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ENSEIGNEMENT : L’ADAPTATION DES RYTHMES SCOLAIRES EN PANNE

Si le projet éducatif avait pu apporter une réelle adaptation aux réalités du pays, c’est d’adaptation des rythmes scolaires qui aurait du progresser. Au lieu de cela, la focalisation s’est accentuée sur l’enseignement des langues kanak et de la culture kanak. Sujets indispensables, mais dont l’incidence sur la réussite scolaire n’est pas avérée. C’est le moins que l’on puisse dire. Lacunes.

LE RYTHME QUOTIDIEN AVANT LE RYTHME SCOLAIRE
Comment aménager au mieux la journée de l’enfant ? Avant toute chose, il convient de connaître le rythme quotidien de l’élève, avant de lui imposer un rythme scolaire. Dans ce domaine, chaque commune de Calédonie possède ses particularités.

C’est qu’en effet, tous les élèves de Calédonie ne doivent pas se lever à la même heure pour fréquenter l’école qui, elle, ouvre et ferme à heures fixes.

Certains enfants se lèvent … avant 5 heures du matin, pour « prendre le car ». En fin de journée, ils ont à nouveau un trajet long et fatiguant pour rejoindre leur foyer. Comment, dans ce cas, imaginer qu’ils peuvent suivre le même rythme, conserver la même attention que les élèves qui se sont levés une heure plus tard et qui rentrent rapidement chez eux ?

LE TRANSPORT SCOLAIRE AU COEUR DU SUJET
Ces trajets, entre le domicile et l’école, relèvent du transport scolaire. C’est cette première étude qui sera essentielle pour que le rythme scolaire soit le plus bénéfique à l’élève.

Une telle étude avait été approchée, il y a 6 ans, par des élèves de Sciences Po venus sur le territoire dans le cadre d’un projet partenarial.

Le sujet est complexe. En effet, au sein d’une même commune, les horaires de « ramassage » peuvent être différents, suivant l’éloignement du domicile. Mais aucune réflexion sur l’adaptation des rythmes scolaires en Calédonie ne peut faire l’économie d’une telle étude sans courir le risque d’être « hors sujet ».

LES EXEMPLES AUSTRALIENS ET NEO-ZÉLANDAIS
Le second aspect des rythmes scolaires concerne leur apport à la qualité de l’enseignement autant qu’à la bonne santé de l’élève. Dans ce domaine, la Nouvelle-Calédonie a la chance d’avoir, à ses portes, des systèmes éducatifs performants, et même placés devant la France au classement international Pisa.

L’intérêt du système éducatif calédonien est évidemment de conserver les diplômes français, car ceux-ci ouvrent la voie à tous les enseignements francophones, aussi bien en métropole que dans des pays comme le Canada. Mais à l’intérieur de ce choix raisonnable, il serait pertinent d’adapter notre école en nous inspirant de modèles situés à nos latitudes, et au mode de vie relativement similaire au notre.

Ces sujets, en tout cas, sont des éléments d’un projet éducatif réellement calédonien, et susceptibles d’améliorer la réussite de l’élève. Des sujets en panne.

FG

REVENDICATION DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE : L’ÉTAT SERA-T-IL LE PÈRE NOÊL ?

Le ministère des Finances à Bercy

Le gouvernement local a saisi le ministère de l’Education National pour que l’Etat prenne en charge l’alignement de traitements des personnels territoriaux sur ceux de l’Etat. En conséquence, la grève illimitée déclenchée par l’UTFE-CGC, et suivie par 30% des personnels, a été provisoirement levée. Suite.

Les personnels du secondaire de l’Etat ont en effet bénéficié d’une nouvelle grille indiciaire depuis le 1er septembre 2017. Il s’agit de l’accord PPCR : Parcours Professionnel, Carrière et Rémunération.

QU’EST-CE QUI CHANGE ?
Revalorisation du point d’indice, revalorisation de l’ensemble des grilles de rémunérations, amélioration du déroulement de carrière, transformation de primes en points d’indice : ces changements touchent les enseignants, les CPE et les personnels d’orientation.

Mais au fait, qu’est-ce qui change ?

  • Une revalorisation immédiate du point d’indice en juillet 2016 (+ 0,6 %) et février 2017 (+ 0,6 %), ainsi que l’engagement d’une négociation annuelle.
  • Une revalorisation de l’ensemble des grilles : c’est une augmentation des rémunérations dès le début et tout au long de la carrière pour une meilleure reconnaissance des compétences et des qualifications.
  • Une amélioration du déroulement de carrière : c’est un déroulement de carrière garanti sur deux grades pour toutes et tous, avec un indice terminal significativement plus élevé que maintenant (REPORTE en janvier 2021).
  • La transformation de primes en points : l’intégration d’une partie des primes dans le traitement indiciaire, ce qui permettra une prise en compte dans le calcul de la retraite, sans diminuer la rémunération globale.
  • La création d’un troisième grade en fin de carrière : la classe exceptionnelle pour reconnaître un engagement professionnel particulier d’au moins 8 ans pendant la carrière.

En clair, si vous êtes concerné, ce qui change pour vous :

  • L’augmentation du nombre de points d’indice à chaque échelon : en janvier 2017, en janvier 2018 (REPORTEE en janvier 2019) et en janvier 2019 (REPORTEE en janvier 2020), dont une partie liée au transfert primes/points.
  • Le reclassement dans la nouvelle grille indiciaire le 1er septembre 2017.
    • Si vous êtes à la classe normale, vous ne changez pas d’échelon et votre ancienneté dans votre ancien échelon est conservée dans la nouvelle grille. Si votre ancienneté dans votre échelon est plus ancienne que la durée de votre nouvel échelon dans la nouvelle grille, vous passez directement à l’échelon supérieur sans reprise d’ancienneté.
    • Si vous êtes à la hors classe, vous êtes reclassé à l’échelon comportant un indice égal ou immédiatement supérieur à votre indice à cette date. Votre déroulement de carrière n’est pas ralenti par le changement de grille.
  • La fin des trois rythmes d’avancement : dans la nouvelle grille, tout le monde a un rythme d’avancement garanti. Aux 6ème et 8ème échelons, 30 % des personnels bénéficient d’une accélération d’un an.
  • Des modalités d’évaluation professionnelle rénovées.
  • La mise en place d’un accompagnement professionnel pour tout le monde.

800 MILLIONS À TROUVER
Pour l’application de ces mesures aux personnels territoriaux, l’impact budgétaire a été estimé à quelques 800 millions FCFP. Une somme impossible à trouver dans le contexte budgétaire actuel, estime le gouvernement local.

Il a donc décidé de se retourner vers le ministère de l’Education nationale pour tenter de faire valoir que, l’ensemble des personnels dont il s’agit étant mis à la disposition globale et gratuite par l’Etat au terme du transfert de l’enseignement secondaire public et privé, il appartient à l’Etat de prendre en charge l’ajustement réclamé.

L’affaire n’est pas gagnée …

LA FAMEUSE MADGG : « À LA CHARGE DE L’ÉTAT »
La fameuse MADGG avait déjà été plutôt mal digérée par le gouvernement central, la philosophie des fonctionnaires de Bercy étant plutôt « ils veulent leur autonomie, qu’ils la financent !« .

Il faut dire que la facture n’est pas neutre pour l’Etat : 50 milliards de FCFP, et l’essentiel des décisions exercées … par la Nouvelle-Calédonie.

Quant au dispositif de la MADGG, il prévoit effectivement que « la rémunération de l’ensemble des personnels mis à la disposition de la Nouvelle-Calédonie reste à la charge de l’Etat« . Cependant, à titre exceptionnel, les personnels, et en particulier pour ce qui concerne leur carrière, leurs droits et leur statut, sont régis par « les dispositions légales et réglementaires qui leur sont applicables« . Ce détail est important.

UN PÈRE NOEL ?
Au total, il serait, de toute façon, étonnant que le ministère de l’Education nationale, avec l’aval du ministère des Finances, annonce dans la foulée, que l’Etat fera un chèque supplémentaire de 800 millions CFP reconductible chaque année. Mais l’Etat est parfois une sorte de Père Noël. Alors qui sait ?

En tout cas, une chose est sûre : la MADGG est un dispositif dont la durée de vie est théoriquement limitée : « un décret pris en Conseil d’Etat fixe le terme de cette mise à disposition« . Bien sûr, il est prévu que ce terme soit fixé à la demande de la Nouvelle-Calédonie. Seulement ?

NOUVEAU BAC EN 2021 : POUR LES ÉLÈVES ENTRANT EN 3ÈME CETTE ANNÉE

Pierre Mathiot

Sauf bouleversement des choix de la Calédonie, les élèves calédoniens qui intègrent cette année les classes de 3ème dans les différents lycées seront soumis, en 2021, à des épreuves totalement nouvelles pour l’obtention de leur baccalauréat. Evolutions.

L’affaire est en gestation depuis la formation du gouvernement d’Edouard Philippe, et surtout de la nomination de Jean-Michel Blanquer au ministère de l’Education Nationale : la modernisation du sacro-saint baccalauréat. C’est un universitaire, Pierre Mathiot, qui a été chargé de remettre un rapport sur le sujet, ce qu’il a récemment fait. Les conclusions sont détonantes. « C’est le nouveau lycée en train d’être dessiné« , écrit Marie Piquemal dans Libé. Il s’agit, notamment, de la plus grande révolution appliquée au diplôme de fin de secondaire. C’est à présent le ministre qui devra trancher. Il présentera sa réforme lors du Conseil des ministres du 14 février prochain.

La réforme proposée touche le nombre d’épreuves : 4 au lieu des 10 à 15 actuelles, le reste faisant l’objet d’un contrôle continu. Il s’agira de deux matières imposées : la philosophie, « reflet de la grande tradition française« , et du Grand Oral, une épreuve destinée à rendre plus performants les élèves français dans la prise de parole et la maîtrise orale des sujets.

Les deux autres épreuves porteront sur les matières « majeures » choisies par les élèves.

Quant au Bac de français, en classe de 1ère, il est maintenu.

SUPPRESSION DES SÉRIES S, ES, L ET TECHNO
C’est, au delà des épreuves, une véritable révolution des lycées qui se dessine. Il serait ainsi mis fin aux séries S, ES, L et technologiques. Les enseignements seraient découpés en 3 unités : un tronc commun, une unité « d’accompagnement », avec un travail en petit groupe préparant notamment le Grand Oral, et enfin une unité dite « d’approfondissement et de compléments ». Cette unité serait composée de deux disciplines composant une « majeure », et de deux mineures. Pour éviter les erreurs initiales de choix, les élèves auraient la possibilité de modifier leur majeure et leurs mineures en cours de scolarité.

AUTONOMIE ET OFFRES DIFFÉRENCIÉES DES LYCÉES
« Pour répondre à ce défi organisationnel, le lycée doit selon nous, bénéficier d’une large autonomie de fonctionnement » écrit Pierre Mathiot. En ce sens , il propose qu’au delà des 15 à 17 majeures identiques, le tronc commun, chaque lycée présente une offre complémentaire pour « être plus attractifs aux yeux des élèves et coller aux réalités économiques locales« .

NOUVEAU RYTHME SEMESTRIEL
Le rapport propose également de « dépasser l’heure de cours » et même « le groupe de classe ». Les élèves pourraient être regroupés en deux catégories de classes : les majeures scientifiques, et les majeures non scientifiques.

Enfin, s’agissant du temps scolaire de métropole, il préconise de passer à un « rythme semestriel » : septembre-janvier, février-juin.

PLUS DE PORTABLES
« Ce qui est certain, c’est que l’ossature est de quatre épreuves et le reste en contrôle continu« , a déjà précisé le ministre de l’Education Nationale.

Concernant le Grand Oral, « il s’agit de s’exprimer dans un bon français avec des arguments« , une compétence « largement insuffisante dans notre pays« , a-t-il déclaré.

Enfin, confirmation du ministre : dès la prochaine rentrée, « on n’utilisera pas son portable en classe, ni dans la cour, ni dans l’établissement en général« .