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LES PRÉSIDENTS DE PROVINCE VONT-ILS CHANGER EN MAI ?

Le 12 mai prochain, les électeurs calédoniens de la liste dite « spéciale » vont élire leurs nouveaux conseillers de province. Une partie de ces élus constitueront par ailleurs le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, mais nous reviendrons ultérieurement sur cet aspect des choses. Si les assemblées de province conservent les équilibres actuels, pas de changement. Dans le cas contraire, les « provinciaux » auront un nouveau -ou une nouvelle- Président (e). Hypothèses.

En province Sud, un changement de majorité est certain. En effet, l’Exécutif actuel repose sur une coalition, datant du « Pacte de gouvernance solidaire ». Le dit pacte avait conduit Philippe Michel -et Calédonie Ensemble- à la présidence de la province, Cynthia Ligeard -et le FPU- à la présidence du gouvernement, et Gael Yanno -et l’UCF-, à la présidence du Congrès. Ce pacte est obsolète.

LES PÉRIPÉTIES D’UNE MAJORITÉ
À LA PROVINCE SUD

Depuis, en effet, tout a été chamboulé. Le FPU a explosé, l’UCF a éclaté, le MPC s’est recomposé. Cynthia Ligeard a été « éjectée » de la présidence du gouvernement par une majorité Calédonie Ensemble-Indépendantistes.

La « plate-forme » a raccommodé quelques anciens adversaires, le temps d’une élection législative, puis s’est décomposée.

Au milieu de ce maelstrom, Philippe Michel est demeuré Président de la province Sud.

PAS DE MAJORITÉ ABSOLUE
QUI L’OBTIENDRA ?

L’assemblée de la province Sud compte 40 élus. Avec 16 sièges actuellement, Calédonie Ensemble n’y possède pas la majorité absolue. Quelle situation peut résultat du scrutin du 12 mai ?

Première hypothèse : Calédonie Ensemble progresse et passe la barre des 21 sièges. Mais la désaffection manifestée par une partie de ses électeurs aux dernières législatives, ajoutée à l’impopularité de nombreuses mesures importantes adoptées par une majorité Calédonie Ensemble-Indépendantistes rendent cette hypothèse improbable.

Pas de doute, en effet, dans l’opinion : les erreurs grossières de la majorité au gouvernement et au Congrès, l’échec de la Charte des Valeurs Calédoniennes, la situation du Ruamm, la remise en cause de la CRE, la revendication de 51% du capital de la SLN, les hoquets de la TGC, la concentration des pouvoirs ou encore les péripéties de la présidence de Nouvelle-Calédonie Energie ont terni la stature de Calédonie Ensemble.

L’accentuation du clivage loyalistes-séparatistes dans la perspective de second referendum va de surcroît de mettre en exergue la revendication nationaliste du mouvement de Philippe Gomes. Une revendication qui portera au soupçon, tout comme quelques années auparavant, les deux drapeaux pour le Rump.

La situation de l’opinion publique, la lassitude ressentie après tant d’années de pouvoir, tout cela rend crédible un recul du parti.

CHANGEMENT DE GOUVERNANCE
EN MAI ?

Deuxième hypothèse : Calédonie Ensemble recule de manière significative. Dans ce cas, une nouvelle majorité s’installe à la province Sud avec deux sous-hypothèses :

– Calédonie Ensemble et les indépendantistes possèdent suffisamment de sièges pour former, comme au gouvernement, une coalition majoritaire à la province sud. Schéma « audacieux », mais en politique …

– Les « loyalistes » obtiennent la majorité.

Dans cette dernière hypothèse, aucun doute : l’alternance serait crédible en cas de concrétisation d’un union des « loyalistes », conjonction des tempéraments et des compétences face à une crise politique, économique et sociale sans précédent.

Dans ce cas, à la province Sud dirigée Philippe Michel, le temps du changement pourrait survenir en mai 2019.

DEUX LISTES INDÉPENDANTISTES
EN PROVINCE NORD ?

En province Nord, la belle union des indépendantistes lors du referendum va-t-elle se poursuivre ? En jeu, la présidence de Paul Néaoutyne ou de son successeur.

L’issue des dernière élections provinciales avait été jugée sur le fil : 8876 voix pour Néaoutyne et l’Uni, contre 8272 voix à Tyuienon et l’UC. Et 9 élus chacun.

Néaoutyne avait été élu avec les voix de l’UC mais n’avait pas « renvoyé l’ascenseur » dans la composition du Bureau.

Lors d’une interview télévisée, Jean-Pierre Djaiwe, responsable de l’Uni, avait été plutôt vague sur le sujet, suggérant que deux listes ne mettraient pas en cause l’union des séparatistes …

Les hypothèses se compliquent avec un éventuel -mais peu probable- arbitrage des autres partis « non indépendantistes ».

En 2014, Calédonie Ensemble avait obtenu 2560 voix, et les « loyalistes », 2192 voix. Liste unique, listes séparées en 2019 ?

La question se corse pour tous si on y ajoute un zeste de perversion pour imaginer des contreparties dans le sud et ailleurs …

AUX ILES LOYAUTÉ
HNEPEUNE SOLIDE

Aux Iles Loyauté, l’Union Calédonienne est solidement implantée, et le président de la province jouit d’une bonne image. On peut imaginer quelques regroupements, mais les équilibres de 2014 ne devraient pas être bousculés.

L’ARRÊT DE MORT DE LA SLN A-T-IL ÉTÉ SIGNÉ ?

Dernier acte en cours dans le cadre de la déconfiture de la SLN : la prise de position de l’Union Calédonienne. Le parti indépendantiste s’est déclaré hostile aux exportations de nickel, soutenant ainsi la « doctrine nickel » du Palika, favorable uniquement aux exportations vers les usines off-shore de la Province Nord. Bloquée dans ses approvisionnements en minerai, cette annonce signe-t-elle l’arrêt de mort de la SLN ? Réflexions.

PARTITION ÉCONOMIQUE
La plus vieille entreprise minière et métallurgique possède une usine d’affinage dans le sud, et un domaine minier exploité dans le nord. La partition économique ayant été opérée par les Accords de Matignon et de Nouméa, l’exploitation des gisements situés au delà de la ligne Poya-sud/Canala dépend des décisions de la province Nord.

La collectivité a récemment interdit à la SLN l’exploitation de gisements à Kouaoua, en appoint de la mine Méa proche de l’épuisement

Sur le terrain, la CSTNC et l’USTKE ont entrepris un mouvement de grève. Bien que les personnels mobilisés soient minoritaires, l’approvisionnement de l’usine Doniambo est insuffisant, et les fours ont du être ralentis. L’un d’entre eux est sous la menace d’une fermeture.

DES EXPORTATIONS POUR PROLONGER LA VIE DE LA SLN
De passage sur le territoire il y a quelques semaines, la PDG d’Eramet, principal actionnaire de la SLN, indiquait que le tarissement de la trésorerie de la SLN pouvait être partiellement compensé par des exportations de minerai de basse teneur, n’entrant pas dans la qualité de ceux traités à Nouméa.

Il semble que ces demandes d’autorisation d’exportation pourraient être déposées sur le bureau du gouvernement Germain fin février.

SOUTIEN À LA DOCTRINE NICKEL DU NORD
La prise de position de l’Union Calédonienne, conforme idéologiquement à celle du Palika de Paul Néaoutyne, pose une difficulté supplémentaire à la survie de la SLN. En effet, jusqu’à présent, Calédonie Ensemble a aussi soutenu la « doctrine nickel » de la province Nord. Lors du conflit des rouleurs, partie émergente de la crise des mineurs indépendants, la majorité du gouvernement Germain n’avait accédé aux demandes d’exportation qu’après d’âpres pressions.

Qu’en sera-t-il cette fois ci ?

Les partis loyalistes, quant à eux, représentés au gouvernement par le Rassemblement et les Républicains Calédoniens, sont clairement favorables aux exportations de minerai, notamment à basse teneur, donc sans possibilité de traitement en Calédonie.

51% DE LA SLN
La posture de l’UC vient de surcroît renforcer l’avis de ceux des actionnaires d’Eramet qui veulent se débarrasser de la SLN, source constante de difficultés financières, sociales et politiques ! Il est vrai qu’Eramet n’aurait pas de grands problèmes à trouver le ferro-nickel de substitution nécessaire à son usine du Havre. A meilleur compte.

L’Union Calédonienne apporte de l’eau à leur moulin en rappelant qu’elle veut 51% de la SLN. Une position conforme à celle du Palika et de Calédonie Ensemble.

Un raisonnement minier pertinent … pour la province Nord. Mais douteux si l’on imagine que la Calédonie devrait financièrement porter le fardeau de Doniambo …

HAROLD MARTIN DÉMISSIONNE DE SON MANDAT DE MAIRE – WILLY GATUHAU DEVRAIT DEVENIR LE PREMIER MAGISTRAT DE LA COMMUNE

C’est sur les ondes de RRB qu’Harold Martin a annoncé sa démission de son mandat de Maire de Paita ainsi que de conseiller municipal. L’élu calédonien a expliqué cette initiative par la concomitance du vote du budget municipal de Paita et de la décision de la Cour de Cassation le concernant dans l’affaire dite de « la 3 G ».

Le maire actuel craint en effet qu’en cas de condamnation et s’il se maintient en poste, la conséquence municipale soit l’invalidation du budget 2019. Bien que l’avocat général de la Cassation recommande l’infirmation de la décision de la Cour d’Appel de Nouméa. Mais dans tous les cas, affirme le maire, « Je ne veux pas que les administrés de Paita subissent des dommages qui soient liés à cette affaire« .

« WILLY GATUHAU, L’HOMME DE LA SITUATION »
Harold Martin a présenté celui qu’il appelle à prendre sa succession, son actuel premier adjoint Willy Gatuhau. « L’homme de la situation« , a-t-il indiqué, compte tenu de la complexité de la sociologie de la commune. « Un homme que j’ai recruté il y a 25 ans, qui connaît tous les services de la ville, qui a été mon directeur de Cabinet, et à qui j’ai demandé il y a quelques années de devenir mon premier adjoint« .

Ce serait donc ensuite le second événement municipal de ce début d’année. Willy Gatehau, Calédonien directement lié à la communauté d’origine wallisienne et futunienne, deviendrait ainsi le premier maire représentant cet aspect de la riche diversité de la Nouvelle-Calédonie.

DÉVELOPPEMENT CONSIDÉRABLE
Paita est une commune particulière de l’agglomération. Située sur la voie menant vers le nord de la Grande Terre, « hôte » de l’aéroport international, disposant d’un « bord de mer » exceptionnel, elle est promise au plus grand développement dans le futur en raison, à la fois de sa situation géographique, et de son étendue considérable.

Harold Martin conserve son mandat provincial jusqu’au renouvellement de l’assemblée. Signataire des Accords, il est profondément inscrit dans le paysage politique calédonien. Connu pour son langage direct et son franc parler -« lui, au moins, on comprend ce qu’il dit ! », disent fréquemment les Calédoniens-.

UNE INCONTESTABLE ÉLÉGANCE
Il fut élu maire de la commune historique, quasiment fondée par son aïeul Paddon, en 1995 alors qu’il affrontait un candidat soutenu par le Président du RPCR. Vainqueur avec de bonnes longueurs d’avance.

Cette « transmission » sera une page qui se tourne, une page aux multiples chapitres. Une passation effectuée par Harold Martin avec une bonne dose de pertinence politique, et avec une incontestable élégance.

UNE MAJORITÉ STABLE CALÉDONIE ENSEMBLE-INDÉPENDANTISTES

Les votes intervenus au Congrès sur des sujets sensibles montrent  la stabilité d’une majorité établie depuis près de 5 ans : Calédonie Ensemble-Indépendantistes.

La stabilité est une qualité pour la gestion d’un pays. Mais la question qui se pose est celle de la pertinence des décisions au regard des attentes de la majorité des Calédoniens. Cette majorité est loyaliste, plutôt attachée à la libre entreprise, impatiente d’une amélioration de la sécurité, déçue par le passage en force de la TGC à 5 taux ou encore hostile à l’augmentation permanente de la pression fiscale.

La majorité de la province Sud est, quant à elle, soucieuse de la protection de « son usine », la SLN, même si l’actionnariat local regroupe les 3 provinces. Or, la compétence, en matière de gestion des mines, appartient aux provinces, et l’essentiel des réserves de la SLN est située en province Nord.

On peut imaginer sans peine l’arme formidable qui a été donnée à cette province <exploitant minier, propriétaire d’une usine à Koniambo, d’une usine en Corée du sud et prochainement en Chine> par la majorité « stable » du Congrès : celle de connaître les données minière que devra lui donner … son concurrent.

LB

« CALÉDONIE ASSOCIÉE À LA FRANCE » : LA MINISTRE NE DÉMENT PAS

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, avait déclaré qu’elle pourrait proposer « une vision de ce que pourrait être demain la Calédonie associée à la France ». Elle ne revient pas sur l’expression employée par elle. Troubles de vision.

Cette déclaration a suscité une levée de boucliers dans les milieux hostiles à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Personne n’a, en effet, oublié la proposition d’Edgard Pisani, en 1985, de faire du territoire un « Etat associé à la France« , sous la forme d’une indépendance association.

A cette époque, cette initiative avait mis le feu aux poudres dans un contexte déjà proche de la guerre civile. Le « délégué du gouvernement » avait, quelques temps après, été rappelé à Paris.

Annick Girardin a donc décidé de remettre ce thème au goût du jour.

Dans un communiqué emberlificoté, elle « tient à réaffirmer que l’avenir de la Nouvelle-Calédonie sera défini avec les Calédoniennes et les Calédoniens qui se sont exprimés de manière claire et incontestée le 4 novembre 2018″.

Et semble prendre les loyalistes calédoniens pour des ânes.

Que l’avenir de la Nouvelle-Calédonie soit défini « avec« , -et non, d’ailleurs, « par« – les électeurs qui se sont exprimés le 4 novembre 2018, qui pourrait en douter. Difficile d’imaginer, en effet, que l’élue de Saint Pierre et Miquelon puisse affirmer que notre avenir sera défini sans nous !

En revanche, rien sur sa « vision » d’une « Calédonie associée à la France« . Sur le sujet, elle ne dit mot. Et c’est pourtant ce qui fait polémique.

En clair, et sauf démenti plus précis de sa part, l’Etat va préparer l’avenir de la Nouvelle-Calédonie « avec » les Calédoniens. Mais la vision de l’Etat, vue par Madame Girardin sera bel et bien celle d’une « Calédonie associée à la France« .

LA MINISTRE DES OUTRE MER VEUT PROPOSER UNE CALÉDONIE « ASSOCIÉE » À LA FRANCE

Annick Girardin semble ne pas prendre en considération le referendum du 4 novembre dernier. La question posée aux Calédoniens, longuement négociée, était pourtant claire : il s’agissait pour eux de choisir si la Calédonie devait accéder à la pleine souveraineté et « devienne indépendante », ou, a contrario, s’il préféraient que le territoire demeure dans l’ensemble français.

La ministre des Outre mer ne l’a pas, semble-t-il, entendu de cette oreille. Dans une déclaration à Saint Pierre et Miquelon, elle annonce que « le gouvernement proposera à la Calédonie« , à l’issue des provinciales, « une méthode« , des « rendez-vous« , et surtout, « une vision de ce que pourrait être demain la Calédonie associée à la France« .

Edgard Pisani, en 1985, avait, quant à lui, proposé que la Nouvelle-Calédonie accède à un statut d’Etat associé à la France. Ces propos avaient alors accentué les troubles qui agitaient le territoire, et conduit à l’établissement d’un couvre-feu pendant 6 mois dans une situation d’état d’urgence.

Dès hier soir, les Républicains Calédoniens de Sonia Backès et le MPC de Gil Brial ont réagi en condamnant fermement cette déclaration. Ils demandent « de respecter le choix des Calédoniens et de pas tenter d’amener, à marche forcée, la Nouvelle-Calédonie vers un chemin qu’elle n’a pas choisi. »

La ministre avait déjà fait sensation en déclarant, à l’issue du Comité des Signataires du 14 décembre, que cette réunion avait été « un grand moment de dialogue« . De fait, chacun avait campé sur ses positions, et l’Union Calédonienne avait même quitté les lieux à la mi-journée …

Cette fois, sa déclaration est plus inquiétante. Elle engage le gouvernement dans un possible déni de l’expression d’une majorité des électeurs calédoniens, et de l’écrasante majorité des habitants -en incluant les 60.000 personnes dont les majeurs n’ont pas le droit de vote-, qui ont refusé démocratiquement l’indépendance.

SONIA BACKES POSITIONNÉE EN LEADER DU FRONT DES LOYALISTES

Le Front des Loyalistes, a été créé spécifiquement pour le Comité des Signataires du 14 décembre en vue de défendre précisément 3 points de convergence entre les Républicains Calédoniens, le Rassemblement et le MPC. En théorie, ce front a vécu. Mais dans la perspective des élections provinciales, l’hypothèse d’union n’est pas à exclure. Objectif : empêcher une avancée des indépendantistes au Congrès, ainsi que des nationalistes calédoniens baptisés récemment « souverainistes », et reprendre la Province Sud à Calédonie Ensemble qui y est désormais minoritaire. Supputations.

UNE LISTE UNIQUE OU DEUX LISTES CONVERGENTES ?
A l’évidence, un débat interne aux trois partis loyalistes se développe : vaut-il mieux viser l’établissement d’une liste unique en Province sud, au plutôt deux listes séparées avec des objectifs majeurs en convergence ?

Les tenants de la liste unique plaident pour l’effet « bonus » de sièges aux provinciales résultant d’un score important.

Les tenants des listes séparées soutiennent qu’elle « ratisseraient plus large », en raison des clivages existants et des rejets de certaines personnalités, rejets qui provoqueraient des « pertes en ligne » pour une liste unique.

Or il est vrai qu’en politique, 1+1 font rarement 2, et que les résultats électoraux ne se bornent pas à des simples additions de scores présumés …

SONIA BACKES PLACÉE EN LEADER PAR GIL BRIAL
Dans une interview donnée au quotidien Les Nouvelles, le Président du MPC défend le principe d’une liste unique. Pour lui, pas d’équivoque : le leader de cette liste unique devrait être Sonia Backes, en raison d’un récent résultat aux élections législatives, légitimant à ses yeux « une expérience et une notoriété qui en font la mieux placée« .

Lors de cette consultation, la Présidente des Républicains avait réalisé un score supérieur à celui du candidat du Rassemblement Bernard Deladrière dans la première circonscription. Le Rassemblement n’avait pas présenté de candidat dans la deuxième circonscription où Gil Brial avait lui même obtenu un nombre de suffrages plus qu’honorable.

Sonia Backès avait été battue au second tour par Philippe Dunoyer qui avait bénéficié du soutien surprise notamment du Rassemblement, dans le cadre de la fameuse « plate-forme ».

L’OPPOSANTE N°1 À PHILIPPE GOMES ET À L’INDÉPENDANCE
La Présidente des Républicains Calédoniens, présente sur tous les fronts, apparaît ainsi comme l’opposante n°1 au tout puissant patron de Calédonie Ensemble, Philippe Gomes.

Ses positions affirmées au plan économique et social, hostiles à la majorité des mesures prise par le gouvernement Germain, la proposition d’évolution statutaire intégrant une transformation originale du « droit au referendum » des Républicains Calédoniens, sa démarche visant à différer le Comité des Signataires et à placer la relance économique dans son agenda, les prises de positions des Républicains Calédoniens sur l’ensemble des dossiers au gouvernement au Congrès en faisaient déjà, globalement, la principale personnalité d’opposition à Calédonie Ensemble et aux indépendantistes.

Récemment, interrogée par Nathalie Daly sur la Première, cette native de Nouvelle-Calédonie confirmait son combat, non pas contre les indépendantistes, mais contre l’indépendance. En y plaçant Calédonie Ensemble au titre de la démarche nationaliste du parti de Philippe Gomes.

MACRON SERAIT RÉÉLU EN CAS DE PRÉSIDENTIELLE selon un sondage Ifop/JDD

Alors que le Président de la République a baissé dans les sondages depuis l’affaire Benala, suivie de la révolte des gilets jaunes, un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche révèle qu’en cas de nouvelle présidentielle, Marine Le Pen serait en tête avec 27%, tandis qu’Emmanuel Macron réaliserait un meilleur score qu’en 2017 avec 25%.

Dans cette configuration analogue à l’an dernier, Macron serait donc réélu.

Ce sondage révèle par ailleurs que Jean Luc Mélenchon reculerait à 13%, tandis que Laurent Wauquiez serait loin du score de Fillon avec seulement 10%.

Un progrès pour Dupont-Aignan : il double son score de 2017 avec 7%.

Selon de nombreux commentateurs, ce résultat tiendrait d’abord au fait qu’aucune opposition sérieuse à Emmanuel Macron ne s’est construite. Par ailleurs, les Français, mécontents de la pression des taxes et du manque d’écoute de « la France d’en bas », reconnaîtraient au Président de la République, une volonté et un capacité de réformes souhaitées.

A QUOI RESSEMBLERAIT UNE NOUVELLE CALEDONIE INDEPENDANTE ? Un article paru dans « CAPITAL »

Cet article est paru dans « Capital ».

GEORGES NURDIN  PUBLIÉ LE 12/12/2018 À 16H00

Si le “non” a gagné lors du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, de nouveaux votes pourraient avoir lieu. A l’approche de la réunion du « comité des signataires », notre chroniqueur Georges Nurdin, économiste, imagine le destin d’une île sortie du giron tricolore.

L’issue du référendum du 4 novembre 2018 sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie a vu la victoire du non par 56,7 %. Il est toutefois prévu, dans le cadre des accords de Nouméa (ADN), de procéder à un second, voire à un troisième référendum. Les signataires des accords de Matignon (qui ont laissé la porte ouverte au référendum d’autodétermination) et des ADN – ou plutôt leurs “esprits”, les véritables signataires étant morts depuis belle lurette (Tjibaou, Lafleur et Rocard) -, se rencontrent avec le Premier Ministre en décembre non pas pour faire tourner les guéridons mais pour débattre de l’opportunité de procéder à ces consultations en série.

Les loyalistes pensent que c’est inutile, que la balance ne changera pas. Les indépendantistes pensent qu’au contraire, en misant sur leur force de conviction et de mobilisation et surtout sur l’attrition naturelle inéluctable des voix non-indépendantistes, ils arracheront un scrutin majoritaire au bout du compte. En effet, pour simplifier, le corps électoral référendaire est gelé pour les non-kanaks depuis deux décennies, au contraire des kanaks qui alimentent leur réservoir de voix à chaque nouvelle génération, leur vote étant héréditaire en vertu des Accords, et ce en contradiction avec la Constitution Française qui pourtant garantit “l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion”. Or, dès ce premier référendum, ces ”voix gelées” représentaient déjà 20%, d’où l’espoir des indépendantistes pour les 2ème et 3ème rounds… Qu’adviendrait-il, dans ce cas, d’une Nouvelle-Calédonie indépendante ? Voici un scénario (fictionnel) possible.

La Kanaky – plus exactement la République Démocratique, Socialiste et Coutumière de Kanaky – est constituée et la décolonisation enfin actée avec soulagement par la Commission spécialisée de l’ONU, où la Nouvelle-Calédonie y était inscrite depuis 1986 (c’est-à-dire dès le lendemain de l’affaire du Rainbow warrior, chalutier de l’ONG Greenpeace coulé en 1985). Il faut dire que parmi les 24 membres de cette commission Onusienne, il y a des “pointures” en terme de démocratie, de droits de l’Homme et de (dé)colonisation – et qui savent de quoi elles parlent. En vrac : l’Iran, l’Irak, la Chine, la Russie, le Congo, la Côte d’Ivoire, Saint Krit et Nevis (paradis fiscal), le Sierra Leone, le Venezuela, la Syrie, l’Indonésie, Cuba…

La Constitution de la Kanaky s’articule donc tout naturellement à partir du socle des valeurs fondamentales qu’a porté la majorité des électeurs : l’identité Kanak, le respect de l’Héritage et de la coutume, ainsi que le principe de subsidiarité. Il y a donc un Président et un parlement élus, un sénat coutumier, et un corpus législatif qui puise aux sources des droits coutumiers (57 distincts). Le principe de subsidiarité ainsi que celui de la coutume veut que l’organisation administrative exécutive soit décentralisée et articulée autour de la “grande-chefferie”. Il y a naturellement 28 langues officielles, dont certaines principalement orales, chacune ayant force de loi.

Au plan économique, le Franc Pacifique, qui était indexé sur l’euro, a cessé d’exister. Il a été remplacé par le “Kagou Kanak”, (KK) qui a perdu immédiatement après la proclamation de l’indépendance 80% de sa valeur. Comme la Kanaky – à l’instar de l’ex-Nouvelle-Calédonie – importe 90% de son PIB, les prix ont flambé. Pour tenter d’enrayer cette inflation ainsi que l’hémorragie consécutive de devises et des capitaux, le gouvernement a décidé de rendre le KK non-convertible et d’instaurer un contrôle des changes des plus drastiques, à l’instar de ce qui se pratique en Algérie, modèle d’émancipation coloniale qui a tant inspiré la campagne référendaire.

Parallèlement à l’émancipation de la puissance colonisatrice française, les transferts nets auxquels procédait la France à hauteur d’environ 1,2 milliard d’euros par an ont cessé. Ils représentaient de 12% à 14% du PIB, et en contrepartie, l’ex-Nouvelle Calédonie jouissait d’un taux de pression fiscale extrêmement bas, soit 32% du PIB, contre 48% en métropole pour des prestations sociales comparables voire supérieures à celle de métropole (retraites, couverture sociale et médicale etc..). A la suite d’un débat agité, le gouvernement a dû se résoudre à mécaniquement relever les impôts, pour compenser les transferts nets servis chaque année par l’ex-puissance colonisatrice d’une part et d’autre part pour faire face aux autres dépenses qu’induisent les nouvelles compétences régaliennes (armée, représentation diplomatique et consulaire, organisations internationales, justice, monnaie, Banque centrale… ) soit encore une dizaine de points de PIB. Le taux de prélèvements obligatoires s’établit désormais en Kanaky à 55% du PIB, niveau équivalent à un quasiment doublement de l’impôt.

L’ hyperinflation et la pression fiscale font violemment chuter la consommation (représentant 70% du PIB) : le PIB se contracte mécaniquement de 30% à 40%… Les faillites et défaillances s’enchaînent. Effet Domino. Les projets d’investissement d’un grand groupe suisse de cosmétiques (La Vallée) dans la biodiversité locale sont remis sine die. Plus que les conditions économiques désastreuses, les lois coutumières sur la Propriété Intellectuelle, qui n’obéissent pas aux standards WIPO (World Intellectual Property Office) mais au principe d’aire coutumière et de droit coutumier (souvent régi lui-même en la matière par l’oralité et la transmission dans le secret entre générations au sein des tribus) inscrits dans la Constitution, n’ont pas su inspirer la confiance suffisante au conseil d’administration de La Vallée. Le chômage est de l’ordre de 35% de la population active (plus de 60% parmi les jeunes) et le taux de recouvrement de l’impôt de 15%. Les infrastructures (routes, réseaux, eaux, soins, énergie, télécoms, services publiques, etc) se dégradent rapidement. Les cerveaux fuient et ne reviennent pas. Comme en Algérie ou dans les Balkans. Le tourisme en est grandement affecté. Alors que la Nouvelle-Calédonie pointait à la 15ème dernière place au monde en tant que destination touristique, la Kanaky disparaît purement des radars. Le PIB s’affaisse encore.

>> A lire aussi – Pourquoi l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ferait perdre très gros à la France

Pour financer le tout et continuer à faire tourner le pays, le gouvernement de Kanaky, arrivé en cul de sac par la route de l’impôt et celle du déficit, a bien essayé de lancer un emprunt international. Mais, compte tenu des fondamentaux du pays, c ‘est un échec à la souscription ! C’est exactement à ce moment que les Chinois (qui avaient été très actifs dans le Comité de l’ONU sur la décolonisation d’ailleurs), principaux acheteurs du Nickel de Kanaky (la deuxième réserve mondiale), proposent un prêt de plusieurs dizaines de milliards d’euros afin de renflouer immédiatement les caisses (avec comme collatéral les mines elles-mêmes) et également de racheter (à prix cassé) les parts des opérateurs de Nickel locaux, trop heureux de pouvoir se désengager de cet “investissement” qui leur cause des pertes abyssales ou dont il ne peuvent rapatrier aucun dividende à cause du contrôle des changes et du KK non convertible.

En contrepartie, les Chinois exigent d’une part l’exclusivité pour les 100 prochaines années et d’autre part un droit fiscal et social dérogatoire. En particulier, le salaire servi sera équivalent à celui payé dans les mines de Baotou en Mongolie intérieure, soit 320 euros par mois (contre 1.320 euros par mois, environ, du temps de la colonisation), exonération totale des charges patronales… Conditions de licenciement, horaires de travail et normes de sécurité alignés avec celles de Baotou. Fiscalement : aucune TVA, aucune taxe professionnelle, aucun impôt sur les bénéfices pendant 50 ans (renouvelable), et rapatriement des dividendes totalement libre – jusqu’à 100% des bénéfices -, net de taxes, d’impôt et de retenue, libellés en dollars. Et ceci bien entendu par réemploi direct des recettes d’exportation à partir d’une plateforme offshore – Saint Krit et Nevis (cf supra) -. Pour les grandes lignes…

De même, les Chinois, qui produisent aujourd’hui 98% des terres rares, élément central à la transition énergétique de demain, se font garantir l’exclusivité en ce qui concerne l’exploitation des terres rares dont la ZEE de la Kanaky regorge et veulent le même “paquet” que pour le Nickel. Pendant les 50 prochaines années, les contraintes de normes environnementales seront également “temporairement” allégées… Or, pour mémoire, le taux de radiation dans les mines de terres rares de Mongolie intérieure (province chinoise jouxtant la Mongolie, NDLR) est comparable ou supérieur à celui de Tchernobyl.

>> A lire aussi – Scandium, yttrium… Ces terres rares françaises qui valent de l’or !

Enfin, les Chinois exigent une base militaire souveraine (avec terrain d’aviation pour chasseurs et bombardiers, ainsi qu’une base navale pour sous-marins d’attaque et camp d’entraînement), au Nord-Ouest de la Kanaky, soit à 1.700 km seulement des côtes de l’Australie voisine. A la suite d’une “palabre” (débat) étonnamment brève et vibrante, délivrée par l’éloquent Président, et en même temps grand chef coutumier, en langue xârâcùù, traduite dans les 27 autres langues nationales, le Parlement et le Sénat réunis en Congrès votent ces propositions chinoises à l’unanimité avec effet immédiat.

Georges Nurdin, économiste, consultant International et écrivain (Les multinational émergentes, Le temps des turbulences, Wanamatcha !).

COMITÉ DES SIGNATAIRES : PAS DE DÉPLACEMENT POUR RIEN !

C’est toujours un gros déplacement que le fameux Comité des Signataires. Et une grosse dépense publique : on parle d’une trentaine de millions. Cette fois, les Calédoniens, dont beaucoup sont inquiets, attendent de pied ferme des résultats. Ni un bilan, ni de la philosophie sur l’avenir à moyen et long terme : l’avenir immédiat, c’est la crise du BTP, le trou du Ruamm, les magasins qui ferment, l’immobilier hésitant, la SLN au bord du gouffre. Au soir du 14 décembre, ils ne veulent pas être les témoins d’un voyage pour rien. Exigence.

AU MILIEU DE LA TOURMENTE FRANÇAISE, LES CALÉDONIENS
Edouard Philippe doit lui-même se dire qu’il aurait pu différer l’obligation qu’il s’est imposée, peut être en tendant l’oreille à la proposition de Sonia Backès d’organiser le Comité un peu plus tard. Et à Nouméa. La crise nationale des gilets jaunes l’occupe à temps plein, et la France entière attend les suites, funestes ou apaisées, du discours du Président de la République. Ennui supplémentaire, et de taille : l’attentat terroriste de Strasbourg et la traque de Cherif Chekkat.

Au milieu cette tourmente, les Calédoniens et leur après-referendum …

UN BILAN SANS GRAND INTÉRÊT ?
Quelle utilité, en effet, pour une telle réunion du Comité des Signataires ?

Plusieurs hypothèses peuvent être émises. La première est celle de l’examen des conditions dans lesquelles s’est effectué le scrutin. Au delà des rapports d’experts, de l’appréciation des observateurs de l’ONU, de la satisfaction générale sur le déroulement paisible et démocratique de l’exercice, quel intérêt que ce constat ?

Les Calédoniens le savent mieux que quiconque : le scrutin d’autodétermination du 4 novembre 2018 s’est bien passé. Pas besoin de se rendre à Paris pour le savoir.

L’ANALYSE D’UNE ÉCONOMIE QUE TOUS CONNAISSENT ?
Seconde hypothèse : des experts analysent la situation économique et sociale du territoire. Nul besoin d’être grand clerc pour le savoir : nous sommes en récession, et la crise pointe pour certains secteurs porteurs d’emplois. Là encore, pourquoi faire 22 000 kilomètres pour ça ?

UNE DÉCISION RAPIDE POUR LE CORPS ÉLECTORAL ?
Le Conseil d’Etat a récemment rendu un avis qui pourrait poser interrogation sur la durée « légale » de l’Accord de Nouméa : jusqu’au 3e referendum ou à l’expiration du quatrième mandat après 1999, c’est à dire en mai 2019 ?

Un enjeu de taille : le débat sur le corps électoral provincial futur. Sur ce sujet, un consensus relèverait au moins d’un miracle.

Alors, l’examen et l’interprétation de cet avis sont-ils plus légitimes à Paris qu’à Nouméa ?

LA SITUATION DE LA SLN ?
La vieille dame est au bord du gouffre. Ce n’est pas un « scoop ». La situation a été clairement exposée à Nouméa par la PDG d’Eramet lors de se récente visite. Une demande précise a été exprimée pour éviter d’éventuelles décisions dramatiques dans l’urgence : la possibilité, pour la SLN, d’exporter rapidement du minerai pauvre.

La réponse dépend des autorités locales. Pas de Paris.

UNE EXIGENCE IMMÉDIATE : LE REDRESSEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL
Quatrième hypothèse : Edouard Philippe admet que la perspective d’un nouveau referendum va ajouter à la crise actuelle et que la Nouvelle-Calédonie risque de connaître une véritable débâcle en matière économique et sociale. Il en exprime l’inquiétude.

Dans ce cas, force sera de constater que la matière économique et sociale est entièrement de la compétence du gouvernement, du Congrès et des assemblées de province. Compte tenu de la situation critique des finances publiques calédoniennes, il restera donc, pour l’Etat, à trouver un moyen rapide de permettre à la Nouvelle-Calédonie d’investir dans de grands chantiers et dans des secteurs propres à maintenir un bon niveau d’activité économique.

Cette demande a récemment été formulée par les Républicains Calédoniens. Calédonie Ensemble a également évoqué plusieurs pistes pour soutenir les entreprises locales.

En 1975, la Calédonie en crise avait reçu, pour changer sa fiscalité, une avance de l’Etat correspondant à 200 milliards de nos francs 2018.

C’est probablement à ce prix que le déplacement des élus, des collaborateurs et des accompagnateurs à Paris aura servi les Calédoniens.