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LE SALAIRE NET MOYEN DU SECTEUR PUBLIC EST DE 429.000 FCFP

Selon la dernière étude de l’Isee, en 2019, dans le secteur public de Nouvelle-Calédonie tous statuts confondus, le salaire net moyen en équivalent temps plein (EQTP) s’élève à 429 000 F.CFP par mois. La médiane des salaires se situe à 345 000 F.CFP, ce qui signifie que la moitié des agents gagne plus de 345.000F par mois, et l’autre moitié gagne moins de 345.000 par mois.

Compte tenu des variables disponibles dans le cadre de cette étude, le niveau d’un salaire dans le secteur public en 2019, tous statuts confondus, dépend avant tout de la catégorie d’emploi, de l’âge et du statut de l’agent.

L’évaluation de l’impact de ces facteurs relativement aux autres, conforte l’idée que la catégorie socioprofessionnelle (CSP), elle-même liée à la qualification professionnelle, est le premier facteur qui influence le niveau de salaire. Arrivent ensuite l’âge, lui-même en rapport à l’expérience du salarié et souvent à l’ancienneté dans l’emploi, et le statut du salarié. Ces trois facteurs expliquent 86 % de la variabilité des salaires dans le public en 2019. Le type de l’employeur et le genre influent dans une moindre mesure.

311.000 FCFP DE SALAIRE MOYEN NET DES AGENTS DE LA FONCTION PUBLIQUE D’ETAT EN MÉTROPOLE
En 2019, le salaire net moyen des agents la fonction publique d’Etat était de 2.599 euros par mois (311.000 FCFP). Le salaire net moyen des fonctionnaires s’élevait en moyenne à 2.776 euros (332.000FCFP) contre 2.111 euros (253.000FCFP) pour les non-fonctionnaires

Pour mémoire, ce sont les contribuables métropolitains qui financent annuellement les 180 milliards de transferts en Calédonie …

LE GOUVERNEMENT VEUT PRÉLEVER DANS LA POCHE DU CONSOMMATEUR

Le gouvernement de Louis Mapou doit régler d’urgence le risque de cessation de paiement du Ruamm. Pour cela, il envisage d’augmenter plusieurs taxes, et veut éviter trop de recours à l’Etat pour ne pas être en défaut de revendication d’indépendance. Dans le collimateur : le tabac, la bière locale, le sucre et la Contribution Calédonienne de Solidarité.

Le tabac pourrait ainsi augmenter de 20%, et le paquet de cigarettes passer la barre des 2000 francs. La bière produite localement subirait une hausse quasiment comparable de 22%. Augmenteraient également le prix des boissons sucrées ainsi que la CCS.

Trois de ces taxes visent des consommations dont l’excès peut porter préjudice à la santé.

Quant à la CCS, elle répond à l’objet de solidarité en étant prélevée sur les produits de valeurs mobilières pour les personnes physiques ou morales relevant de l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières (IRVM), sur les produits d’épargne pour celles relevant de l’impôt sur le revenu des créances, dépôts et cautionnements (IRCDC) et sur les produits des jeux pour celles soumises à la taxe sur les spectacles et les jeux.

Le caractère de ces prélèvements induit plusieurs questions.

La première concerne leur rendement. Il est certain pour la CCS, mais peut devenir fluctuant pour ce qui est de la consommation du tabac, de la bière et des boissons sucrées. Si celle-ci baisse, le rendement ne sera pas au rendez-vous. Et paradoxalement, c’est l’esprit des « taxes comportementales », qui ne peuvent prétendre à un rendement stable.

La seconde relève de la « circulation » de l’argent. Prélevé dans la poche du consommateur ou dans l’activité économique, et « recyclé » pour des dépenses sociales, il alimente un circuit déconnecté de la croissance. C’est une réparation pour colmater des fuites. De ce point de vue, la « location » des sommes correspondantes, c’est à dire un emprunt, sur du long terme, à des conditions avantageuses, ne pénalise pas ou peu l’économie. Aujourd’hui, les taux d’intérêts sont au plus bas, et l’emprunt relève de la technique financière moderne.

La troisième concerne le pouvoir d’achat, la cherté de vie et l’économie. Globalement, vertueuse ou non, l’augmentation des prix érode le pouvoir d’achat des consommateur parce qu’elle augmente la cherté de vie. Quant à l’augmentation des prélèvements, solution facile dont la France est l’une des championnes mondiales, elle impacte chaque fois un peu plus négativement l’économie et l’investissement.

UN « MONSIEUR TOURISME » AU GOUVERNEMENT : C’EST UNE PREMIÈRE

Depuis le temps qu’ils réclamaient un « Monsieur Tourisme » au gouvernement, les professionnels du tourisme ont un sujet de satisfaction avec la nomination de Mickael Forrest en qualité de chargé du secteur de la promotion internationale du tourisme. Il est le premier « Monsieur Tourisme » du gouvernement depuis sa création en 1998.

En effet, le membre Union Calédonienne est officiellement chargé « d’animer et de contrôler les secteurs de la culture, de la jeunesse, du sport et de la protection de l’enfance et de la jeunesse. Il est chargé d’animer les actions en faveur de la solidarité. Il est également chargé de la coordination et du suivi du plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance, et de la promotion internationale du tourisme. En lien avec le président du gouvernement, il concourt au suivi des relations extérieures de la Nouvelle-Calédonie. Il est également chargé des relations avec le conseil économique, social et environnemental de la Nouvelle-Calédonie.« 

Certes, aujourd’hui, le tourisme international est au point mort. Mais il n’empêche. La Nouvelle-Calédonie est, dans la zone Indo-Pacifique, la seule destination « Covid-free » dont la population a entrepris une campagne de vaccination active. En effet, en Australie comme en Nouvelle-Zélande, pays réputés relativement indemnes du Covid en dépit de l’alerte actuelle dans plusieurs Etats australiens, les campagnes de vaccination sont proches du point mort.

Or, si la reprise des vols internationaux est envisagée aux alentours de 2024, la destination peut d’ores et déjà promouvoir son caractère sanitaire remarquable, et qui sera de nature à la privilégier auprès des voyageurs internationaux.

Deux sujets vont, à présent, être dévoilés.

Le budget, d’abord. Bien entendu, dans les années fastes, il avait atteint le milliard FCFP pour la seule promotion internationale de la province Sud, avec d’ailleurs et malheureusement, des résultats plus que mitigés. Compte tenu de la fermeture de nos frontières, rien de tel ne peut être envisagé au gouvernement. Mais l’action et le budget consacré, même symboliques, seront observés.

Le nom de la destination, ensuite. Mickael Forrest est un militant engagé dans la cause indépendantiste. Lors de sa récente tournée en Catalogne et en Corse notamment, il a fait la promotion de Kanaky et de son indépendance. La promotion que le gouvernement de Louis Mapou ne va pas manquer d’entreprendre sera-t-elle celle de Kanaky ou de Kanaky-Nouvelle Calédonie ?

BREBISLAIT : UN PAS VERS L’AUTO … INSUFFISANCE ALIMENTAIRE

Il faut être prudent lorsqu’on lance de grandes incantations sur « autosuffisance alimentaire » ou encore sur « l’indépendance alimentaire ». Il y a un monde entre les prétentions et les ambitions. Non seulement la Nouvelle Calédonie ne peut tout produire en agro-alimentaire, mais ses protections éventuelles doivent aussi prendre en compte ses consommateurs souvent réduits en otages. Les études sérieuses de marché doivent également prendre une place essentielle dans ces ambitions. Ces principes ont manqué, par exemple, dans l’investissement colossal du Sheraton de Deva, et, dans un autre dossier, la sanction est tombée pour la fantasque aventure de Brebislait.

112 MILLIONS DE DÉFISCALISATION
Le projet est échafaudé dès 2007. L’investissement est de 503 millions avec 112 millions de défiscalisation locale sollicitée sur un montant éligible de 313 millions. La Sofinor est à la manœuvre. «  Il s’agit pour nous d’une filière novatrice, en zone excentrée, qui va créer de la valeur ajoutée, des emplois et valoriser le foncier de la Sofinor », justifie la responsable de la communication de la holding dans un article économique publié par Aude Perron le 1er janvier 2012 sous le charmant titre « Une fromagerie dans la prairie ».

Une telle production a-t-elle sa place dans un marché aussi petit que la Calédonie ? « Cela ne semble pas inquiéter la Sofinor, bien au contraire. « Cela fait parti du risque commercial, mais en même temps, il s’agit du point fort du projet qui se positionne sur un marché de niche avec peu de concurrence », rapporte la journaliste. Bien vu …

REDRESSEMENT JUDICIAIRE EN 2019
Las, en dépit de ces espoirs, l’affaire échoit devant le tribunal du commerce 7 ans plus tard. Par un jugement du 2 septembre 2019, celui-ci prononce la mise en redressement judicaire de « la SAS Brebislait dont le siège social est 683 avenue de Teari, lotissement Les Cassis » à Koné.

Pourtant cette activité avait fait partie du Groupe Nord Avenir, fort de 50 sociétés, parmi lesquelles une holding du « pôle agro », et 5 sociétés du secteur agricole. Toute cette synergie potentielle a été vaine.

VENTE AUX ENCHÈRES AUJOURD’HUI
L’épilogue de l’aventure se déroulera aujourd’hui. Selon un avis du commissaire priseur concerné, la vente aux enchères du matériel de Brebislait sera proposée au public intéressé mercredi 7 juillet.

Personne ne peut évidemment se réjouir de cet échec. Mais l’affaire aura tout de même coûté quelques centaines de millions, et aux contribuables, et aux instances qui ont soutenu l’entreprise. Ce qui parfois revient au même.

PROPOSITION DE SUPPRESSION DE DOUANE POUR DES PRODUITS ALIMENTAIRES ET DE GRANDE CONSOMMATION AUSTRALIENS ET NÉO-ZÉLANDAIS

Pourquoi à la fois ne pas s’approvisionner à deux pas de chez nous, tout en faisant diminuer le prix de produits de grande consommation ?  Cette question avait été posée par plusieurs distributeurs depuis des années, analysée positivement par l’Autorité calédonienne de la Concurrence, reprise dans le plan de relance de Christopher Gyges, et à présent déposée sur le bureau du Congrès par l’Avenir en Confiance.

Si en effet, les actions du gouvernement sont actuellement paralysées aux affaires courantes, Philippe Blaise, Alesio Saliga et Guy-Olivier Cuenot ont décidé de faire bouger les choses au nom de l’Avenir en Confiance en déposant « une proposition de loi du Pays portant modalité d’exemption des droits de douane à l’importation de produits alimentaires originaires d’Australie ou de Nouvelle Zélande ».

L’objet : améliorer la vie des Calédoniens en optimisant les relations avec nos grands voisins régionaux, en facilitant nos approvisionnements, et en faisant baissant de coût de la vie sur ces produits largement consommés localement.

La liste des produits visés concerne des denrées comme le poulet, le riz, le fromage, des condiments, le ketchup, le sel et le poivre, ou encore des produits alimentaires pour bébé, des produits ménagers  ou utilisés au quotidien comme des shampoings, des rasoirs ou encore du dentifrice. En tout, aux alentours d’une centaine de références.

L’impact budgétaire serait de 73 millions si la mesure était adoptée.

La mesure s’inscrit également dans la volonté d’améliorer les relations commerciales entre la Nouvelle-Calédonie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

SMSP SOUS PROCÉDURE DE SAUVEGARDE : UN MODÈLE BRANLANT

La lecture du rapport de la Chambre Territoriale des Comptes sur la gestion et les perspectives des outils économiques de la province Nord pouvait générer quelques craintes. Le diagnostic, en tout cas, paraît fondé. La SMSP a été placée sous le régime de la procédure de sauvegarde.

Certes, la société n’est pas en cessation de paiement, indique son directeur général qui se dit confiant dans l’avenir du groupe. Il n’empêche qu’à l’heure où le marché du nickel est redevenu porteur, les élus responsables de cette entité publique ont quelques questions à se poser.

Dans les faits et en cas de difficultés ultimes, le modèle économique indépendantiste, fondé sur le contrôle de tels moyens de production, doit faire appel, non pas aux ressources du capital mais à celles de la collectivité. C’est sa faiblesse. Jusqu’à présent, les déclarations lénifiantes, les affirmations des laudateurs de la « doctrine nickel », voulaient s’appuyer sur une architecture économique présentée comme un exemple.

Las. Si le château de cartes ne s’est pas effondré, il est menacé par des vents mauvais qui n’ont rien de conjoncturel.

Au moment où la dernière séquence consacrée à l’étude des différents scénarios d’avenir de la Nouvelle-Calédonie, oscillant entre l’accession à l’indépendance et le maintien du territoire dans la République, voilà un élément de discussion qui n’a rien de théorique.

Avant de consulter « les populations concernées » une troisième fois sur le choix institutionnel qu’elles souhaitent, une évidence apparaît de plus en plus à chaque semaine qui passe : les indépendantistes ne sont pas prêts pour assumer une éventuelle indépendance.

SOFINOR/SMSP : LE RAPPORT DE LA CTC FAIT DES VAGUES JUSQU’À PARIS

« Nouvelle-Calédonie : la doctrine nickel mise à mal », «  »Selon la Chambre Territoriale des Comptes, le groupe Sofinor  est endetté à hauteur de 10,4 milliards d’euros ». C’est sous ces titres que le journal Le Monde, sous la plume de Patrick Roger, commente le rapport de la CTC

DOCTRINE NICKEL ET GOUFFRE FINANCIER FINAL
« Le nationalisme minier kanak est indissociable de la lutte politique pour l’indépendance » c’est en ces termes que Le Monde inscrit la « doctrine nickel » à laquelle est associée « un emboitement de sociétés opaques » et « montre l’ampleur du gouffre financier final« .

Il est sûr qu’une société endettée à hauteur de 10,4 milliards d’euros fait sensation, même à l’échelle de la métropole.

« UNE SORTE DE PYRAMIDE DE PONZI« 
L’article s’inspire des termes accablants de la Chambre des Comptes et les traduit. « Au fil d’investissements douteux, ou pour le moins aléatoires, s’est échafaudé un mécanisme d’imbrication de sociétés mères-filles faisant reporter les dettes des unes sur les comptes des autres avec, in fine, un seul perdant, la province Nord, qui essuie les pertes« .

Reprenant la situation de la SMSP finançant des filiales codétenues par des sociétés étrangères comme Nickel Mining Company et SNNC, la Chambre avait indiqué que « les investissements de l’une (Cotransmine) sont pris en charge par l’autre (SMSP) et bénéficient à une autre société (NMC) pourtant codétenue par Posco« .

Appréciation du journaliste : « une sorte de pyramide de Ponzi, à perte« . Pour mémoire, le système de Ponzi fut à la base du montage désormais célèbre de feu Bernard Madoff.

LES VÉRITABLES POUVOIRS DÉTENUS PAR GLENCORE ET POSCO
Sur la gouvernance, Patrick Roger souligne ce qu’a relevé la Chambre des Comptes : la province Nord est présente dans la Sofinor au maximum de participation permise par la la loi avec 85%, mais « en réalité, elle dépasse ce niveau de participation puisqu’elle intervient directement par l’intermédiaire de quatre sociétés d’économie mixte« . Constat de la juridiction : il s’agit d’un « détournement de la loi« . Et pourtant, relève l’article, dans ce schéma, « participation majoritaire ne rime pas avec pourvoir décisionnel » puisque au total, « ce sont donc les multinationales Glencore et Posco qui disposent des véritables pouvoirs« . Ce qui fait que « la maîtrise » revendiquée au nom de la « doctrine nickel »  « repose sur un socle friable« .

CONCENTRATION DES POUVOIRS
Le journaliste du Monde reprend les analyses de la Chambre sur la « concentration des pouvoirs entre les mains de M. Dang« . « Cette situation n’est pas irrégulière en tant que telle, avait noté la CTC, mais elle pose des problèmes de conflits d’intérêts potentiels« .

C’est cependant sur lui, écrit Patrick Roger, que « le président de la province Nord, M. Néaoutyne, a fait reposer pour l’essentiel sa « doctrine nickel«  »

JUSQU’À PARIS
Plus que des notes rédigées par les experts des cabinets à l’attention de leurs ministres, un long article de quatre colonnes dans Le Monde apporte quelques éclairages sur les sujets traités et pèse sur les opinions.

Le rapport de la Chambre Territoriale des Comptes de Nouvelle-Calédonie a fait grand bruit sur le territoire. Par le quotidien réputé que tous les décideurs ont chaque matin sur leur bureau, il a quelque écho à Paris.

Patrick Roger est journaliste au Monde depuis 1995, il a couvert une large palette de domaines au service politique, dont le Parlement pendant onze ans, jusqu’en 2013. Affecté depuis sur Bercy, il a suivi la « loi Macron » de bout en bout, depuis son élaboration et pendant toute la procédure législative jusqu’aux derniers décrets d’application. Un modèle du genre, qui a inspiré la BD Faire la loi, réalisée avec Aurel et Hélène Bekmézian.

SOFINOR ET SMSP SOUS LES FEUX DE LA CHAMBRE DES COMPTES

Le rapport d’observations de la Chambre Territoriale les Comptes sur les gestions de la Sofinor et de la SMSP est explosif. Dysfonctionnements, irrégularités, manque de transparence, risques de prises illégales d’intérêt sont pointés du doigt par la juridiction financière.

C’est d’abord la « doctrine nickel » qui en prend un coup. La Cour admet qu’il s’agit d’un « socle stratégique de nature essentiellement politique« , mais souligne qu’il est « non défini dans ses attendus exacts ni dans ses modalités pratiques« .

Les magistrats épinglent ensuite les deux sociétés sur leurs gouvernances, relevant, pour ce qui concerne la Sofinor, « la concentration des pouvoirs du directeur général« , André Dang, et soulignent qu’il « en résulte une absence de protection des élus de la province Nord membres du conseil d’administration de la SMSP. Ils ne bénéficient pas du régime de protection prévu par le code général des collectivités territoriales pour les élus membres du conseil d’administration d’une SEM, s’exposant ainsi à des risques de se trouver en situation potentiellement qualifiables pénalement de prise illégale d’intérêt. »

Sur le plan financier, la Chambre relève que l’endettement généralisé du groupe Sofinor est … « supérieur au PIB de la Nouvelle-Calédonie ». Or, concernant les investissements en Corée du Sud,  » les niveaux de retour exposés par la SOFINOR ne sont pas convaincants« . Quant à l’usine du Nord, le retour financier est prioritairement affecté à l’actionnaire minoritaire Glencore qui a assuré la quasi-totalité du financement de la construction.

Les risques financiers considérables pour la province Nord sont également analysés par les magistrats qui, en conclusion, recommandent la fusion de la SMSP et de la Sofinor.

La SMSP ne partage évidemment pas l’essentiel des analyses de la Chambre Territoriale des Comptes. Ni dans celle de la doctrine, ni dans les observations sur la gestion et les risques de prise illégale d’intérêt des élus, ni dans les perspectives industrielles, ou ni dans les analyses financières.

La question récurrente est toujours de savoir si le rapport de la Cour sera suivi d’effets. Les sociétés et la province Nord peuvent-elles « s’assoir dessus » ? Deux éléments, cependant, demeurent : l’image économique de la collectivité et la pratique de ses « filiales », d’une part, le risque de prise illégale d’intérêt de certains élus, d’autre part.

LA CHERTÉ DE VIE : UN DOSSIER CHAUD POUR LE NOUVEAU GOUVERNEMENT

Si le président du nouveau gouvernement n’est pas encore élu, et si les secteurs de responsabilité ne sont pas encore répartis, on sait déjà quel dossier prioritaire viendra s’ajouter à celui du budget, des comptes sociaux, de la Santé et du Covid : l’augmentation du coût de la vie en raison du surenchérissement du frêt maritime. Un dossier économique ultra-sensible, pour lequel l’idéologie risque de reprendre le dessus.

LA PÉNURIE DE CONTAINERS
Le fret maritime reste sous tension : les navires sont pleins sur la quasi-totalité des routes commerciales et notamment les USA / Amérique Centrale / Amérique du Sud cote Ouest. A cela s’ajoute le manque d’équipements la pénurie de conteneurs, entraînant une hausse des tarifs venant s’ajouter à une augmentation des surcharges constatée depuis plusieurs mois !

Le secteur a de surcroît été totalement perturbé par le blocage du canal de Suez le 23 mars dernier, entraînant l’arrêt de 400 navires.

Si la Nouvelle-Calédonie, client presque marginal dans le frêt international, s’en est jusqu’à présent assez bien sortie, les responsables importateurs annoncent une inévitable répercussion de la hausse des tarifs. La conséquence sera évidemment une hausse des prix à la distribution.

HAUSSE DE MATIÈRES PREMIÈRES
La reprise de l’économie chinoise, la faiblesse du dollar et une dose de spéculation ont provoqué une poussée de fièvre sur plusieurs métaux, le pétrole ou encore des produits agricoles. Au point que certains évoquent un nouveau « supercycle » de hausse.

Depuis l’automne 2020, les cours des matières premières ont commencé à s’enflammer. Et la tendance se poursuit en 2021. Du cuivre, à l’étain, en passant par le blé, le maïs, l’huile de palme ou le soja, sans oublier le pétrole ou le fer, tous ces produits sont affectés. Le coût du bâtiment et des travaux publics également.

UN DOSSIER CHAUD POUR LE PROCHAIN GOUVERNEMENT
En Nouvelle-Calédonie, pays dont les prix figurent parmi les plus chers du monde, ces hausses de coût vont avoir un effet désastreux sur l’économie et la situation sociale des ménages les plus modestes. Le futur président et son équipe ne peuvent manquer d’agir rapidement.

Ses choix pencheront-ils plutôt en faveur d’une intervention à caractère idéologique, ou plutôt en faveur de mesures pragmatiques ? Ce dossier sera peut être sa première empreinte.

En son sein indépendantiste, deux tendances vont probablement s’exprimer : celle de Louis Mapou, plus enclin aux « doctrines », et celle de Samuel Hnepeune, plus proche de l’économie entrepreneuriale. Avec Calédonie Ensemble qui s’attachera à défendre les vertus de la stratégie d’encadrement de l’économie et des prix qui avait été mise en œuvre par Philippe Germain.

Le résultat sera un des révélateurs pour la suite, au delà des paroles toujours belles des Déclarations de Politique Générale.

NOUVEAU COUP DUR POUR L’USINE DU NORD

Nouveau pépin pour l’usine du Nord. Alors que l’installation industrielle ne fonctionne que sur un four depuis plusieurs mois, c’est à présent la centrale électrique qui enregistre des sérieuses difficultés. Une fissure a été découverte dans l’arbre d’entrainement d’une turbine à vapeur, provoquant une mise à l’arrêt de l’outil. Alors que la remise en route du four n°2 était prévue, cet incident pose donc des problèmes d’alimentation électrique. Pour les actionnaires, il est urgent que le niveau de production remonte, alors qu’une baisse a été enregistrée en 2020 par rapport à 2019.

D’autres sources d’appoint électrique pourront être utilisées, mais elles impacteront les coûts de production.

Le remplacement de la pièce défectueuse et son transport par mer ou par air serait chiffré à plusieurs centaines de millions. Mais il est indispensable pour permettre à KNS d’améliorer ses performances et de réaliser ses objectifs de production.