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LES PRIX AUGMENTENT EN OCTOBRE, MOIS D’APPLICATION DE LA TGC

Le coût de la vie devait diminuer « de 10 à 15% » grâce à la TGC. Si quelques produits ont baissé, la tendance générale est à la hausse de la cherté de vie, c’est à dire le contraire de ce qui était promis. La baisse sera-t-elle pour plus tard ?

LES PRODUITS MANUFACTURÉS EN HAUSSE avec une augmentation totale de 0,4%. L’Isee note une baisse de 5,4% sur les pièces détachées mais ne dit mot sur l’accord intervenu pour … une augmentation du tarif horaire d’intervention.

« Rapportés au mois d’avril 2018, les prix des produits manufacturés sont stables avec une évolution de +0,2 % », indique le rapport. Si à +0,2%, les prix sont réputés stables, à partir de combien faut-il considérer qu’il y a une hausse ?

L’ÉNERGIE EN HAUSSE de 1,6% en incluant les carburants.

L’ALIMENTATION EN HAUSSE DE 0,2%.  » Les prix de l’alcool et des autres boissons ont augmenté respectivement de 35,1 % et de 6,9 % en glissement annuel, portant l’inflation alimentaire totale à 1,9 % sur un an« .

ÉTONNANT : LES PRIX DE RESTAURATION EN BAISSE comme les services d’hébergement. C’est un relevé qui risque de ne pas être partagé par les clients des restaurants à chaque fois qu’ils ont demandé la note en octobre ! Mais peut-être n’était-ce qu’un « ressenti » …

HAUSSE DU TABAC de 20,9%.

NOUVELLES PROTECTION DES YAOURTS, PRODUITS LAITIERS, FROMAGES : L’AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE RECOMMANDE LE REJET

 

TFL/Socalait, sociétés détenues par CAFF Investissements SAS, bénéficiant déjà de protections de marchés, a sollicité récemment de nouvelles protections sur les yaourts et fruits, les babeurre, laits et crèmes caillés, les fromages frais non affinés, les spécialités laitières et les desserts. Le gouvernement, saisi, devrait prochainement trancher. La CCI, le Comex se sont prononcés. Le rapport de l’Autorité calédonienne de la Concurrence était attendu. Il est très défavorable.

UN RENFORCEMENT DE POSITION DÉJÀ « TRÈS DOMINANTE »
Après avoir défini le marché dans le secteur des produits laitiers et des crèmes desserts UHT en Nouvelle-Calédonie, l’Autorité constate que les sociétés TFL/Socalait occupent 80% du marché des « yaourts et autres laits fermentés ».

Elle analyse ensuite un critère important pour la Calédonie et les consommateurs : la contribution des mesures de protection au progrès économique. Sur ce point, « L’Autorité s’interroge donc sur la contribution au progrès économique de cette protection de marché qui, à elle seule, aura pour effet de renforcer la position déjà très dominante de TFL sur les différents segments de marché et de réduire les gammes des produits et marques actuellement proposées aux consommateurs, à des prix compétitifs sur le territoire calédonien. »

PROTÉGER DES EMPLOIS … NON MENACÉS
Concernant l’emploi, Socalait/TFL s’engagent, en contrepartie des protections, à le maintenir tout en faisant progresser ses personnels en compétence. Mais l’Autorité n’en est pas convaincue, motif : « les résultats comptables de la société TFL montrent que cette dernière est en bonne santé de sorte que ses emplois ne sont pas menacés pour des raisons financières : son résultat comptable a augmenté d’environ 20 % entre 2015 et 2017 tandis que son bénéfice distribuable a augmenté de 25 % entre 2016 et 2017« .

CONDUIRE À DES PRATIQUES ANTICONCURRENTIELLES
Conclusion sans appel de l’Autorité : « L’Autorité en déduit que les protections de marché envisagées à l’égard des sociétés TFL/Socalait ne contribueraient pas au progrès économique, autrement que par le renforcement d’une position déjà très dominante de la société TFL sur les segments de marché concernés,susceptibles de la conduire à commettre des pratiques anticoncurrentielles du fait de la responsabilité particulière qui lui incomberait. »

NI AMÉLIORATION DU BIEN ÊTRE DES CONSOMMATEURS, NI VALEUR AJOUTÉE
Sur la part du profit qui en résulte réservée aux utilisateurs, l’avis n’est pas moins net : « l’extension du quasi-monopole de la société TFL sur plusieurs segments de marché ainsi que la réduction des volumes d’importation de crèmes desserts UHT, qui présentent des qualités indéniables du point de vue des consommateurs calédoniens (longue conservation, hors de la chaîne du froid, prix bas) ne permettent pas de considérer que les mesures de protection de marché demandées améliorent le bien-être des consommateurs » et de conclure : « Au surplus, la société TFL s’approvisionnant exclusivement à l’international pour ses matières premières, les mesures de protection de marché ne bénéficieront pas non plus à la création de valeur ajoutée sur le territoire calédonien« .

ÉLIMINATION « SUBSTANTIELLE » DE LA CONCURRENCE
Sur les produits laitiers frais, l’Autorité indépendante écrit que les protections renforceraient de manière substantielle la position dominante de TFL sur les segments de marché des produits laitiers concernés. « Il s’ensuit que ces mesures de protection de marché conduisent à une élimination totale de la concurrence des produits importés alors que, sur le marché calédonien, les deux producteurs artisanaux n’ont pas les moyens de s’y substituer. La société TFL ne subira donc aucune concurrence potentielle de la part des opérateurs locaux« , poursuit l’Autorité de la Concurrence, indiquant clairement que ce serait la mise en place d’un monopole absolu.

DES PROTECTIONS NULLEMENT INDISPENSABLES
Sur le caractère indispensable de la mesure de protection, l’Autorité de la Concurrence de la Nouvelle-Calédonie conclut de manière très claire : « Dès lors qu’il n’est pas démontré que les protections de marché demandées contribuent au progrès économique, elles ne peuvent avoir un caractère indispensable ».

Dans son avis, l’organisme « recommande » au gouvernement, notamment de refuser les demandes de protection de marché formulées par TFL/Socalait. Quant aux produits de première nécessité, la recommandation est de ne pas substituer « aux mesures quantitatives demandées des mesures tarifaires qui conduiraient immanquablement à augmenter le prix des produits qui sont aujourd’hui librement importés« .

Source : avis de l’Autorité de la Concurrence de la Nouvelle-Calédonie

DE NOMBREUSES FACTURES DE RESTAURANT À LA HAUSSE

 

Pour être juste, il faut constater que les prix varient beaucoup en ce début d’application de la TGC. Certains établissements de restauration n’ont pas changé leurs prix, d’autres, si. Difficile, en tout cas, d’appliquer les nouveaux prix TGC des intrants pour certains, et la solution est de majorer de la taxe … les anciens prix. Manque d’information ? Manque de préparation ? Le portefeuille, lui, ressent une certitude : au lieu de baisser ou d’être stables, les prix de restauration augmentent. Et le consommateur a le sentiment d’avoir été berné.

Comme cela a été claironné en début d’application de la TGC, et continue de l’être par une campagne d’information, certains prix sont censés baisser. Mais pour le consommateur, c’est le sentiment général qui prévaut. Et ce sentiment, c’est que tout augmente !

Pour ceux qui fréquentent les établissements de restauration, l’impression de hausse des prix est nette. L’addition finale peut franchir des seuils nouveaux qui ne laissent pas indifférents les clients.

Pour ceux qui peuvent comparer les prix en métropole et en Calédonie, ce sentiment est encore plus tranché. Dans certains cas, cette différence est quasiment du double !

Prix au centre de Honfleur en pleine saison estivale 2018 – 13,90 € = 1 660 FCFP ! (Photo lecteur)

« Nous ne faisons qu’appliquer nos charges et les taxes et impôts« , déclare de bonne foi ce restaurateur. Il n’a pas tort. Alors, une seule réponse à la question de la cherté de vie : le modèle économique choisi n’est pas bon. Pire, il est pervers.

Prix Place Sainte Catherine/Honfleur 2018 – 15€=1800 FCFP !

Depuis les « marches contre la vie chère » qui se sont succédées à partir de 2011, et en dépit des innombrables réunions sur ce sujet très sensible, les prix n’ont fait qu’augmenter. La TGC était accompagnée d’une affirmation : « le coût de la vie va baisser de 10 à 15%« . Le consommateurs s’interroge : les promesses rendent-elles les couillons joyeux ?

LE SCANDALE DES ABUS … DE PRIX D’ALCOOL

Le prix des alcools a de nouveau augmenté avec l’application de la TGC, atteignant des records. Cette hausse suscite deux réflexions majeures, l’une sur le modèle économique local, l’autre, sur le modèle sociétal. Abus.

JUSTE DES RECETTES BUDGÉTAIRES
Sur le modèle économique
, d’abord. Il s’agit d’une mesure censée dissuader le consommateur des abus d’alcool en rendant l’accès à l’alcool difficile par le prix. Globalement, cela correspondant, en premier lieu, à une augmentation du coût de la vie, puisque chacun consomme, peu ou prou, des boissons alcoolisées.

Le produit de ces augmentations sert-il à des actions visant à éduquer les consommateurs et à mener des actions civiques ou de répression pour juguler les abus ?

Rien de tout cela. Les recettes supplémentaires ont été distribuées aux Provinces, et une partie au Ruamm. Quant aux recettes nouvelles générées sur l’alcool par la TGC, leur destination ne sera connue que lors du prochain budget.

PAS DE CONTRÔLES, PAS D’ÉDUCATION
En revanche, toujours pas de contrôle routier systématique d’alcoolémie après 22h, pas de programme éducatif dans les écoles, pas de campagne de sensibilisation permanente en direction du public. Conclusion : les augmentations sur l’alcool n’ont visé qu’à obtenir de nouvelles recettes budgétaires sur le dos du consommateur.

Accessoirement, pour le tourisme, les alcools français et notamment le vin français, source d’achats touristiques, seront plus chers dans notre pays français, que sur des territoires étrangers !

PUNIR 300 000 CALÉDONIENS POUR QUELQUES MILLIERS D’IVROGNES
Sur le modèle sociétal, c’est d’abord le constat que la consommation d’alcool sera sélective par le prix, en faveur des Calédoniens les plus aisés.

Car dans le principe, si la mesure vise à dissuader la consommation abusive d’alcool, toutes ces augmentations n’ont qu’un résultat : « punir » près de 300 000 Calédoniens alors que seuls quelques milliers d’ivrognes constituent un risque pour la sécurité publique, la paix des ménages ou la sécurité routière.

Or, sur les 300 000 habitants en question, seuls les revenus moyens et modestes trouveront quelque dissuasion dans les prix des alcools.

Pire : certains vont revenir aux alcools frelatés, tandis que les vols d’alcool sont en constante hausse.

En revanche, la promotion à grande échelle des valeurs civiques et des valeurs de santé face aux dangers des abus d’alcool est toujours absente ! Un modèle sociétal qui dérive comme une bouteille à la mer …

TGC : L’ÉPREUVE DE VÉRITÉ

UN IMPÔT INVENTÉ PAR LA FRANCE
La TGC est l’équivalent de la TVA, un impôt indirect sur la consommation inventé et créé en France par un vote de l’Assemblée Nationale le 29 mars 1954. La mesure, révolutionnaire, avait été mise au point sous l’impulsion d’un haut fonctionnaire des impôts, Maurice Lauré. Ce jeune et brillant polytechnicien, -il avait 37 ans-, avait été qualifié par le sociologue Raymond Aron, de « Prince de l’esprit ».

La TVA, comme la TGC, est réputé être un impôt moderne à paiement fractionné, censé éviter les paiements en cascade appliqués à chaque étape du processus de consommation d’un produit. A l’origine, la TVA ne comportait que 2 taux.

PLUSIEURS TENTATIVES EN NOUVELLE-CALÉDONIE
En Nouvelle-Calédonie, la « TVA locale » est à l’ordre du jour depuis près de 15 ans. Elle a figuré dans plusieurs programmes électoraux, aussi bien des loyalistes que des indépendantistes, sous diverses appellations. Au niveau du gouvernement calédonien, le premier responsable qui s’était attelé à la tâche a été Didier Leroux.

La « TVA locale » a connu des fortunes diverses au Congrès, où jusqu’à une période récente, des majorités se sont formées pour repousser les différentes propositions.

L’étude approfondie de la réforme avait été conduite par un brillant inspecteur des finances, Jean-Pierre Lieb, venu plusieurs fois en Calédonie, et aujourd’hui associé au département Business Tax Services à EY Société d’avocats.

FINALEMENT LE GOUVERNEMENT GERMAIN
C’est donc finalement le gouvernement Germain, dont le parti avait marqué son désaccord avec des moutures précédentes, qui porte cette réforme fiscale.

L’originalité de la mesure a été introduite par l’association d’une baisse des prix, à un impôt censé simplifier la fiscalité, et surtout, être doté d’un rendement fiscal maximum.

Ainsi, en plus du rôle de levier de recettes fiscales de la TVA locale, baptisée Taxe Générale à la Consommation, TGC, le gouvernement a décidé de lui donner la mission première de faire baisser les prix, et d’être une arme contre la vie chère.

BOULEVERSEMENT POUR LES ENTREPRISES
Après une année « blanche », période de rodage à taux réduit, la TGC va donc entrer aujourd’hui en application du taux dit « plein ».  Pour les entreprises, les ajustements comptables et informatiques, la clarté des dispositions fiscales ne semblent pas toujours évidents. Il s’agit d’un véritable bouleversement.

Ce lundi aura été précédé de nombreuses craintes sur … l’augmentation des prix, l’équilibre financer de certaines entreprises, et donc sur l’emploi. Ces craintes sont provoquées par une disposition coercitive destinée, selon le gouvernement, à éviter l’inflation des prix et même à les faire baisser, et qui consiste notamment à contrôler les marges dans 3 grands secteurs : l’alimentation, les produits ménagers et les pièces détachées.

UN IMPORTANT RENDEZ-VOUS POLITIQUE
Dans une économie calédonienne en récession, et alors que le territoire va affronter dans quelques semaines un référendum d’autodétermination, l’application de la TGC s’effectue dans un contexte d’interrogations et d’incertitudes.

Or, la Nouvelle-Calédonie est d’ores et déjà en campagne pour les prochaines élections provinciales, enjeu du pouvoir local pour les 5 ans à venir.

Calédonie Ensemble et le président du gouvernement, Philippe Germain, se sont totalement engagés dans la réforme, affirmant son caractère positif et son efficacité à juguler la cherté de vie excessive. Ils ont été soutenus, dans leurs ultimes décisions, par les indépendantistes.

RECONNAISSANCE OU SANCTION
Les autres partis politiques « loyalistes » sont davantage des observateurs des jours et des semaines qui viennent. Mais tous savent le formidable enjeu pour le quotidien des ménages -cherté de vie, emploi- qui sont autant d’électeurs potentiels en mai 2019, date des élections provinciales.

En ce sens, ce lundi ouvre une épreuve de vérité sur la gestion de la Nouvelle-Calédonie. La reconnaissance, comme la sanction des électeurs seront à la hauteur de l’enjeu d’une importance essentielle pour les ménages calédoniens.

TGC : MANQUE DE POT ?

 

Le gouvernement finance depuis quelques jours des publicités paraissant dans tous les médias pour annoncer, sur des produits, des baisses de 10 à 15% dès que la TGC sera appliquée, c’est à dire à compter du premier octobre.

DES CHIFFRES GOUVERNEMENTAUX CONTESTÉS
Dernière en date : les petits pots de bébé avec une baisse prévue de -11%. L’annonce est accompagnée des explications sur les évolutions du prix du dit pot, de l’importation jusqu’à la vente au consommateur final.

La pub contestée et annotée par un internaute

Sur les réseaux sociaux, les chiffres publiés par le gouvernement sont contestés sur deux points :
– l’Exécutif affirme que la marge n’est pas réglementée, et le détracteur écrit : « Hé si ! La marge du grossiste et du commerçant est réglementée : 1,30 et 1,30. Donc marge = 148F / PV TTC = 363F », chiffres différents de ceux de la pub
– l’Exécutif indique des coefficients contestés par l’internaute qui écrit : « Hé non, ce ne sont pas les bons coefficients ! C’est 1,35 et 1,34. Donc marge = 153F /  TGC = 10F / PV TTC = 352F », et conclut : « la baisse est de 3% ».

QUI NE SAIT PAS COMPTER ?
Après les chiffres farfelus du nombre de kanak inscrit sur la liste referendaire affichés par le FLNKS et qui a mis à mal un expert en géopolitique, va-t-on avoir des chiffres erronés du gouvernement calédonien, l’instance exécutive locale de référence ?

Si oui, le membre du gouvernement en charge du secteur ne sait pas compter, et en même temps, des fonctionnaires ont du souci à se faire pour leur carrière.

Si non, le démenti sera immédiat, et l’internaute sera renvoyé dans ses buts.

Pour l’un ou pour l’autre, cette affaire aura été un manque de pot …

TGC : TENSION EXTRÊME ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LES PARTENAIRES SOCIAUX, ARBITRAGE DES INDÉPENDANTISTES – LA SLN AU BORD DU GOUFFRE – L’actu de ce mardi 11 septembre

TGC : EXTRÊME TENSION ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LES PARTENAIRES SOCIAUX Le gouvernement doit en effet adopter des mesures d’encadrement des prix pour lesquelles il s’affronte avec le syndicat des employeurs et l’intersyndicale. Les « ministres » doivent opérer un choix entre un texte pour lequel les partenaires sociaux sont tombés d’accord, et le texte de Calédonie Ensemble visant à assurer une baisse des prix par le contrôle des marges. Pour les employeurs, l’action prévue sur les marges met des centaines d’emplois en jeu. Rififi.

CALÉDONIE ENSEMBLE DÉFEND LE TEXTE DU GOUVERNEMENT
Calédonie Ensemble, par la voix de Philippe Gomes et de Philippe Michel, a déclaré défendre le texte du gouvernement. Pour ce parti, les dispositions proposées par l’Exécutif sont plus avantageuses pour le consommateur que celles de l’intersyndicale.

Pour ses représentants, il est nécessaire que la mise en place de la TGC se traduise par une baisse des prix dans certains secteurs « et au moins, sur le panier de la ménagère« .

Dans cette confrontation, Calédonie Ensemble ménage l’intersyndicale, arguant que les représentants des salariés n’ont pas eu le temps d’examiner au fond la portée des mesures.

VIOLENTES CRITIQUES DU MEDEF ET DE L’INTERSYNDICALE – Des emplois en jeu
Ce point de vue est contesté … par l’intersyndicale qui affirme avoir signé en toute connaissance de cause. D’ailleurs, l’UT-CFE-CGC, FO, l’Usoenc, la Cogetra et l’USTKE ont récemment diffusé un texte qui constitue une critique frontale du Président du gouvernement : « Roi des manipulateurs« , « mensonges« , « l’homme ne cesse jamais d’essayer de vous rouler », « … retraités, Germain va vous faire de les poches« .

Pour le Medef, le texte préparé par Philippe Germain va mettre en péril les petites entreprises. Il appelle à manifester ce matin devant le gouvernement. Des magasins et des stations-services devraient être fermés. En jeu, selon leurs responsables, des centaines d’emplois.

« LE GOUVERNEMENT VEUT PASSER EN FORCE »
Pour Daniel Ochida, Président du Medef, « avec notre accord, nous préservons l’intérêt des entreprises et celui des consommateurs. Visiblement, le Président du gouvernement fait fi de toutes les remarques autour du projet, que ce soit l’Autorité de la Concurrence, de l’intersyndicale, des organisations patronales comme le Medef« .

Pour Jean-Pierre Kabar, patron de la Cogetra et Président de la Cafat, le chef du gouvernement « veut passer en force » et « cette méthode qui consiste à ne pas écouter les partenaires sociaux, les corps constitués et la société civile en général, nous la dénonçons et nous ne l’acceptons pas« .

UN VOTE ARBITRÉ PAR LES INDÉPENDANTISTES
Le gouvernement pourrait donc trancher aujourd’hui, dans le secret de ses débats. Plusieurs tendances devraient se heurter, puisqu’y siègent des représentants de cinq partis : Calédonie Ensemble, avec le président Philippe Germain, Hélène Iékawé, Nicolas Metzdorf, le Rassemblement avec Cynthia Ligeard et Bernard Deladrière, les Républicains Calédoniens, avec Christopher Gyges, l’Union Calédonienne avec Gilbert Tyuiénon, Didier Poidyaliwane, et le Palika avec Déwé Gorodey et Valentine Eurisouké.

INQUIÉTUDE GRANDISSANTE À LA SLN – Un point complet a été fait au Comité Central d’Entreprise. Pour l’heure, les reclassements des employés de Kouaoua sont en cours, mais 63 personnes sont au chômage. Des approvisionnements complémentaires sont pourvus par d’autres mineurs.

Jamais peut être, depuis la crise de 1975, la SLN n’a été autant au bord du gouffre. Et la Calédonie, au bord de l’explosion sociale.

WAUQUIEZ À BOULOUPARIS – Seconde journée, hier, sur le terrain pour le Président des Républicains. Petit déjeuner avec le Haut-Commissaire, rencontres avec les groupes au Congrès UC-FLNKS, les Républicains Calédoniens, puis il s’est rendu à Boulouparis.

Hier soir, Laurent Wauquiez était à Koné où il doit visiter le SMA. Aujourd’hui, déjeuner avec des chefs d’entreprise, puis rencontre avec le Comité des Sages et le Groupe Uni. La journée s’achèvera par un diner débat avec des jeunes.

2 PROJETS CALÉDONIENS PRIMÉS parmi les projets d’innovation Outre-mer, parmi eux le projet cyber tribus à Lifou.

VIE CHÈRE : UN DOSSIER QUI « PATINE » DEPUIS DES ANNÉES !

 

La lutte contre la vie chère, c’est l’une des arlésiennes calédoniennes. Une espèce d’incantation, de grandes déclarations, des mesures inefficaces, et au total, un coût de la vie qui ne cesse d’augmenter. Dans ce domaine, la Nouvelle-Calédonie ne montre guère l’exemple, provoquant elle-même des hausses, et prônant des mesures dont la pertinence n’est pas avérée. Au total, un échec sur la méthode, qui sera illustrée, dans les semaines à venir, par une série de réflexions dans notre dossier « Vie Chère ».

DANS LA RUE … EN 2013
Après quelques mesures censées rendre la vie des consommateurs calédoniens moins chère, une grande manifestation avait réuni plusieurs milliers de personnes en mai 2013. « Nous vivons dans une société à deux vitesses, qui ne peut changer qu’avec une réforme globale de l’économie et de la fiscalité », avait déclaré Joao d’Almeida au nom de la Fédération des Fonctionnaires.

S’en étaient suivi plusieurs initiatives censées apporter une réponse à cette forte attente des calédoniens. Une commission spécialisée au Congrès, une intersyndicale, une conférence permanente au sein d’un groupe dénommé « agenda partagé », plusieurs déclarations politiques,

Tous les gouvernements se sont prononcés sur cette question depuis une demi-décennie. L’instauration de la TGC, dernière initiative fiscale en cours, a été présentée comme étant « le » moyen de faire baisser les coûts.

AUCUN RÉSULTAT
Mais pour l’instant, rien n’y fait.

Pire : l’augmentation de la pression fiscale directe et indirecte par la puissance publique a surenchéri les coûts.

Élément nouveau dans ce paysage, cependant : la toute nouvelle Autorité de la Concurrence calédonienne. Dans la droite ligne des analyses de l’Autorité nationale de la concurrence, elle a déjà délivré des analyses frappées, à la fois, de l’expérience économique, et du bon sens.

Au delà de la polémique qui va enfler avec la proximité des élections provinciales prochaines, plusieurs constats objectifs s’imposent.

D’abord, globalement, les prix n’ont pas baissé. Bien au contraire !

Ensuite, au fil des années, aucune stratégie, déclinée en actions, en méthode, en objectifs plus précis n’a vu le jour.

Enfin, la récession économique et les difficultés budgétaires qui frappent la Nouvelle-Calédonie va rendre encore plus prégnante ce sujet qui touche au quotidien des Calédoniens, classes populaires comme classes moyennes. Les consommateurs calédoniens sont-ils condamnés à tout payer de plus en plus cher, sans que l’augmentation de leur pouvoir d’achat ne vienne compenser cette augmentation permanente ?

 

TGC : AFFRONTEMENT ENTRE LE GOUVERNEMENT ET L’INTERSYNDICALE-MEDEF – L’Autorité de la Concurrence critique un amendement

Après le vote sur la mise en place de la TGC au 1er octobre, l’intersyndicale et le Medef ont salué la décision des élus, mais dans le même temps, ont violemment critiqué « la réaction du gouvernement  lorsque les élus lui ont demandé d’étendre notre accord de réglementation des prix ».

« Si le Président du gouvernement veut prendre le risque de privilégier sa propre réglementation, écrivent de concert l’intersyndicale et le Medef, il en assumera la pleine et entière responsabilité et nous ne manquerons pas de faire savoir les impacts négatifs subis aussi souvent et longtemps qu’ils se produiront. »

Visiblement, le torchon commence sérieusement à brûler entre le Président de l’Exécutif et les partenaires sociaux signataires du communiqué.

En jeu, selon eux, l’équilibre financier des entreprises, et par voie de conséquence, l’emploi des salariés.

A un peu plus d’un mois de l’instauration de cette véritable révolution fiscale en Nouvelle-Calédonie, mais également à moins d’un an des élections provinciales, les nouvelles dispositions ne manquent pas, et ne manqueront pas de faire des remous.

D’autant que l’Autorité de la Concurrence a déploré le vote à la hâte d’un amendement qu’elle estime préjudiciable à une saine concurrence, et donc au consommateur calédonien …

< L’Autorité de la concurrence déplore l’adoption – sans débat – d’un amendement à la loi du pays portant aménagement de la TGC  votée hier, interdisant à un acheteur professionnel de déduire la TGC applicable sur un produit importé incorporé à une prestation de service (travaux immobiliers ou service de restauration…), sur un bien mobilier d’investissement (matériel de bureau…) ou sur un produit utilisé comme matière première dans le cadre d’un processus de transformation alors qu’il garde la possibilité de déduire la TGC sur un produit local concurrent (relations B to B).

L’Autorité considère que les effets de cette mesure sur le jeu de la concurrence et sur les prix au détail auraient mérité d’être évalués par l’Autorité, dans le cadre d’une consultation de l’ensemble des entreprises de Nouvelle-Calédonie et des organisations de défense des consommateurs, pour apprécier sa proportionnalité et/ou l’existence d’autres mesures moins attentatoires à la concurrence pour parvenir à l’objectif d’intérêt général poursuivi, à savoir le maintien de la compétitivité des entreprises locales de transformation.

L’Autorité relève qu’un arrêté devra préciser la liste des produits concernés par cette mesure. Elle invite d’ores et déjà le gouvernement à circonscrire strictement les produits concernés et les motifs justifiant l’application de cette mesure dérogatoire à la libre concurrence. Elle considère notamment que cette liste ne devrait pas inclure les produits locaux bénéficiant déjà de mesures de protection de marché (STOP/QTOP ou TSPA/TCPPL) pour lesquels la concurrence des produits importés est limitée. L’Autorité ne manquera pas de rendre un avis sur ce projet d’arrêté. 23 août 2018>

LA NOUVELLE-ZELANDE INTERDIT AUX ETRANGERS D’ACHETER DES BIENS IMMOBILIERS

Face à la montée des prix de l’immobilier en Nouvelle-Zélande, le gouvernement veut permettre à ses citoyens d’accéder à la propriété, révèle « The Telegraph ». En interdisant les achats immobiliers étranger ! (Article du magazine « Le Point »)

UNE LOI ADOPTÉE LE 15 AOÛT
La Nouvelle-Zélande entend bien agir contre la montée des prix de l’immobilier. Comme l’explique « The Telegraph », le gouvernement a pris mercredi 15 août une décision radicale pour permettre à ses citoyens d’accéder à la propriété : une loi interdit désormais aux étrangers d’acheter des biens immobiliers. Seuls les résidents néo-zélandais sont désormais autorisés à acheter des biens immobiliers dans l’ensemble du pays.

ACHATS AMÉRICAINS ET CHINOIS
Plusieurs situations survenues ces dernières années ont poussé le gouvernement à prendre cette décision, précise le média britannique. De riches acheteurs venus de la Silicon Valley ont par exemple investi dans des habitations leur servant de « refuge » ou leur permettant d’échapper à un monde parfois un peu trop turbulent. Des acheteurs chinois ont également accédé à la propriété en Nouvelle Zélande en faisant des offres plus élevées que les résidents. Des études publiées ces dernières années donnent raison au gouvernement néo-zélandais, précise The Telegraph : 3 % des biens immobiliers de Nouvelle-Zélande ont été vendus à des étrangers. Dans la ville de Queenstown et ses alentours, ce chiffre est de 3 % et grimpe jusqu’à 22 % dans l’hypercentre d’Auckland.

DROIT DE NAISSANCE
« Nous sommes ici aujourd’hui pour faire un pas vers la restauration du rêve néo-zélandais d’accès à la propriété, a déclaré David Parker, ministre associé au Logement. C’est le droit de naissance des Néo-Zélandais d’acheter des biens immobiliers à des prix convenables. » Cette loi contient tout de même quelques exceptions : les étrangers ayant le statut de résident pourront toujours accéder à la propriété dans le pays, comme les Australiens et les Singapouriens grâce à des accords de libre-échange. Les étrangers qui sont déjà propriétaires d’un bien immobilier ne seront pas touchés par cette loi et les acheteurs d’outre-mer auront toujours la possibilité de faire des investissements limités dans des immeubles et des hôtels.

SCEPTICISME DE L’OPPOSITION ET DU FMI
L’opposition au gouvernement, de son côté, dénonce cette loi qu’elle ne juge pas « nécessaire ». Le mois dernier, le FMI a lui aussi émis des doutes, encourageant le gouvernement à reconsidérer cette loi : il estime qu’elle ne résoudra pas le problème de hausse des prix immobiliers. S’ils ont quelque peu baissé ces dernières années, les prix des biens immobiliers néo-zélandais figurent parmi les plus importants au monde lorsqu’ils sont comparés aux salaires des citoyens. Des données fournies par le Real Estate Institute de Nouvelle-Zélande, citées par The Telegraph, indiquent que le prix médian d’un bien immobilier à Auckland est de 835 000 dollars néo-zélandais (483 900 euros), alors qu’il est de 550 000 dollars néo-zélandais (318 000 euros) dans le reste du pays.