais ambigu. Dans la droite ligne des Accords de Matignon, il avait vocation à satisfaire deux parties dont les objectifs politiques étaient diamétralement opposés : l’indépendance pour les uns, le maintien de la Calédonie dans la France pour les autres.

Fondation d’une nouvelle souveraineté
Ainsi, les indépendantistes ont pu se réjouir de la partie du texte qui affirme dans le troisième chapitre : « Il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée, ce qui équivaut pour lui à une reconnaissance de sa souveraineté, préalable à la fondation d’une nouvelle souveraineté dans un destin partagé ». Ouf !

Dans le décryptage de cette phrase complexe, on pourrait comprendre que la reconnaissance de la souveraineté du peuple kanak est donc préalable à la fondation d’une nouvelle souveraineté dans un destin partagé. Faux. Car le texte a précisé que dès lors qu’il est fait « mémoire de ces temps difficiles » (ceux de la colonisation), que les « fautes » de la colonisation sont reconnues, que l’identité du peuple kanak est restituée, cela « équivaut », pour lui, à la reconnaissance de sa souveraineté.

Un contexte mondial nouveau
Cette séquence accomplie, la Calédonie peut donc passer à l’étape « nouvelle souveraineté dans un destin partagé ». Le verrou à lever est alors la réponse à la question : l’identité kanak est-elle jugée pleinement reconnue par les kanak pétitionnaires de cette revendication ?

Ce préalable posé, et peut être levé, en s’exprimant au congrès de Ponérihouen, Daniel Goa a sans aucun doute tracé une piste de réflexion pour une solution définitive au statut de la Nouvelle-

Daniel Goa Président de l'Union Calédonienne
Daniel Goa Président de l’Union Calédonienne

Calédonie. Le Président de l’Union Calédonienne évoque les réalité des enjeux dans un contexte nouveau, par rapport à la revendication d’indépendance formulée en juin 1975 : la mondialisation.

Mais il « s’interroge » sur « les discours ou slogans à caractère révolutionnaire » qui semblent décalés au regard de cette situation planétaire nouvelle. Il replace ainsi dans le 21è siècles, une revendication formulée en juin 1975, c’est à dire il y a 40 ans. C’était un autre temps, et surtout, un autre monde.

L’émancipation est la décolonisation
C’est tout le formidable enjeu de la démarche de décolonisation initié par les accords et observés par l’Organisation des Nations Unies. La décolonisation peut être aboutie dans des termes qui sont différents de la rupture avec l’ancienne puissance coloniale. Mais ces termes doivent faire consensus, c’est le fondement de la résolution de 1970 sur la quatrième voie de la décolonisation.

Dans mon livre écrit en 2005 « 2018 – la fin de l’Accord de Nouméa », j’avais écrit :

« La Calédonie gagnera à aborder les vrais enjeux, et passé les incantations, il lui faut aller « à l’intérieur des mots ».

« C’est, par l’information et la confrontation des idées, le plus sûr moyen d’apaiser les conséquences des choix (ceux du referendum – ndlr). On fera le constat, alors, que par certains côtés, nous vivons dans une bulle et que tout autour de nous, le monde a changé. On s’apercevra que pour un petit pays comme la Nouvelle-Calédonie, la notion d’indépendance est dépassée. On prendra conscience que la relation moderne entre une métropole et son ancienne colonie ne s’inscrit plus dans la rupture. La liberté a d’autres horizons que ceux du passé, elle subit des contraintes de nature différente. Le bonheur des peuples se construit avec de nouvelles exigences. »

Et il est bon de rappeler cette citation :
« Pour un petit pays comme le nôtre, l’indépendance, c’est de bien calculer les interdépendances ». Jean-Marie Tjibaou

Les Républicains en Calédonie : union ou méli-mélo ?

C’est à un score écrasant que les militants ex-UMP ont approuvé la proposition de Nicolas Sarkozy de renommer leur parti « Les Républicains ». La presse s’en est largement fait écho. En Nouvelle-Calédonie, la famille divisée UMP a-t-elle une chance de se ressouder ?

Sarkozy le souhaite sûrement. Mais dans un premier temps, conscient des difficultés provoquées par une division trop récente et des blessures encore non-cicatrisées, il a demandé qu’à tout le moins, les partis issus de l’UMP coordonnent leur actions.

TROIS CAS DE FIGURE POSSIBLES
Il est vrai que trois cas de figure sont possibles.

D’abord, un rapprochement de ces partis, et notamment du MPC, du RPC, du Rassemblement, de l’Avenir Ensemble et de Simon Loueckhote dans le cadre -pour l’instant indéterminé- des Républicains.

Plus osée : l’hypothèse d’une fusion des partis et d’une redistribution des responsabilités pour maintenir un équilibre entre les responsables. Ce qui suppose l’abandon des anciennes étiquettes.

Enfin, une sorte de drôle de guerre où chacun, continuant de camper sur ses positions, rechercherait tout de même des accords de circonstance.

Peut être un dénominateur commun : l’opposition à Calédonie Ensemble qui poursuit une « purge » non pas de l’indépendance pour reprendre un mot fameux du Président du Rassemblement, mais des autres partis loyalistes au gouvernement et dans tous les organismes publics et para-publics.

Et puis, tout de même, une opposition à l’indépendance.

Premiers à dégainer : les responsables du Mouvement Populaire Calédonien qui ont annoncé leur intention de se muer en Républicains Calédoniens. Réaction du Mouvement Républicain Calédonien de Philippe Blaise, créé en juillet 2011 : Républicain fait déjà partie du nom de cette formation qui n’entend d’ailleurs nullement rallier Les Républicains de Nicolas Sarkozy.

Décidément, les choses ne sont pas simples.

Exit en tout cas l’hypothèse d’une fusion. A dire vrai : qui, dans le contexte actuel, aurait pu croire le contraire ?

MÉLI MÉLO : PAS CERTAIN MAIS PAS IMPOSSIBLE
Reste un rapprochement. Pour coordonner les actions et le cas échéant, pour conclure des accords de circonstance. L’union, en tout cas, ne semble pas être pour demain.

En fait, si le Rassemblement-UMP devenait par exemple le Rassemblement Républicain, rien ne serait changé. A part le nom des partis.

Il faut y ajouter quelques arrières-pensées. Car si de surcroît -mais avec des si …-, Nicolas Sarkozy était élu en 2017 Président de la République, la vague bleue serait forte, et chacun se prépare, en plus, à la course aux investitures.

Philippe Gomes a les moyens de troubler encore davantage le jeu. Le renouvellement du bureau du congrès devrait avoir lieu après les Jeux du Pacifique de Papouasie. Un geste de Calédonie Ensemble pour contrebalancer les querelles et les contentieux entre loyalistes au gouvernement et le calédonien lambda aura du mal à s’y retrouver.

Un méli-mélo pas certain. Mais pas impossible non plus.

COLLABORATEURS : LE TRIBUNAL TRANCHE EN FAVEUR DES ELUS DE L’UCF ET DU RASSEMBLEMENT

Ce mercredi matin, le juge des Référés duTribunal administratif de Nouméa a rendu son jugement sur la requête introduite par les trois membres du gouvernement du Rassemblement et de l’UCF contre « la décision verbale en date du 6 mai  2015 par laquelle le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a réduit à l’unité le nombre des collaborateurs affectés à chacun d’entre eux ».

UnknownAprès l’examen des considérants et l’examen de la recevabilité de la requête, le juge ordonne la suspension de l’acte contesté, donnant ainsi gain de cause aux trois membres du gouvernement.

Il s’agit toutefois d’une suspension de la décision « à titre provisoire, et jusqu’à ce qu’il soit statué au fond ».

Pour lire le texte du jugement, cliquer ici

UC : LA PAGE CHARLIE PIDJOT EST TOURNÉE : drapeau commun, monnaie locale, un seul referendum

Le Président de l’Union Calédonienne, Daniel Goa, s’exprime dans une intéressante interview réalisée par Les Nouvelles Calédoniennes. On y découvre un responsable autoritaire. Parlant de ceux qui ne sont pas d’accord : « Ces quelques personnalités qui font les « mauvais élèves » devront s’aligner à un moment donné, sinon elles vont se retrouver toutes seules ». Indépendantiste convaincu, ancien adhérent du Parti communiste et formé en partie à Moscou, adepte d’une monnaie ni euro, ni franc, mais locale, il tourne symboliquement la page « Charlie Pidjot » en se prononçant pour un drapeau commun. Déchiffrage.

hienghc3a8neUNE LIGNE POLITIQUE FERME
Assumant le soutien à Philippe Germain « Avec Calédonie Ensemble nous sommes dans la même démarche : 51% dans la SLN », et au delà, sur une « démarche » de décolonisation, le Maire de Hienghène exprime une ligne dure sur l’interprétation de l’Accord de Nouméa. Ce dernier « s’est construit pour éteindre les conflits de légitimité entre Caldoches et Kanak ». Or cette interprétation est plus proche de la tentative de Nainvilles-les-Roches que de l’esprit des Accords originels de Matignon. Dans ces accords, le concept d’indépendance kanak et socialiste réduite donc aux seuls kanak auxquels s’ajoutaient les « victimes de l’Histoire », avait évolué en faveur de quasiment toute la population présente en Nouvelle-Calédonie lors du referendum de 1988. Bien davantage que les seuls « Caldoches et Kanak ».

 Pour autant, il ne veut pas apparaître sectaire et déclare que « le travail », c’est d’aller discuter avec le Rassemblement-FPU et l’UCF pour s’inscrire « dans un avenir commun ».

 S’il apparaît que c’est Roch Wamytan qui conduira la délégation UC au prochain Comité des Signataires, l’orientation est claire et ferme : maintenir a minima les inscriptions sur les listes électorales face « aux petits prétentieux qui débarquent -tous les 5 ans- dans les institutions ».

 UN SEUL REFERENDUM ET UN PROJET DE SOCIÉTÉ PRÊT
Sur l’avenir institutionnel, en revanche, les choses paraissent plus équivoques. Références à Nainvilles-les-Roches, rappel que les kanak sont « le seul peuple colonisé » exprimé par son fameux droit inné et actif à l’indépendance  contenu dans le communiqué de Nainvilles-les-Roches, évocation « du train qui part et il faut être dedans au moment où il part », le décryptage est de mise.

 La décolonisation est la référence essentielle. Même si parce que tous les kanak ne sont pas indépendantistes, le referendum de 2018 ne se solde pas par l’indépendance. « C’est le jeu démocratique, mais nous allons dans le sens de la décolonisation ».

 Alors, un referendum et non trois : affirmation des interviewers, mais réponse à déchiffrer.

 Ce qui est annoncé clairement par le Président de l’UC, en revanche, c’est l’existence d’un projet de société dans une Calédonie évidemment souveraine, projet qui sera non seulement soumis au Congrès extraordinaire du 13 juin, mais discuté « avec nos partenaires qui ne sont pas indépendantistes ».

 Un tel document sera une novation puisque depuis 1975, date de la première revendication d’indépendance, jamais les indépendantistes n’ont exposé de manière claire leur projet.

 UN SEUL EXPORTATEUR DE NICKEL
Le responsable de l’UC indique dans sa bio qu’il est allé par deux fois à Moscou pour une formation en économie politique. Les idées qu’il exprime ne sont pas pour autant des sentences communistes -d’ailleurs l’Union Calédonienne fut créée sur la base de l’anticommunisme par deux associations religieuses kanak, l’UICALO et l’AICLF-, mais confirment les domaines dans lesquels l’UC estime que la puissance publique doit être « propriétaire » : la ressource nickel, la biodiversité, la zone économique maritime en ajoutant qu’il faut se donner les moyens d’instruire les jeunes calédoniens.

 Conséquence à échéance 2019 pour l’UC : ne subsiste qu’un seul exportateur de minerai formé de l’association de la SMSP et du coréen Posco « pour alimenter les usines off-shore ».

 UNE MONNAIE LOCALE
Allant jusqu’au bout de la logique d’indépendance, Daniel Goa exprime une volonté de souveraineté institutionnelle en refusant tout rattachement monétaire à ce qui pourrait apparaître comme une réminiscence de l’époque coloniale.

 Son choix n’est ni le maintien du franc Pacifique, ni l’accession à la monnaie européenne. C’est la création d’un monnaie locale. Laquelle ? La réponse sera forcément contenue dans le projet de société évoqué.

 TOURNER LA PAGE CHARLIE PIDJOT
Exit enfin le soutien unique aux « deux drapeaux » proposés par Pierre Frogier et célébré sans faille par Charlie Pidjot lorsqu’il était Président de l’Union Calédonienne. D’un côté, Calédonie Ensemble n’a toujours pas hissé le drapeau de l’identité kanak dans les communes qui l’avaient refusé, et ne l’a pas descendu dans une commune conquise comme Nouméa. De l’autre, l’Union Calédonienne prend position pour le concept du drapeau commun cher à Philippe Gomes. C’est un nouvel enterrement de feu le leader de la Conception.

 Mais si la position est symbolique, le repositionnement de l’UC ne se limite pas à cette image. Idéologiquement, le parti se rapproche du Palika de Paul Néaoutyne. A l’évidence, l’union au sein du FLNKS reprend de la vigueur. Pas étonnant dans une séquence ultime où certains responsables indépendantistes sont convaincus que les calédoniens opteront pour la pleine souveraineté du pays dès 2018.

Sondages : Vallaud-Belkacem en baisse, Sarkozy et Juppé battent Hollande dans une présidentielle

Sondage Odoxa
« Plus de six Français sur dix sont opposés à la réforme du collège
Cette moyenne masque en réalité de profonds clivages politiques dans l’opinion. Si la réforme est soutenue par une majorité de sympathisants de gauche (62% contre 37%), ce qui est évidemment important pour le gouvernement, elle suscite une très forte désapprobation dans toutes les autres catégories de la population.

  • Les Français font largement le reproche fait par la droite consistant à dire que cette réforme aura pour effet « de niveler vers le bas le niveau global des élèves ». Plus de six personnes sur dix (62%) adhèrent à cette vision de la réforme.

Les Français ne pensent pas que les critiques portées par la droite à Najat Vallaud-Belkacemou à Christiane Taubira soient liées à leurs origines, ils ne sont que 27% à partager cette opinion »

 Sondage Opinionway pour LCI et Le Figaro
Selon ce sondage,

  • 79% des français sont mécontents après 3 ans de présidence Hollande
  • En cas d’élections présidentielles, Hollande serait battu par Sarkozy ou par Juppé
  • Selon un sondage réalisé pour LCI, Najat Vallaud-Belkacem perd 5 points d’opinions positives (33%)

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