Archives de catégorie : Economie

BLOCAGE/TARIFS AIRCAL : LES CONTRIBUABLES DU SUD VONT-ILS (ENCORE) PAYER ?

Les avions d’Air Cal ne se poseront pas à Lifou, ainsi en ont décidé les autorités coutumières. Fort Bien. Motif : elles estiment que les usagers de l’île n’ont pas à payer  une partie des coûts supplémentaires liés à la crise du Covid-19 par une augmentation de 350 francs par billet. Question : qui va alors payer ? La France (qui paie, qui paie) ou les contribuables, majoritairement de la province Sud ?

C’est une vérité organique et monétaire : l’argent ne pousse pas sur les arbres. Qui finance donc Air Calédonie ? Les clients et les collectivités.

Mais sous ce vocable anonymisant de « collectivité » se cache la dépense publique. Or, qui alimente la dépense publique ? Le contribuable. Il le fait au travers des impôts directs, dont l’impôt sur le revenu des personnes physiques, l’IRPP, au travers de l’économie, dont notamment l’impôt sur les sociétés, et au travers de la consommation par … les consommateurs.

Globalement, tout cela forme la ressource fiscale de la Nouvelle-Calédonie, redistribuée pour partie aux provinces et aux communes. D’où vient cette ressource assurée par les contribuables et les consommateurs ?

Réponse : à 92% des contribuables de la province sud, à 6% des contribuables de la province Nord, et … à 2%, des contribuables de la province des Iles Loyauté. Quant aux consommateurs, il suffit de rappeler que 76% de la population habite et consomme en province Sud. Tout cela à epsilon près.

S’il faut donc que les « collectivités » renflouent seules Air Cal, ce sont en réalité les contribuables qui le feront, et donc essentiellement ceux de la province Sud. A moins que ce cochon de contribuable métropolitain …

LA COUR DES COMPTES « FLINGUE » LA DÉFISC NICKEL EN CALÉDONIE ET RECOMMANDE LA SUPPRESSION DE LA DÉFISCALISATION « GIRARDIN »

La Cour des Comptes a adressé au Premier ministre le 3 janvier dernier, un rapport saignant sur « Vingt ans de soutien financier de l’État à la filière du nickel en Nouvelle-Calédonie ». Doutes sur le remboursement des dettes et sur l’efficacité économique du dispositif, risques jugés élevés, évocation de risques de fraude, la charge est violente. Elle se conclut, naturellement pourront-on dire, par une recommandation visant à supprimer le régime de défiscalisation Outre-mer …

CRITIQUES ET RISQUES SUR LES PRÊTS ACCORDÉS AUX USINES
Le rapport des « sages de la rue Cambon » ne fait guère dans la nuance. Les têtes de chapitre donnent le ton.

« Prêt risqué de l’AFD (20 milliards CFP en 2011 ndlr) visant à accompagner la construction de l’usine KNS » avec en commentaire  » Le risque de non remboursement du prêt de l’AFD demeure, comme en témoigne le provisionnement élevé de la créance par l’AFD. » Pour la SLN, le prêt de 24 milliards CFP accordé en 2016 court le risque de ne pas être remboursé dans de bonnes conditions en 2024, sauf « en cas de succès du plan de sauvetage mis en oeuvre par l’entreprise et de conditions externes à celle-ci (cours du nickel, poursuite des autorisations d’exportation, prix de l’électricité) ».

Notant aussi bien que la compétitivité de cette entreprise repose en grande partie sur la nouvelle centrale électrique, et rappelant les différents pataquès ayant affecté ce dossier,  » la Cour recommande de clarifier les conditions du fonctionnement futur et du financement de la centrale avant d’octroyer la garantie de l’État. »

Quant à Vale NC, bénéficiaire d’un prêt de 24 milliards CFP en 2016 au travers de Vale Canada, même si la Cour constate la régularité des remboursements effectués, « il convient de s’assurer du remboursement de ce prêt de 200 M€, qui doit, au plus tard, intervenir de façon échelonnée entre 2021 à 2026″. Enfin, sur la garantie accordée pour le financement de Lucy,  » Compte tenu du départ annoncé de Vale de Nouvelle-Calédonie, la Cour recommande que la garantie à un éventuel repreneur fasse l’objet d’un réexamen. »

SCEPTICISME SUR LA CAPACITÉ DES ENTREPRISES À REMBOURSER
Sur l’ensemble de cette œuvre, la Cour des Comptes affiche son scepticisme sur la capacité des emprunteurs à rembourser intégralement leur dette. Certes, les Sages reconnaissent que  » les interventions de l’État, notamment en 2016, étaient nécessaires pour pallier les difficultés rencontrées en raison de la baisse des cours et compte tenu de l’importance du nickel dans l’économie calédonienne« . Mais  » force est de constater qu’elles n’ont pas permis, à ce jour, de rétablir durablement la situation des entreprises et que des incertitudes subsistent sur la capacité de ces dernières à faire face aux engagements contractés à l’égard de l’État. »

RÉQUISITOIRE CONTRE LE RÉGIME DE DÉFISCALISATION
Mais c’est surtout la Loi dite « Girardin » instaurant un régime de défiscalisation qui est dans le collimateur de la Cour des Comptes.

Les titres suffisent à exprimer l’analyse des juges. « Régime complexe, coûteux, à l’efficacité incertaine », « charges financières et administratives significatives pour l’Etat », « efficacité économique très incertaine », « inefficience inhérente au dispositif« , et pour faire bonne mesure, « risque élevé de fraude« .

SUPPRIMER LE RÉGIME DE DÉFISCALISATION « GIRARDIN »
Les recommandations de la Cour formulée au Premier ministre sont au nombre de trois. La première concerne la clarification du fonctionnement et du financement de la future centrale électrique, la seconde est relative à la suite des garanties accordées à Vale suite au retrait prévu de cette société.

Mais c’est surtout la troisième recommandation, réitération de la position de la Cour, qui est violente :  » supprimer le dispositif de défiscalisation « Girardin » en faveur des investissements productifs (suppression déjà recommandée par la Cour dans son rapport public annuel de 2012) ». Avec en lieu et place,  » des mécanismes de soutien accordés par les collectivités de Nouvelle-Calédonie et, le cas échéant pour les projets les plus importants, par des aides financières de l’État ou de Bpifrance. »

En clair, les contribuables calédoniens doivent se substituer aux contribuables métropolitains. En quelque sorte, l’autonomie ne peut prétendre à recevoir le beurre et l’argent du beurre …

La réponse du Premier ministre a, pour l’instant, été politique et d’attente. Avec, évidemment, l’assurance que les arguments de la Cour des Comptes sont considérés avec toute l’attention qu’ils méritent.

LA PROVINCE NORD CONTRE LES EXPORTATIONS DE MINERAI DEMANDÉES PAR LA SLN ET VALE NC

La « doctrine nickel » de la province Nord va-t-elle s’imposer à la Nouvelle-Calédonie ? Réponse à cette question dans quelques jours à propos des autorisations d’exportation de minerai pauvre demandé à la fois par la SLN et par Vale NC. En jeu, la survie des entreprises.

Résumé. Deux usines de traitement de minerai de nickel sont implantées en province Sud. La province Sud accueille 76% de la population calédonienne, contribue à la ressource fiscale totale pour 92%, et redistribue ce produit à 50% au bénéfice de des provinces Nord et Iles.

Ces deux usines, représentant 2500 emplois directs, et 4 fois plus en emplois indirects et induits, sont en danger de mort. La SLN va épuiser avant la fin de cette année sa trésorerie elle même issue d’un emprunt de 63 milliards -deux fois et demie l’emprunt Covid de la Calédonie-, et sa pérennité est en jeu. Quant à Vale NC, après avoir perdu des dizaines de milliards FCFP dans un climat général difficile, la maison mère, Vale, a décidé de jeter l’éponge. Pour l’instant, elle essaye de rendre les comptes de la société ainsi que la qualité écologique de sa production, plus « sexy ». Pour s’en sortir, et trouver éventuellement repreneur, elle a besoin, financièrement, d’exporter du minerai qu’elle ne peut traiter dans ses installations.

La chute de ces deux mastodontes affecterait la Calédonie entière, mais surtout, au premier chef, la province Sud.

Dans un document, la province Nord fait connaître sa position sur le texte accordant d’éventuelles autorisation. « La Province Nord n’abondera pas dans le sens de cet avant-projet de texte, qui consacre, par millions de tonnes et par les métallurgistes locaux, l’exportation de minerai brut … et l’accélération de l’appauvrissement des sous-sol calédoniens parce que les actionnaires et fonds de pension de ces deux groupes multinationaux ont privilégié d’autres investissements et dans d’autres Pays que la Nouvelle Calédonie. »

Survie économique contre doctrine : aucune note n’indique qui risque de trinquer. Les salariés, les entreprises, les recettes fiscales, les recettes sociales, la Cafat et la province Sud. Mourir tout de suite, ou être en vie mais souffrant demain, that is the question.

 

LIBÉRATION DE L’ALCOOL LE WEEK END MAIS « BOTTLE SHOPS » ET CONTRÔLE DES VENTES RENFORCÉ

Engagement tenu pour Sonia Backes et l’Avenir en Confiance. Un nouveau dispositif de vente d’alcool en province Sud va être soumis ce matin à l’assemblée qui résulte d’abord d’un constat : l’inefficacité de l’interdiction de vente d’alcool le week end, et donc le fait de pénaliser inutilement l’immense majorité des Calédoniens sans empêcher les dérives de quelques centaines d’ivrognes.

La mesure prévoit donc, en même temps que la levée de l’interdiction de vente d’alcool le week end en province Sud, un contrôle plus sévère pour sa délivrance.

Désormais, dans les surfaces commerciales, l’alcool devra être placé dans un espace dédié et ne pourra pas être acheté « comme une baguette de pain ou un nem« , indique la présidente de la Province.

L’acheteur devra présenter une pièce d’identité, et donc justifier qu’il n’est pas mineur.

Accessoirement, mais la mesure n’est pas accessoire, la vente à la sauvette, le marché noir ou le non-respect des nouvelles règlementations par les commerçants de la place sera passible d’une amende. Jusqu’ici de 1 million de francs, elle sera désormais de 5 millions. Plus dissuasif …

ERAMET : PREMIÈRE COULÉE DE PIG IRON À WEDA BAY INDONÉSIE

20 mois tout juste après la pose de la première pierre de l’usine de Weda Bay, c’est à dire en avance sur le calendrier, Eramet et son partenaire chinois Tsingshan ont procédé à la première coulée de fonte de nickel, ferronickel à basse teneur. Une performance. Et un concurrent pour le SLN25 produits par la SLN ? Développement.

UN GISEMENT DE TAILLE MONDIALE
Initialement estimé à 4 millions de tonnes de nickel contenu, le gisement de Weda Bay s’est révélé infiniment plus riche : 9,3 millions de tonnes de nickel contenu. Ce qui en faisait le plus grand gisement de nickel au monde encore non exploité !

Le contrat avec l’Etat indonésien qui prévoit une durée d’exploitation de 30 ans, et renouvelable 2 fois pour 10 ans. Une opportunité exceptionnelle pour les deux industriels.

30 000 TONNES PAR AN
Pour le développement de son projet de Weda Bay, Eramet s’est associé au géant chinois Tsingshan, premier producteur mondial d’acier inoxydable. C’était en 2017. Dans ce deal à 57% pour Tsingshan, et 43% pour Eramet, le groupe français est en charge de l’extraction et de la sauvegarde de l’environnement, et la société chinoise a construit l’usine. Duo gagnant : l’unité métallurgique est partie pour fabriquer 30.000 tonnes de pig iron par an.

SECONDE USINE POUR LES BATTERIES
Cette phase ne constitue qu’une première étape. Eramet poursuit en effet ses études pour la mise au point d’une usine hydrométallurgique pour la fabrication d’un nickel commercialisable dans la fabrication des batteries.

C’est aujourd’hui la vocation de la SLN. Demain, ce sont les coûts de production qui détermineront les préférences.

VALE : 2 PROJETS EN INDONÉSIE
Accessoirement, Vale a deux projets dans les tuyaux en Indonésie, des projets que la compagnie souhaite développer avec des partenaires en joint venture.

L’un est le projet de Bahodopi qui vise une production de 70.000 tonnes, développé avec un partenaire chinois. L’autre est situé à Pomalaa avec Sumitomo Metal Mining, et dont l’objecif est de produire 70.000 tonnes par an d’un nickel convenant pour la fabrication des batteries.

UN RETOUR À LA CROISSANCE EN FIN D’ANNÉE
Crise de Covid-19 oblige, la consommation industrielle s’est tassée. La Chine se trouve aujourd’hui pourvue de réserves importantes, mais qui vont lentement décroître avec la reprises des activités.

Pour l’analyste Andy Farida,  la demande globale de nickel a diminué de 5,3% depuis le début de l’année et, selon lui elle va de nouveau se contracter au seconde quart de l’année. Mais il estime que la demande va ensuite se stabiliser au cours du troisième quart 2020. Sa vision est plus optimiste pour le dernier quart de cette année avec, toujours selon lui, un retour à la croissance de la demande de 3,5%.

ET LA SLN ?
La SLN ainsi que Vale NC en cours de négociations pour une cession, et tout comme Koniambo, est plongée dans des difficultés aggravées par la chute des cours.

Seule, cependant, la Société Le Nickel est une entreprise française. Sur la voie d’efforts conséquents pour redresser sa compétitivité, elle est en train de consommer son solde de trésorerie provenant du prêt de 63 milliards obtenu il y a 3 ans. Pour elle comme pour Vale NC, les autorisations d’exportation de minerai sont vitales.

La division Alliages haute performance (notamment Aubert&Duval) réorganise actuellement les ateliers de production de ses usines pour assurer la continuité des opérations industrielles dans les respect des mesures sanitaires contre le coronavirus. Cette adaptation conduit à la réduction, voire à la suspension temporaire de certaines activités industrielles en France, précise Eramet. Plus de la moitié de cette division est liée au secteur aéronautique.

Sur le marché du nickel, la qualité SLN conserve cependant ses atouts. Mais dans le « monde d’avant » comme dans le « monde d’après », la compétitivité, et donc le prix de commercialisation, demeurera un facteur clé de réussite.

GROSSE BAISSE PROBABLE DU PRIX DE L’ESSENCE : les Calédoniens vont sûrement profiter de l’effondrement des cours

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C’est un véritable vent de folie qui souffle dans le monde du pétrole. Le baril était coté négativement lundi dernier, historique ! En clair, les producteurs sont prêts à vendre le baril sous son prix de revient. Les Calédoniens vont évidemment en bénéficier.

Pourquoi une telle invraisemblable situation ? Simple. La crise du Covid-19 a provoqué une chute vertigineuse de la consommation de pétrole dans le monde. Industries à l’arrêt, avions bloqués sur les tarmacs, et pendant ce temps là, les puits de pétrole continuent de cracher l’or noir.

Et c’est là que se situe le problème des producteurs. Certains capacités de stockage, notamment aux Etats Unis, sont arrivées à saturation. Mais l’extraction ne peut être stoppée brutalement, et elle se poursuit.

Il faut donc impérativement déstocker pour accueillir la production. D’où la chute des prix, jusqu’à ce jamais vu : des prix négatifs.

Bien entendu, la répercussion des cours pourra profiter aux automobilistes calédoniens, avec l’effet retard habituel. Mais qu’importe, la baisse des prix à la pompe risque d’être, elle aussi, sans précédent …

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PRIX.NC PERMET DE COMPARER LES PRIX DES SUPERMARCHÉS

Christophe Gyges s’y était engagé en fin 2019, il a annoncé sa mise en service lors du point de presse de cet après midi : Prix.nc, l’application capable de comparer le prix de milliers de produits dans les supermarchés de Nouvelle-Calédonie est désormais disponible. Un sacré coup de pouce à la concurrence !

Elle est téléchargeable gratuitement sur smartphone, aussi bien sur Android que sur Apple. Pour les propriétaires d’Iphones, il est recommandé de passer par la plate forme d’Apple Store.

L’utilisation est très simple. Une fois l’application prix.nc téléchargée, les produits peuvent être inscrits dans une fenêtre, et la recherche permet d’afficher les prix de chaque famille de produits dans les principaux supermarchés et hyper de l’agglomération, mais aussi de l’intérieur et des Iles.

Le résultat est saisissant. Des écarts de prix peuvent atteindre, voire dépasser les 20% !

L’application prix.nc permet également de scanner les étiquettes et d’obtenir immédiatement les prix … des concurrents.

Nouvelle technologie, rapidité de réalisation, service rendu au consommateur, parole tenue, l’actuel gouvernement nous étonne positivement.

Le Plan de Soutien Économique du gouvernement

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a arrêté deux projets de délibération du Congrès qui constitueront le plan de sauvegarde de l’économie calédonienne dans le cadre de la crise du coronavirus Covid-19. 

Pour accéder à l’intégralité des mesures, cliquer sur les images ci-dessous

La synthèse des mesures et les explications
Le Plan de Sauvegarde – Texte intégral

Chute de l’immobilier de 50% à Sydney et Melbourne : la prédiction controversée de Harry Dent

Harry Dent est un expert américain, d’autant plus respecté qu’il avait prédit la crise des subprimes en 2007. Pour lui, les prix de l’immobilier en Australie sont les plus surévalués au monde avec Hong Kong et la Chine. Il prédit une chute de 50% dans le futur proche, à Sydney et à Melbourne.

L’Australie subira un premier ralentissement consécutif au ralentissement chinois, indique-t-il. Et pour lui, la crise mondiale qui s’annonce pourrait être pire que celle de 1929.

Mais Harry Dent a aussi ses détracteurs. Ceux-ci soulignent que ses prédictions à la baisse pour l’immobilier de Sydney avaient été suivies par … une hausse de 75%.

@Le Petit Journal – « Alors que le coronavirus continue sa progression, un millions d’Australiens pourraient perdre leur emploi au cours des prochains mois et le prix des logements chuter de 50 % lors des 3 prochaines années. 

« L’économiste américain Harry Dent, connu pour avoir prédit la crise immobilière américaine de 2007, a notamment déclaré que le covid-19 pourrait plonger l’Australie dans une période de récession prolongée de 2 à 3 ans marquant ainsi la première crise depuis le début des années 1930.

« Le prix médian d’une maison à Sydney pourrait ainsi tomber à 500 000 $ d’ici 2023 et le taux de chômage être 3 fois supérieur à aujourd’hui dans les mois à venir.« 

Cliquer sur les images pour lire les contenus

Internewscast
L’article du Daily Mail Australia

TROP PERÇU DE 4 MILLIARDS REMBOURSÉ AUX ENTREPRISES : PAROLE TENUE

Dans le milieu politique, il est fréquent de souligner que bien souvent, « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent », ou pire, que « les promesses rendent les couillons joyeux » ! Ce n’est pas le cas pour l’engagement de restituer par anticipation aux entreprises calédoniennes l’avance sur droits et taxes de 4 milliards qui leur avait été imposée lors de l’instauration de la TGC, un engagement formulé par l’Avenir en Confiance pendant la campagne pour les élections provinciales. Inscrit par Christopher Gyges dans le projet de loi de relance présenté par le gouvernement Santa en fin d’année dernière, puis voté par le Congrès, ce remboursement a fait l’objet d’un accord de prêt de la BCI et de la BNC pour son financement, accord signé le 18 mars dernier. Les versements sont en cours. Parole tenue.

Lors de la période de mise en marche de la TGC, les entreprises calédoniennes avaient été taxées … par deux fois en raison d’une période de superposition des régimes fiscaux ancien et nouveau touchant à leurs stocks. L’ancien gouvernement avait remboursé une moitié du trop perçu, et s’était engagé à restituer le solde sur plusieurs exercices, en utilisant notamment une procédure de crédit d’impôt.

Ainsi, dans une conjoncture déjà difficile, le monde économique calédonien avait du subir une importante dépense de trésorerie, alors que déjà, les recours bancaires devenaient plus hypothétiques.

Annoncé par l’Avenir en Confiance lors de la campagne pour les élections provinciales, puis inscrit et voté dans la loi de relance économique fin 2019, ce remboursement anticipé est très important : pratiquement 4 milliards qui sont progressivement versés à 1100 entreprises.

Un processus infiniment plus souple que des déductions fiscales ou même que le processus administratif de mandatement a été choisi compte tenu des circonstances. C’est l’Agence pour le Remboursement des Taxes à l’Importation (Arti) qui a effectué l’emprunt (BCI 2,5 milliards, et BNC 1,5 milliard) et qui assure les remboursements aux entreprises.

Quant au prêt contracté, ses échéances seront assurées sur les recettes de la TGC à raison de 1 milliard 350 millions par an.

Depuis, la crise du Covid-19, la situation des entreprises calédoniennes s’est considérablement dégradée. Nul doute que dans un paysage économique de désolation, cette injection de fonds, inespérée il y a quelques mois, sera particulièrement appréciée.