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INSTITUTIONS : S’OUVRENT LES SEMAINES DE TOUS LES DANGERS

C’est vendredi prochain que les membres du Congrès sont convoqués pour leur première séance. Conformément à la loi, ils devront élire en priorité le Président, les Vice-présidents, les secrétaires et les questeurs. Viendront ensuite les commissions et la Commission Permanente qui devront désigner leur bureau, et enfin, les multiples désignations dans les comités, commissions et organismes extérieurs. En jeu, des moyens liés aux groupes et aux commissions. Et surtout la désignation d’un président, non indépendantiste ou pas, avec en arrière-plan, la composition du gouvernement. A venir, des semaines de tous les dangers.

UNE MAJORITÉ SERRÉE ET INCERTAINE
Les urnes ont parlé, dimanche 12 mai. Les conseillers de province siégeant au Congrès seront 54, comme le prévoit la loi. Politiquement, aux dires du responsable de l’Eveil Océanien, les indépendantistes sont les plus nombreux : 26 sièges, contre 25 aux non indépendantistes, et 3 élus de l’Eveil Océanien.

Malikulo Tukumuli, leader de ce dernier parti, ne s’est positionné dans aucun camp. Tout en déclarant que son parti n’était pas faiseur de roi .

Ce n’est pas la seule inconnue. Calédonie Ensemble, dont le leader est resté muet pendant toute la première réunion de l’assemblée de la province Sud, est sujette à des rumeurs dont les réseaux sociaux se sont faits l’écho. Avec, visiblement, de fortes tensions internes.

Ce parti voulait retrouver la présidence du gouvernement, alors que l’Avenir en Confiance lui proposait celle du Congrès. Ces positions se sont soldées, pour l’instant, par un désaccord.

SANS UNION DES NON-INDÉPENDANTISTES ET DE L’ÉVEIL OCÉANIEN, LE PRÉSIDENT DU CONGRÈS SERAIT INDÉPENDANTISTE
Les indépendantistes ont coutume de proposer une candidature unique à la présidence du Congrès. Cela est loin d’être une règle chez leurs vis-à-vis. En 2018, Gael Yanno, soutenu par Calédonie Ensemble, avait affronté Thierry Santa, soutenu par les loyalistes, lesquels, au troisième tour de scrutin, s’étaient résolus à voter pour Yanno sous peine de voir élu Roch Wamytan.

Tout laisse à penser que les indépendantistes présenteront un candidat unique vendredi prochain. Sans vote unitaire, peut être au troisième tour, de l’Avenir en Confiance, de Calédonie Ensemble et de l’Eveil Océanien, le « Parlement » calédonien sera présidé par un indépendantiste.

L’ENJEU DU GOUVERNEMENT
L’élection du gouvernement calédonien répond, dans le principe, à la même problématique. Elle aura lieu dans les jours qui suivront la réunion du Congrès. La majorité de l’Exécutif local est de 6 membres.

Dans l’hypothèse de deux listes indépendantistes, chaque liste non-indépendantiste pourrait jouer sa partition. A l’exception de l’Eveil Océanien qui, numériquement, ne peut constituer un groupe au Congrès, et par conséquent, ne peut présenter de candidats au gouvernement. Sauf, évidemment, à construire une alliance avec un groupe.

En cas de listes unitaires, le « bloc » qui aura réalisé le meilleur score sera assuré d’obtenir 6 sièges au gouvernement. En clair, si les indépendantistes présentent une liste unitaire, mais pas les non-indépendantistes et l’Eveil Océanien, le prochain président du gouvernement, et la majorité de l’institution basculeront dans le camp de l’indépendance.

UNE SEMAINE, DEUX SEMAINES OU PLUS
Pour le Congrès, les affaires devraient être ficelées en fin de semaine. Pour le gouvernement le délai peut être plus long. Le gouvernement sortant expédie les affaires courantes, ce qui laisse, le cas échéant, une marge de quelques jours pour trouver un éventuel accord.

L’enjeu est évidemment considérable. Il intéresse comme jamais les électeurs, en majorité non-indépendantistes. Il s’inscrit, en outre, dans le contexte à construire pour préparer le second referendum souhaité à la fois par les indépendantistes et l’Avenir en Confiance.

Le suspense politique ne fait que commencer …

FRONT NON-INDÉPENDANTISTE AU CONGRÈS : C’EST FIN MAL BARRÉ !

Rien ne va entre Calédonie Ensemble et l’Avenir en Confiance, ce n’est pas nouveau puisque leurs listes respectives se sont affrontées dimanche dernier, lors des élections provinciales. Mais depuis, les électeurs ont rendu leur verdict, en faveur de l’Avenir en Confiance. Reste maintenant à constituer les institutions, ou plutôt, à cocher les cases « postes ». C’est là que les choses se corsent.

C’est Sonia Backes et les responsables de l’Avenir en Confiance, Thierry Santa et Gil Brial, qui ont décidé de tendre la main à leurs adversaires non indépendantistes. L’Éveil Océanien, qui s’est d’ailleurs démarqué des deux camps, et Calédonie Ensemble, le frère ennemi.

Hier, les deux principales formations non-indépendantistes ont étalé leur différend sur la place publique.

L’Avenir en Confiance, majoritaire à la province Sud même si cette majorité n’est pas absolue, va administrer cette province. Logique. Le regroupement des loyalistes veut également présider le gouvernement  » afin d’instaurer une politique de relance économique et sociale pour laquelle les électeurs nous ont accordé leur confiance. » Tout aussi logique, puisque le vote de dimanche dernier a été une lourde sanction à l’encontre de la politique économique et sociale menée par le gouvernement sous le présidence de Philippe Germain, et donc de Calédonie Ensemble.

Reste donc la présidence du Congrès, proposée par le regroupement au parti de Philippe Gomes.

Ce dernier a refusé, estimant excessives les intentions de l’Avenir en Confiance. Rappelant l’ouverture de Pierre Frogier en 2007, avec le pacte républicain, puis celle de Philippe Gomes en 2014, avec le pacte de gouvernance solidaire, Calédonie Ensemble juge que ses concurrents loyalistes « ne sont pas à la hauteur des responsabilités qu’une victoire confère« .

Oubliant dans le même temps qu’en 2015, soit moins d’un an après la signature du pacte … solidaire, Calédonie Ensemble a « éjecté » Cynthia Ligeard de la présidence du gouvernement pour y installer Philippe Germain avec les voix indépendantistes. Et que Gael Yanno, soutien du parti de Philippe Gomes, a été imposé, contre la candidature de Thierry Santa à la présidence du Congrès en 2018 …

« En conséquence, Calédonie Ensemble se considère libre de tout engagement à l’égard de l’avenir en confiance, au sein de la province Sud comme au sein du congrès et du gouvernement« , écrit ce parti dans un communiqué.

Il est probablement encore trop tôt pour en tirer des conclusions définitives sur l’installation du Congrès et du gouvernement dans les jours à venir. Pour l’heure, comme aux Iles et au Nord, c’est la province Sud qui va élire son bureau.

Et comme dit le dicton, « à chaque jour suffit sa peine » !

CALÉDONIE ENSEMBLE DISPARAÎT DE LA PROVINCE NORD

C’est l’un des chocs du week end : la liste de Calédonie Ensemble en province Nord n’a pas franchi la barre fatidique de 5% des inscrits, et a donc été éliminée.

Elle n’était pourtant pas conduite par un inconnu. Gérard Poadja, tête de liste, fils du grand chef Tiaou Poadja de Poindah, avait entamé son engagement politique au RPCR dès 1990.

Il avait siégé au Congrès en 1999 jusqu’en 2004, puis à la suite d’un désaccord avec le Rump, avait rallié Calédonie Ensemble en 2009.

Conseiller de la province Nord, Gérard Poadja avait été élu au Sénat en septembre 2017.

Gérard Poadja conserve sa fonction parlementaire, mais a perdu son ancrage local.

La liste qu’il conduisait a réalisé un score de 1975 voix, contre 3071 à celle menée par Alcide Ponga. Le seul de 5% était de 1995 voix.

Avec la disparition de toute représentation au sein de l’assemblée du Nord, Calédonie Ensemble subit un gros revers. Le parti n’est plus désormais présent qu’en province Sud.

LE PREMIER MINISTRE VA RELANCER LE DIALOGUE SUR L’AVENIR DU TERRITOIRE

Après les élections provinciales de dimanche dernier, et dans l’attente de la proclamation officielle des résultats, les réflexions vont bon train dans la perspective d’une mise en place des provinces vendredi prochain, puis du Congrès dans la deuxième partie du mois de mai.

PARIS A SUIVI LES PROVINCIALES
Les résultats du scrutin provincial éclairent d’un jour nouveau les relations entre Paris et les formations politiques locales, à l’aune de leur représentation démocratique. En raison du score important de l’Avenir en Confiance, ses leaders « ont gagné du galon ».

Paris a été tenu informé en temps réel des résultats qui ont dessiné, notamment, les nouveaux rapports de force, et la prochaine gouvernance des provinces.

REPRENDRE LE DIALOGUE SUR L’AVENIR
Selon le journal Le Monde, « Matignon a suivi avec attention ces élections désignant les responsables qui seront à la tête des institutions calédoniennes. « Je me félicite du déroulement de ces élections, a réagi le premier ministre, Edouard Philippe. Comme nous en avons convenu lors du dernier comité des signataires, en décembre 2018, le gouvernement va se rapprocher des responsables qui seront désignés dans les prochaines semaines pour reprendre le dialogue sur l’avenir du territoire. ».

ORGANISER AU PLUS VITE LE SECOND REFERENDUM
S’agissant du prochain referendum, Le Parisien note « La mouvance LR veut organiser « au plus vite » les prochains référendums, espérant de son côté améliorer le score des pro-français et discuter ensuite « avec fermeté » avec le FLNKS.

Enfin, les modérés de CE considèrent qu’il « ne sert à rien » de poser encore deux fois la même question et prône un référendum « d’avenir partagé » sur une solution « de souveraineté dans la République ». Ce scénario a peu de chances d’aboutir compte tenu du revers électoral essuyé par CE« 

SONIA BACKES PROPOSE UN NOUVEL ESPACE DE DIALOGUE ENTRE INDÉPENDANTISTES ET NON-INDÉPENDANTISTES

Dans la bataille de fréquentation des derniers meetings de deux poids lourds de la province Sud, chacun a rappelé les points saillants de son programme tout en délivrant quelques coups à ses adversaires. Au delà des démonstrations de force, une proposition nouvelle visant à faciliter le dialogue entre indépendantistes et non-indépendantistes a été formulée par Sonia Backes.

LE QUOTIDIEN DES CALÉDONIENS
Pour la tête de liste de l’Avenir en Confiance, si le dialogue sur l’avenir institutionnel est déjà encadré et organisé sous l’égide de l’Etat, il est nécessaire de dialoguer plus sereinement sur le quotidien des Calédoniens et son lot de difficultés.

AU DELÀ DES POSTURES AU CONGRÈS
Sonia Backes propose que ce débat puisse se dérouler au delà des prises de positions partisanes au Congrès. « Un espace de dialogue nouveau qui nous permette d’aborder de manière fréquente et régulière, sans être tenus par les postures que nous prenons dans l’hémicycle du Congrès, tous les sujets qui constituent le quotidien des Calédoniens et qui ne relèvent pas de la compétence de l’Etat« .

TROUVER DES POINTS D’ACCORD SUR LA SOCIÉTÉ CALÉDONIENNE
Cet espace de dialogue « régulier et formel« , rassemblerait les « responsables politiques qui président au destin des Calédoniens« .  Objectif : trouver des points d’accord sur les grands sujets de la société calédonienne. Sonia Backes cite en exemple le nickel, la lutte contre les addictions, la relance économique, la protection de l’environnement calédonien ou encore la préservation du système de santé.

PROVINCIALES : GAEL YANNO SOUTIENT CALÉDONIE ENSEMBLE

Ancien député, ancien premier adjoint au maire de Nouméa, et actuel président du Congrès, Gael Yanno a déclaré soutenir « Philippe Gomes et l’ensemble des candidats de Calédonie Ensemble« .

Gael Yanno explique son choix par l’attachement qu’il porte au dialogue avec les indépendantistes, et celui de vouloir maintenir le territoire au sein de la République.

Le président du Congrès n’est pas candidat aux élections provinciales et ne fait partie d’aucune liste. Il entend cependant demeurer « engagé dans le débat politique« .

LES 4 RÉVOLUTIONS POLITIQUES POSSIBLES EN FIN DE SEMAINE

Dernière semaine de campagne électorale. Et dimanche prochain, 169 635 électeurs sont convoqués pour élire leurs représentants aux assemblées de province. Et dans le même temps, ceux du Congrès, conditionnant la composition du gouvernement. Avec en arrière-plan, le poids des élus qui auront à négocier le statut d’après referendum, au cas où, dans l’intervalle, une majorité n’aurait pas opté pour une indépendance de la Nouvelle-Calédonie. 

Au total, 4 révolutions peuvent survenir dimanche prochain dans le territoire. Enjeux.

PREMIÈRE RÉVOLUTION :
UN CONGRÈS INDÉPENDANTISTE

Scénario possible : les indépendantistes remportent la majorité au Congrès. Ou font jeu égale avec les non-indépendantistes : 27 contre 27.

Il faudrait, pour cela, que les listes non-indépendantistes ne franchissent le seuil de 5% des inscrits, ni au Nord, ni aux Iles. Ou que les indépendantistes réalisent un score fleuve dans le Sud.

Contrôler le Congrès, c’est contrôler le régime fiscal de la Nouvelle-Calédonie, les lois du travail, les réglementations économiques, la législation minière, l’enseignement, la formation professionnelle, la clé de dotations budgétaires aux provinces …

DEUXIÈME RÉVOLUTION :
UN GOUVERNEMENT INDÉPENDANTISTE

Le Président du gouvernement est chef des services publics, ordonnateur du budget, et possède des compétences personnelles pour ce qui concerne les relations régionales.

Disposant d’une majorité au sein de l’Exécutif et au Congrès, il aurait la capacité de faire préparer et approuver tous les textes qu’il souhaiterait.

Au plan international, il apparaîtrait comme « le Premier ministre » de la Nouvelle-Calédonie.

TROISIÈME RÉVOLUTION : LE CONTRÔLE DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS PAR LES INDÉPENDANTISTES

Celui-ci va de pair avec le contrôle du Congrès et du gouvernement. Ocef  Apican, Agence Sanitaire et Sociale, Conservatoire et autres établissements publics passeraient sous la quasi-autorité de la nouvelle-majorité.

Air Calédonie International, bien que n’étant pas un établissement public, mais dont l’actionnaire quasi unique est l’Adanc, établissement public de la Nouvelle-Calédonie, passerait sous le contrôle des indépendantistes.

QUATRIÈME RÉVOLUTION :
L’INTERLOCUTEUR INDÉPENDANTISTE DE L’ETAT

Certes, dans cette hypothèse, les indépendantistes ne deviendraient pas l’interlocuteur unique de l’Etat, donc du gouvernement et du Chef de l’Etat.

Ces derniers devraient en particulier tenir compte du résultat des referendum.

Mais le Congrès étant l’émanation démocratique de la Nouvelle-Calédonie, et le gouvernement, l’Exécutif de cette émanation, le rapport de force avec l’Etat en serait quelque peu bouleversé.

Bien sûr, dans ces hypothèses, les non-indépendantistes ne manqueraient pas de prendre courage en se référant à l’expérience de la Polynésie française. Celle-ci a connu, dans un passé récent, une majorité ayant conduit Oscar Temaru à la Présidence, non pas du gouvernement de Polynésie, mais bien à la présidence de la Polynésie.

Depuis, dans le territoire voisin, la page a été tournée. Celle de la Nouvelle-Calédonie va s’écrire dimanche prochain, vers 21 heures.

169635 INSCRITS AUX PROVINCIALES – MAJORITÉ INDÉPENDANTISTE AU CONGRÈS : INFO OU INTOX ?

169 635 inscrits, c’est le chiffre définitif pour les élections provinciales du 12 mai à l’issue des ultimes révisions des listes électorales. Désormais, la question est de savoir qui participera à la répartition des sièges, et quelles majorités vont se dégager dans chacune des provinces. Avec, à l’issue, un enjeu inédit : une majorité ou non pour les indépendantistes au Congrès et au Gouvernement.

Jacques Lafleur ne l’avait jamais imaginé, Jean-Marie Tjibaou l’espérait : les indépendantistes majoritaires au Congrès et au gouvernement … avant une hypothétique indépendance. Comment cela est-il possible, et quelles chances ont les uns, quels risques courent les autres ?

INFO OU INTOX ?
Alors que le résultat du referendum s’est soldé par une marge confortable en faveur de anti-indépendantistes, la campagne électorale a mis en relief, du côté indépendantiste, l’objectif de conquérir la majorité au Congrès et au gouvernement, et du côté loyaliste, le risque résultant de cette hypothèse. Info ou Intox ?

DES REPRÉSENTATIONS PROVINCIALES AU CONGRÈS UN PEU « À LA LOUCHE »
La réalité est que pour le referendum, chaque voix est égale. Ce n’est pas le cas pour les élections provinciales. Explication.

Lors des Accords de Matignon, puis de ceux dits de la rue Oudinot, les discussions ont tourné autour du nombre de représentants de chaque province au Congrès.

Les chiffres proposés par le gouvernement avaient d’ailleurs provoqué un premier désaccord : le nombre d’élus prévus pour la province Sud, et donc la représentation de cette province au Congrès. Le ministère proposait 22 élus provinciaux, proposition refusé par la délégation du RPCR qui jugeait ce nombre insuffisant pour avoir … une majorité RPCR au Congrès. Finalement, les délégations s’étaient accordées sur le chiffre de 32 élus provinciaux pour le Sud. Un chiffre qui sera porté ultérieurement à 40.

LES PROVINCES NORD ET ILES SUR-REPRÉSENTÉES AU CONGRÈS
Cependant, malgré ces ajustements, une voix de la province Sud compte moins que celle d’un électeur du Nord et des Iles pour élire un représentant au Congrès !

En province Nord, il faut 2661 voix pour être élu au Congrès, aux Iles, 3029, et au Sud, 3391.

Résultat : une sur-représentation des provinces Nord et Iles au Congrès, et donc, une sur-représentation des indépendantistes !

DEUX SIÈGES POUR CHAMBOULER LE RAPPORT DE FORCE
Dans l’assemblée sortante, les indépendantistes disposent de 25 sièges, et les non-indépendantistes, 29 sièges. Si les indépendantistes gagnaient 2 sièges supplémentaires, cela résulterait évidemment de la perte de 2 sièges dans l’autre camp.

Au total, le Congrès serait alors composé de 27 indépendantistes, et de 27 non-indépendantistes. Une assemblée pratiquement ingouvernable.

LE CASSE TÊTE DU GOUVERNEMENT
L’élection du gouvernement virerait au casse-tête. Viendrait s’ajouter à la complexité du vote, la jurisprudence qui avait, en son temps, opposé Raphael Mapou (alors sur la liste RPCR-FCCI) à Akusitino Manuhohalalo (alors FLNKS-RDO).

Et si les indépendantistes progressaient de 3 sièges, plus d’interrogation : ils contrôleraient sans opposition possible l’assemblé délibérante et l’Exécutif de la Nouvelle-Calédonie. Tout cela, avec des « si », bien sûr …

SONIA LAGARDE APPORTE SON SOUTIEN À « L’AVENIR EN CONFIANCE »

La Maire de Nouméa a créé l’événement hier, en annonçant son soutien à la liste « Avenir en Confiance » conduite par une autre Sonia, Sonia Backes.

Elue aux élections provinciales en 2004 sur la liste de l’Avenir Ensemble, élue à l’Assemblée Nationale sous les couleurs de Calédonie Ensemble, puis candidate en 2014 aux municipales dans ce même parti, Sonia Lagarde explique son choix dans un communiqué qu’elle a rendu public jeudi à 17h.

La Maire de Nouméa s’est surtout déclarée déçue par les résultats de la mandature provinciale exercée sous l’égide de Calédonie Ensemble, une mandature qu’elle considère être un échec. La première magistrate de la capitale estime donc qu’un changement est nécessaire.

« Nous voici arrivés à un moment charnière de notre histoire avec pour perspective deux référendums et une négociation cruciale concernant l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.

J’ai toujours souhaité un regroupement des loyalistes attachés aux valeurs de la République Française avec une volonté permanente de recherche du dialogue avec les indépendantistes.

Les Calédoniens vont choisir le 12 mai prochain dans une élection à un tour, celles et ceux qui auront à gérer le pays pour cinq ans. Les élu(e)s issu(e)s des urnes devront surmonter leurs différences pour aboutir dans la sérénité à une solution permettant à toutes et à tous de continuer à vivre ensemble dans la France.

Face à une situation économique très dégradée et un contexte anxiogène, il y a urgence pour nos futurs responsables politiques à renouer les fils du dialogue avec les acteurs économiques et les partenaires sociaux afin de sortir de ce marasme et redonner confiance tant aux investisseurs qu’à l’ensemble des Calédoniens.

L’heure du choix a sonné. C’est la raison pour laquelle, j’ai décidé à titre personnel de faire confiance à « l’Avenir en confiance », et j’invite les électrices et les électeurs à en faire de même le 12 mai prochain ».

PROVINCIALES : LA TENTATION COMMUNAUTAIRE

Comment viser les électeurs d’une communauté aux élections provinciales, et nier mener ainsi une action communautaire ?

La tentation, dans le milieu d’origine wallisienne et futunienne n’est pas nouvelle. Pratiquement, à chaque élection, une ou plusieurs listes communautaires tentent de rallier cet électorat.

Le calcul n’est pas sot. « Communauté non reconnue », « communauté sous-représentée », de quoi susciter un réflexe communautaire propre à viser le franchissement de la barre fatidique des 5 400 voix. Même lorsqu’un meeting se déroule dans une commune administrée par un maire calédonien … d’origine wallisienne !

Ce faisant, quant une communauté revendique sa propre représentation électorale en se fondant sur sa propre identité, elle s’éloigne de la communauté calédonienne.

En août 1988, en préalable à l’ouverture des négociations dites de la « rue Oudinot », siège du ministère de l’Outre-mer, le FLNKS avait déposé une motion demandant au gouvernement français d’accompagner le retour à Wallis et Futuna les habitants de Calédonie provenant de ce territoire.

Cette motion avait été refusée par le RPCR qui avait même menacé de quitter la table si elle n’était pas retirée. Ce qui fut fait. C’est ainsi que s’ouvrirent les discussions qui allaient tracer ce que chacun espérait devenir un « destin commun ».

Espérait …