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POUR L’INSTANT, LE PERSONNEL DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE EST RÉMUNÉRÉ PAR LA FRANCE

C’est une vraie question qui se pose pour 4700 personnels de l’enseignement actuellement rémunérés par la France. A l’exception de 216 personnels exerçant dans un organisme d’Etat, l’Université de Nouvelle-Calédonie, tous les autres appartiennent à des établissements locaux -secondaire public, primaire et secondaire privé-, dont 90% en qualité de fonctionnaires et d’agents territoriaux. Que se passerait-t-il en cas de « Oui » à l’indépendance ?

EN CAS DE « NON » : PAS DE CHANGEMENT
Lors du transfert de l’enseignement à la Nouvelle-Calédonie, le Congrès avait décidé de maintenir les compétences de l’Etat notamment pour l’organisation des examens et la délivrance des diplômes. Dans la foulée, et compte tenu de cette disposition essentielle, le Parlement avait validé une prise en charge de l’ensemble des salaires du secondaire public, et du primaire/secondaire de l’enseignement privé en Calédonie.

C’est la fameuse MADGG, Mise à Disposition Globale et Gratuite de 4500 personnels à la disposition du territoire. Une manne de près de 50 milliards FCFP.

En cas de victoire du « Non », la MADGG pour laquelle aucune limite n’a été fixée dans le temps se poursuivrait, et la France continuerait à assurer la rémunération de ces personnels.

Quant à l’enseignement privé, il bénéficie du dispositif des « Contrats simples ». Des contrats qui se poursuivraient dans le cas où le territoire se maintiendrait dans la République.

EN CAS DE « OUI » : KANAKY DEVRAIT DÉGAGER 50 MILLIARDS D’UN BUDGET RÉDUIT À 190 MILLIARDS
Si le 5 octobre, le « Oui » l’emportait, la voie serait alors ouverte à la transformation de la Nouvelle-Calédonie vers l’Etat souverain de Kanaky. Ce dernier devrait alors assurer la rémunération de ses personnels d’enseignement s’il souhaitait maintenir le niveau actuel d’éducation et sa gratuité.

Dans un précédent article, l’équation budgétaire résultant de l’indépendance avait été posée : le budget global public de 365 milliards de FCFP serait amputé de la part de la France (175 milliards FCFP) et serait réduit à 190 milliards FCFP dans le meilleur des cas.

Ce budget devrait prendre en charge les compétences régaliennes transférées à Kanaky, soit notamment la Justice, la monnaie, les services de police et de gendarmerie, l’armée et les services diplomatiques, dépenses actuellement assurées par la France.

Il conviendrait donc, en plus, de prélever une cinquantaine de milliards pour assurer la continuité de l’enseignement, hors l’enseignement supérieur. Mission impossible, sans changer les différents paramètres de salaires, de ressources humaines, et probablement, de gratuité.

Dans cette hypothèse, l’enseignement public et laïc serait privilégié (« Les indépendantistes ont opté dans le projet de Constitution pour Kanaky déposé en janvier 1987 à l’ONU, d’affirmer que la future nation indépendante sera une république laïque » – UNI Kanaky-Nouvelle-Calédonie un Etat souverain en Océanie – 2018). 1503 personnels rémunérés par la France étaient comptabilisés dans l’enseignement privé en 2018. On peut ainsi comprendre qu’ils ne seraient pas prioritaires dans la nouvelle organisation.

Il va de soi que, toujours dans cette hypothèse, l’Etat mettrait un terme aux contrats simples conclus avec les enseignements privés, notamment catholiques et protestants.

Jusqu’à présent, la question du financement de l’enseignement n’a pas été détaillée par les indépendantistes. Il paraît en tout cas totalement exclu qu’en cas d’indépendance, la France maintiendrait une sorte de MADGG. Par comparaison, et au titre de l’aide au pays en développement, le Maroc perçoit annuellement une aide totale d’une vingtaine de milliards FCFP, dont une bonne partie sous forme de prêts de l’AFD.

EN CAS DE VICTOIRE DU OUI, L’ACCUEIL DES ÉTUDIANTS DE KANAKY EN FRANCE

La crise du Covid pose actuellement problème aux étudiants étrangers admis dans des établissements d’études supérieures en France. Paris, comme les grands centres universitaires et les Grandes Ecoles sont en effet très prisés. « La France accueillait jusqu’ici près de 358.000 étudiants étrangers (notamment du Maroc, d’Algérie, de Chine, d’Italie ou de Tunisie). Et se classait dans le top 5 des pays les plus demandés » écrit ainsi le JDD.

A cette occasion les conditions d’admission des étrangers ont été passées en revue. Cet exercice intéressant concernerait les futurs étudiants de Kanaky en cas de victoire du « Oui » le 4 octobre prochain, puisque les ressortissants du nouvel Etat dépendraient du régime des étrangers.

Première condition : la pratique du français. Pour pouvoir étudier en France, il est nécessaire d’avoir un bon niveau de français, c’est pourquoi les candidats doivent pouvoir prouver leur maîtrise de cette langue par un diplôme de langue (DALF, DELF) ou en passant avec succès un test de langue (TCF, TEF) pour attester de leur niveau. Mais on peut supposer que quelques facilités seraient accordées aux étudiants de Kanaky dont on voit mal quelle autre langue que le français pourrait être utilisée dans l’enseignement local.

Deuxième condition : obtenir une inscription dans un établissement. En effet, cette inscription peut seule permettre l’accès à un visa étudiant. C’est l’espace internet « campus France » qui aide l’accomplissement des formalités en ligne.

Troisième condition : obtenir un visa. Si vous êtes étranger et voulez étudier en France, vous devez en effet d’abord demander un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) mention étudiant (valable 4 mois à 1 an). Après 1 an, vous pouvez demander une carte de séjour temporaire étudiant (valable 1 an) ou pluriannuelle étudiant(valable 2 à 4 ans).

Quatrième condition : acquitter les frais d’inscription. Cette question a fait débat et a été soumise au Conseil d’Etat qui a tranché. Le 1er juillet 2020, le Conseil d’Etat a en effet rendu son verdict concernant l’application de frais d’inscription différenciés pour les étudiants internationaux. La juridiction estime que ces frais « modiques » ne viennent pas enfreindre « l’exigence constitutionnelle de gratuité ».

Les établissements supérieurs publics peuvent donc contraindre leurs étudiants étrangers à payer des frais d’inscription atteignant 2.770 euros (environ 350.000 FCFP) en licence et 3.770 euros en master (environ 450.000 FCFP).

Enfin, pour l’accomplissement de ces études, le régime des bourses serait évidemment très différent de celui qui existe actuellement. Kanaky devrait instaurer et financer ce régime, les étudiants pouvant éventuellement prétendre à une bourse offerte par la France, comme à certains étudiants étrangers.

LA PROVINCE SUD MET LE PAQUET POUR LA RÉUSSITE SCOLAIRE

La province Sud met en place, pour la durée de la mandature, un dispositif qui vise à booster la réussite scolaire, tout en améliorer les conditions d’étude et de vie scolaire des enfants et des enseignants de la province. C’est l’objet d’une délibération qui sera examinée aujourd’hui, et qui vient en complément du projet éducatif de la Nouvelle-Calédonie.

Avec un budget de 16 milliards qui constitue le premier poste de dépense de la collectivité, cette politique s’articule autour de cinq axes : la promotion de l’excellence, le renforcement de la sécurité dans les établissements, l’ancrage régional de l’école, la valorisation du métier d’enseignant et l’acquisition d’une aisance à l’utilisation des outils numériques.

Innovation forte annoncée par Sonia Backès et Gil Brial, la création d’ici à deux ans d’un internat de la réussite. Cinquante collégiens bénéficieront ainsi d’un accompagnement et d’un soutien qu’ils ne trouveraient probablement pas à domicile. Un véritable passeport pour la réussite.

Autre axe fort, les écoles bilingues vont se développer, de même que la formation à l’anglais des enseignants concernés, grâce à un partenariat projeté avec un Etat australien. Des locuteurs australiens pourraient même apporter une assistance dans les écoles. A côté de ce développement de la pratique de l’anglais, une ouverture aux cultures océaniennes viendra s’ajouter au chapitre consacré aux langues et culture kanak.

Le développement du numérique va se poursuivre, aussi bien pour les élèves que pour le suivi de la scolarité par les parents. Un « cartable numérique » sera ainsi proposé aussi bien pour un enseignement numérique que pour la dématérialisation des formalités à accomplir par les parents.

Conditions de travail des enseignants et valorisation de leur métier font partie du « package » de ces avancées fortes. Reconversions accompagnées et amélioration du confort des établissements profiteront aux professionnels de l’enseignement, mais également aux élèves.

Enfin, pour ce qui concerne la sécurité, première préoccupation des Calédoniens dans l’agglomération, la province va mettre en place des mesures visant à renforcer les dispositifs anti-intrusion, notamment dans des collèges situés en zone prioritaire. Ces dispositions techniques seront complétées par le recrutement d’un personnel spécialisé pour garantir la sûreté offerte aux élèves, notamment en matière de risques naturels ou d’attentats.

LYCÉE DO KAMO : UNE AVENTURE SINGULIÈRE DEPUIS 40 ANS

Par nature, l’aventure du Lycée Do Kamo est une histoire particulière. Ne pas laisser sur le bord du chemin, ses élèves, en majorité Kanak, pour beaucoup en situation d’échec scolaire, c’est la mission que l’Alliance Scolaire de l’Eglise Evangélique, l’ASEE, s’était fixée. Et toute une communauté d’enseignants, d’encadrants, de parents, a adhéré à cette entreprise ambitieuse que les observateurs regardaient, à ses débuts comme une curiosité. Avec d’incontestables difficultés si l’on en croit les dégradations commises par des jeunes en fin de semaine dernière, en marge de la fête des 40 ans du Lycée …

40 ans ont passé. Les enseignants ont fait la preuve que c’était possible. Fait unique, les parents, très investis, viennent encadrer les élèves de terminales pour la préparation du bac. Résultat : des jeunes, en général issus de milieux modestes, en butte à des difficultés liées au phénomène d’acculturation société occidentale/société kanak, titulaires en nombre du précieux sésame pour l’entrée en enseignement supérieur ou, parfois, en vie active.

Expérience quelque peu singulière dans le milieu codifié et policé de l’enseignement, la célébration de ses 40 ans à eu son lot de franc parler avec une invitation sans langue de bois pour la réalisation d’un destin commun bringuebalant formulée par une « ancienne » élève. Une reprise audacieuse dans un reportage de NC la 1ère : « Hé oui, je fais ma chieuse, je vous dis : allez plus loin et arrêtez d’emmerder les blancs« . On imagine sous-entendre « Consacrez vous à votre réussite, et rétablissez le respect de la multiculturalité calédonienne« . Sous cet éclairage, chapeau ! Mais message encore peu audible par quelques jeunes réfractaires …

 

5 UNIVERSITÉS AUSTRALIENNES DANS LE TOP 50 MONDIAL QS

Le Classement mondial des universités QS est un classement annuel des universités publié par Quacquarelli Symonds groupe britannique spécialisé dans l’éducation. Il est l’un des trois classements des universités les plus réputés, avec le classement du Times et le classement de Shanghai.

Dans ce classement, 5 universités australiennes figurent dans le top 50 mondial : l’Australian National University à la 24e place, l’Université de Melbourne à la 39e , l’Université de Sydney à la 40e, l’Université du New South Wales à la 45e, et l’Université du Queensland à la 48e.

L’Université PSL, à Paris, est la seule université française à intégrer ce top 50 à la 5Oe place, une performance qui avait déjà été saluée par Les Echos en 2018.

Dans le classement Times, 2 université australiennes figurent dans le top 50 (Melbourne et l’Australian National University) et une française (PSL).

Dans le classement 2019 de Shanghai, l’Université de Melbourne occupe la 38e place, et la France est mieux représentée, avec la Sorbonne à la 36e place et Paris Sud à la 42e.

PROJET ÉDUCATIF LOCAL : UN NIVEAU MOYEN QUI NE CESSE DE BAISSER !

A écouter le verbiage de Monsieur le Vice-recteur, et l’auto-satisfaction des élus en charge du projet éducatif calédonien, point de doute possible. Nos élèves, réhabilités dans leur identité, dopés par la prise en compte du contexte local, dynamisés par les réformes annoncées années après années, vont être parmi les meilleurs de « Frônce ».

Un esprit critique aiguisé, une ouverture au monde éclairée, une parfaite maîtrise du français, de l’anglais, et d’autres langues, des maths comprises aussi bien qu’en Corée, et une habileté aux nouvelles technologies accomplie, voila … ce que l’école calédonienne n’a pas encore produit.

Pauvres enseignants, étouffés pas les procédures en tout genre, une pédagogie non adaptée, des programmes mal adaptés aux exigences du 21e siècle, un respect  des élèves et des parents à leur égard à la baisse, et des rythmes scolaires en panne sèche.

Mais peu importe. Dans certaines écoles, on parle tellement bien la langue kanak du lieu … qu’on se passe régulièrement du français. C’est sûr, tout cela va favoriser la réussite.

Alors, le niveau moyen, il faut bien en parler. Et simplement, à entendre la qualité d’élocution d’un certain nombre d’étudiants, pourtant notre élite, on se demande …

L’interrogation devient plus lancinante à la vue de quelques copies dont l’aurtografe n’est pas le souci premier des auteurs.

Mais qu’importe. Chaque rentrée scolaire est l’occasion pour un certain nombre de responsables de pérorer. Quant au niveau des élèves … Mais au fait, l’illettrisme serait-il plus important ici qu’en métropole ?

Impossible. Avec un tel projet éducatif …

ENSEIGNEMENT : L’ADAPTATION DES RYTHMES SCOLAIRES EN PANNE

Si le projet éducatif avait pu apporter une réelle adaptation aux réalités du pays, c’est d’adaptation des rythmes scolaires qui aurait du progresser. Au lieu de cela, la focalisation s’est accentuée sur l’enseignement des langues kanak et de la culture kanak. Sujets indispensables, mais dont l’incidence sur la réussite scolaire n’est pas avérée. C’est le moins que l’on puisse dire. Lacunes.

LE RYTHME QUOTIDIEN AVANT LE RYTHME SCOLAIRE
Comment aménager au mieux la journée de l’enfant ? Avant toute chose, il convient de connaître le rythme quotidien de l’élève, avant de lui imposer un rythme scolaire. Dans ce domaine, chaque commune de Calédonie possède ses particularités.

C’est qu’en effet, tous les élèves de Calédonie ne doivent pas se lever à la même heure pour fréquenter l’école qui, elle, ouvre et ferme à heures fixes.

Certains enfants se lèvent … avant 5 heures du matin, pour « prendre le car ». En fin de journée, ils ont à nouveau un trajet long et fatiguant pour rejoindre leur foyer. Comment, dans ce cas, imaginer qu’ils peuvent suivre le même rythme, conserver la même attention que les élèves qui se sont levés une heure plus tard et qui rentrent rapidement chez eux ?

LE TRANSPORT SCOLAIRE AU COEUR DU SUJET
Ces trajets, entre le domicile et l’école, relèvent du transport scolaire. C’est cette première étude qui sera essentielle pour que le rythme scolaire soit le plus bénéfique à l’élève.

Une telle étude avait été approchée, il y a 6 ans, par des élèves de Sciences Po venus sur le territoire dans le cadre d’un projet partenarial.

Le sujet est complexe. En effet, au sein d’une même commune, les horaires de « ramassage » peuvent être différents, suivant l’éloignement du domicile. Mais aucune réflexion sur l’adaptation des rythmes scolaires en Calédonie ne peut faire l’économie d’une telle étude sans courir le risque d’être « hors sujet ».

LES EXEMPLES AUSTRALIENS ET NEO-ZÉLANDAIS
Le second aspect des rythmes scolaires concerne leur apport à la qualité de l’enseignement autant qu’à la bonne santé de l’élève. Dans ce domaine, la Nouvelle-Calédonie a la chance d’avoir, à ses portes, des systèmes éducatifs performants, et même placés devant la France au classement international Pisa.

L’intérêt du système éducatif calédonien est évidemment de conserver les diplômes français, car ceux-ci ouvrent la voie à tous les enseignements francophones, aussi bien en métropole que dans des pays comme le Canada. Mais à l’intérieur de ce choix raisonnable, il serait pertinent d’adapter notre école en nous inspirant de modèles situés à nos latitudes, et au mode de vie relativement similaire au notre.

Ces sujets, en tout cas, sont des éléments d’un projet éducatif réellement calédonien, et susceptibles d’améliorer la réussite de l’élève. Des sujets en panne.

FG

REVENDICATION DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE : L’ÉTAT SERA-T-IL LE PÈRE NOÊL ?

Le ministère des Finances à Bercy

Le gouvernement local a saisi le ministère de l’Education National pour que l’Etat prenne en charge l’alignement de traitements des personnels territoriaux sur ceux de l’Etat. En conséquence, la grève illimitée déclenchée par l’UTFE-CGC, et suivie par 30% des personnels, a été provisoirement levée. Suite.

Les personnels du secondaire de l’Etat ont en effet bénéficié d’une nouvelle grille indiciaire depuis le 1er septembre 2017. Il s’agit de l’accord PPCR : Parcours Professionnel, Carrière et Rémunération.

QU’EST-CE QUI CHANGE ?
Revalorisation du point d’indice, revalorisation de l’ensemble des grilles de rémunérations, amélioration du déroulement de carrière, transformation de primes en points d’indice : ces changements touchent les enseignants, les CPE et les personnels d’orientation.

Mais au fait, qu’est-ce qui change ?

  • Une revalorisation immédiate du point d’indice en juillet 2016 (+ 0,6 %) et février 2017 (+ 0,6 %), ainsi que l’engagement d’une négociation annuelle.
  • Une revalorisation de l’ensemble des grilles : c’est une augmentation des rémunérations dès le début et tout au long de la carrière pour une meilleure reconnaissance des compétences et des qualifications.
  • Une amélioration du déroulement de carrière : c’est un déroulement de carrière garanti sur deux grades pour toutes et tous, avec un indice terminal significativement plus élevé que maintenant (REPORTE en janvier 2021).
  • La transformation de primes en points : l’intégration d’une partie des primes dans le traitement indiciaire, ce qui permettra une prise en compte dans le calcul de la retraite, sans diminuer la rémunération globale.
  • La création d’un troisième grade en fin de carrière : la classe exceptionnelle pour reconnaître un engagement professionnel particulier d’au moins 8 ans pendant la carrière.

En clair, si vous êtes concerné, ce qui change pour vous :

  • L’augmentation du nombre de points d’indice à chaque échelon : en janvier 2017, en janvier 2018 (REPORTEE en janvier 2019) et en janvier 2019 (REPORTEE en janvier 2020), dont une partie liée au transfert primes/points.
  • Le reclassement dans la nouvelle grille indiciaire le 1er septembre 2017.
    • Si vous êtes à la classe normale, vous ne changez pas d’échelon et votre ancienneté dans votre ancien échelon est conservée dans la nouvelle grille. Si votre ancienneté dans votre échelon est plus ancienne que la durée de votre nouvel échelon dans la nouvelle grille, vous passez directement à l’échelon supérieur sans reprise d’ancienneté.
    • Si vous êtes à la hors classe, vous êtes reclassé à l’échelon comportant un indice égal ou immédiatement supérieur à votre indice à cette date. Votre déroulement de carrière n’est pas ralenti par le changement de grille.
  • La fin des trois rythmes d’avancement : dans la nouvelle grille, tout le monde a un rythme d’avancement garanti. Aux 6ème et 8ème échelons, 30 % des personnels bénéficient d’une accélération d’un an.
  • Des modalités d’évaluation professionnelle rénovées.
  • La mise en place d’un accompagnement professionnel pour tout le monde.

800 MILLIONS À TROUVER
Pour l’application de ces mesures aux personnels territoriaux, l’impact budgétaire a été estimé à quelques 800 millions FCFP. Une somme impossible à trouver dans le contexte budgétaire actuel, estime le gouvernement local.

Il a donc décidé de se retourner vers le ministère de l’Education nationale pour tenter de faire valoir que, l’ensemble des personnels dont il s’agit étant mis à la disposition globale et gratuite par l’Etat au terme du transfert de l’enseignement secondaire public et privé, il appartient à l’Etat de prendre en charge l’ajustement réclamé.

L’affaire n’est pas gagnée …

LA FAMEUSE MADGG : « À LA CHARGE DE L’ÉTAT »
La fameuse MADGG avait déjà été plutôt mal digérée par le gouvernement central, la philosophie des fonctionnaires de Bercy étant plutôt « ils veulent leur autonomie, qu’ils la financent !« .

Il faut dire que la facture n’est pas neutre pour l’Etat : 50 milliards de FCFP, et l’essentiel des décisions exercées … par la Nouvelle-Calédonie.

Quant au dispositif de la MADGG, il prévoit effectivement que « la rémunération de l’ensemble des personnels mis à la disposition de la Nouvelle-Calédonie reste à la charge de l’Etat« . Cependant, à titre exceptionnel, les personnels, et en particulier pour ce qui concerne leur carrière, leurs droits et leur statut, sont régis par « les dispositions légales et réglementaires qui leur sont applicables« . Ce détail est important.

UN PÈRE NOEL ?
Au total, il serait, de toute façon, étonnant que le ministère de l’Education nationale, avec l’aval du ministère des Finances, annonce dans la foulée, que l’Etat fera un chèque supplémentaire de 800 millions CFP reconductible chaque année. Mais l’Etat est parfois une sorte de Père Noël. Alors qui sait ?

En tout cas, une chose est sûre : la MADGG est un dispositif dont la durée de vie est théoriquement limitée : « un décret pris en Conseil d’Etat fixe le terme de cette mise à disposition« . Bien sûr, il est prévu que ce terme soit fixé à la demande de la Nouvelle-Calédonie. Seulement ?

NOUVEAU BAC EN 2021 : POUR LES ÉLÈVES ENTRANT EN 3ÈME CETTE ANNÉE

Pierre Mathiot

Sauf bouleversement des choix de la Calédonie, les élèves calédoniens qui intègrent cette année les classes de 3ème dans les différents lycées seront soumis, en 2021, à des épreuves totalement nouvelles pour l’obtention de leur baccalauréat. Evolutions.

L’affaire est en gestation depuis la formation du gouvernement d’Edouard Philippe, et surtout de la nomination de Jean-Michel Blanquer au ministère de l’Education Nationale : la modernisation du sacro-saint baccalauréat. C’est un universitaire, Pierre Mathiot, qui a été chargé de remettre un rapport sur le sujet, ce qu’il a récemment fait. Les conclusions sont détonantes. « C’est le nouveau lycée en train d’être dessiné« , écrit Marie Piquemal dans Libé. Il s’agit, notamment, de la plus grande révolution appliquée au diplôme de fin de secondaire. C’est à présent le ministre qui devra trancher. Il présentera sa réforme lors du Conseil des ministres du 14 février prochain.

La réforme proposée touche le nombre d’épreuves : 4 au lieu des 10 à 15 actuelles, le reste faisant l’objet d’un contrôle continu. Il s’agira de deux matières imposées : la philosophie, « reflet de la grande tradition française« , et du Grand Oral, une épreuve destinée à rendre plus performants les élèves français dans la prise de parole et la maîtrise orale des sujets.

Les deux autres épreuves porteront sur les matières « majeures » choisies par les élèves.

Quant au Bac de français, en classe de 1ère, il est maintenu.

SUPPRESSION DES SÉRIES S, ES, L ET TECHNO
C’est, au delà des épreuves, une véritable révolution des lycées qui se dessine. Il serait ainsi mis fin aux séries S, ES, L et technologiques. Les enseignements seraient découpés en 3 unités : un tronc commun, une unité « d’accompagnement », avec un travail en petit groupe préparant notamment le Grand Oral, et enfin une unité dite « d’approfondissement et de compléments ». Cette unité serait composée de deux disciplines composant une « majeure », et de deux mineures. Pour éviter les erreurs initiales de choix, les élèves auraient la possibilité de modifier leur majeure et leurs mineures en cours de scolarité.

AUTONOMIE ET OFFRES DIFFÉRENCIÉES DES LYCÉES
« Pour répondre à ce défi organisationnel, le lycée doit selon nous, bénéficier d’une large autonomie de fonctionnement » écrit Pierre Mathiot. En ce sens , il propose qu’au delà des 15 à 17 majeures identiques, le tronc commun, chaque lycée présente une offre complémentaire pour « être plus attractifs aux yeux des élèves et coller aux réalités économiques locales« .

NOUVEAU RYTHME SEMESTRIEL
Le rapport propose également de « dépasser l’heure de cours » et même « le groupe de classe ». Les élèves pourraient être regroupés en deux catégories de classes : les majeures scientifiques, et les majeures non scientifiques.

Enfin, s’agissant du temps scolaire de métropole, il préconise de passer à un « rythme semestriel » : septembre-janvier, février-juin.

PLUS DE PORTABLES
« Ce qui est certain, c’est que l’ossature est de quatre épreuves et le reste en contrôle continu« , a déjà précisé le ministre de l’Education Nationale.

Concernant le Grand Oral, « il s’agit de s’exprimer dans un bon français avec des arguments« , une compétence « largement insuffisante dans notre pays« , a-t-il déclaré.

Enfin, confirmation du ministre : dès la prochaine rentrée, « on n’utilisera pas son portable en classe, ni dans la cour, ni dans l’établissement en général« .