Archives pour la catégorie Politique

PROVINCE DES ÎLES : UNE PAGE VA SE TOURNER AVEC LE DÉPART DE NEKO HNEPEUNE

L’actuel président de la province des Iles Loyauté ne briguera pas un  nouveau mandat le 12 mai prochain. Cet ancien chef d’administration, reconnu bon gestionnaire, va laisser sa place de tête de liste à Jacques Lalié, un homme au parcours politique déjà long. Et qui fit ses premières armes en 1969 en participant à la création du Mouvement des Lycéens Kanak. Nouvelle page.

Pour Jacques Lalié, c’est, sinon un forme de revanche, du moins un retour sur le devant de la scène après plusieurs péripéties, dont la fondation de la liste « Union pour le Renouveau » avec le FDIL de Cono Hamu, et le Palika en 2009. Opposé à Neko Hnepeune.

Plusieurs fois élu au Congrès, Jacques Lalié, c’est une faconde de tous les instants, même les plus inattendus. Sa voix calme et ses circonvolutions orales conduisent pourtant à des positions souvent radicales. Fidèles à son parcours indépendantiste.

LKU ANNONCE UNE LISTE TRAVAILLISTE DANS CHAQUE PROVINCE

Interrogé par Angélique Souche à la télévision, Louis Kotra Uregei a fait part de son incompréhension devant le refus du FLNKS d’associer le Parti Travailliste aux listes unitaires, ou au moins, à celle du sud.

Peu tendre avec ses partenaires indépendantistes, LKU a balayé d’un revers de main un alliance avec le Palika, dont il note la proximité avec l’Etat.

Quant à l’Union Calédonienne, selon lui, contrairement à ceux qu’il a cotoyé, Roch Pidjot, Jean-Marie Tjibaou ou encore Eloi Machoro, il ne connaît pas de passé militant à l’actuel président de l’UC. Dont il se plaît à rappeler ses stages à Moscou et sa formation communiste.

Conclusion : le Parti Travailliste sera présent dans chacune des provinces. Dans le sud, il veut pratiquer une ouverture. LKU, qui a confirmé qu’il mènerait la liste aux Iles Loyauté, a déclaré être encore dans l’attente, pour le sud, justement en raison de discussions sur cette volonté d’ouverture.

MAURICE PONGA NOMINÉ « MEILLEUR DÉPUTÉ EUROPÉEN »

Au cours de la cérémonie de remises de récompenses pour le travail et le mérite des députés européens organisé par la revue parlementaire MEP Awards, Maurice Ponga, député européen français de Nouvelle-Calédonie a été nominé « Meilleur député européen » dans la catégorie « développement ».

Cette récompense illustre l’action d’un élu du Parlement Européen qui figure parmi les élus les plus assidus. Gros travailleur, Maurice Ponga s’est notamment distingué dans le projet de réforme des financements de l’Union Européenne en direction des PTOM.

Le travail de l’élu calédonien vise à augmenter la part dévolue au territoire français, notamment, plus de 10 fois inférieure à celle des collectivités périphériques comme les départements d’Outre-mer.

Cette reconnaissance vient couronner 2 mandats très denses du parlementaire originaire de Kouaoua, et qui s’achèvent en mai prochain.

Elle fait honneur au travail et à l’intégrité d’un élu dont la modestie est aussi grande que sa volonté d’agir.

LES RÉUNIONS DE CAMPAGNE POUR LES PROVINCIALES MONTENT EN PUISSANCE

250 jeunes à la soirée rencontre d’Avenir en Confiance

Les élections provinciales approchent. Les candidatures devront être déposées dans un mois, et le scrutin va s’ouvrir dans tout juste 7 semaines.

Côté partis non indépendantistes, des réunions chez les particuliers ont commencé depuis un certain temps, au moins chez Calédonie Ensemble et les Républicains Calédoniens, ces derniers étant désormais unis avec le Rassemblement et le MPC.

Calédonie Ensemble présente son application de consultation en ligne

L’Avenir en Confiance a tenu son premier grand meeting qui a réuni plus de 2000 personnes à l’hippodrome de Nouméa. Calédonie Ensemble a organisé plusieurs comités directeur à l’Université, et ouvert un « grand débat » avec le public.

Réunion d’Alain Descombels à l’Université

Ces derniers jours ont été marqués par des appels à mobilisation des jeunes. Egalement, une des toutes premières réunions du Rassemblement National à l’Université, le parti de Marine Le Pen étant le seul parti national directement en lice sous la houlette d’Alain Descombels.

13 MAI 2019 – MAJORITÉ KANAKY AU CONGRÈS : CE QU’IL POURRAIT ALORS SE PASSER

Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie est composé de 25 indépendantistes/nationalistes, et de 29 non indépendantistes dont 15 nationalistes. A l’issue des élections de mai 2019, il suffirait aux indépendantistes/nationalistes de progresser de 2 sièges pour obtenir la moitié des sièges du Congrès. Une progression de 3 sièges leur assurerait une majorité absolue et sans partage. Fiction.

LES INDÉPENDANTISTES MAJORITAIRES DANS LES INSTITUTIONS
Si les indépendantistes gagnaient la majorité au Congrès, ils seraient majoritaires dans les institutions : 2 provinces indépendantistes, et le « Parlement » local indépendantiste. De quoi « donner le la » aux autorités de l’Etat et dans les relations internationales.

LE CONTRÔLE DE TOUS LES SECTEURS INTÉRIEURS VITAUX
La majorité au Congrès induirait la désignation d’un ou d’une présidente indépendantiste pour ce qui concerne la représentation. Mais, plus important, cette majorité contrôlerait toutes les décisions de gestion interne du territoire, un territoire déjà totalement autonome.

En particulier, la fiscalité, le droit du travail, l’enseignement, le choix des diplômes, la qualification requise pour enseigner, la formation professionnelle, la jeunesse et les sports, la santé et les affaires sociales, les réglementations économiques, le droit des entreprises, les investissements publics territoriaux, seraient remoulinés dans une idéologie indépendantiste.

UN GOUVERNEMENT INDÉPENDANTISTE
Cette majorité indépendantiste au Congrès conduirait de facto à une majorité au gouvernement. Le président du gouvernement serait donc indépendantiste, et les « ministres » indépendantistes pourrait s’attribuer les secteurs les plus sensibles.

Le président du gouvernement indépendantiste serait naturellement chef des services publics, patron de l’ensemble des fonctionnaires territoriaux, et ordonnateur du budget, à l’exception de celui du Congrès.

Il contrôlerait également, de manière indirecte, l’ensemble des établissements publics territoriaux.

KANAKY-NOUVELLE-CALÉDONIE À L’INTERNATIONAL
Il faut une majorité des 3/5 du Congrès pour changer le nom. Mais dans les faits, rien ne pourrait empêcher les nouveaux gouvernants d’utiliser Kanaky-Nouvelle-Calédonie, ou tout simplement, Kanaky, pour désigner le territoire.

UN VIRAGE ENCORE PLUS PRONONCÉ VERS LE SOCIALISME
La revendication originelle indépendantiste était « kanak et socialiste ». Les proximités nationales autant que les décisions locales seraient donc « de gauche ». De fait, compte tenu des dérives enregistrées depuis 5 ans, on pourrait dire que la Calédonie serait … davantage à gauche !

UNE INDÉPENDANCE AVANT L’HEURE …
C’est dans ces conditions que se préparerait le second referendum. Le seul bastion loyaliste serait la province Sud, assistée d’un certain nombre de communes dont celles de l’agglomération.

Autant dire que la consultation serait peut être une formalité pour l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la souveraineté pleine et entière. En quelque sorte, une quasi-indépendance dès le 13 mai.

QUANT UNE MINORITÉ S’IMPOSE À UNE MAJORITÉ
Ce serait alors l’illustration que grâce au gel du corps électoral, et les faveurs accordées pour minorer le nombre d’électeurs nécessaire en provinces Nord et Iles pour disposer d’un élu au Congrès, une minorité de la population peut imposer sa loi à la majorité des habitants de Calédonie.

L’UNION DES LOYALISTES A DÉMARRÉ SA CAMPAGNE SUR LES CHAPEAUX DE ROUE

Cela fait bien longtemps qu’ils ne s’étaient pas revus, anciens du RPCR, séparés en 2004 avec la naissance de l’Avenir Ensemble, puis au gré des scissions diverses, de pactes et autres plates-formes. Pourtant, tous arboraient un grand sourire, samedi matin, à l’hippodrome de l’Anse Vata, pour célébrer le premier meeting de la « famille retrouvée ». Un regroupement de la famille loyalistes attendu par nombre d’électeurs, effrayés par le résultat -pourtant positif pour eux-, du referendum, et la situation économique et sociale catastrophique du territoire. Campagne.

NOUVEAU CLIVAGE DE LA VIE POLITIQUE CALÉDONIENNE
« L’union des loyalistes » a mis en relief un nouveau clivage dans la vie politique calédonienne. Il y a désormais les « loyalistes », les « nationalistes » et les indépendantistes.

Les indépendantistes ont une position claire : ils veulent l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, -ce qui passe par son accession à la souveraineté pleine et entière-, et verraient d’un bon œil, ensuite, un « partenariat » avec la France. Un terme qui a émergé du rapport des experts mandatés par le gouvernement français sur l’après Accord de Nouméa, et qui est une appellation plus « sexy » de l’indépendance association.

C’est Calédonie Ensemble qui revendique un « nationalisme calédonien » tout en niant être indépendantiste. Le parti de Philippe Gomes tente de faire valoir l’existence d’un « peuple calédonien, doté de « valeurs communes », d’une langue commune, le français, et d’une géographie précise. Le tout pour constituer un « nation ». Petite dans la grande, pour reprendre les termes du leader nationaliste. Difficulté pour cette stratégie : les indépendantistes, après y avoir travaillé, ont rejeté la fameuse « Charte des valeurs calédoniennes ».

Les « vrais loyalistes », tels qu’ils se définissent eux-mêmes, sont désormais le regroupement de 3 partis au sein d’une entité « Avenir en Confiance », tous issus du RPCR comme Calédonie Ensemble, mais farouchement opposés à toute idée de nationalisme, et a fortiori, bien sûr, d’indépendance.

Pour ces « vrais loyalistes », deux objectifs : remporter les élections provinciales de mai 2019, et renforcer le score des partisans de la France au second referendum.

UNE COLLUSION AVENIR ENSEMBLE-INDÉPENDANTISTES
La thèse d’Avenir en Confiance est simple : le nationalisme, c’est la revendication déguisée de l’indépendance association et à preuve : la collusion qui existe depuis 5 ans entre Calédonie Ensemble et les indépendantistes. Celle-ci s’est effectivement traduite à de multiples reprises : l’élection de Philippe Germain à la présidence du gouvernement, et surtout une majorité au gouvernement et au Congrès qui s’est manifestée sur tous les textes sensibles touchant à l’économie, à la fiscalité, et au secteur social et de la santé.

MAJORITÉ AU GOUVERNEMENT ET AU CONGRÈS
Dernières manifestations de cette « collusion » pour « Avenir en Confiance » : l’instauration de la TGC à marche forcée, l’adoption du plan Do Kamo qui va limiter les remboursements de santé en métropole pour les Calédoniens, le manque de soutien à la SLN ou encore la volonté de mettre fin au régime CRE-Ircafex et de rapatrier les fonds en Nouvelle-Calédonie. Des textes effectivement adoptés par une majorité Calédonie Ensemble-Indépendantistes, et dont certains signent un repli de la Calédonie sur elle-même. La thèse générale des nationalistes.

LA FIERTÉ D’ÊTRE FRANÇAIS
Les discours du meeting de samedi ont, en tout cas, clairement donné le ton. Les différents orateurs ont dénoncé le bilan « catastrophique » de la coalition Calédonie Ensemble-Indépendantistes, annoncé des mesures de redressement en cas de victoire à la prochaine échéance, et affirmé « la fierté d’être Français » avec la ferme volonté de gagner encore plus franchement le second referendum.

Mieux, a indiqué Sonia Backes, c’est Avenir en Confiance qui réclamera l’organisation du second scrutin d’autodétermination dès la formation du nouveau Congrès.

CALÉDONIE ENSEMBLE DÉFEND SON BILAN
Du côté de Calédonie Ensemble, les arguments sont évidemment inverses. Pas d’indépendance, et surtout, un bilan estimé flatteur, avec notamment la construction du Médipôle, les minimum sociaux ou encore la construction du Sheraton Deva. Mais paradoxalement, le parti se retrouve dans la position de Rassemblement en 2009, au moment où Philippe Gomes accusait l’ex-parti de Jacques Lafleur de … collusion avec les indépendantistes.

UN PAYS À BOUT DE SOUFFLE
Quant au bilan économique et social, convaincre sera difficile, tant la situation est catastrophique : complications de la TGC, Ruamm en faillite, commerce en berne, vie chère, économie à bout de souffle. Même le Sheraton Deva, tellement vanté, accumule des pertes abyssales, boudé par les touristes qui de surcroît, se détournent peu à peu de la destination.

A n’en pas douter, la campagne électorale sera rude. Son résultat sera déterminant pour l’avenir économique, social et politique du territoire. Un « Avenir en Confiance », ont annoncé Sonia Backès, Thierry Santa et Gil Brial, drapés dans la volonté de changement et dans le drapeau bleu-blanc-rouge.

La Nouvelle-Calédonie est incontestablement sur une mauvaise pente. La méthode de gouvernance, les décisions prises, l’ont conduite à l’impasse actuelle dans laquelle elle se trouve. De tels échecs ont toujours généré une envie de changement.

Un changement le 12 mai ?

PREMIER MEETING DE L’UNION DES LOYALISTES SAMEDI MATIN

LES LOYALISTES AFFICHENT LEUR UNION
Samedi matin, à l’hippodrome de l’Anse Vata, ce sera la première grande manifestation concrète de l’union des loyalistes. Comme annoncé lors d’une récente conférence de presse, les Républicains Calédoniens de Sonia Backes, le Rassemblement de Thierry Santa et le MPC de Gil Brial iront unis aux élections provinciales.

UN PROGRAMME UNIQUE
Le regroupement présentera un programme unique dont les composantes économiques seront à l’opposé de la politiques menée par la majorité Calédonie Ensemble-Indépendantistes. Elles devraient répondre aux nombreuses attentes des entreprises calédoniennes, et soutenir clairement le sauvetage de la SLN.

En matière sociale, l’accent devrait être mis sur la reprise du dialogue avec les partenaires sociaux, un dialogue rompu par le Président du gouvernement. Parmi les enjeux, le retour à l’équilibre du Ruamm, la CRE-Ircafex ou encore le maintien de la couverture sociale des Calédoniens par la Cafat en métropole.

LE REFERENDUM EN LIGNE DE MIRE
Dans le domaine purement politique, la préparation du referendum sera en ligne de mire avec une ligne claire à l’égard des indépendantistes : plus de concessions. Et pour l’après referendum, deux thèmes clé : le retour à un corps électoral provincial « glissant », et les mêmes normes de représentativité électorale dans les trois provinces pour les élections provinciales.

GAGNER LA PROVINCE SUD
Le premier objectif de l’union est évidemment provincial : prendre la majorité à la province Sud, obtenir le maximum de sièges dans les autres provinces.

EMPÊCHER UN GOUVERNEMENT ET UN CONGRÈS INDÉPENDANTISTES
Mais très clairement, il s’agit aussi, pour l’union des loyalistes, d’empêcher les indépendantistes de s’emparer de la majorité au Congrès, et donc du gouvernement. « Imaginez une seconde que par manque de mobilisation ou à cause de la dispersion des voix, déclare un responsable de l’union, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie soit dirigé par un indépendantiste, et que les indépendantistes deviennent maîtres de la fiscalité, du développement économique au Congrès, et vous comprendrez pourquoi nous avons fait l’union« .

LE PIÈGE MORTEL DE L’INDÉPENDANCE-ASSOCIATION

Le 7 janvier 1985, Edgard Pisani, Délégué du gouvernement, proposait à la Calédonie en pleine tourmente le statut d’indépendance-association. L’assassinat du jeune Tual, la situation de guerre civile qui se confirma, mis fin à ce projet.

A l’occasion de la préparation du referendum, d’éminents juristes ont phosphoré sur des hypothèses de « sortie » institutionnelle pour la Calédonie.

Parmi elles, la « souveraineté avec partenariat », nom travesti, supposé génial, de l’indépendance-association. Comme dans le « Livre de la Jungle« , le python Kaa (Naky …) veut hypnotiser Mowgli (Maudits loyalistes) pour l’avaler tout cru. C’est exactement le « Livre de la Souveraineté avec Partenariat » ! Piège mortel.

LA « SOLUTION PLUS RAFFINÉE » …
POUR NOYER LES LOYALISTES ?

La relecture du rapport sur « l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie » de Ferdinand Mélin-Soucramanien, professeur de droit à Bordeaux, et de Jean Courtial, Conseiller d’Etat, et les auditions qui s’en sont suivies, sont édifiantes.

 » (…) la pleine souveraineté avec partenariat – ces termes ont été pesés au trébuchet. C’est une solution plus raffinée, si je puis dire, et plus originale, que la France n’a jamais expérimentée (…) expose Soucramanien. Le professeur explique que si la Calédonie accédait à l’indépendance -mais le terme utilisé par ces spécialistes est toujours « pleine souveraineté« , qui fait moins peur !- , elle aurait déjà une Constitution toute faite : l’Accord de Nouméa !

Avec, dans cet accord déséquilibré, les germes d’une prépondérance assurée des séparatistes : son corps électoral gelé, et les avantages concédés aux provinces Nord et Iles pour avoir davantage d’élus que le sud par électeur

Mais il concède que  » Dans cette hypothèse, le passage à la pleine souveraineté s’accompagnerait d’un partenariat conclu avec la France« .

Ce qui signifie en clair : si la Calédonie est indépendante, elle fait ce qu’elle veut, en toute souveraineté. Mais … « on » espère qu’elle conclura un partenariat avec la France. Les Pieds Noirs se rappellent des Accords d’Evian comme si c’était hier …

DOSIÈRE PENSE QUE KANAK-LOYALISTES
C’EST COMME LES MONÉGASQUES !

Dans ces auditions feutrées, et même si les arguments juridiques sont toujours « professionnels », on en a entendu de bien belles. René Dosière estime que  » l’hypothèse la plus prometteuse est celle de la pleine souveraineté avec partenariat« . (…) « en effet, poursuit-il, les Monégasques sont indépendants, possèdent une souveraineté et disposent d’une représentation à l’ONU, mais ils ne se sentent pas séparés de la France et s’estiment en pleine sécurité avec les Français, et réciproquement« 

Ben voyons. Même proximité géographique, même latitude dans les hémisphères, même évolution d’esprit : les Monégasques et les Calédoniens, c’est kif kif ! Et si le Palika et l’UC se sentent un peu Monégasques, qui sera le Prince régnant ?

LE PARTENARIAT SERA DÉFINI IN FINE
PAR LES DEUX ÉTATS SOUVERAINS

Jean Courtial aura eu le mérite de ne pas noyer le poisson -et les loyalistes- sous des tonnes de périphrases. (…) le contenu du partenariat sera défini in fine par deux États souverains. Il y a donc une forme de pari (…) les électeurs bénéficieraient alors non pas d’une sécurité juridique absolue – ce n’est pas possible – mais d’une certaine garantie politique (…). Une forme de pari, pas pour ces juristes, mais pour la population calédonienne. Quant à « une certaine garantie », c’est quasiment l’opposé d’une garantie certaine !

AVIS AUX APPRENTIS SORCIERS :
L’INDÉPENDANCE AVEC PARTENARIAT
SERA « KANAKY » ET RIEN D’AUTRE
!

C’est là que le bât blesse. L’indépendance avec partenariat se fait en deux temps : l’accession à l’indépendance, d’abord, le partenariat, après. Même un referendum proposant en une seule option cette fameuse indépendance avec partenariat NE PEUT ENGAGER UN ETAT DEVENU SOUVERAIN.

SUPRÉMATIE D’UN TIERS
DE LA POPULATION

Dans cet Etat, il va de soi que le régime électoral -qui ne peut que prévoir une majorité durable formée des indépendantistes actuels- relèvera de sa seule compétence. « La compétence de la compétence », c’est-à-dire la capacité de se doter de ses propres règles d’organisation« , comme le rappelle Soucramanien.

Adieu les 60 000 habitants de la province Sud privés de droit électoral local, et bonjour la suprématie d’un tiers de la population sur les deux tiers … minoritaires.

UN HOLD UP
INSTITUTIONNEL

Plusieurs caractéristiques  de l’Accord de Nouméa sont anti-démocratiques : le corps électoral gelé, un régime inéquitable défavorable à la province Sud pour l’élection des conseillers de province, et un Congrès … entre les mains des Provinces, ne répondant pas au principe de libre administration des collectivités.  Mais tout cela a été constitutionnalisé ! Ce serait, dans ces conditions, l’un des plus grand hold up institutionnels de la France après l’Algérie, que cette indépendance avec partenariat, si elle séduisait à la fois les indépendandistes, les loyalistes benêts, et les autres électeurs manipulés.

Evoquant une réflexion possible sur « l’association avec la France », la ministre des Outre-mer n’a pas commis un dérapage. Elle écoute, autour d’elle, des interlocuteurs. Des visiteurs. Des « experts » es Calédonie. Elle n’a d’ailleurs pas démenti ses propos qui reflètent une option sérieusement envisagée.

Autrement dit, si les électeurs partisans du maintien de la Calédonie dans la France ne s’obligent pas à un sursaut salvateur en mai prochain, ils seront « fin mal barrés ».

GB

POLITIQUE DE L’EAU : C’EST LE RETARD QUI S’EST ACCUMULÉ !

 

Au delà du battage médiatique sur la « nouvelle » politique de l’eau développée par le gouvernement, le constat est plutôt désolant : les thèmes mis en exergue ont été développés de nombreuses fois dans le passé, mais … ont été laissés en jachère. Ce qui est présenté comme « nouveau » est en réalité déjà ancien. Un dossier que les responsables n’ont pas fait progresser depuis une demi-décennie. Retard.

DES ASSISES DE L’EAU IL Y A PRÈS … DE 10 ANS !
Les Assises de l’Eau et autres Forum ne sont pas une nouveauté. Plusieurs d’entre elles ont déjà été organisées dans la décennie passée, notamment à la Foa en … 2008.

La situation de l’eau potable, sa dégradation notamment dans de nombreux cours d’eau de la Grande Terre, avait déjà été recensée. Une carte des pollutions réelles ou potentielles avait été réalisée, aussi bien pour les centres urbains, les exploitations agricoles que les mines et les exploitations industrielles.

UN PLAN D’ASSAINISSEMENT DÉJÀ PRÊT … ET APPROUVÉ !
La préservation de cette eau, la préservation du lagon, ce sont des sujets déjà longuement traités, notamment au travers d’un projet d’assainissement dont l’étude a duré plus de 4 ans. Les associations de maires s’étaient prononcées, le Congrès avait donné un avis favorable dès 2013 !

DES CENTAINES D’ACTIONS QUI N’ONT PAS ÉTÉ MISES EN ŒUVRE
De tout cela, il n’est malheureusement pas sorti grand chose depuis cinq ans.

Le « nouveau » plan de … 700 actions, pourquoi pas ? Mais il suffisait d’abord de mettre en œuvre les centaines d’actions déjà préconisées depuis de nombreuses années.

« DÉFISC » : QUAND LA FRANCE FINANCE CEUX QUI VEULENT SON DÉPART !

Gérard Darmanin est un bon ministre, plutôt courageux quand il affronte des sujets épineux pour lesquels Macron avait pris des engagements de campagne. Il est également celui qui joue un rôle essentiel dans les dossiers de défiscalisation. Un sujet au cœur de sa visite en Calédonie. Qui c’est qui paie qui paie … les provinces indépendantistes ? C’est la France qui paie …

LA « DÉFISC » EST UNE SUBVENTION PUBLIQUE
La « défisc » n’est pas toujours bien comprise par le vulgum pecus, et même par les élus. La « defisc » est une subvention publique ni plus, ni moins. Elle permet à des investisseurs d’engager des fonds sur des projets et de bénéficier, en contrepartie, de déductions d’impôts. Au total, c’est bien l’Etat -ou la Nouvelle-Calédonie en cas de « défisc » locale-, qui « fait cadeau » des impôts non perçus aux contribuables et au projet, ce qui revient à accorder une subvention publique à la réalisation.

POUR UNE COLLECTIVITÉ QUI ADHÈRE À LA RÉPUBLIQUE …
Lorsque Gérard Darmanin visite l’usine de Vale, dans le sud, et qu’il constate à quoi correspond une demande de défiscalisation de l’Etat pour le financement du projet Lucy, il s’agit bien d’une demande de subvention de l’ordre de 12 milliards FCFP.

Dans ce cas précis, l’Etat ferait bénéficier de fonds publics à un industriel opérant dans une collectivité qui adhère à la République. Cela paraît politiquement normal.

… OÙ UNE COLLECTIVITÉ QUI VEUT SON DÉPART
Lorsque le ministre se rend aux Iles, qu’il se targue des défiscalisation accordées ou à accorder pour tel ou tel projet, le contexte politique est radicalement différent.

Depuis 30 ans, cette province, comme celle du Nord, bénéficie des financements des contribuables de la province Sud et de la France. Et depuis 30 ans, la cause indépendantiste, celle qui veut que la France « dégage », n’a fait que progresser !

IL Y A 40 ANS, LES PARTISANS DE LA FRANCE ÉTAIENT MAJORITAIRES À LIFOU !
Alors certes, nous sommes encore en République. Et les indépendantistes sont tous des Français ! Mais le referendum du 4 novembre a été un cruel révélateur.

Il ne faut pas s’y tromper. Dans certains cercles du gouvernement local, on recense les fonctionnaires d’Etat pour empêcher leur renouvellement ou leur prolongation de contrat. La revendication d’indépendance, c’est d’abord de mettre un terme à la relation avec la France. Pour éventuellement, ensuite, accepter quelque argent …

Il y a 40 ans, les loyalistes étaient majoritaires à Lifou, dont la commune était alors administrée par Robert Naxue Paouta, un proche de Dick Ukeiwe. Et 40 ans après, -rééquilibrage et générosité de l’Etat compris- il n’y a même plus un élu partisan du maintien de la Calédonie dans la France aux Iles Loyauté !

Quel beau retour … de bâton !

A.F.