Archives pour la catégorie Economie

TGC : MANQUE DE POT ?

 

Le gouvernement finance depuis quelques jours des publicités paraissant dans tous les médias pour annoncer, sur des produits, des baisses de 10 à 15% dès que la TGC sera appliquée, c’est à dire à compter du premier octobre.

DES CHIFFRES GOUVERNEMENTAUX CONTESTÉS
Dernière en date : les petits pots de bébé avec une baisse prévue de -11%. L’annonce est accompagnée des explications sur les évolutions du prix du dit pot, de l’importation jusqu’à la vente au consommateur final.

La pub contestée et annotée par un internaute

Sur les réseaux sociaux, les chiffres publiés par le gouvernement sont contestés sur deux points :
– l’Exécutif affirme que la marge n’est pas réglementée, et le détracteur écrit : « Hé si ! La marge du grossiste et du commerçant est réglementée : 1,30 et 1,30. Donc marge = 148F / PV TTC = 363F », chiffres différents de ceux de la pub
– l’Exécutif indique des coefficients contestés par l’internaute qui écrit : « Hé non, ce ne sont pas les bons coefficients ! C’est 1,35 et 1,34. Donc marge = 153F /  TGC = 10F / PV TTC = 352F », et conclut : « la baisse est de 3% ».

QUI NE SAIT PAS COMPTER ?
Après les chiffres farfelus du nombre de kanak inscrit sur la liste referendaire affichés par le FLNKS et qui a mis à mal un expert en géopolitique, va-t-on avoir des chiffres erronés du gouvernement calédonien, l’instance exécutive locale de référence ?

Si oui, le membre du gouvernement en charge du secteur ne sait pas compter, et en même temps, des fonctionnaires ont du souci à se faire pour leur carrière.

Si non, le démenti sera immédiat, et l’internaute sera renvoyé dans ses buts.

Pour l’un ou pour l’autre, cette affaire aura été un manque de pot …

TGC : TENSION EXTRÊME ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LES PARTENAIRES SOCIAUX, ARBITRAGE DES INDÉPENDANTISTES – LA SLN AU BORD DU GOUFFRE – L’actu de ce mardi 11 septembre

TGC : EXTRÊME TENSION ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LES PARTENAIRES SOCIAUX Le gouvernement doit en effet adopter des mesures d’encadrement des prix pour lesquelles il s’affronte avec le syndicat des employeurs et l’intersyndicale. Les « ministres » doivent opérer un choix entre un texte pour lequel les partenaires sociaux sont tombés d’accord, et le texte de Calédonie Ensemble visant à assurer une baisse des prix par le contrôle des marges. Pour les employeurs, l’action prévue sur les marges met des centaines d’emplois en jeu. Rififi.

CALÉDONIE ENSEMBLE DÉFEND LE TEXTE DU GOUVERNEMENT
Calédonie Ensemble, par la voix de Philippe Gomes et de Philippe Michel, a déclaré défendre le texte du gouvernement. Pour ce parti, les dispositions proposées par l’Exécutif sont plus avantageuses pour le consommateur que celles de l’intersyndicale.

Pour ses représentants, il est nécessaire que la mise en place de la TGC se traduise par une baisse des prix dans certains secteurs « et au moins, sur le panier de la ménagère« .

Dans cette confrontation, Calédonie Ensemble ménage l’intersyndicale, arguant que les représentants des salariés n’ont pas eu le temps d’examiner au fond la portée des mesures.

VIOLENTES CRITIQUES DU MEDEF ET DE L’INTERSYNDICALE – Des emplois en jeu
Ce point de vue est contesté … par l’intersyndicale qui affirme avoir signé en toute connaissance de cause. D’ailleurs, l’UT-CFE-CGC, FO, l’Usoenc, la Cogetra et l’USTKE ont récemment diffusé un texte qui constitue une critique frontale du Président du gouvernement : « Roi des manipulateurs« , « mensonges« , « l’homme ne cesse jamais d’essayer de vous rouler », « … retraités, Germain va vous faire de les poches« .

Pour le Medef, le texte préparé par Philippe Germain va mettre en péril les petites entreprises. Il appelle à manifester ce matin devant le gouvernement. Des magasins et des stations-services devraient être fermés. En jeu, selon leurs responsables, des centaines d’emplois.

« LE GOUVERNEMENT VEUT PASSER EN FORCE »
Pour Daniel Ochida, Président du Medef, « avec notre accord, nous préservons l’intérêt des entreprises et celui des consommateurs. Visiblement, le Président du gouvernement fait fi de toutes les remarques autour du projet, que ce soit l’Autorité de la Concurrence, de l’intersyndicale, des organisations patronales comme le Medef« .

Pour Jean-Pierre Kabar, patron de la Cogetra et Président de la Cafat, le chef du gouvernement « veut passer en force » et « cette méthode qui consiste à ne pas écouter les partenaires sociaux, les corps constitués et la société civile en général, nous la dénonçons et nous ne l’acceptons pas« .

UN VOTE ARBITRÉ PAR LES INDÉPENDANTISTES
Le gouvernement pourrait donc trancher aujourd’hui, dans le secret de ses débats. Plusieurs tendances devraient se heurter, puisqu’y siègent des représentants de cinq partis : Calédonie Ensemble, avec le président Philippe Germain, Hélène Iékawé, Nicolas Metzdorf, le Rassemblement avec Cynthia Ligeard et Bernard Deladrière, les Républicains Calédoniens, avec Christopher Gyges, l’Union Calédonienne avec Gilbert Tyuiénon, Didier Poidyaliwane, et le Palika avec Déwé Gorodey et Valentine Eurisouké.

INQUIÉTUDE GRANDISSANTE À LA SLN – Un point complet a été fait au Comité Central d’Entreprise. Pour l’heure, les reclassements des employés de Kouaoua sont en cours, mais 63 personnes sont au chômage. Des approvisionnements complémentaires sont pourvus par d’autres mineurs.

Jamais peut être, depuis la crise de 1975, la SLN n’a été autant au bord du gouffre. Et la Calédonie, au bord de l’explosion sociale.

WAUQUIEZ À BOULOUPARIS – Seconde journée, hier, sur le terrain pour le Président des Républicains. Petit déjeuner avec le Haut-Commissaire, rencontres avec les groupes au Congrès UC-FLNKS, les Républicains Calédoniens, puis il s’est rendu à Boulouparis.

Hier soir, Laurent Wauquiez était à Koné où il doit visiter le SMA. Aujourd’hui, déjeuner avec des chefs d’entreprise, puis rencontre avec le Comité des Sages et le Groupe Uni. La journée s’achèvera par un diner débat avec des jeunes.

2 PROJETS CALÉDONIENS PRIMÉS parmi les projets d’innovation Outre-mer, parmi eux le projet cyber tribus à Lifou.

VIE CHÈRE : UN DOSSIER QUI « PATINE » DEPUIS DES ANNÉES !

 

La lutte contre la vie chère, c’est l’une des arlésiennes calédoniennes. Une espèce d’incantation, de grandes déclarations, des mesures inefficaces, et au total, un coût de la vie qui ne cesse d’augmenter. Dans ce domaine, la Nouvelle-Calédonie ne montre guère l’exemple, provoquant elle-même des hausses, et prônant des mesures dont la pertinence n’est pas avérée. Au total, un échec sur la méthode, qui sera illustrée, dans les semaines à venir, par une série de réflexions dans notre dossier « Vie Chère ».

DANS LA RUE … EN 2013
Après quelques mesures censées rendre la vie des consommateurs calédoniens moins chère, une grande manifestation avait réuni plusieurs milliers de personnes en mai 2013. « Nous vivons dans une société à deux vitesses, qui ne peut changer qu’avec une réforme globale de l’économie et de la fiscalité », avait déclaré Joao d’Almeida au nom de la Fédération des Fonctionnaires.

S’en étaient suivi plusieurs initiatives censées apporter une réponse à cette forte attente des calédoniens. Une commission spécialisée au Congrès, une intersyndicale, une conférence permanente au sein d’un groupe dénommé « agenda partagé », plusieurs déclarations politiques,

Tous les gouvernements se sont prononcés sur cette question depuis une demi-décennie. L’instauration de la TGC, dernière initiative fiscale en cours, a été présentée comme étant « le » moyen de faire baisser les coûts.

AUCUN RÉSULTAT
Mais pour l’instant, rien n’y fait.

Pire : l’augmentation de la pression fiscale directe et indirecte par la puissance publique a surenchéri les coûts.

Élément nouveau dans ce paysage, cependant : la toute nouvelle Autorité de la Concurrence calédonienne. Dans la droite ligne des analyses de l’Autorité nationale de la concurrence, elle a déjà délivré des analyses frappées, à la fois, de l’expérience économique, et du bon sens.

Au delà de la polémique qui va enfler avec la proximité des élections provinciales prochaines, plusieurs constats objectifs s’imposent.

D’abord, globalement, les prix n’ont pas baissé. Bien au contraire !

Ensuite, au fil des années, aucune stratégie, déclinée en actions, en méthode, en objectifs plus précis n’a vu le jour.

Enfin, la récession économique et les difficultés budgétaires qui frappent la Nouvelle-Calédonie va rendre encore plus prégnante ce sujet qui touche au quotidien des Calédoniens, classes populaires comme classes moyennes. Les consommateurs calédoniens sont-ils condamnés à tout payer de plus en plus cher, sans que l’augmentation de leur pouvoir d’achat ne vienne compenser cette augmentation permanente ?

 

TGC : AFFRONTEMENT ENTRE LE GOUVERNEMENT ET L’INTERSYNDICALE-MEDEF – L’Autorité de la Concurrence critique un amendement

Après le vote sur la mise en place de la TGC au 1er octobre, l’intersyndicale et le Medef ont salué la décision des élus, mais dans le même temps, ont violemment critiqué « la réaction du gouvernement  lorsque les élus lui ont demandé d’étendre notre accord de réglementation des prix ».

« Si le Président du gouvernement veut prendre le risque de privilégier sa propre réglementation, écrivent de concert l’intersyndicale et le Medef, il en assumera la pleine et entière responsabilité et nous ne manquerons pas de faire savoir les impacts négatifs subis aussi souvent et longtemps qu’ils se produiront. »

Visiblement, le torchon commence sérieusement à brûler entre le Président de l’Exécutif et les partenaires sociaux signataires du communiqué.

En jeu, selon eux, l’équilibre financier des entreprises, et par voie de conséquence, l’emploi des salariés.

A un peu plus d’un mois de l’instauration de cette véritable révolution fiscale en Nouvelle-Calédonie, mais également à moins d’un an des élections provinciales, les nouvelles dispositions ne manquent pas, et ne manqueront pas de faire des remous.

D’autant que l’Autorité de la Concurrence a déploré le vote à la hâte d’un amendement qu’elle estime préjudiciable à une saine concurrence, et donc au consommateur calédonien …

< L’Autorité de la concurrence déplore l’adoption – sans débat – d’un amendement à la loi du pays portant aménagement de la TGC  votée hier, interdisant à un acheteur professionnel de déduire la TGC applicable sur un produit importé incorporé à une prestation de service (travaux immobiliers ou service de restauration…), sur un bien mobilier d’investissement (matériel de bureau…) ou sur un produit utilisé comme matière première dans le cadre d’un processus de transformation alors qu’il garde la possibilité de déduire la TGC sur un produit local concurrent (relations B to B).

L’Autorité considère que les effets de cette mesure sur le jeu de la concurrence et sur les prix au détail auraient mérité d’être évalués par l’Autorité, dans le cadre d’une consultation de l’ensemble des entreprises de Nouvelle-Calédonie et des organisations de défense des consommateurs, pour apprécier sa proportionnalité et/ou l’existence d’autres mesures moins attentatoires à la concurrence pour parvenir à l’objectif d’intérêt général poursuivi, à savoir le maintien de la compétitivité des entreprises locales de transformation.

L’Autorité relève qu’un arrêté devra préciser la liste des produits concernés par cette mesure. Elle invite d’ores et déjà le gouvernement à circonscrire strictement les produits concernés et les motifs justifiant l’application de cette mesure dérogatoire à la libre concurrence. Elle considère notamment que cette liste ne devrait pas inclure les produits locaux bénéficiant déjà de mesures de protection de marché (STOP/QTOP ou TSPA/TCPPL) pour lesquels la concurrence des produits importés est limitée. L’Autorité ne manquera pas de rendre un avis sur ce projet d’arrêté. 23 août 2018>

LA NOUVELLE-ZELANDE INTERDIT AUX ETRANGERS D’ACHETER DES BIENS IMMOBILIERS

Face à la montée des prix de l’immobilier en Nouvelle-Zélande, le gouvernement veut permettre à ses citoyens d’accéder à la propriété, révèle « The Telegraph ». En interdisant les achats immobiliers étranger ! (Article du magazine « Le Point »)

UNE LOI ADOPTÉE LE 15 AOÛT
La Nouvelle-Zélande entend bien agir contre la montée des prix de l’immobilier. Comme l’explique « The Telegraph », le gouvernement a pris mercredi 15 août une décision radicale pour permettre à ses citoyens d’accéder à la propriété : une loi interdit désormais aux étrangers d’acheter des biens immobiliers. Seuls les résidents néo-zélandais sont désormais autorisés à acheter des biens immobiliers dans l’ensemble du pays.

ACHATS AMÉRICAINS ET CHINOIS
Plusieurs situations survenues ces dernières années ont poussé le gouvernement à prendre cette décision, précise le média britannique. De riches acheteurs venus de la Silicon Valley ont par exemple investi dans des habitations leur servant de « refuge » ou leur permettant d’échapper à un monde parfois un peu trop turbulent. Des acheteurs chinois ont également accédé à la propriété en Nouvelle Zélande en faisant des offres plus élevées que les résidents. Des études publiées ces dernières années donnent raison au gouvernement néo-zélandais, précise The Telegraph : 3 % des biens immobiliers de Nouvelle-Zélande ont été vendus à des étrangers. Dans la ville de Queenstown et ses alentours, ce chiffre est de 3 % et grimpe jusqu’à 22 % dans l’hypercentre d’Auckland.

DROIT DE NAISSANCE
« Nous sommes ici aujourd’hui pour faire un pas vers la restauration du rêve néo-zélandais d’accès à la propriété, a déclaré David Parker, ministre associé au Logement. C’est le droit de naissance des Néo-Zélandais d’acheter des biens immobiliers à des prix convenables. » Cette loi contient tout de même quelques exceptions : les étrangers ayant le statut de résident pourront toujours accéder à la propriété dans le pays, comme les Australiens et les Singapouriens grâce à des accords de libre-échange. Les étrangers qui sont déjà propriétaires d’un bien immobilier ne seront pas touchés par cette loi et les acheteurs d’outre-mer auront toujours la possibilité de faire des investissements limités dans des immeubles et des hôtels.

SCEPTICISME DE L’OPPOSITION ET DU FMI
L’opposition au gouvernement, de son côté, dénonce cette loi qu’elle ne juge pas « nécessaire ». Le mois dernier, le FMI a lui aussi émis des doutes, encourageant le gouvernement à reconsidérer cette loi : il estime qu’elle ne résoudra pas le problème de hausse des prix immobiliers. S’ils ont quelque peu baissé ces dernières années, les prix des biens immobiliers néo-zélandais figurent parmi les plus importants au monde lorsqu’ils sont comparés aux salaires des citoyens. Des données fournies par le Real Estate Institute de Nouvelle-Zélande, citées par The Telegraph, indiquent que le prix médian d’un bien immobilier à Auckland est de 835 000 dollars néo-zélandais (483 900 euros), alors qu’il est de 550 000 dollars néo-zélandais (318 000 euros) dans le reste du pays.

SURF HOTEL : L’ÉCHEC D’UNE GESTION PUBLIQUE

La Chambre Territoriale des Comptes l’a fort justement rappelé dans son récent rapport sur Promosud : les Provinces, au travers de leurs sociétés de financement, ont vocation à financer des équipements économiquement structurants, mais pas à les gérer. On pourrait ajouter que pour concevoir des outils de développement, les collectivités doivent recourir à des professionnels, tout en se réservant le choix des secteurs à développer. L’exemple de l’hotel-golf de Gouaro-Déva en est une illustration. Echec.

HÔTEL AMIRAL
Le Surf-Hotel, quant à lui, était né d’une initiative privée et, faut-il le rappeler, d’un solide geste de confiance dans le développement du tourisme alors que la Nouvelle-Calédonie se sortait tout juste de 4 années de graves événements. L’entreprise, touchée de plein fouet par les troubles, avait réussi à conserver un fond de clientèle japonaise en fin des années 80, puis avait rapidement remonté la pente. Accor, au travers de son enseigne Novotel, avait même accepté de prendre la gestion de ce qui constituait alors, l’hôtel Amiral du tourisme calédonien.

UN CHOIX ÉCONOMIQUE PERTINENT
Dès le début de la provincialisation, la Province Nord avait manifesté son ambition de constituer un pôle de développement touristique s’appuyant sur un réceptif important à Nouméa, principal bassin d’accueil touristique. La collectivité avait alors racheté le Surf Novotel, ainsi que l’actuel hôtel Beaurivage.

Le concept économique était totalement pertinent.

MONITEL
D’abord, en cette époque encore fortement incertaine, où il était difficile de trouver des investisseurs privés, seul le groupe Picara-Choukroun avait misé sur une petite chaîne hotelière baptisée « Monitel », et progressivement implantée à Koné, Koumac et Poindimié. L’intervention de la puissance publique, pour des programmes plus importants, était alors -et demeure probablement-, parfaitement justifiée.

L’idée était donc de tirer profit de la promotion internationale au sein du Gie interprovincial « Destination Nouvelle-Calédonie » qui existait alors. Les clients des deux hôtels cités étaient incités à découvrir la Province nord : un circuit de développement fondé et intelligent.

LA GESTION « PUBLIQUE » GÂTE LES CHOSES
C’est en matière de gestion que les choses se sont gâtées. Les gestionnaires privés privilégient la gestion, les gestionnaires publics privilégient … les orientations politiques parmi lesquelles l’emploi et le poids des syndicats. Lorsque sont apparues des revendications de personnel incompatibles avec une saine gestion, ce n’est pas cette dernière qui a prévalu.

L’hôtel a souffert alors de déficits dans la qualité du service, de charges trop lourdes au regard des recettes, le tout impactant fortement sa rentabilité. Il faut ajouter à cela les impayés, des fonds propres devenus négatifs, et des pertes cumulées considérables.

Pire que tout, des piquets de grève se sont installés sous des bâches bleues devant l’établissement. Pendant plusieurs mois. De quoi dégoûter le gestionnaire, les touristes, les agents de voyage et les Tour Opérateurs !

UNE ILLUSTRATION POUR LA CHAMBRE DES COMPTES
Le résultat ne s’est guère fait attendre. Accor a rendu son tablier, et l’enseigne classée au Top 3 des chaînes mondiales, a quitté la Nouvelle-Calédonie. Le Surf a périclité, licenciant progressivement son personnel, jusqu’à la fermeture définitive.

Depuis, le complexe hôtel-Casino, situé sur un des plus beaux terrains à vocation touristique de Nouméa, est à la recherche d’un projet nouveau, ou mieux, d’un repreneur professionnel.

La Chambre Territoriale des Comptes ne pourrait pas trouver meilleure illustration à ses propos.

« LA PÉROUSE », NOUVEAU PONANT « EXPLORER » : LA CHANCE CALÉDONIENNE

La compagnie du Ponant, qui dépend à présent de la holding Artemis de la famille Pinault, vient de lancer une collection de yachts d’expédition luxueux dont le premier exemplaire est de « La Pérouse ». A bord de ces « Ponant Explorers » de capacité réduite, des passagers privilégiés vont pouvoir admirer quelques merveilles marines et sous marines du monde. Une chance pour la Nouvelle-Calédonie : le territoire est inscrit parmi les 45 croisières programmées dans le première saison du genre 2018-2019. Tourisme et réputation.

Le clou de ce navire doté uniquement de 92 cabines prises d’assaut par des amoureux millionnaires ou milliardaires : le salon « Blue Eye » réalisé par Jacques Rougerie, accessoirement architecte de l’aéroport de La Toutouta, expert mondial de l’architecture des mers, concepteur du Sea Orbiter ou encore du Musée d’archéologie sous-marine d’Alexandrie.

« Le Blue Eye est le premier salon multisensoriel ouvert sur les fonds sous-marins installé à bord d’un navire de croisière. Des hydrophones détectent les sons émis par les dauphins et les cétacés jusqu’à 10km à la ronde, ce qui permet de les approcher pour les observer. Les passagers, plongés sous la ligne de flottaison, peuvent admirer les coraux, les raies mantas, mais aussi … les plastiques et autres déchets, et prendre conscience des enjeux écologiques qui menacent les mers« . (Extrait de Le Point).

La visite de ce Palace écologique des mers permettra de promouvoir les merveilles marines et sous-marines de la Nouvelle-Calédonie. Des merveilles lesquelles, protégées mais mises en valeur, constituent une formidable économie durable pour ce 21e siècle.

L’ANSE VATA CLASSÉE PLAGE LA PLUS CHÈRE DU MONDE ! Nous aussi, on est champions du monde.

Nous aussi, nous sommes champions du monde ! Dans sa dernière édition, l’hebdomadaire Le Point publie son classement de cherté des plages françaises, et également celui des plages les plus chères et les moins chères du monde. Promotion …

Sans surprise, en métropole, ce sont les plages de la Côte d’Azur qui sont en tête de la cherté. On y trouve ainsi la plage de Pampelonne à Ramatuelle, Paloma Beach à Cap Ferrat et l’Ecrin, à Cannes.

Les critères de classement sont : les frais d’installation éventuels à la journée, le prix moyen d’un repas avec boisson et dessert, d’une bière, d’une bouteille d’eau et d’une crème solaire.

Quant au classement mondial, nous avons le triste privilège d’être classée, avec l’Anse Vata, la plage la plus chère du monde ! Dans ce record mondial, nous sommes suivis par Finale Ligure, en Italie, Maheama Beach à Okinawa, Solanas Cagliari en Sardaigne, et Waikiki, à Hawai.

L’Anse Vata, avec ses berges défoncées en face du Nouvata, et son déversoir de l’hippodrome dans l’arroyo du même nom, ne peut pourtant pas prétendre, pour expliquer ce coût, à être la plus belle plage du monde !

Mais qu’à cela ne tienne : le vaste plan issu des Assises du Tourisme va corriger tout ça …

Vilain Canard

PROMOSUD ÉPINGLÉE PAR LA CHAMBRE TERRITORIALE DES COMPTES

La Chambre Territoriale des Comptes a publié son rapport d’observations définitives sur l’examen des comptes 2012 à 2016 de la société de  développement et de financement de la Province sud, Promosud. Les mauvais résultats des deux derniers exercices ou encore « des résultats peu probants et non évalués » ont été soulignés par la Chambre. Dégradation.

600 MILLIONS DE PERTES EN 2016
« En 2015, Promosud a perdu plus de 700 millions et en 2016, plus de 600 millions, indique à RRB le Président Marquet, donc des résultats qui sont mauvais, qui tiennent à un phénomène de ciseau, mais inversé si je puis dire, avec des ressources financières qui diminuent du fait de la situation du nickel » …  » et que par ailleurs, les charges augmentent puisque la situation des entreprises dans lesquelles Promosud a investi, voire est gestionnaire, est mauvaise, ce qui oblige à mettre de l’argent.

« Donc, moins de ressources et plus de dépenses, ce qui n’est jamais une situation satisfaisante ».

PARTICIPATIONS DANS UNE SOIXANTAINE DE SOCIÉTÉS
Promosud avait été créée en 1991 par la Province sud pour soutenir le développement touristique et économique. Le groupe PromoSud est composé de douze filiales, dans les secteurs de l’hôtellerie, des mines, des services, de l’aquaculture et de l’animation touristique. PromoSud détient, au 31 mars 2016, des participations dans une soixantaine de sociétés, représentant un montant global de 12,7 milliards CFP.

RÉSULTATS PEU PROBANTS
La Chambre pointe du doigt la nécessité de « renforcer le processus de sélection »  des interventions de la société et celle de « développer le contrôle interne« . Elle constate « des résultats peu probants et non évalués« , ce qui conduit à « une autonomie financière compromise« .

En matière de trésorerie, « le plan pluriannuel de trésorerie fait ressortir une situation déficitaire dès l’exercice 2018 avec une dégradation sur les exercices suivants. Les flux prévisionnels de trésorerie sont marqués par des remboursements de participations sur fonds propres très faibles et, corrélativement, en l’absence de dividendes, par une baisse significative des nouvelles participations.

« A défaut de ressources externes, le taux de recouvrement des participations apparait de nature à compromettre les marges de manœuvre de la société. Sur la période du 31 mars 2008 au 31 décembre 2016, celui-ci n’est que de 38%« .

PLUS DE TRÉSORERIE POUR L’HOTEL DE DEVA
Les difficultés de l’hotel-golf de Déva sont connues, et le taux de remplissage du complexe ne décolle toujours pas. La Chambre souligne ces difficultés : …  » dans les prochaines, années, la société des hôtels de Nouméa, filiale historique de PromoSud, devra assumer à la fois la charge du remboursement de sa dette liée à la réalisation du complexe de Déva et le financement de l’exploitation de celui-ci. Il en résulte une quasi absence de trésorerie qui ne permet pas le versement de dividendes à la société mère. L’activité jeux connait, au demeurant, une diminution sensible de ses résultats. La crise du nickel a, par ailleurs, fragilisé la situation financière et juridique des filiales minières et tari la distribution de dividendes.

« En conséquence, la chambre constate que le recours au dispositif de défiscalisation, qui procure à PromoSud un apport immédiat de trésorerie, lors de la levée des fonds, a in fine une incidence négative sur celle-ci. Cette situation se traduit par une mobilisation des fonds propres de la SEML, qui obère d’autant sa capacité d’intervention dans de nouveaux projets et fait peser un risque majeur sur son actionnaire de référence ».

UNE SITUATION GÉNÉRALE DE TRÉSORERIE EN DÉGRADATION
Ce point est mis en relief par le Président de la Chambre (RRB) : « La situation de trésorerie de Promosud est extrêmement dégradée, et risque de se dégrader encore dans les années à venir puisque à cette situation de baisse de recettes et d’augmentation des dépenses va venir s’ajouter la fin de mécanismes qui ont permis de donner une bouffée d’oxygène à Promosud, qui étaient les mécanismes de défiscalisation. Les entreprises qui sont soutenues par Promosud vont sortir de la défiscalisation. Il va falloir rembourser, il va donc y avoir de nouveau des sorties, donc une situation de trésorerie très mauvaise à moyen terme« .

PROMOSUD DOIT FINANCER ET NON GÉRER EN PARTICULIER DANS LE SECTEUR DE L’HOTELLERIE !
 » Promosud s’est malheureusement impliquée dans un certain nombre d’entreprises qu’elle soutient, en particulier dans le secteur de l’hotellerie. Ce n’est pas le rôle de Promosud de faire ça, souligne le Président de la Chambre des Comptes, il n’en a pas les compétences, il le reconnaît lui même. Donc il faudrait que Promosud se cantonne à être un financeur » …

LES RÉSOLUTIONS DE PROMOSUD POUR REDRESSER LA SEML
Dans sa réponse à la contradiction, indique le rapport de la Chambre des Comptes, « une réflexion sur la stratégie de PromoSud a été présentée au conseil d’administration en décembre 2015. La société prévoit de se recentrer sur ses missions de « financeur » et de veiller à la capacité de remboursement des nouveaux projets ».

ENFIN UNE RÉFORME DE LA PROTECTION DE MARCHÉ ? L’AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE LANCE UN SONDAGE

L’Autorité de la Concurrence s’est autosaisie d’un question extrêmement importante : les protections de marché. Celles-ci ont en effet un impact sur les entreprises locales et l’emploi, sur les recettes de la Nouvelle-Calédonie, et sur le consommateur par le prix et la qualité des produits. Sur le site du nouvel organisme indépendant, un questionnaire est proposé dans le cadre de cette consultation publique : https://autorite-concurrence.nc

L’AVIS DE L’AUTORITÉ NATIONALE DE LA CONCURRENCE
L’Autorité Nationale de la Concurrence s’était déjà prononcée sur le sujet et avait donné son avis en septembre 2012. Celui-ci est argumenté et particulièrement intéressant.

Il concerne le « mécanisme d’importation et de distribution des produits de grande consommation en Nouvelle-Calédonie« . Une analyse d’autant plus pertinente que le consommateur n’est jamais cité dans les dispositifs de protection, ce qui n’est pas le cas pour l’Autorité de la Concurrence.

LA PROTECTION FAVORISE LES PRIX ÉLEVÉS
Rappelant que le territoire s’est doté d’un « arsenal » de protections de marché, l’Autorité confirme que les mesures sont censées garantir la survie des filières agricoles et industrielles. Mais elle constate que ces protections diminuent la concurrence. Elles « favorisent ainsi la fixation de prix élevés par les industriels calédoniens dans un contexte où les marchés sont très concentrés et où les coûts de production sont structurellement élevés du fait de l’étroitesse de la demande intérieure« .

REVOIR LE SYSTÈME SANS BRUTALITÉ
L’Autorité nationale de la Concurrence estime donc, pour notamment favoriser la baisse des prix, revoir en profondeur le système de protections de marché.

Toutefois, un telle réforme doit se faire « sans casse » pour les entreprises locales, dont certaines pourraient être menacées en cas de modifications brutales.

COMPORTEMENTS « COLLUSIFS »
Certaines protections de marchés peuvent conduire, soit à des rentes de situation, soit à des ententes qui se nouent au détriment du consommateur en annihilant tout esprit de concurrence.

« L’étroitesse du marché calédonien, les obstacles aux importations imposés par le gouvernement et la concentration des marchés qui en découle sont de nature à faciliter la mise en place et le maintien de comportements collusifs entre les opérateurs locaux. De fait, au cours des auditions menées sur le territoire, de nombreux acteurs ont fait état d’indices crédibles de pratiques anticoncurrentielles« , écrit l’Autorité nationale de la Concurrence.

PAS DE MENACE POUR L’EMPLOI
Une réforme et une « moralisation » du système actuel de protections de marché peuvent-elles constituer une menace pour l’emploi ?

Non, dit l’Autorité. Concurrence et emplois ne sont pas antinomiques. Au contraire, même, « la concurrence incite à une croissance de la productivité qui nourrit les investissements et les emplois« .

SUBSTITUER DES TARIFS DOUANIERS AUX QUOTAS
En matière de protection de marché, la politique des quotas d’importation génère des effets négatifs.

Négatifs pour les finances du territoire, les quotas ont également un effet inflationniste « vraisemblablement très marqué« .

Si elle devait être maintenue, l’Autorité recommande que les procédures d’attribution soient « plus transparentes et plus fluides« , avec des licences faisant éventuellement l’objet d’appels d’offres.

Mais l’Autorité, à la fois pour le bénéfice du budget public et pour favoriser la concurrence, donc la baisse des prix et l’intérêt du consommateur, marque sa préférence pour les tarifs douaniers plutôt que les quotas.

SUPPRIMER LES DROITS DE DOUANES POUR LES PAYS PROCHES
Les taxes douanières empêchent la Nouvelle-Calédonie de profiter de son positionnement privilégié à proximité de deux marchés très développés depuis lesquels pourraient être importés à bas prix de nombreux produits, en particulier des produits frais qui ne peuvent pas supporter des transports maritimes trop longs. Il faut donc y remédier.

Visées : l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Mais pour protéger la production locale, l’Autorité recommande des taux de taxation identiques pour les membres et non-membres de l’Union européenne.

ETRE PLUS SÉLECTIFS DANS L’OCTROI DES PROTECTIONS
C’est peut être l’une des recommandations majeures de l’Autorité nationale. Les mesures protectionnistes ont pour objet de faire payer au consommateur calédonien les emplois préservés dans les secteurs protégés.

Celà ne paraît pas toujours justifié, et l’Autorité recommande de vérifier qu’à ces mesures protectionnistes correspondent effectivement des volumes d’emplois suffisamment importants pour justifier l’instauration de tels mécanismes.

Pour le cas de produits très consommés, mais générant peu d’emploi, c’est le soutien direct à l’emploi par l’impôt qui est conseillé.

Dans cette plus grande rigueur, « à moins qu’un grand nombre d’emplois leur soit associé, des industries dont les perspectives de croissance sont limitées au vu de la concurrence internationale et des évolutions de la demande ne devraient pas se voir accorder de protections de marché« .

RISQUES DE RENTES DE SITUATION ET DE PRIX ÉLEVÉS
 » Les protections de marché ont pour effet d’isoler les industries locales bénéficiaires de la concurrence exercée par les marchandises importées. Compte tenu de l’étroitesse du marché calédonien, il en résulte souvent des situations de monopole ou d’oligopole local, qui peuvent favoriser la fixation de prix élevés« , écrit l’Autorité.

PROTECTION, MAIS QUALITÉ ET PRIX !
Enfin, pour éviter que les mesures de protection ne deviennent « un outil réglementaire exploité par les producteurs locaux pour s’isoler de toute concurrence et ainsi accroître leurs prix et leurs marges« , l’Autorité nationale de la Concurrence recommande que les entreprises protégées soient soumises à un cahier des charges.

Ce dernier devrait indiquer les contreparties, en terme de qualité du produit comme en terme de prix, au privilège économique et commercial accordé. Un plus inconstestable pour le consommateur calédonien.

DES RECOMMANDATION « GAGNANT-GAGNANT »
La nouvelle Autorité de la Concurrence calédonienne va donc se saisir de cette question importante à la fois pour l’emploi, les finances publiques, et le bonheur du consommateur.

A dire vrai, le système local de protections de marché s’est développé sans réellement, ni de critères économiques, ni de prise en compte de l’intérêt des consommateurs calédoniens. Un peu « comme ça », au fil de l’eau.

A l’heure où tous ont à la bouche « la lutte contre la vie chère » alors que trop de mesures, notamment publiques, vont à l’inverse de ce leitmotiv, le sujet ouvert par l’Autorité de la Concurrence et déjà « débroussé » par son homologue nationale, est du plus haut intérêt. Affaire à suivre.