Archives de catégorie : Economie

PROPOSITION DE SUPPRESSION DE DOUANE POUR DES PRODUITS ALIMENTAIRES ET DE GRANDE CONSOMMATION AUSTRALIENS ET NÉO-ZÉLANDAIS

Pourquoi à la fois ne pas s’approvisionner à deux pas de chez nous, tout en faisant diminuer le prix de produits de grande consommation ?  Cette question avait été posée par plusieurs distributeurs depuis des années, analysée positivement par l’Autorité calédonienne de la Concurrence, reprise dans le plan de relance de Christopher Gyges, et à présent déposée sur le bureau du Congrès par l’Avenir en Confiance.

Si en effet, les actions du gouvernement sont actuellement paralysées aux affaires courantes, Philippe Blaise, Alesio Saliga et Guy-Olivier Cuenot ont décidé de faire bouger les choses au nom de l’Avenir en Confiance en déposant « une proposition de loi du Pays portant modalité d’exemption des droits de douane à l’importation de produits alimentaires originaires d’Australie ou de Nouvelle Zélande ».

L’objet : améliorer la vie des Calédoniens en optimisant les relations avec nos grands voisins régionaux, en facilitant nos approvisionnements, et en faisant baissant de coût de la vie sur ces produits largement consommés localement.

La liste des produits visés concerne des denrées comme le poulet, le riz, le fromage, des condiments, le ketchup, le sel et le poivre, ou encore des produits alimentaires pour bébé, des produits ménagers  ou utilisés au quotidien comme des shampoings, des rasoirs ou encore du dentifrice. En tout, aux alentours d’une centaine de références.

L’impact budgétaire serait de 73 millions si la mesure était adoptée.

La mesure s’inscrit également dans la volonté d’améliorer les relations commerciales entre la Nouvelle-Calédonie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

SMSP SOUS PROCÉDURE DE SAUVEGARDE : UN MODÈLE BRANLANT

La lecture du rapport de la Chambre Territoriale des Comptes sur la gestion et les perspectives des outils économiques de la province Nord pouvait générer quelques craintes. Le diagnostic, en tout cas, paraît fondé. La SMSP a été placée sous le régime de la procédure de sauvegarde.

Certes, la société n’est pas en cessation de paiement, indique son directeur général qui se dit confiant dans l’avenir du groupe. Il n’empêche qu’à l’heure où le marché du nickel est redevenu porteur, les élus responsables de cette entité publique ont quelques questions à se poser.

Dans les faits et en cas de difficultés ultimes, le modèle économique indépendantiste, fondé sur le contrôle de tels moyens de production, doit faire appel, non pas aux ressources du capital mais à celles de la collectivité. C’est sa faiblesse. Jusqu’à présent, les déclarations lénifiantes, les affirmations des laudateurs de la « doctrine nickel », voulaient s’appuyer sur une architecture économique présentée comme un exemple.

Las. Si le château de cartes ne s’est pas effondré, il est menacé par des vents mauvais qui n’ont rien de conjoncturel.

Au moment où la dernière séquence consacrée à l’étude des différents scénarios d’avenir de la Nouvelle-Calédonie, oscillant entre l’accession à l’indépendance et le maintien du territoire dans la République, voilà un élément de discussion qui n’a rien de théorique.

Avant de consulter « les populations concernées » une troisième fois sur le choix institutionnel qu’elles souhaitent, une évidence apparaît de plus en plus à chaque semaine qui passe : les indépendantistes ne sont pas prêts pour assumer une éventuelle indépendance.

SOFINOR/SMSP : LE RAPPORT DE LA CTC FAIT DES VAGUES JUSQU’À PARIS

« Nouvelle-Calédonie : la doctrine nickel mise à mal », «  »Selon la Chambre Territoriale des Comptes, le groupe Sofinor  est endetté à hauteur de 10,4 milliards d’euros ». C’est sous ces titres que le journal Le Monde, sous la plume de Patrick Roger, commente le rapport de la CTC

DOCTRINE NICKEL ET GOUFFRE FINANCIER FINAL
« Le nationalisme minier kanak est indissociable de la lutte politique pour l’indépendance » c’est en ces termes que Le Monde inscrit la « doctrine nickel » à laquelle est associée « un emboitement de sociétés opaques » et « montre l’ampleur du gouffre financier final« .

Il est sûr qu’une société endettée à hauteur de 10,4 milliards d’euros fait sensation, même à l’échelle de la métropole.

« UNE SORTE DE PYRAMIDE DE PONZI« 
L’article s’inspire des termes accablants de la Chambre des Comptes et les traduit. « Au fil d’investissements douteux, ou pour le moins aléatoires, s’est échafaudé un mécanisme d’imbrication de sociétés mères-filles faisant reporter les dettes des unes sur les comptes des autres avec, in fine, un seul perdant, la province Nord, qui essuie les pertes« .

Reprenant la situation de la SMSP finançant des filiales codétenues par des sociétés étrangères comme Nickel Mining Company et SNNC, la Chambre avait indiqué que « les investissements de l’une (Cotransmine) sont pris en charge par l’autre (SMSP) et bénéficient à une autre société (NMC) pourtant codétenue par Posco« .

Appréciation du journaliste : « une sorte de pyramide de Ponzi, à perte« . Pour mémoire, le système de Ponzi fut à la base du montage désormais célèbre de feu Bernard Madoff.

LES VÉRITABLES POUVOIRS DÉTENUS PAR GLENCORE ET POSCO
Sur la gouvernance, Patrick Roger souligne ce qu’a relevé la Chambre des Comptes : la province Nord est présente dans la Sofinor au maximum de participation permise par la la loi avec 85%, mais « en réalité, elle dépasse ce niveau de participation puisqu’elle intervient directement par l’intermédiaire de quatre sociétés d’économie mixte« . Constat de la juridiction : il s’agit d’un « détournement de la loi« . Et pourtant, relève l’article, dans ce schéma, « participation majoritaire ne rime pas avec pourvoir décisionnel » puisque au total, « ce sont donc les multinationales Glencore et Posco qui disposent des véritables pouvoirs« . Ce qui fait que « la maîtrise » revendiquée au nom de la « doctrine nickel »  « repose sur un socle friable« .

CONCENTRATION DES POUVOIRS
Le journaliste du Monde reprend les analyses de la Chambre sur la « concentration des pouvoirs entre les mains de M. Dang« . « Cette situation n’est pas irrégulière en tant que telle, avait noté la CTC, mais elle pose des problèmes de conflits d’intérêts potentiels« .

C’est cependant sur lui, écrit Patrick Roger, que « le président de la province Nord, M. Néaoutyne, a fait reposer pour l’essentiel sa « doctrine nickel«  »

JUSQU’À PARIS
Plus que des notes rédigées par les experts des cabinets à l’attention de leurs ministres, un long article de quatre colonnes dans Le Monde apporte quelques éclairages sur les sujets traités et pèse sur les opinions.

Le rapport de la Chambre Territoriale des Comptes de Nouvelle-Calédonie a fait grand bruit sur le territoire. Par le quotidien réputé que tous les décideurs ont chaque matin sur leur bureau, il a quelque écho à Paris.

Patrick Roger est journaliste au Monde depuis 1995, il a couvert une large palette de domaines au service politique, dont le Parlement pendant onze ans, jusqu’en 2013. Affecté depuis sur Bercy, il a suivi la « loi Macron » de bout en bout, depuis son élaboration et pendant toute la procédure législative jusqu’aux derniers décrets d’application. Un modèle du genre, qui a inspiré la BD Faire la loi, réalisée avec Aurel et Hélène Bekmézian.

SOFINOR ET SMSP SOUS LES FEUX DE LA CHAMBRE DES COMPTES

Le rapport d’observations de la Chambre Territoriale les Comptes sur les gestions de la Sofinor et de la SMSP est explosif. Dysfonctionnements, irrégularités, manque de transparence, risques de prises illégales d’intérêt sont pointés du doigt par la juridiction financière.

C’est d’abord la « doctrine nickel » qui en prend un coup. La Cour admet qu’il s’agit d’un « socle stratégique de nature essentiellement politique« , mais souligne qu’il est « non défini dans ses attendus exacts ni dans ses modalités pratiques« .

Les magistrats épinglent ensuite les deux sociétés sur leurs gouvernances, relevant, pour ce qui concerne la Sofinor, « la concentration des pouvoirs du directeur général« , André Dang, et soulignent qu’il « en résulte une absence de protection des élus de la province Nord membres du conseil d’administration de la SMSP. Ils ne bénéficient pas du régime de protection prévu par le code général des collectivités territoriales pour les élus membres du conseil d’administration d’une SEM, s’exposant ainsi à des risques de se trouver en situation potentiellement qualifiables pénalement de prise illégale d’intérêt. »

Sur le plan financier, la Chambre relève que l’endettement généralisé du groupe Sofinor est … « supérieur au PIB de la Nouvelle-Calédonie ». Or, concernant les investissements en Corée du Sud,  » les niveaux de retour exposés par la SOFINOR ne sont pas convaincants« . Quant à l’usine du Nord, le retour financier est prioritairement affecté à l’actionnaire minoritaire Glencore qui a assuré la quasi-totalité du financement de la construction.

Les risques financiers considérables pour la province Nord sont également analysés par les magistrats qui, en conclusion, recommandent la fusion de la SMSP et de la Sofinor.

La SMSP ne partage évidemment pas l’essentiel des analyses de la Chambre Territoriale des Comptes. Ni dans celle de la doctrine, ni dans les observations sur la gestion et les risques de prise illégale d’intérêt des élus, ni dans les perspectives industrielles, ou ni dans les analyses financières.

La question récurrente est toujours de savoir si le rapport de la Cour sera suivi d’effets. Les sociétés et la province Nord peuvent-elles « s’assoir dessus » ? Deux éléments, cependant, demeurent : l’image économique de la collectivité et la pratique de ses « filiales », d’une part, le risque de prise illégale d’intérêt de certains élus, d’autre part.

LA CHERTÉ DE VIE : UN DOSSIER CHAUD POUR LE NOUVEAU GOUVERNEMENT

Si le président du nouveau gouvernement n’est pas encore élu, et si les secteurs de responsabilité ne sont pas encore répartis, on sait déjà quel dossier prioritaire viendra s’ajouter à celui du budget, des comptes sociaux, de la Santé et du Covid : l’augmentation du coût de la vie en raison du surenchérissement du frêt maritime. Un dossier économique ultra-sensible, pour lequel l’idéologie risque de reprendre le dessus.

LA PÉNURIE DE CONTAINERS
Le fret maritime reste sous tension : les navires sont pleins sur la quasi-totalité des routes commerciales et notamment les USA / Amérique Centrale / Amérique du Sud cote Ouest. A cela s’ajoute le manque d’équipements la pénurie de conteneurs, entraînant une hausse des tarifs venant s’ajouter à une augmentation des surcharges constatée depuis plusieurs mois !

Le secteur a de surcroît été totalement perturbé par le blocage du canal de Suez le 23 mars dernier, entraînant l’arrêt de 400 navires.

Si la Nouvelle-Calédonie, client presque marginal dans le frêt international, s’en est jusqu’à présent assez bien sortie, les responsables importateurs annoncent une inévitable répercussion de la hausse des tarifs. La conséquence sera évidemment une hausse des prix à la distribution.

HAUSSE DE MATIÈRES PREMIÈRES
La reprise de l’économie chinoise, la faiblesse du dollar et une dose de spéculation ont provoqué une poussée de fièvre sur plusieurs métaux, le pétrole ou encore des produits agricoles. Au point que certains évoquent un nouveau « supercycle » de hausse.

Depuis l’automne 2020, les cours des matières premières ont commencé à s’enflammer. Et la tendance se poursuit en 2021. Du cuivre, à l’étain, en passant par le blé, le maïs, l’huile de palme ou le soja, sans oublier le pétrole ou le fer, tous ces produits sont affectés. Le coût du bâtiment et des travaux publics également.

UN DOSSIER CHAUD POUR LE PROCHAIN GOUVERNEMENT
En Nouvelle-Calédonie, pays dont les prix figurent parmi les plus chers du monde, ces hausses de coût vont avoir un effet désastreux sur l’économie et la situation sociale des ménages les plus modestes. Le futur président et son équipe ne peuvent manquer d’agir rapidement.

Ses choix pencheront-ils plutôt en faveur d’une intervention à caractère idéologique, ou plutôt en faveur de mesures pragmatiques ? Ce dossier sera peut être sa première empreinte.

En son sein indépendantiste, deux tendances vont probablement s’exprimer : celle de Louis Mapou, plus enclin aux « doctrines », et celle de Samuel Hnepeune, plus proche de l’économie entrepreneuriale. Avec Calédonie Ensemble qui s’attachera à défendre les vertus de la stratégie d’encadrement de l’économie et des prix qui avait été mise en œuvre par Philippe Germain.

Le résultat sera un des révélateurs pour la suite, au delà des paroles toujours belles des Déclarations de Politique Générale.

NOUVEAU COUP DUR POUR L’USINE DU NORD

Nouveau pépin pour l’usine du Nord. Alors que l’installation industrielle ne fonctionne que sur un four depuis plusieurs mois, c’est à présent la centrale électrique qui enregistre des sérieuses difficultés. Une fissure a été découverte dans l’arbre d’entrainement d’une turbine à vapeur, provoquant une mise à l’arrêt de l’outil. Alors que la remise en route du four n°2 était prévue, cet incident pose donc des problèmes d’alimentation électrique. Pour les actionnaires, il est urgent que le niveau de production remonte, alors qu’une baisse a été enregistrée en 2020 par rapport à 2019.

D’autres sources d’appoint électrique pourront être utilisées, mais elles impacteront les coûts de production.

Le remplacement de la pièce défectueuse et son transport par mer ou par air serait chiffré à plusieurs centaines de millions. Mais il est indispensable pour permettre à KNS d’améliorer ses performances et de réaliser ses objectifs de production.

Le mauvais écosystème social de Posco peut porter atteinte à la réputation de ses produits

La Corée du Sud a le taux le plus élevé d’accidents mortels du travail des pays de l’OCDE et, chaque année, 2.400 travailleurs périssent dans des accidents industriels. Sur les sites industriels de Posco, compagnie avec laquelle SMSP a conclu une joint venture, 18 accidents mortels se sont produits à Pohang et Gwangyang. Le 24 novembre dernier, une explosion survenue à proximité d’un haut fourneau a provoqué la mort de trois travailleurs. Dans d’autres incidents survenus les 9 et 23 décembre, deux autres travailleurs de POSCO ont perdu la vie. Ces cinq derniers accidents ont mis le feu aux poudres.

Le syndicat présent dans le groupe, le KMWU, réclame une inspection du travail avec une participation syndicale garantie. Pour l’heure, il n’a obtenu ni accès aux lieux des accidents ni autorisations pour ses experts en sécurité à participer aux enquêtes. 3 militants syndicaux ont été licenciés.

L’affaire pourrait connaître des rebondissements à l’échelle nationale. A la suite d’une pétition sur la sécurité au travail, un projet de texte devrait être soumis à l’Assemblée Nationale. Son but est d’imposer de lourdes pénalités aux employeurs dont la responsabilité serait engagée dans la mort de travailleurs, et de faire en sorte qu’ils adoptent un ensemble de mesures de prévention.

La vague de moralisation qui souffle notamment sur les productions de matières premières comprend les conditions environnementales et humaines de ces productions. La Corée du Sud a tout intérêt à revoir sa législation dans ces domaines.

Tesla signe un « M.O.U. » et sera candidat au dossier de la nouvelle centrale électrique

En marge de la vente de l’usine du Sud à Prony Resources, l’entreprise Tesla a signé un « Memorandum of Understanding » avec le nouveau propriétaire. Ce document comprend deux volets. L’un concerne l’approvisionnement de Tesla en nickel hydroxyde cake, le fameux NHC, pour la construction de ses batteries. Le second est relatif à l’expertise que la compagnie d’Elon Musk apportera en matière, notamment, de production d’énergie.

On sait que Tesla vient d’achever une centrale électrique de 1000 Mégawatts, alimentée par énergie solaire photovoltaïque, au Texas. Cette usine sera en mesure d’offrir une disponibilité permanente de 300 Mégawatts.

Elon Musk a déclaré que les progrès réalisés par Tesla en matière de stockage d’énergie électrique avaient été étonnants. Ils déjouent, en effet, les prévisions les plus optimistes des analystes en matière de stockage d’énergie et de délai de réalisation. La nouvelle centrale du Texas a été construite en un peu plus d’une année.

L’intérêt du partenariat de Tesla, pour la Nouvelle-Calédonie, est évident à une période où déjà, la production d’énergie renouvelable est en avance sur son calendrier de transition énergétique.

Dans le M.O.U. signé la nuit dernière figure d’ailleurs un paragraphe relatif à la construction de la nouvelle centrale dont les études ont été conduites sous la houlette de Nouvelle Calédonie Energie (NCE). Si les options fuel et charbon ont été écartées pour leur caractère fossile pour la production d’énergie de cette unité moderne, le gaz figure toujours parmi les options possibles.

Tesla devrait donc développer une option bien plus propre, grâce à une centrale du même modèle que celle construite au Texas. Celle-ci pourrait avoir une puissance équivalente de 1000 Mégawatts, permettant de mettre sur le réseau de quoi alimenter l’ensemble des usines métallurgiques de Nouvelle-Calédonie.

Certes, du M.O.U. à la réalisation, il restera quelques mois pour parachever les procédures d’offres. Le délai de construction annoncé est d’une année tout juste à compter de l’ouverture du chantier.

Avec une telle évolution, et des besoins domestiques déjà couverts par de l’électricité photovoltaïque, la Nouvelle-Calédonie serait pratiquement le premier pays au monde à se déclarer « green ».

REPRISE DE L’USINE DU SUD : C’EST SIGNÉ, C’EST PAYÉ

Après des mois de conflits, d’inquiétude, de désespoir pour certains, l’affaire de la reprise de l’usine du Sud s’est achevée par un « happy end ». Dans la nuit de mercredi à jeudi, Vale a cédé l’établissement du sud calédonien en y laissant un très gros chèque, et l’ensemble des partenaires de Prony Resources ont acté la vente par visioconférence, après avoir déposé les fonds requis. De son côté, la France a confirmé les prêt et garantie apportés pour un montant de 60 milliards. Une opération qui relance l’activité pour 3000 salariés directs et sous-traitants, maintient les recettes sociales de la Cafat, et provoque un investissement nouveau de quelques 50 milliards générant 600 emplois nouveaux dans le chantier de stockage des déchets « Lucy ». De quoi redonner du moral aux Calédoniens.

UNE USINE CALÉDONIENNE
Dans la transaction, les intérêts locaux, portés à 30% par la SPMSC, entité majoritairement détenue par la province Sud qui en assure la gouvernance, et à 21% par une entité représentant les salariés et les populations du sud, font de l’usine un ensemble minier et métallurgique pleinement calédonien.

Le géant du négoce, également propriétaire minier et métallurgiste Trafigura, et désormais actionnaire à 19% de Prony Resources, s’est félicité d’apporter son « expertise commerciale pour sécuriser l’accès aux marchés internationaux du nickel de Goro Resources, un composant essentiel des batteries lithium-ion nécessaire aux véhicules électriques ».

Agio Global, société d’investissement australienne, se réjouit également d’apporter son « expertise commerciale pour aider à assurer l’avenir à long terme et la rentabilité de l’exploitation en Nouvelle-Calédonie ».

Manifestation de satisfaction de l’Etat, également, de différentes sources. Bruno Lemaire, le ministre des Finances et Sébastien Lecornu saluent l’accord, rappelant « la mobilisation constante de l’Etat pour trouver un repreneur respectant les meilleurs standards en matière de responsabilité sociale et environnementale, et son soutien financier majeur de près de 500 millions d’euros (60 milliards FCFP-ndlr) ».

De son côté, Sébastien Lecornu a rendu hommage à Sonia Backes, présidente de la province Sud, à Roch Wamytan, président du Congrès, ainsi qu’aux négociateurs de l’accord. Il s’est également adressé aux salariés de l’usine et aux sous-traitants pour leur exprimer « respect, solidarité et encouragement« .

UN ULTIME ACCORD DE DERNIÈRE MINUTE SUR LE SORT DE 34 SALARIÉS
Une ultime épine subsistait, après les violences perpétrées contre l’usine du Sud : le sort de 34 salariés licenciés pour blocages et exactions.

Un accord a été signé par les parties. Il prévoit la réintégration, avec des conditions imposées et acceptées, de 26 salariés. Les 8 autres, dont les motifs de licenciement sont plus graves, verront leurs cas traités par une commission ad hoc, constituée d’accord parties.

ANTONIN BEURRIER POUR LA TRANSITION
Antonin Beurrier a été l’un des artisans de la reprise de l’usine par Prony Resources, ce que n’a pas manqué de faire valoir le gouvernement français. En particulier, il s’était rendu personnellement aux Etats Unis pour convaincre Elon Musk d’acheter le NHC produit en devenant un partenaire commercial de l’usine.

Il ne figure pas au rang des actionnaires, mais dans un souci pragmatique de redémarrage d’une usine dont il connaît comme personne le fonctionnement technique et commercial, Antonin Beurrier demeurera à ses commandes pour la période de transition.

UNE OPÉRATION NOVATRICE
Au total, avec la détention des titres par Sud Nickel et une majorité calédonienne « non diluable », les partenaires internationaux de dimension mondiale ont validé le montage capitalistique original de Prony Resources. La province Sud, sous la houlette de Sonia Backes, a ainsi créé, à côté des montages de SLN et Koniambo, un nouveau modèle industriel et minier.

Mais surtout, et c’est une première fois depuis la signature de l’Accord de Nouméa, l’accord du 4 mars a montré que sur un sujet totalement clivant entre indépendantistes et loyalistes, ayant entraîné un conflit aux accents de révolte civil, un accord avait pu être trouvé entre les parties antagonistes.

Nul doute que Sébastien Lecornu y trouve quelque espoir de faire avancer une solution consensuelle pour le futur institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

USINE DU SUD : PREMIÈRE TONNE DE NHC FIN AVRIL si tout va bien

L’opération de rachat de l’usine du Sud va bon train et devrait connaître sa conclusion en début de semaine prochaine. En attendant, 700 personnels sont de nouveau sur le site, ce qui signifie que davantage encore de salariés sont retournés à l’ouvrage. Seule, pour l’heure, l’exploitation de la mine n’a pas repris.

FINALISATION DES PROCÉDURES LIÉES AU RACHAT
Presque toutes les opérations internes sont en cours de règlement. Promosud et la Société de Participations Minières du Sud Calédonien (SPMSC) qui va détenir 30% du capital vont réunir leurs conseils d’administration respectifs ce vendredi.

L’INTÉRESSEMENT DES POPULATIONS DU SUD
En ce qui concerne l’intéressement des populations kanak du Sud, il reste aux différents représentants à mettre en forme le process, sous la coordination de l’aire. Une hypothèse serait que deux entités soient mises sur pied, l’une pour la représentation au Conseil d’Administration de Prony Resources, et l’autre pour la représentation à Sud Nickel.

Seule différence entre les deux structures : les dividendes éventuels de Prony Resources seront pioritairementconsacrés au remboursement des dettes contractées, tandis que Sud Nickel est assurée d’empocher au minimum 500 millions de produits de location des titres miniers. Un écart de taille …

LA PREMIÈRE TONNE DE NHC FIN AVRIL
Si toutes les opérations se passent sans encombre, et que l’ensemble des personnels peut être à l’ouvrage, tout laisse à penser que la première tonne de Nickel Hydroxyde Cake sera produite par la nouvelle entité calédonienne à la fin du mois d’avril. Un événement historique pour la province Sud.

TESLA ACHÈTE ET ACCOMPAGNE
La compagnie d’Elon Musk sera alimentée par une partie de la production de l’usine de (Prony) Goro Resources pendant une demi-décennie. Par ailleurs, comme sollicitée par l’ensemble des partenaires signataires de l’accord de reprise de l’usine, Tesla apportera son expertise, et un Memorandum Of Undestanding a déjà été signé en ce sens.

Nul doute que ces conseils vont également concerner l’évolution de la source d’alimentation électrique de l’usine, Tesla venant de mettre au point une centrale « propre » de 1000 Megawatts dans le Texas avec une puissance de stockage par batteries phénoménale …

600 NOUVEAU EMPLOIS AVEC LUCY
Une bonne nouvelle en attirant une autre, les travaux de construction du nouveau site de stockage à sec « Lucy », financé par Vale, devraient être lancés en même temps que le redémarrage de l’usine. Un investissement d’une cinquantaine de milliards qui va générer pas moins de 600 emplois en province Sud.