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Le chiffre « erroné » du record de touristes abondamment repris par les médias

 

La communication est relativement efficace sur le record « historique » de 120 000 touristes en 2017. Tous les médias le reprennent en cœur, sans trop s’interroger sur ce qu’il contient. Ah, l’excellent Yves Calvi de CNews manque cruellement au débat médiatique local !

Ce chiffre de 120 000 agglomère en effet les voyageurs wallisiens, futuniens, vanuatais ou encore polynésiens. Des voyageurs qui n’ont de touristes que dans l’esprit des statisticiens de l’ISEE, et des responsables locaux du tourisme …

De ce point de vue, le contenu du Plan de Développement Touristique Concerté de 2006 était plus honnête. Il faisait la part des choses entre les voyageurs affinitaires qui se déplacent notamment pour des raisons familiales, et les touristes « d’agrément », en clair, les « vrais » touristes.

A preuve : le nombre de visiteurs – donc de touristes d’agrément – hébergés dans les hôtels en 2017 est de … 70 000 !

Mais peu importe, la situation économique calédonienne « n’a jamais été aussi bonne« , l’emploi est en hausse grâce aux recrutements publics … alors que les budgets publics sont en crise. Alors, quoi de plus naturel que l’affichage de « records ».

L’ennui, c’est que les investisseurs et les banquiers ne sont pas dupes …

MAINTIEN OU FERMETURE DE LA SLN : UNE COURSE CONTRE LA MONTRE

La situation est pleine d’équivoques. Eramet va distribuer quelques dividendes, après une année de redressement, pour conserver la confiance et … la fidélité de ses actionnaires. Ses résultats nickel sont en hausse. Pour le premier trimestre, le cours au LME se situe au dessus de 6$ la livre. En Nouvelle-Calédonie, la société parvient à un cash cost de 4,5$ par livre, pile dans l’objectif. Et pourtant, la situation demeure proche de la catastrophe pour la vieille dame calédonienne, car les chiffres sont trompeurs. Radiographie.

LA CONCURRENCE EST PLUS PERFORMANTE
Il ne suffit pas de réduire les coûts de production. Pour vendre, il faut être meilleur que ses concurrents. Est-ce le cas de la SLN ?

Les résultats positifs déjà obtenus en matière de compétitivité pourraient le laisser à penser. Las, le même processus a été entamé par l’ensemble des producteurs dont la plupart ont des coûts du travail bien inférieurs aux coûts calédoniens.

Résultat, la SLN, en fin du peloton « compétitivité » du groupe des 10 entreprises qui comptent dans la métallurgie du nickel, … est toujours en queue de peloton.

Quant aux concurrents de la Calédonie, il suffit de se reporter à la construction de l’usine de Weda Bay par le chinois Tsingshan : une unité comparable à celles du nord et du sud, mais pour un coût … d’1,5 milliard$ contre 7 milliards$ aux usines calédoniennes !

DES CHIFFRES TROMPEURS
Pourtant, la SLN a atteint son objectif de coût de production, le « cash cost », à 4,5$ la livre. Or, le cours au LME est supérieur, et tout devrait donc aller pour le mieux.

Ce n’est pas le cas pour une raison simple : le coût « complet » de production comprend le « cash cost » de 4,5$ la livre additionné d’un ensemble de coût supplémentaires résultant des différences de conditions économiques, des amortissements des investissements et du remboursement de la dette.

De quoi se composent les conditions économiques ?

Il faut savoir que lorsque le cours du nickel monte, corrélativement, le cours du pétrole suit. Par ailleurs, le taux de change est défavorable puisque le dollar baisse par rapport à l’euro, et que le nickel est payé en dollars.

On peut dire ainsi que 50% des bénéfices résultant de l’augmentation du LME sont consommés … par l’augmentation du pétrole et la baisse du dollar US !

Cela fait qu’au total, le coût complet de production de la SLN, au premier trimestre 2018, est de 6,91$ la livre alors que le cours du nickel au LME est de 6,08$ la livre. Résultat : une perte d’1,8 milliards FCFP pour les trois premiers mois de l’année !

UNE TRÉSORERIE QUI S’ÉPUISE
Chaque mois, les salaires versés par la SLN proviennent de l’emprunt de 63 milliards contracté en 2016 auprès de l’Etat et d’Eramet. A ce jour, 37 de ces milliards ont été consommés.

C’est que les pertes cumulées par la société, depuis 2012, sont colossales : 100 milliards FCFP ! Aujourd’hui, si le rythme de ces pertes a légèrement ralenti, elles demeurent à un niveau qui risque de faire totalement fondre l’ensemble de la trésorerie dans un peu plus d’un an.

Plus de trésorerie, plus de salaires, plus d’achats. Une fin annoncée, par conséquent.

Eramet, de son côté, a fait savoir, depuis 2016, que la compagnie ne réinjectera pas de fonds dans la société calédonienne. Que reste-t-il donc à faire ?

ARRÊTER LES PERTES POUR 2020, DANS UNE COURSE CONTRE LA MONTRE
La SLN, pour survivre, doit renouer avec les bénéfices en 2020. Pour cela, deux leviers : l’un en interne, l’autre dépendant de parties prenantes.

En interne, l’urgence est d’augmenter le temps de travail sur mine. La Calédonie se distingue négativement, dans le monde des producteurs miniers : l’exploitation des mines s’arrête une partie de la nuit, ce qui correspond à un temps de travail de près d’un tiers inférieur aux concurrents. A l’usine, le Plan SLN 2020 doit mettre en œuvre une salle de contrôle unique et 4 quarts. La réorganisation des équipes doit apporter une meilleure qualité opérationnelle.

En externe, c’est la diminution du coût de l’énergie qui est vitale. Le procédé pyro-métallurgique de Doniambo a l’immense avantage d’être fiable, mais présente l’inconvénient d’être gros consommateur d’énergie. Avec la nouvelle centrale, l’économie visée est de 2 milliards.

AUTORISER LA SLN À EXPORTER DU MINERAI
Autre capacité de ressources, pour arrêter l’hémorragie des pertes : les exportations de minerai. La SLN a des clients pour du minerai de basse teneur, inutilisable par les fours de Doniambo, et donc sans préjudice pour la bonne gestion des ressources minières locales.

C’est la raison pour laquelle, la société a sollicité du gouvernement de nouveaux quotas d’exportation.

UNE FERMETURE DE MINES ET D’USINE ENVISAGEABLE
Aujourd’hui, plusieurs questions vitales se posent à la société en danger.

D’abord, certaines mines sont à bout de souffle, avec une exploitation dont la pertinence économique n’est plus avérée. Il en est ainsi de la mine de Kouaoua, autrefois fleuron mondial, mais aujourd’hui épuisée. Et les incendies de la Serpentine aggravent cette situation. La mine de Népoui pose également question, une question de compétitivité et de rentabilité économique.

L’hypothèse de fermetures -quasiment obligées- de mines entrainerait des conséquence inéluctables pour l’usine : l’arrêt d’un four, dans un premier temps. Et à terme, sauf à continuer à perdre des milliards, l’arrêt de l’usine.

EFFRAYANT OU ÉXAGÉRÉ ?
En clair, la SLN doit résoudre dans les 3 années qui viennent, la quadrature du cercle. En sachant que les délais sont trop courts pour mettre en exploitation un site nouveau, susceptible de se substituer, dans des conditions économiques satisfaisantes, aux mines de Kaouaoua et de Népoui.

Tout cela est inquiétant. Effrayant, diront certains. Exagéré, estimeront d’autres.

Mais en économie, les chiffres sont têtus, les résultats aussi. A de tels niveaux de pertes, aucune entreprise n’est viable. Et imaginer que reculer les échéance, c’est résoudre le problème est absurde. La Calédonie en fait la cruelle expérience en matière de santé et de protection sociale.

Le plus ancien outil métallurgique de Nouvelle-Calédonie est-il donc condamné ? Rien n’est définitif. Mais personne ne peut aujourd’hui écarter le risque d’une fermeture avant même que n’entre en production la fameuse centrale électrique à gaz, en 2023.

Resterait l’illusion d’une reprise en main par l’Etat. Comme dans la chanson : « Qui c’est qui paie, qui paie ? C’est la France qui paie » !

De l’illusion au rêve, il n’y a qu’un pas.

NIGHT SHOPPING … À L’ILOT CANARD

Bien sûr qu’il se passe beaucoup de choses à Nouméa ! Une preuve de plus : l’initiative de la plateforme « malistecadeau.nc », qui organise, le 22 mai, un shopping nocturne un peu avant la Fête des Mères et une soirée dansante, sous le thème « Telle Mère … telle Fille ».

L’embarquement a lieu à l’Anse Vata à partir de 17h30 aux taxi boats, pour un cocktail/tapas sur l’îlot Canard.

À partir de 18h, un shooting photo gratuit sera offert avec la photographe Sandrine Desquibes. La photo la plus likée sur le site Facebook de l’organisation gagnera un Passeport Gourmand.

Au son d’une animation musicale gérée par un DJ, les happy fews pourront découvrir les offres d’achats d’une quinzaine de boutiques et danser jusqu’à 23h30.

Il est prudent de réserver. Tarif : 3900 F en prévente incluant A/R en taxi boat, un punch d’accueil et 2000 F de bons cadeau à utiliser sur l’un des stands de son choix.

Billets en vente sur www.malistecadeau.nc et sur www.tickets.nc

LA CRUELLE LEÇON D’ÉCONOMIE DE MACRON AUX RESPONSABLES CALÉDONIENS

Avec son sourire, son art maîtrisé du « en même temps » et sa réputation d’être « cash », Emmanuel Macron, lors de son discours du Théâtre de l’Île, a déroulé une vision économique du territoire « pour faire davantage », pour « structurer », « pour faire mieux », « pour mieux exploiter le territoire », « pour inventer une ambition nouvelle ». Une façon courtoise de relever les insuffisances économiques de la Nouvelle-Calédonie, et de ceux qui en sont responsables. Pas sûr que tous aient compris le message. Verbatim.

Pour enrober ses recommandations, le Président de la République les a liées à sa « stratégie Indo-Pacifique ». Il a même généreusement employé le « nous », en sachant pertinemment que le développement économique du territoire est désormais de la compétence des élus calédoniens.

FAIRE DAVANTAGE
Ainsi, au gré de son aimable allocution, il a évoqué « une ambition commerciale pour faire davantage, davantage dans toute la région, de l’agriculture à la pêche en passant par l’industrie, de faire de la Nouvelle-Calédonie un territoire exportateur« . En filigranne, « Vous pouvez faire mieux » !

AGRICULTURE : MIEUX EXPLOITER
En matière d’auto-suffisance alimentaire, rebaptisée « souveraineté alimentaire », le propos est plus précis : « Moins de 20% des besoins alimentaires de l’archipel sont couverts par la production, et l’espace ne manque pas (…) c’est à dire de mieux exploiter le territoire pour le bien de tous, c’est à dire de mieux nourrir la population, mais dans des règles et avec des pratiques qui permettront la aussi d’être cohérents avec nos propres ambitions en matière climatique (…)de construire une vraie stratégie protéinique, de construire et de développer un élevage à la mesure de nos besoins et de structurer nos filières agricoles« . C’est clair, net et précis : il y a du pain sur la planche !

INDUSTRIE : INVENTER UNE AMBITION, STRUCTURER
Pour Macron, le secteur du nickel -c’est à dire, le job de ses entreprises-, est plutôt exemplaire : « Le nickel, c’est une filière qui s’est structurée, qui s’est développée de manière exemplaire, (…) c’est un élément stratégique de « notre » développement« . Ça, c’est le côté pile. Côté face, : « Il nous faut continuer à structurer des filières industrielles, les filières industrielles de production et de transformation, les filières de service dans la transformation finale, mais pas uniquement (…)Il y a des filières aussi, comme le bois, qui ont un avenir sous-exploité, … ici aussi, nous devons être capables d’inventer une ambition nouvelle pour celle ci« . Messieurs, au travail, recommande le Président.

TOURISME : FAIRE MIEUX
En matière de tourisme, dont le potentiel n’a probablement pas échappé à l’expert économique qu’il est, le constat est encore moins équivoque. « Penser la stratégie économique de la Calédonie, c’est aussi penser le tourisme. Mais faisons nous assez bien, Pouvons nous faire mieux, sans doute oui (…) développer davantage les commerces, les installations, les infrastructures qui permettent d’accueillir davantage, de tirer parti de cette manne touristique, de créer des emplois pour nos jeunes afin que ce tourisme soit une chance assumée et que ces perspectives s’ouvrent« . Sympa, le Président quand il dit « nous ». Alors qu’il n’y est pour rien …

ÉNERGIE : UNE SOUVERAINETÉ  À CONSTRUIRE
A construire, selon lui : l’auto-suffisance énergétique. « L’énergie doit être également au cœur de cette ambition – biomasse – énergie marine – Il y a la aussi une souveraineté énergétique à construire – Du solaire en passant par les énergies marines et la biomasse, il y a toutes les voies et moyens d’une souveraineté énergétique de la Nouvelle-Calédonie« . Mais qu’avez-vous fait depuis tout ce temps, avec ce bois, ce soleil, cette mer que vous avez ?

TIRER DAVANTAGE PARTI DE LA MER
Enfin la mer.  » Et puis il y a la mer … Le mer, ici, est une chance qu’il faut pleinement reconnaître et qu’il faut pleinement transformer. La pêche est encore à développer bien davantage, la Nouvelle-Calédonie pourrait tirer parti bien davantage de ses ressources halieutiques, qui sont nombreuses, avec une capacité à exporter jusqu’en Europe (…) Thon de qualité dont les pratiques de pêche ne sont pas comparables avec les autre puissances de la région (…) Ce que je sais c’est que nous pouvons créer beaucoup plus d’emplois (…) algues, innovations, croissance bleue, il y a un continent de possibles« . Allez, braves gens, réveillez vous !

LE « LEADER OF FREE MARKETS » REDÉCOUVRE LE BLOCAGE DES PRIX
Il faut dire que les notes que le Président de la République a eu entre les mains, sur l’économie de la Nouvelle-Calédonie, a du provoquer, chez lui, quelques froncements de sourcils. Favorable à un modèle plutôt libéral -il a été présenté par le magazine Forbes comme le « leader of the free markets »-, il a redécouvert, en Nouvelle-Calédonie, la pratique du blocage des prix, la théorie du contrôle des marges des entreprises, de la relance par la consommation sans relance de la croissance des entreprises, le contrôle ou la volonté de contrôle par la puissance publique d’entreprises industrielles majeures, ou encore le monopole de l’OPT. Il a constaté que ses décisions concernant l’allègement et la modernisation du Code du Travail n’avait guère fait école. Il a découvert, ici aussi, les dérives de la dépense publique, et en particulier, celles des dépenses sociales et de santé.

Mais il a su, pour ce qui le concerne, donner son sentiment sur le futur institutionnel du territoire. « La France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie » est une jolie formule qui a plu aux Calédoniens, et qui ne manque pas de sens. N’était-ce pas l’essentiel ?

LA LOW COST PACIFIC BLUE AUTORISÉE À TONTOUTA – Mais … c’était en 2004

Alors que la low-cost française « Blue Bee » vient de se poser à Papeete, beaucoup imaginent que cela n’est pas possible à Tontouta en raison d’un « monopole » d’Aircalin. Or, ce monopole est imaginaire. De fait, dès 2003, l’aviation civile australienne « avait mis sur le marché » deux rotations en faveur de Virgin Blue, qui était alors une compagnie low-cost. En août 2004, sur proposition de Didier Leroux, alors « ministre des transports » dans le gouvernement Thémereau, le gouvernement avait approuvé les tarifs de Pacific Blue Airlines -Virgin Blue-, ouvrant le ciel calédonien à la compagnie australienne. La low cost n’est jamais venue, ni elle, ni une autre. Éclairages.

DES ALLERS SIMPLES SUR INTERNET
Les tarifs approuvés par les autorités locales étaient de 14 900f à
47 000f pour un trajet vers Brisbane, avec une possibilité de continuation vers Sydney, Perth, Rockhampton, Townsville et Cairns.

Pacific Blue n’envisageait que la vente d’allers simples, dans les deux sens, bien entendu, accessibles sur Internet.

« C’est une bonne nouvelle pour les Calédoniens, avait déclaré Didier Leroux, qui auront désormais accès à une offre plus diversifiée pour aller en Australie. Le marché va sans doute s’accroître en faisant voyager des gens qui ne voyageaient pas auparavant. »

MAIS ELLE N’EST JAMAIS VENUE
Las, la compagnie low-cost n’est jamais venue. Alors qu’elle affrontait, à cette époque, une réaction vigoureuse d’Air New Zealand sur la liaison Australie-Nouvelle-Zélande, elle a estimé que la desserte de la Nouvelle-Calédonie était finalement insuffisamment  intéressante.

DES COMPAGNIES QUI SE RETIRENT OU NE VIENNENT PAS EN RAISON D’UN TRAFIC INSUFFISANT
Depuis, aucune compagnie n’a manifesté son intérêt pour notre destination. Et aucun gouvernement ne s’est opposé à une quelconque demande de touchée à Tontouta, qu’il s’agisse de compagnies low-cost ou non.

Ainsi, Air Austral avait, non seulement été autorisée, mais avait reçu des encouragements concrets de la part des autorités calédoniennes. Elle s’est retirée de la ligne, tout comme avant elle Air Micronesia, AOM, Corsair, ou encore Air France-qui a conservé cependant son « pavillon » en retirant simplement ses avions-, toutes, pour des raisons économiques.

La réalité, c’est qu’une compagnie aérienne vise naturellement une desserte qui génère des profits. Aucune n’a encore manifesté son désir de se poser à Tontouta dans le but de perdre de l’argent, juste pour faire plaisir aux Calédoniens !

PAS D’ILLUSIONS, AVEC UN TOURISME QUI PLAFONNE À
100 000 TOURISTES DEPUIS 15 ANS

Pas de perspective de profit, pas de compagnie aérienne nouvelle. Et comme la démographie calédonienne n’est pas galopante, seule l’activité touristique est susceptible d’apporter un flux intéressant de clientèle supplémentaires.

En Polynésie, le potentiel de chambres disponibles et l’attractivité de la destination ont été jugés suffisants par Blue Bee pour ouvrir une desserte.

En Nouvelle-Calédonie, aucun nouvel hôtel n’a été construit à Nouméa, et en dehors des passagers venant de Wallis, Port Vila et Papeete, le « vrai » flux touristique plafonne aux alentours de 100 000 touristes depuis 15 ans.

Une situation peu propice pour attirer une compagnie nouvelle.

BIÈRE SANS ALCOOL ! RÉACTION IMMÉDIATE DE LA GBNC

Finalement, ce sera un contrat gagnant-gagnant. Devant la perspective de baisser le degré d’alcool pour faire entrer les bières dans les boissons alcooliques, et en interdire la vente dans un certain nombre d’enceintes, les producteurs réagissent.

En particulier, le gouvernement envisage de fermer la vente des boissons dont le taux d’alcool est inférieur à 2% dans des endroits comme des snacks à proximité d’installations sportives.

Les  pratiquants de tennis et autres sportifs qui transpirent abondamment, aiment pourtant prendre une bière fraîche après l’effort. Sans pour autant se soûler, nuire à leur santé, ou perturber la tranquillité publique.

La Grande Brasserie de Nouvelle-Calédonie n’est, en tout cas, pas entrée dans ce débat. Ces entreprises doivent payer leurs charges sociales, rémunérer leurs personnels, et faire de bénéfices, ce qui, outre les dividendes versés à ceux qui prennent des risques financiers privés, permet à la collectivité de récupérer des impôts.

C’est donc une bière sans alcool qui est désormais commercialisée. Elle a l’aspect, la mousse, et pratiquement le goût de la bière avec alcool. Mais point d’alcool dans sa composition, ce qui ne l’empêche d’être délicieusement rafraîchissante.

La commercialisation va certainement connaître un succès mérité. Le gouvernement devrait être satisfait. Du moins partiellement.

Il pourra se réjouir d’une baisse de consommation de boisson alcoolique. En revanche, avec la baisse d’achat d’alcool, et dans l’hypothèse du succès de ces bières, le rendement de 6 milliards de recette budgétaire devrait quelque peu s’éloigner …

LA SITUATION EN EUROPE
En Espagne, les bières sans alcool représente 8% du marché. En France, un petit 2% des volumes. Dans ce segment se côtoient Buckler (Heineken), Kro Pur Malt (Brasseries Kronenbourg), quelques autres marques et MDD et depuis peu, Wit 0,0% et Wit Fruity Rosé 0,0% (Bavaria).

Les Brasseries Kronenbourg (BK) ont lancé une deuxième marque sur ce segment, 1664 sans alcool. Une mousse dont la fermentation a été stoppée au bout de trois jours (au lieu de 8 jours pour une bière classique) pour que le taux d’alcool n’atteigne que 0,5°.

La législation française autorise l’appellation « bière sans alcool » pour tout produit brassé titrant moins de 1,2° mais Kronenbourg a souhaité aller plus loin dans le but d’exporter cette nouveauté.

LA NOUVELLE-CALÉDONIE S’APPRÊTE À FAIRE LE CONTRAIRE ?

Le contrôle des marges ainsi que le contrôle des prix sont des matières qui vont revenir sur le devant de la scène politique. Sur ces sujets brûlant, la Nouvelle-Calédonie avait sollicité un avis de l’Autorité nationale de la Concurrence. Va-t-elle faire exactement le contraire de ce qui est recommandé par cet organisme reconnu ? Dans ce cas, gouvernement et Congrès se mettraient en contradiction également avec l’Autorité locale dont on peut douter qu’elle contredise son alter go national ! Embrouillaminis.

L’AUTORITÉ RECOMMANDE DE METTRE FIN À LA RÉGLEMENTATION DES PRIX ET DES MARGES
Dans un chapitre intitulé « Les mesures souhaitables », l’Autorité nationale de la Concurrence rappelle que dans le cadre de l’opération « produits OKé », les prix et les marges de détail avaient été définis pour 115 produits. Or, poursuit l’organisme expert, « définir un niveau de prix ou de marge maximale est généralement voué à l’échec« .

S’appuyant sur des comptes rendus réalisés par la Direction des Affaires Economiques, l’Autorité de la Concurrence constate que « contrôler les prix et les marges s’avère difficile à mettre en oeuvre sans entraîner d’effets négatifs sur l’investissement, la concurrence ou la disponibilité des produits. Les régulations de ce type sont donc réservées à des situations conjoncturelles ou sectorielles spécifiques dans lesquelles l’efficacité des mécanismes concurrentiels ne peut être renforcée. »

L’Autorité conclut : « Il apparaît donc préférable de mettre fin aux réglementations de prix mises en place en rétablissant la liberté des prix de détail et de privilégier une action volontariste sur les structures de marché de la distribution de détail pour renforcer de la concurrence. »

LA NOUVELLE-CALÉDONIE VA-T-ELLE FAIRE … LE CONTRAIRE ?
Le rapport de l’Autorité nationale de la Concurrence est une expertise étayée. Or, le gouvernement local a poursuivi le développement d’une économie dont les marges seraient contrôlées. C’est l’un des axes de la fameuse loi-compétitivité.

Il semblerait même que dans l’hypothèse d’un report de la date d’application de la TGC, un nouveau blocage des prix soit envisagé. Cette mesure serait destinée à donner des gages à l’intersyndicale sur la lutte contre la vie chère.

Ces deux mesures -contrôle des marges, contrôle des prix-, auraient un double effet négatif : celui de freiner l’investissement et de mettre en difficulté des entreprises d’une part, celui d’être relativement inopérant d’autre part.

C’est l’Autorité de la Concurrence qui l’écrivait le 21 septembre 2012.

EN CALÉDONIE, CRISE OU PROSPÉRITÉ ?

 

Qui croire ? Pour les Républicains Calédoniens, « Tous les voyants sont au rouge » en matière économique et sociale. Pour Calédonie Ensemble, la situation n’a jamais été aussi bonne, et la plupart des voyants sont repassés au vert ! La population ouvre grand ses yeux et ses oreilles et s’interroge. Perplexité.

DEUX CONFÉRENCES DE PRESSE CONTRADICTOIRES
Conférence de presse du parti de Sonia Backès. C’est Grégoire Bernut qui sonne la charge. « Les recettes fiscales continuent de baisser, l’endettement s’envole« . L’emploi ? Le secteur public recrute et alourdit la barque de ses charges, tandis que le secteur privé subit des destructions d’emploi. Quant aux régimes sociaux, « le Ruamm frôle la cessation de paiement« .

Conférence de presse de Calédonie Ensemble, en réponse. « Élucubrations » riposte Philippe Michel. L’indicateur du climat des affaires a rebondi, et les chefs d’entreprises virent à l’optimisme, selon l’IEOM. L’emploi ? Impossible de parler de dégradation : la progression a regagné le niveau de 2015. Les pertes d’emploi dans le secteur privé sont même qualifiées de minimes. La production de nickel atteint des records, tandis que la fréquentation touristique dépasse les 120 000 touristes et que les crédits bancaires se portent bien.

Il existe donc, aux yeux des deux formations politiques, deux Calédonie différentes : l’une en crise, l’autre en retour à la prospérité. Reste à la population d’apprécier ces déclarations selon ses ressentis, ses situations personnelles et familiales, et aux entreprises d’y retrouver ses petits.

LES MOTS ET LES CHIFFRES
En fait, ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de campagne électorale, un contexte qui dessine deux grandes tendances : celle qui désapprouve la politique économique et sociale personnalisée par le Président du gouvernement Philippe Germain, cité par les Républicains Calédoniens, et celle qui la soutient, en l’espèce, Calédonie Ensemble.

Sur la scène politique, c’est la communication qui fait rage. Les mots et les chiffres sont repris par les uns, fustigés par les autres. L’IEOM annonce que l’emploi est en hausse. C’est vrai. Mais ces chiffres recouvrent des recrutements importants dans le secteur public et des destructions d’emplois dans le privé, ce qui fait dire aux opposants -et à de nombreux chefs d’entreprise- qu’alourdir la dépense publique ne fait qu’aggraver la situation économique du territoire. Alors que les pertes d’emploi dans le secteur privé sont le seul véritable indicateur de la santé économique.

La production de nickel est très haute. C’est une vérité et c’est heureux car l’appareil productif a été multiplié par 3. Mais la SLN supprime 300 postes, et son plan compétitivité n’est pas encore abouti pour la rendre bénéficiaire. Quant aux deux autres usines, baisse de production et cours encourageant du nickel leur ont redonné le moral. Mais doit-on dire que la situation est meilleure ou qu’elle est moins pire ?

Les responsables touristiques annoncent des chiffres record : plus de 120 000. C’est vrai. Avec 15 000 Wallisiens, Futuniens, Vanuatais et Polynésiens … Et les hôteliers n’ont enregistré, quant à eux, que moins de 70 000 clients.

Reste les régimes sociaux. Personne ne peut contester qu’ils sont au plus mal, puisque les responsables de la Cafat, eux-mêmes, décrivent la situation comme un état de quasi-faillite.

QUE PENSENT LES AUTRES ?
Voila au moins l’expression de deux partis politiques. Aura-t-on le point de vue des indépendantistes, du Rassemblement Les Républicains et du MPC dans les jours à venir ?

Quant à la population, elle assiste, soit médusée, soit circonspecte, à ces grands duels de chiffres et de mots.

Au gré des débats qui s’annoncent au Congrès sur la TGC, le redressement des comptes sociaux, du budget supplémentaire, et de la nécessaire prise en compte des résultats économique de la Nouvelle-Calédonie, elle pourra sûrement se faire une opinion plus précise.

La population, probablement. Les électeurs, c’est certain.

L’analyse des chiffres du tourisme révèle bien des surprises !

Au sein des chiffres records du tourisme en 2017, une performance est passée inaperçue, celle du marché de Wallis et Futuna. En 2017, il a enregistré un record pour les trois dernières années avec une fréquentation de 6594 touristes. Mais ce marché de proximité n’est pas remonté au chiffre de 2011, une véritable explosion avec la venue de 8 063 touristes en provenance de l’archipel voisin.

C’est vrai qu’on ne les cite jamais, ces marchés touristiques de proximité qui enrichissent nos chiffres records. Pourtant, ils représentent près de 15% de notre performance, si l’on ajoute aux touristes en provenance de Wallis et Futuna à ceux venant de Polynésie et ceux du Vanuatu.

Ces touristes sont d’autant plus intéressants qu’ils ne coûtent pas un rond d’investissement promotionnel. A-t-on déjà vu, en effet, des brochures distribuées à Hihifo, Port Vila ou Papeete, vantant les charmes de notre destination ? Jamais, bien sûr, ce qui prouve que les frais d’approche de ces touristes exemplaires étant nuls, ils constituent la meilleure performance marketing-vente de notre tourisme.

Sans eux, évidemment, les chiffres devraient être sérieusement revus à la baisse. Et pourtant, on ne les cite jamais, ces sympathiques voyageurs qui, année après année, viennent visiter l’île la plus proche du Paradis, et profiter de nos services ainsi que de nos infrastructures touristiques.

Quelle injustice. Il est temps de la réparer.

Vilain Canard.

NICKEL ! DÉLOCALISATIONS : L’EXTRAORDINAIRE TOUR DE PASSE-PASSE

Alors que les résolutions dans la valorisation du domaine minier calédonien allaient dans le bon sens d’une totale valeur ajoutée sur le territoire, alors qu’en métropole, tous les syndicats sont vent-debout contre les implantations d’usines françaises à l’étranger, la SMSP réussit un exploit en Nouvelle-Calédonie : faire applaudir une nouvelle délocalisation en Chine. Tour de magie.

EXPORTER PLUTÔT QUE DE VALORISER LOCALEMENT
Vaut-il mieux exporter notre minerai de nickel, et participer à des usines qui le traitent dans des pays étrangers aux lois sociales moins contraignantes, et aux coûts de production plus performants ? La SMSP a définitivement tranché. Après l’usine « à 51% » en Corée du Sud, c’est une réplique qui devrait être concrétisée en Chine.

Raisons avancées : ces usines existent déjà, et grâce à la majorité détenue en contrepartie de contrats d’approvisionnement, les bénéfices réalisés pourront être rapatriés en Calédonie à laquelle ils profiteront.

Autrement dit, il vaut mieux rapatrier des bénéfices que faire profiter les Calédoniens de l’ensemble de la valeur ajoutée et de ses résultats : construction, emplois directs, sous-traitance, dépenses de fonctionnement locales, bref, toute la panoplie des emplois indirects et induits !

L’INDONÉSIE A FAIT LE CHOIX DE LA VALORISATION SUR PLACE
Le comble, c’est que la majorité de la classe politique applaudit alors que le raisonnement -et dans ce cas, il est pertinent-, est celui d’une multinationale préoccupée essentiellement par ses profits.

Alors dans ce domaine, comment ne pas évoquer l’Indonésie ? Ce pays a pris le risque de se couper un temps de l’essentiel de ses exportations pour obtenir des investissements étrangers -dont des investissements chinois-, pour construire des usines sur place.

MAINMISE SUR LES EXPORTATIONS DE NICKEL
Ancien élu territorial, Pierre Bretegnier va plus loin, dans une « Pique d’Actu » qui fait le buzz : il prétend que l’opération chinoise consiste à isoler les mineurs indépendants de leurs clients traditionnels, et de les rendre totalement dépendants de la SMSP.

Une chose est certaine. Si le « schéma minier » reste une incantation ou un alibi pour délivrer sélectivement des autorisations d’exportation, la SMSP poursuit son propre schéma politico-économique de développement, délocalisations ou pas. Comme une multinationale. Avec d’autant plus de talent que ses détracteurs potentiels sont muets de relative indifférence.