Archives pour la catégorie Economie

ECONOMIE : L’EMPLOI EN BAISSE … MAIS TOUT VA BIEN ! Quand dira-t-on toute la vérité aux Calédoniens ?

L’IEOM vient de publier son rapport sur l’économie calédonienne en 2016. « Année de contraste », avec un double record de production de nickel métal, et d’extraction de minerai de nickel. La performance à l’exportation est « satisfaisante » et les résultats du tourisme sont en hausse. Au plan intérieur, l’immobilier des ménages a eu « un très bon comportement ».

En revanche, le marché de l’emploi s’est fortement dégradé. En clair, le nombre de demandes d’emploi a augmenté tandis que celui des offres d’emploi a diminué. Mais compensé par … l’emploi public qui a enregistré une croissance de 1,3% en 2016.

Mais tout de même, le rapport note que la situation des collectivités publiques accuse une hausse de 20% de l’endettement qui demeure néanmoins à un niveau raisonnable. « L’endettement des collectivités est soutenable, mais le rythme de cet endettement ne l’est pas ».

Au total, la Calédonie est en bonne santé, à part une petite gangrène qui la ronge progressivement. Pas d’inquiétude, donc !

L’EMPLOI EST L’INDICATEUR IRRÉFUTABLE DE LA SANTÉ ÉCONOMIQUE
Il n’est qu’à se souvenir de la course effrénée à la réduction du chômage pendant le quinquennat de François Hollande pour affirmer qu’en économie aussi, une hirondelle ne fait pas le printemps.

Certes, le rapport rend compte de vérités, et la crédibilité de ses énoncés ne peut être mise en doute. Mais au total, au delà des secteurs « bien orientés », ou « orientés positivement », faut-il lire entre les lignes ?

Quant l’emploi se dégrade, il y de quoi s’interroger.

PLUSIEURS CENTAINES D’EMPLOIS PRIVÉS DÉTRUITS
C’est le principal enseignement de l’année 2016 du document de l’Institut d’Emission : « LE DÉFICIT DU MARCHÉ DU TRAVAIL CONTINUE À SE CREUSER EN 2016 – Les tensions s’intensifient sur le marché de l’emploi en 2016, avec un écart toujours croissant entre le nombre de demandeurs d’emplois en fin de mois (+9,7 % sur un an en moyenne annuelle) et les nouvelles offres d’emploi déposées (-13,5 %).
Le nombre d’entreprises employeuses se stabilise (-0,3 % en 2016, après -3,9 % en 2015). Le nombre total d’emploi salarié diminue de 0,4 % en moyenne annuelle, soit une destruction nette d’environ 350 emplois. Ces destructions concernent le secteur privé (680 emplois perdus, principalement dans les secteurs de l’industrie, du commerce et de la construction) »

LES COMPTES PUBLICS PLOMBÉS PAR LA CRÉATION DE … 331 EMPLOIS PUBLICS !
Tout se passe comme en métropole ces dix dernières années avec le résultat que l’on sait : les collectivités recrutent, sans se rendre compte que ces charges ont pour bail une génération. En terme économique, avec une hypertrophie du secteur public qui atteint les 30% du PIB, c’est à dire une charge insoutenable pour les 20 ans qui viennent, la Nouvelle-Calédonie s’achemine inéluctablement vers une quasi-faillite.

Affirmer que la création d’emplois publics « compense » la destruction d’emplois privés n’est pas économiquement pertinent.

ON NE PARLE PAS DES COMPTES SOCIAUX …
« Tout va très bien Madame la Marquise », mais qu’en est-il des comptes sociaux ?

Avec un régime de couverture sociale PARMI LES MEILLEURS DU MONDE, la Calédonie va rapidement se trouver en panne de moyens pour satisfaire ses excessives prétentions. Avec un Ruamm qui explose, un Médipôle dont les coûts réels n’ont pas été annoncés sauf des dizaines de recrutements supplémentaires, des couvertures maladies et sociales de plus en plus onéreuses, le prochain gouvernement va devoir annoncer une partie de la vérité aux cotisants et aux contribuables.

DES RECORDS DONT ON NE DIT PAS TOUT
Certes, avec 3 usines métallurgiques, la production de nickel métal a été au plus haut en 2016, et c’est heureux. Mais avec des coûts au dessus des cours mondiaux, les pertes des entreprises s’accumulent.

Certes, la production de minerai atteint des records. Mais pour quel prix de vente, et quelle marge pour les exploitants ?

Certes, le tourisme gonfle la poitrine avec une année record d’arrivées. Mais on oublie de préciser que les chiffres recèlent, à côté des Australiens, Néo-Zélandais, Japonais et Métropolitains, près de 30.000 autres, … essentiellement constitués de Vanuatais, de Wallisiens, de Futuniens et de Polynésiens !

L’OPTIMISME À TOUT CRIN NUIT À L’APPLICATION DES REMÈDES
A vouloir à tout prix affirmer que la Nouvelle-Calédonie ne subit qu’une petite récession et surtout pas une crise, les responsables publics encouragent la poursuite d’un modèle économique dépassé. Et ce n’est probablement pas le « loi compétitivité » qui n’est qu’une disposition réduite à un contrôle des marges des entreprises qui peut être assimilée à une grande réforme.

En revanche, le territoire s’enfonce chaque mois un peu plus dans l’augmentation des secteurs non marchands, l’inflation des productions locales compensée par une relative modération des produits à l’importation, et des entreprises de plus en plus nombreuses à connaître des difficultés auxquelles s’ajoute la situation de mauvais payeurs des collectivités.

L’immobilier est soutenu par les programmes en défiscalisation, mais ceux-ci vont trouver des limites.

Dans un système en danger qui est à l’évidence dépassé, la Nouvelle-Calédonie pourrait utilement s’inspirer du sursaut de la France en matière économique et observer les mesures qui seront prises par le gouvernement d’Edouard Philippe et sa majorité à l’Assemblée Nationale.

Les réformes véritables peuvent la sortir de ce très mauvais pas. La poursuite d’une forme d’aveuglement précipitera sa chute.

UNE BONNE NOUVELLE annoncée par l’Institut dans ce « paysage contrasté » :  » le Conseil de surveillance de l’IEOM a décidé de rénover la politique monétaire de la zone franc Pacifique. Ainsi, les banques calédoniennes disposeront prochainement d’instruments de refinancement modernisés et mieux adaptés aux besoins de l’économie. »

LE RENOUVELLEMENT DE LA FLOTTE AIRCALIN EN BONNE VOIE : LE GOUVERNEMENT D’ACCORD POUR UNE CAUTION PARTIELLE

La compagnie Aircalin doit impérativement renouveler ses avions dont la fréquence des pannes démontre à la fois aux usagers et aux responsables des comptes de la société, l’urgence de l’opération.

Des négociations ont déjà été menées depuis un an avec le constructeur Airbus, dont les offres étaient plus intéressantes que celles de Boeing. Le montage financier, pour être bouclé totalement, nécessite l’accord des banques tandis que la demande de défiscalisation est encore à l’instruction à Bercy.

Coup de théâtre de ces derniers jours : les banques, outre l’hypothèque sur les avions, a exigé une garantie de la Nouvelle-Calédonie. Dans un premier temps, le gouvernement avait fait valoir le taux d’endettement du territoire et les possibles besoins d’emprunt dans les années à venir. Impossible, avait-il indiqué, d’accorder une caution à la hauteur demandée.

C’est donc une solution médiane, susceptible semble-t-il de débloquer la situation, qui a été choisie : une caution de la collectivité pour 25% de l’emprunt, soit sur un montant de 5 milliards FCFP.

2 banques sur les 3 formant le pool seraient d’accord sur la formule. Le gouvernement a indiqué qu’au cas où la troisième se retirerait, l’Agence Française de Développement pourrait intervenir en substitution.

Reste maintenant à finaliser ce montage, la garantie formelle de la Nouvelle-Calédonie pouvant être soumise à la Commission Permanente du Congrès.

LE MASSACRE DES ROSES CALÉDONIENNES

Jean-Gil Fong principal producteur de roses calédoniennes

20.000 roses coupées à la racine et jetées. La principale entreprise de production florale calédonienne menacée. Un gouvernement alerté depuis 2015. C’est le désastre qui atteint la société dumbéenne de la famille Fong dont l’exploitation est privée des produits pouvant protéger ses roses contre des attaques parasitaires.

« Même Martine Cornaille (Présidente de l’association écologique Ensemble Pour La Planète –Ndlr) est venue à ma demande en 2015. Elle a envoyé un courrier au président du gouvernement Philippe Germain en disant que son association était d’accord pour qu’il y ait une autorisation d’importer ces produits parce les fleurs … ne se mangent pas » indique Jean-Gil Fong au micro de NC1ère.

Rien n’y a fait. Une entreprise locale –une de plus- se trouve menacée par l’indifférence des autorités. 10 emplois, et une vraie réussite calédonienne dans un secteur qui fut novateur en dépit des nombreux sceptiques.

Aujourd’hui, c’est un massacre de roses. Indifférence ou mauvaise gouvernance ?

AIRCALIN : COMME TOUT GOUVERNEMENT, CELUI DE LA CALÉDONIE DOIT ÉPAULER SA COMPAGNIE « PUBLIQUE »


Blocage dans le plan de modernisation de la flotte d’Aircalin, une modernisation que les pannes multiples –et très couteuses- rendent impérative autant qu’urgente. Alors que tout est prêt pour la commande ferme des nouveaux avions, le gouvernement refuse la caution exigée par les banques. Le quotidien titre qu’il « joue la montre ». Mais les raisons invoquées par l’Exécutif ne sont pas dénuées de sens. En revanche, il a le devoir de s’impliquer pour aider … sa propre compagnie.

Que les banques de la place exigent, en plus des hypothèques sur les aéronefs, la caution de la Nouvelle-Calédonie paraît en effet excessif. D’autant que l’actionnaire quasiment unique de la compagnie est l’Agence pour la Desserte Aérienne de Nouvelle-Calédonie, elle-même financée par une recette fiscale territoriale. En matière de solvabilité, difficile de faire mieux.

Mais bien que la société soit anonyme, son actionnaire public doit la soutenir avec vigueur pour passer rapidement ce mauvais cap. Il en va du confort des passagers calédoniens, de la crédibilité de la compagnie calédonienne tout autant que de l’intérêt du contribuable.

C’est qu’en effet, Aircalin bénéficie probablement de conditions âprement négociées et par conséquent favorables, qui l’a conduit à « toper » pour l’achat des avions que leur succès rend pourtant difficilement accessibles.

Tout report pourrait remettre en cause, et sûrement à la hausse, le résultat de ces probables négociations.

« Du temps de Jacques Lafleur, commente cet ancien élu, les banquiers auraient été directement « invitées avec fermeté » par lui même à mettre en équilibre l’intérêt public et leurs propres intérêts. En se satisfaisant des garanties classiques … »

Une fermeté que doit s’autoriser tout gouvernement.

LE MARY D SEVEN EST ARRIVÉ : superbe bateau pour le tourisme calédonien

Nouvel acte de foi de la famille Helmy : le Mary D Seven, septième de la lignée comme son nom l’indique, est arrivé à Nouméa. Construite dans les chantiers de Singapour, cette unité qui va renforcer le tourisme nouméen, a pris ses quartiers à côté de ses « soeurs » Princess notamment.

Cliquez sur la photo ou sur le lien ci-dessous

https://www.facebook.com/noumeaPost/videos/1532022456837270/

Un bel investissement concret dans une période où on parle beaucoup mais on fait peu dans le tourisme, et où de nombreux chefs d’entreprises s’interrogent -fort justement-, et diffèrent leurs investissements.

CHRISTEL BORIES À LA TÊTE D’ERAMET QUI REDRESSE SES COMPTES APRES UNE PERTE DE 22 MILLIARDS FCFP EN 2016

Christel Bories reçue par Thierry Santa Président du Congrès

C’est mardi que Christel Bories a pris ses fonctions de PDG du groupe Eramet, succédant à Patrick Buffet en place depuis 10 ans.

Agée de 52 ans, elle a notamment collaboré avec le groupe de métallurgie Umicore, et Pechiney, ex-fleuron de l’aluminium, puis a rejoint Alcan, qui a racheté Pechiney, où elle est PDG d’Alcan Packaging (2003-2006) et d’Alcan Engineered Products à partir de 2006.

En 2011, elle prend la direction du fabricant de produits en aluminium Constellium, avant de faire un passage par le secteur de la pharmacie en 2013, en devenant directrice générale déléguée d’Ipsen pendant trois ans.

Eramet a enregistré en 2016 une perte nette de 179 millions d’euros, soit près de 22 milliards FCFP, perte divisée par près de quatre sur un an.

Au premier trimestre 2017, le chiffre d’affaires a progressé de 28% à 854 millions d’euros soit environ 101 milliards FCFP, bénéficiant d’une hausse des prix du nickel et du manganèse.

La nouvelle PDG estime que son groupe « possède de solides atouts pour se développer avec succès », soulignant à la fois la maîtrise technologique, la recherche & développement, l’actionnariat stable et l’engagement des équipes.

Sa nomination à la tête du groupe a été saluée à la Bourse de Paris où l’action Eramet a clôturé en hausse de 6,44% à 43,13 euros, dans un marché en progression de 0,47%.

 

LES NOTES DU CONSEIL D’ANALYSE ECONOMIQUE SUR L’APRÈS-NICKEL: « EN HOMMAGE À EDGARD PISANI » … – Désindexation, augmentation de l’impôt sur le revenu, diminution des transferts vers les collectivités

Le Conseil d’Analyse Economique, créé auprès du Premier ministre, « a pour mission d’éclairer, par la confrontation des points de vue et des analyses de ses membres, les choix du gouvernement en matière économique ». La note, publiée en mars dernier, porte en sorte d’épitaphe, outre la référence à Michel Rocard, « en hommage à Edgard Pisani ». C’est tout dire.

Intitulée pompeusement « L’économie calédonienne au delà du nickel », elle porte à la fois les orientations qui ont contribué à l’échec économique de la France, et des recommandations réformatrices défendues par Manuel Valls et combattues par les frondeurs socialistes.

UNE ANALYSE DE LA PAUVRETÉ TRONQUÉE
L’analyse de la pauvreté, dans le but de dénoncer les inégalités sociales, se fonde sur l’observation stricte des revenus, à l’exclusion de toute contextualisation. Or, les revenus monétaires d’un salarié en milieu urbain qui doit se loger, se nourrir, s’habiller, se déplacer, ne peuvent être comparés, sans pondération, avec ceux d’un habitant de tribu, par exemple, habitant sur place, ne nourrissant en grande partie par autoconsommation, et dont les besoins de déplacement sont plus réduits.

De surcroît, on omet généralement d’ajouter à ces situation les aides sociales et scolaires innombrables, la couverture médicale pour tous, ou encore la scolarité gratuite, éléments qui viennent en diminution du concept de pauvreté.

Les procureurs peuvent ainsi exhiber avec jubilation des chiffres accablants de Nouvelle-Calédonie.

L’analyse du Conseil qui aurait été chère à Edgard Pisani n’échappe pas à cet exercice.

RÉDUIRE LES REVENUS ET AUGMENTER LA PRESSION FISCALE INDIVIDUELS
Pour juguler les coûts excessifs et réduire les inégalités sociales, les mesures recommandées demeurent désespérément les mêmes : supprimer l’indexation des fonctionnaires métropolitains « nouveaux », et augmenter la pression fiscale de l’IRPP à la fois en élargissant son assiette et en aggravant le taux de prélèvement sur certaines tranches.

En clair, appliquer à la Nouvelle-Calédonie ce qui a fait fuir des milliers d’investisseurs et de chefs d’entreprises de France.

CRÉER UN FONDS SOUVERAIN EN RÉDUISANT LES TRANSFERTS AUX COLLECTIVITÉS : UNE ANTICIPATION DE L’INDÉPENDANCE-ASSOCIATION
Dans la note du Conseil, l’idée d’un Fonds souverain, déjà plusieurs fois évoquée par des élus locaux, est reprise avec une alimentation originale : des subventions de l’Etat !

C’est qu’en effet, fonder un fonds souverain pour l’après nickel peut difficilement se concevoir avec une ressource nickel en ces périodes de vaches maigres.

Les auteurs de l’analyse proposent une solution « originale » : réorientation les dotations de l’Etat vers le dit Fonds. Voilà qui va faire bondir les collectivités locales, principales bénéficiaires de ces transferts, lesquels sont déjà en nette diminution.

Elles pourront également arguer d’un traitement discriminatoire au sein de la République, par comparaison avec les autres collectivités. Mais qu’à cela ne tienne : l’esprit est conforme à une Calédonie en situation d’indépendance-association chère à Pisani, et dont les collectivités devraient se prendre entièrement en charge.

INÉGALITÉS D’ACCÈS À L’ÉDUCATION : LE PROJET ÉDUCATIF ÉTRILLÉ
En économie, le capital humain est source de progrès et de croissance. La note dénonce les inégalités d’accès à l’éducation et à la formation. C’est la critique du système éducatif décrit dans le nouveau « projet éducatif calédonien », ainsi qu’aux généreux dispositifs de formation mis en place à renforts de milliards depuis près de 2 décennies.

Ce constat, toutefois, mérite d’être approfondi, car au regard des employeurs, il est partiellement fondé. En cause : le système éducatif français, dont le classement Pisa est accablant, et les choix locaux de formation qui sont loin de satisfaire les employeurs.

NOUVELLES TAXES SUR LE NICKEL
Les auteurs suggèrent l’alourdissement de la fiscalité sur le nickel : redevances sur les ventes de minerai aux usines, taxe à l’exportation, prélèvement sur les extractions.

Ils devraient préciser que ces taxes nouvelles ne doivent pas pénaliser les efforts drastiques des opérateurs métallurgiques pour devenir compétitifs, sous peine de tuer le secteur.

PLUSIEURS PISTES DE MODERNITÉ
Le Conseil, pour le reste, s’inscrit dans la démarche initiée par Manuel Valls et tient compte des réalités économiques du 21e siècle, notamment pour ce qui concerne le rôle essentiel de l’entreprise dans la croissance économique.

La TGC est saluée, et l’abaissement de l’IS est recommandé, avec en compensation une augmentation de l’impôt foncier.

La situation des secteurs protégés est pointée du doigt, et les auteurs soulignent avec justesse qu’ils sont les bénéficiaires de la rente minière.

La qualification des personnels est fort justement liée à la performance, notamment des entreprises, et le Conseil recommande l’emploi de compétences extérieures en tant que de besoin, et même d’un financement par emprunt d’une part de formation.

Enfin, il met en exergue l’attention qui doit être portée sur tous les réseaux reliant le territoire au monde extérieur et dont il n’est pas contestable que la défaillance ou les coûts excessifs peuvent ruiner le développement et aggraver les coûts de la vie.

UN ABSENT : LE RÔLE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE
Les prélèvements fiscaux et sociaux, le maquis des réglementations, l’hypertrophie du Code du Travail, le poids excessif des budgets publics, le train de vie des collectivités pèsent lourdement sur la vie économique. Le Conseil est plutôt discret sur ce volet pourtant lui aussi essentiel …

Dans la tradition de la gauche, il n’est pas de règle de parler de cela. Les économistes du Premier ministre qui se sont donnés pour tâche de conseiller la Calédonie sur ce qu’elle doit faire en vue de préparer l’après-nickel se soumettent désormais à quelques réalités du monde économique. Mais il reste ces éléments d’idéologie –parfois relayés par une certaine droite- qui ont « plombé » l’économie française. Inscrire « en hommage à Edgard Pisani » est révélateur de l’esprit de cette note. De fait, elle la disqualifie.

 

Un concept dépassé : « L’Etat décidait de tout, contrôlait les prix, gérait le droit à la concurrence » – Jean Tirole, Prix Nobel d’Economie

En affrontant une crise qui, pour l’instant, n’est anticipée que prudemment sous le terme d’un « ralentissement », la Nouvelle-Calédonie s’oriente délibérément vers une catastrophe annoncée en prenant certaines décisions qui ruinent le développement et la croissance.

L’économie administrée qui s’installe dans le territoire va à l’encontre des principes d’économie moderne, régie par la globalisation du commerce, s’inscrivant dans un libéralisme tel que décrit par Jean Tirolle, le plus illustre des économistes français : « … être libéral, c’est responsabiliser les individus pour éviter qu’ils n’adoptent des comportements néfastes pour la société … ».

La Nouvelle-Calédonie, au contraire, s’oriente vers une économie davantage dirigée : contrôle des marges, contrôle des prix, contrôle des autorisations à caractère économique et commercial, contrôle des échanges. Le tout agrémenté d’une augmentation de la pression fiscale, notamment à l’encontre des entreprises.

Il faut y ajouter le poids excessif de la fonction publique –près de 30% du PIB, soit près du double des économies normalement développées-, et qui de surcroît, ne cesse de croître : pertes d’emplois dans le secteur privé, et création d’emplois dans le secteur public !

La réalité est que tous les yeux des « budgétistes » sont orientés vers le cours du nickel et la décision des opérateurs concernant leur niveau d’activité d’une part, et vers le volume des transferts de la métropole vers la Nouvelle-Calédonie. Mais personne ne parle de la nécessaire croissance économique, seule source du rétablissement et de la bonne santé de l’emploi et des comptes publics.

Jean Tirolle rappelle que le concept de l’Etat qui décidait de tout, qui contrôlait les prix, qui gérait le droit à la concurrence est dépassé. Sauf peut être en Nouvelle-Calédonie.

DES PRIX QUI AUGMENTENT – UNE RELATION AVEC LA TGC ET LA LOI COMPÉTITIVITÉ ?

Alors que le gouvernement vient de confirmer l’application dès samedi de la TGC réduite dite « en marche à blanc » et que les dispositions de la loi dite compétitivité devront suivre, même avec un délai de grâce, un constat s’impose : la menace de contrôle administratif du commerce et les interrogations sur le TGC ont provoqué une hausse des prix sur la plupart des articles. Lutte contre la cherté de vie  …

Cette réaction était prévisible et parfois annoncée pour anticiper des échecs de négociations « compétitivité », et une compétitivité calédonienne réduite à l’imposition des marges des entreprises et des prix par le pouvoir politique !

Les dispositions de la TGC s’accompagnent également de quelques « punitions » fiscales à l’égard des entreprises, à l’exemple de la forte majoration de la valorisation fiscale des véhicules de fonction …

Au total, et alors que la campagne électorale pour les législatives se lance, les responsables économiques et beaucoup de ménages de revenu moyen vont toucher du doigt l’augmentation de la pression fiscale. Les consommateurs, quant à eux, s’interrogeront sur des promesses de baisse de cherté de vie allant jusqu’à moins 30% alors que le réalité présente est une augmentation des coûts.

CASINO : pas de fermeture du Casino Royal, pas de vente envisagée au groupe Joa, mais vraie chute du résultat


C’est le directeur des Casinos de Nouméa qui l’affirme : « Il n’est pas question de fermeture du Casino Royal, ni de vente au groupe Joa« , pour rectifier les termes d’un article précédent publié par noumeaPost. Dont acte.

S’agissant du Casino Royal, les employés seront soulagés, dans un contexte social qui est loin d’être totalement serein. Quant à une vente éventuelle dans le futur, elle est du ressort des propriétaires, notamment représentés au conseil d’administration.

C’est le compte de résultat qui paraît intéressant. Certes, l’affaire continue à produire des bénéfices, mais avec une légère baisse … de 400 millions. Au sein de la maison, il semble bien que la situation économique n’explique pas tout. Gestion ? Dépenses supplémentaires de marketing et de publicité ?