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LE MNSK, UN AUTRE PARTI INDÉPENDANTISTE

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Au cours de l’assemblée générale du parti travailliste a été officialisé le rapprochement de ce parti avec le Mouvement Nationaliste Indépendantiste et Souverainiste pour former le Mouvement Nationaliste pour la Souveraineté de Kanaky.

La nation prônée est donc Kanaky formée du « peuple kanak » et de ceux « qui vont venir vivre avec le peuple kanak« , selon les termes du président du Parti Travailliste.

Indépendance rupture avec la France ? On pourrait le penser après les nombreuses déclarations du parti Travailliste. Cependant, s’exprimant sur le « oui » au référendum, le leader du MNIS envisage la campagne comme une « vocation à faire le bilan des 30 ans, mais à la fois le bilan des loyalistes et des indépendantistes« . Regrettant ce qu’il appelle le bipolarisme entre loyalistes et indépendantistes, il indique également :  » le oui nationaliste, c’est de dire qu’on peut transgresser tout ça, on peut sortir du bipolarisme, et puis avancer ensemble vers une souveraineté partagée« .

Outre le fait que la situation de « souveraineté partagée » est considérée comme la situation actuelle de la Nouvelle-Calédonie, on peut donc imaginer que la « souveraineté de Kanaky » défendue par le MNSK, et en son sein par le MNIS, serait différente de celle prônée par l’UC, et plus proche de « l’indépendance avec partenariat » vue par l’Uni-Palika.

En revanche, mais c’est généralement ce qui ressort des déclarations constitutives de Kanaky, rares sont les informations relatives au quotidien du futur « peuple de Kanaky » en ce qui concerne les réalités économiques, sociales, financières et de solidarité.

MAJORITÉ INDÉPENDANTISTE AU CONGRÈS : QUELLE PLACE POUR LES LOYALISTES ?

Le ralliement de l’Eveil Océanien au groupe UC-FLNKS-Nationalistes au Congrès enlève toute surprise pour l’élection à la présidence, le renouvellement du bureau, la présidence de la Commission permanente. Restent les commissions où les présidences ont reflété, jusqu’à présent, la représentativité des groupes. Avec en toile de fond, plusieurs sujets brûlants.

Ce matin, Boulevard Vauban, il ne devrait pas y avoir de surprise pour l’élection du président du Congrès : Roch Wamytan sera sans aucun doute reconduit dans ses fonctions, l’Eveil Océanien partageant désormais son groupe. Pour les Vice-présidences de l’Institution et le Bureau, le seul calcul de la proportionnelle devrait assurer une place partout à l’Eveil Océanien. Seule inconnue : la présidence des commissions.

Bien entendu, les deux points fondamentaux demeurent la présidence de l’Institution et la majorité dans son assemblée.

Le Président, dans le fonctionnement des débats, ne fait que garantir leur bonne tenue et une prise de parole équitable. Mais surtout, il est maître de l’ordre du jour et assure la représentation intérieure et extérieure du Congrès.

La majorité, au sein de l’assemblée, est autrement plus importante. Le Congrès est en effet un véritable parlement monocaméral, qui vote des lois et des règlements -les délibérations- organisant pratiquement toute la gestion interne de la Nouvelle-Calédonie.

La fiscalité, les lois du travail, la réglementation économique, l’enseignement, le sport, les infrastructures, bref, tout ce qui ne relève pas du régalien dépend du Congrès. Sans oublier la réglementation minière. La Nouvelle-Calédonie a ceci de particulier qu’au sein de la République, elle possède des compétences assimilées à une « souveraineté interne ». Même en matière d’enseignement, si elle le voulait, une majorité du Congrès pourrait supprimer ou transformer le baccalauréat !

C’est dire, par conséquence, l’importance de la majorité  dans cette « chambre ».

En théorie, et sur la composition des groupes, les indépendantistes sont au nombre de 29 élus, contre 25 aux loyalistes.

Dans ces conditions, la question du jour concerne la place que cette nouvelle constitution de majorité va « laisser » aux loyalistes, pourtant largement majoritaires en Nouvelle-Calédonie. Viendront ensuite les sujets relevant directement du Congrès comme la mise à l’ordre du jour de l’article 27 conférant une quasi-indépendance à la Nouvelle-Calédonie. Et en toile de fond : le gouvernement.

ROCH WAMYTAN CANDIDAT À SA PROPRE SUCCESSION AU CONGRÈS

La Nouvelle-Calédonie dispose d’un Parlement : il se nomme le Congrès. Situation unique au sein de la République, cette assemblée vote des lois qui relèvent du seul domaine de compétence du territoire, dans des matières qui échappent à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Il en va ainsi de la presque totalité des compétences de gestion interne, de la fiscalité au sport en passant par les lois du travail ou l’enseignement. La présidence de l’Institution est-elle pour autant majeure ? En tout cas, l’actuel président, Roch Wamytan, issu du groupe UC-FLNKS, sera à nouveau présenté par ce dernier pour briguer un nouveau mandat.

UN RÔLE PROTOCOLAIRE
Si le Congrès vote l’ensemble des lois dite « du pays » ainsi que les délibérations d’application, le président est d’abord chargé d’en assurer la sérénité des débats. Hors les réunions d’assemblée, il exerce essentiellement un rôle protocolaire. Il intervient également dans toutes les réunions auxquelles il participe au titre de sa fonction. Il peut par ailleurs, pour tel ou tel cas particulier, apporter un appui ou une recommandation. Enfin, il est le chef des services du Congrès et en est l’ordonnateur du budget.

IL CONVOQUE LE CONGRÈS
C’est le président qui convoque le Congrès. Ce dernier peut l’être également à la demande du gouvernement ou du Haut-Commissaire. Mais le président fixe le date et l’ordre du jour.

Ce pouvoir peut être déterminant dans certaines circonstances où la date de convocation, ou de non convocation, peut influer sur le vote ou l’avis sollicité. Par exemple sur un avis demandé par le gouvernement central.

Ainsi, lorsque l’Etat a enclenché le processus d’adoption du gel du corps électoral, en dépit des demandes de partis minoritaires, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie n’a pas été réuni pour donner un avis.

LA FONCTION EST UNE REPRÉSENTATION POLITIQUE
Le Président du Congrès exerce une mission de représentation évidemment importante, puisqu’il préside le parlement local. L’affichage est donc que cette présidence est actuellement assurée par un indépendantiste.

Ce focus est important à l’extérieur du territoire, ainsi qu’auprès des instances nationales. Il montre qu’en Nouvelle-Calédonie, l’importance de la revendication d’indépendance n’est pas marginale. La façon dont se déroule l’élection est évidemment significative. Obtenue à la majorité, elle résulte d’un rapport de force. Issue d’un consensus, elle relève d’un processus harmonieux.

Mais la situation politique locale est complexe. Dans quelques semaines, les électeurs devront répondre à une consultation sur l’indépendance de la Calédonie ou non. Dans cette perspective, un regroupement loyaliste s’est constitué, mais Calédonie Ensemble ne s’y est pas associé. Par ailleurs, dans les couloirs trainent une rumeur sur une déstabilisation éventuelle du gouvernement dans les mois à venir. Dans ces conditions, l’élection du prochain président du Congrès sera surtout un exercice politique dont l’importance ne peut échapper à personne.

NICKEL : manœuvres du Nord pour prendre le contrôle dans le Sud

En annonçant que le FLNKS voulait que la ressource minière soit gérée par le « pays » plutôt que par les provinces, les indépendantistes reviennent sur un de leurs acquis dans les Accords de Matignon, puis de l’Accord de Nouméa. Le calcul est évident : dépouiller la province Sud d’une compétence gênante pour la conquête entreprise pour le contrôle économique du Sud par la province Nord. Stratégie.

PRENDRE LE CONTRÔLE DES OUTILS MINIERS ET MÉTALLURGIQUES DU SUD
L’annonce de la proposition de reprise de Vale par la SMSP, pourtant criblée de dettes, et le veto à de nouvelles exploitations de la SLN à Kouaoua sont des actions relevant d’une stratégie évidente.

L’annonce indiquant que, finalement, le FLNKS voudrait que le nickel redevienne une compétence « pays » traduit une volonté hégémonique de la province Nord en matière minière et métallurgique.

Toutes ces manœuvres visent, en réalité, à tenter de prendre le contrôle économique de la province Sud.

DES TENTATIONS ANCIENNES
Cette orientation n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été initiée en matière commerciale dès l’installation des provinces en dévoyant quelques investissements issus des budgets … de rééquilibrage. C’est en effet grâce aux dizaines de milliards payés par les contribuables de la province Sud que le Nord avait fait l’acquisition d’un grand nombre d’agents économiques … dans le sud. Ces achats avaient intéressé aussi bien le secteur hôtelier avec l’acquisition du Surf ou du Beaurivage, qu’une agence de voyage ou encore … une chaîne de boulangerie-pâtisserie.

Ces tentatives n’ont guère eu de succès. La mauvaise gestion du Surf a abouti, dans un premier temps, au départ de la chaîne Accor, puis dans un second, à la fermeture de l’hôtel, et donc à la perte d’emplois de dizaines d’employés. La plupart des autres affaires ont été revendues, jusqu’à la chaîne de boulangerie.

DU PLUS SÉRIEUX AVEC LA MÉTALLURGIE
En matière minière et métallurgique, les choses ont progressé autrement. Enorme développement de la SMSP, en apparence, avec une réalité plus préoccupante. C’est qu’en effet, le fameux 51%/49% consiste à se prévaloir d’une majorité au capital sans débourser l’équivalent en investissements. Ces derniers sont réalisés par l’actionnaire minoritaire lequel, en contrepartie, détient virtuellement les domaines miniers apportés en garantie.

C’est exactement le projet qui se bâtit pour tenter de prendre le contrôle de Vale. Un groupe asiatique financerait, et obtiendrait en garantie le domaine minier.

Problème : si dans le Nord, cela ne semble pas poser de problème, en province Sud, l’assemblée est gérée par une majorité loyaliste dont la conception de l’économie du nickel ne s’inscrit pas dans « la doctrine nickel » chère à la province Nord.

RÉSOUDRE LA QUESTION EN « DÉSAISISSANT » LA PROVINCE SUD
Les faiblesses accumulées ces dernières années par l’ancienne majorité favorisent, semble-t-il, toutes les audaces de la part du FLNKS. Ce qu’il déclare correspond à affirmer qu’il serait arrangeant, pour la « doctrine nickel », que la province Sud n’ait plus sont mot à dire dans le domaine de la mine et de la métallurgie.

Un renversement de gouvernement, une majorité de circonstance au Congrès, et le tour est presque joué.

L’ennui, cependant, c’est que les compétences des provinces relèvent de la loi Organique, et que l’on voit mal le Parlement de la République, alors que la campagne pour l’élection présidentielle est pratiquement lancée, s’amuser à un tel exercice.

Mais le FLNKS sait, par expérience, que semer des petites graines peut faire un jour germe le fruit espéré. N’a-t-il pas progressé ainsi en 30 ans, passant de 30 à 40% ?

Au total, s’ils veulent préserver la société de liberté qu’ils connaissent, les loyalistes seraient bien inspirés de réaliser un bon score au prochain référendum. Ils ont un peu plus de 2 mois pour préparer un coup d’arrêt à la conquête projetée.

Sibeth Ndiaye pourrait quitter le gouvernement au remaniement prochain

Publié par ATLANTICO – L’ADIEU AUX ARMES
Au revoir Sibeth, tu vas nous manquer !

« Je te dis « tu » car, comme Eluard, je dis tu à tous ceux que j’aime. Oui, Sibeth, nous t’avons aimée. Sur la mer plate et ennuyeuse de la macronie tu faisais des vagues belles et tumultueuses. Sans toi ce quinquennat, dont il est à craindre que tu ne vois pas la fin, n’aurait été que ce qu’il est : une étendue d’eau croupissante.

« Nous avons aimé tes robes multicolores qui auraient fait pâlir de jalousie un kaléidoscope. Nous avons adoré que tu aies apporté une tache vivifiante de couleur au sein d’une équipe de mâles blancs. Oui, tu as fait preuve d’une fougue juvénile qui tranchait avec la langue empoulée de ton boss.

« Nous avons été subjugués par tes sorties et saillies rafraîchissantes. Seule toi, oui toi seule, avais eu le courage de dire que tu mentirais pour protéger ton employeur. On s’est alors moqué de toi alors qu’il aurait fallu saluer ton dévouement sans failles. Tu étais un soldat fidèle et ton chef en a profité pour s’abriter derrière toi. Aujourd’hui, cet ingrat, ce goujat, ce misogyne, ce raciste a préféré écouter les conseils de Gilles Le Gendre, un autre suprémaciste blanc, qui t’a rayé de la liste des candidats pour un remaniement ministériel.

« Nous étions tristes et tu as réussi à nous redonner le sourire. Nous avons frémi de joie quand tu as dit que tu étais de tout cœur avec les Parisiens qui souffraient de la grève du métro et que toi tu étais obligée de prendre ta voiture de fonction. Nous avons été éblouis quand tu as déclaré que les enseignants qui ne foutaient rien pouvaient aller travailler à la campagne. Nous avons été subjugués par ta franchise quand tu as dit que tu ne savais pas mettre un masque. Et nous avons écrasé de notre mépris les connards qui ont ricané en prétendant que, eux, n’avaient pas de masques.

« Tu vas, nous le craignons, nous laisser seuls avec ton chef. Nous lui ferons chèrement payer son ingratitude à ton égard. Mais tu pars avec panache. A peine le boss avait-il dit qu’aucun nom ne serait effacé de l’histoire de France, tu t’es dressée contre cet outrage fait aux minorités dont tu es si proche.

« Ainsi  tu as demandé que la plaque avec le nom du maréchal Bugeaud soit enlevée. Une façon de dire à celui que tu avais si loyalement servi « va te faire f… ». Toutes nos banlieues ont alors vibré pour toi, avec toi.

« Dans le temps, sous la IVe République, quand un ministre sentait venir l’heure de partir il s’arrangeait pour « tomber à gauche ». C’était chic, bien vu et prometteur pour l’avenir. Toi, tu as décidé, l’époque ayant changé, de « tomber du côté du 93 ».

« On te comprend, Sibeth. Mais quand même, qu’est- ce qu’une jeune femme de bonne famille sénégalaise irait faire dans des territoires contrôlés par les imams et les dealers ? Sais-tu que là-bas tu ne pourras plus mettre les robes qui font tout ton charme. Non, Sibeth, nous ne voulons pas te voir en burqa !

« Ps : Nous allions oublier l’essentiel. Tu as demandé à ce que les statistiques ethniques soient légalisées en France. Bien sûr que ce n’était pas pour compter le nombre de Noirs dans les prisons. Mais pour corriger à la hausse le nombre scandaleusement insuffisant de Noirs au gouvernement, à l’Assemblée nationale, à l’Académie française. Ca n’a pas plu à ton patron. Et il a envoyé Le Maire et Darmanin dire que ta suggestion était idiote. Ainsi tu mourus avec courage. « 

Païta : Nouvelle « plate-forme » entre Rassemblement et Calédonie Ensemble pour soutenir l’Eveil Océanien contre Willy Gatuhau

La politique n’est pas avare de surprises. Le second tour des élections municipales de Païta confirme cette vérité sans cesse alimentée. Face à la liste conduite par Willy Gatuhau, successeur d’Harold Martin à la magistrature de la ville, un regroupement plutôt hétéroclite s’est constitué. Peut-il remporter la palme ? Le nombre théorique est important, mais l’arithmétique ne fait pas forcément bon ménage avec la politique.

Milakulo Tukumuli, qui conduit cette liste fusionnée, se verrait bien dans le fauteuil de maire. Pour une première, ce serait un coup de maître. Mais pour faire une place à ses nouveaux amis, il a du faire un peu de ménage sur sa liste de l’Eveil Océanien du premier tour. Les co-listiers éliminés, et leur famille, sauront-ils prendre cette éviction avec abnégation et philosophie ? Réponse le 28 juin.

Le Rassemblement et Calédonie Ensemble se sont à nouveau unis pour la circonstance après les déchirements des élections provinciales récentes. On croyait la « plate forme » définitivement oubliée. La voila de retour à Païta. Apportera-t-elle le complément de voix espéré par l’Eveil Océanien ? Réponse le 28 juin.

Pour Calédonie Ensemble, c’est en tout cas bien joué. La liste n’avait pas réussi à passer la barre des 10% et va tout de même se retrouver avec une élue au Conseil. Et même avec une adjointe en cas de victoire.

Génération NC a pris le parti de soutenir la liste de Willy Gatuhau. Pour son leader, Nicolas Fijalkowski, « dans la continuité de notre ligne de conduite durant la campagne : le souhait d’un meilleur avenir pour les habitants de Païta et notre attachement à la France, il n’y a qu’une seule liste qui partage sans ambiguïté nos convictions républicaines ». Attachement à la France ? Tiens donc, Monsieur Tukumuli n’afficherait-il pas cette conviction ?

Willy Gatuhau demeure combatif et confiant. Mais attention, une élection se gagne ou se perd à l’issue du scrutin, pas avant. Pourtant, si l’arithmétique ne fait pas bon ménage avec la politique, le soutien de Générations NC est censé conforter sa position en lui assurant quelques centaines de voix de plus que ses principaux adversaires.

Officiellement, ce coup de canif au contrat de mai 2019 ne remet pas en cause l’existence de l’Avenir en Confiance et demeure spécifique à Païta. C’est tout de même du pain béni pour Philippe Gomes qui cherche un espace de respiration électorale après le gros revers des provinciales, et dans l’attente du résultat emblématique de la Foa. Quant aux indépendantistes, ils peuvent se frotter les mains pour ce qui pourrait apparaître comme un affaiblissement du camp loyaliste. Une aubaine alors que se prépare le référendum d’autodétermination.

RÉFÉRENDUM LE 4 OCTOBRE, c’est la proposition du Premier ministre

Le gouvernement local et le Congrès vont être consultés sur une date du référendum reportée au 4 octobre, c’est ce qu’à indiqué le Premier ministre dans un courrier adressé notamment au président du gouvernement et au président du Congrès.

DES DÉLAIS IMPOSSIBLES À RESPECTER pour l’acheminement et la mise en place des 250 magistrats qui doivent assurer le contrôle et l’incontestabilité du scrutin, c’est le principal argument avancé par le chef du gouvernement de la République.

Il est vrai que les conditions de transport aérien, et l’obligation de quarantaine s’imposeront pour l’organisation de la consultation. L’argument de l’Etat semble largement justifiable.

LE BLEU BLANC ROUGE AUTORISÉ SUR LES DOCUMENTS OFFICIELS DE LA CAMPAGNE, c’est, par ailleurs, l’annonce faite par Edouard Philippe. Eviter tout risque de contestation, simplifier les règles de campagne ont prévalu dans cette décision.

ÉVENTUEL TROISIÈME RÉFÉRENDUM EN 2021 – Le report d’un mois de la date du second référendum ne compromet pas la possibilité d’organiser la troisième consultation avec la campagne présidentielle. Impossible, en effet, de créer des interférences dans l’échéance nationale. Si tel n’était pas le cas, la Calédonie serait condamnée à poursuivre son parcours incertain pendant encore quelques années.

L’AVENIR EN CONFIANCE SATISFAIT – Dans un communiqué, l’Avenir en Confiance indique son accord sur la date du 4 octobre, les délais d’organisation de la troisième consultation en 2021 étant préservés. L’Avenir en Confiance exprime sa satisfaction du « respect de l’équilibre des symboles pour la campagne officielle en autorisant l’utilisation du Bleu Blanc Rouge« .

UC : DÉMISSION DU GOUVERNEMENT OU PAS ?

C’est aujourd’hui que l’Union Calédonienne réunit son Comité Directeur à Koné. Au menu, le second tour des municipales, la gestion de la crise du Covid, et bien entendu, le deuxième référendum. Mais l’attention des observateurs et du monde politique sera centrée sur la menace de démission des membres du gouvernement, plusieurs fois évoquée par les dirigeants du parti.

PRÉTEXTE
A l’évidence, cette hypothèse, disproportionnée par rapport au motif, relève d’une opération plus globale. L’opinion qui prévaut en Calédonie est que la crise du Covid  été particulièrement bien gérée, ce que témoigne la situation sanitaire du territoire. Prétendre que la collégialité « a volé en éclat » quand les réunions de collégialité étaient quotidiennes, et qu’un élu indépendantiste gérait le secteur stratégique de l’aérien, n’est en effet pas crédible. L’hypothèse de la démission repose donc sur un prétexte.

UNE CRISE DANS LA CRISE ?
La chute du gouvernement conduirait évidemment à une nouvelle crise dans la crise. Et compte tenu des règles adoptées à l’issue des démissions à répétition de Calédonie Ensemble en fin 2014, un second gouvernement serait assuré d’une stabilité pendant 18 mois. Dans des conditions qui ne pourraient être que celles d’un Exécutif présidé par un membre indépendantiste ou un élu de Calédonie Ensemble. Explosif.

Autre hypothèse : le retrait des réunions de collégialité. Ce cas de figure serait de nature à générer des tensions dans l’institution, chaque décision étant prise strictement pas une majorité de votants qui ne se seraient pas concertés. Ce sont les relations personnelles entre les membres du gouvernement qui permettraient de mettre un peu d’huile dans les rouages de l’Exécutif.

Troisième hypothèse, une menace qui planerait de manière permanente pour peser sur les décisions du gouvernement et tenter de les orienter davantage vers les thèses économiques et sociales défendues par l’UC.

UN CHAPELET DE DIFFICULTÉS ANNONCÉES À SURMONTER
Si l’on revient au contexte, en tout cas, la Calédonie est pratiquement sortie de la crise sanitaire, et doit gérer son retour à l’économie en fonction de l’ouverture des liaisons aériennes et du redémarrage de l’économie mondiale. Sur le feu : la reprise éventuelle de Vale NC par un groupe australien, la sauvegarde de la SLN menacée à nouveau de cessation de paiement, la situation des compagnies aériennes et du secteur touristique, celle de Nord Avenir dont les difficultés impactent fortement l’économie de la province Nord. Et le reste.

En clair, la Nouvelle-Calédonie a plus que jamais besoin de retrouver l’esprit qui prévalait au lendemain des Accords de Matignon : construire et progresser. Mais les leaders d’alors ne sont plus, le temps a passé, les clivages se sont accentués, et la fin des Accords est annoncée par les référendums.

UNE VISION DE L’INDÉPENDANCE
La question de demain est donc : Nouvelle-Calédonie ou Kanaky ? L’Union Calédonienne, par ses positions, affiche sa vision de la gestion de l’indépendance à laquelle elle aspire. En cas de démission entraînant la chute du gouvernement, elle pourrait mobiliser ses électeurs les plus radicaux, les partisans de la stratégie du chaos pour aboutir à un avenir radieux.

Reste à savoir si ceux qui sont impliqués dans l’économie ou dont la situation personnelle en relève, si ceux qui réalisent que la France a apporté, dans la crise du Covid, un soutien qui a empêché la Calédonie de sombrer, si tous ceux-là adhèreraient à cette stratégie.

COLLÉGIALITÉ : LE MAUVAIS PROCÈS FAIT À THIERRY SANTA

Après les demandes de renvoi du Haut-Commissaire et du Général pour de prétendus manquements aux règles sanitaires liées au Covid, le FLNKS enchaîne sur une soi-disant disparition de la collégialité au gouvernement. Prétextes pour faire monter la tension ? Préparation pour quelque initiative ? Les faits contredisent les accusations.

LA COLLÉGIALITÉ, UN EXERCICE PERMANENT POUR THIERRY SANTA
Il s’y était engagé dès le début de son mandat : Thierry Santa veut faire de la collégialité une des règles de fonctionnement de son gouvernement. Pour le FLNKS, il a failli. «  « La collégialité, qui a été pourtant la pierre angulaire du discours de politique générale du président Santa, a volé en éclats » a récemment affirmé, sans rire, le porte parole du Palika.

Or, pendant la crise du Covid, et encore aujourd’hui, la collégialité s’est exercée de manière permanente, ainsi que l’a rappelé le président du gouvernement face à la presse hier après midi. Et même au delà.

Et c’est vrai que faire moins, en la matière, paraît difficile : au plus fort de la crise, réunion de collégialité tous les jours à 16h30, précédée d’une réunion quotidienne inter-institutions incluant le Congrès et le Sénat Coutumier, et suivie d’une réunion du « bureau » du gouvernement avec le Haut-Commissaire ! On ne voit pas, dans ces conditions, comment il est possible d’affirmer que que la collégialité « ait volé en éclat ».

RAPATRIEMENTS : LE VICE-PRÉSIDENT INDÉPENDANTISTE À LA MANOEUVRE
Au delà de ces réunions de concertation, chaque membre du gouvernement a exercé ses prérogatives. Or il se trouve que le Vice-Président du gouvernement, indépendantiste, Vice-président de l’Union Calédonienne, est chargé du secteur aérien. En outre, il préside l’Agence pour la Desserte Aérienne de la Nouvelle-Calédonie. C’est donc lui qui a la haute main sur les opérations de rapatriement des Calédoniens, notamment. Difficile de prétendre que les indépendantistes ont été mis hors jeu pendant la crise sanitaire.

LA COLLÉGIALITÉ N’EST PAS LE CONSENSUS À TOUT PRIX
Il existe, dans le terme de collégialité, une perversion de vocabulaire. Pour certains dirigeants indépendantistes, la collégialité n’est effective que si la décision va dans leur sens. Or la collégialité -et le gouvernement de Nouvelle-Calédonie est l’une des centaines de milliers d’assemblées collégiales dans le monde- c’est un partage d’information, éventuellement, une négociation, et la recherche d’un consensus. Pas un processus de décision.

La décision est unanime, lorsque tout le monde est d’accord. Elle est prise à la majorité en cas de désaccord. C’est la règle, y compris dans le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

PRÉTEXTE OU …
A l’évidence, les accusations ayant pour cible le président du gouvernement, sont un prétexte. Elles s’inscrivent dans la montée de tensions voulue notamment par le président de l’Union Calédonienne avec pour objectif une mise en condition pour le référendum, ou même, « l’instabilisation » de l’institution.

Samedi, il sera à nouveau question de la position des membres du parti au sein du gouvernement. Pression, ou tentation du chaos ?

MUNICIPALES : LA BATAILLE DE LA FOA

C’est donc le 28 juin qu’aura lieu la bataille de La Foa, un second tour de scrutin municipal symboliquement crucial pour Calédonie Ensemble, en général, et Philippe Gomes en particulier. Un défi que lui a lancé, et en grande partie relevé, un de ses principaux lieutenants d’il y a tout juste un an, Nicolas Metzdorf. Un défi également relevé, au travers de Lionnel Brinon, par Sonia Backes, adversaire honnie du patron de Calédonie Ensemble. La Foa, la victoire ou la chute.

UNE UNION POUR LA FOA
Après que la liste de Marielle Keletaona, affaiblie par des divisions multiples depuis les dernières provinciales, ait mordu une première fois la poussière en mars dernier, ses deux principaux adversaires ont décidé de faire cause commune.

Nicolas Metzdorf et Lionnel Brinon sont en effet parvenus à un accord, et ont fusionné leurs listes pour n’en faire qu’un seule et commune : la liste d’Union pour La Foa. « Nos programmes respectifs étaient proches« , indiquent les deux alliés réunis d’ailleurs depuis décembre dernier au sein du Front Loyaliste en vue du référendum.

Mais surtout, en dépit de certaines réticences de colistiers, comme de supporters, l’addition des voix est une assurance plus grande qu’un affrontement chacun pour soi. Elémentaire.

L’IRONIE DE CALÉDONIE ENSEMBLE
Comment les adversaires d’hier peuvent-ils faire aujourd’hui cause commune ? C’est le commentaire ironique qu’exprime la tête de liste de Calédonie ensemble sur l’accord Générations NC et l’Avenir en Confiance. Ironique et teinté d’amertume.

Car en effet, si la politique n’est jamais un calcul arithmétique exact dans lequel 1+1 font 2, les forces en présence ne laissent qu’une mince chance à la possibilité que le parti de Philippe Gomes conserve son fief. Un fief pour lequel, en son temps, Jacques Lafleur avait adoubé cet « étranger » au village, et qui devait brillamment réussir dans sa difficile tâche de maire. Il y a plus de 30 ans, déjà.

LA BOUCLE SYMBOLIQUEMENT BOUCLÉE ?
Depuis, l’eau a coulé sous la passerelle Marguerite. Pour l’Histoire, c’est en 2004 à la Foa, où le même Jacques Lafleur avait rassemblé 10.000 personnes -qui n’ont ensuite pas toutes voté pour lui- dans le plus grand meeting jamais organisé par un parti politique calédonien (celui de 30.000 personnes au vélodrome Georges Brunelet se déroulait pendant les événements, hors campagne électorale), c’est à La Foa, donc, que le leader du RPCR avait constaté que son ancien « poulain » l’avait abandonné. Pour fonder l’Avenir … Ensemble.

Aujourd’hui, Calédonie Ensemble est un parti affaibli. Mais avec ses quelques élus au Congrès son élu au gouvernement, et l’absence de majorité dans les deux institutions, il conserve quelques moyens d’action. « De nuisance« , disent ses adversaire. Une majorité au Congrès qui fluctue, une majorité au gouvernement qui se transforme …

Mais pour l’heure, point de supputations, l’enjeu, c’est la Foa. Et en politique, le résultat d’une élection n’est jamais proclamé avant le scrutin : il l’est à l’issue des votes.

Cependant, ironie, cette fois, de l’Histoire : si le 28 juin, la liste portant les couleurs de Philippe Gomes est défaite, la boucle, pour lui,  commencera symboliquement à être bouclée là où elle a commencé. À la Foa.

Résultat du premier tour des municipales 2020