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DIMANCHE PROCHAIN : CONTINUITÉ OU CHANGEMENT

A chaque élection, les leaders politiques présentent l’échéance comme déterminante pour l’avenir du territoire. Et ce n’est pas faux ! La Nouvelle-Calédonie est considérée par les spécialistes du droit constitutionnel, les experts de la décentralisation, comme un véritable laboratoire. Dotée de tous les outils de gestion interne, d’un véritable Parlement, l’ancienne colonie française est pratiquement seule maîtresse de son destin. Dans tous les domaines. Dimanche, c’est vrai, elle va tourner une page décisive pour son futur immédiat.

COMME UN BILLARD À TROIS BANDES
Il s’agira d’abord du quotidien de ses habitants. Congrès et gouvernement sont investis des compétences en matière économique, fiscale et sociale. Les provinces sont chargées de mettre en pratique le développement dans ces différentes matières, et le scrutin de dimanche va désigner, directement et indirectement, les responsables des provinces, du Congrès et du gouvernement. Une élection-billard à trois bandes !

CONTINUITÉ OU CHANGEMENT
Dans ces domaines, les électeurs auront, en réalité, à choisir entre la continuité et le changement. Soit ils sont satisfaits de la politique économique, sociale et culturelle menée pendant la mandature qui s’achève, soit ils aspirent à un changement. Au vrai, le choix n’est guère plus compliqué que cela.

PRÉPARATION DU REFERENDUM ET DE « L’APRÈS »
Second referendum ou pas ? Calédonie Ensemble prône un referendum « partagé » qui abolirait les deux autres referendum prévus par l’Accord de Nouméa. Les indépendantistes veulent l’application de tout l’Accord, c’est à dire le second referendum, puis le troisième s’il est infructueux pour eux. Pour l’Avenir en Confiance, le choix est l’application stricte de l’Accord de Nouméa, et surtout, le déclenchement rapide des second et troisième scrutins référendaires « pour sortir de l’incertitude ».

Ce sont les élus et les partis issus de urnes, dimanche prochain, qui seront chargé de préparer ces échéances.

En le cas échéant, de discuter du statut de la Nouvelle-Calédonie après le troisième referendum si l’indépendance est refusée.

PARTICIPATION OU NON ?
Les enjeux étant clairs, l’inconnue demeure la volonté d’implication des électeurs dans le choix de leur futur immédiat et à long terme. Participeront-ils nombreux ou non au scrutin de dimanche ?

Ne pas le faire serait un faute. D’abord, lorsqu’un citoyen a le privilège de jouir du suffrage universel, version ultime de la démocratie, il ne doit pas l’insulter. Ce droit est le fruit de luttes, souvent sanglantes. La dernière avancée démocratique date à peine de quelques décennies, pour la Nouvelle-Calédonie, où tous les habitants ont accédé au droit de vote en 1958.

Ensuite, lorsque l’on a, entre ses mains, les conditions de son quotidien immédiat, et de son futur plus lointain, il fait être sot pour s’en désintéresser.

Que la Calédonie aille bien ou qu’elle sombre, après les élections du 12 mai, les abstentionnistes n’auront qu’un droit : celui de se taire.