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DÉCÈS DE CHARLES CALI : UN GRAND DU SPORT CALÉDONIEN S’EN VA

Charles était LE CTOS durant sa présidence, par sa passion, sa présence constante, et même pendant ces longs mois où, contraint à un séjour parisien pour raison médicale, il fut éloigné du Caillou. Parfois ombrageux -mais n’est-ce pas la contrepartie de la passion-, il était attentif à la fois aux bénévoles et aux sportifs. Il en avait notamment la responsabilité morale pendant ces événements régionaux que constituent les Jeux du Pacifique et les mini-Jeux.

Sous son empreinte, incontestablement, le monde du sport a progressé. Il s’en défendait, bien sûr, en toute humilité. Il considérait que les ligues, leurs bénévoles, leurs entraîneurs, étaient d’abord la clé de leur succès. Mais pour faire évoluer les choses, défendre le sport comme ses moyens, maintenir un lien fécond avec les fédérations nationales et le Comité National Olympique et Sportif Français, sensibiliser le Conseil Economique et Social, il était en permanence à l’ouvrage.

Sa disparition est ressentie avec une très grande tristesse dans le monde du sport, bien sûr, mais aussi bien au delà.

Sa terrible maladie, qui lui a donné un sursis long, mais toujours trop court, il l’a affrontée avec un courage discret, une volonté de fer. En sportif.

SALUT L’AMI

« Salut l’Ami », c’était un bonjour convenu que nous échangions lors de nos rencontres, inspiré d’une anecdote plutôt drôle faisant partie de  notre amicale complicité. « Salut l’Ami ». C’est avec une très grande tristesse que je t’adresse, cette fois, en guise d’au revoir, deux mots qui ne ponctuerons plus jamais nos entretiens toujours passionnants.

Ta grande culture en était souvent le ferment. Ton esprit critique était aiguisé, mais tu étais devenu plus philosophe avec l’âge.

Ton goût de l’écriture bien construite complétait bien un talent oratoire qui tu as si bien consacré à la défense de tes convictions. Ces mots ciselés, ces percussions orales, tu en jouais comme seul sait le faire un artiste.

La politique était en toi. Question d’engagement, forgé au cours d’une jeunesse tourmentée par un déchirant déracinement. Pourtant, l’amour de la France t’habitait constamment, nullement contrarié par les ingratitudes infligées aux rapatriés.

A Poya, dans une petite école, avec des enfants de toutes les couleurs, avait commencé ta reconstruction. Elle fut totale, par l’enracinement profond que tu avais entrepris, offert dans ta terre d’accueil, la Nouvelle-Calédonie. Tu lui en as toujours été reconnaissant.

Tous les hommages qui te seront rendus égrèneront les multiples facettes de ton riche parcours politique. Il est vrai que tu as côtoyé de grands personnages, de l’Etat, de Calédonie. Il est vrai aussi que tu as occupé presque toutes les fonctions que nos institutions peuvent proposer. Je retiendrai simplement, de cette vie là, que tes adversaires te respectaient. C’est dire beaucoup.

Tu n’aimerais certainement pas qu’on dise de toi que tu étais, localement, un personnage illustre. La notoriété, tu la tournais en auto-dérision tant elle est souvent le fruit de l’illusion. Pourtant, ton départ, je te l’assure, est ressenti avec tristesse par beaucoup, et beaucoup plus que tu ne crois. Par des Calédoniens qui pleurent la disparition d’un des leurs.

Salut l’Ami.

Gaby Briault