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AIRCALIN POURRAIT RÉDUIRE SES VOLS VERS TOKYO EN SEPTEMBRE

Avec l’allègement des mesures sanitaires, la, compagnie internationale calédonienne retrouve peu à peu des couleurs. Le trafic a repris vers l’Australie en la Nouvelle Zélande, il est redevenu quotidien vers la métropole, et Aircalin a programmé ses premiers vols vers Singapour dans quelques semaines.

Toutefois, la gestion demeure très tendue. La trésorerie de la compagnie est pour l’instant assurée pour 2022, et probablement 2023 grâce à une gestion rigoureuse, une réduction drastique des charges, une avance de son actionnaire majoritaire et un prêt garanti par l’État.

Cependant, dans le cadre d’une interview accordée au quotidien Les Nouvelles par le directeur général Didier Tappero, il est indiqué que les vols pourraient être réduits en septembre si le taux de réservation, actuellement faible, demeurait au niveau constaté.

AUGMENTATION de 5,2% DU SMIG EN AUSTRALIE

En Australie, la négociation est le processus normal déterminant la politique salariale d’une entreprise. Toutefois, un principe admet que certains travailleurs n’ont pas et n’auront jamais la capacité de négocier efficacement avec leurs employeurs et qu’ils doivent, par conséquent, être protégés.

Chez notre grand voisin, l’inflation moyenne est estimée à 5,1%, et la Banque centrale juge qu’elle devrait atteindre 7% à la fin de l’année. Il est également constaté une hausse du coût du logement à l’achat et à la location, ainsi qu’une augmentation des taux d’intérêt.

Le groupe d’experts de la « Fair Work Commission », qui révise le salaire minimum chaque année, a annoncé une augmentation de 5,2 %. Le taux horaire passera donc de $20.33 à $21.38 (1.677 FCFP). Cette décision est basée sur le Rapport statistique – Révision annuelle des salaires 2021-22.

Cette décision a été prise en prenant en compte plusieurs facteurs économiques :

  • les salaires effectifs ont baissé d’environ 2,5 % au cours des deux dernières années
  • la croissance économique est forte et semble se poursuivre
  • les postes vacants augmentent
  • le chômage et le sous-emploi sont en baisse
  • la productivité a retrouvé une croissance régulière de 1 à 2 % par an
  • les bénéfices ont augmenté de 25 % au cours de l’année écoulée.

Bien qu’il soit difficile de faire des estimations précises, l’augmentation du salaire minimum touchera environ 2 % des travailleurs australiens. Les secteurs les plus concernés seront le commerce de détail et l’hôtellerie.

La Commission a cependant décidé que l’augmentation serait reportée au 1er octobre pour les secteurs de l’aviation, du tourisme et de l’hôtellerie en raison de « circonstances exceptionnelles », notamment leur reprise plus lente après la récession de Covid.

Les syndicats avaient demandé une hausse de 5,5% du Smig. Les employeurs suggéraient 2,5 %. 

Pour le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie australienne, Andrew McKellar, cette décision constitue un « risque pour l’économie » avec 7,9 milliards de dollars de coût supplémentaire pour les employeurs.

Réponse du nouveau Premier ministre Albanese : « Si vous êtes au salaire minimum, vous dépensez chaque dollar que vous avez. Chaque dollar que vous recevez retournera dans l’économie en circulation. Il ne se traduira pas en épargne, ni en vacances à l’étranger. Il servira à mettre du pain sur la table et à nourrir les enfants des personnes qui touchent le salaire minimum. C’est de cela qu’il s’agit ».

Le salaire moyen 2022 en Australie est de 457.777 FCFP.

CCAS : LE MATRAQUAGE FISCAL CONTINUE

La majorité indépendantiste du gouvernement a adopté un texte à la majorité pour augmenter le prélèvement fiscal réalisé au travers de la Contribution Calédonienne de Solidarité. C’est la seconde hausse en moins d’un an programmée qui sera soumise au Congrès.

La CCS avait été créée pour financer les allocations familiales de solidarité, le complément retraite de solidarité ainsi que le minimum vieillesse. Il semble bien que l’augmentation envisagée ne serve plus qu’à remplir les caisses du territoire.

Dans cette course à la recette, le gouvernement ne propose aucune réduction de dépenses, aucune mesure de lutte contre les gaspillages budgétaires qui pourtant sont légion. S’il ne s’agit pas, en tout cas, de consacrer les recettes nouvelles prévues à l’équilibre de comptes sociaux, il s’agira simplement d’une ponction sur l’économie sans appréciation de sa pertinence économique et sociale.

Autre aspect de la fiscalité en Nouvelle Calédonie : elle affecte essentiellement les contribuables de la Province sud. Ceux-ci contribuent en effet à 92% à la ressource fiscale, les deux autres provinces en recevant au moins la moitié pour la dépenser.

Les prélèvements de plusieurs milliards destinés à des dépenses publiques ont évidemment pour conséquence d’appauvrir la consommation. Dans le train de mesures fiscales envisagé par le gouvernement Mapou, aucune étude sérieuse d’impact n’a été prise en compte, ce qui fait penser qu’aucune stratégie économique et fiscale n’est actuellement mise en oeuvre en Nouvelle-Calédonie.

L’USINE DU NORD SUR LA SELLETTE EN 2022

Ironie de l’histoire : le PDG de Glencore, Gary, porte le même nom qu’un ancien maire de Poya, grande personnalité de l’Union Calédonienne, puis du Mouvement Libéral Calédonien, qui lui s’appelait Georges Nagle. Mais Gary sera peut être, en 2022, le père fouettard, ou même le bourreau de l’usine du Nord, et partant, de la province Nord.

Depuis août dernier, en effet, le complexe industriel de Koniambo fait officiellement l’objet « d’un examen approfondi » de son actif, en raison de ses mauvais résultats, et des pertes affichées dans un secteur où les autres unités de Glencore sont au vert.

Il est vrai que depuis l’origine, l’usine accumule les déboires techniques et les contre-performances de production. Au premier semestre de cette année, elle était de 19.000 tonnes pour la SLN, et trois fois moins pour KNS. Et pourtant, Eramet estime que la production de son usine calédonienne demeure encore insuffisante …

A l’issue de l’examen approfondi, et alors que comptablement, les résultats de Koniambo Nickel ont été retirés de la branche opérationnelle nickel de Glencore, « nous prendrons une décision sur ce que nous voulons faire« , a déclaré le patron du géant Suisse. C’est, sans doute aucun, en 2022 que cette décision sera prise, au delà de la troisième consultation des Calédoniens sur leur avenir institutionnel. Les pertes constantes de l’usine paraissent devenir insupportables à son actionnaire minoritaire, mais financier majoritaire, et le pire est peut être à venir …

Sébastien Lecornu a évoqué l’avenir du secteur de la métallurgie du nickel en Calédonie à plusieurs reprises. Avec gravité. Les acteurs indépendantistes n’ont pas voulu aborder cette question avec lui, jusqu’à présent. Mais au delà des idéologies, cette question, comme celle du devenir de la SLN, est vitale pour la survie de l’économie calédonienne.

Qui, en dehors de l’Etat, pourrait venir soutenir le territoire et éviter une catastrophe au cas où ?…

LE SALAIRE NET MOYEN DU SECTEUR PUBLIC EST DE 429.000 FCFP

Selon la dernière étude de l’Isee, en 2019, dans le secteur public de Nouvelle-Calédonie tous statuts confondus, le salaire net moyen en équivalent temps plein (EQTP) s’élève à 429 000 F.CFP par mois. La médiane des salaires se situe à 345 000 F.CFP, ce qui signifie que la moitié des agents gagne plus de 345.000F par mois, et l’autre moitié gagne moins de 345.000 par mois.

Compte tenu des variables disponibles dans le cadre de cette étude, le niveau d’un salaire dans le secteur public en 2019, tous statuts confondus, dépend avant tout de la catégorie d’emploi, de l’âge et du statut de l’agent.

L’évaluation de l’impact de ces facteurs relativement aux autres, conforte l’idée que la catégorie socioprofessionnelle (CSP), elle-même liée à la qualification professionnelle, est le premier facteur qui influence le niveau de salaire. Arrivent ensuite l’âge, lui-même en rapport à l’expérience du salarié et souvent à l’ancienneté dans l’emploi, et le statut du salarié. Ces trois facteurs expliquent 86 % de la variabilité des salaires dans le public en 2019. Le type de l’employeur et le genre influent dans une moindre mesure.

311.000 FCFP DE SALAIRE MOYEN NET DES AGENTS DE LA FONCTION PUBLIQUE D’ETAT EN MÉTROPOLE
En 2019, le salaire net moyen des agents la fonction publique d’Etat était de 2.599 euros par mois (311.000 FCFP). Le salaire net moyen des fonctionnaires s’élevait en moyenne à 2.776 euros (332.000FCFP) contre 2.111 euros (253.000FCFP) pour les non-fonctionnaires

Pour mémoire, ce sont les contribuables métropolitains qui financent annuellement les 180 milliards de transferts en Calédonie …

LE GOUVERNEMENT VEUT PRÉLEVER DANS LA POCHE DU CONSOMMATEUR

Le gouvernement de Louis Mapou doit régler d’urgence le risque de cessation de paiement du Ruamm. Pour cela, il envisage d’augmenter plusieurs taxes, et veut éviter trop de recours à l’Etat pour ne pas être en défaut de revendication d’indépendance. Dans le collimateur : le tabac, la bière locale, le sucre et la Contribution Calédonienne de Solidarité.

Le tabac pourrait ainsi augmenter de 20%, et le paquet de cigarettes passer la barre des 2000 francs. La bière produite localement subirait une hausse quasiment comparable de 22%. Augmenteraient également le prix des boissons sucrées ainsi que la CCS.

Trois de ces taxes visent des consommations dont l’excès peut porter préjudice à la santé.

Quant à la CCS, elle répond à l’objet de solidarité en étant prélevée sur les produits de valeurs mobilières pour les personnes physiques ou morales relevant de l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières (IRVM), sur les produits d’épargne pour celles relevant de l’impôt sur le revenu des créances, dépôts et cautionnements (IRCDC) et sur les produits des jeux pour celles soumises à la taxe sur les spectacles et les jeux.

Le caractère de ces prélèvements induit plusieurs questions.

La première concerne leur rendement. Il est certain pour la CCS, mais peut devenir fluctuant pour ce qui est de la consommation du tabac, de la bière et des boissons sucrées. Si celle-ci baisse, le rendement ne sera pas au rendez-vous. Et paradoxalement, c’est l’esprit des « taxes comportementales », qui ne peuvent prétendre à un rendement stable.

La seconde relève de la « circulation » de l’argent. Prélevé dans la poche du consommateur ou dans l’activité économique, et « recyclé » pour des dépenses sociales, il alimente un circuit déconnecté de la croissance. C’est une réparation pour colmater des fuites. De ce point de vue, la « location » des sommes correspondantes, c’est à dire un emprunt, sur du long terme, à des conditions avantageuses, ne pénalise pas ou peu l’économie. Aujourd’hui, les taux d’intérêts sont au plus bas, et l’emprunt relève de la technique financière moderne.

La troisième concerne le pouvoir d’achat, la cherté de vie et l’économie. Globalement, vertueuse ou non, l’augmentation des prix érode le pouvoir d’achat des consommateur parce qu’elle augmente la cherté de vie. Quant à l’augmentation des prélèvements, solution facile dont la France est l’une des championnes mondiales, elle impacte chaque fois un peu plus négativement l’économie et l’investissement.

UN « MONSIEUR TOURISME » AU GOUVERNEMENT : C’EST UNE PREMIÈRE

Depuis le temps qu’ils réclamaient un « Monsieur Tourisme » au gouvernement, les professionnels du tourisme ont un sujet de satisfaction avec la nomination de Mickael Forrest en qualité de chargé du secteur de la promotion internationale du tourisme. Il est le premier « Monsieur Tourisme » du gouvernement depuis sa création en 1998.

En effet, le membre Union Calédonienne est officiellement chargé « d’animer et de contrôler les secteurs de la culture, de la jeunesse, du sport et de la protection de l’enfance et de la jeunesse. Il est chargé d’animer les actions en faveur de la solidarité. Il est également chargé de la coordination et du suivi du plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance, et de la promotion internationale du tourisme. En lien avec le président du gouvernement, il concourt au suivi des relations extérieures de la Nouvelle-Calédonie. Il est également chargé des relations avec le conseil économique, social et environnemental de la Nouvelle-Calédonie.« 

Certes, aujourd’hui, le tourisme international est au point mort. Mais il n’empêche. La Nouvelle-Calédonie est, dans la zone Indo-Pacifique, la seule destination « Covid-free » dont la population a entrepris une campagne de vaccination active. En effet, en Australie comme en Nouvelle-Zélande, pays réputés relativement indemnes du Covid en dépit de l’alerte actuelle dans plusieurs Etats australiens, les campagnes de vaccination sont proches du point mort.

Or, si la reprise des vols internationaux est envisagée aux alentours de 2024, la destination peut d’ores et déjà promouvoir son caractère sanitaire remarquable, et qui sera de nature à la privilégier auprès des voyageurs internationaux.

Deux sujets vont, à présent, être dévoilés.

Le budget, d’abord. Bien entendu, dans les années fastes, il avait atteint le milliard FCFP pour la seule promotion internationale de la province Sud, avec d’ailleurs et malheureusement, des résultats plus que mitigés. Compte tenu de la fermeture de nos frontières, rien de tel ne peut être envisagé au gouvernement. Mais l’action et le budget consacré, même symboliques, seront observés.

Le nom de la destination, ensuite. Mickael Forrest est un militant engagé dans la cause indépendantiste. Lors de sa récente tournée en Catalogne et en Corse notamment, il a fait la promotion de Kanaky et de son indépendance. La promotion que le gouvernement de Louis Mapou ne va pas manquer d’entreprendre sera-t-elle celle de Kanaky ou de Kanaky-Nouvelle Calédonie ?

BREBISLAIT : UN PAS VERS L’AUTO … INSUFFISANCE ALIMENTAIRE

Il faut être prudent lorsqu’on lance de grandes incantations sur « autosuffisance alimentaire » ou encore sur « l’indépendance alimentaire ». Il y a un monde entre les prétentions et les ambitions. Non seulement la Nouvelle Calédonie ne peut tout produire en agro-alimentaire, mais ses protections éventuelles doivent aussi prendre en compte ses consommateurs souvent réduits en otages. Les études sérieuses de marché doivent également prendre une place essentielle dans ces ambitions. Ces principes ont manqué, par exemple, dans l’investissement colossal du Sheraton de Deva, et, dans un autre dossier, la sanction est tombée pour la fantasque aventure de Brebislait.

112 MILLIONS DE DÉFISCALISATION
Le projet est échafaudé dès 2007. L’investissement est de 503 millions avec 112 millions de défiscalisation locale sollicitée sur un montant éligible de 313 millions. La Sofinor est à la manœuvre. «  Il s’agit pour nous d’une filière novatrice, en zone excentrée, qui va créer de la valeur ajoutée, des emplois et valoriser le foncier de la Sofinor », justifie la responsable de la communication de la holding dans un article économique publié par Aude Perron le 1er janvier 2012 sous le charmant titre « Une fromagerie dans la prairie ».

Une telle production a-t-elle sa place dans un marché aussi petit que la Calédonie ? « Cela ne semble pas inquiéter la Sofinor, bien au contraire. « Cela fait parti du risque commercial, mais en même temps, il s’agit du point fort du projet qui se positionne sur un marché de niche avec peu de concurrence », rapporte la journaliste. Bien vu …

REDRESSEMENT JUDICIAIRE EN 2019
Las, en dépit de ces espoirs, l’affaire échoit devant le tribunal du commerce 7 ans plus tard. Par un jugement du 2 septembre 2019, celui-ci prononce la mise en redressement judicaire de « la SAS Brebislait dont le siège social est 683 avenue de Teari, lotissement Les Cassis » à Koné.

Pourtant cette activité avait fait partie du Groupe Nord Avenir, fort de 50 sociétés, parmi lesquelles une holding du « pôle agro », et 5 sociétés du secteur agricole. Toute cette synergie potentielle a été vaine.

VENTE AUX ENCHÈRES AUJOURD’HUI
L’épilogue de l’aventure se déroulera aujourd’hui. Selon un avis du commissaire priseur concerné, la vente aux enchères du matériel de Brebislait sera proposée au public intéressé mercredi 7 juillet.

Personne ne peut évidemment se réjouir de cet échec. Mais l’affaire aura tout de même coûté quelques centaines de millions, et aux contribuables, et aux instances qui ont soutenu l’entreprise. Ce qui parfois revient au même.

PROPOSITION DE SUPPRESSION DE DOUANE POUR DES PRODUITS ALIMENTAIRES ET DE GRANDE CONSOMMATION AUSTRALIENS ET NÉO-ZÉLANDAIS

Pourquoi à la fois ne pas s’approvisionner à deux pas de chez nous, tout en faisant diminuer le prix de produits de grande consommation ?  Cette question avait été posée par plusieurs distributeurs depuis des années, analysée positivement par l’Autorité calédonienne de la Concurrence, reprise dans le plan de relance de Christopher Gyges, et à présent déposée sur le bureau du Congrès par l’Avenir en Confiance.

Si en effet, les actions du gouvernement sont actuellement paralysées aux affaires courantes, Philippe Blaise, Alesio Saliga et Guy-Olivier Cuenot ont décidé de faire bouger les choses au nom de l’Avenir en Confiance en déposant « une proposition de loi du Pays portant modalité d’exemption des droits de douane à l’importation de produits alimentaires originaires d’Australie ou de Nouvelle Zélande ».

L’objet : améliorer la vie des Calédoniens en optimisant les relations avec nos grands voisins régionaux, en facilitant nos approvisionnements, et en faisant baissant de coût de la vie sur ces produits largement consommés localement.

La liste des produits visés concerne des denrées comme le poulet, le riz, le fromage, des condiments, le ketchup, le sel et le poivre, ou encore des produits alimentaires pour bébé, des produits ménagers  ou utilisés au quotidien comme des shampoings, des rasoirs ou encore du dentifrice. En tout, aux alentours d’une centaine de références.

L’impact budgétaire serait de 73 millions si la mesure était adoptée.

La mesure s’inscrit également dans la volonté d’améliorer les relations commerciales entre la Nouvelle-Calédonie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

SMSP SOUS PROCÉDURE DE SAUVEGARDE : UN MODÈLE BRANLANT

La lecture du rapport de la Chambre Territoriale des Comptes sur la gestion et les perspectives des outils économiques de la province Nord pouvait générer quelques craintes. Le diagnostic, en tout cas, paraît fondé. La SMSP a été placée sous le régime de la procédure de sauvegarde.

Certes, la société n’est pas en cessation de paiement, indique son directeur général qui se dit confiant dans l’avenir du groupe. Il n’empêche qu’à l’heure où le marché du nickel est redevenu porteur, les élus responsables de cette entité publique ont quelques questions à se poser.

Dans les faits et en cas de difficultés ultimes, le modèle économique indépendantiste, fondé sur le contrôle de tels moyens de production, doit faire appel, non pas aux ressources du capital mais à celles de la collectivité. C’est sa faiblesse. Jusqu’à présent, les déclarations lénifiantes, les affirmations des laudateurs de la « doctrine nickel », voulaient s’appuyer sur une architecture économique présentée comme un exemple.

Las. Si le château de cartes ne s’est pas effondré, il est menacé par des vents mauvais qui n’ont rien de conjoncturel.

Au moment où la dernière séquence consacrée à l’étude des différents scénarios d’avenir de la Nouvelle-Calédonie, oscillant entre l’accession à l’indépendance et le maintien du territoire dans la République, voilà un élément de discussion qui n’a rien de théorique.

Avant de consulter « les populations concernées » une troisième fois sur le choix institutionnel qu’elles souhaitent, une évidence apparaît de plus en plus à chaque semaine qui passe : les indépendantistes ne sont pas prêts pour assumer une éventuelle indépendance.