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L’ÉTAT AU SECOURS DES AGRICULTEURS CALÉDONIENS AVEC L’AGENCE RURALE

En raison des intempéries d’une fréquence exceptionnelle avec la prolongation du phénomène la Ninã, l’agriculture calédonienne a subi des dommages considérables. Certains agriculteurs ont perdu, à la fois, le produit escompté de leur récolte, mais parfois, leur outil de travail. Témoins, ces espaces agricoles transformés en champs de galets charriés par les eaux en crue.

L’État est intervenu aux côtés de l’Agence Rurale pour renforcer le processus d’indemnisations des agriculteurs sinistrés. 300 millions, au total, dont 180 millions de l’Etat et 180 millions de l’Agence Rurale, vont ainsi être répartis. Pour la seule année 2022, c’est plus d’un milliard que le monde agricole aura perçu en indemnisations a rappelé Lionnel Brinon, le président de l’Agence Rurale.

Cependant, les changements climatiques, et la multiplication des événements météorologiques pourraient, en Nouvelle Calédonie comme ailleurs dans le monde, poser question sur l’organisation de l’agriculture. Et au-delà, des moyens à mettre en œuvre pour assurer à la population son approvisionnement en aliments.

QUE PENSE LE TERRITOIRE DE LA SITUATION DE LA SLN ?

Il n’est évidemment pas imaginable que la Nouvelle Calédonie se désintéresse du sort de la SLN, et de ses milliers de salariés et de sous-traitants. L’actionnaire principal de la société est Eramet, comme cela est connu de tous. Dans le paysage de désindustralisation français, Eramet tient une place importante. C’est l’un des principaux producteurs mondiaux de métaux d’alliages, notamment le nickel et le manganèse, utilisés pour améliorer les propriétés des aciers. Répartie sur 40 sites dans 20 pays, l’entreprise est dirigée par une des rares femmes du SBF 120 qui réunit les 120 plus grosses entreprises cotées en France. Autant dire que Christel Bories fait partie du groupe des responsables respectées. Il serait inconcevable qu’un entretien ne lui ait pas été accordé par le chef de l’Exécutif local.

Pourtant, aucun communiqué, aucune information n’a fait état d’une rencontre de la patronne d’Eramet avec le président du gouvernement calédonien. Il va de soi qu’elle a sollicité un entretien. A-t-il été discret, ou a-t-il été refusé ?

Dans le premier cas, la discrétion, même excessive, pourrait être compréhensible compte tenu de la situation de la Nouvelle Calédonie dont les provinces sont un actionnaire qui pèse dans la SLN au travers de la Société Territoriale Calédonienne de Participation Industrielle. Tout de même, un petit communiqué serait le bienvenu.

Dans le second cas, les milliers de salariés dans l’usine et sur les mines, tout comme les sous-traitants, pourraient légitimement avoir des motifs d’inquiétude. La SLN est en risque de cessation de paiement, un nombre considérable de travailleurs pourraient perdre totalement ou partiellement leurs revenus, et le gouvernement se désintéresserait de cette situation ? Difficile à imaginer, et il ne fait pas de doute que des informations vont filtrer sur cet entretien et l’intérêt que la majorité gouvernementale porte à l’un des socles économiques du territoire. Une majorité constituée par l’Uni, l’Union Calédonienne et l’Éveil Océanien.

INDÉPENDANCE GRÂCE AU NICKEL ? UNE VUE DE L’ESPRIT

Quelques économistes indépendantistes de salon assurent depuis des décennies que Kanaky-Nouvelle Calédonie peut subvenir à ses besoins grâce au nickel. Encore une lune construite sur la base d’une idéologie, et alimentée par des arguments utopiques contredits par la situation réelle des 3 entreprises métallurgiques. Retour à la vraie vie.

La SLN est dans la panade la plus visible. Sauvée il y a quelques années par un prêt de 63 milliards de CFP, elle a pu survivre bon an mal an. A l’intérieur, les personnels les plus conscients ont accompli de réels efforts pour réduire les coûts de production, un des parties importantes de plus de redressement.

En revanche, sur des sites miniers, la politique a repris ses droits. Des blocages à répétition, parfois des actes de sabotage ont mis à mal la production de l’usine Doniambo. Ces derniers mois, les intempéries ont fait le reste.

Actionnaire à 30%, la Calédonie est inutile dans le tour de table. Elle n’a pas pris part au sauvetage de l’entreprise il y a une dizaine d’année. Elle demeure silencieuse en toutes circonstances, et sera incapable d’intervenir dans les difficultés actuelles. 

En ce qui concerne KNS, la société est dans la situation que tout un chacun connaît. Malgré la remontée des cours, la dette abyssale du partenaire calédonien met l’entreprise dans les mains de Glencore. Si Glencore s’en va …

L’usine du Sud a un avenir prometteur, nous dit-on. Ses ennuis relatifs au barrage KO2 comme à l’émissaire sous-marin sont quasiment réglés. Mais pas sa situation financière, grevée de quelques retards dans le calendrier de production en raison, notamment, d’ennuis techniques.

Bien entendu, des milliers d’emplois sont actifs grâce à ces trois énormes unités. Mais comme l’argent ne pousse pas sur les arbres -et beaucoup le croient dur comme nickel-, les entreprises ont besoin de faire des bénéfices pour fonctionner, amortir et procéder aux investissements nécessaires. Des bénéfices qui, pour l’heure, relèvent du fantasme.

En clair, le nickel, et pour longtemps encore, n’est pas vraiment la ressource qui pourrait assurer des moyens à Kanak-Nouvelle Calédonie. Et comme les indépendantistes sont actuellement au pouvoir, vont-ils appeler la France au secours ?

IL EST FINI LE TEMPS DU « 5,5 » !

Il y a quelques décennies, on disait des expatriés en provenance de métropole qu’ils venaient en Nouvelle Calédonie « faire du 5,5 ». C’était le temps où le franc CFP valait 5,5 francs de métropole, mais surtout une époque où la vie, sur le territoire, était bon marché. Tel n’est plus aujourd’hui le cas.

En 2019, en France métropolitaine, le niveau de vie médian de la population s’élève à 22 040 euros annuels. Il correspond à un revenu disponible de 1 837 euros par mois (218.000 FCFP) pour une personne seule et de 3 857 euros par mois (457.000 FCFP) pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans.

En 2020, en Nouvelle Calédonie, un salarié gagne en moyenne 345 000 F. CFP par mois en équivalent temps plein (EQTP). Le salaire mensuel net médian se situe à 245 000 F. CFP.

Mauvaise politique économique, absence de politique de prix, absence de concurrence, le résultat est là : depuis des années, la coût de la vie en Calédonie n’a cessé d’augmenter pour atteindre des prix pharamineux pour certains produits. Le coût des transports pour les produits importés n’explique peut-être pas tout. L’Autorité calédonienne de la Concurrence a publié un rapport détaillé sur la formation des prix des produits de grande distribution. Rapport du plus grand intérêt mais qui a apparemment été classé sans suite.

Nous allons publier une suite de comparaisons entre les prix pratiqués dans l’hexagone et ceux du territoire. Avec pour débuter, et sans porter de jugement, les légumes locaux et ceux que l’on trouve dans les rayons en métropole.

Attention d’ailleurs : si certaines productions locales se vendent à un prix déraisonnable, d’autres défendent leur compétitivité par rapport à la métropole. Nous allons les découvrir au fil de cette enquête.

LES SALADES
On peut trouver les salades à la pièce. De belles pièces ! Aussi bien de la laitue blonde, que de la Batavia ou de la feuille de chêne. La pièce est à 165 FCFP.

LES CAROTTES – LES RADIS
Dans un supermarché où ces prix ont été relevés, les carottes et les radis roses ses vendent à la botte. 283 francs la botte de carottes, et 188 francs la botte de radis. On trouve également ces légumes en vrac. Le kilo de carottes est à 212 FCFP le kilo.

LES TOMATES
De provenances diverses, les tomates présentées en rayon sont commercialisées à un prix  moyen qui oscille de 271 francs à près de 300 francs le kilo. A noter que leur culture en serre chauffées au gaz a subi l’augmentation importante du coût de cette énergie.

LES OIGNONS
En vrac, on les trouve à 390 FCFP le kilo.

LA POMME DE TERRE
L’exemple retenu est celui de la pomme de terre « chair tendre ». Elle est vendue à 117 francs CFP le filet de 1,5 kilo, et en vrac à 78 FCFP le kilo

LES POIREAUX
Ils étaient en promotion à 212 francs le kilo. On peut voir à côté le chou de Bruxelles au même prix le kilo, tandis que le céleri rave est à 354 FCFP la pièce.

« TOUT NICKEL » ? LA CALÉDONIE TOUJOURS EN PANNE DE DIVERSIFICATION ÉCONOMIQUE

Les fluctuations sur la valeur des produits issus du nickel montrent une nouvelle fois l’importance de ce secteur économique pour la Nouvelle Calédonie, et en contrepoint, l’absence de réelle diversification économique. Depuis des décennies pourtant, des voix se sont élevées pour tempérer le choix du « tout nickel », tradition économique désormais séculaire sur le territoire.

Certes, des technologies nouvelles sont apparues et ont contribué à l’émergence de nouvelles filières possibles. Il en va ainsi des énergies renouvelables ou du numérique. Mais nous encore loin de réelles filières, développées à grande échelle comme c’est le cas à la Réunion pour le numérique.

Curieusement, depuis une vingtaine d’années, le développement du tourisme, fixé comme priorité par Jacques Lafleur en 1990 avec le logement social, s’est fait discret. Parfois même, parmi les développements économiques possible, le tourisme est tout simplement oublié ! La crise du Covid a évidemment affecté totalement ce secteur. Aujourd’hui, il pourrait redémarrer avec l’agressivité que montrent des destinations comme l’Australie, la France, et à présent le Japon. Las. On ne sait plus très bien qui est en charge de quoi. La promotion échoit au gouvernement qui n’a pas … la compétence touristique, domaine économique. Les budgets de promotion internationale sont devenus maigrelets, et en tout cas sans rapport avec ce que nécessiterait un secteur riche de plus de 5000 emplois réels ou potentiels.

Quant aux hôtels, ils n’ont pas tous été l’objet d’une préparation en vue d’un redémarrage de l’activité qui s’annonçait progressivement.

Pendant l’allègement des contraintes du Covid, les provinces ont fait un effort louable pour redonner vie au tourisme dit « domestique ». Il faudrait à présent changer de braquet. Mais qui pédale, et qui tient le guidon ? That is the question

RELANCER LE TOURISME … EN FERMANT L’HOTEL AMIRAL !

La relance du tourisme est en marche. Arrière ? Bien entendu, tous les professionnels et les personnels de cette filière qui fut importante espèrent bien voir revenir les visiteurs. D’ailleurs, des Australiens ont déjà montré le bout du nez et c’est encourageant. Mais avant de lancer de grands slogans, dont le passé récent fut si riche, le gouvernement serait bien avisé de revenir à quelques fondamentaux simples : le tourisme est une industrie d’hospitalité, et par conséquent, ses premiers outils sont les hôtels. Il faut donc qu’avant de lancer des investissements en pure perte sur les marchés, il assure la remise en état des établissements hôteliers qu’il avait réquisitionnés, et qu’il s’est d’ailleurs engagé à remettre en état.

La destination ne dispose plus que d’une enseigne internationale hôtelière  à la capacité importante : Méridien, en partant du principe que le Sheraton fonctionnant en mode dégradé ne peut se prétendre demeurer un hôtel au standard annoncé.

Seulement voilà : le Méridien est dans un triste état, avec moins de 50 chambres à offrir à la clientèle internationale sans avoir à rougir de honte ! Autre point noir : la desserte de l’Ile des Pins et des Loyautés par Air Cal. Comment assurer aux touristes la régularité du service avec des aléas qui ont donné à la compagnie le surnom de « Air Peut-être » ?

Depuis des années, la Calédonie joue « petit bras ». Elle est descendue, pour l’instant, au stade du manchot …

LE POULET CONGELÉ BON MARCHÉ MENACÉ D’EXCLUSION DANS LES RAYONS

Non seulement la Nouvelle Calédonie enregistre une des chertés de vie les plus élevées du monde, mais elle semble décidée à rendre le quotidien des ménagères encore plus coûteux. Ainsi devrait être discuté au Congrès un vœu visant à interdire l’importation de poulet congelé en provenance du Brésil et des États-Unis. Caractéristique de ces produits : ce sont les moins chers actuellement sur le marché.

Ces blancs de poulet sont présentés à la clientèle sous diverses formes, adaptées à la consommation. On trouve des ailes ou des pilons avec peau, des blancs avec ou sans peau, et évidemment, des poulets entiers. Si l’on prend comme exemple les blancs de poulet sans peau, avec un prix qui fluctue malgré tout selon les arrivages, il était proposé jusqu’il y a quelques mois à un prix variant environ de 600f le paquet à 700f. Mais comme chacun sait, tout augmente. Ces derniers mois, le prix avait progressé, mais on trouvait encore des paquets de 1 kg, comprenant 4 blancs de 250g, à moins de 700f.

Il est important de noter que ces prix maintenus relativement bas sont ceux des poulets importés des USA et du Brésil. Or en les excluant, la barre … des 1000f va être allègrement franchie. Une petite augmentation de 30 à 40% …

La raison invoquée par les élus qui prônent cette exclusion provoquant une augmentation des produits sur le marché : les bains de chlore auxquels sont soumis les poulets exportés, comme une grande variété d’autre produits consommables y compris des fruits et légumes. Et pour probablement frapper les imaginations, les poulets sont affublés du sobriquet « poulets chlorés » !

La réalité, c’est que les services sanitaires et techniques du territoire sont incapables de confirmer que les doses de chlore contenues dans les bains en question pourraient être nocifs pour la santé des Calédoniens …

Mais qu’importe. Au bout de la mesure, l’enjeu concerne 60% du marché du poulet dont la Nouvelle-Calédonie importe plus de 10.000 tonnes par an. Une aubaine pour certains importateurs ! Un autre enjeu, c’est aussi l’alimentation des familles à faible revenu pour lesquelles le poulet est une source de protéines importante.

Les élus qui soutiennent l’interdiction invoquent la possibilité d’une production locale industrielle. Une incantation de plus ! Plusieurs tentatives ont déjà été lancées dans le passé lointain comme récent, et ont toutes avorté. En cause, les coûts globaux de production et la petitesse du marché. La vie agricole locale est pleine de ces belles idées, telle Brebilait dont on ne parle plus, la production de brebis locale et de fromage, qui a coûté une subvention sous forme de défiscalisation de plus de 300 millions … 

Si la mesure est adoptée par la majorité indépendantiste, après instruction par le gouvernement -il s’agit pour l’heure d’un vœu-, les ménages « pauvres » devront mettre un peu plus la main à la poche. Mais on ne leur interdira pas de boire l’eau du robinet … bien plus chlorée que les poulets US et brésiliens !

TAIWAN N’A NI NICKEL NI CACAO, MAIS SES SEMI-CONDUCTEURS SONT INDISPENSABLES AU MONDE

Taiwan ne possède pas de matières premières. Juste une formidable volonté de travail et une formation de ses cadres du plus haut niveau. Avec en prime l’expatriation puis le retour d’éléments exceptionnels. C’est ainsi qu’à partir de 1970, le gouvernement taiwanais le gouvernement investit pour bâtir une filière de semi-conducteurs, alors inexistante. Cette stratégie a fait naître l’Institut de recherche en technologie industrielle de Taïwan (Itri), un centre de R&D financé à 70% par des fonds publics, qui a essaimé plus de 240 entreprises depuis sa création, en 1973. Ainsi est né TSMC, mastodonte fabricant de semi-conducteurs pour de nombreux clients du monde entier : Apple, AMD, Qualcomm… Son emprise sur le secteur de l’électronique est sans égal : 24% des semi-conducteurs utilisés dans le monde proviennent de ses usines, que ce soit pour équiper des ordinateurs, des smartphones, des voitures ou des serveurs. Ce chiffre grimpe à 92% pour les puces les plus avancées.

L’entreprise a vu ses revenus dépasser les 50 milliards d’euros en 2021 (6000 milliards de francs CFP). Et sa valorisation atteindre 540 milliards d’euros (64.800 milliards de francs CFP), un record dans l’électronique. Des chiffres qui la placent au-dessus des chinois Tencent et Alibaba, juste derrière Meta, la maison mère de Facebook… Et qui en font l’entreprise la plus valorisée d’Asie.

Les prévisions de croissance pour 2022 sont exceptionnelles : 35% attendus ! De quoi mener des investissements tout aussi colossaux : 87 milliards d’euros (10.440 milliards de francs CFP) prévus sur trois ans. Dont 44, rien que pour l’année 2022.

Son principal concurrent est le sud-Coréen Samsung qui l’a même devancé dans le domaine de miniaturisation des puces. Mais pourtant, TSMC a récupéré un client de poids en 2016 : Apple.

Lors des tensions entre la Chine et Taiwan, le patron de TSMC a prévenu : en cas d’attaque de l’île par les Chinois, il rendrait ses usines de semi-conducteurs inopérante. Et cela aboutirait quasiment à une paralysie mondiale, Chine comprise !

Moralité : le travail, l’éducation, la conjonction intelligente des secteurs publics et privés peuvent conduire à de telles réussites extraordinaires. Nous, nous avons notre nickel, avec 3 usines qui rament, une compagnie aérienne locale dont un syndicat veut faire voler une pilote qui ne possèderait pas les qualifications et quelques plants de cacao qui annoncent « une filière prometteuse » …

LES EMPLOIS DU TOURISME HORS NOUMEA MENACÉS DE DISPARITION ?

Renverser la table, en économie, peut également consister à faire fi de l’histoire, de l’analyse et de la concertation. C’est ce qui menace, par exemple, l’emploi dans un secteur que la Nouvelle Calédonie essaye désespérément de développer depuis près de 35 ans : le tourisme en Brousse et aux Iles. 

Le coût du travail, sur le territoire, est probablement le plus élevé de la région Pacifique. Or, un secteur comme le tourisme est une activité largement internationale, et donc concurrencée par les autres destinations. Les établissements touristiques de l’intérieur comme des Iles compris.

Ceux-ci, en effet, sont offerts à deux types de clientèles. Le premier est local, et la crise du Covid a permis à ces établissements de faire le plein de Calédoniens en raison de la fermeture des frontières. Le second est extérieur, et comprend notamment la fréquentation des touristes dits « affinitaires », ces Français de de métropole se rendant en Nouvelle-Calédonie pour y visiter des parents ou des proches, mais pas que. Certaines structures attirent une clientèle étrangère ou en ont l’ambition, comme plusieurs établissements à l’Ile des Pins, à Ouvéa ou à Lifou où l’ouverture du nouvel hôtel Intercontinental est attendue.

Pour proposer des tarifs attractifs, ou simplement compétitifs, le tourisme de l’Intérieur et des Iles a bénéficié, au début de la relance économique entreprise à l’issue du rétablissement de la paix après les Accords de Matignon, de mesures d’allègements de charges. Celles-ci ont essentiellement contribué à diminuer le coût du travail par un abattement de 75% des charges sociales.

Initialement, cette charge a été supportée par la Cafat. L’organisme de prestation sociale ayant fait valoir, à juste titre, que le développement économique n’était pas sa mission, a obtenu que cette perte de recettes soit compensée par la Nouvelle-Calédonie. Celle-ci y a consacré une partie du produit d’une nouvelle taxe basée sur la consommation.

Cet allègement constitue pour les établissements touristiques un avantage considérable, mais qui permet d’afficher des tarifs « dans le marché » pour l’ensemble de ses clientèles. Pourquoi ? « L’économie pour les nuls » pourrait en donner une raison simple : la diminution des charges permet de réduire les coûts de production, et donc d’afficher des prix de vente susceptibles de maintenir une marge raisonnable pour les dits établissements. Cette pratique a donc permis la création de plusieurs centaines d’emplois.

Pourtant, et lorsque les frontières du territoire ne sont pas fermées par le Covid, cela n’est pas totalement suffisant pour les clientèles. « Au total, le coût d’une semaine à l’Ile des Pins ou à Ouvéa est presqu’aussi élevé qu’un séjour sur la Gold Coast » indique un client local, qui ajoute, dans certains cas, la qualité du service …

Évidemment, la suppression des abattements de charges sociales remettrait en cause tout cet équilibre basé sur le fait qu’un emploi soutenu vaut toujours mieux qu’un chômage mortifère. En l’espèce, une chose est certaine : à moins d’avoir l’ambition de perdre de l’argent, les structures touristiques de l’Intérieur et des Iles n’auront d’autres alternative que d’agir sur la variable d’une activité de service : l’emploi.

BAISSE DU FRÊT MARITIME : DES CONSÉQUENCES POUR LA CALÉDONIE ?

Le 30 juin dernier, le transporteur maritime CMA-CGM annonçait une baisse des taux de frêt pour les importations vers la métropole comme pour l’Outre mer. Cette baisse de 10 à 20% peut atteindre les 60.000 FCFP pour un conteneur de 40 pieds.

Ces baisses représenteront en effet « 500 euros par conteneur pour toutes les importations de ses clients grandes enseignes de distribution en France« , la même ristourne étant accordée « par conteneur pour la totalité des importations vers les Outre-mer« , avait précisé le groupe dans un communiqué.

Alors que la communication fait rage pour savoir qui participera et qui ne participera pas au prochain Comité des Signataires, le quotidien des calédonien est surtout frappé par l’augmentation sans précédent du coût de la vie. Les automobilistes font les comptes de leurs pleins d’essence. Dans les rayons des magasins d’alimentation, les ménagères sont affolées par les hausses de prix parfois importantes et qui touchent les produits non frappés de blocage de prix. L’inflation devrait atteindre 10% en Nouvelle Calédonie vers la fin de l’année.

Face à cette situation, l’urgence n’est pas climatique, mais tarifaire. La Calédonie va-t-elle bénéficier des baisses de frêt annoncées par la CGM ? Quelles en seront les répercussions pour les prix des produits importés ? Sera-t-on certain que ces baisses seront répercutées au consommateur ? Des sujets loins des idéologies vieillissantes et qui touchent les ménages de la ville, de la brousse comme des tribus.