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SOUTENU PAR GHISLAINE ARLIE, ROCHE PEUT-IL BOUSCULER ROUSTAN ?

FarinoLa succession de Ghislaine Arlie, l’ex-Maire emblématique de Farino, avait été mouvementée. Grâce à la victoire de la liste conduite par Régis Roustan, Calédonie Ensemble, en 2014, avait étendu son influence établie à La Foa, Moindou et Sarraméa à un bastion détenu jusqu’alors par le Rassemblement. Mais dès les premiers mois de la mandature, le maire avait été mis en minorité … par sa première adjointe, Luté Barbou. Puis la commune avait poursuivi son chemin quelque peu chaotique.

Cette fois, le scrutin est encore incertain. Régis Roustan conduit à nouveau une liste, Luté Barbou fait de même. Mais entre les deux élections municipales, les provinciales sont passées en mai 2019, avec la déroute de Calédonie Ensemble et le succès de l’Avenir en Confiance.

RocheC’est appuyé par ce regroupement des loyalistes que Christian Roche, pour son troisième mandat, conduit une liste d’union Label’le verte. Un clin d’oeil au patrimoine naturel exceptionnel de cette commune de brousse prisée pour son célèbre marché, son Parc des Grandes Fougères, ses hébergements écologiques, et ses sites magnifiques.

Environnement et tourisme vert, maison commune de la jeunesse et de la culture, recrutement d’un garde-champêtre, mis en place du dispositif voisins vigilants, amélioration de la sécurité routière, le programme présenté samedi par Label’le Verte est particulièrement riche.

A Farino, l’équipe en place pourrait bien être bousculée au profit d’un renouveau pour les habitants de la petite commune.

LES MUNICIPALES SONT LA PREMIÈRE ÉTAPE DES ÉLECTIONS SÉNATORIALES

Les élections municipales du 15 mars prochain en cachent une autre : celle du Sénat. L’Institution républicaine est en effet constituée de membres élus au second degré par un collège de « grands électeurs ». Ce dernier est formé des membres du Congrès, des assemblées de province, d’un certain nombre de conseillers municipaux, et par des délégués eux mêmes désignés par les conseils municipaux des villes de plus de 30 000 habitants.

EN 2017 LA PLATE FORME
Dans cette nouvelle bataille électorale qui s’annonce, chaque voix va évidemment compter. Les gros bataillons de grands électeurs seront apportés par les communes les plus importantes, c’est à dire, d’abord, celles de l’agglomération. Viendront ensuite les municipalités de moindre importance comme Bourail, Koumac, Canala ou La Foa, ainsi que toutes les petites communes

En 2017, sous la bannière de la « plate-forme », Gérard Poadja représentant Calédonie Ensemble avait recueilli 258 voix, suivi par Pierre Frogier, président du Rassemblement, avec 255 voix.

Emile Nechero, de l’Uni, avaient obtenu chacun 120 voix sur les 200 voix potentielles indépendantistes. Mais l’Union Calédonienne avait alors décidé de ne pas participer aux scrutins nationaux.

522 GRANDS ÉLECTEURS
Au total, 522 grands électeurs étaient appelés aux urnes. 527 s’étaient exprimés, 45 bulletins blancs et 10 nuls avaient été enregistrés. Isabelle Lafleur avait, en outre, recueilli 95 suffrages, et Manuel Millar, 9 voix.

Le Sénat devrait être renouvelé en 2023 pour les élus de 2017. La réforme constitutionnelle incluant la réduction du nombre de députés et de sénateurs, est pour l’heure en panne. Lors de la préparation de la loi, plusieurs hypothèses avaient été évoquées, allant du renouvellement intégral de la Chambre en 2021 au maintien de la date de 2023. Cette année, les sénateurs élus en 2014 devraient être renouvelés. Cette question, pour l’instant, n’a guère été soulevée.

LA RÉDUCTION DU NOMBRE DE SÉNATEURS
Pèse par ailleurs, sur le Sénat, le projet de réduction du nombre de sièges de 348 actuellement, à 261 comme le souhaite la majorité parlementaire. Cette modification de taille a déjà fait l’objet d’âpres discussions entre Gérard Larcher, président de l’assemblée, le président de la République et le gouvernement.

Reste que pour la Nouvelle-Calédonie, le passage de deux sénateurs à un seul paraît inéluctable. Les loyalistes devraient bénéficier d’une majorité, mais le score avec les indépendantistes pourrait être serré si ces derniers faisaient bloc. Et si, dans l’intervalle, le référendum n’avait pas recueilli une majorité de « oui ».

GIL BRIAL APPORTE SON SOUTIEN À LA LISTE NATUREL À DUMBÉA

Il avait fait sensation avec un score inattendu lors des dernières législatives. Depuis, Gil Brial a fait son chemin politique, prenant la tête de son parti, le MPC, puis en participant au regroupement des loyalistes au sein de l’Avenir en Confiance.

Elu municipal sortant, il apporte cette fois son soutien à Georges Naturel et intègre sa liste.

Rendant hommage aux réalisation conduites à Dumbéa par le maire et son équipe, il a également mis en exergue la capacité de Georges Naturel à fédérer le conseil municipal autour de ses projets.

« Sur sa capacité à fédérer et à améliorer le bien être de sa population, sur sa capacité à porter des projets d’aménagement structurants pour la ville pour les décennies à venir, je soutiens à 100% Georges Naturel et l’ensemble de la liste » a-t-il indiqué.

Un soutien précieux, aussi bien politique que fonctionnel. Gil Brial est également Vice-président de l’assemblée de la province Sud.

MUNICIPALES : PROJETS AMBITIEUX À DUMBÉA POUR LA LISTE GEORGES NATUREL

Georges Naturel mène une liste pour un troisième mandat à Dumbéa, une commune dont il a conduit une transformation considérable pour en faire la seconde ville de Calédonie. Des projets importants à achever, et de nouvelles ambitions pour les Dumbéens « au coeur de leur ville ».

L’homme a une grosse qualité, celle de rassembler et de trouver le consensus. A preuve, le dernier budget municipal voté à l’unanimité, l’hommage rendu à l’ancien maire, adversaire d’hier, Bernard Marant, qui lui a même souhaité une bonne réussite pour le possible mandat prochain.

Mais surtout, il affiche un bilan remarquable, inscrit dans un vraie conception de ce que doit être « sa » ville, une qualité qu’on ne trouve pas chez tous les maires … Centre ville en construction autour d’un énorme centre commercial, sécurité renforcée, second centre d’activités autour du Médipôle et d’un deuxième hypermarché, quartier industriel en développement, protection d’une réserve … naturelle d’exception, ou encore équipements scolaires et de sport remarquables, les Dumbéens n’en sont pas, avec lui, à de vagues promesses : ils peuvent constater chaque jour ce qui a été réalisé pour eux depuis 12 ans.

Alors le programme du candidat -« je ne brigue pas un troisième mandat, je veux accompagner une équipe de qualité et préparer le futur »– commence évidemment par l’achèvement de gros chantiers : la belle promenade Jules Renard, un nom qui évoque une figure de Dumbéa, le cinéma du centre-ville de 12 salles et 1800 fauteuils, la résidence universitaire de 105 chambres, face au Lycée, et la marina de Nouré, réalisation privée qui donnera à Dumbéa un nouveau front de mer. L’amélioration de la sécurité n’a pas été en reste : développement de la Police municipale, coopération accrue avec la gendarmerie, nouvel Hotel de Police, construction d’une caserne de gendarmerie. Dumbéa a également été la première à lancer l’opération « Voisins Vigilants ».

Georges Naturel veut étendre ce travail de construction, y compris dans les technologies nouvelles. Ville connectée, avec déjà des innovations qui ont constitué des premières calédoniennes, poursuivie avec notamment les compteurs intelligents, et pour le futur, des « smart parking » et des « smart lighting », traduction : places vacantes indiquées sur le smartphone ou lumière s’allumant uniquement lorsqu’il y a quelqu’un.

Les autres projets foisonnent : stade de 3000 places, marché municipal, pépinière d’entreprises, bus de proximité, sentiers de randonnée, aménagement du parc de la Dumbéa, aménagement du littoral de Dumbéa-sur-mer ou encore piste cyclable du coeur de ville jusqu’au Parc Fayard.

Et un projet très important : la construction d’un voie sur pont entre Koutio et Ducos.

Au total, finalement, de bonne nouvelles pour les habitants de Dumbéa. Restera, évidemment, aux électeurs, de trancher en mars prochain.

MUNICIPALES À PAITA : WILLY GATUHAU PEUT-IL ÊTRE BATTU ?

Successeur d’Harold Martin qui, en 1995, avait pourfendu le RPCR et obtenu son indépendance du parti de Jacques Lafleur, Willy Gatuhau rassemble aujourd’hui très largement. Il a, de ce point de vue, bénéficié des nombreuses évolutions de l’ancien maire, ancien du RPCR, président de l’Avenir Ensemble en 2004, puis participant à un rapprochement avec Pierre Frogier à l’issue de l’intermède du « sandwich » en 2007, en guerre, depuis, avec Philippe Gomes, et enfin alliés des composantes du Front pour l’Unité, et enfin, de l’Avenir en Confiance.

La vie politique de Paita a été marquée par la disparition progressive du Rassemblement, puis enfin de l’émergence de l’Eveil Océanien largement opérée au détriment de Calédonie Ensemble.

Les prochaines municipales paraissent donc très ouvertes. Pourtant, quelques points saillants méritent d’être rappelés pour se forger une opinion.

UNE POPULATION SANS MAJORITÉ D’APPARTENANCE ETHNIQUE
Au terme du recensement de 2014, la population de Paita (20616 habitants) se répartissait ainsi par appartenance communautaire :

– 4915 européens

– 4143 kanak

– 4218 wallisiens et futuniens

– 2782 « mixtes »

– 4618 autres

En clair, aucune ethnie n’est dominante. Depuis, la population a augmenté de 5000 habitants environ en 5 ans, sans que les équilibres existants n’aient été sensiblement modifiés, en raison du tassement général de la croissance démographique.

L’Eveil Océanien est un parti communautaire. Il ne peut cependant prétendre rassembler la totalité des électeurs d’origine wallisienne et futunienne, une communauté qui, de toute façon, ne représente que 20% de la population municipale.

LISTE « PAITA POUR TOUS » : LES POINTS FORTS ET LES POINTS FAIBLES
La liste emmenée par Willy Gatuhau affiche peu de points faibles. Le maire sortant bénéficie naturellement d’une prime de confiance commune à tous les sortants. Il peut revendiquer un bilan et une expérience de la gestion communale.

La composition de la liste est également très intéressante. Elle reflète la sociologie de la commune : des européens, des métis, des kanak (toutes les tribus sont représentées, et la présence de Marcel Paita ne passe pas inaperçue), des wallisiens et des futuniens. Une liste complète et solide, qui bénéficie du soutien du grand Chef Paita, des partis de l’Avenir en Confiance à l’exception du Rassemblement.  Et même d’Eric Gay, personnalité du Rassemblement visiblement en rupture avec son parti.

Autre avantage pour Willy Gatuhau : il n’est pas le représentant d’une communauté. Ce Calédonien, d’origine wallisienne, a fait toute ses classes au service de la commune, et s’était totalement intégré dans l’équipe pluriraciale d’Harold Martin. Il a su, au travers d’un parcours atypique et sans faute, gagner l’estime de toutes les communautés.

C’est pourtant lui qui peut présenter un point faible en raison de ses démêlées judiciaires. Mais les électeurs, essentiellement intéressés par la vie de leur commune, ne lui en tiendront probablement pas rigueur. Pour beaucoup, « toutes ethnies confondues » comme le veut la formule, « Willy », avec son caractère bien trempé, mais également une naturelle bienveillance, fait partie de la famille communale.

LISTE ÉVEIL OCÉANIEN : LES POINTS FORTS ET LES POINTS FAIBLES
La liste de l’Eveil Océanien, emmenée par de président de ce nouveau parti, possède des points forts qui sont, en même temps, ses points faibles.

Parti communautaire, il propose d’abord aux ressortissants calédoniens d’origine wallisienne et futunienne, une sorte de reconnaissance et de renouveau tels que l’avait fait l’Union Océanienne en 1989. Il a bénéficié de nombreuses voix de cette communauté à Paita. Mais cette caractéristique peut générer des réticences de la part des autres communautés, pour qui cette forte empreinte identitaire peut apparaître hégémonique.

L’aspect communautaire est, de surcroît,  électoralement limitant, même si, à l’évidence, la liste tentera de s’ouvrir à d’autres communautés.

Dernier point : la dite communauté est divisée. Car si en effet, Willy Gatuhau ne se revendique pas représentant communautaire, il peut tout de même se targuer d’être le premier maire calédonien d’origine wallisienne, ce qui, historiquement est d’autant plus fort qu’il est soutenu -et accepté- par un groupe social pluriracial.

LES AUTRES LISTES risquent de faire tapisserie dans ce duel au sommet. Compte tenu de la nature du scrutin, il leur faudra dépasser les 10% des suffrages exprimés, ce qui n’est pas rien …

Au total, impossible de pronostiquer un passage de la liste Paita pour Tous au premier Tour. En jeu, la participation, les scores, les choix de dernière minute. Mais on voit mal comment la victoire pourrait lui échapper.

INSCRIPTION AUTOMATIQUE DES NON-KANAK POUR LE RÉFÉRENDUM : L'ASSEMBLÉE NATIONALE DIT "NON"

La majorité présidentielle, le Modem et la France Insoumise ont refusé que les électeurs calédoniens participant au référendum de septembre soient traités de manière égale. L’inscription automatique des citoyens calédoniens « coutumiers », et la non-inscription automatique des autres citoyens calédoniens ont été confirmées par la majorité Larem d’Emmanuel Macron, appuyée, en la circonstance, par le Modem de Bayrou et l’ultra-gauche de Mélenchon.

Ce vote, qui semble logique pour la majorité présidentielle, entérine la position du Premier ministre lors du dernier Comité des Signataires.

La Nouvelle-Calédonie confirme ainsi son rang de collectivité sortant des règles admises dans tous les pays se réclamant de la démocratie.

Ainsi, en premier lieu, de manière unique dans la République, la population de nationalité française est divisée en deux catégories : les citoyens de Nouvelle-Calédonie, admis à voter ou à être candidats aux scrutins locaux, et les autres citoyens français exclus définitivement de ces scrutins. Une discrimination plus radicale que l’accès à une nationalité !

En second lieu, à l’intérieur de la « communauté » des citoyens de Nouvelle-Calédonie, une seconde discrimination est instituée.

Il existe, d’un côté, les citoyens locaux dont l’inscription sur les listes électorales référendaires est automatique, et de l’autre, les citoyens calédoniens dont l’inscription sur les listes électorales référendaires doit être demandée, justifiée, et soumise à une sorte de jury d’agrément.

A quand, dans cette étrange Nouvelle-Calédonie, le retrait du droit de vote aux myopes gauchers ?

MUNICIPALES À LA FOA : GROSSE ENTRÉE EN CAMPAGNE DE L'AEC

Près de 200 personnes pour la présentation de la liste AEC conduite par Lionnel Brinon

La Foa, petite commune de brousse, sera une « mère de toutes les batailles » aux élections municipales de mars prochain. Pas la seule, certes, mais un scrutin hautement symbolique pour Calédonie Ensemble parce que Philippe Gomes y a réellement commencé son parcours politique il y a 3 décennies.

Comme lors des élections provinciales de 2019, c’est essentiellement l’Avenir en Confiance qui va porter le fer contre la représentante de CE, le parti qui, succédant au RPCR, y assure le magistère sans discontinuer depuis plus de 30 ans. Lionnel Brinon, enfant de la région conduit la liste « La Foa pour tous », une liste composée de candidats (es) issus des milieux urbain, ruraux et tribaux de la commune.

Lionnel Brinon, conseiller municipal sortant, titulaire d’un master d’aménagement du territoire et ingénieur, aura face à lui Marielle Keletaona, candidate CE à la succession de Corinne Voisin. Générations NC y a dépêché Nicolas Metdzdorf, élu proche de Philippe Gomes en rupture de Calédonie Ensemble après les dernières provinciales

Hier soir, près de 200 personnes se pressaient au Centre Culturel pour assister à la présentation de la liste, ainsi que du programme avec des temps forts sur la sécurité, l’économie et la valorisation du patrimoine de La Foa. Continuité et novations -création d’une police municipale, installation de caméras de surveillance, projet d’alimentation en eau potable de la presqu’île Lebris par une unité de dessalement- ont été présentées à un public conquis et enthousiaste. La campagne de La Foa est lancée.

INSCRIPTION AUTOMATIQUE POUR LE RÉFÉRENDUM : LES LOYALISTES A NOUVEAU LÉSÉS

Lors du dernier Comité des Signataires, la décision contestée avait été prise d’inscrire automatiquement les nouveaux électeurs de statut coutumier sur les listes électorales du prochain référendum, mais pas les électeurs de droit commun. Une façon de favoriser les indépendantistes au détriment des loyalistes.

Ce nouveau coup porté au corps électoral, après le scandaleux « gel » de 2007, avait suscité de nombreux débats au sein de la population, et avait été ressenti de manière très négative par les loyalistes.

L’UDI, formation au sein de laquelle siègent Philippe Gomès et Philippe Dunoyer, a récemment déposé une proposition de loi organique visant à inscrire automatiquement, dans ce cadre, les électeurs de droit commun.

Comme le veut la règle, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a été consulté.

Pour cette question sensible, la première assemblée représentative du territoire n’a pas été réunie ! Deux possibilités existaient pourtant : une séance convoquée en urgence par le président, ou une demande formelle du représentant de l’Etat en Calédonie.

Ni l’une, ni l’autre n’ont été actionnées.

Les institutions avaient déjà « fait le coup » lors de la procédure visant au gel du corps électoral. La majorité politique d’alors s’était opposée à l’expression du « parlement » local sur la mesure qui s’est révélée scandaleuse du point de vue démocratique.

Les loyalistes en vivent un genre de remake.

3 partis loyalistes ont donc appuyé la proposition de loi en s’adressant directement au président de l’Assemblée nationale : l’Avenir en Confiance, Générations NC et l’Union Océanienne qui avait porté Roch Wamytan à la présidence du Congrès.

Quelles sont ainsi les chances d’aboutir pour la mesure législative proposée ? La majorité macronienne à l’Assemblée nationale ne peut guère déjuger son Premier ministre qui avait présidé aux décisions du dernier Comité des Signataires. Surtout en l’absence de l’avis officiel de l’Assemblée calédonienne.

De tels errements relèvent d’un fonctionnement institutionnel anormal, compte tenu des enjeux en cause. Et surtout, par le maintien  d’une discrimination électorale au sein même des citoyens calédoniens, cela confirme la mise à mort de l’illusoire slogan du « destin commun ». 

CALÉDONIE ENSEMBLE : LE TOURNANT DES MUNICIPALES

Calédonie Ensemble était réunie en comité directeur samedi. La formation veut tourner la page des provinciales, et préparer les élections municipales en se présentant comme « la seule alternative crédible » face à l’Avenir en Confiance dans les communes de Nouméa, Mont Dore et Paita. Une séquence difficile pour un parti encore tout puissant il y a quelques mois, mais qui a vu fondre ses effectifs dans les provinces Nord et Sud ainsi qu’au Congrès après quelques revers cuisants.

Incontestablement affaibli, le parti de Philippe Gomes ne peut se permettre de reculer encore aux municipales. Une ou plusieurs défaites supplémentaires le marginaliseraient davantage, du moins dans son implantation politique.

AFFAIBLI SUR LE TERRAIN, MAIS DIFFICILEMENT CONTOURNABLE AU CONGRÈS ET AU GOUVERNEMENT
C’est d’ailleurs un paradoxe. Car au Congrès comme au gouvernement, les quelques voix dont il dispose encore peuvent peser lourd lorsqu’une majorité est requise pour faire voter un texte.

En revanche, sur le terrain, les effectifs se sont dilués. Conserver les 4 communes dont le maire est affilié au parti, permettrait à ce dernier d’annoncer que l’hémorragie est maîtrisée, et que Calédonie Ensemble est toujours vivant.

LA FOA, COMMUNE EMBLÉMATIQUE POUR PHILIPPE GOMES
Au mois de mars, c’est le résultat de La Foa qui sera emblématique, à défaut d’être significatif. La Foa, c’est la commune qui fut le tremplin de la carrière de Philippe Gomes. Par la grâce de Jacques Lafleur. Il faut rendre cette justice au patron de Calédonie Ensemble : il a élevé cette petite commune endormie au rang d’une commune importante de Brousse, à l’avant garde de bien des choses, comme la traversée du village, ou cet exceptionnel Festival du Cinéma de La Foa.

En mars prochain, cependant, la populaire Corinne Voisin ne se représentera pas. Marielle Keletaona-Cheval conduira la liste. Bien implantée dans les milieux associatifs, expérimentée dans la gestion municipale, celle-ci aura cependant fort à faire.

Face à elle, Lionel Brinon portera les couleurs de l’Avenir en Confiance, avec en arrière-plan, le soutien de la province Sud. La dynamique de ce parti qui est en train de faire bouger les lignes -positivement- en matière économique et sociale, va jouer en faveur de l’élu municipal sortant. D’autant qu’au plan politique, l’Avenir en Confiance a pris l’initiative fort appréciée dans les milieux loyalistes, de constituer un Front Loyaliste ouvert à tous pour le prochain référendum.

Nicolas Metzdorf y a d’ailleurs immédiatement répondu. Pas sûr cependant que cette étiquette occulte, à La Foa, celle d’un « parachuté » qui portait encore au nues … Philippe Gomes. « Il n’y a que lui pour nous sortir par le haut« , déclarait-il encore il y a à peine 7 mois. Les cendres sont encore chaudes …

Mais à coup sûr, Calédonie Ensemble est divisée dans la commune. Et son sort y est incertain.

CHACUN COMPTERA SES VOIX
Reste les trois autres. À Moindou, « Jo » Peyronnet fait beaucoup pour ses administrés qu’il connaît bien. Ils devraient lui en savoir gré. À Farino comme à Sarraméa, rien n’est écrit. On connaîtra le résultat comme pour les autres communes : le soir du vote.

Dans les communes de l’agglo, l’opération permettra de compter les voix. Car on ne voit pas comment à Nouméa, Paita et Mont Dore, les Maires sortants pourraient être mis en danger. Peut être par un regroupement au second tour.

En tout cas, les municipales seront une occasion, pour les uns comme pour les autres, de passer ses troupes politiques en revue.  Il peut y avoir quelques déceptions, avec les élections -ou l’élection- sénatoriales dans le collimateur …

RÉFÉRENDUM : L’AVENIR EN CONFIANCE VEUT RASSEMBLER TOUS LES LOYALISTES POUR GAGNER LE PLUS LARGEMENT POSSIBLE

Mardi soir, devant un amphi archi comble à l’Université de la Nouvelle-Calédonie, les leaders de l’Avenir en Confiance ont annoncé une initiative visant le second référendum d’autodétermination : le regroupement de toutes les forces loyalistes pour obtenir le résultat le plus large possible en faveur du maintien de la Calédonie dans la France.

Distinct des programmes politiques de chacun des partis concernés, situé en dehors du contexte des élections municipales prochaines, cet appel fait suite à un constat au premier référendum : la division du camp loyaliste face à l’union des indépendantistes avec pour corollaire une campagne électorale peu performante.

Pour l’Avenir en Confiance, il est vital, d’abord, de gagner ce référendum, et ensuite, d’obtenir pour le « Non » à l’indépendance, un score en croissance.

Pas d’exclusive dans cette initiative. Tous les partis seront invités au regroupement, de Générations NC à Calédonie Ensemble en passant par le Rassemblement National et Tous Calédoniens.