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DÉBAT NC1ère – SUPPRESSION DES REFERENDUM : LE NIET DES INDÉPENDANTISTES

Le sujet allait, à coup sûr, être évoqué. Le plateau réalisé par NC1ère à Koné dans le cadre d’un débat relatif aux élections provinciales réunissait hier soir les chapeaux à plumes des différentes formations politiques calédoniennes. Et même, les grands chefs de l’Uni-Palika et de l’Union Calédonienne.

Le Sénateur Poadja, répondant à une question de l’animatrice, la journaliste Thérèse Waia, a rappelé en termes entendus et sous-entendus, la proposition de Calédonie Ensemble de remplacer les referendum restants, prévus par le loi Organique, par une nouvelle consultation sur une solution « d’avenir partagé ».

L’émission a donc permis de connaître, en direct, la réponse des chefs des deux principaux partis indépendantistes. Pour Daniel Goa, président de l’UC, il faut aller au bout des accords. Et ceux-ci prévoient 3 referendum ! Position identique du chef de l’Uni-Palika.

Comme ça, on est fixé. La seule façon de faire évoluer leur opinion, c’est finalement de les faire accéder … à l’indépendance.

PROVINCIALES SUD : QUI VA GAGNER ?

En l’absence de sondages, les électeurs comme les politiques sont « dans le bleu » pour ce qui concerne des probabilités de résultats le 12 mai prochain en province Sud. Chacun y va de son doigt mouillé, de son ressenti. Pourtant, au delà, il existe, d’une part, des chiffres qui résultent à la fois des élections provinciales de 2014, des législatives de 2017, et du referendum de 2019. D’autre part, la situation économique et sociale, décrite comme catastrophique, sauf par la majorité Calédonie-Ensemble-Indépendantistes, va peser lourdement dans le vote. Enfin, le referendum qui a constaté l’échec du « destin commun » voulu par les Accords et révélé une véritable partition du territoire, va radicaliser les positions non-indépendantistes. Un cocktail plein d’indicateurs pour le scrutin provincial.

LES 3 SOCLES DURS
Dans un parti politique, un certain nombre de militants ne se posent pas de questions : ils demeurent fidèles au parti, quoi qu’il arrive. Ils constituent ce qu’on appelle « le socle » du parti, ou son « noyau dur ».

 Ces socles sont mesurables par estimation.

UN RPCR AFFAIBLI
Ainsi, le plus vieux parti, le RPCR, est aujourd’hui très affaibli si l’on se réfère aux années fastes de Congrès à 3000/5000 militants et, à cette époque, une implantation tentaculaire sur le terrain. Depuis 2004, beaucoup de ses anciens militants l’ont quitté. Preuve à Nouméa, et alors que le corps électoral s’est agrandi, le candidat du Rassemblement obtient 3500 voix aux législatives alors que celui des municipales avait totalisé près de 5500 suffrages. L’hémorragie s’est amplifiée après la « plate forme », où l’alliance a de nouveau été faite avec l’ennemi juré, Calédonie Ensemble, à qui les deux postes de députés ont été quasiment offerts.

DES RÉPUBLICAINS CALÉDONIENS EN HAUSSE
Les Républicains Calédoniens, menés par Sonia Backès, ont récupéré … les anciens alliés du Rassemblement dans le FPU, Didier Leroux, Simon Loueckhote et Harold Martin. Au total, par rapport aux provinciales de 2014, il s’agit, en quelque sorte, de « transferts internes » avec le RPCR.

Leur opposition constante à la politique de Calédonie Ensemble leur a, en outre, permis de récupérer les déçus de ce parti, et la plus grande partie des « anti-plateformistes ».

GIL BRIAL SURPRENANT
Gil Brial est plus difficile à évaluer. Mais son score étonnant aux élections législatives est à retenir. Probable, enfin, que les anciens électeurs de Gael Yanno -pourtant crédité d’un nombre honorable de votants aux législatives-, ont rejoint leurs anciens amis Backes et Brial.

Une élection n’est jamais, au grand jamais, l’addition de voix représentées par telle ou telle personnalité. Mais il s’agit là de « socles », et l’exercice n’est pas dénué de fondement.

Au total, l’Avenir en Confiance peut être crédité d’un « socle » de l’ordre de 27 000 voix. Ce regroupement a de solides chances d’arriver en tête le 12 mai au soir.

CALÉDONIE ENSEMBLE ÉRODÉE
Calédonie Ensemble est la seconde force non-indépendantiste, qualifiée de « nationaliste » par les partis précédents.

Le parti de Philippe Gomes a été érodé, comme le montrait déjà le taux de désaffection constaté lors des élections législatives. Recul notamment à Nouméa, pour Philippe Dunoyer, et recul encore plus sensible pour Philippe Gomes dans une circonscription comprenant aussi bien la province Sud, hors agglomération, que la province Nord.

UN BILAN ÉCONOMIQUE ET SOCIAL JUGÉ NÉGATIVEMENT
Les analystes affirment souvent qu’on est rarement élu sur un bilan. Encore faut-il que ce bilan soit bon. Ce n’est pas le cas de Calédonie Ensemble, où, de surcroît, une alliance au gouvernement et au Congrès avec les indépendantistes qui peut leur être reprochée, a conduit la Nouvelle-Calédonie au bord du gouffre dans les domaines économique et social.

DES ENNUIS JUDICIAIRES
Il faut ajouter à cela les ennuis judiciaires de Philippe Gomes lui même, le camouflet récent du président du Gouvernement dans l’affaire des hyper U, et les investigations dont le parti est l’objet, pour supputer que le score de Calédonie Ensemble sera probablement en retrait …

Son socle peut être estimé à 15 000/20 000 voix.

LES INDÉPENDANTISTES, EUX AUSSI, DIVISÉS
Les indépendantistes, eux, sont encore à leur divine surprise du referendum. Ils annoncent partout les listes unitaires, … mais ne les réalisent pas ! Dans le sud, c’est le cas. Liste unitaire, oui, mais en écartant le Parti Travailliste de Louis Kotra Uregei, qui peut se targuer de mobiliser les forces militantes de l’USTKE ! De quoi, pour la liste conduite par l’indétrônable Roch Wamytan, empêcher que ne soit fait le plein des voix référendaires.

Le socle FLNKS peut être estimé à un peu moins de 20 000 voix, compte tenu des divisions, et du manque de crédibilité en matière de gestion.

UNE PARTICIPATION ENTRE REFERENDUM ET PROVINCIALES 2014
Autre élément clé du scrutin : la participation.

Elle a été de 83% au referendum, et de près de 70% aux dernières provinciales. Celles du 12 mai vont mobiliser, mais compte tenu des habituelles appréciation subjectives sur tel candidat, telle liste, on peut s’attendre à une participation moindre qu’au referendum, mais supérieure au scrutin de 2014.

Une cote mal taillée situe le nombre de votants à un peu plus de 83 000, amputé des bulletins blancs et nuls, soit aux alentours de 80 000.

UN « MARAIS » CONSIDÉRABLE DE 15/20 000 ÉLECTEURS
Si l’on ajoute le socle dur des partis « traditionnels », et que l’on retranche le total du nombre estimé de votants, on aboutit à un chiffre considérable de l’ordre de 15/20 000 électeurs.

Ces électeurs comprennent ceux qui sont décidés à voter pour les autres listes -Rassemblement National, listes communautaires, divers-, et les électeurs qui demeurent indécis. Ces derniers définissent ce que les statisticiens qualifient de « marais ».

En fait, tout dépendra de ces 15/20 000 électeurs. Ils peuvent accorder la majorité absolue en Province Sud à l’Avenir en Confiance, remonter le score de Calédonie Ensemble, ou consacrer une nouvelle force politique.

QUELQUES JOURS POUR CONVAINCRE
Que reste-t-il pour les convaincre ?

Les programmes ont été distribués. Sont-ils convaincants, dans la rupture avec la mandature qui s’achève, pour l’Avenir en Confiance, dans les arguments de redressement et surtout, de dialogue avec les indépendantistes pour Calédonie Ensemble, pour l’avènement d’une Calédonie plus heureuse sans la France, pour les indépendantistes ?

Une chose est certaine. C’est dans les quelques jours qui viennent que les électeurs indécis vont prendre la décision.

CAMPAGNE TÉLÉVISÉE DÉTERMINANTE
Une autre certitude : la campagne télévisée -elle touche en théorie une centaine de milliers de téléspectateurs à chaque passage-, sera déterminante
.

Le score surprise de Gil Brial aux législatives est du essentiellement, pour ne pas dire uniquement, à une prestation télévisée appréciée de plusieurs milliers d’électeurs. Les prestations, lors de la campagne télévisée qui arrive, vont probablement écrire le résultats des provinciales dans le sud.

Les candidats du 12 mai seraient donc bien inspirés de se livrer, avec modestie, à des séances de « media-training » …

LÉON BERTRAND SORT DE PRISON SOUS SURVEILLANCE ÉLECTRONIQUE

C’était l’époque de toutes les remises en cause de « l’ère Lafleur ».

En novembre 2004, et alors que tous les acteurs de la majorité politique de cette année ont résolu de mettre en place un nouveau plan de développement touristique, le prélude au fameux -et funeste- PDTCNC a lieu en grandes pompes.

Le ministre du tourisme du gouvernement français, Léon Bertrand, vient en personne apporter son onction à ce lancement. Depuis, si les résultats du tourisme local n’ont guère varié, la situation personnelle de l’intéressé s’est assombrie.

L’ancien ministre, également ex-député, avait été incarcéré le 17 septembre dernier à Cayenne pour une affaire de corruption, et une condamnation à 3 années de prison.

La Cour d’Appel de Cayenne vient de décider sa libération conditionnelle sous surveillance électronique.

PROVINCIALES : AVANTAGE AVENIR EN CONFIANCE POUR LES COMPÉTENCES ÉCONOMIQUES

La situation de la Nouvelle-Calédonie à l’issue de la mandature qui s’achève est marquée par une crise économique sans précédent hors la période des « événements ». Le retour à la croissance économique du territoire est la condition du redressement des finances publiques, des comptes sociaux, et de la création d’emplois.
L’amateurisme économique ne peut donc plus être de mise, dans une classe politique qui brigue les suffrages en mai prochain. Qui, des partis non-indépendantistes susceptibles de passer la barre des 5%, affiche des atouts dans ce domaine vital ?

DES RESPONSABILITÉS EXIGEANT DES COMPÉTENCES
Le statut de la Nouvelle-Calédonie lui confère une autonomie proche de l’indépendance interne. La contrepartie aux immenses responsabilités reposant sur les épaules des élus est une augmentation des compétences. Cela n’a malheureusement pas été le cas, si l’on compare, par exemple, le niveau des élus actuels avec celui affiché par la liste conduite par Jacques Lafleur au début de ce statut, en 1990.

LAISSER-ALLER
Après une quinzaine d’années marquées par une prospérité sans précédent, et l’émergence d’une seconde industrie, le tourisme, le territoire a connu un développement soutenu par les apports extérieurs gigantesques résultant de la construction de deux nouvelles usines de traitement du nickel. Pendant cette période, peu importait la stratégie de développement économique : les investissements coulaient à flot. Ce laisser aller s’est soldé par le délitement du développement touristique entamé entre 1990 et 2004, et par une augmentation sans frein des dépenses publiques.

ABSENCE D’ANALYSE ET D’ACTIONS ÉCONOMIQUES
Depuis un peu plus de 5 ans, le renversement de la conjoncture nickel a provoqué le recul de l’économie, avec comme corollaire, celui des finances publiques et des prélèvements sociaux. Aucune anticipation, aucune stratégie de rechange n’a été mise en place, dénotant une absence d’analyse et d’action économique que le territoire est en train de payer au prix fort.

AVANTAGE À L’AVENIR EN CONFIANCE
Les élections du 12 mai seront l’une des clés majeures, soit au redressement économique, soit à la chute vers une faillite collective. Qui, dans les prétentions à l’exercice du pouvoir, peut prétendre à une bonne connaissance de ce sujet vital ?

Pour n’évoquer que les principaux partis, c’est sans aucun doute dans les rangs de l’Avenir en Confiance que l’on trouve de probables futurs élus pour qui le langage de l’économie est compréhensible, alors que Calédonie Ensemble affiche des connaisseurs de la fiscalité et de l’agronomie.

HEC, SCIENCES ÉCO, FINANCES D’ENTREPRISE
Philippe Blaise, d’abord, est diplômé d’HEC, la prestigieuse école française de commerce. Il a entamé une carrière professionnelle qui l’a conduit dans les arcanes d’une banque, la BCI.

Thierry Santa, ensuite, est titulaire d’une maîtrise en sciences économiques. Il a ensuite obtenu un DESS de gestion des entreprises à Bordeaux.

Christopher Gyges, enfin, a suivi des études d’économie à Montpellier, et obtenu un master 2 en finances d’entreprise à Paris.

Certes, les institutions devront faire appel à des spécialistes pour l’approfondissement des études sectorielles, dans la perspective d’une relance de la croissance. Mais les politiques publiques qui président à cette croissance relèvent d’abord de la compréhension des élus de la matière économique.

Incontestablement, dans ce domaine, au moins, l’avantage est à l’Avenir en Confiance.

PHILIPPE GOMES MÈNE LA LISTE CALÉDONIE ENSEMBLE

C’était mardi soir le dernier délai pour déposer les listes de candidats dans les trois provinces pour les élections provinciales du 12 mai. 24 listes ont été déposées, mais les vérifications de l’Etat sont encore en cours, et elles n’ont pas encore été validées. Il semble, d’ores et déjà, que « le Roc Pluriel » de Mikaele Tuifua ne puisse être accepté en raison d’une erreur.

Pas de grosse surprise pour ce qui concerne les têtes de liste. La seule  attendue était celle de Calédonie Ensemble. En effet, la mise en examen récente de Philippe Gomes pour prise illégale d’intérêt avait laissé planer un doute, entretenu par les déclarations de membres du parti.

Finalement, en dépit de cette situation, le leader de Calédonie Ensemble a décidé de mener sa liste. En ce sens, il confirme l’avis qu’il porte à sa mise en examen dans une affaire qu’il qualifie de « cornecul ».

Autre découverte de dernière minute, le désaccord entre le Parti Travailliste et le LKS dont l’alliance avait été officiellement annoncée. Chaque parti présente une liste distincte.

Pour ce qui concerne les autres listes du sud, Sonia Backes mènera celle de l’Avenir en Confiance, Roch Wamytan, celle du FLNKS-Sud, Alain Descombels, celle du Rassemblement National, Milakulo Tukumuli, l’Eveil Océanien, Edouard Leoni, Calédonie Nouvelle et Réunie, Cyprien Kawa, le Parti Travailliste, Luther Voudjo, le Mouvement Indépendantiste et Souverainiste, Joel Kasarherou, Construire Autrement, et Martine Cornaille, Alliance citoyenne pour la transition démocratique, écologique et solidaire.

Dans le Nord, Paul Néaoutyne conduit la liste Palika Uni, Daniel Goa, celle de l’UC, Rock Doui, le Parti Travailliste, Axelle Normandon, le Mnis, le Sénateur Poadja mène la liste Calédonie Ensemble, et le Maire de Kouaoua, Alcide Ponga, Agissons pour le Nord proche de l’Avenir en Confiance.

Aux Iles, Jacques Lalie « tire » la liste de l’UC, Charles Washetine, celle du Palika, Germaine Bishop-Némia, le Mnis, Kotra Uregei, le Parti Travailliste, Omera Naisseline, le LKS, Simon Loueckhote (Avenir en Confiance), Avec Nous, et Jean Eric Naxue (Calédonie Ensemble), Nouvelle vision des Iles.

HYPER U : RIFIFI POLITICO-JUDICIAIRE ET ANNULATION D’AUTORISATION

 

Sur fond de querelles politiques remontant à une quinzaine d’années, le projet d’un Hyper U à l’Anse Uaré, puis d’un second à Paîta avait commencé par un coup bas dont la victime avait été, à cette époque, le magasin Michel Ange, alors exploité sous l’enseigne Super U. Après plusieurs péripéties, le projet a été revendu au groupe Ballande. Ce dernier, dont la bonne foi n’est pas mise en cause, se retrouve aujourd’hui le « bec dans l’eau ». Les autorisations délivrées par le gouvernement avec la participation de Philippe Germain, Président du gouvernement et ancien actionnaire du projet, ont été jugées entachées de ce que la Cour Administrative d’Appel a qualifié de « méconnaissance du principe d’impartialité ». Et annulées. Rififi politico-judiciaire.

Pour faire simple, disons que le projet avait été bâti, en 2008 et 2009, par un groupe d’actionnaires parmi lesquels l’actuel président du gouvernement. Ce dernier, à l’issue de sa nomination dans l’Exécutif local, avait cédé ses parts, ce que ne conteste pas la juridiction. Qui précise qu’il « ne ressort pas des pièces du dossier qu’il aurait continué à détenir des parts sociales dans cette entreprises, en dépit d’indications contraires sur Internet« .

Ce que reproche la Justice à Philippe Germain est donc sa participation à la délibération du gouvernement portant sur une prise de décision individuelle, l’autorisation d’ouverture, « dont l’obtention conditionne le rachat d’une société détenue par ses deux anciens associés« . C’est ce contexte qui motive la décision d’annulation.

Selon le quotidien Les Nouvelles Calédoniennes, le président du gouvernement aurait fait part de son « incompréhension » et aurait qualifié l’argument de la Cour « d’insipide« .

Nul doute que les parties intéressées vont se pourvoir devant la juridiction supérieure. De son côté, l’Autorité de la Concurrence ne devrait pas trouver à redire à l’arrivée d’un nouveau concurrent dans la distribution sur le marché calédonien.

Mais une nouvelle fois, le mélange des genres alimente la chronique politico-judiciaire calédonienne. Des pratiques dont il est impératif qu’elles évoluent vers une transparence totale.

PHILIPPE GOMES CONTESTE LES FAITS QUI LUI SONT REPROCHÉS

Philippe Gomes a choisi l’offensive. D’une part, il conteste sa participation au vote de la Commission permanente d’un texte concernant la SAS Nouvelle-Calédonie Énergie qu’il présidait. D’autre part, il estime que son vote, à l’Assemblée Nationale, autorisant la garantie de l’Etat en faveur de NCE qu’il présidait relève de la défense de l’intérêt général, et en aucun cas, d’une prise illégale d’intérêt.

« Je ne suis donc coupable d’aucune prise illégale d’intérêts, sauf à considérer que tous les élus participant aux débats ou aux votes relatifs à des entités dans lesquelles ils exercent une fonction de président ou d’administrateur, sont des délinquants !« , écrit-il dans un communiqué. En conclusion, le député de la deuxième circonscription estime que « cette procédure finira à la seule place qui lui convienne : les oubliettes de l’histoire judiciaire calédonienne ».
Cette conclusion relève d’un défi, lancé aux juges, d’établir sa culpabilité à l’examen des éléments qu’il détaille. Cependant, les juges ne sont pas en fonction pour répondre à des défis, mais pour rendre justice « au nom du peuple » en dehors de toute pression et en toute indépendance.
Une chose est en tout cas certaine. Un Parquet ne décide pas la poursuite, et un juge ne met pas en examen un député de la République à la légère. Pour le reste, certains pourraient penser, à tort, que le Pouvoir central ne s’est pas opposé à cette procédure qui s’inscrit pourtant dans un calendrier plus que sensible. A tort, faut-il le répéter, car Madame la Garde des Sceaux veille scrupuleusement à l’indépendance des Parquets. Bien entendu.

PHILIPPE GOMES MIS EN EXAMEN POUR PRISE ILLÉGALE D’INTÉRÊT

La nouvelle fait l’effet d’une bombe à 3 semaines des élections provinciales de Nouvelle-Calédonie : Philippe Gomes a été mis en examen pour prise illégale d’intérêt. Confirmée par le Parquet, l’information a été reprise en métropole, notamment par l’Express, le Figaro et Outre Mer 360. Rififi politique. 

COMMUNIQUÉ DU PARQUET DE NOUMÉA
C’est le procureur de la République de Nouméa qui a diffusé un communiqué de presse dans lequel il explique le cheminement de l’affaire qui a conduit à la mise en examen de Philippe Gomès, le 4 avril dernier pour prise illégale d’intérêts, « infraction qu’il conteste » a-t-il indiqué.

UNE DEMANDE DE LA HAUTE AUTORITÉ POUR LA TRANSPARENCE DE LA VIE PUBLIQUE
C’est par l’association de lutte contre corruption Anticor et la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique que le Parquet de Nouméa a été saisi. Cette dernière a transmis un dossier résultant de ses premières investigations, « considérant qu’il pourrait être reproché à Monsieur Philippe Gomès, en tant que député de Nouvelle Calédonie et membre du Congrès de Nouvelle-Calédonie, diverses opérations liées à sa présidence de la SAS Nouvelle Calédonie Energies (NCE) courant 2016 à 2018 et susceptibles de caractériser le délit de prise illégale d’intérêts« .

Suite à cette saisine, 2 juges d’instruction ont été chargés de l’enquête le 23 novembre dernier.

NOUVELLE CALÉDONIE ÉNERGIE
Le délit de prise illégale d’intérêt résulte « des indices graves et concordants rendant vraisemblable qu’elles aient pu participer, comme auteur ou comme complice, à la commission des infractions« .

Selon le dossier transmis par la Haute Autorité,  cette mise en examen serait donc consécutive à de faits en relation avec Nouvelle Calédonie Energie, dont Philippe Gomes a assuré la présidence avant de devoir la quitter sur l’injonction du Conseil Constitutionnel.

LA JUSTICE PAS IMPRESSIONNÉE
Ces ennuis judiciaires pour le fondateur et patron de Calédonie Ensemble intervient après une série d’auditions et de gardes à vue ayant frappé des élus et des collaborateurs du parti.

A l’évidence, la dénonciation, par Philippe Michel, Président de la Province Sud, de ce qu’il a qualifié d’instrumentalisation politico-judiciaire en plein calendrier électoral, n’a guère impressionné la Justice.

GRAVES ET CONCORDANTS
Aucun élément, du reste, n’indique que les parties émergentes de l’enquête en cours, il y a quelques jours, relèvent de la même affaire que celle justifiant la mise en examen du député de la deuxième circonscription. Ainsi, d’autres « pistes » seraient actuellement examinées.

A l’évidence, en tout cas, les faits sont suffisamment graves et concordants pour que la Justice n’hésite pas à intervenir à  quelques jours d’un scrutin local jugé déterminant pour l’avenir économique, social et politique de la Nouvelle-Calédonie.

LE JOUR DE LA PRÉSENTATION DE LA LISTE
Malchance, calcul ou ironie du sort : l’annonce par le Parquet et les médias de la mise en examen de chef de file de Calédonie Ensemble coïncide avec la présentation des 20 premiers de liste, en province sud, pour le prochain scrutin.

Reste maintenant à savoir si, en dépit de sa mise en examen, Philippe Gomes conduira, ou même figurera sur cette liste.

GOUVERNEMENT : PHILIPPE GERMAIN DIFFUSE UN MESSAGE D’ADIEU

Adieu ou au revoir, en tout cas, dans une video diffusée sur les réseaux sociaux, le président du Gouvernement déclare vouloir « prendre du recul » et « accorder plus de temps » à sa famille.

« A la tête du pays, je me suis efforcé de redresser les comptes du pays, comme je me suis efforcé d’amortir la crise du nickel que nous traversons depuis 2015 », indique-t-il. Il poursuit en évoquant des réformes importantes, selon lui, touchant aux secteurs de l’économie, de la jeunesse, de la fiscalité, de la protection sociale, ou de l’environnement.

« Je suis conscient, ajoute-t-il, que les bénéfices de cette politique ne sont pas tous visibles ».

UNE PAGE QUI SE REFERME
C’est donc une page qui est en train de se refermer, après l’éviction de Cynthia Ligeard, alors présidente en 2014, par une coalition Calédonie Ensemble/Indépendantistes qui avait porté Philippe Germain au pouvoir.

Cette alliance, enrichie de l’épisode de la « plate-forme » au cours de laquelle le Rassemblement et Gael Yanno avaient apporté leur concours à Calédonie Ensemble, a permis de faire passer de nombreux textes au Congrès dont beaucoup ont conduit à la situation actuelle.

UN BILAN ÉCONOMIQUE ET SOCIAL CONTESTABLE
Si un certain nombre de mesures peuvent être constatées au bénéfice du gouvernement que Philippe Germain a présidé, en revanche, la situation générale de la Nouvelle-Calédonie est probablement, aujourd’hui, d’une gravité sans précédent.

Les comptes sociaux sont en quasi faillite, avec l’ensemble des régimes Cafat en déficit, tandis que la Santé est en grande difficulté avec notamment la crise du recrutement des médecins au Médipole et à l’hopital de Koné.

Cette situation résulte d’une économie au plus bas, frappée par l’instauration d’une TVA ratée en raison de la complexité de la TGC, ainsi que par le retour archaique du contrôle des entreprises par le pouvoir politique et l’administration, avec l’encadrement des marges.

SLN au bord du gouffre, tourisme en recul, carnets de commandes insuffisants pour le BTP, économie en panne ont généré une baisse des ressources publiques, et donc des budgets des collectivités.

UNE SOCIÉTÉ EN CRISE 
Quant à la situation de la société calédonienne, et même si la majorité du gouvernement ne peut être tenue responsable de tout, la délinquance s’est amplifiée, la lutte contre l’abus d’alcool n’a pas produit d’effet, et les relations se sont considérablement dégradées avec plusieurs partenaires sociaux majeurs.

La majorité de la société calédonienne, ébranlée par le clivage du referendum, est aujourd’hui en crise de confiance. Cette absence de perspectives d’avenir n’avait eu qu’un précédent, bien sûr, autrement plus dramatique : les événements de 1984 à 1988.

PROVINCIALES : LE MAIRE DE POUEMBOUT SUR LA LISTE DE L’UC

Ancien militant de Calédonie Ensemble, le maire de Pouembout a accepté de figurer en position éligible sur la liste de l’UC pour les prochaines élections provinciales. Une liste, conduite par Daniel Goa, qui veut pratiquer l’ouverture au sein de la formation en faveur de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

« Je n’ai pas décidé d’être avec l’Union Calédonienne, a déclaré Robert Courtot, c’est l’Union Calédonienne qui est venue me chercher« . Le premier magistrat de la commune de VKP estime qu’il n’était pas un « ténor » de Calédonie Ensemble, et que le conseil municipal de Pouembout est plutôt apolitique et résulte d’alliances.

Il conclut en affirmant n’avoir « de comptes à rendre à personne » et s’est fixé comme objectif de défendre les Calédoniens d’origine européenne au sein du parti indépendantiste.