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PROVINCE NORD : FRANCE, OÙ ES-TU ?

J’ai suivi, avec beaucoup d’attention, le premier débat télévisé qui regroupait l’ensemble des têtes de listes candidates aux élections provinciales en province Nord.

Il a été question de clé de répartition, de dialogue, et même, à une occasion, de décolonisation. Le candidat Néaoutyne a déroulé son bilan, plutôt approuvé par les participants dont les élus sortants ont même souligné qu’ils en avaient voté les grandes lignes.

C’est peut être Daniel Goa qui a été le plus contestataire, ou, sûrement, le moins approbateur. Normal : la future majorité provinciale va se jouer, un fois encore, entre son parti, et celui de Paul Néaoutyne.

Et puis, il y a quelques mois à peine, il a été délogé de la mairie de Hienghène où il assurait la succession de Jean-Marie Tjibaou, puis de Daniel Fisdiepas. Pas par n’importe qui : par son adversaire de l’Uni-Palika montrant, s’il en était besoin, que le parti de Néaoutyne n’est guère sur une tendance « fin de règne ».

Mais ce qui m’a surtout frappé, c’est que, peut être, pour la première fois de l’histoire politique du territoire, dans une telle confrontation, à aucun moment la France n’a été évoquée. Simple oubli, certainement, tellement la France est présente dans chaque moment de vie de cette province comme des autres …

La France, c’est d’abord le pays des Lumières, fondateur des Droits de l’Homme. Le pays, ancienne puissance coloniale, mais qui a su décoloniser la Nouvelle-Calédonie au travers d’un accord accepté par tous.

La France, l’Etat qu’elle constitue, c’est quotidiennement l’action de la gendarmerie, de la Justice, garantissant les libertés et le respect de la démocratie, y compris en province Nord. Plus trivialement, ce sont des milliards déversés en soutien à l’usine KNS, dans les partenariats financiers avec la province Nord pour une multitude de projets, dans les dotations aux communes du Nord, dans le financement de l’enseignement secondaire public et privé du Nord, dans l’antenne de l’Université à Koné, dans …

Seuls les indépendantistes peuvent faire semblant de l’oublier.

GB

DÉBAT TÉLÉ PROVINCE NORD : LA PROVINCE SUD VACHE À LAIT !

Curieusement, le débat télé d’hier soir, regroupant les têtes de listes en province Nord a débuté sur l’opposition à toute modification de la « clé de répartition » … par la tête de liste de Calédonie Ensemble. Chacun aurait pu en effet penser que cette position serait défendue par Paul Néaoutyne, président de la province et donc en charge de l’exécution du budget de la collectivité.

Et pour qu’on le comprenne bien, le Sénateur est revenu plusieurs fois à la charge : « pas touche à la clé de répartition ». Les gestionnaires indépendantistes n’en demandait pas tant …

90% DES IMPÔTS PAYÉS PAR LES CONTRIBUABLES DU SUD
Pour bien comprendre le dispositif qui se traduit par cette fameuse « clé de répartition », il faut d’abord rappeler que les impôts qui constituent la manne fiscale à répartir entre les provinces, sont payés à plus de 90% par les contribuables de la province Sud.

Ces ressources fiscales sont ensuite réparties en plusieurs parts, dont celles au profit de chacune des provinces. Il s’agit de la fameuse « clé ». Pour faire simple, disons que le sud ne conserve que 50% de cette ressource, et que les 50% restant vont au Nord et aux Iles.

UNE RÉPARTITION INÉGALE …
En clair, les financements publics par tête d’habitant sont pratiquement 2 fois plus importantes au Nord, et 3 fois, aux Iles. C’est ce qu’on appelle « le rééquilibrage ».

… DEVENUE INÉQUITABLE
Depuis quelques années, il y a « un hic » dans ce dispositif. Alors que le rééquilibrage était censé stabiliser les populations au Nord et aux Iles, les mouvements migratoires se sont poursuivis vers le sud. La province Sud accueille ainsi aujourd’hui 76% de la population calédonienne !

C’est désormais cette population qui souffre d’un déséquilibre de dotations publiques, au travers des ressources devenues insuffisantes de la province Sud.

VACHE À LAIT
Cette dernière doit donc prendre en charge 210 000 des 280 000 habitants du territoire. Mais elle ne bénéficie, en la circonstance, d’aucune considération, ni d’aucune solidarité de la part des autres collectivités. Qui tendent à la considérer comme une vache à lait …

COUP DE CHAPEAU À LA POLICE : L’AGRESSEUR DE LA VIEILLE DAME À LA VALLÉE DES COLONS SOUS LES VERROUS

S’il peut être reproché à la Police de ne pas être suffisamment présente pour des contrôles d’alcoolémie la nuit, la rapidité de l’enquête sur l’agression d’une dame de 79 ans à la Vallée des Colons doit, en revanche, être saluée.

Quatre jours à peine après les faits, un suspect de 18 ans est passé aux aveux. Deux autres personnes seraient impliquées dans cette sordide affaire comme receleurs.

La Justice fait, quant à elle, preuve de fermeté. Comparution de l’accusé dès mardi, et en attendant, le délinquant est accueilli au Camp Est.

UC : OUVERTURE ET VIOLENCE VERBALE

L’Union Calédonienne a choisi l’ouverture à un maire non kanak en province Nord, mais confirme sa violence dans les propos à l’égard des non-indépendantistes.

On se souvient de « l’axe du mal », expression utilisée lors de la campagne électorale, pour qualifier ses adversaires. Cette fois, c’est l’exportation du minerai de nickel de basse teneur -en l’espèce, celle autorisée à la SLN par le gouvernement local-, qui est la cible de ses violences verbales.

Cette exportation est considérée comme « un pillage éhonté de notre ressource naturelle non renouvelable« . Quant aux citoyens qui ont voté l’autorisation, ils sont dénoncés comme ceux « qui favorisent et encouragent ces pratiques de pillage et de politique de la terre brûlée« . L’Union Calédonienne considère que ces élus sont « complices » d’actes aggravant la situation sans qu’il y ait la moindre contrepartie pour la Nouvelle-Calédonie.

Il faut comprendre que ce message s’adresse à tous les exploitants miniers qui ne fournissent pas la SMSP. Et que les milliers d’emplois directs, indirects et induits résultant de l’activité minière et métallurgique de la SLN ne constituent nullement une « contrepartie » de cette exploitation minière. Probablement parce qu’ils sont majoritairement situés en province Sud.

Que serait un pays indépendant géré dans ces conditions d’intolérance. Ou une majorité indépendantiste au Congrès et au gouvernement après le 12 mai …

POURQUOI LES ILES LOYAUTÉ DOIVENT PRENDRE LEUR INDÉPENDANCE SI …

La province des Iles Loyauté a réussi son tournant en faveur de l’indépendance. En 2014, et pour la première fois depuis la naissance, en 1975, de la revendication d’indépendance, seuls des élus indépendantistes siègent à l’assemblée de cette Province.

Dans une interview accordée aux Nouvelles Calédoniennes, la tête de liste de l’Union Calédonienne estime que le 12 mai prochain, l’élection d’un candidat non-indépendantiste à cette assemblée, serait une « régression ».

Un tel rejet de la France et de la démocratie devrait être pris en compte … par le respect de l’aspiration exprimée.

Comment, en effet, imaginer aller contre une volonté si fermement exprimée ?

Si effectivement, le 12 mai, aucun élu non-indépendantiste ne siège dans l’assemblée de Province des Iles, pour combattre la « régression« , il faudra y substituer la « progression« , c’est à dire, un jour prochain et sûrement au delà de l’Accord de Nouméa, permettre à cette collectivité d’être indépendante de cette France honnie.

Et accessoirement, faire économiser à ces « cochons de payants » de la province Sud largement non-indépendantistes, 25% des impôts qu’il transfèrent généreusement aux Iles Loyauté dans le cadre de ce sacré rééquilibrage. Et les garder pour eux-mêmes !

En se souvenant, tout de même, que les ressources fiscales de la Nouvelle-Calédonie sont alimentées à 92% par les contribuables majoritairement « régressionistes » de la province Sud …

IL PARAÎT QUE LA CALÉDONIE NE S’EST JAMAIS AUSSI BIEN PORTÉE …

Jamais la situation n’a été aussi prometteuse en Calédonie. Dernière nouvelle en date, le remarquable fonctionnement du Medipôle où tout va bien, à part quelques milliards qui manquent à ses finances. Une broutille. Pas de problèmes de médecins, et puis, que d’embauches pour relancer l’emploi : 2200 salariés au total …

Le bâtiment ? N’en parlons pas. Des milliards par ci, des milliards par la, autant de projets mirifiques qui devraient satisfaire ces râleurs du BTP.

Les comptes sociaux ? On n’en parle plus. Juste du rapatriement des milliards de la CRE-Ircafex.

Le tourisme ? Des records, on vous dit. Et des prévisions époustouflantes : 200 000 en 2025, et 1 millions de croisiéristes la même année.

La Sécurité Routière ? Oubliez les quelques victimes sur les routes pour l’instant, ce sera zéro mort dans quelques années.

L’économie et les finances publiques ? La Calédonie, en 2019, va connaître un taux de croissance 2 fois supérieur à celui de la métropole. D’ailleurs, Macron serait bien inspiré d’envoyer une mission d’observation sur notre territoire. Histoire d’analyser le miracle économique calédonien.

La SLN ? Nous avons une solution qui règlera tous les problèmes  : prendre 51% du capital. Bon. Accessoirement, il faudra bien autoriser les exportations de minerai.

La délinquance ? Puisqu’on vous dit qu’elle recule. D’ailleurs, l’arme fatale s’appelle le Comité Territorial de Sécurité et de Prévention de la Délinquance. C’est un super comité qui permettra de coordonner tous les comités de sécurité et de prévention de la délinquance dont l’étonnante efficacité n’est plus à démontrer. L’arme fatale, on vous dit.

En Nouvelle-Calédonie, le 1er avril, ce n’est pas QUE le 1er avril. C’est tous les jours.

PROJET ÉDUCATIF LOCAL : UN NIVEAU MOYEN QUI NE CESSE DE BAISSER !

A écouter le verbiage de Monsieur le Vice-recteur, et l’auto-satisfaction des élus en charge du projet éducatif calédonien, point de doute possible. Nos élèves, réhabilités dans leur identité, dopés par la prise en compte du contexte local, dynamisés par les réformes annoncées années après années, vont être parmi les meilleurs de « Frônce ».

Un esprit critique aiguisé, une ouverture au monde éclairée, une parfaite maîtrise du français, de l’anglais, et d’autres langues, des maths comprises aussi bien qu’en Corée, et une habileté aux nouvelles technologies accomplie, voila … ce que l’école calédonienne n’a pas encore produit.

Pauvres enseignants, étouffés pas les procédures en tout genre, une pédagogie non adaptée, des programmes mal adaptés aux exigences du 21e siècle, un respect  des élèves et des parents à leur égard à la baisse, et des rythmes scolaires en panne sèche.

Mais peu importe. Dans certaines écoles, on parle tellement bien la langue kanak du lieu … qu’on se passe régulièrement du français. C’est sûr, tout cela va favoriser la réussite.

Alors, le niveau moyen, il faut bien en parler. Et simplement, à entendre la qualité d’élocution d’un certain nombre d’étudiants, pourtant notre élite, on se demande …

L’interrogation devient plus lancinante à la vue de quelques copies dont l’aurtografe n’est pas le souci premier des auteurs.

Mais qu’importe. Chaque rentrée scolaire est l’occasion pour un certain nombre de responsables de pérorer. Quant au niveau des élèves … Mais au fait, l’illettrisme serait-il plus important ici qu’en métropole ?

Impossible. Avec un tel projet éducatif …

DE LA DIFFICULTÉ D’ÊTRE UNE FEMME EN POLITIQUE

Le sexisme, en politique, n’est pas mort, même si l’échelle se réduit.

Après les années 50 et 60, quelques personnalités avaient émergé. On peut citer par exemple, Marie Paule Serve ou Edwige Antier, à l’Assemblée Territoriale.

Les « événements » ont évidemment marqué une prééminence des hommes. Mais l’après-événements a vu apparaître sur la scène politique de nouvelles élues. La loi parité a fait le reste.

Aujourd’hui, en Nouvelle-Calédonie comme en métropole, des femmes sont maires, élues locales. Sonia Lagarde a été Députée avant d’opter pour la fonction de maire de Nouméa. Caroline Machoro joue un rôle important au Congrès.

C’est sur certains réseaux sociaux que demeure l’insinuation graveleuse. Sonia Backes, première femme à prendre la tête, non seulement d’une liste, mais probablement d’une forte coalition loyaliste, vient d’en faire les frais. Photos et commentaires équivoques ou carrément diffamatoires ont accompagné son exposition nouvelle dans la campagne électorale.

La Justice doit veiller à sanctionner ce qui n’est plus acceptable. Alors qu’on célèbre la Journée Internationale de la Femme.

YAOURTS : LE FEUILLETON DE L’ÉTÉ

Les yaourts sont le feuilleton de l’été. Et pour le suivre, il ne faut surtout pas rater un épisode.

Saison 1 – Philippe Germain, interrogé le 11 septembre dernier à la télévision sur la TGC et la réglementation des prix, explique la stratégie économique TGC, baisse des prix, compétitivité :  » (…) l’économie n’est pas concernée par la réglementation des prix. On parle des produits alimentaires, d’hygiène et d’entretien qui sont tenus par deux grandes surfaces en Calédonie, 80% du marché de la grande distribution, pareil pour l’automobile où deux concessionnaires se partagent 80% du marché (…) ». (…) « la TGC, l’objectif est simple : c’est de rentrer dans une économie plus moderne et plus compétitive. Vous savez, la croissance mondiale des dernières décennies vient de la compétitivité, vient de la baisse des prix. Plus on baisse les prix, plus on augmente la consommation. On peut donc créer de l’emploi à travers les investissements (…) ».

Saison 2 – Contre l’avis de l’Autorité de la Concurrence et des partenaires sociaux, la majorité du gouvernement décide le contrôle des marges des entreprises, mesure prise concomitamment avec l’instauration de la fameuse TGC, et annonce une baisse des prix de 10 à 20% notamment sur l’alimentation et les pièces détachées.

Saison 3 – Contre l’avis de l’Autorité de la Concurrence, la majorité du gouvernement décide d’interdire l’importation des yaourts, alors que le fabricant local contrôle déjà la quasi totalité du marché.

Saison 4 – Réaction des consommateurs, ulcérés de la privation de leur choix : certains boycottent les yaourts locaux et de nombreuses familles remettent en marche leur yaourtière.

Saison 5 – Le PDG de Socalait crie à la catastrophe pour ses entreprises, vilipende le contrôle des marges. Et annonce une augmentation de 15% !

En clair, il s’est produit en 5 mois, l’inverse de ce qui a été annoncé, au moins pour Socalait : l’entreprise est asphyxiée par le contrôle des marges censé accroître … sa compétitivité, et elle annonce … une augmentation de 15% de ses yaourts alors que l’objectif était une baisse de 10%.

Heureusement que par ailleurs, tout-va-bien : le commerce, le bâtiment, le coût de la vie, les finances publiques, les régimes Cafat et notamment le Ruamm, ainsi, évidemment, que la SLN où la prise de contrôle à 51% pourrait enfin aboutir …

Ouf ! On commençait à s’inquiéter.

Vilain Canard

AUSTRALIA Day : UN MODÈLE REMARQUABLE … SANS GILETS JAUNES !

La célébration de l’Australia Day par nos si proches voisins pourrait rappeler à nos politiques que si, pour une majorité de Calédoniens, l’attachement à la France est viscéral et incontestable, le territoire serait bien inspiré d’ouvrir les yeux sur d’autres modèles régionaux.

Alors que le taux de croissance français demeure bien en deçà des 2%, l’Australie va dépasser largement ce chiffre en 2019 pour flirter avec les 3%. Le taux de chômage, sur l’ile continent, est inférieur à 6% …

Résultat pour le PIB par habitant : l’Australie est largement devant la France avec 53 800 US$ (5 628 000 FCFP), contre 38 477 US$ pour la France (4 025 078 FCFP) et 33 722 US$ (3 630 000 FCFP) pour la Calédonie (Chiffres 2017).

Au dernier classement Pisa ( « Program for International Student Assessment« , soit « Programme international pour le suivi des acquis des élèves« ), l’Australie occupe le 14e rang et la France, … le 26e.

Au classement « Shangai » des meilleurs universités en 2018, la France compte 19 établissements dans le Top 500, et l’Australie, 23. Au « World University Ranking », on trouve, dans les 50 premières places, 4 universités australiennes contre une seule école française.

En Australie, pas de gilets jaunes. Et personne, là bas, ne pourrait imaginer des mises à sac des centre-villes pendant des mois !

Chez nos voisins, le respect de l’ordre public a une vraie signification. Caractérisée par la respect imposé aux policiers, et à la rigueur exigée du respect des lois.

Les Calédoniens le savent bien : quand ils y vont en vacance, pas besoin d’associations « Zéro Tolérance », de « Vision Zéro » ou autre Plan de lutte contre les abus d’alcool. Lorsqu’ils en boivent, de l’alcool, les conducteurs demeurent naturellement prudents sur sa consommation, car ils connaissent la vigilance et la sévérité des autorités.

Les tags ? On en voit quelques uns. Mais la aussi, gare aux sanctions résultant de la vigilance policière …

A la télévision, l’actualité australienne, bien qu’émaillée parfois d’inévitables faits divers, est essentiellement consacrée au sport et aux loisirs. Loin des grèves, des manifestations, des incendies de voitures, de débats interminables avec les gilets jaunes ou sur le travail le dimanche.

D’ailleurs, dans les grandes villes australiennes, dans les grands centres touristiques, le commerce est actif tous les jours, samedi et dimanche compris. Et même, en semaine, des ouvertures tardives le soir, le fameux « late shopping« …

Avec en prime, le sourire et la qualité de l’accueil.

GB