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LES INDÉPENDANTISTES CROIENT-ILS À L’INDÉPENDANCE ?

A un peu plus de 4 mois de l’ultime référendum, les indépendantistes croient-ils en la victoire du « oui » ? Si … oui, ils ont alors, au quotidien et pendant ces 4 mois, l’obligation d’inscrire cette date comme l’entrée de la période transitoire qui conduira, au lendemain du 30 juin 2023, la Nouvelle-Calédonie à l’indépendance.

Cette foi en la victoire du 12 décembre doit se traduire dans les actes du gouvernement comme du Congrès.

Ainsi, il serait vain, pour un indépendantiste convaincu, de vouloir modifier la loi organique pour changer la durée du mandat présidentiel de l’institution. Pour un indépendantiste convaincu, cette affaire se réglera dans la Constitution et les lois d’organisation de Kanaky-Nouvelle Calédonie dans tout juste 24 mois.

Ainsi, tous les textes, toutes les prospectives préparés ou avancés par les majorités indépendantistes au gouvernement et au Congrès doivent intégrer cette hypothèse de l’accession à la pleine souveraineté.

Ainsi, le Haut-Commissaire, dans ses actes, doit lui-même, rappeler toutes les réserves résultant de l’hypothèse de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, et désormais inscrites en toutes lettres dans le document de l’Etat sur « les conséquences du Oui et du Non ».

L’exercice sera d’ailleurs intéressant, notamment sur les perspectives économiques et sociales que le Président du Gouvernement devra afficher mi-août dans son discours de politique générale.

S’il ne le faisait pas, il anticiperait une victoire du « Non » …

RÉFÉRENDUM/CONGRÈS : SONIA BACKES RASSEMBLEUSE

Sonia Backes ne sera pas celle qui regardera le doigt du sage, alors que ce dernier montre la lune. Interrogée hier par Nadine Goapana sur le plateau de NC1ère à propos de l’élection du président du Congrès, elle s’est montrée à la fois partenaire loyale au sein de l’Avenir en Confiance, tout en rappelant le caractère « vital » -le terme reflète bien l’enjeu- de l’ultime scrutin du 12 décembre prochain. Dans la présentation de l’émission, Dave Waheo-Hnasson avait fort justement rappelé que l’écart entre les deux résultats du dernier référendum d’autodétermination était de 9.800 voix, et qu’une progression d’un peu moins de 5.000 voix permettrait aux indépendantistes de faire basculer définitivement la Nouvelle Calédonie dans la souveraineté pleine et entière. A deux jours et quelques heures de l’élection du président du Congrès, Sonia Backes joue la carte de l’unité du camp non-indépendantiste, pour obtenir ensuite le meilleur score évitant le chaos de l’indépendance.

IL SUFFIT DE 145 VOIX DE PROGRESSION DU « OUI » PAR COMMUNE
Les statisticiens le savent. Lorsqu’une tendance est lourde, elle est inexorable. Les non-indépendantistes n’ont pas su créer cette tendance, lors des deux premiers scrutins d’autodétermination. Du 70/30% annoncé en leur faveur, ils ont d’abord récolté un 57/43% décevant. Au second scrutin, l’écart s’est encore réduit à 53/47%. Les indépendantistes ont démontré que les électeurs ne savaient pas ce qu’est un « plafond de verre ».

Certes, depuis la fin de l’année 2020 marquée par les violences, le dogmatisme irréaliste, puis le recul dans l’affaire de la reprise de l’usine du Sud, ces derniers ont entamé une succession d’erreurs, semant le trouble et l’inquiétude au sein d’une partie des électeurs du « oui ». La pantalonnade de 5 mois qui a marqué leur prise de majorité du gouvernement, puis le renoncement de l’Union Calédonienne, ont contrecarré la dynamique qui les animait jusqu’alors.              

Mais incontestablement, une victoire symbolique pour la présidence du Congrès, et donc de toutes les Institutions de Nouvelle Calédonie, serait de nature à relancer leur machine quelque peu grippée.

Or les chiffres sont têtus. Il suffirait d’une progression de 145 voix en faveur du « oui » par commune pour que le 12 décembre au soir, la Nouvelle-Calédonie décide démocratiquement d’accéder à l’indépendance.

ACCORDER LES VIOLONS QUI JOUENT « LA MARSEILLAISE »
Face aux questions directes de la journaliste de NC1ère, la situation de Sonia Backes était fort délicate. Virginie Ruffenach, présentée par le Rassemblement-LR, possède tout à fait les compétences pour exercer la présidence du Congrès dont elle connaît les rouages et le fonctionnement. Annie Qaeze, présentée par Calédonie Ensemble, en raison de son profil particulier, peut parler à des électeurs indécis qui se situent dans la tranche des jeunes et celle d’une sociologie modeste. Partenaire de l’Avenir en Confiance, Sonia Backes a exprimé sa loyauté sur le plateau. Mais parce que l’importance de l’élection de mercredi est au delà, elle a aussi exprimé le fait que pour les partis non indépendantistes, la recherche d’une solution équilibrée est la seule possibilité pour recueillir … les voix de l’Eveil Océanien et d’éviter la mise en place nouvelle d’une hégémonie indépendantiste.

C’est en effet le petit parti charnière qui fera la balance. Les Loyalistes et Calédonie Ensemble ne possèdent pas, à eux seuls, une majorité suffisante pour remporter l’élection au perchoir de la première assemblée. Or l’Eveil Océanien a annoncé que ses élus ne voteraient que pour un candidat non indépendantiste unique.

Contrairement au rassemblement des partis anti-indépendantistes réalisé en 1977 dont Jacques Lafleur était le chef incontesté, les non-indépendantistes de 2021 sont conduits par plusieurs chefs. Les téléspectateurs ont ainsi compris que Sonia Backes tentait d’accorder les violons de l’orchestre qui jouera « La Marseillaise » jusqu’au 12 décembre. Afin que l’hymne national soit le même le 13 décembre.

PRÉSIDENTIELLES 2022 : ET SI C’ÉTAIT LUI ?

Les résultats du premier tour des régionales en métropole ont provoqué quelques agitations dans les états-majors. La République En Marche y figure tout juste, le Front National est en recul de 10 points en moyenne nationale. Par rapport aux sondages, bien sûr. Sacrés sondages, qui une fois encore, se sont (un peu) plantés. C’est qu’au delà de ces élections locales, tous les regards sont rivés sur la présidentielle qui se déroulera dans moins d’un an …

Dans les Hauts de France, le scrutin a un goût particulier : Xavier Bertrand avait déjà annoncé sa candidature pour la prochaine magistrature suprême. Emmanuel Macron y avait envoyé l’artillerie lourde : cinq ministres, parmi lesquels Dupond-Moretti et Gérald Darmanin, copain de Xavier Bertrand. Pulvérisés, ils ont été pulvérisés. Ils n’ont même pas passé la barre fatidique des 10% nécessaire pour, éventuellement, se maintenir a second tour.

Le Front National, que les sondages prédisaient au coude à coude avec le président sortant de la région, est à 17 points derrière. Une bérézina. La faute aux abstentionnistes.

Xavier Bertrand sera probablement élu haut la main. Dans les sondages pour la présidentielle, il connaîtra sûrement une hausse sensible. Mais il faut se méfier des sondages …

En tout cas, il devient un concurrent très crédible, à la fois pour Emmanuel Macron comme pour Marine Le Pen, contre qui il réalise le meilleur score dans un éventuel second tour.

CE QU’IL PENSE DE LA SITUATION CALÉDONIENNE

Dans une tribune du 4 octobre 2020 dans Figaro/Vox, Xavier Bertrand publiait son opinion sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Probablement le seul élu local à le faire, lui qui n’est plus député, et qui a quitté Les Républicains.

 » Pour la deuxième fois, les citoyens de Nouvelle-Calédonie ont majoritairement choisi de continuer à écrire leur histoire dans la France. En tant que gaulliste, attaché à la singularité de la France et à l’universalité de son message humaniste, je me réjouis de ce résultat.

 » Les règles électorales ont été transparentes et acceptées par toutes les forces politiques. La participation a été massive. Les résultats sont donc incontestables: en acceptant l’Accord de Nouméa, l’ensemble des signataires a aussi accepté de se conformer au résultat des trois consultations qui y sont prévues.

 » Il revient maintenant aux forces politiques calédoniennes de décider si elles souhaitent que l’État organise une troisième consultation. L’Accord de Nouméa le prévoit. Je fais partie de ceux qui pensent, à la lumière des résultats nets des deux premières consultations, que l’urgence est maintenant de rassembler, de construire, d’additionner les points de vue pour bâtir ensemble la Nouvelle-Calédonie de demain.

« La question du rôle de l’État est clairement posée. Depuis trop d’années, l’État se considère uniquement comme un arbitre de l’Accord de Nouméa. Il ne doit pas oublier qu’il est aussi l’un des signataires, donc l’un des acteurs. Si les décisions doivent être prises dans l’enceinte du Comité des signataires, rien ne condamne l’État à se priver de sa capacité d’initiative, et même de proposition.

 » Il doit, pour cela, écouter ce qu’ont dit les citoyens calédoniens lors des deux premières consultations: les provinces des îles et du nord sont, pour des raisons culturelles, très majoritairement favorables à l’indépendance, tandis que la province sud est très majoritairement attachée au maintien dans la France.

 » Il n’est pas question de morceler la Nouvelle-Calédonie: ce serait un contresens historique, économique et géopolitique majeur. Mais on ne peut pas non plus faire comme si les deux consultations n’avaient pas eu lieu.

 » Je considère que le temps est venu de permettre la différenciation provinciale dans l’unité française : un État qui continue à assumer pleinement ses compétences régaliennes sur l’ensemble du territoire, et en même temps des Provinces à qui on laisserait le maximum d’autonomie décisionnelle, y compris sur des matières qui relèvent actuellement du gouvernement local.

 » Cette proposition me semble de nature à créer un dialogue constructif entre loyalistes et indépendantistes sous l’autorité de l’État, et respecte totalement les résultats des deux précédents scrutins. Elle repositionne l’État dans son rôle historique de force de proposition en Nouvelle-Calédonie. Elle permettrait de continuer la démarche de «décolonisation dans la France» que nos aînés ont imaginée et fait vivre depuis plus de trente ans.

 » 32 ans après la poignée de main entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, le temps est venu de franchir une nouvelle étape dans l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. Ensemble.« 

INDÉPENDANTISTES : LA STRATÉGIE DU « SUR PLACE »

Comment serait géré une Kanaky-Nouvelle Calédonie éventuellement indépendante à l’issue d’un troisième référendum ? En faisant du « sur place » ou à reculons ? C’est un peu l’impression qui ressort de l’attitude des indépendantistes depuis plusieurs mois. Quelques exemples sont parlants.

Dans l’affaire de l’usine Vale, ils n’ont eu de cesse de s’opposer à la reprise par un groupe validé par une des banques les plus prestigieuses au monde au prétexte qu’ils proposaient une meilleure solution … qui n’est jamais venue. Dans un contexte marqué gravement par des violences organisées, au premier échec a succédé le fameux « plan B ». Qui n’a jamais vu le jour ! Résultat, après quelques milliards de dégâts, plusieurs mois de temps perdu, et des auteurs de violence en prison, la dernière solution contestée a été mise en œuvre car elle était la seule en mesure de préserver plusieurs milliers d’emplois.

Plusieurs textes urgents destinés à redresser des situations catastrophiques ont, quant à eux, subi les foudres de « motions préjudicielles ». Dans le cas gravissime du « trou » de la Cafat, ces manœuvres n’ont, jusqu’à présent, apporté aucune solution alternative tandis que la situation des comptes sociaux a empiré. Un retard en pure perte.

S’agissant du gouvernement, c’est le « pompon ». Les indépendantistes font chuter l’exécutif local, et depuis près de quatre mois, au gré des rivalités et des chamailleries, sont incapables de mettre en place le nouveau gouvernement au sein duquel ils ont pourtant la majorité ! Pendant ce temps là, ils laissent « aux autres » le soin de régler les difficultés d’une crise sanitaire sans précédent, tandis que les urgences territoriales attendent.

C’est enfin l’invitation à Paris lancée par le Premier ministre de la France pour préparer l’après-référendum, c’est à dire le sort de 300.000 personnes, et en fixer la date, qui est une nouvelle occasion de faire du « sur place ». Cette fois, ce sont des explications fumeuses pour décliner cette offre, ou pour y aller en précisant qu’aucun échange constructif ne pourra, de leur part, en sortir …

Gouverner, c’est non seulement prévoir, c’est aussi décider. L’absence chronique de capacité de prendre des décisions, et de préférence, les bonnes décisions, montre clairement qu’à l’aune d’un scrutin qui pourrait mener la Nouvelle-Calédonie à l’indépendance, ceux qui la revendiquent ne sont pas prêts à l’assumer. Un jour, peut être, mais certainement ni en 2021, ni en 2022.

PRÉSIDENTIELLES : POURQUOI MARINE LE PEN PEUT FAIRE UN « CARTON » EN CALÉDONIE

Que peut penser une Calédonienne honnête et tranquille qui vient de se faire dérober deux voitures, et que les voleurs viennent narguer et insulter … dans sa propre voiture volée ? Et que peut-elle penser en découvrant, le lendemain, ses voitures carbonisées ? Ces délinquant, s’ils sont retrouvés, pourront-ils arguer d’une « bouffée délirante » sous l’empire du cannabis, et être déclarés irresponsables de leurs actes ?

UNE INSÉCURITÉ CROISSANTE
Chaque soir, chaque semaine, dans une société malade de son insécurité, les vols, les passages à tabac, les insultes ont transformé Nouméa, le Mont Dore et bien d’autres communes, en lieu pas vraiment sûrs dès que la nuit est tombée.

Si le troisième référendum est au cœur des inquiétudes d’avenir, la sécurité demeure la première préoccupation des Calédoniens au quotidien, notamment dans l’agglomération et la plupart des communes de la province Sud. Laquelle accueille 75% de la population totale.

COVID : UNE SOLIDARITÉ SANS FAILLE DU GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE
Certes, la solidarité du gouvernement d’Emmanuel Macron est irréprochable, en ces temps de pandémie :  accord sur le cordon sanitaire de la quarantaine à l’arrivée, aide considérable à l’économie locale ainsi qu’aux finances publiques, fourniture gratuite du meilleur vaccin anti-Covid, le Pfizer/BioNtech. On pourrait y ajouter la fermeté mise en œuvre dans la recherche et la traduction devant les juges des délinquants et des commanditaires des actes répréhensibles qui ont accompagné la contestation indépendantiste de la reprise de l’usine du Sud par Prony Resources.

UNE POPULATION EXCÉDÉE PAR L’INSÉCURITÉ AU QUOTIDIEN
Mais la population est majoritairement excédée par la délinquance quotidienne qui, depuis une vingtaine d’années, ne cesse de se développer. « Autrefois, on laissait la maison ouverte, et les clés sur la voiture« , rappelle ce Calédonien nostalgique d’une époque plus paisible. Les quelques statistiques qui tendraient à démontrer une amélioration n’y font rien. A défaut de quelques informations paraissant dans les médias, blasés, sur des actes délictueux trop fréquents, les réseaux sociaux témoignent de l’insécurité au quotidien. En vain.

UN VOTE DE RAS-LE-BOL
Alors, tout comme la métropole exprime de plus en plus son sentiment de ras-le-bol insécuritaire, jusqu’à des militaires de haut rang, non pas « putchistes » comme le suggèrent quelques commentateurs imbéciles, mais inquiets de la dégradation de l’ordre républicain, une majorité de Calédoniens pourraient emboiter le pas.

Et, à défaut de restauration d’une sécurité acceptable, voter massivement, en protestation, pour Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles. D’autant qu’avec la présidente du Rassemblement National, les loyalistes sont assurés d’une fermeté à l’endroit du séparatisme …

LECORNU : PROPOSITION FROGIER SUR LA TABLE ET RÉFÉRENDUM EN 2021 TECHNIQUEMENT POSSIBLE

Intervenant à la fin du débat au Sénat sur la question institutionnelle, économique et sociale de la Nouvelle-Calédonie, Sébastien Lecornu a notamment souligné cinq points essentiels.

Le premier concerne la date du référendum. L’Etat, a-t-il indiqué, est prêt à l’organiser dans les délais les meilleurs, aussi bien avant la fin de 2021, comme dans un délai courant jusqu’en octobre 2022.

Le second concerne la position de l’Etat et celle du gouvernement de la République. L’Etat doit être impartial. Son rôle est d’organiser le troisième référendum prévu par la Loi Organique. Mais le gouvernement, lui, est d’essence politique, comprenant des élus, et dont le programme et l’action sont engagés.

Le troisième est relatif à l’information des électeurs sur les conséquences de leur vote référendaire. Un travail qui n’a jamais été fait depuis 20 ans et en l’absence duquel, chacun ne mesure pas, en particulier, ce que recouvre l’indépendance. Ces conséquences seront consignées dans un document qui sera remis aux participants préalablement à la réunion de fin mai à Paris. Les trois partenaires en débattront alors. Quant aux conséquences du « non », elles doivent également être préparées, estime le ministre, rappelant que l’Accord de Nouméa les évoque tout juste en une phrase.

Le quatrième concerne la problématique globale calédonienne, qui ne peut se résoudre à un seul problème institutionnel. Le ministre a d’ailleurs rappelé que la réunion du Sénat avait aussi pour objet la question économique et sociale de la Nouvelle Calédonie. Il a indiqué, de son côté, sa préoccupation sur la situation des usines de nickel, et plus particulièrement celle de la SLN, et celle de Koniambo laquelle, dit-il, pourrait évoluer dans quelques mois. Il a évoqué l’ordre public, soulignant que notre territoire est une partie intégrante de la République, et que les lois de la République doivent y être respectées. Évoquant les manifestations de pressions constatées à certains bureaux de vote lors du dernier référendum, il a indiqué en avoir immédiatement saisi le Parquet de Nouméa. « Des enquêtes sont en cours ». Et d’une manière générale, s’agissant du Covid, des vaccins, de la situation budgétaire calédonienne comme de la résolution de la reprise de l’usine du Sud, l’Etat avait été aux côtés de la Calédonie, a souligné le ministre.

Le cinquième concerne la proposition de Pierre Frogier. Tout travail écrit de réflexion est digne d’intérêt, juge Sébastien Lecornu qui indique que la proposition du Sénateur calédonien sera mise « sur la table », avec éventuellement les autres propositions formulées.

PRÉSIDENCE DU GOUVERNEMENT : NOUVEL ÉCHEC DES NÉGOCIATIONS ENTRE INDÉPENDANTISTES

La désignation d’un candidat unique pour la présidence du gouvernement était au menu de la convention du FLNKS réunie hier à Kouaoua. Si rien n’a encore filtré des débats entre les représentants de l’Union Calédonienne, du Palika, de l’UMP et du RDO, il semble bien qu’aucun consensus ne se soit dégagé sur un nom. Soit celui de Samuel Hnepeune, soit celui de Louis Mapou, soit un nouveau candidat.

Vendredi, lors de la réunion de l’assemblée de la province Nord, l’Union Calédonienne avait mis en cause la gestion de la Sofinor suite à un rapport accablant de la Chambre Territoriale des Comptes. On sait que Louis Mapou a dirigé la structure financière de la province Nord pendant plusieurs années.

Samedi, en fin de journée, des militants du Palika, mécontents, ont bloqué quelques temps les grilles du centre administratif de la commune où se déroulait la convention, réclamant une prise de décision immédiate au sujet du gouvernement.

Finalement, les grilles ont été rouvertes. Mais la décision paraît toujours en suspens.

RAPPORT CTC SUR LA SOFINOR : L’UC PORTE LE FER EN PROVINCE NORD

Aura-t-il donc fallu le rapport de la Chambre Territoriale des Comptes pour que l’UC s’inquiète du fonctionnement et des résultats de la Sofinor et de la SMSP ? Le placement de Nord Avenir en procédure de sauvegarde le 25 mai 2020 avec une dette de 6 milliards n’avait donc pas déjà interpelé l’Union Calédonienne ? Les 1.200 milliards de dettes cumulées de la Sofinor, largement commentés dans la presse et les milieux politiques étaient-ils passés inaperçus ? Pas plus que les alertes contenues dans le rapport de la même CTC sur la même Sofinor ? En assemblée de la province Nord,  les supporters de la candidature de Samuel Hnepeune à la présidence du gouvernement ont appuyé « là où ça fait mal ».

DEMANDES D’EXPLICATIONS
Les élus de l’UC ont demandé des explications sur les questions soulevées par le dernier rapport accablant de la Chambre Territoriale des Comptes aussi bien sur la « docrine nickel », que sur la gouvernance de la SMSP et ses filiales ou encore sur la situation financière du groupe.

Pour l’heure, le président de la province et les responsables du Palika affichent une apparente sérénité, mais ont fixé à une date ultérieure le débat sur le sujet. Mais débat, il devrait y avoir, la règle étant que le rapport doit être lu en assemblée.

Le vote a permis de rappeler qu’aucun groupe indépendantiste ne possède la majorité absolue dans le Nord, et que les 3 élus loyalistes sont en position potentielle d’arbitrage …

Mais en arrière plan, cette soudaine bouffée d’inquiétude de l’UC s’inscrit sans doute dans le bras de fer avec le Palika pour la présidence du gouvernement …

LE BRAS DE FER POUR LA PRÉSIDENCE DU GOUVERNEMENT
Plusieurs rumeurs avaient circulé concernant l’imminence de l’élection de Louis Mapou à la présidence du gouvernement au cours de la dernière semaine d’avril. Des négociations sont effectivement menées par deux trios représentant le Palika, et les secrétaires généraux de l’UC.

Un document interne sur le sujet, faisant état de propositions émanant de l’UC sur la présidence de Samuel Hnepeune et la répartition des secteurs du gouvernement, a même fuité. Mais aucun accord n’est intervenu.

C’est que si, en interne, certains responsables UC s’accommoderaient de Louis Mapou à la présidence, d’autres n’en démordent pas et veulent « faire plier » le Palika.

A l’évidence, l’angle d’attaque est désormais la province Nord, et plus particulièrement, les graves anomalies relevées par le CTC au sein du groupe Sofinor. La querelle, encore à fleuret moucheté, pourrait avoir quelques échos lors de la convention du FLNKS qui se tient aujourd’hui à Kawipa/Kouaoua.

Les faits rendus publics par la Chambre sont en effet une mise en cause directe d’une gestion relevant du groupe majoritaire de la province Nord. Ils pourraient connaître des suites judiciaires en raison du risque, souligné comme « potentiel », de situation de prise illégale d’intérêt encourue par certains élus.

D’un autre côté, Louis Mapou a été, pendant plusieurs années, directeur de la Sofinor et président du comité de direction de KNS. Ces responsabilités, mises en avant à son crédit par son parti, ne risquent-elles pas de se retourner contre lui ?

SONDAGES : LE BOND DE MARINE LE PEN

Au dernier sondage Kantar pour le Figaro, Marine Le Pen effectue un bond et se place pour la première fois derrière Edouard Philippe. Les analystes attribuent cette progression à plusieurs faits qui on choqué les Français : le procès concernant l’affaire des policiers ataqués et brûlés à Viry-Chatillon, le jugement de l’assassin de Sarah Halimi, et l’attentat de Rambouillet contre une policière.

Dans le Top 10, Xavier Bertrand paraît désormais solidement installé. C’est Nicolas Hulot qui dégringole en perdant 6 points.

Commentaire :  » La candidate progresse, fait notable, dans toutes les catégories: sympathisants d’extrême gauche: 25%, (+ 14), de gauche: 19% (+ 7), de droite: 35%, (+ 6), mais surtout chez les sans opinion: 3 % (+ 12). Si le contexte explique cette hausse, elle intervient à un an de 2022 et peut inquiéter ses adversaires. »

COMMISSION D’ENQUÊTE COVID : DEUX QUESTIONS CLÉ

Officiellement, la commission d’enquête demandée par Calédonie Ensemble et l’UC/FLNKS/Nationalistes associés à l’Eveil Océanien aura pour objet d’évaluer les « politiques publiques mises en place pour faire face à la crise sanitaire et de formuler des recommandations sur l’adaptation de ces politiques publiques en fonction notamment de l’évolution de la situation sanitaire« .

De l’avis presqu’unanimement partagé par les Calédoniens, nous sommes loin des errements et des contradictions qui font le bonheur des commentateurs dans la gestion de la crise Covid en métropole. Le gouvernement local, les provinces, les services « au front » comme la Dass et les acteurs de la santé ont permis de juguler ce qui aurait pu constituer une grave vague épidémique en Nouvelle-Calédonie.

C’est peut être ailleurs que sur « l’adaptation des politiques publiques » que les « enquêteurs » pourraient se pencher. Deux points, l’un sanitaire, l’autre fonctionnel, mériteraient en effet d’être approfondis.

Le premier est incontestablement de connaître les failles qui ont permis l’introduction du virus à Wallis, puis son acheminement par la « bulle » entre ce territoire et Tontouta. Certes, une enquête est, paraît-il, en cours là-bas, et elle relève des autorités locales. Il serait donc pertinent d’en connaître les conclusions. Quant à la circulation du virus, elle implique les protocoles liés aux voyages autorisés au travers de la « bulle » qui existait alors entre les deux territoires. Cette problématique mérite quelques réponses.

Le second est assurément la circulation … de l’information entre les membres du gouvernement et leurs partis respectifs. C’est qu’en effet, tous les groupes politiques siégeant au Congrès ont chacun un représentant au sein de l’Exécutif calédonien. Chaque « ministre » a été associé, au travers des réunions techniques, des réunions du gouvernement, des réunions quotidiennes de collégialité durant la crise, à l’ensemble des procédures et des décisions. Certains sont même directement impliqués au regard du secteur dont ils ont la charge du contrôle et de l’animation. Il en va ainsi, par exemple, de la Santé relevant du portefeuille d’une élue Uni-Palika, ou des transports internationaux relevant de celui d’un élu de l’Union Calédonienne.

Quant au nouveau gouvernement indépendantiste, bien mieux qu’une commission d’enquête, il aura, dès sa mise en place,  à sa disposition l’ensemble des services territoriaux, et la contribution de l’Etat pour évaluer le dispositif et l’efficience des politiques publiques.