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LES NOTES DU CONSEIL D’ANALYSE ECONOMIQUE SUR L’APRÈS-NICKEL: « EN HOMMAGE À EDGARD PISANI » … – Désindexation, augmentation de l’impôt sur le revenu, diminution des transferts vers les collectivités

Le Conseil d’Analyse Economique, créé auprès du Premier ministre, « a pour mission d’éclairer, par la confrontation des points de vue et des analyses de ses membres, les choix du gouvernement en matière économique ». La note, publiée en mars dernier, porte en sorte d’épitaphe, outre la référence à Michel Rocard, « en hommage à Edgard Pisani ». C’est tout dire.

Intitulée pompeusement « L’économie calédonienne au delà du nickel », elle porte à la fois les orientations qui ont contribué à l’échec économique de la France, et des recommandations réformatrices défendues par Manuel Valls et combattues par les frondeurs socialistes.

UNE ANALYSE DE LA PAUVRETÉ TRONQUÉE
L’analyse de la pauvreté, dans le but de dénoncer les inégalités sociales, se fonde sur l’observation stricte des revenus, à l’exclusion de toute contextualisation. Or, les revenus monétaires d’un salarié en milieu urbain qui doit se loger, se nourrir, s’habiller, se déplacer, ne peuvent être comparés, sans pondération, avec ceux d’un habitant de tribu, par exemple, habitant sur place, ne nourrissant en grande partie par autoconsommation, et dont les besoins de déplacement sont plus réduits.

De surcroît, on omet généralement d’ajouter à ces situation les aides sociales et scolaires innombrables, la couverture médicale pour tous, ou encore la scolarité gratuite, éléments qui viennent en diminution du concept de pauvreté.

Les procureurs peuvent ainsi exhiber avec jubilation des chiffres accablants de Nouvelle-Calédonie.

L’analyse du Conseil qui aurait été chère à Edgard Pisani n’échappe pas à cet exercice.

RÉDUIRE LES REVENUS ET AUGMENTER LA PRESSION FISCALE INDIVIDUELS
Pour juguler les coûts excessifs et réduire les inégalités sociales, les mesures recommandées demeurent désespérément les mêmes : supprimer l’indexation des fonctionnaires métropolitains « nouveaux », et augmenter la pression fiscale de l’IRPP à la fois en élargissant son assiette et en aggravant le taux de prélèvement sur certaines tranches.

En clair, appliquer à la Nouvelle-Calédonie ce qui a fait fuir des milliers d’investisseurs et de chefs d’entreprises de France.

CRÉER UN FONDS SOUVERAIN EN RÉDUISANT LES TRANSFERTS AUX COLLECTIVITÉS : UNE ANTICIPATION DE L’INDÉPENDANCE-ASSOCIATION
Dans la note du Conseil, l’idée d’un Fonds souverain, déjà plusieurs fois évoquée par des élus locaux, est reprise avec une alimentation originale : des subventions de l’Etat !

C’est qu’en effet, fonder un fonds souverain pour l’après nickel peut difficilement se concevoir avec une ressource nickel en ces périodes de vaches maigres.

Les auteurs de l’analyse proposent une solution « originale » : réorientation les dotations de l’Etat vers le dit Fonds. Voilà qui va faire bondir les collectivités locales, principales bénéficiaires de ces transferts, lesquels sont déjà en nette diminution.

Elles pourront également arguer d’un traitement discriminatoire au sein de la République, par comparaison avec les autres collectivités. Mais qu’à cela ne tienne : l’esprit est conforme à une Calédonie en situation d’indépendance-association chère à Pisani, et dont les collectivités devraient se prendre entièrement en charge.

INÉGALITÉS D’ACCÈS À L’ÉDUCATION : LE PROJET ÉDUCATIF ÉTRILLÉ
En économie, le capital humain est source de progrès et de croissance. La note dénonce les inégalités d’accès à l’éducation et à la formation. C’est la critique du système éducatif décrit dans le nouveau « projet éducatif calédonien », ainsi qu’aux généreux dispositifs de formation mis en place à renforts de milliards depuis près de 2 décennies.

Ce constat, toutefois, mérite d’être approfondi, car au regard des employeurs, il est partiellement fondé. En cause : le système éducatif français, dont le classement Pisa est accablant, et les choix locaux de formation qui sont loin de satisfaire les employeurs.

NOUVELLES TAXES SUR LE NICKEL
Les auteurs suggèrent l’alourdissement de la fiscalité sur le nickel : redevances sur les ventes de minerai aux usines, taxe à l’exportation, prélèvement sur les extractions.

Ils devraient préciser que ces taxes nouvelles ne doivent pas pénaliser les efforts drastiques des opérateurs métallurgiques pour devenir compétitifs, sous peine de tuer le secteur.

PLUSIEURS PISTES DE MODERNITÉ
Le Conseil, pour le reste, s’inscrit dans la démarche initiée par Manuel Valls et tient compte des réalités économiques du 21e siècle, notamment pour ce qui concerne le rôle essentiel de l’entreprise dans la croissance économique.

La TGC est saluée, et l’abaissement de l’IS est recommandé, avec en compensation une augmentation de l’impôt foncier.

La situation des secteurs protégés est pointée du doigt, et les auteurs soulignent avec justesse qu’ils sont les bénéficiaires de la rente minière.

La qualification des personnels est fort justement liée à la performance, notamment des entreprises, et le Conseil recommande l’emploi de compétences extérieures en tant que de besoin, et même d’un financement par emprunt d’une part de formation.

Enfin, il met en exergue l’attention qui doit être portée sur tous les réseaux reliant le territoire au monde extérieur et dont il n’est pas contestable que la défaillance ou les coûts excessifs peuvent ruiner le développement et aggraver les coûts de la vie.

UN ABSENT : LE RÔLE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE
Les prélèvements fiscaux et sociaux, le maquis des réglementations, l’hypertrophie du Code du Travail, le poids excessif des budgets publics, le train de vie des collectivités pèsent lourdement sur la vie économique. Le Conseil est plutôt discret sur ce volet pourtant lui aussi essentiel …

Dans la tradition de la gauche, il n’est pas de règle de parler de cela. Les économistes du Premier ministre qui se sont donnés pour tâche de conseiller la Calédonie sur ce qu’elle doit faire en vue de préparer l’après-nickel se soumettent désormais à quelques réalités du monde économique. Mais il reste ces éléments d’idéologie –parfois relayés par une certaine droite- qui ont « plombé » l’économie française. Inscrire « en hommage à Edgard Pisani » est révélateur de l’esprit de cette note. De fait, elle la disqualifie.

 

Un concept dépassé : « L’Etat décidait de tout, contrôlait les prix, gérait le droit à la concurrence » – Jean Tirole, Prix Nobel d’Economie

En affrontant une crise qui, pour l’instant, n’est anticipée que prudemment sous le terme d’un « ralentissement », la Nouvelle-Calédonie s’oriente délibérément vers une catastrophe annoncée en prenant certaines décisions qui ruinent le développement et la croissance.

L’économie administrée qui s’installe dans le territoire va à l’encontre des principes d’économie moderne, régie par la globalisation du commerce, s’inscrivant dans un libéralisme tel que décrit par Jean Tirolle, le plus illustre des économistes français : « … être libéral, c’est responsabiliser les individus pour éviter qu’ils n’adoptent des comportements néfastes pour la société … ».

La Nouvelle-Calédonie, au contraire, s’oriente vers une économie davantage dirigée : contrôle des marges, contrôle des prix, contrôle des autorisations à caractère économique et commercial, contrôle des échanges. Le tout agrémenté d’une augmentation de la pression fiscale, notamment à l’encontre des entreprises.

Il faut y ajouter le poids excessif de la fonction publique –près de 30% du PIB, soit près du double des économies normalement développées-, et qui de surcroît, ne cesse de croître : pertes d’emplois dans le secteur privé, et création d’emplois dans le secteur public !

La réalité est que tous les yeux des « budgétistes » sont orientés vers le cours du nickel et la décision des opérateurs concernant leur niveau d’activité d’une part, et vers le volume des transferts de la métropole vers la Nouvelle-Calédonie. Mais personne ne parle de la nécessaire croissance économique, seule source du rétablissement et de la bonne santé de l’emploi et des comptes publics.

Jean Tirolle rappelle que le concept de l’Etat qui décidait de tout, qui contrôlait les prix, qui gérait le droit à la concurrence est dépassé. Sauf peut être en Nouvelle-Calédonie.

DES PRIX QUI AUGMENTENT – UNE RELATION AVEC LA TGC ET LA LOI COMPÉTITIVITÉ ?

Alors que le gouvernement vient de confirmer l’application dès samedi de la TGC réduite dite « en marche à blanc » et que les dispositions de la loi dite compétitivité devront suivre, même avec un délai de grâce, un constat s’impose : la menace de contrôle administratif du commerce et les interrogations sur le TGC ont provoqué une hausse des prix sur la plupart des articles. Lutte contre la cherté de vie  …

Cette réaction était prévisible et parfois annoncée pour anticiper des échecs de négociations « compétitivité », et une compétitivité calédonienne réduite à l’imposition des marges des entreprises et des prix par le pouvoir politique !

Les dispositions de la TGC s’accompagnent également de quelques « punitions » fiscales à l’égard des entreprises, à l’exemple de la forte majoration de la valorisation fiscale des véhicules de fonction …

Au total, et alors que la campagne électorale pour les législatives se lance, les responsables économiques et beaucoup de ménages de revenu moyen vont toucher du doigt l’augmentation de la pression fiscale. Les consommateurs, quant à eux, s’interrogeront sur des promesses de baisse de cherté de vie allant jusqu’à moins 30% alors que le réalité présente est une augmentation des coûts.

CASINO : pas de fermeture du Casino Royal, pas de vente envisagée au groupe Joa, mais vraie chute du résultat


C’est le directeur des Casinos de Nouméa qui l’affirme : « Il n’est pas question de fermeture du Casino Royal, ni de vente au groupe Joa« , pour rectifier les termes d’un article précédent publié par noumeaPost. Dont acte.

S’agissant du Casino Royal, les employés seront soulagés, dans un contexte social qui est loin d’être totalement serein. Quant à une vente éventuelle dans le futur, elle est du ressort des propriétaires, notamment représentés au conseil d’administration.

C’est le compte de résultat qui paraît intéressant. Certes, l’affaire continue à produire des bénéfices, mais avec une légère baisse … de 400 millions. Au sein de la maison, il semble bien que la situation économique n’explique pas tout. Gestion ? Dépenses supplémentaires de marketing et de publicité ?

CASINOS DE NOUMÉA : RIEN NE VA PLUS … VRAIMENT : RÉSULTATS EN BAISSE DE 40%

carnets économiques

Conséquence d’une baisse de fréquentation touristique ? Conséquence des difficultés économiques pour la clientèle locale ? Mauvaise gestion ? C’est peut être la conjonction des trois phénomènes qui explique la baisse inquiétante du résultat des casinos de Nouméa. Revente dans l’air ?

Créé à l’origine dans les salons de l’ancien Chateau Royal, le casino avait ensuite connu un développement au Surf avec le Casino Royal et au Méridien, au Grand Casino. Le Bingo de la rue Ferry avait été intégré dans le groupe dans les années 90.

NE PAS « POMPER LES ALLOCS »
L’Etat avait alors fait de la fréquentation touristique un élément essentiel de décision lors des attributions d’ouverture lorsque celles-ci dépendaient entièrement de lui. Depuis, la compétence a été transférée, à l’exception évidemment de la police des jeux, mais en théorie, le principe demeure.

La règle morale -et économico-sociale- voulait en effet que les jeux d’argent licites ne puissent altérer les revenus des Calédoniens. Et en particulier, ceux des couches modestes.

Il est bien connu, en effet, que les machines à sous sont surtout fréquentées par des clients locaux qui s’offrent des soirées de jeu en distraction. Or ces clients sont généralement de revenus limités, les joueurs importants se rendant aux jeux réputés plus nobles, la roulette, le poker et surtout le Black Jack.

Mais ce sont les machines à sous qui font la fortune des casinos. Leur surnom de « bandits manchots » n’est pas usurpé, ces véritables robots étant préalablement réglés pour déterminer d’avance les gains distribués, et ceux prélevés par le casino.

« Aux machines à sous, trop de gens dépensent les allocations familiales de la Cafat ou les allocations de solidarité« , affirme ce détracteur des jeux d’argent. C’est d’ailleurs ce qui avait motivé l’opposition des autorités très religieuses de Polynésie, hostiles aux casinos, ou même les réticences des Eglises en Nouvelle-Calédonie.

Mais les Casinos de Nouméa sont une formidable « machine à sous » pour ses propriétaires que sont la Société des Hôtels de Nouméa, et donc indirectement et pour la Province sud au travers de Promosud.

Initialement imaginé par Jacques Lafleur, les profits importants ont largement contribué à la réalisation du Méridien Nouméa, du Méridien Iles des Pins, et plus récemment, à celle du Sheraton de Gouaro-Deva. Ils ont, de la même manière, assuré l’équilibre financier du Méridien Nouméa dont le coefficient d’occupation, ces 10 dernières années, n’est guère brillant.

RÉSULTATS EN BAISSE
La baisse du résultat des casinos -on parle d’une chute de 40% !- n’est donc pas neutre pour l’équilibre financier de la SHN, c’est le moins que l’on puisse dire.

Tout laisse à penser, d’ailleurs, que la société a renoncé à réaliser le casino du Sheraton de Deva, déjà affecté de lourdes pertes, un casino dont l’absence de fréquentation touristique suffisante aurait tout simplement « pompé » les revenus des joueurs locaux.

Autre mauvaise nouvelle : la fermeture possible du Casino Royal, situé dans les locaux de l’ex-Surf, établissement désormais fermé jusqu’à nouvel ordre.

Si l’on ajoute à cela un climat interne qui, paraît-il, n’est pas au beau fixe, l’année 2017 démarre sous des auspices plutôt grises pour cette activité.

Tout récemment, un haut responsable de la société Joa, propriétaire de 22 casinos en France, était venu « renifler » la Nouvelle-Calédonie. Comme disent les Calédoniens, « de là à imaginer qu’une vente est dans l’air, y a pas loin ».

Episode 2 – POLEMIQUE ATELIERS DU TOURISME/STEEVE HAMBLIN : POLYNESIE 1ère ATTAQUE CALEDOSPHÈRE

La télévision Polynésie 1ère a décidé de prendre parti dans ce qui devient « l’affaire Ateliers du Tourisme/Steeve Hamblin ». Dans une chronique très engagée dans laquelle l’intervenant « conseille » à Hamblin de porter plainte contre Calédosphère et « espère » qu’il le fera condamner, « Lolo », c’est son nom, s’érige en défenseur de l’ancien ministre du tourisme/ancien chargé de mission tourisme à la Province sud.

« Lolo » s’en prend au passage aux Calédoniens dotés d’une « mentalité franchouillarde » sur l’argent, et conclut sur « la fiente nauséabonde d’un site pourri venu du pays des Cagous ». Le dit site appréciera …

100 MILLIONS, « ATELIERS DU TOURISME », CHARGÉ DE MISSION TOURISME POLYNÉSIEN A LA PROVINCE SUD : LA POLÉMIQUE FLAMBE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

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Les « Ateliers du Tourisme », version actualisée du PDTCNC de 2004, ont été lancés par la Province sud et son GIE de promotion en fin 2015. Après quelques réunions avec les professionnels, une restitution des travaux a eu lieu début décembre. Initialement prévue en présence de la nouvelle ministre des Outre-mer, cette réunion s’est déroulée finalement en son absence. Mais aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, sa véritable vedette en est Steeve Hamblin, ancien ministre du tourisme de Polynésie, et recruté par la Province sud pour être le grand concepteur des « Ateliers ». Polémique sur la Toile. Lire la suite 100 MILLIONS, « ATELIERS DU TOURISME », CHARGÉ DE MISSION TOURISME POLYNÉSIEN A LA PROVINCE SUD : LA POLÉMIQUE FLAMBE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

RÉMI GALASSO A GAGNÉ SON PARI : Hawaiki construira le cable Nouvelle-Zélande-USA

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Selon un media polynésien, « La messe est dite : sauf revirement majeur, le visage numérique du Pacifique pour les années qui viennent est décidé. Les deux projets en concurrence pour la création d’un nouveau câble sous-marin transpacifique et les branches de raccordement pour les îles du Pacifique Sud se sont finalement départagés. C’est Hawaiki qui posera le câble de la Nouvelle-Zélande vers les États-Unis. Un autre câble Tahiti-Cook-Samoa sera pris en charge par un consortium d’états insulaires et de fonds de développement ». Lire la suite RÉMI GALASSO A GAGNÉ SON PARI : Hawaiki construira le cable Nouvelle-Zélande-USA

TOURISME : LE GOUVERNEMENT ANNONCE 84 MILLIARDS CFP D’INVESTISSEMENT POUR 395 MILLIARDS DE RETOMBÉES. Même pas peur !

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La nouvelle aurait du faire sensation. Répondant à une question sur le tourisme de Martine Lagneau, la Présidente du Gie NC Tourisme Point Sud au cours de la séance des questions orales, le Président du gouvernement a fondé sa réponse sur les Ateliers du tourisme qui ont rendu leurs conclusions le 9 décembre dernier. Et auxquels, d’ailleurs, Madame Lagneau participait. Milliards. Lire la suite TOURISME : LE GOUVERNEMENT ANNONCE 84 MILLIARDS CFP D’INVESTISSEMENT POUR 395 MILLIARDS DE RETOMBÉES. Même pas peur !