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NOUVELLES VIOLENCES À L’USINE DU SUD

Les exactions se poursuivent dans le Sud, et s’ajoutent aux vols de véhicules perpétrés presque quotidiennement sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie.

Tandis qu’une quinzaine de petits bateaux se manifestaient dans la Baie de Prony, des bâtiments, près de la rivière Kwé, ont été incendiés.

La journée était placée sous le signe de « un environnement sain pour un climat de paix » ! Cela ne s’invente pas …

La fameuse « date butoir » pour la signature de la vente définitive de l’usine du Sud à Prony Ressources, initialement prévue aujourd’hui, a été reportée au mois de mars en accord avec la présidente de la province Sud et l’Etat.

En dépit des violences permanentes sur le site de Vale NC, les efforts pour trouver une solution pérenne et pacifiée se poursuivent donc pour cette reprise.

SLN : LE COUP DE POIGNARD DE LA CALÉDONIE

Le minerai de nickel de la Nouvelle-Calédonie est sa principale richesse. Les plus importantes réserves de la planète se situent en Indonésie et en Australie. On en trouve en Russie, au Brésil, au Canada, aux Philippines, à Cuba, en Chine, et même en Finlande. Les ressources géologiques de la Nouvelle-Calédonie représentent quelques 20% du total mondial connu. La demande actuelle est boostée par celle des batteries électriques, mais la technologie évolue et déjà pointent des batteries sans nickel. Avec une production à la peine, loin des valeurs nominales à Koniambo et Vale NC, seule la SLN pourrait tourner à plein régime. Pour l’entreprise au bord de la faillite, le dernier coup de poignard vient … de la Calédonie elle-même ! Hallucinant …

La SLN a besoin de cash, un cash assuré par un prêt de 63 milliards obtenu en 2016, et nécessaire en raison des pertes annuelles de la société. Ce cash est à épuisement après les exactions incessantes de Kouaoua, et les blocages de l’approvisionnement de l’usine de Doniambo.

Des efforts ont été menés au sein de l’entreprise pour réduire les coût de production. En externe, Enercal a mis en place un système de tarification permettant un avantage à la SLN quand les cours sont bas. La construction d’une centrale électrique produisant à moindre coût est sur le point d’être réglée. Il y a un an et demi, une autorisation d’exportation de 4 millions de tonnes de minerai a été accordée. Mais pour disposer à nouveau de cash, et financer de nouveaux investissements indispensables, la SLN appelle à l’aide.

Cette aide, dans l’immédiat, complétée dans un second temps par de nouvelles garanties et un nouveau prêt, est la plus simple à lui apporter : l’exportation de minerai non traitable localement, et dont regorge le sous-sol calédonien. La SLN a obtenu une autorisation de 4 millions de tonnes. Pour anticiper les conditions de son redressement, elle sollicitait une rallonge de 2 millions de tonnes.

« Niet », a dit le gouvernement calédonien mardi, les 5 voix de l’Avenir en Confiance et celle de l’Eveil Océanien ne suffisant pas pour atteindre la majorité. Opposition du Palika pour qui les seules exportations doivent être cantonnées à l’usine offshore de la province Nord. Abstention de l’Union Calédonienne et abstention de Philippe Germain.

Cette affaire, qui va affaiblir un peu plus la plus importante société métallurgique du territoire, suscite 3 réflexions.

La première, c’est l’image que les Calédoniens, actionnaires à 34% de la SLN joue contre leur propre société ! La Société Calédonienne de Participation Industrielle (STCPI) porte en effet, pour le compte des Calédoniens, cette part du capital. Certes, on pourrait ergoter et rappeler que la STCPI est composée des 3 provinces. Mais les ressources fiscales et la situation de la Cafat ne sont-elles pas des ressources et des outils de la Nouvelle-Calédonie, alimentés par les impôts et les cotisations de ceux qui produisent et travaillent ?

La seconde, c’est que l’Etat, déjà appelé à la rescousse financière une première fois, et dont tous les regards se tournent vers lui, doit être ébahi devant tant d’incohérence. Et surtout se dire qu’on fait appel au contribuable métropolitain, … quand les Calédoniens eux-mêmes ne veulent pas faire cet effort de soutien à « leur » usine.

La troisième est le message à l’égard des personnels de la SLN et de leurs familles. Quelle considération, pour eux, d’un pouvoir politique qui ne daigne même pas venir en soutien de leurs emplois. Comment leur expliquer les subtilités mortifères des positions de leurs élus, alors qu’ils vont peut être perdre leurs revenus ?

Pour eux, le gouvernement a failli. Mais n’est-ce pas, globalement, l’illustration de l’échec et des obsèques de l’Accord de Nouméa ?

LA CALÉDONIE EST-ELLE CAPABLE D’OFFRIR GARANTIES ET PRÊTS À LA SLN ?

Les indépendantistes veulent que la Calédonie soit majoritaire dans toutes les sociétés métallurgiques de nickel, mais est-elle seulement capable de répondre à ses simples obligations d’actionnaire minoritaire à la SLN ?

La STCPI porte les actions des provinces dans cette société. Et pas pour une part mineure : un tiers du capital avec 34%, et la minorité de blocage.

Beaucoup dénoncent la distribution de dividendes en 2012 et 2013 … oubliant que les actionnaires calédoniens ont également « touché » ! D’ailleurs, depuis 2000, date de la création de la STCPI, ces actionnaires calédoniens ont empoché 40 milliards de CFP.

En revanche, lorsque les actionnaires ont été appelés à la rescousse pour un prêt de trésorerie de 63 milliards en 2016, les Calédoniens étaient aux abonnés absents.

Toujours aux abonnés absents, la STCPI, pour défendre la société dans laquelle elle représente les intérêts calédoniens face aux blocages, aux exactions à Kouaoua, et à la menace de dépôt de bilan.

Une nouvelle fois, la SLN aura besoin de ses actionnaires pour des garanties financières et des prêts pour sécuriser son avenir aujourd’hui bien sombre. La STCPI sera-t-elle fièrement au rendez-vous ?

Ou bien démontrera-t-elle l’absurdité de vouloir contrôler dans le capital, des sociétés trop grandes pour elles, méconnaissant les règles du commerce et de l’économie moderne, une ignorance qui a placé la Calédonie en « zone à risque » pour les investisseurs du monde entier ?

SLN : ET QU’EN PENSE LA STCPI, L’ACTIONNAIRE … CALÉDONIEN ?

Alors que la SLN est au bord du gouffre et que d’ores et déjà, des mesures de sauvegarde ont été prises, que pensent les Calédoniens de cette situation au sein de la société et comment réagissent-ils ?

On connaît évidemment l’engagement des salariés de la SLN, extrêmement inquiets pour l’entreprise et donc, leurs emplois. Ils se sont mobilisés de différentes manières, ont demandé la fin des blocages. Sans oser les dénoncer frontalement, ils savent qui sont les irresponsables, auteurs de ce véritable attentat économique contre la plus ancienne et la plus importante société minière et métallurgique du territoire.

On connaît la position de la majorité de la province Sud et de ses représentants au conseil d’administration. Depuis l’origine des blocages, des attentats contre les installations de Kouaoua, les entraves actuelles, ils n’ont cessé de dénoncer ces actions.

Mais surtout, il existe une entité, possédant 34% du capital de la SLN. Cette société par actions simplifiée, la Société Territoriale Calédonienne de Participation Industrielle (STCPI), est censée représenter les intérêts des Calédoniens au sein de la Société Le Nickel.

Bonne pioche pour eux ! Il semble bien qu’hormis les protestations des administrateurs du Sud, la STCPI ne soit guère concernée par ce qui se passe aujourd’hui à la SLN. Silence, motus et bouche cousue.

Mais il faut pourtant se garder de lui faire un mauvais procès. Consciente de l’intérêt supérieur de la Calédonie, rien ne permet de douter que son président va prendre la parole et sommer les bloqueurs en tout genre de libérer les accès miniers pour que l’entreprise ne sombre pas et travaille normalement.

Pour éviter tout malentendu, les salariés devraient tout de même s’en assurer …

USINE DU SUD : PROVOCATION DES INDÉPENDANTISTES ?

Décidément, les indépendantistes tentent tous les moyens, même les plus farfelus, pour essayer d’imposer la loi de la province Nord dans le Sud. Il y a d’abord eu la candidature bidon Sofinor-Korea Zinc qui n’a pas répondu intégralement au cahier des charges d’un appel international des plus sérieux. Puis, par la force et la violence, ils ont demandé que Korea Zinc puisse venir sur le site. Puis devant le retrait de Korea Zinc, ils ont annoncé un plan B. Puis devant l’incapacité à proposer un plan B tandis que Vale a conclu un compromis de vente avec Prony Resources, ils sortent de leur chapeau ce « plan » de reprise de Vale NC à 100% par une société regroupant les 3 provinces dont la caractéristique est … de n’avoir pas le moindre sous !

UNE PROPOSITION POUR LE MOINS FARFELUE
Le FLNKS n’en est pas à une contradiction près, le but étant simplement d’empêcher la province Sud d’exercer ses compétences. Dans la première phase de revendication, il mettait en avant l’absence d’un « industriel » au sein de la proposition Prony Resources. Les indépendantistes étaient d’ailleurs mal informés puisque Trafigura est également un industriel, propriétaire de mine de nickel en Finlande, d’une usine de traitement, et même d’une unité de fabrication de composants pour batteries électriques.

Or, en proposant que la SPMSC achète 100% de l’usine du Sud, ils voudraient faire croire que cette société est un métallurgiste ! Peine perdue : tout le monde est au courant qu’elle n’a aucune compétence industrielle, et que de sucroît elle s’est montrée incapable de payer les 5% qu’elle détient déjà dans Vale NC …

L’INCAPACITÉ À GÉRER UN PAYS
Les idéologues confondent en général les doctrines et la capacité à gérer un pays dans la vraie vie. L’URSS s’est effondrée, la Chine a opté pour le capitalisme d’Etat, et en Corée du Nord, la privation de liberté de tout un peuple s’accompagne d’autres privations de tous ordres y compris alimentaires.

Depuis le début de la crise, les indépendantistes n’ont guère brillé dans leur démonstration de capacité à gérer Kanaky. Refus de la démocratie, dictature des idées économiques, refus de l’exercice des libertés fondamentales, ce sont des éléments qui s’ajoutent à leur incapacité à maintenir un système économique viable. Pire, ils se sont attachés à sa destruction. Seule réflexion devant le malheur possible de toute une population : le fameux « tant pis ».

LA RADICALISATION DES POSITIONS
Mais surtout, le FLNKS fait désormais peu de cas de la paix civile. Barrages et menaces se font désormais au grand jour. Il déclare que telle ou telle personne est « non grata » en Nouvelle-Calédonie …

Dans quelques jours, le château de cartes de la prospérité calédonienne va peut être s’effondrer. Et peut être, parmi les séparatistes, nombreux sont ceux qui pensent que la faillite économique e le désordre sont le meilleur moyen d’accéder à la pleine souveraineté.

Ils pourraient se tromper lourdement. Une énorme majorité silencieuse existe en Calédonie, qui désapprouve cet espèce de suicide collectif imposé. Elle tend, elle aussi, à se radicaliser. Et si beaucoup perdent tout, ils n’auront, quels que soient leurs actes, plus rien à perdre.

USINE DU SUD : MARCHER SUR LA TÊTE

Les Américains ont marché sur la lune. Et nous, sur la tête ? Alors que le territoire devrait connaître une fin d’année indemne du Covid, et jouir d’une situation économique enviable par rapport à bien d’autres pays, les indépendantistes ont mis en marche une machine infernale pour que tout s’écroule. Avec une réflexion devenue désormais célèbre : « tant pis ».

CHERCHER UN REPRENEUR À VALE NC … ALORS QU’IL EN EXISTE UN – C’est devenu une obsession pour les indépendantistes : le pire plutôt que Trafigura. Or cette société qui fut, tout comme Glencore, sous le feu des projecteurs pour des pratiques illégales (Glencore fut assigné aux Etats Unis dans une affaire de corruption, Trigura fut impliqué dans une affaire d’exportation de déchets vers la Côte d’Ivoire) est désormais, tout comme Glencore, revenue dans le giron des compagnies internationales respectables.

Aujourd’hui, Trafigura est un géant du négoce pour les matières premières comme le pétrole. Trafigura a même investi en Finlande dans une mine de nickel et a développé des unités entrant dans le traitement du minerai et la fabrication des batteries électriques. La Finlande n’est pas connue pour accepter des investissements douteux …

DES INDÉPENDANTISTES QUI APPELLENT LA FRANCE À L’AIDE
Tout comme Calédonie Ensemble, les indépendantistes entrevoient une solution temporaire qui consisterait, pour l’Etat, à prendre le contrôle de Vale NC. Par quel processus financier, par quelles astuces pour relancer l’exploitation de l’usine, et comment négocier la production du NHC ? La France n’est ni l’URSS, ni la Corée du Nord.

Mais dans le fond, pour les indépendantistes, il s’agit d’un aveu d’impuissance. Certes, ils ont les moyens de faire définitivement fermer l’usine du Sud. Ils peuvent détruire le patrimoine technologique et industriel de cette installation. Mais pour construire, ils se montrent incapables de proposer une « solution pays », le fameux mot magique.

Pire, peut être pour les militants, ils semblent douter de leur victoire au référendum. Si en effet, l’accession à l’indépendance était aussi inéluctable, ils devraient laisser s’opérer le montage économique et financier prêt à démarrer. Le nouvel Etat Kanak-Nouvelle Calédonie aurait ensuite tout loisir de faire ce que bon lui semblerait avec l’usine du Sud ! Alors pourquoi appeler à la rescousse « l’Etat colonial » ?

LES INDÉPENDANTISTES ONT MENÉ LA CALÉDONIE AU BORD DU GOUFFRE

Jamais la Nouvelle-Calédonie n’a connu un tel péril économique. Fondée essentiellement sur la mine et la métallurgie, l’économie calédonienne est peut être sur le point de perdre deux de ses institutions industrielles, l’usine du Sud et la SLN. L’usine de Goro est à l’arrêt suite aux opérations de guérilla que l’on sait, et qui se poursuivent avec du matériel incendié hier après midi. La SLN est au bord de la rupture industrielle en raison des blocages opérés sur ses mines. En dépit de la « libération » de Népoui et Thiébaghi, elle va se trouver dans un peu plus de 3 mois en état de cessation de paiement. Un bilan catastrophique sans précédent qui résulte des actions indépendantistes entreprises depuis plusieurs semaines.

SITUATION INCERTAINE POUR VALE
Triste Noël que vont passer les employés de Vale NC, alors que leur outil de travail, sérieusement dégradé, a été mis à l’arrêt. Ils ignorent aujourd’hui si leurs emplois seront préservés, ou si, avec les salariés des sous-traitants, ils auront tout perdu.

Tandis que Sébastien Lecornu tente de dialoguer pour trouver une issue à la nécessaire reprise capitalistique de l’entreprise -l’une des plus performantes au monde dans la production de NHC-, Vale attend la conclusion d’un accord de vente, et se tient toujours prêt, en cas d’échec, à mettre l’usine sous cloche.

LA SLN SUR LE FIL DU RASOIR
Pour tenter de faire pression sur la transaction relative à l’usine du Sud, les indépendantistes ont bloqué les approvisionnements en minerai de la SLN. Ce faisant, non seulement ils font prendre des risques démesurés à l’appareil industriel de la « vieille Dame », mais ils enfoncent un peu plus le principal employeurs privé du territoire vers la faillite.

C’est qu’au delà du risque de fermeture d’un four, la SLN est au bout de sa trésorerie provenant du prêt de 63 milliards contracté à cet effet. Ses pertes colossales, ajoutées à celles résultant des blocages actuels, va précipiter l’entreprise, déjà sous mandat « ad hoc », vers la cessation de paiement.

PRÈS DE 15.000 EMPLOIS EN JEU DÈS 2021
Si les emplois directs, indirects et induits peuvent faire l’objet d’une estimation, c’est au total aux alentours de 15.000 emplois que se situe l’enjeu des troubles actuels. Il s’agit à la fois des 3000 emplois impactés par l’usine du Sud, des 12.000 emplois impactés par la SLN. De quoi provoquer un séisme social sans précédent en Nouvelle-Calédonie.

LA RUINE DE LA CAFAT ET DES FINANCES PUBLIQUES
Non, l’argent ne pousse pas sur les arbres. Les ressources fiscales, les ressources sociales proviennent de l’activité économique par les impôts et les cotisations qu’elle génère. Une chute des emplois, de tout ou partie de ce schéma catastrophe, entraînerait immédiatement la faillite de la Cafat et des finances publiques.

La Cafat est actuellement sous perfusion. Son déficit structurel approche les 10 milliards par an, et la dette cumulée est du triple …

Quant aux finances publiques, sans le prêt bonifié de l’Etat en début de crise sanitaire, elles n’auraient même pas pu assurer l’exécution normale des budgets des collectivités en 2020. Le projet de budget 2021 de la Nouvelle-Calédonie, normalement déposé sur le bureau du Congrès le 15 novembre, ne l’est toujours pas. La raison ? L’impossibilité d’équilibrer les dépenses et les recettes. En cas de catastrophe économique, ce serait l’effondrement pur et simple.

Quant au troisième facteur de production de richesse, la consommation, évoquer sa situation dans de telles conditions paraît dérisoire.

LE SURSAUT OU UN MALHEUR SANS PRÉCÉDENT
A la veille de Noël, et à la fin du année 2020 marquée pourtant par un maîtrise enviable de la crise sanitaire plaçant la Calédonie parmi les rares pays « Covid Free », un malheur sans précédent risque de s’abattre sur les Calédoniens.

Fruits de l’idéologie, de l’absence de conscience élémentaire que dans toute économie, il est vital de préserver les outils de travail, et probablement du manque de vision sociétale, les conflits qui affectent la Nouvelle-Calédonie ne pourront trouver une issue qu’avec un sursaut de réalisme.

Mais quoi qu’il arrive, ces événements auront apporté bien des réflexions sur les enjeux d’un éventuel troisième référendum. D’ailleurs, en cas de catastrophe, l’aide internationale serait bien dérisoire face à celle qu’une fois de plus, la Nouvelle Calédonie solliciterait de la France …

LE CALÉDONIEN PRONY RESOURCES RACHÈTE L’USINE DU SUD

Après le retrait de Sofinor/Korea Zinc au cours du délai accordé à la suite de la table ronde de jeudi dernier, Vale et Prony Resources ont finalement signé l’accord de vente de l’usine du Sud. Cette cession sera bonifiée par la création de 600 emplois nouveaux générés par les travaux de « Lucy », la zone de stockage à sec prévue et financée par Vale.

Reste à présent à finaliser,  les autorisations préalables et à soumettre, pour consultation, l’opération au Comité d’Entreprise. L’ensemble de la transaction devrait être achevée avant la fin mars 2021.

METTRE EN PLACE L’ACTIONNARIAT CALÉDONIEN
La moitié du capital de la société est détenue par des intérêts publics et privés calédoniens. Au titre des participants publics figurent les 3 provinces présentes dans la Société de Participation Minière du Sud Calédonien. Le schéma initial prévoyait également un actionnariat réservé aux salariés de l’usine, ainsi qu’une souscription ouverte aux Calédoniens.

Cette phase reste à finaliser.

LE PLAN « B » DE LA SOFINOR TOMBE A L’EAU
L’annonce surprenante de la Sofinor pour un plan « B » de substitution à la candidature revendiquée de Kora Zinc est de ce fait nulle et non avenue.

Le manque de sérieux d’un tel montage a certainement paru évident au monde professionnel de l’industrie et de la finance. Dans tous les cas, une transaction était en cours sous un régime d’exclusivité.

QUELLES RÉACTIONS DES OPPOSANTS ?
Après l’éruption de violences survenue dès dimanche matin, et qui a perduré en début de semaine, toutes les interrogations demeurent quant à la volonté du monde indépendantiste de plonger la Calédonie dans un cycle insurrectionnel ou non.

Pour l’heure, seul le Sénat Coutumier, fonctionnant bizarrement comme un organe politique, s’est manifesté. Dans un communiqué menaçant relatif à la sortie de quatorzaine de gendarmes mobiles, l’organe consultatif écrit dans une communiqué « qu’aucun obstacle » ne pourra arrêter « la lutte du peuple Kanak », estimant que la sortie des militaires à pour objet de « casser des manifestants du peuple Kanak ».

Ce sont pourtant les gendarmes qui sont intervenus en protection lors des conflits à Belep ou à Maré …

Côté loyaliste, plusieurs « contre-barrages » ont été érigés. A Païta, à la suite de la mobilisation conduite par Harold Martin, les accès de l’échangeur nord ont été dégagés par les loyalistes. Dans la journée, une négociation s’est ouverte entre les coutumiers et le maire Willy Gatuhau. Elle pourrait déboucher sur une libération des sites bloqués sur la commune.

LE NORD EN PÉNURIE DE CARBURANT
Cela s’appelle se tirer une balle dans le pied. Tout occupés à bloquer les routes pour imposer le rachat de l’usine du Sud par la société financière de la province Nord, les « barragistes » privent le Nord de carburant.

Hier, des pénuries sont apparues dans les stations services de la Côte Est, et devraient s’étendre à la Côte Ouest. Il est vrai que le transport de carburant, dans des conditions précaires de sécurité, peut s’avérer extrêmement dangereux.

La question est même de savoir si les interruptions de ravitaillement ne pourrait pas porter préjudice à l’usine Koniambo …

LE PLAN « B » DE SOFINOR : SÉRIEUX ?

Probablement déconfite par le désistement de Korea Zinc, Sofinor a décidé de présenter en quelques heures à peine, une nouvelle solution pour la reprise d’une des installations industrielles les plus avancées au monde en matière de production de NHC. Est-ce bien sérieux ?

Le groupe candidat à la reprise de l’usine du Sud Sofinor/Korea Zinc a été retoqué pour la simple raison du manque de crédibilité de son offre. La Banque Rothschild a indiqué, sans entrer dans le détail du secret des affaires, que ce candidat n’avait tout simplement pas rempli l’ensemble des « cases » imposées dans le cahier des charge de l’appel à candidature.

A l’évidence, Korea Zinc ne tenait pas spécialement à investir en Nouvelle-Calédonie. D’ailleurs, étrangement, ce métallurgiste ne s’était jamais exprimé directement sur cette question.

Dans la foulée, et alors que les plus radicaux des indépendantistes demandent l’arrêt de l’usine de sud, et la mise au chômage de 3000 salariés, Sofinor sort du chapeau son Plan B …

Dans le monde industriel international comme celui des milieux financiers, cela doit prêter à sourire. Décidément, hormis les grands professionnels extérieurs qui portent les dossiers métallurgiques, la Calédonie doit vraiment être classée dans la catégorie « amateurs ».

DASSONVILLE AVAIT SANCTUARISÉ LE PORT DE NOUMÉA ET L’AÉROPORT DE TONTOUTA

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Dès son arrivée à Nouméa le 9 novembre 2007, nommé Haut Commissaire par Christian Estrosi alors secrétaire d’Etat à l’Outre mer sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Yves Dassonville avait annoncé le retour de l’Etat.

Il avait fait appliquer les décisions de Justice pour la libération des entreprises dont les blocages illégaux se succédaient depuis des mois. Pas de semaine, alors, sans cadenassage, blocage, menaces, occupations de tous ordres.

Les tensions avaient atteint un paroxysme avec l’USTKE, et la Justice était passée. Suite aux débordements liés à un conflit très dur opposant la centrale syndicale à la compagnie Aircal, le successeur de LKU avait été placé en détention.

En clair, la part des choses avait alors été faite entre le droit de grève, le droit de manifester, et les méthodes de voyous.

Dans le même temps, pendant cette période de 2006-2007, le gouvernement et la direction du travail avaient initié l’ouverture d’une nouvelle procédure de dialogue social. Les blocages incessants avaient considérablement reculé, ce qui avait redonné une forme de normalité au climat social.

Il s’était alors instauré ce que le président du Medef plaidait hier, une sorte de sanctuarisation des outils vitaux pour la Nouvelle-Calédonie, le port de Nouméa, et l’aéroport de Tontouta.

Depuis, cette fermeté a reculé avec les successeurs d’Yves Dassonville. Le Haut-Commissaire actuel qui a déjà fait preuve d’une certaine fermeté, va-t-il sonner « le retour de l’Etat » et le respect du droit, malmené par une poignée comparée aux 200.000 habitants de la province Sud ?