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LES ESPOIRS DU NUMÉRIQUE, LES DÉCEPTIONS DU NICKEL ET LA DÉSESPÉRANCE DU TOURISME

La situation du nickel fondée sur la richesse minière du territoire et son expansion métallurgique, et le développement possible du numérique mis à l’ordre du jour par la compétition entre le cable défendu par l’OPT et la proposition d’une société privée, mettent en exergue les enjeux nouveaux qui s’offrent à la Nouvelle-Calédonie.

Serait-ce une sorte de conflit entre le nouveau monde et l’ancien monde économique ?

Pas tout à fait.

A l’évidence, et pour employer un mot très à la mode, en matière de développement économique, la Calédonie entre dans un nouveau paradigme.

De tout temps, et aussi loin que remonte l’arrivée du monde occidental sur l’île, le minerai de nickel a dicté la croissance ou la récession. Dans l’histoire contemporaine, la crise de 1973, la période de construction de nouvelles usines et d’extension de Doniambo dans les années 2000, puis la récession à partir de la fin des années 2000, ont marqué d’une empreinte forte la situation économique et sociale locale.

Aujourd’hui, la dépréciation de l’usine « du Sud » par la maison mère de Vale, ne fait qu’ajouter aux difficultés de la SLN et au scepticisme de Glencore sur l’avenir de Koniambo.

Bien sûr, le nickel demeure un socle essentiel de notre économie. Mais les réserves connues de saprolite sont de 50 millions de tonnes, et celles de latérites, de 500 millions.

Le tourisme pourrait être une vraie richesse de la Nouvelle-Calédonie, un secteur créateur de nouveaux emplois et très rémunérateur. Malheureusement, cette pépite est depuis une quinzaine d’années, massacrée par des décisions contre-productives quand elles ne sont pas stupides.

Ce sont évidemment les nouvelles technologies qui font une apparition remarquable dans le paysage calédonien. La « smart city », ville intelligente, est en progrès. Les relations entre individus, collectivités, acteurs économiques ont été bouleversées par Internet. La vie quotidienne commence à l’être. Demain, les caisses automatiques seront dans les magasins, et après demain, la voiture sera électrique et autonome.

La combinaison des trois pourrait faire de la Calédonie un territoire en croissance, à condition, évidemment, de poursuivre le chemin de sortie de ce qui a paru être l’économie la plus bête du monde.

Ainsi, la compétition sur le cable suggère un enjeu qui va bien au delà du transport de signaux par la fibre optique. Elle porte la croissance future, la transformation de la société calédonienne, l’entrée de la Calédonie de plain-pied dans le 3ème millénaire.

DOSSIER : LES 30 PREMIÈRES MESURES DE RELANCE PROPOSÉES PAR LE GOUVERNEMENT / Troisième partie

(Suite du dossier) – Autres volets du projet de loi de Relance Economique : une mesure visant à retenir plusieurs milliards de capitaux en Nouvelle-Calédonie, la possibilité, pour les PME, de bénéficier d’une tranche plus large de bénéfices admis à un taux réduit de l’IS, et l’augmentation du plafond de déduction pour travaux d’habitation.

RETENIR LES CAPITAUX EN CALÉDONIE : SUPPRESSION DE LA NICHE FISCALE DE L’ASSURANCE VIE PAR UNE INCITATION A INVESTIR DANS LES ENTREPRISES CALÉDONIENNES
Le projet de loi vise au maintien de l’épargne des calédoniens sur le territoire en remplaçant l’actuelle niche fiscale dont bénéficient les produits d’assurance vie, qui sont tous hébergés en dehors de la collectivité, pour la remplacer par une incitation fiscale à investir dans les entreprises calédoniennes. En effet, il est fait état d’une fuite massive des capitaux hors du territoire, pour un montant qui s’élève par exemple à 27,9 milliards de francs en 2017.

21 000 foyers calédoniens – En effet, le code des impôts prévoit à l’heure actuelle une déduction fiscale pour les personnes effectuant des versements au profit de contrats d’assurance-vie d’une durée égale ou supérieure à huit ans. Ces dispositions sont utilisées par plus de 21 000 foyers calédoniens pour un montant de charges déductibles de 4,3 milliards de francs CFP par an en moyenne, correspondant à une dépense fiscale de 700 millions de francs CFP chaque année.

Il est par conséquent proposé de supprimer cette niche fiscale et de la remplacer par la mise en place d’une fiscalité attractive sur de nouveaux comptes à terme commercialisés par les banques et investis exclusivement dans l’économie calédonienne.

Déduction du revenu imposable – D’une part, les sommes placées sur ce type de comptes ouvriraient un droit à déduction du revenu imposable à l’impôt sur le revenu, dans la limite d’un plafond de 200 000 francs CFP, à la condition que le contrat soit conclu pour une durée de cinq années minimum.

Exonération de l’IRCDC – D’autre part, à l’instar des sommes versées sur un livret A, les fonds épargnés sur ces comptes à terme seraient exonérés de l’impôt sur le revenu des créances, dépôts et cautionnements (IRCDC), qui touche habituellement les produits des sommes d’argent déposées sur des comptes à vue ou à échéance fixe.

Incitations au rapatriement des capitaux – Afin d’inciter les contribuables calédoniens à rapatrier les sommes versées sur les contrats d’assurance-vie au profit de ces nouveaux comptes à terme, il est proposé d’augmenter la limite du plafond de déductibilité à 350 000 francs CFP pour tous les versements effectués sur les comptes à terme qui seraient consécutifs à la clôture d’un contrat d’assurance-vie.

Amnistie fiscale – Enfin, les sommes portées en déduction correspondant aux primes d’assurance-vie, qui ont ouvert droit à déduction et qui ne satisfont pas aux conditions de durée de détention de 8 ans mais qui auraient été rapatriées dans un compte à terme calédonien dans des conditions définies par la loi ne feront pas l’objet d’une réintégration au revenu imposable.

TAUX RÉDUIT DE 15% SUR L’IS POUR LES PME
Cette mesure, qui s’appliquera à compter du 1er janvier 2020, a pour objet de rehausser, de 5 à 10 millions de francs, la tranche des bénéfices des PME soumis au taux d’impôt sur les sociétés réduit de 15 %, afin de faciliter le renforcement de leurs fonds propres en diminuant la pression fiscale qui pèse sur elles.

AUGMENTATION DE LA DÉDUCTION POUR TRAVAUX RELATIFS À L’HABITATION, VALABLE POUR 2019
A ce jour, la déduction des dépenses relatives à l’habitation réalisées par un professionnel mentionnées aux articles 128 h), 128 h) bis, 128 h) ter et 128 h) quinquies du code des impôts sont en effet toutes soumises à un même plafond de 1 million de francs par an. Il en résulte que le propriétaire qui a déjà réalisé, pour un montant de 1 million de francs, des travaux divers déductibles visés à l’article 128 h) du code des impôts, ne peut pas bénéficier de la déduction pour les travaux de sécurisation de son habitation qu’il fait réaliser la même année. En revanche, les dépenses relatives à la réalisation de travaux verts ou à l’achat de biens d’équipements à haute performance énergétique mentionnées à l’article 128 g) du code des impôts sont déductibles sous un plafond distinct de 1 million de francs par an.

La mesure proposée conduit quant à elle à ce que le total des dépenses précitées soit déductible dans la limite d’un plafonnement global de 2 000 000 de francs. Dans l’exemple précédent, le propriétaire pourra ainsi déduire les travaux divers à hauteur de un million de francs et les travaux de sécurisation de son habitation jusqu’à un million de francs, doublant le bénéfice de la déduction.

Afin de soutenir le pouvoir d’achat des ménages et de promouvoir l’achat d’équipements verts et le recours aux services d’un artisan, il est proposé que cette mesure entre en vigueur pour les dépenses réalisées à compter du 1er janvier 2019.

LE FRÊT MARITIME VA AUGMENTER DÈS LE 1ER DÉCEMBRE

Bonne nouvelle pour la planète : le frêt maritime mondial sera plus propre en 2020. Mais mauvaise nouvelle pour les coûts d’importation en Nouvelle-Calédonie : le frêt maritime, soumis à une nouvelle réglementation visant à combattre l’émission des gazs à effet de serre, va augmenter dès le 1er décembre prochain.

Les importateurs ont été ainsi avisés que « A compter du 1er janvier 2020, une nouvelle réglementation de l’OMI (Organisation Maritime Internationale) va imposer à toutes les entreprises de transport maritime l’utilisation de combustibles marins n’excédant pas 0,5% de teneur en soufre, contre 3,5% aujourd’hui, dans toutes les zones maritimes (excepté les zones ECA qui restent soumises à l’obligation d’utiliser un fuel ne dépassant pas 0,1% de teneur en soufre).« 

En conséquence, le fuel actuellement utilisé devra être entièrement consommé, les cuves des navires nettoyées et les circuits combustibles adaptés aux nouvelles caractéristiques du carburant.

Pour que les navires soient conformes aux nouvelles normes à la date du 1er janvier prochain, toutes ces opérations devront être menées dès le 1er décembre 2019.

« Le coût de la mise en oeuvre de cette règlementation va être significatif et fera augmenter d’autant celui du fret. Dans ce contexte, nos lignes réviseront leurs tarifs à compter du 1er décembre 2019. » précisent les compagnies de frêt.

Il faut en outre souligner que le diesel marin, moins polluant, coûte, à 0,1% de soufre, deux fois plus cher que le carburant actuel.

Les compagnies maritimes peuvent également, en solutions alternatives, mettre en place des systèmes de retraitement de fumées, ou utiliser d’autres énergies dont le gaz liquéfié. Mais ces adaptations, probablement préalables à une  nouvelle génération de navires, nécessitent de lourds investissements.

Ces augmentations vont affecter toutes les destinations, et leur taux devrait évidemment être proportionnel au volume de trafic. Autant dire que pour des ports comme Nouméa ou Papeete, la hausse sera « plein pot » ! Elle devrait se situer entre 100 000 et 140 000 francsCFP sur les conteneurs en sortie des ports européens.

AIR NEW ZEALAND ÉLUE MEILLEURE COMPAGNIE AÉRIENNE DU MONDE

Comme chaque année, AirlineRatings.com, le site spécialisé dans la notation des compagnies aériennes, a établi un classement avec l’aide d’audits gouvernementaux et internationaux, pour évaluer leur sécurité. Mais pas que.  12 critères tels que l’âge de la flotte, les avis des passagers, les services à bord et au sol mais aussi toutes les mesures prises pour l’environnement sont également pris en compte.

Selon le nouveau classement, c’est Air New Zealand qui a été élue meilleure compagnie aérienne au monde en 2020. La compagnie aérienne kiwi a fait perdre à Singapore Airlines, lauréat 2019, sa première place.

Air New Zealand a remporté le prix de la meilleure Economie Premium en plus de son titre général. Singapore Airlines a remporté le prix de la première classe avec son produit Suites, situé à l’avant du pont supérieur de l’Airbus A380. Les prix de la meilleure restauration et de la classe affaires ont été décernés à Qatar Airways grâce à ses Qsuites. L’Australien Qantas a remporté deux prix: celui du meilleur service aérien en vol et celui des meilleurs salons.

La cabine de Première sur Singapore Airlines. Bonne nuit !

Virgin Australia a remporté le prix «Best Economy» pour «une cabine extrêmement spacieuse qui le distingue de nombreuses compagnies aériennes», ainsi que celui du meilleur équipage cabine. Le meilleur divertissement à bord a été attribué à Emirates, et VietJet a remporté le prix du meilleur transporteur aérien à très bas coûts pour la troisième année consécutive.

DOSSIER : LES 30 PREMIÈRES MESURES DE RELANCE PROPOSÉES PAR LE GOUVERNEMENT / Deuxième partie

(Suite de la première partie) CRÉATION DU « DROIT À L’ERREUR » EN MATIÈRE FISCALE
Innovation : le projet le loi sur la Relance Economique prévoit l’adaptation au territoire du « droit à l’erreur » au bénéfice du contribuable ou de l’importateur.

En matière fiscale, l’introduction du droit à l’erreur permettra la réduction de 30% des intérêts de retard en cas de régularisation. Pour bénéficier de ce droit, il importera que le contribuable soit de bonne foi, que la régularisation soit spontanée et qu’elle soit accompagnée du paiement des droits afférents.

En matière douanière, il existe déjà un droit à l’erreur pour les sanctions encourues en cas de commission d’une infraction douanière. La disposition nouvelle concerne donc les intérêts de retard encourus, de moitié en cas de régularisation spontanée, de 30% au cours d’un contrôle.

LA PREMIÈRE FOIS …
L’article 4 de la loi « dispose que pour la mise en oeuvre d’un certain nombre de règlementations économiques, précisément listées, les acteurs concernés disposeront de la possibilité de régulariser leur situation lorsqu’ils méconnaîtront pour la première fois une règlementation sans risque d’être sanctionnés par l’administration. Ils pourront également corriger une omission ou une erreur dans une déclaration ou une demande faite à l’administration pour éviter de se voir refuser un acte ou une prestation sur ce seul motif ou d’en perdre le bénéfice ».

PAS DE SANCTION POSSIBLE EN CAS DE CHANGEMENT DE DOCTRINE FISCALE OU DOUANIÈRE
Autre mesure visant à sécuriser le contribuable : ils ne pourront plus être redressés en cas de changement de doctrine de l’administration.

En cas de doute, notamment pour des investissements à réaliser, les entreprises pourront demander la position de l’administration fiscale alors tenue de répondre dans les 6 mois. Une non-réponse équivaudra à une réponse positive que l’entreprise pourra opposer en cas de contrôle.

Une procédure analogue est prévue en matière douanière.

LES INTERPRÉTATIONS DES ADMINISTRATIONS SERONT PUBLIÉES
Au reste, les administrations concernées seront invitées à publier leur doctrine. Les interprétations ainsi connues du public leur seront opposables en cas de désaccord.

Les différentes réglementations économiques auxquelles ces dispositions s’appliquent seront publiées, afin d’en apporter une parfaite connaissance aux entreprises.

LE « REDRESSEMENT » DEVIENDRA UNE « RECTIFICATION »
Détail, mais qui résume le changement souhaité dans les relations entre ces administrations et les citoyens : la « mauvaise foi » devra être remplacé par un « manquement délibéré », et le « redressement » va devenir une « rectification ».

POURVOI AUPRÈS DU SUPÉRIEUR HIÉRARCHIQUE
Un recours interne est même prévu en matière fiscale. En cas de désaccord persistant, le contribuable pourra se pourvoir auprès du supérieur hiérarchique du vérificateur ou du contrôleur. En matière douanière, une procédure contradictoire apparaît : ce sera « le droit d’être entendu » de manière orale (dans le domaine fiscale, la procédure existe mais est écrite).

CRÉATION DE ZONES FRANCHES
Le projet de loi prévoit la possibilité pour les provinces de créer des zones franches.

Celles ci sont destinées à inciter les entreprises à s’implanter dans certaines parties du territoire où l’activité économique est à l’heure actuelle peu développée.

Ces zones seront déterminées par un arrêté du gouvernement à la demande d’une province avec pour objectif de revitaliser le tissu économique dans le cadre de leur compétence en matière de développement économique.

Au sein de la zone franche, les entreprises bénéficieront d’un allégement d’impôt sur les bénéfices d’une durée de cinq ans, à la condition que leur siège social ainsi que l’ensemble des activités et des moyens d’exploitation soient implantés dans cette zone. Ces avantages seront dégressifs. Elles seront exonérées de contribution foncière et de patente.

Les secteurs visés devront être liés au tourisme, à l’économie maritime, à la protection de l’environnement ou à l’économie numérique.

En seront notamment exclues les activités bancaires, financières ou d’assurance.

A suivre …

DOSSIER : LES 30 PREMIÈRES MESURES DE RELANCE PROPOSÉES PAR LE GOUVERNEMENT / Première partie

Quelques mois à peine après les dernières élections, Christopher Gyges en charge de l’économie au gouvernement et son équipe ont mis au point une batterie de premières mesures visant à relancer l’économie calédonienne. D’autres dispositions vont suivre, bien sûr. Mais l’exercice, lourd et complexe, montre que sur la voie d’un libéralisme intelligent, les initiatives peuvent être à la fois concrètes et innovantes. Le gouvernement a eu la bonne idée de s’accorder sur ces propositions. NoumeaPost ouvre un dossier en plusieurs volets pour présenter les mesures du projet de loi.

INNOVER POUR MODERNISER NOTRE ÉCONOMIE
Les mesures de relance, dans ce premier jet, sont réputées être au nombre de 30. En réalité, le chiffre est sous-estimé car plusieurs se déclinent en sous-mesures. A l’issue d’une consultation des entrepreneurs et commerçants sans précédent effectuée sur le terrain par le « ministre » de l’économie, les avis retenus ont été traduits en propositions concrètes.

Beaucoup sont marquées par le souci de moderniser l’économie, c’est à dire d’en rendre les règles plus simples, et de viser à améliorer la pratique économique tout en préservant l’intérêt du consommateurs. Dans un territoire conservateur comme la Nouvelle-Calédonie, soumis de surcroît à des pesanteurs de procédure inadaptées au contexte local, et trop souvent bêtement copiées sur la métropole, et pire, sur l’Europe, il fallait innover. A ce stade, la démarche est réussie.

4 MILLIARDS DE REMBOURSEMENT D’AVANCES SUR IMPÔTS
L’article 23 de la section 1 va intéresser bon nombre d’entreprises. Christopher Gyges l’avait annoncé : il proposerait le remboursement de taxes déjà perçues lors du basculement des droits et taxes à l’importation fondues dans la TGC, sur des produits stockés et soumis de nouveau à la fiscalité nouvelle. En clair, la Nouvelle-Calédonie va honorer une dette fondée sur un « emprunt » forcé aux entreprises calédoniennes, et dont la durée de remboursement ignorait sciemment les difficultés de trésorerie que ce prélèvement avait provoqué.

Le texte, inclus dans l’ensemble des dispositions contenues dans le Plan de Relance et soumis au Conseil d’Etat avant sa présentation au Congrès, est ainsi rédigé :

 » Conformément au principe posé par la loi du pays instituant la TGC et selon les modalités fixée par la loi n° 2018-11 du 7 septembre 2018, l’Agence pour le remboursement des taxes à l’importation (ARTI) a déjà remboursé une première partie des taxes à l’importation supprimées, à hauteur de 4 100 millions de francs. A l’issue de cette campagne de remboursement, les entreprises éligibles demeurent toutefois titulaires d’une créance totale de 5 200 millions de francs dont l’imputation est à l’heure actuelle prévue sur l’impôt sur les sociétés qu’elles devront payer entre 2019 et 2023.

Combiné à la réglementation des prix et à une conjoncture économique dégradée, ce différé de remboursement a lourdement pesé sur la trésorerie des entreprises. Aussi, il est envisagé de faire rembourser de manière anticipée, par l’Agence, les montants restant dus aux entreprises détentrices d’une créance sur la Nouvelle-Calédonie afin de restaurer leur trésorerie. Cette mesure permettra en outre une réduction importante des charges administratives induites par le suivi de l’imputation des crédits d’impôts sur quatre ans.

L’imputation sur l’impôt sur les sociétés dû au titre des exercices clos en 2019 ayant d’ores et déjà commencé à s’opérer, l’anticipation du remboursement ne vise que les seuls montants dont l’imputation était prévue sur l’impôt sur les bénéficies dû au titre des exercices clos de 2020 à 2022, pour un montant total de 3 900 millions de francs.

Les modalités prévues pour ce remboursement anticipé permettent d’assurer la neutralité budgétaire de l’opération par rapport à la situation qui aurait résulté de la mise en oeuvre des modalités prévues initialement. »

La dépense sera financée sur emprunt.

RÉDUIRE LE DÉLAI DE PAIEMENT DES ADMINISTRATIONS
« Ils mettent 10 mois à nous payer, mais quand on reçoit l’avis d’imposition, nous on est sanctionné quand on ne respecte pas les délais au jour près ! » C’est à peu près en ces termes que se plaignent quotidiennement des centaines d’entreprises victimes d’inacceptables lenteurs administratives. Inacceptables, mais acceptées de force …

Le projet de loi prévoit, non seulement l’accélération des délais admis, mais également la création d’un observatoire des délais de paiement des administrations, et, honte ultime pour les mauvais élèves, la publication sur Internet des dits délais de paiement.

FACILITER LE PAIEMENT DES FOURNISSEURS GRÂCE À UN « DAILLY INVERSÉ ».
Les entreprises connaissent la procédure dite Dailly. Classiquement, il s’agit d’un mode de financement qui consiste à transférer la propriété d’une partie du poste « clients » de l’entreprise à son banquier, en échange d’une ligne de crédit à court terme rémunérée. Ainsi l’émetteur d’une facture peut se faire avancer par sa banque le montant de sa créance.

Le projet crée une procédure plus simple, et moins coûteuse pour l’entreprise titulaire d’un marché public grâce à un « Dailly inversé ». L’acheteur transmet à un prestataire externe, généralement une banque, les factures de ses fournisseurs et propose à ces derniers d’en obtenir le paiement immédiat par la banque. Cette dernière paie comptant les factures du fournisseur moyennant un escompte et se fait régler par l’acheteur à échéance

SIMPLIFICATION POUR LA CRÉATION D’ENTREPRISE GRÂCE AU NUMÉRIQUE
Ce n’est pas encore l’Estonie, mais progressivement, le numérique et les procédures dématérialisées vont faciliter la vie du citoyen. Le principe : au lieu de se rendre de multiples fois dans un -parfois plusieurs- bureau administratif pour retirer des formulaires, les remplir, les déposer, et le cas échéant les compléter, l’intéressé pourra effectuer ses démarches par Internet, sur son ordinateur. Cette dématérialisation est déjà en cours dans de nombreux services. La direction des Services Fiscaux a été l’un des pionniers dans ce domaine.

Cette « démat » va être disponible à partir du 30 juin 2020 pour une création d’entreprise. Et le cas échéant, pour une liquidation.

LES COMPTES COURANTS D’ASSOCIÉS BONIFIÉS
Afin de contribuer au maintien des capitaux en Nouvelle-Calédonie et de favoriser la capacité d’autofinancement des sociétés calédoniennes en renforçant leurs fonds propres, la rémunération des comptes courants d’associés va être bonifiée.

La mesure proposée vise à élever la limite de déductibilité des intérêts sur ces comptes en l’établissant au taux d’intérêt légal majoré de quatre points, au lieu de trois points, à compter du 1er janvier 2020, tout en maintenant un plafond à 5 %.

Dossier à suivre dans notre prochaine édition avec les droits à l’erreur en matières fiscale et douanière accompagné de simplifications de procédure.

LVMH RÉALISE UNE ACQUISITION RECORD : TIFFANY POUR 1.800 MILLIARDS DE FCFP !

Les Echos – « LVMH a réussi à croquer les diamants de Tiffany après avoir accepté de se montrer plus généreux. Un petit mois après la révélation des discussions entre les deux entreprises, le géant mondial du luxe a annoncé ce lundi matin que l’opération était bouclée au prix de 135 dollars l’action, soit un total de 16,2 milliards de dollars (14,7 milliards d’euros). Pressé par son conseil d’administration, le joaillier américain avait demandé à LVMH (propriétaire des « Echos »)  de relever son offre initiale  de 14,5 milliards de dollars.

« C’est une marque très connue, une des rares marques mondiales à avoir une reconnaissance historique forte, à la fois aux Etats-Unis évidemment parce que c’est son premier marché, mais aussi en Asie », résume le patron de LVMH, Bernard Arnault, à l’AFP.

Pas d’autre amateur

« Après réflexion, le géant français du luxe a donc accepté de surenchérir, ce qui n’a guère surpris le marché. « Il n’y a pas beaucoup de débats autour de la solide logique stratégique de cet accord, tant pour LVMH que pour Tiffany », prévoyaient, avant la conclusion du deal, les analystes de Royal Bank of Canada. « C’est une marque emblématique, une icône de l’Amérique qui devient ainsi un peu française. Elle a beaucoup de potentiel et une histoire incroyable », estime ce lundi Bernard Arnault.

« Depuis les fuites fin octobre sur l’intérêt du géant mondial, le cours de Bourse de Tiffany avait grimpé. L’action Tiffany avait clôturé à 125,51 dollars vendredi à Wall Street. Tout le monde attendait de voir si un chevalier blanc pouvait surenchérir. Début novembre, lors de la publication de ses résultats semestriels, le suisse Richemont, premier joaillier mondial, avec Cartier et Van Cleef & Arpels, avait fait savoir qu’il n’était pas intéressé. Son directeur financier précisait que Richemont souhaitait « se concentrer sur le développement de ses propres marques ». Kering de son côté est resté silencieux.

« Tiffany, fondé en 1837 à New York, est une belle prise pour LVMH. Son rachat signe la plus grosse acquisition de l’histoire du champion mondial du luxe. C’est plus de trois fois plus que ce que Bernard Arnault avait mis sur la table pour le joaillier italien Bulgari (4,3 milliards d’euros) en 2011, dont les ventes ont doublé depuis. Surtout, Tiffany va lui permettre de rattraper Richemont, qui réalise plus de 7 milliards d’euros dans ce secteur (51 % de son chiffre d’affaires). Avec le joaillier américain, LVMH va en effet doubler le poids de son pôle horlogerie joaillerie, (TAG Heuer, Chaumet, Zenith, Hublot, Fred), dont le chiffre d’affaires s’est élevé l’an dernier à 4,1 milliards – dont 60 % dans les bijoux. Et devenir ainsi un acteur de premier plan dans ce domaine.

« La griffe américaine, connue dans le monde pour ses petites boîtes bleues (et en France pour avoir acheté les joyaux de la couronne vendus par la Troisième république au XIXe siècle), est complémentaire de Bulgari ou Chaumet, avec une partie de son offre plus accessible. Un quart des ventes de Tiffany est réalisé grâce aux bagues de fiançailles et aux alliances. « L’acquisition de Tiffany vient renforcer la position de LVMH dans la haute joaillerie et accroître davantage sa présence aux Etats-Unis », déclare le groupe français dans un communiqué.

Améliorer la rentabilité

« Pour autant, le numéro un mondial du luxe a du travail devant lui. Car la rentabilité de Tiffany n’est pas au mieux de sa forme. En 2018, le joaillier a réalisé 4,4 milliards de dollars de ventes (4 milliards d’euros), en hausse de 6 % pour un résultat net de 586 millions de dollars. Sa marge opérationnelle à 17 % est en recul ces dernières années. Loin de celle de Richemont à 31,5 %. « Il y a eu des hauts et des bas, donc il y a beaucoup de choses à faire. Et nous avons un peu d’expérience en joaillerie : nous avons ainsi multiplié le résultat opérationnel de Bulgari par cinq depuis son rachat en 2011 », estime Bernard Arnault.

« LVMH aura aussi à moderniser l’image de Tiffany, notamment auprès des nouvelles générations. Son activité a aussi été malmenée par les turbulences sur le marché américain, avec la baisse de la fréquentation des touristes chinois liée aux tensions commerciales. Selon le cabinet Alliance Berstein, « ses ventes à taux de change et périmètre constants ont augmenté de 2 % en moyenne lors des trois dernières années, soit près de quatre fois moins que celles de ses concurrents ».

La capitalisation de LVMH dépasse 200 milliards en Bourse

« Cette opération, qui intervient au moment où notre marque est engagée dans un processus de transformation important, va apporter à la fois un soutien, des moyens et un élan supplémentaires pour atteindre (nos) objectifs », se félicite Alessandro Bogliolo, directeur général de Tiffany.

« Le capital de Tiffany reste toutefois intact, notamment à l’international. Au-delà des Etats-Unis, son marché historique (56 % des ventes), Tiffany est très populaire en Asie (28 % de l’activité), et surtout en Chine et au Japon (15 %). Mais en Europe, elle reste peu présente (11 %). Ce qui offre à LVMH un large terrain de jeu pour la développer. »

LA CALÉDONIE EN ROUTE POUR LA RELANCE ÉCONOMIQUE

En faisant adopter le projet de Plan de Relance à l’unanimité par le gouvernement, Christopher Gyges donne deux orientations nouvelles à ce qui constituera, avec les mesures à venir sur la fiscalité, un modèle économique original. La première est la méthode, fondée sur la concertation avec les acteurs, la seconde est le contenu, basé sur des concepts plus modernes et surtout, pragmatiques. Avancées.

UNE CONSULTATION SANS PRÉCÉDENT – Comme il s’y était engagé, le membre du gouvernement en charge, notamment, de l’économie, est allé au devant des acteurs de l’économie. Au delà des nécessaires réunions avec les responsables des grandes organisations représentatives comme le Medef et les chambres consulaires, la démarche a consisté à se déplacer sur le terrain -aux Iles, en Brousse, à Nouméa- pour recueillir les avis et les doléances des entrepreneurs. Ceux-la même que l’on ne rencontre jamais, à l’exclusion des campagnes électorales …

DES MESURES ATTENDUES DEPUIS LONGTEMPS : LA SIMPLIFICATION – « Qu’on arrête d’emmerder les entreprises« , cette phrase reprise par un certain nombre d’hommes politiques français n’avait pas, pour l’heure, trouvé écho en Nouvelle-Calédonie.  Au contraire. Avec la taxation des prix, et l’encadrement des marges, jamais les contrôles en tout genre n’ont été aussi nombreux, stressants et pesants pour les entreprises. Ce n’est pas pour autant que la reprise de la consommation, annoncée par le dispositif d’encadrement, a été au rendez-vous.

Les contrôles sont nécessaires, pour éviter les abus. Mais surtout, en plus de quelques concepts économiques archaïques, le territoire n’a eu de cesse de transposer localement les innombrables réglementations métropolitaines, ou pire, européennes. Ce copié-collé, qui ne se limite d’ailleurs pas à l’économie, est souvent à mille lieues de ce qui est raisonnable pour une économie insulaire, dans un marché intérieur de 300 000 habitants.

La simplification administrative et fiscale sera la bienvenue. Elle sera probablement accompagnée d’un développement des pratiques numériques qu’une représentante de l’Estonie présentait récemment à Nouméa, à l’initiative de la Chambre de Commerce.

PRAGMATISME POUR AIDER LES ENTREPRISES, et au premier chef, la reconstitution d’une trésorerie viable pour beaucoup d’entre elles. En plus de dispositions annoncées et avec celle du remboursement des taxes dues, à l’occasion du passage à la TGC, les acteurs économiques en difficulté de cash vont pouvoir respirer. Dans cet esprit, il est important que les collectivités, de plus en plus souvent mauvais payeurs, changent de comportement et que les éventuels mauvais délais de paiement ne mettent plus les entreprises en difficulté.

Incitation aux rapatriements de capitaux, exonérations de charges pour d’éventuelles primes aux personnels, incitations fiscales à l’achat d’équipements verts ou au bâtiment font également partie de la panoplie.

RELANCE DU POUVOIR D’ACHAT – Conforter les emplois existants, en créer de nouveaux, générer de la lisibilité sur le futur proche et redonner de l’optimisme sont des facteurs favorables à la consommation.

Cette dernière a besoin d’une baisse raisonnable des prix qui ne le sont plus. Dans l’esprit des concepteurs du plan de relance, la concurrence et un moyen plus efficace de réduire le coût de la vie que le contrôle économique par les administrations. Après la mise en place des « boucliers qualité/prix », le gouvernement va instaurer, pour les consommateurs, une capacité à comparer les prix avec les magasins concurrents alors même qu’ils effectueront leurs achats. Cette petite révolution devrait avoir un effet dévastateurs pour les commerçants pratiquant des marges excessives.

UNANIMITÉ AU GOUVERNEMENT. ET AU CONGRÈS ?
Le projet a recueilli un vote unanime au gouvernement, ce qui est déjà plutôt un bon signe. Dans l’immédiat, et s’agissant d’une loi du pays, il sera soumis au Conseil d’Etat.

L’étape suivante sera son examen par le Congrès, et c’est le Parlement local qui aura le dernier mot en adoptant ou non les mesures proposées, en les amendant ou non. Phase alors très politique où, sans doute, quelque politique politicienne risque de montrer le bout du nez.

En attendant, la Calédonie espère, avec une économie toujours « encalminée » dans ses difficultés. Pour certains acteurs économiques, au bout du rouleau ou presque, les nouvelles orientations en cours sont la chance ultime. Avant fermeture.

UN JEUNE BANQUIER CALÉDONIEN DANS UN GROUPE SUISSE INTERROGÉ SUR LA CHAÎNE CNBC À PROPOS DES « GREEN BONDS »

Un jeune Calédonien, Xavier Ledru, était récemment interrogé sur la chaîne business CNBC sur le marché des « green bonds », les obligations vertes qui viennent de passer le cap des … 100 milliards de dollars.

Après quelques mois passés par l’Université de Nouvelle-Calédonie, puis un parcours de formations universitaires françaises, Xavier Ledru a commencé sa carrière auprès du cabinet d’avocats Orrick Herrington & Sutcliffe à Paris où il a travaillé dans le département financements structurés, sur des opérations de titrisations, de produits dérivés, de financements de private equity et restructurations. En 2010, il rejoint Société Générale Corporate & Investment Banking comme responsable juridiques Matières Premières.

Il intègre REYL & Cie en 2014 au sein de l’entité Corporate Advisory & Structuring. Il en est aujourd’hui le « deputy head of corporate advisory and structuring ». La banque suisse, Reyl & Cie est un groupe indépendant et actif dans le conseil et l’investissement.

Les green bonds sont des emprunts émis sur les marchés dans le but de financer exclusivement des projets « verts », à l’impact positif sur le climat et/ou l’environnement (énergies renouvelables, réduction des émissions de CO2, etc), et assortis de contraintes de suivi et reporting.

Le France est leader mondial sur ce marché, devant les Etats Unis.

L’interview de Xavier Ledru peut être lue en cliquant sur la photo ou sur le lien qui suit. Elle est également reprise sur la page Facebook de noumeaPost.

https://www.cnbc.com/video/2019/10/28/green-bond-market-faces-adolescence-crisis-but-will-evolve-expert.html

SLN JAMAIS FINI CONTENT

Alors que le nouveau conseil d’Enercal vient de décider un soutien tarifaire d’électricité à la SLN qui peut se monter jusqu’à 1 milliard en cas de cours inférieur à 7,5$ la livre, la société française salue l’effort tout en faisant la fine bouche : « pas suffisant ». Il s’agit pourtant  d’un soutien important après celui des autorisations d’exportation de minerai, et qui fait suite aux années pendant lesquelles la « vieille dame » était l’objet de toutes les attaques. On se souvient en effet de la volonté de Calédonie Ensemble de prendre 51% du capital de la société, ou des déclarations de Daniel Goa sur le « pillage » du patrimoine minier par la SLN. Equilibre.

LES DIFFICULTÉS SONT GÉNÉRALES – Le sauvetage de la SLN est vital pour l’économie de la Nouvelle-Calédonie et l’emploi dans la province Sud. En interne, des efforts de productivité ont été consentis par le personnel, et ils se poursuivent. En matière financière, un prêt d’une soixantaine de milliards a été garanti par l’Etat. Et puis, il y a quelques mois, le territoire avait enfin accordé une autorisation d’exportation de minerai à basse teneur de quelques 4 millions de tonnes par an pendant 10 ans. Cette dernière mesure ouvre une importante rentrée de cash pour le métallurgiste.

Ces efforts sont consentis dans un contexte économique et social dégradé pour la Nouvelle-Calédonie. Comptes sociaux en situation de faillite, coupes drastiques dans les finances publiques, secteurs économiques en difficulté : tout le territoire est touché par la crise.

SOUTENIR LA SLN SANS PÉNALISER LES AUTRES
La mesure de soutien supplémentaire adoptée par le conseil d’administration d’Enercal, obtenue d’ailleurs de haute lutte puisque l’ancien conseil y aurait probablement été hostile, tient compte de 3 impératifs : apporter un soutien tarifaire à la SLN, ne pas mettre en difficulté l’emploi au sein d’Enercal, et enfin, ne pas imposer d’augmentation du coût de l’électricité aux Calédoniens.

Les comptes d’Enercal, d’ailleurs, extrêmement contraints, doivent également être suivis avec attention.

C’est dans ces conditions d’équilibre que la Nouvelle-Calédonie -le déficit d’Enercal devrait, le cas échéant, être comblé par la collectivité- a cautionné la mesure en faveur de la SLN.

Pas suffisant ? Au cours actuel du métal, et donc du minerai exporté ? Eramet et la SLN, dont le directeur général était autrefois plus important que le « gouverneur », nous ont habitué à cette rhétorique. Comme dirait l’autre, « SLN jamais fini content« .