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Le Medef met la pression – La TVA en 2016 ?

Boucher des trous du budget, telle était en résumé la vocation des deux impôts votés en décembre par une majorité du Congrès. Un impôt de solidarité qui touche tous les salaires. Une majoration de l’impôt libératoire lors de la distribution des dividendes par une société. 

Rien à voir avec une réforme fiscale susceptible de répondre durablement aux besoins budgétaires des collectivités de la Nouvelle-Calédonie, tout en simplifiant notre régime fiscal frappé d’archaïsme et d’une complexité inutile. Commentaire.

Le « producteur de ressources fiscales »
L’impôt, qui figure dans la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, a pour objectif premier de faire fonctionner la démocratie. Les citoyens financent donc la bonne marche des assemblées démocratiques ainsi que les politiques publiques décidées par le peuple via les dites assemblées.

Compte tenu des charges, des coûts parfois exorbitants, des besoins de toute nature et d’une économie encore trop soumise aux aléas du marché du nickel, les ressources fiscales des collectivités calédoniennes deviennent insuffisantes.

Les subventions d’équilibre de l’Etat au cas où … étant à la fois d’un autre âge institutionnel, et plus qu’improbables, il faut bien « trouver l’argent là où qu’elle est », ainsi que le disait avec justesse une personnalité locale. C’est là que le calcul doit être juste, pour ne pas tuer le « producteur des ressources fiscales » : l’entreprise calédonienne.

Plus d’Economie, plus de recettes fiscales
Conditionnée depuis quelques décennies par le socialisme de gauche comme de droite, la France avait oublié cette vérité essentielle : c’est l’entreprise qui crée la richesse d’un pays, et donc ses ressources fiscales. Le réveil, actuel, est brutal. Le Premier ministre socialiste, Manuel Valls, en est réduit à affirmer à Paris, à Londres ou à Pékin : « j’aime l’entreprise, j’aime l’entreprise » !

Mais les fausses vérités françaises ont auparavant percolé, vers la Nouvelle-Calédonie. Selon une règle de la gauche modèle 81 : pour alimenter le budget, il n’y a qu’à créer des impôts ! Simple. Sauf que cette simplicité, poussée jusqu’à la stupidité, est en train de tuer notre fragile économie. A terme, plus d’économie, mais des impôts … sans recette.

L’impôt idéal ?
L’exigence aujourd’hui est qu’il faut donc à la fois trouver la ressource pour les budgets, et desserrer un étau fiscal et administratif qui peu à peu, étrangle l’entreprise calédonienne et fait fuir les investisseurs.

Cette ressource nouvelle, la plus évidente, adoptée dans tous les pays modernes, est évidemment la TVA. Répartie sur la plus grande assiette possible, son faible taux génère un fort rendement. C’est donc l’occasion de simplifier notre labyrinthe fiscal, et de supprimer une partie des impôts existants.

Impôt indirect, il est proportionnel au niveau de consommation. Celui qui achète beaucoup parce qu’il en a les moyens, paie davantage d’impôt que celui qui achète moins par que ses moyens sont modestes. Il peut prévoir des allègements pour les faibles revenus, s’adapter aux besoins de protection de la production locale, et même se moduler en fonction des secteurs d’activité, si besoin est.

Est-ce l’impôt idéal ? Il peut s’en approcher s’il est bien conçu. Et s’en éloigner, s’il est dévoyé.

Les affaires courantes … de tout élu
Le Medef vient d’écrire à Philippe Germain, le ministre de l’économie et de la fiscalité pour l’inviter à mettre en oeuvre la poursuite du chantier de la TVA.

Celle-ci était prévue pour début 2016. Le calendrier sera difficile à tenir. Sauf qu’en dépit de la situation actuelle du gouvernement, rien n’empêche les élus, leurs équipes et les administrations de travailler.

Concertation avec les partenaires sociaux, les autres institutions, les Chambres, les consommateurs relèvent bien en effet des affaires courantes. Les affaires courantes de tout élu.

Jérôme L.

Valé et Eramet pourraient-ils « quitter » la Calédonie un jour ?

Tenir ses engagements, c’est ce qui crée la confiance, en économie comme dans d’autres domaines. L’inverse est vrai. C’est cet inverse qui se passe avec la « commission d’enquête » sur l’attribution du permis de recherche pour le gisement de nickel dit « Proxy-Pernod », dans le sud de la Calédonie.

La commission d’enquête, compte tenu du climat dans lequel elle s’est décidée, a valeur de « mise en examen » pour les deux industriels mis en cause. Jugement : le 30 juin prochain.

Curieuse manière de traiter un groupe mondial comme Valé, majeur en matière de mine et de métallurgie, qui a pris un risque de 600 milliards de FCFP pour construire une usine chez nous, usine dotée d’un procédé industriel expérimental, c’est à dire à risque.

Un groupe qui a englouti Inco, et a pris sa suite dans cette aventure industrielle.

Or, il avait fallu 35 ans pour convaincre Inco, alors numéro un mondial du nickel, d’investir en Nouvelle-Calédonie.  Pour aboutir, Jacques Lafleur avait déployé des trésors de persuasion, et offert des conditions d’investissement aussi favorables que dans des pays lancés dans une telle quête.

Ce faisant, il montrait à d’autres groupe mondiaux qu’il était crédible d’investir lourdement en Calédonie.

Après le succès de l’usine pilote d’Inco, le parcours de l’usine à l’échelle réelle a été le plus compliqué qui soit. Matériel incendié, difficultés sociales et environnementales, déboires avec l’ingénierie, arrêt du chantier pendant de longs mois : la panoplie complète de ce qui aurait pu amener le repli de la société.

Aujourd’hui, cette usine, compte tenu de son retard par rapport aux objectifs de production, fait un peu figure de « canard boiteux » au sein du géant brésilien. Mais ses équipes tiennent bon. Les centaines d’employés locaux y croient. Son échec, faut-il le souligner, ferait l’effet d’une bombe thermonucléaire dans l’économie calédonienne.

La Calédonie est-elle le seul endroit au monde où l’on puisse s’approvisionner en nickel ? Certainement pas. Toutes ces réflexions valent évidemment pour le groupe Eramet, français de surcroît, et qui prudemment, poursuit la diversification de ses approvisionnements …

Il existe un schéma catastrophe à moyen terme, relevant bien sûr de la fiction totale. Ce schéma qui serait le pur produit d’une imagination délirante, c’est l’abandon de l’usine Doniambo par Eramet, devenu minoritaire dans la SLN, et la fermeture de Valé à l’issue de nouveaux dommages industriels. Resterait la totalité du domaine minier. Pour qui ?

Plages de Calédonie : non référencées sur Tripadvisor !

Magnifique : 10 ans après le rapport fumeux sur le Plan de Développement Concerté de la Nouvelle-Calédonie (PDTNC), notre destination a pratiquement disparu des écrans radar mondiaux en matière de tourisme !

Dans les années 2000, les japonais avaient élu la plage de Kuto à l’Ile des Pins « plus belle plage du monde ». Et il faut avoir que c’était mérité. Nous avons des plages qui méritent de figurer parmi les 25 plus belles plages du monde. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder celles retenues cette année par cette autorité de conseil au voyage qu’est désormais Tripadvisor.

La plage de Sancho au Brésil n°1-photo TripAdvisor
La plage de Sancho au Brésil n°1-photo TripAdvisor

Pour faire simple, disons que la plage de Sancho sur l’archipel brésilien Fernando de Noronha est n°1 mondiale. Une plage des Whitsundays, en Australie est n°9 et la plage Maunganui à Mount Maunganui en Nouvelle-Zélande ferme le classement en 25e place.

n°25 La plage de Maunganui en Nouvelle Zélande-photo TripAdvisor
n°25 La plage de Maunganui en Nouvelle Zélande-photo TripAdvisor

Pour votre information, les hôtels n°1 et n°2 sont le Château Royal et l’hôtel Le Lagon. Quant aux restaurants, sans surprise -et bravo-, le n°1 est le P’tit Café, et le n°2 la Table des Gourmets.

CCI : DEVRA FAIRE MIEUX

Le rapport de la Chambre Territoriale des Comptes est sévère pour la Chambre de Commerce,. Mais il est de tradition qu’une Chambre des Comptes soit sévère.

Principaux points visés : le dépassement du coût de l’aéroport de Tontouta, accessoirement, le coût du cocktail d’inauguration, et la gestion des ressources humaines avec, notamment, l’avantage du 13e mois consenti sans l’aval du Congrès que la Chambre estime obligatoire.

En ce qui concerne l’aéroport, Dieu merci, le chantier a pu être terminé après 2 années de retard et un surcoût important, points effectivement critiquables. Pourtant, aujourd’hui, tout le monde se félicite de la qualité de cet équipement moderne et fonctionnel, ainsi que de son architecture. Il est vrai que Jacques Rougerie, l’architecte, est l’un des plus brillants de sa génération, et, qu’à l’international, par exemple, on lui doit le projet de Musée sous-marin d’Alexandrie, pure merveille.

Le coût de l’inauguration et le 13e mois au personnel ont déjà fait débat.

Quant à la question sérieuse du financement de la Chambre, quelles pistes proposer ? Et qu’en est-il du financement des autres chambres consulaires ?

La réalité, c’est que l’examen douloureux des comptes effectué, c’est une nouvelle équipe qui est en place.

Elle ne remettra certainement pas en cause les avantages salariaux acquis. Elle s’attachera à réaliser des économies de gestion.

Elle devra réfléchir, elle aussi et avec les partenaires concernés, à améliorer la fréquentation -donc les résultats- de l’aéroport. Et là, une seule piste possible : le développement du tourisme. Un développement à l’évidence compromis à partir de 2004, et depuis, sans ressort.

Elle pourra imaginer des ressources plus pérennes pour l’établissement. Que font les chambres consulaires en métropole ?

Tels sont les vraies sujets auxquels devront s’atteler les nouveaux responsables de la Chambre de Commerce de Nouvelle-Calédonie. Une fois les émois du rapport sur ses comptes passés.

Aircalin : presque l’équilibre en 2014

La compagnie Aircalin vient de réaliser son meilleur résultat de puis plusieurs années : un déficit limité à 107 millions pour l’exercice 2014, autant dire quasiment l’équilibre pour un chiffre d’affaires supérieur à 17 milliards FCFP.

Certes, la baisse du prix du carburant y est pour quelque chose. Mais pas que. Le marché calédonien est à nouveau en croissance, tout comme les marchés japonais, australiens et néo-zélandais. Seul, le marché métropolitain est en repli, pour cause de crise économique, mais également, de restrictions au dispositif de continuité territoriale.

Seul hic : ACI a du consentir des efforts tarifaires, aussi bien pour les touristes que pour les voyageurs calédoniens, ce qui réduit sa recette unitaire. Mais le maintien d’une croissance passagers est à ce prix.

Autre effort : l’ouverture demandée par les hôteliers de la ligne Melbourne. Celle-ci est pour l’instant lourdement déficitaire. La Nouvelle-Calédonie, au travers de l’Agence pour le Desserte aérienne, comble en grande partie ces pertes, le reste est à la charge du transporteur local.

Pour 2015, l’approche de la compagnie est prudente et se veut réaliste. Pour autant, elle affiche de solides ambitions pour la croissance des marchés touristiques, ce qui est une bonne nouvelle pour les autres acteurs du tourisme.

Et déjà se profilent d’importantes décision à prendre dès cette année, telle le renouvellement de la flotte. Gros investissement. Mais les avions actuels seront bientôt trop gourmands en maintenance comme en carburant. Il est donc impératif de les remplacer par des aéronefs de nouvelle génération. Plus économiques.

Air Tahiti Nui vient d’opter pour des Boeing. Aircalin devra choisir à son tour. Dès cette année.