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AIRCAL : SALE TEMPS POUR LE TOURISME À LIFOU ET MARÉ

Il arrive que le pouvoir traditionnel et le monde contemporain aient du mal à s’accorder. Les autorités coutumières de Lifou ont décidé de bloquer les vols Aircal, pour refuser une augmentation de … 350 francs par billet. Maré à suivi. Manque de bol, pour les hôteliers et les acteurs du tourisme : le long week end de l’ascension, et l’invitation des Calédoniens à profiter du tourisme intérieur n’a pu leur profiter. Un manque à gagner de plusieurs dizaines de millions.

Les consommateurs se sont rués sur les hébergements touristiques d’accueil sur la Grande Terre. « Ouvéa a également très bien marché« , a commenté sobrement le PDG d’Aircal.

Hotels, gîtes, loueurs de voitures, restaurants des deux îles ont du, quant à eux, continuer à se serrer la ceinture.

Il leur restera à demander une compensation à la province. Probablement pas aux autorités coutumières. Mais pas de problème : la province a des sous. Vous savez, ceux qui proviennent de la fameuse clé de répartition alimentée à 90% par les contribuables de la province Sud. Accompagnée, accessoirement, des subsides de l’Etat colonial.

LE HAUT-COMMISSAIRE , UN HAUT FONCTIONNAIRE QUI ASSUME

Figurant parmi les fonctions administratives les plus prestigieuses de la République, le préfet est le seul haut fonctionnaire dont le rôle est défini par la Constitution. En Nouvelle-Calédonie, à l’issue de l’évolution constante du statut de ce « territoire d’Outre-mer », le préfet, qui fut d’abord militaire et gouverneur, était devenu civil, puis Haut-Commissaire. Au cours des événements de 1984-1988, il fut également « délégué du gouvernement », représentation affichée lors de la nomination d’Edgar Pisani.

La désignation de la fonction est liée aux pouvoirs que l’Etat exerce en Calédonie. Nous sommes en effet le territoire le plus autonome de la République, doté d’un parlement, d’un Exécutif, de provinces largement autonomes, et d’institutions spécifiques telles le Sénat Coutumier.

Le Haut Commissaire, comme tous les préfets, et dans le respect de la séparation des pouvoirs, a la charge des intérêts nationaux, du respect des lois et, par conséquent, du contrôle de légalité. Ce n’est pas rien, en dépit de l’autonomie de la Nouvelle-Calédonie. Surtout en cette période de crise sanitaire où s’invite un sujet d’autorité qui est la hantise des préfets : la sécurité.

LA SÉCURITÉ, LE SUJET SENSIBLE PAR EXCELLENCE POUR LES PRÉFETS
La sécurité, qu’elle soit relative à l’ordre public ou qu’elle soit liée à la santé publique, c’est la matière la plus délicate pour un préfet. Et la plus dangereuse pour sa carrière … Tous les hauts fonctionnaires le savent. Sur ce sujet détonnant, les « dynamitages » peuvent venir de tout côtés : l’opinion publique, la presse, les politiques. Il en est de même pour les élus, dira le bon sens. Sauf que les élus peuvent être sanctionnés aux échéances électorales, par le suffrage, alors que le préfet peut l’être immédiatement par sa hiérarchie. Et que la sanction peut entacher durablement sa carrière.

LA BRONCA PROVOQUÉE PAR LE PRÉFET DE PARIS
Le préfet de Paris le sait. Ses propos, relevés et largement relayés par les journalistes, ont récemment occupé la place publique. Didier Lallement avait affirmé que « « ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, qu’on trouve dans les réanimations, sont ceux qui au début du confinement ne l’ont pas respecté. » « Il y a une corrélation très simple », provoquant immédiatement une bronca -justifiée- des soignants et des oppositions, tout cela commenté dans la presse et sur les plateaux de télévision. On dit du préfet de Paris qu’il sera « remanié » à l’issue de la crise, en même temps que le gouvernement.

LE DUO CALÉDONIEN
Dans les territoires et les régions françaises, le préfet est le haut fonctionnaire de contact avec les élus locaux, qu’ils soient maires, élus du département ou de la région. La Nouvelle-Calédonie n’échappe évidemment pas à la règle. Même s’il n’y a pas droit de vote, le Haut Commissaire siège au gouvernement et sa parole est écoutée. Les municipalités calédoniennes sont des communes d’Etat depuis les fameuses lois Billotte de 1969. Devant un pouvoir politique toujours sourcilleux, le Haut-Commissaire reste dans son rôle, mais son rôle est majeur.

Dans la crise sanitaire qui frappe la Calédonie, et devant les décisions à prendre qui relevaient, pou beaucoup, des compétences croisées de l’Etat et de la Nouvelle-Calédonie, la bonne entente entre le président du gouvernement et le Haut Commissaire, est essentielle. Un constat : même si parfois, des avis divergents peuvent être exprimés en coulisse, ce duo fonctionne plutôt bien. On peut dire que cette situation a rassuré la population de manière constante.

LE REPRÉSENTANT DE LA FRANCE ASSUME
En décidant conjointement avec le gouvernement et son président de faire du territoire la première collectivité française à sortir du confinement, même si le terme de « confinement adapté » a été consacré, le représentant de l’Etat a assumé, lui aussi, un lourde responsabilité. Et l’a confirmé publiquement.

Pouvait-il faire différemment ? Bien entendu, et sans aucun doute. Ce ne serait pas la première fois qu’un préfet serait en désaccord avec des élus locaux. Il aurait pu imposer davantage de restrictions sur la circulation des personnes, pesé sur l’ouverture des enseignements supérieurs, ou, à tout le moins, faire connaître des réticences.

LE LIEN AVEC PARIS ET L’ONCTION DE LA HIÉRARCHIE
Depuis le début de la crise, le Haut Commissaire a défendu les intérêts calédoniens auprès de Paris. En tout particulièrement, pour faire valoir le bénéfice de la solidarité nationale pour les Français que sont les Calédoniens.

Car l’Etat était-il contraint, en cette matière ?

Peut-être un peu, dans la perspective du référendum et la nécessité que le scrutin se déroule dans le calme et la régularité.

Mais au plan institutionnel, il n’était soumis à aucune obligation assimilable à celle qu’il doit assumer à l’égard des départements. La Calédonie, dans le domaine des compétences, dispose de « l’indépendance » fiscale, économique et sociale. L’avis du Haut-Commissaire étant naturellement requis par Paris, il a bien fallu qu’il plaide la cause calédonienne auprès de Paris, et défende les demandes des responsables politiques locaux. Sinon, les résultats auraient été sensiblement différents …

Ceci étant, on peut raisonnablement supposer qu’une fois ces dossiers plaidés, le Haut-Commissaire a, préalablement, obtenu l’accord des services centraux, et notamment du ministère de l’Intérieur en ce qui concerne le déconfinement.

Il n’empêche. Le « j’assume » est courageux tout comme d’ailleurs, bien sûr, la position du gouvernement local l’a été en dépit des réticences affichées du Sénat Coutumier ou encore la prise de position publique de Calédonie Ensemble.

Pour les statisticiens nationaux de la Santé, Calédonie, Wallis et Polynésie ne sont pas collectivités de France

Depuis des semaines, Jerôme Salomon, directeur général de la Santé, rend compte des statistiques du Covid-19. Evoquant « les Outre-mer », il détaille les chiffres concernant la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion et Mayotte. Pas un mot sur la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et la Polynésie française. Accessoirement, de Saint Pierre et Miquelon.

Certes, le Conseil Scientifique, tout comme la ministre Annick Girardin, ne méconnaissent l’Outre-mer dans sa globalité. C’est ainsi que concernant Wallis et Futuna, totalement indemne de Covid-19, les scientifiques préconisent un dispositif spécifique : 
– Un test de dépistage nasal systématique dès l’aéroport pour les voyageurs qui présenteraient des symptômes
– Le maintien de la quatorzaine stricte, sans sortie, pour tous les arrivants, quatorzaine à effectuer à l’hôtel, ou alors à domicile mais en l’absence de proches. 
– Et toujours un test en fin de quatorzaine

En ce qui concerne la Polynésie, les Armées ont récemment annoncé un renforcement du dispositif avec l’arrivée, sur ce territoire, d’un avion porteur lourd et d’une équipe militaire de décontamination, expressions d’une réelle solidarité.

Fort heureusement, également, en matière économique, cette solidarité s’exerce sur tous les océans où la France est présente. Il est vrai que Bruno Lemaire, ministre de l’Economie et des Finances, tout comme Gérard Darmanin, ministre des Comptes Publics, connaissent notre territoire. Bruno Lemaire y était d’ailleurs présent lors de la dernière campagne des primaires de l’ex-UMP. Tous deux, enfin, ont partagé la même sensibilité à l’Outre-mer lorsqu’ils étaient membres de l’ancien parti gaulliste.

Localement, il ne faut aucun doute que le Haut-Commissaire, les autorités militaires et les services de l’Etat font remonter, chacun en ce qui les concerne, toutes les informations auprès des services centraux.

Ce qui est choquant, en revanche, c’est que lorsqu’une photographie est donnée chaque jour de la propagation et des dommages humains causés par le Covid-19 à la communauté nationale, les Français du Pacifique en sont exclus.

En statistiques de santé, et si l’on peut dire, nous ne sommes pas comptabilités parmi les « compatriotes ». Ce n’est évidemment pas la faute de Jérôme Salomon. Mais pour les autres, nous échappons au grand dispositif national puisque nous sommes compétents en matière de santé.

En clair, cela signifie que les décrets du ministre de la Santé, -concernant la chloroquine, par exemple-, ne s’appliquent pas à la Nouvelle-Calédonie.

Fort bien. Mais ces brillants statisticiens devraient étendre leurs connaissances à quelques points de droit : il n’en demeure pas moins, en effet, que la Nouvelle-Calédonie est une collectivité de la République et que leurs habitants sont des « compatriotes » français.

PRÉVENTION : LA CALÉDONIE PAYS DU « NON FAIT »

Dans de trop nombreux domaines, la prévention ou plutôt l’absence de prévention construite et sérieuse fait partie des immenses lacunes locales. Pourtant, les études ne manquent pas. Comme la fameuse étude réalisée par l’Inserm sur les comportements à risques des jeunes Calédoniens, livrée dès 2008 !

Très professionnel et très complet, ce document étudiait dans le détail les comportements addictifs (Tabac, alcool, cannabis), les comportements sexuels à risque (les viols, les « tournantes », les abus sous l’empire de l’alcool), les comportements à risques routiers (en conduite automobile et en conduite en deux roues), et les comportements suicidaires (le double de tendances par apport à la moyenne métropolitaine).

Dix ans plus tard, alors que pratiquement aucune mesure d’envergure n’est sortie de ce remarquable ouvrage, la Nouvelle-Calédonie a lancé une étude … sur les comportements à risque. Dans 10 ans, une troisième ?

Prenons le cas de l’obésité. On sait que plus de la moitié de la population souffre de surpoids. On sait également que l’obésité provoque des maladies telles que le diabète et l’hypertension. En 2015, alors que l’on connaissait depuis déjà de nombreuses années cette situation déplorable et ces conséquences, un spécialiste indiquait un ordre de coût de ces maladies : « Ce qu’on peut estimer de manière relativement précise, c’est le nombre de diabétiques sur le territoire, et d’hypertendus, parce qu’on a les chiffres. Un diabétique, cela coûterait aux alentours de 500.000 par an. Il y a un peu moins de 20.000 diabétiques sur le territoire. Si on ajoute les hypertendus, on a un coût grosso modo de 7 milliards par an, qui s’ajoutent sur les frais de la CAFAT. Par contre, ce qu’on ne sait pas, c’est combien il y a d’obèses parmi ces diabétiques et hypertendus, même si la relation est très étroite entre les deux. »

Tout cela, on le sait depuis des lustres. En réponse, quelques campagnes sur le thème « bouger malin » ! Aucune prévention d’envergure pour un fléau qui l’est, et des messages dont l’efficacité reste à prouver. La preuve : l’obésité est en croissance … Même chose pour le diabète et l’hypertension !

On pourrait parler des accidents de la route, en augmentation constante, de la délinquance qui a fait l’objet d’un Plan Territorial de Lutte et … qui gagne chaque jour du terrain, de l’illettrisme, en progression continue, du tabagisme, de la consommation d’alcool dont les reculs sont toujours attendus.

Dans tous ces domaines où la prévention aurait du se développer massivement et avec constance, la Nouvelle-Calédonie est devenue le  pays du … « Non Fait » !

LIBÉ : UNE TRIBUNE APPELLE À L’INDÉPENDANCE DE LA CALÉDONIE

Une tribune signée par une centaine de personnalités, parmi lesquelles Lilian Thuram, ancien champion du monde de foot et Alban Bensa, anthropologue, a été publiée dans le journal Libération. Elle appelle l’Etat à « honorer » sa parole et à rendre la Nouvelle-Calédonie indépendante.

Les signataires ignorent ainsi sciemment le droit des populations intéressées à choisir démocratiquement leur destin.

Leur interprétation de l’Accord de Nouméa méconnaît ce principe constitutionnel actuellement mis en œuvre par l’Etat l’organisation d’un second referendum d’autodétermination. De surcroît, les signataires passent sous silence le résultat de la première consultation qui s’est soldée par un refus de l’indépendance par une majorité nette d’électeurs.

En incitant l’Etat à passer outre des principes démocratiques pourtant validés avec attention, en Nouvelle-Calédonie, par l’Organisation des Nations Unies, ils agissent en défaveur d’une solution politique paisible pour la Nouvelle-Calédonie.

GB

Tribune. «Lorsque la France prend possession de la Grande Terre, que James Cook avait dénommée  »Nouvelle-Calédonie », le 24 septembre 1853, elle s’approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d’Europe et d’Amérique, elle n’établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l’année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux. […] La colonisation a porté atteinte à la dignité du peuple kanak qu’elle a privé de son identité. […] Il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée, ce qui équivaut pour lui à une reconnaissance de sa souveraineté. […] La décolonisation est le moyen de refonder un lien social durable entre les communautés qui vivent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, en permettant au peuple kanak d’établir avec la France des relations nouvelles correspondant aux réalités de notre temps.» Accord de Nouméa, 5 mai 1998.

Depuis la signature de ce texte il y a vingt ans, la Nouvelle-Calédonie est entrée dans un processus de décolonisation progressif dont le seul terme envisagé est l’accession du pays à l’indépendance et à la pleine souveraineté.

Dans le courant de l’année 2020, le peuple kanak et l’ensemble des citoyens de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie habilités à voter se prononceront sur le transfert des cinq dernières compétences régaliennes (monnaie, justice, police, défense, affaires étrangères), sur l’organisation de la citoyenneté en nationalité et sur l’accès à un statut international de pleine responsabilité. Leur approbation équivaudra à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. Ce choix leur appartient.

Depuis Nainville-les-Roches en 1983, le peuple kanak a décidé d’ouvrir son droit à l’autodétermination aux «victimes de l’histoire», aux descendants de bagnards, de transportés, d’engagés sous contrats venus du Vietnam ou d’Indonésie, aux populations venues de France, de Wallis et de Futuna ou d’autres régions du monde, qui sont installées de longue date et durablement dans le pays et qui y détiennent leurs intérêts moraux et matériels.

Cette invitation à construire un pays souverain et à former une nation multiculturelle, cette main tendue doit être saisie.

Après l’intervention du président de la République à Alger qualifiant le colonialisme de crime contre l’humanité, après la remise de l’acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France par le chef de l’Etat au gouvernement calédonien le 5 mai 2018, il appartient aujourd’hui à l’Etat de prolonger ces actes symboliques hautement appréciables par des actes en conséquence et de saisir cette opportunité de réussir sa première décolonisation en douceur. Il en va de l’honneur et de la grandeur de France, pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Il en va d’un avenir dans la paix et la sérénité en Kanaky-Nouvelle-Calédonie.

La volonté d’indépendance n’est pas une négation de la France mais l’affirmation d’un peuple, d’une nation. Le mouvement indépendantiste entend établir avec la France et le peuple français des relations nouvelles d’égal à égal, de nation souveraine à nation souveraine, dans le respect mutuel et dans le cadre d’un partenariat librement consenti.

L’histoire récente des rapports de la France et de la Nouvelle-Calédonie a été marquée par trop d’indécisions, d’occasions manquées et de paroles non tenues comme l’avait constaté en son temps Michel Rocard. Ces errements passés ont conduit à des violences que plus personne ne souhaite revivre aujourd’hui ni en Kanaky-Nouvelle-Calédonie ni en France.

Les signataires du présent appel, conscients que seule l’indépendance garantira un avenir de paix, de stabilité et de justice sociale, apportent leur soutien à la volonté du peuple kanak rejoint par de nombreux citoyens issus d’autres communautés implantées durablement sur le territoire, d’accéder à leur complète émancipation et en appellent à l’Etat afin qu’il honore sa parole : «L’Etat reconnaît la vocation de la Nouvelle-Calédonie à bénéficier, à la fin de cette période, d’une complète émancipation.»

Signataires : Didier Daeninckx, écrivain ; Jean-Louis Comolli, cinéaste, écrivain ; Joseph Andras, écrivain ; Alban Bensa, anthropologue ; Lilian Thuram, champion du monde de football, Pascal Blanchard, historien ; Claude Guisard, producteur ; Marcel Trillat, journaliste ; Marie-José Mondzain, philosophe ; Jean-Claude Gallotta, chorégraphe ; Benjamin Stora, historien ; Patrick Chamoiseau, écrivain ; Gérard Streiff, écrivain ; Jacques Tardi, dessinateur ; Dominique Grange, chanteuse engagée ; Pascal Didier, poète ; Frédéric Hocquard, maire adjoint ; Hugues Lepaige, journaliste-réalisateur ; Claude Pennetier, chercheur, historien ; Gérard Mordillat, écrivain, cinéaste ; Jean-Michel Baudouin, écrivain, dramaturge, musicien de jazz ; Marc Pataut, photographe ; Jean-Marc Salmon, chercheur en sciences sociales ; Pef, dessinateur, écrivain ; Annie Ernaux, écrivaine ; François Muratet, écrivain ; Jean-Luc Raharimanana, écrivain ; Roger Martin, écrivain ; Philippe Zourgane, architecte ; Severine Roussel, architecte ; Antoine Blocier, écrivain ; Renata Ada-Ruata, écrivaine ; Christian Roux, écrivain, musicien ; Alain Bihr, professeur honoraire de sociologie ; Patrick Amand, écrivain ; Gilles Del Pappas, écrivain ; Alcine Salangros, militant associatif ; Christiane Strullu, chanteuse, militante associative ; François Joly, écrivain ; Jeanne Puchol, dessinatrice ; Tony Gatlif, cinéaste, compositeur ; Eric Sarner, écrivain ; Patrick Castex, économiste ; Catalina Villar, réalisatrice ; Sandra Alvarez de Toledo, éditrice ; Dominique Cabrera, réalisatrice, actrice ; Jean-Baptiste Delpias, monteur ; Gérald Collas, producteur INA ; Ginette Lavigne, réalisatrice et monteuse ; Annie Comolli, anthropologue ; Gioia Costa, auteur dramatique ; Jean-Paul Manganaro, professeur, traducteur ; Georges Bartoli, photographe ; Mourad Merzouki, chorégraphe ; Nicolas Offenstadt, historien ; Patrick Raynal, écrivain ; Mehdi Lallaoui, cinéaste ; Alain Bellet, écrivain ; Patrick Fort, écrivain ; Patrick Bard, écrivain, photographe ; Tassadit Imache, auteure ; Caroline Caccavale, cinéaste ; Joseph Cesarini, cinéaste ; Abdelkader Djemaï, écrivain ; Daniel Kupferstein, cinéaste documentariste ; Roland Pfefferkorn, professeur émérite de sociologie ; Denis Lanoy, metteur en scène ; Alain Lance, poète, traducteur ; Luc Quinton, plasticien colleur d’histoires ; Hervé Le Corre, écrivain ; Gilles Manceron, historien ; Laurent Heynemann, cinéaste ; Denis Lanoy, metteur en scène ; Pascal Dessaint, écrivain ; Carlos, dessinateur ; Edgar Morin, philosophe ; François Gèze, éditeur ; Miguel Benasayag, philosophe ; Mathilde Larrère, historienne ; Alain Ruscio, historien ; Pascal Didier, poète ; Dominique Manotti, écrivaine ; Bernard Chambaz, écrivain ; Damien Vidal, auteur de bande dessinée ; Jean Bigot, producteur ; Isabelle Leblic, anthropologue ; Claire Moyse-Faurie, linguiste ; Thierry Garrel, producteur Arte ; Isabelle Merle, historienne, anthropologue ; Christine Demmer, anthropologue ; Christian Pierrel, directeur de publication, Fédération des associations de solidarité avec tous-te-s les immigré-e-s ; Edwy Plenel, journaliste, écrivain ; Michael Lowy, sociologue, ancien chercheur au CNRS ; Eric Wittersheim, anthropologue EHESS ; Christine Hamelin, anthropologue université Paris ; Christine Salomon, anthropologue INSERM ; Marina Vlady, comédienne ; Philippe Martel, professeur des universités émérite (occitan) ; Marie Jeanne Verny, professeure émérite de langue et littérature occitanes.

« ÊTRE CALÉDONIEN » ? COUP DE POUCE DU RECENSEMENT AU « PEUPLE CALÉDONIEN » ?

Quelle drôle de question dans ce recensement 2019, alors que se profile le second referendum d’autodétermination : « Estimez vous être calédonien(ne) ?

Officiellement, cette question permet notamment de répondre de manière plus … « détendue » à celle relative à l’appartenance communautaire .

Ah bon. Dans les précédents recensements , les recensés étaient particulièrement tendus pour indiquez leur communauté d’origine ?

Tout de même, après la tentative de « charte des valeurs calédoniennes », après la tentative d’imprimer dans les esprits la notion de « peuple calédonien », cette nouvelle question paraît s’inscrire dans une formulation qui aurait été beaucoup plus claire : « Vous sentez-vous appartenir au Peuple Calédonien ?« 

Car c’est une lapalissade que d’affirmer que ceux nés en Calédonie se sentent calédoniens. C’est une lapalissade que d’affirmer, pour ceux qui ne sont pas nés dans le territoire mais installés durablement, qu’ils se sentent calédoniens, … mais voudraient que les « calédoniens de souche » les reconnaissent.

Et c’est une lapalissade d’affirmer que tous les habitants à qui la citoyenneté de Nouvelle-Calédonie est fermée, cadenassée, ont, pour la majorité d’entre eux, du mal à se sentir acceptés comme calédoniens.

Alors pourquoi ?

Au total, le recensement pourrait déterminer combien la Calédonien compte d’habitants, et parmi ces habitants, à combien s’élève le nombre de ressortissants du « peuple calédonien ».  Histoire de peupler une possible nation … ?

A cela, tout de même trois observations.

La première, c’est que les Kanak, dans les associations fondatrices de leur émancipation après guerre -l’Uicalo et l’AICLF-, faisaient la différence entre les « Calédoniens », habitants de la Grande Terre, et les « Loyaltiens », habitants des Iles …

La seconde, c’est de savoir si les indépendantistes kanak, adeptes de Kanaky, ou de Kanaky-Nouvelle-Calédonie, -Kanaky pour les Kanak, Nouvelle-Calédonie pour les autres devenant alors les « Calédoniens », peuvent, malgré tout, s’estimer Calédoniens.

La troisième, c’est que la question figurant sur ce document officiel est mal rédigée : s’agissant de la Nouvelle Calédonie, nom toujours officiel de l’archipel -la Calédonie étant une région de l’Ecosse-, il eut été plus correct de demander si les personnes recensées se sentaient « néo-calédoniennes » !

14 JUILLET : LA FIERTÉ MOLLE D’ÊTRE FRANÇAIS

Un bon point pour la ville Nouméa, avec la fontaine Céleste magnifiquement parée de bleu-blanc-rouge, comme la façade de l’Hôtel de Ville. Côté militaire, bien sûr, rien à redire. Ces hommes et ces femmes, capables de porter l’idéal français de liberté sur des théâtres d’opérations extérieures, célèbrent chaque jour l’esprit de la Nation. Le défilé de la baie de la Moselle était parfait.

Mais si les communes calédoniennes ont, pour la plupart, rappelé la Révolution par la retraite aux flambeaux et célébré la fête nationale, en revanche, pour l’immense majorité de la population attachée à la France, c’était un jour comme les autres. Rien à voir avec les pavoisements chez nos voisins australiens et néo-zélandais en une telle circonstance. C’est probablement une des explications pour les trop nombreuses abstentions au referendum du 4 novembre dernier …

LE DRAPEAU DU FLNKS est lui, arboré de manière permanente, sur les tee-shirts, les voitures, les jardins. Et même devant la délégation des Cagous à Apia, « erreur » des organisateurs samoans.

L’apogée avait été atteinte lors du récent scrutin d’autodétermination : l’emblème du FLNKS omniprésent sur toute la Calédonie. Et l’absence consternante du drapeau tricolore.

LA RÉPUBLIQUE ET LES DROITS DE L’HOMME
Ce drapeau tricolore, pourtant, est connu par la planète entière, pour la révolution qu’il symbolise, et l’historique déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui a éclairé le monde. Le reste fait partie de l’Histoire, et de notre Histoire.

De quoi en être fier. Au moins une fois l’an, pour la fête de la Nation qui est la nôtre.

PROVINCE NORD : FRANCE, OÙ ES-TU ?

J’ai suivi, avec beaucoup d’attention, le premier débat télévisé qui regroupait l’ensemble des têtes de listes candidates aux élections provinciales en province Nord.

Il a été question de clé de répartition, de dialogue, et même, à une occasion, de décolonisation. Le candidat Néaoutyne a déroulé son bilan, plutôt approuvé par les participants dont les élus sortants ont même souligné qu’ils en avaient voté les grandes lignes.

C’est peut être Daniel Goa qui a été le plus contestataire, ou, sûrement, le moins approbateur. Normal : la future majorité provinciale va se jouer, un fois encore, entre son parti, et celui de Paul Néaoutyne.

Et puis, il y a quelques mois à peine, il a été délogé de la mairie de Hienghène où il assurait la succession de Jean-Marie Tjibaou, puis de Daniel Fisdiepas. Pas par n’importe qui : par son adversaire de l’Uni-Palika montrant, s’il en était besoin, que le parti de Néaoutyne n’est guère sur une tendance « fin de règne ».

Mais ce qui m’a surtout frappé, c’est que, peut être, pour la première fois de l’histoire politique du territoire, dans une telle confrontation, à aucun moment la France n’a été évoquée. Simple oubli, certainement, tellement la France est présente dans chaque moment de vie de cette province comme des autres …

La France, c’est d’abord le pays des Lumières, fondateur des Droits de l’Homme. Le pays, ancienne puissance coloniale, mais qui a su décoloniser la Nouvelle-Calédonie au travers d’un accord accepté par tous.

La France, l’Etat qu’elle constitue, c’est quotidiennement l’action de la gendarmerie, de la Justice, garantissant les libertés et le respect de la démocratie, y compris en province Nord. Plus trivialement, ce sont des milliards déversés en soutien à l’usine KNS, dans les partenariats financiers avec la province Nord pour une multitude de projets, dans les dotations aux communes du Nord, dans le financement de l’enseignement secondaire public et privé du Nord, dans l’antenne de l’Université à Koné, dans …

Seuls les indépendantistes peuvent faire semblant de l’oublier.

GB

DÉBAT TÉLÉ PROVINCE NORD : LA PROVINCE SUD VACHE À LAIT !

Curieusement, le débat télé d’hier soir, regroupant les têtes de listes en province Nord a débuté sur l’opposition à toute modification de la « clé de répartition » … par la tête de liste de Calédonie Ensemble. Chacun aurait pu en effet penser que cette position serait défendue par Paul Néaoutyne, président de la province et donc en charge de l’exécution du budget de la collectivité.

Et pour qu’on le comprenne bien, le Sénateur est revenu plusieurs fois à la charge : « pas touche à la clé de répartition ». Les gestionnaires indépendantistes n’en demandait pas tant …

90% DES IMPÔTS PAYÉS PAR LES CONTRIBUABLES DU SUD
Pour bien comprendre le dispositif qui se traduit par cette fameuse « clé de répartition », il faut d’abord rappeler que les impôts qui constituent la manne fiscale à répartir entre les provinces, sont payés à plus de 90% par les contribuables de la province Sud.

Ces ressources fiscales sont ensuite réparties en plusieurs parts, dont celles au profit de chacune des provinces. Il s’agit de la fameuse « clé ». Pour faire simple, disons que le sud ne conserve que 50% de cette ressource, et que les 50% restant vont au Nord et aux Iles.

UNE RÉPARTITION INÉGALE …
En clair, les financements publics par tête d’habitant sont pratiquement 2 fois plus importantes au Nord, et 3 fois, aux Iles. C’est ce qu’on appelle « le rééquilibrage ».

… DEVENUE INÉQUITABLE
Depuis quelques années, il y a « un hic » dans ce dispositif. Alors que le rééquilibrage était censé stabiliser les populations au Nord et aux Iles, les mouvements migratoires se sont poursuivis vers le sud. La province Sud accueille ainsi aujourd’hui 76% de la population calédonienne !

C’est désormais cette population qui souffre d’un déséquilibre de dotations publiques, au travers des ressources devenues insuffisantes de la province Sud.

VACHE À LAIT
Cette dernière doit donc prendre en charge 210 000 des 280 000 habitants du territoire. Mais elle ne bénéficie, en la circonstance, d’aucune considération, ni d’aucune solidarité de la part des autres collectivités. Qui tendent à la considérer comme une vache à lait …

COUP DE CHAPEAU À LA POLICE : L’AGRESSEUR DE LA VIEILLE DAME À LA VALLÉE DES COLONS SOUS LES VERROUS

S’il peut être reproché à la Police de ne pas être suffisamment présente pour des contrôles d’alcoolémie la nuit, la rapidité de l’enquête sur l’agression d’une dame de 79 ans à la Vallée des Colons doit, en revanche, être saluée.

Quatre jours à peine après les faits, un suspect de 18 ans est passé aux aveux. Deux autres personnes seraient impliquées dans cette sordide affaire comme receleurs.

La Justice fait, quant à elle, preuve de fermeté. Comparution de l’accusé dès mardi, et en attendant, le délinquant est accueilli au Camp Est.