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MAJORITÉ CE-INDÉPENDANTISTES AU GOUVERNEMENT POUR LE TEXTE SUR LES PRIX

Le texte proposé par les partenaires sociaux rejeté, le gouvernement a adopté son propre texte à la majorité : Calédonie Ensemble et Indépendantistes (6voix) contre Républicains Calédoniens et Rassemblement (3 voix).

Le Président du gouvernement a déclaré que son texte permettra une baisse des prix en particulier dans alimentaire, les produits d’entretien et les pièces détachées automobiles.

Les partenaires sociaux expriment leur mécontentement et jugent que ce texte va avoir des conséquences sur l’emploi.

Réactions politiques : Les Républicains Calédoniens estiment que la mesure sera destructrice d’emplois et prône la baisse des prix par la concurrence, le MPC de Gil Brial stigmatise le « mépris pour le dialogue social » et estime que la décision du gouvernement va entraîner « la mise à mort de nombreuses petites entreprises calédoniennes« .

POLITIQUE : MARTINE CORNAILLE PEUT-ELLE RÉUSSIR ?

La bien connue présidente d’Ensemble Pour la Planète, et actuelle membre du CESE, a décidé de se lancer en politique. Elle estime, en effet, que pour faire avancer plus efficacement la cause qu’elle défend, il vaut mieux être aux commandes.

C’est donc les prochaines provinciales qui seront visées, au cours desquelles, elle espère donc être élue.

DIRIGEANTS D’ORGANISMES OU D’ASSOCIATIONS
Elle rejoint ainsi les nombreux dirigeants d’organismes ou d’associations dont la notoriété a permis de tenter, et parfois de réussir, un parcours politique.

Il y a eu des leaders syndicats, comme Jean Pierre Aifa, Stanley Camerlynck, et plus récemment, Sonia Backes. Dans le passé, René Orezzoli, candidat aux législatives, avait été Secrétaire Général de la FOL, ou Claude Fournier, Président du CTOS.

Martine Cornaille est issue du milieu de défense de l’écologie. Curieusement, son annonce a presque coïncidé avec celle de la démission de Nicolas Hulot du gouvernement. Une personnalité issue de la société civile, et qui est remplacée par une autre personnalité, davantage rompue à la politique.

FRANCHIR « LA BARRE » AUX PROVINCIALES
Pour être élue en Province sud, sa liste devra passer le seuil d’environ 5 500 voix. Une belle performance, si cela était le cas. Sa future candidature alimentera le débat sur une écologie « transversale », qui doit être partagée par l’ensemble des citoyens, long et patient processus décrit par Cohn Bendit, face à une écologie représentée par un parti politique.

Quelle sont ses chances ? Il est bien trop tôt pour le dire. Sa candidature sera sans doute intégrée aux sondages à venir sur les intentions de vote.

A quel parti prendra-t-elle des voix ? Pour une part, aux partis dirigeants, implicitement accusés de ne pas faire avancer l’écologie, parmi les indécis ou les abstentionnistes habituels.

CULTIVER SON JARDIN
Thierry Cornaille, lui même issu de la société civile, avait tenté de secouer le mammouth de la politique. Il avait même réussi à faire adopter quelques réformes, avant de jeter l’éponge.

Martine Cornaille a décidé « de voir ce que pèse l’écologie en Nouvelle-Calédonie« . L’écologie locale est-elle un engagement politique, ou une préoccupation partagée par la société ?

« Soit nous serons élus, et donc nous aurons une légitimité, plus forte que la légitimité associative puisqu’on voit bien qu’on ne pèse rien. Soit je ne serai pas élue, et à ce moment là, j’aurais toutes les bonnes raisons de rester à cultiver mon jardin », a-t-elle déclaré. Un jardin bio, bien entendu.

REFERENDUM : « NON » ENTRE 69 ET 75%

Le nombre d’électeurs inscrits pour s’exprimer lors du referendum d’autodétermination du 4 novembre prochain s’établit à un peu moins de 175 000 (174 154).

Selon l’Institut Quid Novi (TNS-Kantar), le NON l’emporterait le 4 novembre prochain avec un score situé entre 69 et 75%. Le sondage a été réalisé auprès de 2 677 personnes selon 3 vagues.

La part d’indécis se réduit à 5%, et 6% ne souhaitent pas répondre.

Le résultat le plus surprenant est celui des Iles Loyauté avec 40% contre l’indépendance et 30% pour le OUI. 17% n’ont pas encore fait leur choix.

Pas surprenant non plus, majorité de OUI sur la Côte Est, et majorité de NON sur la Côte Ouest.

Selon cette enquête, 9% des sondés se disent convaincus par l’indépendance, 10% se déclarent indépendantistes mais pas convaincus par le projet de leurs leaders, 36% se disent opposés à l’indépendance  et 36% estiment que la Calédonie n’est pas prête pour l’indépendance.

Le taux estimé de participation est élevé, et rendrait donc le scrutin crédible et légitime : 86% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles iraient voter.

Il s’agit évidemment d’une enquête, et non du résultat du scrutin ! Mais les tendances, au fil des 3 vagues d’interrogations, confirment la stabilité des intentions.

Pour la chaîne Caledonia, et selon un sondage I-Scope, les scores seraient de 63% pour le NON et de 28% pour le OUI.

Pour les partis politiques, il faut évidemment que ces estimations n’altèrent en aucune manière le devoir électoral. La campagne s’oriente donc vers un appel à se rendre aux urnes le 4 novembre prochain.

PRÉSIDENCE D’AIRCALIN : EXIT LE RASSEMBLEMENT

C’était l’une des dernières positions importantes de l’ex-RPCR devenu Rassemblement : Aircalin, compagnie plutôt mal-aimée des Calédoniens, avait été sauvée puis développée par Jacques Lafleur en 1990. C’est le patron du RPCR qui, en 2000, devant la décision d’Air France de se retirer de la gestion de Tontouta, et de l’exploitation de la ligne de Tokyo, avait décidé le développement de la compagnie en long courrier. Objectif prioritaire : assurer le développement touristique du marché japonais, et transporter les Calédoniens aux côtés de Qantas et d’Air New Zealand. Depuis, la présidence avait été assurée par une personnalité proposée par le Rassemblement. Le dernier renouvellement s’est soldé par une prise du pouvoir exécutif de la compagnie par une élue de Calédonie Ensemble. Exeat.

Hors l’appréciation plutôt négative des Calédoniens sur « leur » compagnie, accusée -à tort- de bénéficier d’un monopole, ou de tarifs prohibitifs en hautes saisons, notamment vers l’Australie, il était admis par les partenaires ayant succédé au duo des Accords, le FLNKS et le RPCR, que la gouvernance de la compagnie, marquée par un apolitisme avéré, était assurée par le Rassemblement.

Le remplacement de Bernard Deladrière, frappé d’incompatibilité en raison de ses fonctions politiques, par Martine Lagneau, Vice-Président Calédonie Ensemble de la Province Sud, Présidente du Gie Calédonie Tourisme de la Province sud, marque deux évolutions : la première est l’exéat du RPCR de cette fonction, la seconde représente un renforcement de la position dominante de la Province sud en matière de tourisme.

Hégémonie ? Calédonie Ensemble a beau jeu de mettre en relief cette solution permettant à Aircalin d’affronter des échéances incontournables et essentielles pour la compagnie en septembre-octobre, la défiscalisation de sa flotte et les dossiers financiers et techniques associés, alors même que … le Rassemblement n’avait pas de candidat pour succéder au président sortant !

TGC : AFFRONTEMENT ENTRE LE GOUVERNEMENT ET L’INTERSYNDICALE-MEDEF – L’Autorité de la Concurrence critique un amendement

Après le vote sur la mise en place de la TGC au 1er octobre, l’intersyndicale et le Medef ont salué la décision des élus, mais dans le même temps, ont violemment critiqué « la réaction du gouvernement  lorsque les élus lui ont demandé d’étendre notre accord de réglementation des prix ».

« Si le Président du gouvernement veut prendre le risque de privilégier sa propre réglementation, écrivent de concert l’intersyndicale et le Medef, il en assumera la pleine et entière responsabilité et nous ne manquerons pas de faire savoir les impacts négatifs subis aussi souvent et longtemps qu’ils se produiront. »

Visiblement, le torchon commence sérieusement à brûler entre le Président de l’Exécutif et les partenaires sociaux signataires du communiqué.

En jeu, selon eux, l’équilibre financier des entreprises, et par voie de conséquence, l’emploi des salariés.

A un peu plus d’un mois de l’instauration de cette véritable révolution fiscale en Nouvelle-Calédonie, mais également à moins d’un an des élections provinciales, les nouvelles dispositions ne manquent pas, et ne manqueront pas de faire des remous.

D’autant que l’Autorité de la Concurrence a déploré le vote à la hâte d’un amendement qu’elle estime préjudiciable à une saine concurrence, et donc au consommateur calédonien …

< L’Autorité de la concurrence déplore l’adoption – sans débat – d’un amendement à la loi du pays portant aménagement de la TGC  votée hier, interdisant à un acheteur professionnel de déduire la TGC applicable sur un produit importé incorporé à une prestation de service (travaux immobiliers ou service de restauration…), sur un bien mobilier d’investissement (matériel de bureau…) ou sur un produit utilisé comme matière première dans le cadre d’un processus de transformation alors qu’il garde la possibilité de déduire la TGC sur un produit local concurrent (relations B to B).

L’Autorité considère que les effets de cette mesure sur le jeu de la concurrence et sur les prix au détail auraient mérité d’être évalués par l’Autorité, dans le cadre d’une consultation de l’ensemble des entreprises de Nouvelle-Calédonie et des organisations de défense des consommateurs, pour apprécier sa proportionnalité et/ou l’existence d’autres mesures moins attentatoires à la concurrence pour parvenir à l’objectif d’intérêt général poursuivi, à savoir le maintien de la compétitivité des entreprises locales de transformation.

L’Autorité relève qu’un arrêté devra préciser la liste des produits concernés par cette mesure. Elle invite d’ores et déjà le gouvernement à circonscrire strictement les produits concernés et les motifs justifiant l’application de cette mesure dérogatoire à la libre concurrence. Elle considère notamment que cette liste ne devrait pas inclure les produits locaux bénéficiant déjà de mesures de protection de marché (STOP/QTOP ou TSPA/TCPPL) pour lesquels la concurrence des produits importés est limitée. L’Autorité ne manquera pas de rendre un avis sur ce projet d’arrêté. 23 août 2018>

POURQUOI LES INDÉPENDANTISTES NE RENONCERONT PAS AUX 3 REFERENDUM

Il se développe une incantation, -une de plus-, selon laquelle, en cas de non massif à l’indépendance au prochain referendum, les indépendantistes pourraient -ou devraient !- renoncer aux 2e et 3e referendum prévus dans l’Accord de Nouméa. C’est méconnaître l’esprit de la génération actuelle indépendantiste, tout en oubliant que c’est justement leurs représentants qui ont exigé les 3 séquences référendaires !

POURQUOI TJIBAOU A-T-IL ÉTÉ ASSASSINÉ ?
Les bases d’une intransigeance obligée ont été tracées par le double assassinat de Jean Marie Tjibaou et de Yeiwene Yeiwene à Ouvéa, ce funeste mois de mai 1989.

Pour quelles raisons, ces deux leaders charismatiques ont-ils été tués par un indépendantiste ?

Parce que la signature d’un accord avec les loyalistes, fut-ce celui de Matignon, qui n’établissait en rien la certitude d’une accession à l’indépendance de « Kanaky », était pire qu’un renoncement : une trahison. C’est du moins une des principales motivations de l’acte tragique perpétré alors. Un acte, depuis, marqué par la réconciliation des familles.

RENONCEMENT ET TRAHISON
Il n’empêche. Comment, dans ce contexte qui demeure présent pour la génération des leaders indépendantistes actuels, imaginer que ces derniers fouleront au pied les acquis de leurs signataires de 1988 et de 1998 (Accords de Matignon et Accord de Nouméa – Ndlr) ?

Pour eux, la justification de leur signature -et de leur non-trahison-, c’est justement les 3 referendum prévus.

Certes, en renonçant à une indépendance imposée à la France dans un acte unilatéral, et en acceptant un referendum ouvert à d’autres électeurs que les kanak, les indépendantistes avaient déjà ouvert une brèche dans leur revendication d’indépendance « kanak et socialiste ». Mais les scrutins d’autodétermination inscrits dans la loi organique de 1999 demeurent la porte ouverte, la perspective, l’espoir d’une indépendance, pour les indépendantistes, s’entend.

D’ailleurs, hors la voie violente à laquelle ils ont renoncée en 1988, quelle autre mode d’accession à l’indépendance leur reste-t-il ? Aucun.

QUI PRENDRA LE RISQUE ?
Dans ces conditions, pour l’ensemble des indépendantistes, en cas d’échec probable pour eux en novembre prochain, renoncer aux 2 autres referendum prévus, c’est … renoncer à l’indépendance.

Quel leader de la génération actuelle s’exposera à ce risque … ?

C’est pour cette raison que les loyalistes prennent, dans ce domaine, leur désirs pour des réalités. Jacques Lafleur avait probablement perçu cet obstacle insurmontable, et avait tenté, une nouvelle fois, de le contourner avec « son » pacte cinquantenaire.

Ses successeurs semblent moins bien connaître la mentalité des indépendantistes …

ÉLECTION DE YANNO : QUI RACONTE QUOI ?

L’élection de Gael Yanno constitue-t-elle une manoeuvre pour donner à Calédonie Ensemble tous les pouvoirs, ou bien l’application d’une décision antérieurement prise au sein de la défunte « plate-forme » ? La politique présente, de plus en plus, des aspects de poker menteur qui laissent bon nombre d’électeurs perplexes. Lors des récentes élections législatives, ces derniers se sont abstenus massivement, marquant à la fois leur distance et leur défiance. Dans l’élection de Gael Yanno, qui raconte quoi ?

 » … Nous avions pris un engagement en signant la plate-forme le 15 juin dernier, pour la stabilité des institutions et pour privilégier les dialogue, d’opérer cette année une alternance au Congrès en faveur de Gael Yanno. Donc, nous avons respecté, stricto sensu, cet engagement … » a déclaré Philippe Michel au micro de RRB.

Pour Gael Yanno, « … il y a eu des discussions entre le Rassemblement, le MPC, Tous Calédoniens et Calédonie Ensemble pour que la présidence, dans le cadre d’une stabilité institutionnelle, revienne au MPC, et donc ça apparaît logique que ce soit le cas ... »

Le hic, c’est que du côté du MPC, le parti que présidait Gael Yanno lors de la constitution de la « plate-forme », le discours est tout autre. Le nouveau Président du mouvement, Gil Brial, a apporté le soutien de son parti … à Thierry Santa ! Dans un communiqué, le MPC dénonce « la double trahison de son ancien Président« , évoque « son intérêt personnel« , et considère qu’il s’est « lui-même exclu du mouvement« .

Au fond, il apparaît bien que le problème se résume à une question de personne : il semble, en effet, que l’engagement dont il est question était une promesse faite au MPC, et non à une personne, en l’occurence, son Président !

Autre question qui pourrait se poser à l’occasion de ce débat confus : toutes les personnes concernées étaient-elles au courant ce ce fameux « deal » ?

SANS SURPRISE YANNO ÉLU PRÉSIDENT DU CONGRÈS

Ainsi que NoumeaPost l’avait supposé, Gael Yanno, soutenu par Calédonie Ensemble, a finalement recueilli l’ensemble des voix loyalistes regroupées pour éviter qu’une candidat indépendantiste accède au « perchoir ».

Aux deux premiers tours, le groupe Rassemblement-MPC (ce dernier étant le mouvement auquel théoriquement appartient Gael Yanno) avait présenté la candidature du président sortant, Thierry Santa.

Gael Yanno a obtenu les voix de Calédonie Ensemble et la sienne, Thierry Santa, celles de son groupe, et les Républicains Calédoniens n’ont pas présenté de candidat et se sont abstenus.

C’est donc au troisième tour que l’ex-Président du MPC a bénéficié des voix loyalistes.

5 ABSENTS AU GOUVERNEMENT : TEXTES IMPORTANTS BLOQUÉS !

Incroyable ! Sur des textes aussi importants que ceux de la TGC, la moitié du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie était absente. Dans ces conditions, le porte parole reproche à Christopher Gyges … de ne pas voter des mesures que l’intéressé désapprouve ! Aux antipodes, on marche sur la tête … Gymnastique.

CALÉDONIE ENSEMBLE AVEC LE RASSEMBLEMENT
La TGC, qui devait être votée au 1er juillet, et qui devait être reportée au 1er janvier, doit finalement être votée au mois d’octobre. Mais le nouvel impôt n’est pas seul : il est accompagné du fameux texte sur l’encadrement des marges des entreprises. Cette méthode est contestée de manière permanente par les Républicains Calédoniens, et défendue par Calédonie Ensemble. La dernière mouture a également été approuvée par les deux représentants du Rassemblement Les Républicains.

L’AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE DÉFAVORABLE
Fait nouveau : l’autorité indépendante de la concurrence n’est pas non plus favorable à cette mesure. Elle considère que dans une économie moderne, elle est inopportune et inefficace. Pire, ses conséquences sont de nature à faire augmenter certains prix.

DÉSOLATION
Dans ce contexte pour le moins bizarre, le porte-parole du gouvernement fait reproche de son vote à l’un de ses collègues, estimant que cela empêche la transmission des textes au Congrès.

Le « ministre » des Républicains Calédoniens a beau jeu de faire défiler ses arguments : d’abord, ce sont les absents qui sont responsables de cette situation, et non ceux qui font l’effort de sièger, ensuite, son vote est conforme à ses convictions et personne ne peut le lui reprocher, et enfin, il tient compte de la position de la toute jeune Autorité de la Concurrence calédonienne.

Le monde économique, quant à lui, doit observer ce fonctionnement avec désolation. Pour autant, d’ailleurs, le Medef était opposé au texte voté par Calédonie Ensemble et le Rassemblement.

YANNO REMPLACÉ PAR BRIAL AU MPC, mais tout n’est pas joué pour l’ancien député

La pièce semblait écrite depuis plusieurs jours et l’avenir de Gael Yanno scellé à la tête du mouvement qu’il avait créée après avoir provoqué une scission au sein du Rassemblement en début 2013. L’ancien député faisait de plus en plus cavalier seul en dépit des orientations officielles de son propre parti, adoptant notamment une ligne proche de Philippe Gomes au fameux G10. Epilogue et suite possible.

ÉLU AU PARLEMENT PUIS BATTU PAR SONIA LAGARDE
Gael Yanno a connu les sommets, et semble plonger vers les déconvenues politiques. Après avoir été préféré à Pierre Maresca aux législatives de 2007 avec le soutien de Pierre Frogier, il était devenu député de la République.

Au sein du Conseil municipal de Nouméa, alors premier adjoint, il avait, sur la fin de son mandat, provoqué une scission de la majorité municipale pour évincer le maire d’alors, Jean Lèques.

Aux législatives de 2012, il avait été battu par Sonia Lagarde, probablement victime de la cabale montée contre « les deux drapeaux ».

MPC, UCF ET EXPLOSION
Très amer après cette défaite, il avait milité au Rassemblement pour l’éviction de Pierre Frogier alors que ce dernier l’avait désigné premier Vice Président du mouvement et porte-parole. Début 2013, la rupture était consommée avec la création du Mouvement Populaire Calédonien, dont il avait pris la tête.

Dans la perspective des communales, il avait opéré un regroupement, notamment avec le RPC d’Isabelle Lafleur. Cependant, aux élections municipales de 2014, il avait subi un nouvel échec cuisant, battu à nouveau par … Sonia Lagarde.

Pour les provinciales qui ont suivi, le parti s’est étoffé avec la création de l’UCF dont la liste, menée par Sonia Backès, a réalisé un score légèrement inférieur à celui du regroupement Rassemblement/Didier Leroux/Harold Martin/Pascal Vittori.

Depuis l’UCF a explosé, et le MPC s’est retrouvé seul. Les Républicains Calédoniens sont passés par là, entraînant avec eux les autres composantes de l’UCF ainsi que les anciens partenaires du Rassemblement à l’exception de Tous Calédoniens.

PRÉSIDENCE DE L’OPT ET G10
Dans ce paysage politique compliqué, où la « plate-forme », interlude politique, lui a permis de glaner la présidence de l’OPT, Gael Yanno a joué une carte assimilée à une proximité de Philippe Gomès, demeurant, contre l’avis de son parti, au G10, puis au groupe « Sur le chemin de l’avenir ».

REBOND À LA PRÉSIDENCE DU CONGRÈS ?
Aujourd’hui, il a rejoint le clan des présidents de mouvements politiques écartés de leur fonction, mais demeure au sein du parti.

Le dernier acte se jouera peut être pour l’élection du Président du Congrès le 30 juillet prochain où, selon toute vraisemblance, il fera acte de candidature et sera soutenu par Calédonie Ensemble.

Dans un parcours où les hauts succèdent aux bas, et inversement, cet ultime rebondissement devrait lui permettre de retrouver une fonction importante à la présidence du Congrès. Et le cas échéant, de faire cavalier seul aux prochaines élections provinciales …