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TROP PERÇU DE 4 MILLIARDS REMBOURSÉ AUX ENTREPRISES : PAROLE TENUE

Dans le milieu politique, il est fréquent de souligner que bien souvent, « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent », ou pire, que « les promesses rendent les couillons joyeux » ! Ce n’est pas le cas pour l’engagement de restituer par anticipation aux entreprises calédoniennes l’avance sur droits et taxes de 4 milliards qui leur avait été imposée lors de l’instauration de la TGC, un engagement formulé par l’Avenir en Confiance pendant la campagne pour les élections provinciales. Inscrit par Christopher Gyges dans le projet de loi de relance présenté par le gouvernement Santa en fin d’année dernière, puis voté par le Congrès, ce remboursement a fait l’objet d’un accord de prêt de la BCI et de la BNC pour son financement, accord signé le 18 mars dernier. Les versements sont en cours. Parole tenue.

Lors de la période de mise en marche de la TGC, les entreprises calédoniennes avaient été taxées … par deux fois en raison d’une période de superposition des régimes fiscaux ancien et nouveau touchant à leurs stocks. L’ancien gouvernement avait remboursé une moitié du trop perçu, et s’était engagé à restituer le solde sur plusieurs exercices, en utilisant notamment une procédure de crédit d’impôt.

Ainsi, dans une conjoncture déjà difficile, le monde économique calédonien avait du subir une importante dépense de trésorerie, alors que déjà, les recours bancaires devenaient plus hypothétiques.

Annoncé par l’Avenir en Confiance lors de la campagne pour les élections provinciales, puis inscrit et voté dans la loi de relance économique fin 2019, ce remboursement anticipé est très important : pratiquement 4 milliards qui sont progressivement versés à 1100 entreprises.

Un processus infiniment plus souple que des déductions fiscales ou même que le processus administratif de mandatement a été choisi compte tenu des circonstances. C’est l’Agence pour le Remboursement des Taxes à l’Importation (Arti) qui a effectué l’emprunt (BCI 2,5 milliards, et BNC 1,5 milliard) et qui assure les remboursements aux entreprises.

Quant au prêt contracté, ses échéances seront assurées sur les recettes de la TGC à raison de 1 milliard 350 millions par an.

Depuis, la crise du Covid-19, la situation des entreprises calédoniennes s’est considérablement dégradée. Nul doute que dans un paysage économique de désolation, cette injection de fonds, inespérée il y a quelques mois, sera particulièrement appréciée.

UNE NOUVELLE GOUVERNANCE POUR NCE

Ingénieur diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Nationale Supérieure des Pétroles et Moteurs, un Calédonien a pris les commandes de NCE

Nouvelle Calédonie Energie est une société par actions simplifiée créée en fin 2016, dont la vocation est de conduire à terme un projet de centrale électrique en remplacement de l’actuelle centrale dite « B » alimentant essentiellement l’usine SLN de Doniambo.

Initialement prévue au charbon, l’unité a été orientée vers le gaz, présenté comme une option définitive en décembre dernier. Il était alors indiqué notamment que toute solution hybride était annulée en raison des coûts de transport. Pour le stockage et la « regazéification » du gaz naturel liquéfié, la solution maritime avait été choisie, c’est à dire une installation en mer, les gros méthaniers ne pouvant rejoindre Doniambo en raison de leur tirant d’eau.

Cette « option définitive » masquait mal, cependant, un fonctionnement de la société jugé erratique, qui peinait, en quatre ans, à présenter un dossier ficelé et agréé. Depuis le début de cette année, les lignes ont bougé.

C’est un ingénieur Calédonien qui a pris les commandes de NCE. Nommé en février, Pierre Kolb se distingue d’abord par une solide formation : ingénieur diplômé de l’Ecole Polytechnique – X79, de l’Ecole Supérieure Nationale des Pétroles et Moteurs – 84, formé au management (PSD Insead – 98), il a occupé pendant 18 ans des postes opérationnels et de direction au sein de grands groupes industriels. Elf Aquitaine, Comilog, SLN, Eramet, ces entreprises l’ont notamment amené à diriger l’usine de fusion de Doniambo pendant plusieurs années. Un parcours entrepreneurial calédonien très dense a complété ce tableau éloquent qui l’a par ailleurs conduit à exercer des responsabilités au sein de la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Et surtout, sa formation, sa connaissance de la SLN et d’Eramet font de lui un dirigeant technicien et analyste hors pair dans le lourd dossier dont il a la charge : produire la meilleure énergie et au meilleur coût par la réalisation la plus pertinente de la nouvelle centrale électrique.

Depuis, on l’a vu, les choses n’ont pas traîné. Des pistes plus propres que le gaz ont été explorées, au moins pour répondre à un tiers des besoins jusque là retenus. Ce sera le solaire, pour 50 MGW, option annoncée par le « ministre » Christopher Gygès et appel d’offres dans les semaines à venir. Pour le reste, un appel à manifestation d’intérêt sera lancé dans la foulée, et le Congrès sera saisi d’un projet de feuille de route avant la fin de cette année.

Après 4 ans de balbutiements, un budget annoncé de plus de 70 milliards, la création d’une taxe sur le diesel, on a enfin le sentiment qu’une vision moderne existe et qu’une équipe au fait des réalités locales est aux commandes.

580 MEGAWATTS : LA PLUS GRANDE FERME SOLAIRE DU MONDE AU MAROC !

NOOR : 580 MÉGAWATTS
Les méga-fermes solaires existent déjà. Celle de Noor, près de Ouarzazate, au Maroc, a été inaugurée en 2016. Elle produit … 582 mégawatts en mixant photovoltaïque et thermo-solaire, une technique qui consiste à concentrer l’énergie solaire sur une tour pour produire de la vapeur actionnant des turbines. Cette production est répartie, pour 510 MGW, en solaire thermodynamique, et pour 72 MGW, en photovoltaïque.

Noor : 580 mégawatts

NOOR MIDELT : 1600 MÉGAWATTS !
Mais le Maroc voit encore plus grand ! Il a lancé le projet Noor Midelt combinant 1000 MGW de photovoltaïque avec 600 MGW de solaire thermodynamique. Soit au total, la production fabuleuse de 1600 mégawatts, soit davantage qu’une centrale nucléaire !

Noor Midelt : 1600 mégawatts !

KITA AU MALI : 50 MÉGAWATTS
Plus proche des projets annoncés pour la Nouvelle-Calédonie par Christopher Gygès, la ferme solaire de Kita, au Mali, construite par Akuo Energy, produira 50 mégawatts. Elle s’étend sur une centaine d’hectares, et sera capable d’alimenter 91 000 foyers !

La ferme solaire de Kita a coûté 8,5 milliards CFP. Elle a entièrement été financée par Akuo Energy et des partenaires financiers.

Kita : 50 mégawatts

COMMENT LE PROJET DE CENTRALE ÉLECTRIQUE DE DONIAMBO A ÉVOLUÉ

C’est l’histoire d’un projet industriel repris par des politiques et dont le traitement technique et l’inscription dans l’évolution technologique n’ont pas été à la hauteur de l’enjeu. Au cœur de ce projet, le besoin en électricité de l’usine de la SLN à Doniambo, une usine datant de 1972, en quasi fin de parcours et produisant un courant trop cher. La SLN projette de la remplacer par une unité plus moderne au charbon livrable en 2011. Mais l’affaire traîne, en raison des difficultés financières qui voient le jour. Et puis des débats -salutaires- s’ouvrent sur la pertinence environnementale du charbon …

LA SOLUTION CENTRALE À GAZ
En 2015, la puissance publique décide de prendre le dossier en main. Ce sera une centrale à gaz qui devient un projet « pays ». C’est à dire financé par le contribuable. Mais pas que, puisque la SLN est invitée à rejoindre le tour de table.

Des structures publiques sont mises en place, agence de l’énergie, NC énergie, de quoi à la fois conduire le dossier administratif et technique ainsi, évidemment, que le financement. Un investissement colossal. On parle de 70 milliards, au bas mot. Une défiscalisation est sollicitée et obtenue de Bercy, et le consommateur calédonien est contraint de mettre la main à la poche, en étant taxé d’un surcoût sur le diesel.

CHANGEMENT DE GOUVERNANCE CALÉDONIENNE
Tandis que le dossier tarde à se concrétiser, les élections provinciales passent par là. Changement de gouvernance politique pour le pays et nouvelle réflexion sur la pertinence globale du projet.

Cette analyse prend en compte des facteurs majeurs : les besoins de la SLN, ce qui doit induire la taille et le coût du projet, la nature du combustible, le financement et le calendrier de réalisation.

LES BESOINS DE LA SLN
La SLN demeure aujourd’hui une entreprise essentielle pour l’économie calédonienne, et son capital est détenu par des intérêts français. Elle se bat pour retrouver de la compétitivité et retrouver le chemin des profits. Elle subit, depuis plusieurs années, de lourdes pertes générant un déficit de trésorerie comblé par un emprunt qui va s’épuiser. Ses fours consomment beaucoup d’électricité, une énergie très chère dont le coût doit impérativement baisser pour son redressement. On connaît ses besoins énergétiques actuels. Mais quid de l’avenir de Doniambo à deux ou trois décennies ? Il appartient à la « vieille dame » comme Eramet, sa maison mère, de préciser des perspectives.

QUESTIONS SUR L’OPTION GAZ
Après l’option charbon définitivement abandonnée, c’est celle du gaz qui a été retenue. Est-elle la plus pertinente ? A l’évidence, en 2020, ce n’est plus le cas. Au plan environnemental, le gaz a été présenté comme une source plus propre. Or, elle est fossile, ce n’est pas la plus propre, et elle demeure soumise à des conditions d’approvisionnement qui interrogent. Autre question : dans le cas de la construction de la centrale, tous les éléments ont-ils été prise en compte, sur le transport, sur le stockage, et pour quel coût final ?

IDÉOLOGIE OU ÉCONOMIE
Bref, présentée comme la solution idéale en 2015, la filière gaz a perdu de sa superbe. Plusieurs réponses de substitution existent, dont certaines, bien plus séduisantes.

La centrale « pays », quant à elle, était devenue davantage idéologique qu’économique. Elle est destinée essentiellement à alimenter une usine située à Nouméa. Les deux autres usines métallurgiques possèdent leur propre centrale. Pour le reste du « pays », c’est à dire les autres consommateurs, la production d’électricité sera assurée intégralement par des énergies propres et renouvelables dans trois ans, c’est à dire avec près de sept ans d’avance sur les objectifs initiaux. Dans ces conditions, est-il normal que la puissance publique, c’est à dire le consommateur et le contribuable calédoniens financent ces nouvelles installations ? La décision et le lancement du projet nouveau lui incombent naturellement, mais il serait pertinent de revenir à un financement privé.

UNE NOUVELLE FEUILLE DE ROUTE PRÉSENTÉE AU CONGRÈS AVANT LA FIN DE L’ANNÉE
Membre du gouvernement, Christopher Gygès a indiqué une feuille de route relativement précise pour répondre aux besoins de la SLN estimés aujourd’hui à 150 mégawatts : un appel à projet pour la construction d’une ferme photovoltaïque de 50 mégawatts pour alimenter rapidement, dans un premier temps et à bas coût, un tiers des besoins de la SLN, et pour le solde, un appel à manifestation d’intérêt intégrant trois contraintes : la caractère propre durable de la future centrale, un coût de l’énergie réduit, un financement assuré par les opérateurs. Objectif : proposer une feuille de route actualisée » aux membres du Congrès avant la fin de cette année.

À VENIR : DOSSIER N°2 « SOLAIRE, HYDROGÈNE, GAZ, AUTRES ? »

VALE : TROIS REPRENEURS EN LICE ET 140 LICENCIEMENTS

Le président de Vale l’a confirmé : 3 groupes sont candidats à la reprise de l’usine du sud. Mais à condition, évidemment, que la mariée soit plus belle.

Pour celà, la fermeture de l’usine de raffinage sera effectuée. Coût social : 140 licenciements. Les personnels, dont la liste des noms va être dévoilée, percevront un salaire pour les 8 mois à venir. La province Sud et Vale aideront à leur reclassement.

La production devra augmenter : objectif 33 000 tonnes cette année. Le produit phare, demandé par les fabriquants de batterie, est le NHC. Vale en est l’un des deux producteurs, et ce qui permettra probablement de sauver les 1300 emplois de l’usine, et les 3000 emplois directs, indirects et induits au total.

Avec les mutations, l’objectif est de réduire à 12 000$ la production de tonne de produit, contre 20 000$ en 2019. En clair de produire sous le cours du LME. Difficile mais pas impossible.

Antonin Beurrier a également confirmé la poursuite de la construction de Lucy, vaste chantier pour stocker les déchets de l’usine.

Au total, le groupe brésilien va réinjecter 12 milliards dans l’opération afin de rendre attractive l’entreprise. Le repreneur final devrait être connu en mars, et la transmission de l’entreprise s’effectuerait dans ce cas dès cette année.

TOURISME – DÉPART DE JM MOCELLIN : L’ÉPILOGUE D’UN GÂCHIS ?

9.900 personnes ont quitté la Calédonie au cours des 5 dernières années. Il faudra y ajouter un authentique Calédonien, Jean Marc Mocellin, qui a dirigé NC Tourisme Point Sud pendant 2 ans. Ce départ d’un professionnel, appelé aux responsabilités du tourisme en Polynésie, est un aveu d’échec. Une déception, exprimée sous forme de regrets par l’intéressé, des chiffres du tourisme toujours bizarres avec la prise en compte… des marchés wallisien, vanuatais et polynésien, et l’absence de résultats dans la ligne des objectifs quelque peu fantaisistes, et du PDTCNC en 2005, et des « Ateliers du Tourisme » en 2016. Gâchis.

LES CHIFFRES DE L’ISEE « À LA RAMASSE »
Comment bâtir une stratégie économique en l’absence de chiffres sérieux ? Impossible. Donc tout cela relève davantage de la communication que du développement.

A preuve ? Les statistiques « rapides » d’arrivées des touristes à Tontouta les plus récentes datent … de juillet 2019. C’est ainsi que les perspectives 2020 ont été bâties en l’absence des résultats 2019. Sérieux ?

Les chinois construisent un hôpital de 1000 lits en 10 jours. Mais chez nous, l’interprétation de la collecte des arrivées de quelques milliers de passagers prend au moins 7 mois ! Il faut commander les bons algorithmes à Pékin …

Quant aux chiffres eux mêmes, leur analyse pose vraiment problème. S’agit-il de se gargariser, ou de tenter de faire évoluer le développement ? Annoncer des records de fréquentation en comptabilisant … les Wallisiens, les Futuniens, les Vanuatais et les Polynésiens, ce n’est guère sérieux. Juste de la sémantique économique. A preuve, les 40% … d’augmentation de Japonais affichée.

Car non seulement, les chiffres 2019 ne sont pas disponibles, mais de surcroît, il faut se souvenir qu’il y a 20 ans, 35 000 japonais fréquentaient l’Ile la plus proche du Paradis contre … tout juste 20 000 en 2018. Alors, 40% d’augmentation …

Une seule explication : analyses et chiffres, les statistiques « locales » sont tropicalisées …

L’AGENCE DU PAYS : L’ÉCHEC D’UNE OPÉRATION SE RÉSUMANT À DE LA « COM »
Pour qui connaît la volonté des provinces de préserver jalousement leurs prérogatives respectives, le projet d’Agence « pays » issu des Ateliers du Tourisme paraissait farfelu.

Non seulement, il empiète sur les prérogatives provinciales et municipales -genre de casus belli-, mais il méconnait le souci constant de maintenir les équilibres entre tous, et donc de ne pas imposer un « machin » concocté de manière technocratique.

A l’origine, le GIE Destination Nouvelle-Calédonie regroupait les 3 provinces et fonctionnait tout à fait normalement. Que n’en a-t-on tiré quelques enseignements ?

LE TOURISME CHINOIS : LA PROIE POUR L’OMBRE !
C’est un peu comme pour les présidentielles : depuis 4 décennies, les Calédoniens ont toujours choisi le candidat perdant !

La Nouvelle-Calédonie possédait un marché en or massif : le Japon. 130 millions d’habitants, soit 2 fois la population de la France, près de 20 millions de voyageurs dont plus de 2 millions vers le Pacifique, une clientèle polie, disciplinée, amoureuse de la culture française, des plages, du shopping et de la plongée. Qui dit mieux ?

Au lieu de cela, les experts du tourisme local n’ont cessé de se détourner de cette pépite. La dernière lubie a été la Chine. La Polynésie la lorgne depuis 10 ans. Résultat : tout juste un peu plus de 5000 touristes, dont l’attitude ne les rend guère populaires auprès des prestataires.

Cette dérive est pourtant grave. Le seul marché susceptible d’assurer un véritable développement du tourisme calédonien, c’est le Japon. Or, perdre le Japon, c’est tout simplement mettre un terme au développement touristique calédonien. Un bel objectif …

BONS SENS DE JM MOCELLIN POUR LA CROISIÈRE
La croisière est une industrie. L’ancien directeur du GIE omet, avec tact, de constater que la Nouvelle-Calédonie ne s’est jamais intéressée à ce secteur d’activité dont le développement est uniquement du à la volonté de la compagnie Carnival. Au bout de 15 ans de croissance de croisière, les pauvres passagers ne disposent même pas d’un terminal provisoire en grande rade pour les protéger du soleil et de la pluie …

En revanche, il a raison d’appeler à la vigilance sur les équilibres humains et environnementaux à respecter.

En partance pour la Polynésie, il a sûrement été sensible aux déclarations de Gaston Tong Sang, maire de Bora Bora, visant à interdire les méga navires de croisière pour préserver son atoll bijou …

Quant à baser un navire de petite capacité à Nouméa, Carnival est demandeur … depuis près de 10 ans. Mais à l’évidence, personne ne s’est occupé de cette problématique.

ET POUR L’AÉRIEN
Sur la desserte aérienne internationale, Jean Marc Mocellin porte un regard pragmatique. Si Aircalin n’a pas de concurrent en dehors de Qantas et d’Air New Zealand, c’est que la Calédonie n’intéresse aucune autre compagnie aérienne ! Trop peu de trafic, et beaucoup d’argent à perdre comme ce fut le cas pour Air Austral, AOM, Corsair, Micronesia Airlines. Il y a tout de même mieux à offrir pour être attractif …

La seule raison qui attirerait ces autres compagnies, ce serait une augmentation de trafic. Or, cette augmentation ne peut provenir que du développement touristique. CQFD.

Mais c’est là que les difficultés commencent …

BRISBANE À 49 900F pour ACI-QUEL TARIF LOW COST POUR LA COMPAGNIE INTERNATIONALE DES ILES LOYAUTÉ ?

« Desservir l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Indonésie, Wallis et Futuna, la Polynésie, ainsi que d’autres états du Pacifique »

Alors que les études préalables sur la faisabilité et le Business Plan vont débuter pour la compagnie envisagée, Air Océania, ce sont les tarifs aériens de sortie qui intéressent évidemment, et le consommateur, et le contribuable. Challenge.

La question est remise à l’ordre du jour par les tarifs low cost en promotion chez Aircalin. Car c’est bien de tarifs low cost qu’il s’agit. 13 500 billets ont été mis en vente, parmi lesquels la destination prisée des Calédoniens, Brisbane, est affichée à 49 900 francs.

Or, lorsque l’on observe le détail du tarif, le tarif aérien est de 25 000 francs environ. Le solde concerne les frais et taxes.

Ce tarif est quasiment celui des vols vers les Iles Loyauté, frais et taxes inclus, il est vrai. Mais tout de même …

Pour « appâter le goujon », et en l’espèce le consommateur calédonien, Air Oceania devrait donc proposer, au moins pendant les périodes de promotion d’Aircalin, des tarifs inférieurs à 25 000 francs pour un aller-retour à Brisbane, Sydney ou Melbourne.

Un aubaine, évidemment, pour les voyageurs locaux qui se verraient offrir Sydney ou Brisbane à 15 000 ou 20 000 francs de recettes pour le transporteur, avec des billets à 35 000 ou 40 000 au total. Ou moins, avec un départ éventuel de l’aéroport international de Wanaham, peut être alors moins cher que Tontouta.

Un seul ennui, peut être : le billet pour s’y rendre pourrait coûter plus cher que le Wanaham-Brisbane. A moins qu’il soit inclus dans le tarif total. Ce serait alors, il faut le reconnaître, une vraie performance.

Ne resteraient alors que les risques de blocage ou de grève …

Chine : 10 jours pour construire un hopital de 2500 m2 !

Pour répondre aux besoins de la ville de Wuhan en proie au coronavirus, le gouvernement chinois a décidé d’y construire un hôpital de 2500m2 accueillant 1000 lits. Jusque là, rien d’exceptionnel, sauf que la construction prendra … 10 jours !

Une fourmilière d’engins sur le chantier

Des dizaines d’engins sont déjà sur le chantier qui soit être livré le 3 février.

«Nous avons mobilisé tous les ouvriers restant à Wuhan pour travailler par équipes en rotation afin d’assurer le travail de construction 24h sur 24», a déclaré Zhang Chongxi, chef de l’entreprise Wuhan Construction, selon l’agence Chine Nouvelle.

USINE DU SUD : LES LICENCIEMENTS CONNUS EN FÉVRIER

Les négociations se poursuivent au sein de Vale NC pour déterminer les conditions dans lesquelles la réduction d’activité, et notamment les réductions d’effectifs, vont s’effectuer. Cette situation, rappelons le, résulte du nouveau plan stratégique de l’entreprise, validé par ses instances, et qui vise à fermer l’usine de raffinage, lourdement déficitaire, et à maintenir la production de NHC, produit dont la demande pour la fabrication de batterie, est forte.

La réduction de personnels, initialement évaluée à 300 salariés, a pour l’heure été réduite à 125, 175 salariés pouvant être redéployés au sein  de l’entreprise.

On ignore, pour l’instant, l’impact exact sur les sous-traitants au nombre d’un millier.

En ce qui concerne la réduction d’effectifs de l’usine, il semble qu’un accord puisse intervenir sur 3 mois de salaires à taux plein après préavis, puis 5 mois à 75%. Une indemnité de licenciement serait accordée, tandis qu’un dispositif de reclassement serait conduit par la province Sud, avec une forte participation financière de Vale NC.

Le conseil d’administration devrait statuer le 31 janvier. La liste relative à la réduction d’effectifs pourrait être connue mi-février.

D’un autre côté, la recherche d’un repreneur se poursuit. Le maintien de l’activité concentrée sur la seule production de NHC permettrait le maintien de plus de 1100 emplois dans l’usine.

ENTRE PROTECTION DU CONSOMMATEUR ET SOUTIEN À L’INDUSTRIE LOCALE – Un enjeu économique et social délicat

Est-il possible de faire évoluer le système de protection des productions locales en soutenant les entreprises locales qui le méritent, en évitant la constitution de rentes de situation et en protégeant le consommateur calédonien de prix déraisonnables qui figurent désormais dans les barèmes internationaux ? En vertu de la liberté de commerce, tout le monde peut exercer une activité économique et commerciale en Calédonie. Mais est-ce à dire que tous doivent être protégés par des mesures de contingentement, ou pire, d’interdiction d’importation de produits concurrents ? Certainement pas.

UN MARCHÉ DE PETITE TAILLE
C’est évidemment la taille du marché intérieur qui constitue le principal handicap à l’industrie locale. Dans des pays de plusieurs dizaines de millions de consommateurs et soumis aux règles du commerce international et donc directement à la concurrence mondiale, bien des productions locales sont vouées à l’échec. Que dire d’un marché de 270 000 consommateurs !

Encore faut-il rappeler que certaines règles de protections, appliquées depuis des années en Calédonie, se situent à la marge de ce qui est normalement autorisé.

POUR QUELLES ENTREPRISES LA PROTECTION EST-ELLE JUSTIFIÉE ?
Mais au delà de considérations qui relèvent de l’OMC, qu’une entreprise fabrique des produits localement, crée des emplois apporte de la ressource fiscale et sociale, quoi de plus vertueux si le prix à payer par le consommateur et par le territoire est raisonnable. Mais il est important que cette règle soit quantifiée, validée et suivie pour que le résultat demeure positif pour la collectivité toute entière.

Qu’une autre entreprise fabrique des produits localement, mais que son apport en emplois, en ressources fiscales et sociales soit d’une valeur bien inférieure à ce que son activité et ses produits vont coûter aux consommateurs et au territoire, alors, il est pertinent de se poser la question de la protection de cette entreprise. De la protection uniquement, s’entend, puisque l’entreprise peut exercer librement ses activités, quoi qu’il en soit.

PAS AU DÉTRIMENT DE L’ÉCONOMIE ET DU CONSOMMATEUR
La question de la cherté de vie est l’un des sujets majeurs de la Nouvelle-Calédonie. Les prix, ici, sont devenus, pour beaucoup d’entre eux, déraisonnables. Les mécanismes autoritaires mis en place – contrôle des marges et des prix – se sont globalement soldés par un échec.

On sait, pourtant, quels autres mécanismes génèrent ces coûts exorbitants, et ils ne sont pas tous liés au bouc émissaire que constitue au sens large, l’importation.

Il y a une trentaine d’années, la Nouvelle-Zélande a conduit une véritable révolution économique notamment à l’initiative d’un député, Roger Douglas. Dans ce cadre, certaines productions locales, comme la fabrication de télévisions, furent jugées économiquement inappropriées, car en plus du défi technologique qu’elle représentaient, leur apport économique globale était négatif au regard du coût engendré par ces productions. Le pays mit fin à ces fabrications et consacra des budgets importants à la reconversion des personnels concernés.

COMMENT FAIRE BAISSER L’INCROYABLE COÛT DE LA VIE ?
La Nouvelle-Calédonie importe la plus grande partie de ses équipements et de ses produits de consommation. Elle fabrique le reste. Comment, dans ces conditions, faire évoluer à la baisse le coût de la vie ?

En matière d’importation, après l’échec des contrôles des marges, plusieurs pistes demeurent. Du point de vue social, les produits de première nécessité doivent être réglementés et rendus accessibles au même prix en tout point du territoire grâce à un fonds de péréquation.

LES VERTUS DE LA CONCURRENCE
Dans le monde entier, la réponse s’appelle la libre concurrence. La Calédonie, évidemment, n’échappe pas à cette règle. Prenez le cas des pièces automobiles. Certains concessionnaires sont-ils taxés de prix trop élevés ? C’est la concurrence de revendeurs spécialisés dans les pièces détachées qui fera baisser les prix. Ou encore les commandes par Internet … Chacun en a déjà fait l’expérience.

S’APPROVISIONNER EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-ZÉLANDE À DE MEILLEURS CONDITIONS
Certains marchés d’approvisionnement doivent par ailleurs être libérés. Nous sommes à deux pas de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Taxer durement à l’entrée un certain nombre de produits accessibles plus facilement et moins chers à partir de ces marchés est stupide. Cela consiste en général à protéger une exportation marginale de quelques fournisseurs métropolitains et européens, avec une rentrée fiscale négligeable pour le territoire. Mais à un coût qui ne l’est pas pour le consommateur calédonien.

UNE PROTECTION CLAIRVOYANTE À METTRE EN PLACE
Reste la production locale. Celle qui relève du secteur agricole doit évidemment être traitée sous un double regard : l’activité économique, et l’occupation des espaces ruraux. Mais il n’empêche.

Que le consommateur calédonien doive payer les bananes et les pommes de terre à un prix qui se situe vers les sommets mondiaux impose réflexion.

Quant à l’activité industrielle, il est évident que certaines activités méritent d’être protégées. Mais cette protection doit être justifiée par un panel de paramètres prouvant l’intérêt économique général, et l’impact modéré sur le coût au consommateur. Ce dernier, d’ailleurs, ne doit pas être privé de choix. Les interdictions d’importations doivent être l’exception, la taxation protectrice, la règle. Et si le consommateur préfère acheter plus cher un produit qui lui convient davantage que celui fabriqué localement, libre à lui.

La liberté est comme la santé : elle n’a pas de prix, mais elle a un coût. C’est l’équation délicate que les élus auront à résoudre, entre soutenir l’industrie locale, éviter les rentes de situation et protéger le consommateur.