Archives de catégorie : Economie

NOUVEAU COUP DUR POUR L’USINE DU NORD

Nouveau pépin pour l’usine du Nord. Alors que l’installation industrielle ne fonctionne que sur un four depuis plusieurs mois, c’est à présent la centrale électrique qui enregistre des sérieuses difficultés. Une fissure a été découverte dans l’arbre d’entrainement d’une turbine à vapeur, provoquant une mise à l’arrêt de l’outil. Alors que la remise en route du four n°2 était prévue, cet incident pose donc des problèmes d’alimentation électrique. Pour les actionnaires, il est urgent que le niveau de production remonte, alors qu’une baisse a été enregistrée en 2020 par rapport à 2019.

D’autres sources d’appoint électrique pourront être utilisées, mais elles impacteront les coûts de production.

Le remplacement de la pièce défectueuse et son transport par mer ou par air serait chiffré à plusieurs centaines de millions. Mais il est indispensable pour permettre à KNS d’améliorer ses performances et de réaliser ses objectifs de production.

Le mauvais écosystème social de Posco peut porter atteinte à la réputation de ses produits

La Corée du Sud a le taux le plus élevé d’accidents mortels du travail des pays de l’OCDE et, chaque année, 2.400 travailleurs périssent dans des accidents industriels. Sur les sites industriels de Posco, compagnie avec laquelle SMSP a conclu une joint venture, 18 accidents mortels se sont produits à Pohang et Gwangyang. Le 24 novembre dernier, une explosion survenue à proximité d’un haut fourneau a provoqué la mort de trois travailleurs. Dans d’autres incidents survenus les 9 et 23 décembre, deux autres travailleurs de POSCO ont perdu la vie. Ces cinq derniers accidents ont mis le feu aux poudres.

Le syndicat présent dans le groupe, le KMWU, réclame une inspection du travail avec une participation syndicale garantie. Pour l’heure, il n’a obtenu ni accès aux lieux des accidents ni autorisations pour ses experts en sécurité à participer aux enquêtes. 3 militants syndicaux ont été licenciés.

L’affaire pourrait connaître des rebondissements à l’échelle nationale. A la suite d’une pétition sur la sécurité au travail, un projet de texte devrait être soumis à l’Assemblée Nationale. Son but est d’imposer de lourdes pénalités aux employeurs dont la responsabilité serait engagée dans la mort de travailleurs, et de faire en sorte qu’ils adoptent un ensemble de mesures de prévention.

La vague de moralisation qui souffle notamment sur les productions de matières premières comprend les conditions environnementales et humaines de ces productions. La Corée du Sud a tout intérêt à revoir sa législation dans ces domaines.

Tesla signe un « M.O.U. » et sera candidat au dossier de la nouvelle centrale électrique

En marge de la vente de l’usine du Sud à Prony Resources, l’entreprise Tesla a signé un « Memorandum of Understanding » avec le nouveau propriétaire. Ce document comprend deux volets. L’un concerne l’approvisionnement de Tesla en nickel hydroxyde cake, le fameux NHC, pour la construction de ses batteries. Le second est relatif à l’expertise que la compagnie d’Elon Musk apportera en matière, notamment, de production d’énergie.

On sait que Tesla vient d’achever une centrale électrique de 1000 Mégawatts, alimentée par énergie solaire photovoltaïque, au Texas. Cette usine sera en mesure d’offrir une disponibilité permanente de 300 Mégawatts.

Elon Musk a déclaré que les progrès réalisés par Tesla en matière de stockage d’énergie électrique avaient été étonnants. Ils déjouent, en effet, les prévisions les plus optimistes des analystes en matière de stockage d’énergie et de délai de réalisation. La nouvelle centrale du Texas a été construite en un peu plus d’une année.

L’intérêt du partenariat de Tesla, pour la Nouvelle-Calédonie, est évident à une période où déjà, la production d’énergie renouvelable est en avance sur son calendrier de transition énergétique.

Dans le M.O.U. signé la nuit dernière figure d’ailleurs un paragraphe relatif à la construction de la nouvelle centrale dont les études ont été conduites sous la houlette de Nouvelle Calédonie Energie (NCE). Si les options fuel et charbon ont été écartées pour leur caractère fossile pour la production d’énergie de cette unité moderne, le gaz figure toujours parmi les options possibles.

Tesla devrait donc développer une option bien plus propre, grâce à une centrale du même modèle que celle construite au Texas. Celle-ci pourrait avoir une puissance équivalente de 1000 Mégawatts, permettant de mettre sur le réseau de quoi alimenter l’ensemble des usines métallurgiques de Nouvelle-Calédonie.

Certes, du M.O.U. à la réalisation, il restera quelques mois pour parachever les procédures d’offres. Le délai de construction annoncé est d’une année tout juste à compter de l’ouverture du chantier.

Avec une telle évolution, et des besoins domestiques déjà couverts par de l’électricité photovoltaïque, la Nouvelle-Calédonie serait pratiquement le premier pays au monde à se déclarer « green ».

REPRISE DE L’USINE DU SUD : C’EST SIGNÉ, C’EST PAYÉ

Après des mois de conflits, d’inquiétude, de désespoir pour certains, l’affaire de la reprise de l’usine du Sud s’est achevée par un « happy end ». Dans la nuit de mercredi à jeudi, Vale a cédé l’établissement du sud calédonien en y laissant un très gros chèque, et l’ensemble des partenaires de Prony Resources ont acté la vente par visioconférence, après avoir déposé les fonds requis. De son côté, la France a confirmé les prêt et garantie apportés pour un montant de 60 milliards. Une opération qui relance l’activité pour 3000 salariés directs et sous-traitants, maintient les recettes sociales de la Cafat, et provoque un investissement nouveau de quelques 50 milliards générant 600 emplois nouveaux dans le chantier de stockage des déchets « Lucy ». De quoi redonner du moral aux Calédoniens.

UNE USINE CALÉDONIENNE
Dans la transaction, les intérêts locaux, portés à 30% par la SPMSC, entité majoritairement détenue par la province Sud qui en assure la gouvernance, et à 21% par une entité représentant les salariés et les populations du sud, font de l’usine un ensemble minier et métallurgique pleinement calédonien.

Le géant du négoce, également propriétaire minier et métallurgiste Trafigura, et désormais actionnaire à 19% de Prony Resources, s’est félicité d’apporter son « expertise commerciale pour sécuriser l’accès aux marchés internationaux du nickel de Goro Resources, un composant essentiel des batteries lithium-ion nécessaire aux véhicules électriques ».

Agio Global, société d’investissement australienne, se réjouit également d’apporter son « expertise commerciale pour aider à assurer l’avenir à long terme et la rentabilité de l’exploitation en Nouvelle-Calédonie ».

Manifestation de satisfaction de l’Etat, également, de différentes sources. Bruno Lemaire, le ministre des Finances et Sébastien Lecornu saluent l’accord, rappelant « la mobilisation constante de l’Etat pour trouver un repreneur respectant les meilleurs standards en matière de responsabilité sociale et environnementale, et son soutien financier majeur de près de 500 millions d’euros (60 milliards FCFP-ndlr) ».

De son côté, Sébastien Lecornu a rendu hommage à Sonia Backes, présidente de la province Sud, à Roch Wamytan, président du Congrès, ainsi qu’aux négociateurs de l’accord. Il s’est également adressé aux salariés de l’usine et aux sous-traitants pour leur exprimer « respect, solidarité et encouragement« .

UN ULTIME ACCORD DE DERNIÈRE MINUTE SUR LE SORT DE 34 SALARIÉS
Une ultime épine subsistait, après les violences perpétrées contre l’usine du Sud : le sort de 34 salariés licenciés pour blocages et exactions.

Un accord a été signé par les parties. Il prévoit la réintégration, avec des conditions imposées et acceptées, de 26 salariés. Les 8 autres, dont les motifs de licenciement sont plus graves, verront leurs cas traités par une commission ad hoc, constituée d’accord parties.

ANTONIN BEURRIER POUR LA TRANSITION
Antonin Beurrier a été l’un des artisans de la reprise de l’usine par Prony Resources, ce que n’a pas manqué de faire valoir le gouvernement français. En particulier, il s’était rendu personnellement aux Etats Unis pour convaincre Elon Musk d’acheter le NHC produit en devenant un partenaire commercial de l’usine.

Il ne figure pas au rang des actionnaires, mais dans un souci pragmatique de redémarrage d’une usine dont il connaît comme personne le fonctionnement technique et commercial, Antonin Beurrier demeurera à ses commandes pour la période de transition.

UNE OPÉRATION NOVATRICE
Au total, avec la détention des titres par Sud Nickel et une majorité calédonienne « non diluable », les partenaires internationaux de dimension mondiale ont validé le montage capitalistique original de Prony Resources. La province Sud, sous la houlette de Sonia Backes, a ainsi créé, à côté des montages de SLN et Koniambo, un nouveau modèle industriel et minier.

Mais surtout, et c’est une première fois depuis la signature de l’Accord de Nouméa, l’accord du 4 mars a montré que sur un sujet totalement clivant entre indépendantistes et loyalistes, ayant entraîné un conflit aux accents de révolte civil, un accord avait pu être trouvé entre les parties antagonistes.

Nul doute que Sébastien Lecornu y trouve quelque espoir de faire avancer une solution consensuelle pour le futur institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

USINE DU SUD : PREMIÈRE TONNE DE NHC FIN AVRIL si tout va bien

L’opération de rachat de l’usine du Sud va bon train et devrait connaître sa conclusion en début de semaine prochaine. En attendant, 700 personnels sont de nouveau sur le site, ce qui signifie que davantage encore de salariés sont retournés à l’ouvrage. Seule, pour l’heure, l’exploitation de la mine n’a pas repris.

FINALISATION DES PROCÉDURES LIÉES AU RACHAT
Presque toutes les opérations internes sont en cours de règlement. Promosud et la Société de Participations Minières du Sud Calédonien (SPMSC) qui va détenir 30% du capital vont réunir leurs conseils d’administration respectifs ce vendredi.

L’INTÉRESSEMENT DES POPULATIONS DU SUD
En ce qui concerne l’intéressement des populations kanak du Sud, il reste aux différents représentants à mettre en forme le process, sous la coordination de l’aire. Une hypothèse serait que deux entités soient mises sur pied, l’une pour la représentation au Conseil d’Administration de Prony Resources, et l’autre pour la représentation à Sud Nickel.

Seule différence entre les deux structures : les dividendes éventuels de Prony Resources seront pioritairementconsacrés au remboursement des dettes contractées, tandis que Sud Nickel est assurée d’empocher au minimum 500 millions de produits de location des titres miniers. Un écart de taille …

LA PREMIÈRE TONNE DE NHC FIN AVRIL
Si toutes les opérations se passent sans encombre, et que l’ensemble des personnels peut être à l’ouvrage, tout laisse à penser que la première tonne de Nickel Hydroxyde Cake sera produite par la nouvelle entité calédonienne à la fin du mois d’avril. Un événement historique pour la province Sud.

TESLA ACHÈTE ET ACCOMPAGNE
La compagnie d’Elon Musk sera alimentée par une partie de la production de l’usine de (Prony) Goro Resources pendant une demi-décennie. Par ailleurs, comme sollicitée par l’ensemble des partenaires signataires de l’accord de reprise de l’usine, Tesla apportera son expertise, et un Memorandum Of Undestanding a déjà été signé en ce sens.

Nul doute que ces conseils vont également concerner l’évolution de la source d’alimentation électrique de l’usine, Tesla venant de mettre au point une centrale « propre » de 1000 Megawatts dans le Texas avec une puissance de stockage par batteries phénoménale …

600 NOUVEAU EMPLOIS AVEC LUCY
Une bonne nouvelle en attirant une autre, les travaux de construction du nouveau site de stockage à sec « Lucy », financé par Vale, devraient être lancés en même temps que le redémarrage de l’usine. Un investissement d’une cinquantaine de milliards qui va générer pas moins de 600 emplois en province Sud.

L’USINE DU SUD SAUVÉE : UNANIMITÉ À LA PROVINCE SUD

Dans le concert de la crise du Covid, l’affaire est presque passée inaperçue. Et pourtant, sur le court, moyen et long terme, c’est un des fondements de notre survie économique et sociale qui vient d’être sauvée grâce à un vote unanime de l’assemblée de la province Sud pour approuver les nouvelles conditions de reprise de l’usine du Sud. C’est qu’en effet, bien que majeur, l’accord politique récemment signé n’engage que les signataires. Le vote de la province Sud, lui, engage la collectivité compétente sur les conditions minières de la vente, même si le sujet de la société publique disposant des titres miniers doit faire l’objet d’une modification du Code minier, compétence du Congrès.

UN ACCORD QUI PERMET LA VENTE ET LE RACHAT DE L’USINE
L’unanimité du vote, et l’engagement de la province Sud  a plusieurs effets économiques, sociaux et politiques.

Le premier, c’est qu’il permet juridiquement de répondre aux conditions de la vente, aussi bien du propriétaire cédant, Vale, que de l’acquéreur, Prony Resources qui sera dénommée commercialement Goro Resources. En clair, l’assemblée du Sud a levé les derniers obstacles à la reprise de l’usine qui pourra être formalisée dans les jours à venir.

RESTAURER LA CONFIANCE DES INVESTISSEURS
Le second est le rétablissement d’une certaine confiance parmi les investisseurs. La Nouvelle-Calédonie est devenue, dans le monde des affaires, une zone d’investissement à risque.  C’est un boulet dont le territoire doit progressivement se séparer pour redevenir attractif aux yeux des investisseurs nationaux et internationaux dans tous les secteurs de l’économie. La conclusion d’un accord après plusieurs mois de violence et de mise en danger d’un outil industriel qui a coûté près de 1000 milliards de francs CFP, puis sa validation par une institution de la Calédonie est venue quelque peu redorer le blason de l’archipel. Et d’abord, il est de nature à inspirer la confiance de Trafigura, du partenaire australien, de la Banque Rothschild et de Tesla. Des opinions qui portent, au plan mondial.

LA CAFAT ÉVITE LA CATASTROPHE IMMÉDIATE
Le troisième est la mise hors de danger de mort de notre système de protection sociale. Et incidemment, de santé. Certes, chacun sait que la Cafat est déjà en situation périlleuse. Cependant, un plan sérieux de redressement est prêt à être mis en œuvre. Mais avec l’échec ou le succès de la reprise de l’usine du Sud, il y avait dans la balance de l’emploi et des cotisations sociales le poids de 3.000 salariés, au bas mot. Nul doute que la fermeture de l’usine et les conditions dans lesquelles cet arrêt d’activité serait intervenu auraient eu des effets mortifères sur la consommation, l’investissement local, et de manière patente, la survie d’une certain nombre d’autres entreprises calédoniennes.

UNE PERSPECTIVE DE DIALOGUE ENTRE LOYALISTES ET INDÉPENDANTISTES
Le vote de l’assemblée du Sud traduit en termes juridiques l’accord politique sorti du chapeau, presqu’à la dernière minute, signé entre les indépendantistes, Union Calédonienne et Palika inclus, et Les Loyalistes. Certes, Calédonie Ensemble qui s’obstine à ronchonner, n’y était pas. Mais le parti, toujours en ronchonnant, a voté.

A l’approche d’un possible troisième référendum qui sera celui de tous les dangers, un débat préalable sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie pour les uns, sur celui de Kanaky-Nouvelle Calédonie pour les autres, est la condition indispensable pour maintenir la paix sur le territoire.

Les indépendantistes avaient choisi les « bilatérales » directement avec « l’État colonial ». Or l’accord sur l’usine du Sud résulte d’une « bilatérale » entre partis politiques locaux. La voie est peut être ouverte pour qu’un dialogue s’instaure pour atteindre ce Graal institutionnel que constitue, -rappelons que le terme est de Jacques Lafleur- la Solution Consensuelle. Comme écrivait Mark Twain, et d’autres, « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

ERAMET : LE SORT DE LA PDG CHRISTEL BORIES REPORTÉ À FIN MARS

Christel Bories, à la tête d’Eramet depuis 2017, est au centre d’un bras de fer entre actionnaires depuis début mars. La famille Duval, qui détient 36 % du capital du groupe minier (45 % des droits de vote), a demandé à l’Etat (25 % du capital) le départ de la PDG ou, au minimum, la dissociation des fonctions de présidente et de directrice générale. Elle reprocherait notamment à la PDG d’avoir donné trop d’importance au dossier SLN et, selon elle, de l’avoir mal géré

Mais l’Agence des participations de l’Etat (APE) ne veut ni changer de dirigeant, ni dissocier les fonctions. Or l’Etat et la famille Duval sont liés par un pacte d’actionnaires, renouvelé chaque année, depuis 1999, par tacite reconduction. Tous deux doivent se concerter sur la nomination du dirigeant.

Le Conseil d’administration d’Eramet qui devait se réunir demain jeudi 11 mars a été reporté à la fin du mois de mars. Il devait notamment arrêter les résolutions à soumettre à l’Assemblée générale.

Les résultats boursiers qui étaient bons à la publication des résultats mi-février ont chuté de 10% depuis la demande des Duval.

Sur les marchés, les analystes financiers estiment que le départ de Christel Bories ne serait pas une bonne nouvelle. « Eramet a besoin de stabilité et de temps pour finaliser la procédure de conciliation en cours à la SLN (Société Le Nickel en Nouvelle-Calédonie) et pour obtenir une offre satisfaisante pour Aubert & Duval, une activité stratégique du secteur aérospatial, que le groupe minier veut céder », écrit un expert d’un groupe financier franco-allemand.

Le sort de Christel Bories est largement entre les mains du Conseil qui compte 19 membres. Sa composition est la suivante, et compte 2 représentants de la Société Territoriale Calédonienne de Participation Industrielle :

  • M. Michel ANTSELEVE ;
  • Mme Christel BORIES (Présidente-directrice générale)* ;
  • M. Emeric BURIN des ROZIERS ; 
  • Mme Christine COIGNARD (administrateur indépendant) ;
  • M. François CORBIN (administrateur indépendant) ;
  • SORAME, représentée par M. Cyrille DUVAL ;
  • M. Jérôme DUVAL ;
  • M. Frédéric GAIDOU (administrateur représentant les salariés) ;
  • M. Jean-Yves GILET ;
  • CEIR, représentée par Mme Nathalie de LA FOURNIERE ;
  • Mme Manoelle LEPOUTRE (administrateur indépendant) ;
  • M. Jean-Philippe LETELLIER (administrateur représentant les salariés) ;
  • Mme Miriam MAES (administrateur indépendant) ;
  • M Louis MAPOU ;
  • Mme Catherine RONGE (administrateur indépendant) ;
  • Mme Sonia SIKORAV (administrateur indépendant) ;
  • M. Claude TENDIL (administrateur indépendant) ;
  • M. Bruno VINCENT, représentant de l’Etat ;
  • M. Jean-Philippe VOLLMER.

La famille Duval est assurée de 8 voix.  Elle recherchera sûrement d’autres alliés dans la perspective de la prochaine réunion des administrateurs.

NOUVELLES VIOLENCES À L’USINE DU SUD

Les exactions se poursuivent dans le Sud, et s’ajoutent aux vols de véhicules perpétrés presque quotidiennement sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie.

Tandis qu’une quinzaine de petits bateaux se manifestaient dans la Baie de Prony, des bâtiments, près de la rivière Kwé, ont été incendiés.

La journée était placée sous le signe de « un environnement sain pour un climat de paix » ! Cela ne s’invente pas …

La fameuse « date butoir » pour la signature de la vente définitive de l’usine du Sud à Prony Ressources, initialement prévue aujourd’hui, a été reportée au mois de mars en accord avec la présidente de la province Sud et l’Etat.

En dépit des violences permanentes sur le site de Vale NC, les efforts pour trouver une solution pérenne et pacifiée se poursuivent donc pour cette reprise.

SLN : LE COUP DE POIGNARD DE LA CALÉDONIE

Le minerai de nickel de la Nouvelle-Calédonie est sa principale richesse. Les plus importantes réserves de la planète se situent en Indonésie et en Australie. On en trouve en Russie, au Brésil, au Canada, aux Philippines, à Cuba, en Chine, et même en Finlande. Les ressources géologiques de la Nouvelle-Calédonie représentent quelques 20% du total mondial connu. La demande actuelle est boostée par celle des batteries électriques, mais la technologie évolue et déjà pointent des batteries sans nickel. Avec une production à la peine, loin des valeurs nominales à Koniambo et Vale NC, seule la SLN pourrait tourner à plein régime. Pour l’entreprise au bord de la faillite, le dernier coup de poignard vient … de la Calédonie elle-même ! Hallucinant …

La SLN a besoin de cash, un cash assuré par un prêt de 63 milliards obtenu en 2016, et nécessaire en raison des pertes annuelles de la société. Ce cash est à épuisement après les exactions incessantes de Kouaoua, et les blocages de l’approvisionnement de l’usine de Doniambo.

Des efforts ont été menés au sein de l’entreprise pour réduire les coût de production. En externe, Enercal a mis en place un système de tarification permettant un avantage à la SLN quand les cours sont bas. La construction d’une centrale électrique produisant à moindre coût est sur le point d’être réglée. Il y a un an et demi, une autorisation d’exportation de 4 millions de tonnes de minerai a été accordée. Mais pour disposer à nouveau de cash, et financer de nouveaux investissements indispensables, la SLN appelle à l’aide.

Cette aide, dans l’immédiat, complétée dans un second temps par de nouvelles garanties et un nouveau prêt, est la plus simple à lui apporter : l’exportation de minerai non traitable localement, et dont regorge le sous-sol calédonien. La SLN a obtenu une autorisation de 4 millions de tonnes. Pour anticiper les conditions de son redressement, elle sollicitait une rallonge de 2 millions de tonnes.

« Niet », a dit le gouvernement calédonien mardi, les 5 voix de l’Avenir en Confiance et celle de l’Eveil Océanien ne suffisant pas pour atteindre la majorité. Opposition du Palika pour qui les seules exportations doivent être cantonnées à l’usine offshore de la province Nord. Abstention de l’Union Calédonienne et abstention de Philippe Germain.

Cette affaire, qui va affaiblir un peu plus la plus importante société métallurgique du territoire, suscite 3 réflexions.

La première, c’est l’image que les Calédoniens, actionnaires à 34% de la SLN joue contre leur propre société ! La Société Calédonienne de Participation Industrielle (STCPI) porte en effet, pour le compte des Calédoniens, cette part du capital. Certes, on pourrait ergoter et rappeler que la STCPI est composée des 3 provinces. Mais les ressources fiscales et la situation de la Cafat ne sont-elles pas des ressources et des outils de la Nouvelle-Calédonie, alimentés par les impôts et les cotisations de ceux qui produisent et travaillent ?

La seconde, c’est que l’Etat, déjà appelé à la rescousse financière une première fois, et dont tous les regards se tournent vers lui, doit être ébahi devant tant d’incohérence. Et surtout se dire qu’on fait appel au contribuable métropolitain, … quand les Calédoniens eux-mêmes ne veulent pas faire cet effort de soutien à « leur » usine.

La troisième est le message à l’égard des personnels de la SLN et de leurs familles. Quelle considération, pour eux, d’un pouvoir politique qui ne daigne même pas venir en soutien de leurs emplois. Comment leur expliquer les subtilités mortifères des positions de leurs élus, alors qu’ils vont peut être perdre leurs revenus ?

Pour eux, le gouvernement a failli. Mais n’est-ce pas, globalement, l’illustration de l’échec et des obsèques de l’Accord de Nouméa ?

LA CALÉDONIE EST-ELLE CAPABLE D’OFFRIR GARANTIES ET PRÊTS À LA SLN ?

Les indépendantistes veulent que la Calédonie soit majoritaire dans toutes les sociétés métallurgiques de nickel, mais est-elle seulement capable de répondre à ses simples obligations d’actionnaire minoritaire à la SLN ?

La STCPI porte les actions des provinces dans cette société. Et pas pour une part mineure : un tiers du capital avec 34%, et la minorité de blocage.

Beaucoup dénoncent la distribution de dividendes en 2012 et 2013 … oubliant que les actionnaires calédoniens ont également « touché » ! D’ailleurs, depuis 2000, date de la création de la STCPI, ces actionnaires calédoniens ont empoché 40 milliards de CFP.

En revanche, lorsque les actionnaires ont été appelés à la rescousse pour un prêt de trésorerie de 63 milliards en 2016, les Calédoniens étaient aux abonnés absents.

Toujours aux abonnés absents, la STCPI, pour défendre la société dans laquelle elle représente les intérêts calédoniens face aux blocages, aux exactions à Kouaoua, et à la menace de dépôt de bilan.

Une nouvelle fois, la SLN aura besoin de ses actionnaires pour des garanties financières et des prêts pour sécuriser son avenir aujourd’hui bien sombre. La STCPI sera-t-elle fièrement au rendez-vous ?

Ou bien démontrera-t-elle l’absurdité de vouloir contrôler dans le capital, des sociétés trop grandes pour elles, méconnaissant les règles du commerce et de l’économie moderne, une ignorance qui a placé la Calédonie en « zone à risque » pour les investisseurs du monde entier ?