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LA NOUVELLE-CALÉDONIE DESTINATION TOURISTIQUE AGRÉÉE PAR LA CHINE

La mesure a été annoncée par l’ambassadeur de Chine en France, son Excellence Monsieur Zhaï Jun. En visite en Nouvelle-Calédonie, il a rencontré Jean-Louis d’Anglebermes, le Vice-président du gouvernement ainsi que Valentine Eurisouké et Bernard Deladrière.

Incontestablement, cette mesure fait partie du redéploiement de la présence chinoise dans le Pacifique, un enjeu du siècle présent, en compétition avec les Etats Unis. L’instauration récente, d’une association d’amitié entre la Nouvelle-Calédonie et la Chine s’inscrivait dans ce vaste mouvement.

D’ores et déjà, à proximité, la Chine est très présente au Vanuatu où son aide économique -et donc son influence-, sans supplanter l’influence australienne, est de plus en plus importante.

Le label DTA, Destination Touristique Agréée, permet aux Tour Opérateurs chinois d’organiser des voyages de groupe vers la destination, et d’obtenir un visa de groupe pour les touristes.

Cet agrément suit celui qui a été délivré pour d’autres collectivités d’Outre-mer ouvertes au tourisme, La Réunion et la Polynésie française.

Depuis plusieurs années, de nombreux espoirs sont fondés sur l’ouverture du marché chinois à notre destination. Reste à présent à valider la capacité du territoire à accueillir cette clientèle particulière, et notamment à la fois par la pratique de la langue, indispensable, la connaissance des attentes de cette clientèle, ainsi que sa compatibilité avec les clientèles déjà en place, japonaises et anlo-saxonnes.

 

ATTENDUE DEPUIS DES ANNÉES, ENFIN UNE AUTOROUTE JUSQU’À TONTOUTA ?

C’était dans la présentation du projet de budget 2017 de la Nouvelle-Calédonie : parmi les opérations qui allaient être lancées cette année figurait un genre de serpent de mer, le doublement de la voie entre Paita et Tontouta. Aujourd’hui, il en est question dans le budget Outre-mer de l’Etat. L’autoroute Tontouta-Nouméa va-t-elle être achevée ?

Il en est question depuis des décennies. Ie projet figurait au Plan Routier déjà concocté il y a près de 10 ans par Gérald Cortot, alors « ministre » de l’équipement. Il figurait encore dans le plan adopté par le Congrès à la fin de la précédente mandature.

UNE RATIONALISATION DES TRANSPORTS AÉRIENS
Il en avait été question lors des débats sur le transfert à Tontouta des installations liées au trafic aérien domestique : les caractéristiques autoroutières doivent en effet permettre une substantielle réduction du temps de trajet entre l’agglomération et l’aéroport, rendant possible ce transfert pour les usagers.

D’ailleurs, l’aéroport a été conçu pour accueillir les équipements nécessaires et offrir des espaces répondant à ce trafic.

Ce transfert, rappelons le, est de nature à rationnaliser le traitement des trafics internationaux et intérieurs, à réduire les coûts d’exploitation et d’opérations, et à réduire les coûts pour les usagers. Un progrès incontestable au plan économique, et s’inscrivant dans une Politique Publique de transport intelligente.

D’autres enjeux sont liés à ce vaste programme routier.

ÉCONOMIE, URBANISME, SÉCURITÉ ROUTIÈRE
Il s’agit tout d’abord des relations économiques entre la Brousse et l’agglomération, grâce à un réseau plus rapide et plus confortable. Il s’agit ensuite de la sécurité routière, parce que naturellement, une telle route permet davantage de visibilité aux automobilistes et évite les collisions frontales. Accessoirement, le contrôle de vitesse y est plus facile avec des moyens technologiques modernes. Il s’agit enfin de favoriser le développement urbain et économique d’une immense zone impactée par cette liaison routière, dans une situation où le confinement et l’envolée des coûts affectent l’agglomération.

QUAND ?
Les tracés initiaux de l’autoroute évitent le col de la Pïrogue et aboutissent dans la plaine de la Tamoa, en prolongation de la voie express se terminant sur la RT1, près du carrefour de Paita/Tiaré.

Ces derniers jours, lors du débat sur le budget Outre-mer à l’Assemblée Nationale où Annick Girardin, la ministre, présentait ses propositions, le financement de l’Etat sur ce chantier figurait au titre des contrats de développement.

Reste pour la Nouvelle-Calédonie à acter ce dossier et à le mettre en oeuvre. Dans cette période où le BTP a perdu près de 2000 emplois en moins de 3 ans, et où les perspectives d’activité se réduisent dramatiquement, la finalisation de l’autoroute Tontouta-Nouméa serait un investissement salvateur.

Mais quand ?

« LES POLITIQUES SE FICHENT DE L’ÉCONOMIE » : LE MEDEF « A LES BOULES » !

Pourtant plutôt conciliant ces dernières années tout en défendant les intérêts et le point de vue des employeurs, le Medef, par la voix de l’un de ses co-présidents, Daniel Ochida, laisse pointer son ras-le-bol sur l’absence de véritable stratégie économique de la Nouvelle-Calédonie. A l’évidence, l’organisation professionnelle dont les adhérents sont de plus en plus touchés par la crise, a le sentiment que les responsables politiques aux commandes occultent les nouveaux impératifs d’une économie en chute, tout comme les attentes des entrepreneurs et des investisseurs. Colère.

BESOIN D’UNE NOUVELLE STRATÉGIE DE CROISSANCE
C’est au cours d’une émission sur RRB que le chef d’entreprise, co-responsable du Medef, a laissé tomber : « les politiques se fichent de l’économie« . Il est vrai qu’alors que le leitmotiv, c’est « la sortie des Accords », la situation économique se dégrade à une vitesse qui s’amplifie, sans qu’une véritable stratégie se mette en place pour combattre cette dégradation.

Au cours du colloque à l’Université sur « l’économie de la Nouvelle-Calédonie après 2018 », Cécile Couharde, maître de conférence, l’avait pointé du doigt : le territoire a besoin d’une nouvelle stratégie de développement et de croissance.

« ILS N’Y CONNAISSENT RIEN ! »
Un chef d’entreprise, proche du Medef, est quant à lui plus critique : « la politique économique de la Nouvelle-Calédonie est, en réalité, faite par des responsables qui n’y connaissent rien tout, politiques et fonctionnaires. Ce qu’ils veulent, c’est tout contrôler et augmenter les impôts. C’est le même schéma qu’en métropole, et maintenant en pire ! »

Cette absence de stratégie pénalise en effet la visibilité, pour les entreprises, et pire peut être, occulte tout espoir de redressement en laissant l’impression d’aller dans le mur. « On est dans le mur« , déclarait d’ailleurs Daniel Ochida.

DES CONSÉQUENCES DÉVASTATRICES À VENIR
Or la situation va encore s’aggraver dans les mois à venir. Une quasi-faillite des régimes sociaux, qui va conduire à des décisions historiquement douloureuses, des difficultés progressivement infranchissables pour les collectivités, et des conséquences encore plus dévastatrices sur l’économie déjà en souffrance, si un nouveau modèle de développement n’est pas mis en place.

Pour corser le tout, le Conseil d’administration de Vale devrait rendre son verdict sur l’avenir de l’usine du sud, probablement dans les deux mois qui viennent. Les personnels craignent une dramatique réduction des emplois dont les conséquences sociales et politiques ne sont, ni anticipées, ni mesurées.

COLLOQUE ÉCONOMIE APRÈS 2018 ? BEAUCOUP DE QUESTIONS, PEU DE RÉPONSES

Le thème était pourtant alléchant et l’initiative de Samuel Gorohouna, maître de conférences à l’Université de Nouvelle-Calédonie fort intéressante. Mais tout comme lors du colloque sur les finances publiques organisé dans le même lieu, l’essentiel des exposés a porté sur les constats de la situation actuelle, mais pratiquement rien, hormis des généralités bien connues, n’a émergé sur ce que pourrait être l’économie de la Nouvelle-Calédonie après 2018.

L’explication a peut être été donnée par Cécile Couharde, de Paris Nanterre : « Nous arrivons à un point qui va amener la Nouvelle-Calédonie à repenser sa stratégie de croissance, sa stratégie de développement« .

Il est vrai que le thème pouvait être embarrassant : « … en cas d’émancipation accrue, voire de pleine souveraineté, quelle seraient les conséquences sur l’économie du pays ? » Les élus du Palika et de l’Union Calédonienne étaient d’ailleurs des auditeurs attentifs. Mais c’est avec beaucoup de prudence que les conférenciers ont évité des réponses trop directes. Ou accablantes.

Olivier Sudrie a tout de même expliqué, force graphiques à l’appui, qu’imaginer que les revenus du nickel pourraient se substituer, à moyen et long terme, aux transferts de l’Etat, relevait de la spéculation irréaliste. Cet exposé a eu le grand mérite de la clarté.

Pour le reste, échanges commerciaux, monnaie, système bancaire : on est resté essentiellement dans le constat et l’analyse de la situation actuelle. Quant aux relais de croissance, notamment fondés sur une économie basée sur les richesses patrimoniales concrètes ou immatérielles, ils ont été appréhendés une nouvelle fois dans leur généralité. Un peu comme des incantations, à l’image du « formidable » potentiel touristique …

Il faut dire que le thème n’est pas simple. La situation économique du territoire qui tend à virer progressivement à la catastrophe -d’ailleurs annoncée-, ne prête guère à de flamboyantes projections après 2018.

Cette date, en matière économique, n’est en effet, ni l’alpha, ni l’oméga. Elle ne va pas transformer, d’un coup de baguette magique, l’absence de stratégie et de modèle de développement adaptés au temps nouveau et présent que connaît la Nouvelle-Calédonie. L’évocation de 2018, en réalité, est une façon de capter l’attention du public qui sait que cette échéance ne changera pas grand chose à la situation actuelle, mais qui se pose tout de même quelques questions.

Pour le reste, les pistes à tracer sont plutôt délicates. Elles conduiraient en effet à être critiques sur la politique économique et sociale menée localement depuis plusieurs années, pour indiquer quels changements seraient pertinents.

Un pas que les doctes universitaires répugnent à franchir …

BILL RAVEL VA CRÉER UNE COMPAGNIE AÉRIENNE « LOW COST » EN POLYNÉSIE

Selon Radio 1 à Tahiti, l’homme d’affaires Bill Ravel serait sur le point de déposer une demande d’autorisation visant à créer une nouvelle compagnie aérienne locale.

Celle-ci prendrait le nom d’Islands et desservirait les 5 archipels de Polynésie, devenant ainsi un concurrent direct d’Air Tahiti.

Le patron de Petrocean, une compagnie maritime transportant des hydrocarbures et bien connu en Calédonie, a déclaré vouloir mettre en service une compagnie aérienne « low cost » et pratiquer des tarifs de 15 à 20% moins chers que son concurrent. Ce transporteur serait équipé de deux appareils « embraer 175 », lesquels suscitent quelques interrogations.

En effet, selon, Aviation Geek Tahiti,  ces avions, s’ils sont plus grands et plus rapides que les ATR d’Air Tahiti, nécessitent des pistes d’une longueur minimale de 1200 mètres pour décoller et atterrir et 2000 mètres pour un décollage à pleine charge. Or toujours selon Aviation Geek Tahiti « la piste de Bora Bora fait 1500 mètres de longueur et la plus longue en dehors de Tahiti et Hao est celle de Rangiroa avec 2100 mètres« .

Tout celà ne paraît pas être un obstacle pour Gaspard Ravel dit « Bill ». On peut rappeler qu’en Nouvelle-Calédonie, il fut l’un de ceux à l’origine de la création d’Air Calédonie International et de la Sofrana.

Selon lui, la nouvelle compagnie low cost serait lancée officiellement en juillet 2018.

IRPP : CLAQUE FISCALE POUR CERTAINS CONTRIBUABLES

Pour un certain nombre de contribuables des classes dites moyennes ou aisées, les « ajustements » fiscaux décidés en 2016 sont la mauvaise surprise de l’année « De 10 à plus de 50% d’augmentation par rapport à l’année dernière, la claque fiscale fait mal », déclare cet assujetti mécontent.

Cerise sur le gâteau, pour ceux qui ont opté pour la mensualisation: quand leur impôt a augmenté : ils doivent  pour rattraper le retard des versements basés sur le montant de l’impôt de l’année dernière. Et parfois payer sur les 4 derniers mois de 2017 plus du double de la mensualité qu’ils acquittaient jusque là !

Une chose est sûre : pour ces ménages qui représentent un part importante des consommateurs, la perte du pouvoir d’achat va impacter la consommation pour la fin de cette année.

CRISE A LA SAUCE CALEDONIENNE : SIX 4×4 EN TÊTE DES VENTES DE VOITURES EN JUILLET !

C’est le crédit qui maintient la croissance, avait constaté le rapport du Cerom sur l’économie calédonienne. Rien ne doit être plus vrai que dans le secteur de l’automobile

C’est qu’en effet, dans un contexte économique morose, on pourrait s’attendre à voir les petites voitures, moins coûteuses, moins consommatrices d’essence ou de gazole, occuper le haut du pavé.

Que nenni. Au top des ventes de juillet, la Peugeot 208 arrive en 8e position. Elle est précédée par un bataillon de 4×4 avec en tête le Toyota Hilux, suivi du Isuzu D-Max, du Ford Ranger, du déjà plus modeste Duster Dacia, du Hyundai Creta et du Nissan Navarra !

Quelques uns de ces imposants véhicules ne seraient-ils pas garés dans des squats …

Mais bon, la crise est passée par là. Il se vend tout de même moins d’automobiles.

Ah, au fait, deux de ces 4×4 sont particulièrement prisés de voleurs de voiture en raison de la simplicité de la mise en route. Devinez lesquels …

RÉFORME DAVANTAGE QUE POUVOIR : L’ENJEU DU PROCHAIN GOUVERNEMENT CALÉDONIEN avec les dangers qui guettent les régimes sociaux et l’économie

En dépit des analyses plutôt rassurantes des organismes officiels sur l’année 2016, la Nouvelle-Calédonie poursuit son mouvement d’enlisement économique et social. En réalité, tous les voyants sont au rouge ou à l’orange : les comptes sociaux, l’emploi, l’économie et donc les recettes fiscales. Sans réforme forcément douloureuse, point de salut. Ce devrait être l’agenda prioritaire du prochain gouvernement. Exigences.

PROCÉDURE D’ALERTE À LA CAFAT ?
Alors que la Cafat ne se rend guère populaire en effectuant des contrôles ostensibles –et malvenus- au premier jour de la Foire de Bourail, ses responsables se demandent si « les politiques » auront le courage de mener les réformes susceptibles d’éviter la faillite du système. Faillite, le terme est approprié. « Ce serait le cas d’une entreprise privée au regard des dettes, de l’impasse de trésorerie et d’absences de perspectives de redressement », déclare ce haut responsable de la Caisse. De fait, la barque est en train de couler : 15 milliards de dettes du Ruamm, un besoin de trésorerie, pour tout juste les dépenses immédiates, de 2 milliards avant la fin de l’année, tous les régimes en déficit structurels à l’exception du régime de retraite. Si les commissaires aux comptes ne lancent pas une « procédure d’alerte », ils pourraient eux-mêmes endosser une part de responsabilité.

A cette situation, point de potion miracle. Juste un remède de cheval, tant les dérives se sont accumulées. Pour éviter la faillite, il conviendra de manier à la fois la réduction des dépenses –les prestations et le train de vie de l’organisme-, et l’augmentation des recettes –prélèvements obligatoires et concours publics-.

TOUTES LES RECETTES FISCALES ENGLOUTIES EN 2030
Mais il n’en va pas que de la Cafat, car les « régimes sociaux » couvrent un champ bien plus vaste : les allocations de solidarité, le plan handicap, les retraites de solidarité, les aides sociales notamment.

Au total, au rythme actuel de la croissance des dépenses, l’ensemble des recettes fiscales de la Nouvelle-Calédonie en 2030 suffira à peine à combler les déficits de l’ensemble de ces régimes, Cafat comprise, bien entendu !

C’EST L’ENTREPRISE QUI CRÉE LA RICHESSE D’UN PAYS
Quant à l’emploi privé, il a entrepris une réduction inquiétante. Dans ce contexte, parler d’une « compensation » par la création d’emplois publics relève d’une farce. Dans un bateau qui fait l’eau, c’est simplement y rajouter l’eau des citernes de la cuisine !

Car en Calédonie comme dans tous les pays du monde, c’est l’entreprise dans une économie de croissance qui crée la richesse. Les services publics, les institutions et les régimes sociaux ne font que vivre de cette richesse.

L’enjeu, pour les mois et les années qui viennent, n’est donc pas seulement la réduction des dépenses. Il est également et surtout, la stabilisation puis l’augmentation des recettes. Or celles-ci ne peuvent croitre d’un secteur pour l’essentiel exsangue, au risque de le tuer. En clair, augmenter les impôts pour augmenter les recettes serait économiquement suicidaire.

L’URGENCE : REDONNER DU SOUFFLE AUX ENTREPRISES
Redonner de la vigueur aux PME ainsi qu’aux grandes entreprises locales, puisque la mine et la métallurgie sont entrées dans un cycle incertain de crise, est l’unique solution pour éviter le naufrage de la Nouvelle-Calédonie. Révisions de la fiscalité, simplifications administratives, soutien des pouvoirs publics et de leurs services aux entreprises, innovations y compris dans des secteurs porteurs déjà en place comme le tourisme, ce sont les réformes à conduire.

D’ailleurs, sans les 160 milliards transférés annuellement par la métropole, véritable « amortisseur » de crise spécifique au Pacifique français, les Calédoniens seraient depuis plusieurs mois dans la tourmente.

Mais à présent, « l’amortisseur » n’est plus qu’un « ralentisseur » tellement l’urgence est prégnante. Assurément, le prochain gouvernement local aura du pain sur la planche.

ACI : LA COMPAGNIE CALÉDONIENNE REMPLACERA SES AVIONS VIEILLISSANTS

L’issue du débat paraissait incertaine sur le feu vert à Aircalin pour remplacer ses avions qui « plombent » son exploitation et pénalisent ses clients, et pour maintenir au tourisme calédonien une desserte de qualité. Hier au Congrès, stratégie, finances, tarifs ont été évoqués, parfois avec des informations à remettre à niveau. Ils traduisent une perception floue du rôle et de la situation réelle de la compagnie. Finalement, les ailes internationales calédoniennes seront modernisées. Économie.

Au cœur du débat : la caution de la Nouvelle-Calédonie sur 5 milliards d’un emprunt bancaire de 20. En arrière-plan : la défiscalisation sollicitée auprès de Berçy (10 milliards). En lumière : les tarifs.

FINANCES PUBLIQUES ET TARIFS
Ce qui a changé depuis les premiers échanges en commissions plénières du Congrès, c’est la situation économique et budgétaire, bien sûr. Avec au passage, des élections législatives … En tout cas, pour les indépendantistes comme pour les Républicains Calédoniens, les 5 milliards de caution ne doivent cacher l’étendue de la responsabilité financière du territoire qui pourrait être appelé pour la totalité du prêt en cas de défaillance de l’emprunteur, en l’espèce, la compagnie.

Et cheval de bataille de plusieurs conseillers : les tarifs, notamment en période scolaire, sujet sensible auprès du public calédonien.

PLAIDOIRIE ET CRITIQUES
Philippe Michel paraissait bien seul, pour rappeler, sans nier quelques réalités comme les critiques tarifaires, des fondamentaux économiques pour la compagnie comme pour la Nouvelle Calédonie. Les avions actuels entrent dans un cycle de pannes ruineuses pour la compagnie qui perd de surcroît du crédit auprès de ses clients. Si le territoire n’assure pas le transport des Calédoniens et de ses touristes, personne d’autre ne le fera, tant l’étroitesse du marché local condamne tout espoir de réel profit. Et de citer Air Micronesia, AOM, Corsair et plus récemment Air Austral qui sont venus et repartis « parce qu’ils perdaient beaucoup d’argent », a rappelé le chef de groupe de la plate-forme.

Et de souligner également que le retard à meilleure fortune de l’Adanc, actionnaire presqu’unique d’ACI, permettra à l’agence de se substituer en garantie dès 2022.

Les critiques, en général enrobées dans un « nous ne visons pas la gestion d’Aircalin qui est bonne, ni le personnel qui a fait de grands efforts », ont fusé de tous les autres camps, parfois sans ambages. « Il manque un épisode : la politique tarifaire », « on ne peut pas dépenser l’argent qu’on n’a pas », « la compagnie doit être présidée par le membre du gouvernement chargé des transports », « il faut une seule compagnie aérienne et un seul handling », « il faut mettre en œuvre les recommandations de la Chambre des Comptes ».

Au passage, quelques actualisations informatives ont eu lieu. « La compagnie n’achète plus de block-sièges à Air France qui paie ses sièges comme les autres compagnies ». « Il n’existe pas de monopole au profit d’Aircalin. Toutes les compagnies peuvent demander à atterrir à Tontouta. Une compagnie low-cost avait été autorisée, mais elle n’est pas venue ». Et enfin « Aircalin ne perd plus d’argent sur la desserte Japon qui est équilibrée ».

ÉCONOMIE : LES LEVIERS DE CROISSANCE
Au delà des arguments qui méritent presque tous d’être approfondis dans un débat complémentaire, ce qui ressort des échanges nombreux est de deux ordres :

  • la compagnie n’est pas comprise comme elle le souhaiterait, ce qui l’interpelle sur sa communication,
  • beaucoup oublient qu’il s’agit d’une entreprise, essentielle puisque la Nouvelle-Calédonie est une île et que sa desserte n’intéresse personne, qui recherche pour elle-même des leviers de croissance, et constitue également pour le tourisme – 5000 emplois actuels !- un levier de croissance fondamental.

Or, si la Nouvelle-Calédonie veut affronter la crise qu’elle subit dans les conditions les moins mauvaises, elle a besoin de soutenir son économie et de mettre en place des leviers de croissance.

C’est l’Union Calédonienne, par la voix de Rock Wamytan, qui a fait basculer le débat en offrant une alternative au vote négatif : appliquer les recommandations de la Chambre des Comptes, parler de la politique tarifaire, de l’emploi local, du tourisme, évaluer la situation financière de l’Agence pour la Desserte Aérienne, actionnaire ultra-majoritaire d’Aircalin, réintégrer la stratégie de desserte aérienne dans le Plan NC 2025. Propositions acceptées par le gouvernement et la compagnie.

Quant à Kotra Uregei, rappelant qu’Aircalin avait été créée sous le magistère de Jean-Marie Tjibaou, il avait indiqué que son groupe « prendrait ses responsabilités pour l’avenir de la compagnie« .

Finalement, l’intergroupe Calédonie Ensemble-Rassemblement-MPC, l’UC et les élus nationalistes ont apporté leurs 37 voix à la caution, contre 15 de l’Uni et des Républicains Calédoniens. ACI pourra annoncer à Bercy que son actionnaire presqu’unique la soutient, et confirmer ses commandes à Airbus.

Dans la foulée, le Congrès a donné son accord pour 2 ATR au profit d’Aircal.

FERMÉE OU MAINTENUE : L’ANGOISSE REPREND À L’USINE DU SUD

Après les propos rassurants du Soenc nickel qui laissait entendre qu’il était acquis que l’usine Vale du sud poursuivrait ses opérations en 2018, une intersyndicale regroupant notamment l’UTFE-CGC et l’USTKE tire la sonnette d’alarme : la menace de fermeture au 1er janvier 2018 n’est pas écartée.

PRINCIPALE SOURCE DE PERTE DU GROUPE
Alors pour les 1350 employés de Vale, comme pour les quelques 4000 employés des sous-traitants, l’angoisse reprend.

Selon l’intersyndicale qui annonce un suivi hebdomadaire de la situation avec la direction, Vale n’aurait pas encore pris de décision définitive, et s’interroge sur la poursuite des opérations dans le sud calédonien. En cause, plusieurs facteurs : les coûts de production, qui ont déjà coûté 120 milliards FCFP à l’entreprise brésilienne, l’absence de perspectives sérieuses de remontée des cours, ou même de tendance de leur évolution.

Après des pertes colossales, Vale a retrouvé le chemin des profits en 2016, mais l’usine en Province sud est montrée du doigt et apparaît comme la principale source de pertes pour le groupe.

Pour sauver les emplois, les syndicats de l’intersyndicale se disent prêts aux efforts de productivité nécessaires pour atteindre l’équilibre financier. Sans occulter la probable réduction de la masse salariale indispensable à la réduction des charges.

PARTENAIRES PRIVÉS ET « GESTE » DES POUVOIRS PUBLICS
Il semblerait également que Vale attende « un geste » de la part des autorités locales comme de celles de l’Etat.

Les propos du patron de Vale, Fabio Schvartsman sont nuancés sur la fermeture de l’usine ; en clair, la décision de fermer ne sera prise qu’en toute dernière extrémité. Mais ils sont fermes sur les conditions de maintien de l’activité : plus un seul dollar investi, message nécessaire à l’égard de ses actionnaires.

Celà signifie-t-il qu’entre le coût de production actuel -aux alentours de 11.000$-, et les prix de vente -entre 9 et 10.000$-, des partenaires extérieurs, publics -l’Etat, le gouvernement local et la Province sud- ou privés, devront assurer l’équilibre ? C’est probablement la réponse.

Un dossier qui est loin d’être clos, et qui,en arrière plan, menace tout le fragile équilibre social de la Nouvelle-Calédonie, et très directement, celui de la Cafat.