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LE CHAMPION DU MONDE DE LA SOCIÉTÉ NUMÉRIQUE EN CALÉDONIE

L’Estonie a créé Skype. Combien de Calédoniens le savaient ? Ce petit pays de 1,3 millions d’habitants est devenu le champion du monde de l’internet. Il compte 4 « licornes », c’est à dire d’entreprises dans les nouvelles technologies valant chacune plus de … 120 milliards de francs CFP ! Un exemple pour la Calédonie ? Hum … Il y a encore du chemin à faire ! Siret Shutting, directrice marketing et communication de Cybernetica, experte de la stratégie numérique, de la cybersécurité et de l’e-Gouvernement, a fait le déplacement à Nouméa à l’invitation de la CCI. Une initiative à saluer, et effectivement, un exemple inspirant.

Tout a commencé avec Skype, dont l’immense succès a été le catalyseur du développement estonien. Fondée en 2003 et rachetée il y a huit ans par Microsoft, l’entreprise n’a plus rien d’une start-up, mais elle a démontré une chose : que ce petit pays de la Baltique pouvait devenir un champion de l’exportation.

Ce qui n’était pas une évidence. Lorsqu’elle retrouve son indépendance, il y a vingt-huit ans, l’Estonie est un pays en ruine. Possédant peu de richesses et ressources naturelles, le pays avait été ravagé par des décennies de répression, de déportation et de planification économique sous l’ère soviétique. C’est en outre un petit pays comptant seulement 1,3 million d’habitants.

Champion du monde
Dès le départ, le premier gouvernement estonien a tout misé sur le numérique. Alors qu’Internet n’en était encore qu’à ses débuts, l’État a investi toutes ses ressources dans la construction des infrastructures numériques. Internet devait être présent partout. Progressivement, les services publics et toutes les communications avec l’administration ont migré vers le Net. Déclaration d’impôts, enregistrement dans le système de santé, signalement de changement d’adresse, aujourd’hui, tout cela se fait en quelques clics. L’Estonie a gagné son pari : elle est aujourd’hui la société la plus numérisée au monde et elle continue à donner naissance à de jeunes entreprises florissantes. Ils sont plus de 5 000 Estoniens à travailler dans leur propre start-up. Le ratio de start-up par tranches de 100 000 habitants est de 42 en Estonie, contre seulement cinq en Allemagne.

De Skype à Transferwise, Bolt ou Playtech
La scène technologique estonienne est bouillonnante. Les nouvelles entreprises poussent comme des champignons à Telliskivi, une ancienne zone industrielle située en plein cœur de la capitale, Tallinn. Beaucoup d’Estoniens veulent créer leur entreprise. Dans le public de la conférence “Latitude 59” consacrée aux start-up, nombreux sont ceux qui disent vouloir être leur propre patron. L’idée qu’il est possible de gagner de l’argent avec le numérique a fait son chemin. Et de fait, les start-up estoniennes se portent particulièrement bien : Transferwise, Bolt [anciennement Taxify], Playtech et autres Pipedrive ont mis au point des applications qui sont utilisées dans le monde entier pour effectuer des virements bancaires ou réserver un taxi. Le pays ne compte pas moins de quatre “licornes”, ces start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars.

Économies de temps, de papier, transparence, simplification des procédures, et de la vie quotidienne tout court : un gain correspondant à 2% du PIB soit près de 20 milliards pour un pays comme la Calédonie !
9 minutes pour créer une société, plus de bulletins et de papiers pour les élections, des villes intelligentes, cette révolution devenue une évolution est, non seulement créatrice d’emplois, mais économise considérablement les fonds publics et privés.

Mais il s’agit, aussi, d’une mentalité, souligne Siret Scutting. En Estonie, les élèves de maternelle apprennent … la programmation informatique !

Christopher Gygès était présent à la réunion. Fan de simplification et de numérique, il pourrait insuffler une progression numérique inspirée par l’exemple estonien. Une telle orientation s’inscrirait tout à la fois dans la modernisation de la Calédonie et dans la relance économique.