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VALE DIFFÈRE LUCY : QUELLES CONSÉQUENCES POUR LA CALÉDONIE ?

L’usine calédonienne a-t-elle été victime de ses mauvais résultats ? Certes, l’énorme investissement visant à construire une nouvelle installation de stockage des résidus n’est pas officiellement remis en cause, mais dans une contexte boursier favorable au nickel, la décision de « lever le pied » sur la construction de Lucy pose quelques interrogations. Commentaires.

COMMUNIQUÉ LACONIQUE : PRODUCTION INSUFFISAMMENT PERFORMANTE
Dans son communiqué, Vale place d’abord sa décision sous l’éclairage des « volumes de production moins élevés« . En clair, les performances de l’usine n’ont pas été à la hauteur des objectifs « planifiés ».

« Avec des volumes de production moins élevés en 2019 et 2020 qu’initialement planifiés lors du lancement du projet Lucy, VNC a décidé de saisir l’opportunité de décaler d’environ deux années l’érection de l’usine de filtrage-pressage des résidus, appelée DWP2. Ce décalage permet de lisser la séquence d’investissement sur 5 années au lieu de 2,5, en utilisant pour au moins trois années encore la solution actuelle de stockage, dite KO2. Les contrats locaux en cours pour 2019 sont confirmés (route d’accès, terrassements), mais certains seront ajustés pour prendre en compte le nouveau contours du projet ; En revanche, la mobilisation de la société Mota Engil est annulée. Les équipements de l’usine DWP2 vont être livrés et préservés à l’abri sur le site de VNC. VNC travaille sur une solution pérenne d’optimisation technique et économique du placement des résidus secs dans le futur hors KO2, préservant ainsi la forêt humide S2 (habitat d’intérêt patrimonial).»

CONSTRUCTION DE L’USINE DE CONDITIONNEMENT DES RÉSIDUS RENVOYÉE À 2 ANS
Première conséquence concrète sur les travaux prévus : l’usine de traitement des déchets avant stockage est reportée à 2 ans. Les matériels seront stockés sur place, mais la société titulaire du contrat voit « sa mobilisation annulée ».

Le chantier et ses impacts -venue de cadres, personnels de construction, nourriture et dépenses locales- sont donc renvoyés au moins à fin 2021/2022.

LES CONTRATS LOCAUX « AJUSTÉS »
Pour ce qui relève directement des travaux confiés à des entreprises locales, Vale annonce tout de même la poursuite des chantiers ouverts sur le site de stockage concernant les routes et les terrassements. « Les contrats locaux sont confirmés », mais le rythme et l’ampleur vont sans aucune doute souffrir de la décision de report. « Certains seront ajustés pour prendre en compte le nouveau contours du projet ».

On saura rapidement l’identité des contrats visés et la nature des « ajustements ».

LES COÛTS DE PRODUCTION NON COMPÉTITIFS
Certes, les travaux de maintenance de l’usine ont quelque peu « plombé » les résultats 2019. Mais l’usine calédonienne se distingue tout de même en matière de compétitivité au sein du géant international : 27 000 dollars la tonne contre … 5000 dollars au Canada et 8000 dollars en Indonésie !

La compétitivité est décidément une vertu rare en Calédonie.

DES PERTES IMPORTANTES
Au second trimestre 2019, Vale NC enregistrerait un montant total de pertes  3 milliards XPF. Le résultat brut d’exploitation (EBITDA) est dans le rouge à hauteur de 87 millions de dollars, contre 64 millions de dollars au premier trimestre.

… « il faut comprendre qu’ils n’ont pas produit ni commercialisé suffisamment de nickel calédonien pour faire baisser les coûts unitaires de l’usine. En résumé, le volume des ventes n’a pas permis d’amortir les coûts de production de l’usine du Sud », explique un consultant, expert en matières premières.

« DOPER » LE REDRESSEMENT DE LA SLN
Cette décision est venue incontestablement refroidir l’optimisme renaissant en matière de nickel. Elle n’aura pas de conséquences budgétaires directes pour la Nouvelle-Calédonie et la province Sud. Mais la consommation ainsi que des décisions d’investissements anticipés sont liés au « contexte » minier et métallurgique.

Hors les emplois dont la création sera différée et les contrats retardés ou annulés, les effets du report de Lucy seront essentiellement indirects et induits. Ils se traduiront donc notamment dans les domaines de la consommation et de cotisations sociales. Et peut être, par une frilosité accentuée en matière d’investissement et d’immobilier.

Dans cette conjoncture, les efforts de redressement de la SLN prennent évidemment un sens particulier. En clair, tout ce qui pourrait les contrarier porterait directement atteinte au redressement économique tenté par la Nouvelle-Calédonie.

GRAND DÉBAT ÉCONOMIQUE : RETISSER DU LIEN ENTRE POLITIQUE ET ÉCONOMIE

250 personnes étaient présentes pour cette « première »

C’était hier la première des 4 étapes prévues pour le grand débat entre les responsables politiques et les entrepreneurs. Une initiative qui tranche singulièrement avec la méthode employée par le précédent gouvernement, et développée par Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de l’économie et de la fiscalité. Débat.

Beaucoup de monde à la Chambre des Métiers, des chefs d’entreprise, des artisans, des professions libérales. Présent également, un représentant de l’Etat, Thierry Santa, président du gouvernement, Sonia Backès, présidente de la province sud, Sonia Lagarde, maire de Nouméa ou encore la présidente de l’Autorité de la Concurrence. Christopher Gygès avait promis que ceux qui voudraient prendre la parole le pourraient, sans autre filtre que les principes de respect qui s’imposent.

Les chambres consulaires ou encore le CES ont largement « joué le jeu ». Présents, également, des directeurs administratifs territoriaux afin qu’il perçoivent mieux, et en direct, les soucis de l’entreprise calédonienne.

Il n’y pas eu de temps mort. Les personnes présentes ont abordé, d’emblée, les sujets qui les préoccupent, du paiement tardif des collectivités à la complexité administrative, en passant par la situation difficile du centre-ville de Nouméa et la « lisibilité » de l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie.

Il ne s’est pas agi que de récriminations. Plusieurs suggestions, plusieurs propositions ont été formulées, en général pertinentes. Ainsi, un médecin a pointé du doigt l’archaïsme informatique en matière de suivi et de contrôle des soins, et notamment des ordonnances pour arrêt de travail. Les pistes indiquées sur la numérisation des actes, -et qui s’inscrivent partiellement dans les recommandations formulées par les inspecteurs généraux de l’Igas-, ont été largement applaudies. Et notées par les responsables politiques.

Christopher Gygès, tout en demeurant prudent sur la position que le Congrès adopterait sur les propositions acceptées en gouvernement, a indiqué les pistes retenues pour la relance et le projet de stabilisation fiscale.

Le remboursement anticipé de la seconde moitié de la dette du territoire sur les droits à l’importation perçus lors de la mise en place de la TGC est une nouvelle évidemment très bien accueillie. Il a également beaucoup été question de la simplification des procédures ou de leur adaptation. Certains d’entre elles, tellement calquées sur la métropole, sont d’ailleurs presqu’inapplicables en Calédonie.

Les entreprises ont, par ailleurs, besoin de visibilité sur le moyen et le long terme. Le débat est donc passé par la case « institution » avec les referendum en arrière-plan.

La sortie du contrôle des marges les préoccupe. Il a été question du bouclier qualité/prix, dont la mise en place outre-mer s’est effectuée à la satisfaction des acteurs économiques et des consommateurs.

L’exercice du membre du gouvernement nouvellement en charge de l’économie était plutôt risqué, dans une situation économique dégradée, et un contexte d’interrogations générales. La liberté de parole a été respectée. Les échanges sont demeurés d’un très bon niveau. Pour ce qui est du débat, déjà, c’est une première réussite.

L’INDONÉSIE VA INTERDIRE L’EXPORTATION DES MINERAIS BASSE TENEUR EN DÉCEMBRE

Jeudi dernier, le cours du nickel a atteint son plus haut niveau en 16 mois alors que les investisseurs craignaient un retour aux restrictions par l’Indonésie de ses exportations de minerai. Or, Jakarta vient d’annoncer un nouveau « ban », pourtant attendu pour 2022, applicable dès le mois de décembre 2019. Flambée.

UNE RESTRICTION ATTENDUE EN 2022
C’est en 2014 que l’Indonésie avait décidé de fermer ses exportations de minerai de nickel. Depuis, cette mesure avait été assouplie en 2017, mais les marchés s’attendaient à une nouvelle fermeture en 2022.

Depuis quelques semaines, la Bourse connaissait une poussée de fièvre en raison de rumeurs faisant état d’un nouvel embargo pour 2020.

Le gouvernement indonésien a finalement opté pour décembre de cette année. L’interdiction visée va concerner les minerais de teneur inférieur à 1,7% de nickel contenu.

L’évolution des cours depuis un mois

UNE NOUVELLE AUGMENTATION DES COURS ATTENDUE
L’annonce faite par l’Indonésie, premier producteur mondial de métal avec 560 000 tonnes, et exportateur de minerai vers la Chine, va avoir un impact sur le marché dopé par la demande liée à la fabrication des voitures électriques.

UNE BONNE TENDANCE POUR LES MÉTALLURGISTES CALÉDONIENS
Cette nouvelle et la perspective d’un nouvel enchérissement des cours du nickel au LME seront évidemment profitables aux métallurgistes calédoniens.

Concernant les minerais de basse teneur non raffinables localement, la demande devrait également s’avérer plus forte.

EMPLOIS ET RETOUR À DAVANTAGE DE CONFIANCE
L’amélioration de la santé du nickel, véritable socle économique de la Nouvelle-Calédonie, devrait profiter globalement à la consolidation des emplois, et à une meilleure confiance à court et moyen terme.

Ce climat espéré, conjugué aux mesures de relances entamées ou annoncées par le gouvernement et la province Sud, va dans le sens d’un retour progressif à la consommation et à l’investissement. Avec en prime, faut-il le souhaiter, un mieux pour les rentrées fiscales, et donc, pour les collectivités publiques.

L’AUSTRALIE, NOUVEL ELDORADO DE LA TRUFFE ! (Le Point)

Les vins français y sont déjà moins chers qu’en Nouvelle-Calédonie. Et l’Australie se positionne comme le quatrième producteur mondial de la truffe ! Extrait du Point.

Tout a démarré en 1990
Et si votre primeur vous proposait bientôt des truffes originaires d’Australie, côtoyant celles venues du Périgord, d’Espagne ou d’Italie ? Cela pourrait arriver d’ici à quelques années. La production du pays-continent a explosé au cours des dernières années, explique la BBC. C’est dans les années 1990 que la truffe est apparue pour la première fois en Australie et la première récolte date de 1999, soit il y a tout juste 20 ans. Autant dire hier quand on pense que la truffe se cuisinait dès l’Antiquité en Europe et faisait partie des mets princiers à la Renaissance. Mais, alors que la France a vu sa production chuter, l’Australie de son côté a connu une très forte croissance de la sienne. Le premier producteur mondial est, depuis trois ans, l’Espagne avec 45 tonnes, suivie de l’Italie et de la France (environ une trentaine de tonnes chacune). L’Australie pointe désormais à la quatrième position du classement. Entre 14 et 18 tonnes devraient être ramassées cette année.

Avantage géographique
Si l’Australie réussit à se tailler une place sur le marché mondial de la truffe, c’est aussi grâce à un avantage géographique. Geoff Barett, cofondateur d’Oak Valley Truffles, explique à la BBC : « Si l’industrie australienne de la truffe marche aussi bien, c’est parce que nous n’avons pas de compétition. Nous produisons dans l’hémisphère sud au moment où il n’y a rien au nord. » En effet, dans le pays-continent, la récolte se fait entre mai et mi-août alors que, dans le Périgord, c’est entre décembre et mars. Puisque les truffes fraîches ne peuvent se conserver que quelques semaines, l’avantage est indéniable.

Une rude concurrence
Près de 300 sites produisent en Australie, et 85 % des truffes sont destinées à l’exportation, vers 31 pays différents. Mais la concurrence fait rage. L’Afrique du Sud et plusieurs pays du continent sud-américain (Chili, Argentine…) cherchent aussi à se faire une place sur ce marché juteux

« AIR OCÉANIA » COMPAGNIE LOW-COST DES ILES : OÙ SONT LES ÉTUDES ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES ?

La compagnie low-cost envisagée par la province des Iles Loyauté, après les déclarations fracassantes du président de l’institution, fait beaucoup écrire et parler. Pour l’instant, ce sont les dépenses qui sont affichées, et notamment, la construction d’un aéroport international ainsi que l’achat de 2 Airbus 220, probablement des A-220 haute densité pour effectuer des vols low-cost de 160 sièges. Pourquoi pas ? Sauf qu’un investissement de cette importante demande, au préalable, et notamment pour les financeurs, d’abord une étude économique, et en particulier de marché, ainsi qu’à tout le moins, un « business plan ». Ces questions seront, à n’en pas douter, résolues rapidement par Air Oceania, la nouvelle compagnie annoncée, la Sodiles et la province des Iles. Interrogations, tout de même.

A QUEL MARCHÉ S’ADRESSERA « AIR OCEANIA »
C’est la première question. Le marché de Lifou n’est peut être pas suffisant pour équilibrer les comptes d’une compagnie internationale. Il s’agira donc probablement des marchés locaux calédoniens et touristiques, ainsi que des marchés régionaux.

Quelle est la part de marché visée par la nouvelle compagnie, en sachant que le ciel régional n’est pas vide, et que la concurrence existe : localement avec Aircalin, qui va passer des accords de partage de code avec la puissante compagnie Fiji Airways, avec Qantas, Air New Zealand, et régionalement avec toutes les compagnies australiennes et celles des petits Etats.

QUI VA PAYER LES PREMIERS INVESTISSEMENTS ?
La dépense est en générale aussi facile à estimer qu’à annoncer. Mais pour le secteur public comme le secteur privé, elle doit être appuyée sur des recettes. Celles-ci sont, au minimum, de caractère public et bancaire.

La province et la Sodiles ont-elles les moyens de financer un aéroport international et l’achat de 2 Airbus A220-300 ? On peut en douter.

L’Etat est-il prêt à financer l’exercice de ses compétences régaliennes sur cet aéroport -les Iles Loyauté n’étant pas indépendantes pour l’instant- ? La question lui sera posée.

Reste évidemment les bailleurs de fond … habituels : la Nouvelle-Calédonie et la France. A moins que la Chine …

LES CONTRIBUABLES
Les fonds publics proviennent des contribuables. En Nouvelle-Calédonie, l’essentiel des contribuables alimentant les finances publiques se situent en province Sud. À 92% …

En métropole, pour les éventuelles subventions, y compris une défiscalisation, la Palisse affirmerait que ce sont les contribuables métropolitains. Qui paient, qui paient, comme dit la chanson.

LES PREMIERS COÛTS
Quelques chiffres ont été lancés. Un aéroport dont la transformation se chiffrerait à 1/1,5 milliard. Quant aux avions, on sait que leur prix catalogue est annoncé à 71 millions de dollars, soit aux alentours de 7,5 milliards. Multiplié par deux = 15 milliards.

Il conviendra évidemment d’y rajouter notamment les frais d’exploitation de ce nouvel aéroport, de maintenance des avions, ainsi que les frais financiers.

LES RECETTES LOW COST
Au titre des recettes, Air Oceania devra évidemment tabler sur des recettes low cost. C’est à dire minimales. Comme référence, il est possible de s’appuyer sur les nouveau tarifs promotionnels Nouméa-Sydney d’Aircalin, répondant d’ailleurs à des tarifs équivalents sur Qantas, preuve qu’une certains concurrence existe …

AirCalin affiche, en promotion, un Nouméa-Sydney-Nouméa à 41 942 XPF.

En réalité, le billet, stricto sensu, coûte … 18 100 francs ! Le reste, 23 842 francs, est constitué par des taxes et frais.

En clair, et même si une taxe carburant peut figurer au titre des taxes et frais, la recette compagnie demeure de l’ordre de 20 000 XPF.

Ce tarif étant inférieur au tarif public Nouméa-Lifou-Nouméa d’Air Calédonie effectué en ATR 72, on peut estimer que payer 20 000 francs pour se rendre en jet à Sydney et revenir, constitue un tarif low cost.

C’est bien ce niveau de recette, et même peut être moins, sur lequel devra s’appuyer le business plan d’Air Oceania.

L’ÉQUILIBRE FINANCIER LA COMPAGNIE
Il semble bien qu’Air Oceania sera une compagnie à capitaux publics majoritaires. Se pose évidemment la question des garanties, et notamment celle des emprunts et de l’équilibre financier.

Accessoirement, il est nécessaire de chiffrer les recettes et les frais d’exploitation de l’aéroport international de Wanaham. Nul doute que l’expertise de la Chambre de Commerce et d’Industrie sera sollicitée.

S’agissant d’une compagnie « relais », et si le vulgum pecus comprend que les avions pourront effectuer une touchée à Wanaham et une à Tontouta, il faudra évidemment ajouter les frais afférents.

L’EXPÉRIENCE DE « VIRGIN »
Certes, dixit un commentaire recueilli sur RRB, bien des expériences jugées saugrenues au départ, se sont soldées par de remarquables succès. Ainsi, la compagnie Virgin, lancée par le mythique Richard Branson.

Il existe, à l’évidence, quelques différences notables entre les conditions de départ de la compagnie annoncée « Air Oceania » et la fabuleuse entreprise « Virgin Group ». Les marchés, d’abord, son caractère privé, ensuite. A moins que Richard Branson …

L’IMPORTATION DE YAOURTS À NOUVEAU AUTORISÉE – Le gouvernement est revenu sur la mesure d’interdiction

La fermeture totale des yaourts à l’importation avait fait flamber les réseaux sociaux. Mais plus encore, avait scandalisé les consommateurs qui s’étaient mis à bouder les produits fabriqués localement par Socalait. Ouverture.

Bref, de mesure de protection excessive, la décision avait entraîné comme un boycott de cette production locale par les Calédoniens ! Elle avait, de surcroît, introduit un début de défiance à l’égard de certains producteurs/transformateurs soupçonnés d’obtenir des rentes de situation au travers du régime de protection de marchés.

L’Autorité de la Concurrence avait émis un avis démarqué par rapport à la décision de la majorité d’alors au gouvernement. Hostile aux mesures stop et au principe des quotas estimées contreproductives, sauf dans certains cas susceptibles d’être étudiés, elle préconise davantage la concurrence, accompagnée d’une fiscalité de protection.

Christopher Gygès, en charge du secteur économique dans le gouvernement Santa, portait cet engagement de l’Avenir en Confiance. Finalement, les négociations ont abouti, d’un commun accord, semble-t-il, non pas à une mesure autoritaire, mais à une requête du producteur durement pénalisé par les consommateurs. Désormais, une importation de produits est autorisée, comme auparavant.

C’est une étape très saine dans le principe qui vient d’être franchie sur l’approche des protections de marché, dont le régime doit sortir de l’archaïsme. D’autant que le régime auquel on est revenu est très largement protecteur de la producteur locale de yaourts. Mais le consommateur est ainsi : il veut conserver un choix aussi libre que possible.

JACQUES LALIÉ DEMANDE À AIR LOYAUTÉ DE DEVENIR UNE COMPAGNIE INTERNATIONALE

C’est la page Facebook d’Air Loyauté qui le publie : dans un communiqué, le président de la province des Iles, Jacques Lalié, a « demandé à la direction de la compagnie Air Loyauté, au-delà de ses missions de transport local, d’orienter sa stratégie de développement vers du transport aérien « Low-cost » régional ». Desserte aérienne.

DÉPART DE TONTOUTA, PUIS DE LIFOU
Dans cette perspective, et « après des études menées depuis le début de l’année par les équipes d’Air Loyauté avec le constructeur Airbus« , l’évidence est apparue qu’il était intéressant d’ouvrir des liaisons internationales avec  » l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Indonésie, Wallis et Futuna, la Polynésie, ainsi que d’autres états
du Pacifique. »

Les vols ainsi imaginés décolleraient d’abord de Tontouta, puis du futur aéroport international de Ouanaham à Lifou.

UNE COMPAGNIE LOW COST
Pour le président de la province Iles, le dimensionnement de la compagnie, forte de 70 salariés, permet dés à présent, d’envisager le développement de ces lignes, non pas en tarifs commerciaux habituels, mais en « low cost ».

Outre l’apport de cette nouvelle desserte, Air Loyauté permettrait ainsi, toujours selon le président de la province, de « rétablir les liens ancestraux qui existaient entre les peuples du Pacifique. »

IL SERA TEMPS D’ÉTABLIR, POUR LA NOUVELLE CALÉDONIE,  UNE STRATÉGIE DE DESSERTE AÉRIENNE
La province des Iles Loyauté n’étant, pour l’instant, pas compétente en matière de desserte aérienne locale ou internationale, le président a officiellement informé la Direction de l’Aviation Civile et le membre du gouvernement en charge du secteur.

Dans son dernier rapport sur la compagnie Air Calédonie International, la Chambre Territoriale a surtout mis en exergue une lacune pour la Nouvelle-Calédonie : l’absence de définition de stratégie de desserte aérienne. En clair : quels moyens, locaux et internationaux, quelles actions, pour que le développement du transport aérien serve au mieux l’intérêt des voyageurs calédoniens, et les intérêts économiques et sociaux de la Nouvelle-Calédonie.

Cet exercice devient plus que jamais indispensable avant que la question de la desserte aérienne « ne barre dans tous les sens » …

TOURISME : ALLO, LA CALÉDONIE DESTINATION À RISQUE ?

Les choses ont peut être évolué, mais l’observation des requins tigre à l’Anse Vata ne vont guère rassurer ! Ainsi, il y a quelques semaines, des Calédoniens sur la « Golcôsse » ont eu une grosse surprise téléphonique.

En effet, voulant appeler Nouméa sur un téléphone fixe, ils se sont heurtés à un refus de communication expliqué par un message genre : « Sorry your calling is not  accepted because your destination is a destination with a lot of risks ».

Il faut dire que l’on était dans la suite de l’accueil à tout casser réservé aux touristes marins du côté d’Ouvéa.

Depuis, les choses ne se sont guère arrangées. Cetes, les affaires confisquées ont- semble-t-il été rendues, mais plusieurs plaintes ont été déposées contre … les personnes agressées. Et puis, il y a ces incursions régulières de requins bouledogue et tigre dans nos eaux. De quoi redonner encore plus le moral aux acteurs du tourisme, comme pourrait commenter un organisme officiel …

LE TOURISME CALÉDONIEN DIVISÉ EN 2 MONDES !

Les observateurs attentifs du tourisme en Nouvelle-Calédonie doivent avoir le sentiment que deux mondes existent dans ce domaine économique : un monde technico-politique qui commente et affiche des résultats, et un monde professionnel qui ne s’exprime guère, mais qui gère cette économie.

LES DEUX MONDES
Du côté de ceux qui s’expriment, on se souvient de la note de l’IEOM du juin dernier, affirmant que dans une économie globalement en difficulté, seul le tourisme tirait son épingle du jeu. Et qu’il enregistrait même « un regain d’optimisme ».

Quant aux statistiques, elles s’obstinent à ne pas distinguer les personnes entrant sur le territoire, et celles dont le motif de séjour est le tourisme. Résultat : des records douteux claironnés par certains, agglomérant joyeusement Japonais et … Wallisiens !

Dans l’autre monde, il y a les professionnels du tourisme. En juin, noumeaPost faisait part de leurs difficultés, notamment en hôtellerie, une situation contrastant singulièrement avec la fameuse note de l’IOM.

« DÉBUT D’ANNÉE EN BAISSE »
Avec la publication d’un commentaire sur la conjoncture du premier trimestre 2019, l’Isee-nc constate malgré tout « un début d’année en baisse« . L’arrivée des Wallisiens, des Futuniens, des Vanuatais et des Polynésiens n’a pas suffi à maintenir le climat de records de fréquentation touristique …

Pire, d’ailleurs, les croisiéristes, eux aussi, font de la diminution. En repli de 25%. Il serait bon d’ajouter que ce recul n’est pas nouveau, et que les autorités, à tous les niveaux, brillent depuis plus d’une décennie par leur désintérêt de la croisière. Au grand dam de la compagnie australienne Carnival dont la filiale P&0 dessert la Calédonie.

RETOUR NÉCESSAIRE À DES FONDAMENTAUX
Il serait temps, par conséquent, de doter l’Isee des moyens nécessaires à une bonne analyse de la seconde économie du territoire, et à des enquêtes régulières, aussi bien économiques que de satisfaction de nos touristes. Et l’Isee en a les compétences techniques.

Il serait tout aussi temps de revenir à des fondamentaux de développement touristique. Largement oubliés depuis le calamiteux PDTCNC au profit de nombreuses déclarations hasardeuses. Ou d’investissements publics improbables comme le Sheraton de Deva …

BONNE NOUVELLE POUR LA CALÉDONIE : LA SLN ÉVITE LA PROCÉDURE DE SAUVEGARDE

A l’issue du rapport d’audit, et compte tenu des récentes évolutions locales en faveur de la société, le Conseil d’administration d’Eramet n’a pas décidé de placer la SLN sous la protection de la procédure de sauvegarde.

Incontestablement, l’autorisation d’exportation de minerai basse teneur s’ajoutant aux efforts consentis par le personnel, et dernièrement, la mobilisation de la province Sud et du gouvernement suscitée par Sonia Backès, nouvelle présidente de la province Sud, ont pesé sur la décision des administrateurs.

L’entreprise reste évidente sous la vigilante attention de ses dirigeants, mais le Conseil d’administration a préféré attendre les premiers effets des mesures de sauvetage, ainsi que les engagements de la Nouvelle Calédonie sur l’adaptation du coût de l’électricité.

A l’issue, Christel Bories a déclaré :  »

« Dans un contexte difficile marqué par une baisse des prix de nos métaux, les perturbations en Nouvelle-Calédonie et la revue des processus qualité d’Aubert et Duval, Eramet poursuit activement le déploiement de sa feuille de route stratégique. Plusieurs étapes clés ont été franchies au 1er semestre : avancées décisives du plan de sauvetage de la SLN, progrès significatifs à Sandouville, nouveaux records de production et réorganisation des équipes. Les actions enclenchées devraient porter leurs fruits sur la seconde partie de l’année.

Nos développements stratégiques contribueront fortement à la dynamique de repositionnement du Groupe : la production de nickel à Weda Bay en Indonésie devrait démarrer au second semestre 2020, en avance sur son calendrier, et nos projets fortement créateurs de valeur d’extension de la production de manganèse au Gabon et de développement de lithium en Argentine ont franchi une étape clé avec leur validation interne et la recherche active de financements« .

Le communiqué d’Eramet fait un point de situation de la situation de la SLN dans les termes suivants (les caractères gras dans le texte ont été ajoutés par noumeaPost – Ndlr):

« BU Nickel : avancées décisives dans le plan de sauvetage de la SLN
Le chiffre d’affaires s’établit à 346 M€ au 1er semestre 2019, en baisse de 5 %, et le résultat opérationnel courant de la BU s’établit à – 70 M€. La SLN8 affiche une perte de – 57 M€, par rapport à un bénéfice de + 4 M€ au 1er semestre 2018, pénalisée principalement par la baisse des cours du nickel mais également par les perturbations des centres miniers de la Côte Est. En parallèle, l’usine de Sandouville voit les actions menées depuis début janvier se traduire en termes de performance avec une perte réduite de moitié à – 13 M€.

« La production mondiale d’acier inoxydable est restée stable (+ 0,2 %9) au 1er semestre 2019. La production en Chine a augmenté de 3,3 %9 à 13,3 Mt et a ralenti dans le reste du monde (- 3,1 %9) à 11,8 Mt. L’Indonésie présente une situation particulière avec une production d’acier inoxydable en hausse de 9 %9, liée au démarrage des productions intégrées localement en amont depuis le NPI (« Nickel Pig Iron »).

« La demande de nickel primaire a progressé de 2,9 %9 sur la période, soutenue par le développement du secteur des batteries pour véhicules électriques qui progresse de 25 %9 au 1er semestre 2019 (à 84 kt de nickel primaire).

« La production mondiale de nickel primaire est également en hausse de 10,8 %9 à 1 140 kt au 1er semestre 2019, portée par le développement continu de la production de NPI (+ 28,6 %9) notamment en Indonésie (41,8 %9).

« Partant d’un bilan offre/demande du nickel fortement déficitaire en 2018, cette hausse de la production n’a néanmoins pas suffi à répondre à l’évolution de la demande avec encore un déficit de plus de 40 kt de nickel au 1er semestre 2019. Les stocks de nickel au LME11 et SHFE11 ont ainsi poursuivi leur baisse et s’élèvent à 182 kt à fin juin 2019, (- 40 kt par rapport à fin décembre 2018, soit – 18 %) soit l’équivalent de 9 semaines de consommation (en incluant les stocks de producteurs de nickel), niveau le plus bas depuis 2012.

« Au 1er semestre 2019, la moyenne des cours au LME s’élève à 5,59 USD/lb (12 325 USD/t). Ce niveau est stable par rapport au 2ème semestre 2018, mais affiche une diminution de 11% en comparaison avec la moyenne de 6,30 USD/lb (13 877 USD/t) au 1er semestre 2018. Corrigé de l’effet devises favorable, la baisse de prix en euros affiche – 5 % à semestres comparables.

« En Nouvelle-Calédonie, la nouvelle organisation du temps de travail a permis de produire plus avec 3 centres au S1 2019 vs 4 centres au S1 2018 et de battre un record de production de minerai de nickel (1,9 Mt, + 7 %) pour un 1er semestre.

« En avril, la SLN a franchi une étape significative dans la mise en place du plan de sauvetage, avec l’obtention de l’autorisation, délivrée par le gouvernement local, d’exporter pour 10 ans 4 Mt par an de minerai de nickel à faible teneur. La montée en puissance des volumes de minerai exportés est en hausse de 7 % à 489 kt au 1er semestre ; l’objectif de 1,5 Mt en 2019 est confirmé, avec un 2ème semestre bénéficiant d’une saisonnalité favorable. Les nouveaux rythmes de travail sur mine appliqués depuis mi-mai sur l’ensemble des centres miniers, ainsi que la démarche de relations avec les communautés locales, profondément revue, permettent de conforter également l’objectif d’atteinte du rythme d’export de 4 Mt de minerai dès le 2ème semestre 2020. En parallèle, les discussions sur la réduction du prix de l’énergie se poursuivent avec les autorités locales.

« Compte tenu du blocage passé des centres miniers de la côte Est (Kouaoua en 2018 et Thio courant du 1er semestre 2019), l’alimentation de l’usine a été fortement perturbée (notamment avec des minerais à teneur trop faible) et la puissance des fours a été réduite. La production de ferronickel à l’usine de Doniambo est ainsi en recul de 12 % à 24 kt. Compte tenu des effets de stocks, la situation ne devrait revenir à la normale qu’en septembre. Par ailleurs, fin avril, la SLN a conclu avec les syndicats la révision du temps de travail à l’usine, dont les effets en termes de productivité sont attendus au cours des prochains trimestres.

« Compte tenu des importantes perturbations liées à la mise en place des nouvelles organisations sur mine et à l’usine, le cash cost de la SLN, s’établit à 6,05 USD/lb en moyenne au 1er semestre 2019. Il était revenu à 5,82 USD/lb en juin 2019. L‘objectif de réduction intrinsèque de 1,30 USD/lb en année pleine en 2021 est confirmé, sous réserve d’une bonne exécution sans perturbations.

« A Sandouville en Normandie, l’implication de la task-force d’experts, depuis début janvier 2019, a permis d’enregistrer un progrès significatif dans le fonctionnement de l’usine. Les volumes produits de nickel haute pureté ont plus que triplé et se sont élevés à 4,2 kt. La perte a été réduite de moitié par rapport au 1er semestre 2018 avec un résultat opérationnel courant à – 13 M€ et la consommation de cash a significativement diminué, avec un Free Cash-Flow de – 5 M€ (contre – 26 M€). Les équipes sont pleinement engagées pour consolider cette progression et atteindre le break-even EBITDA après l’arrêt pour maintenance du 4ème trimestre. »