Archives de catégorie : Ecologie

CENTRALES À GAZ : L’EUROPE RÉTICENTE

A l’issue d’une forte opposition aux centrales à gaz, les députés européens son parvenus à un compromis. L’enjeu, bénéficier du Fonds de transition juste doté de 1.200 milliards FCFP. Le gouvernement français était opposé aux projets gaziers. Le groupe Renaissance (macronistes et associés) se battait depuis des mois pour exclure leur financement du Fonds de transition juste. Compte tenu de l’avis contraire de l’Allemagne et des pays de l’Est et du Sud, un compromis a finalement du être élaboré.

Le texte final pose le principe que les énergies fossiles sont exclues des financements prévus. Mais un projet de centrale au gaz peut bénéficier d’un financement dans certaines conditions. La première : être situé dans une région où le charbon domine. La seconde : adopter la meilleure technologie possible compatible avec la « taxonomie européenne », c’est-à-dire les activités éligibles aux financements verts.

Pour la Nouvelle-Calédonie, il n’est pas prévu l’intervention du Fonds Européen, et de toute façon, le territoire ne bénéficie pas des fonds structurels. C’est la défiscalisation métropolitaine qui constitue un levier important à sa réalisation. Pour l’heure, aucune décision définitive n’a encore été prise, et l’on semble s’orienter également vers un compromis entre les différentes technologies.

NOUVELLE CENTRALE : GAZ OU TRANSITION ÉCOLOGIQUE ?

La SLN préfère le gaz comme combustible alimentant la future centrale de production électrique qui sera essentiellement consacrée à l’alimentation de l’usine Doniambo. La problématique, pour la société métallurgique toujours en difficulté, demeure le coût de l’énergie. …  » pour la filiale de la compagnie tricolore Eramet, la seule voie permettant de réunir ces éléments est l’option d’une centrale électrique au gaz d’environ 200 mégawatts construite par un producteur indépendant d’énergie« , information donnée par le quotidien Les Nouvelles vendredi dernier. Une épine dans le processus de transition énergétique entamée de manière exemplaire par la Nouvelle-Calédonie.

C’est qu’en effet, en passant du fuel au gaz gaz, le coût de production de l’électricité diminue, mais en matière de développement durable, on remplacerait une énergie fossile par … une énergie fossile.

Dans « les sources d’énergie pour les Nuls » ont pourrait  ainsi trouver cette définition :
Le pétrole, le gaz naturel et le charbon sont des matières qui ont mis plusieurs centaines de millions d’années à se former dans le sous-sol de la Terre. On les appelle énergies fossiles, car elles sont issues de roches situées dans les grandes profondeurs terrestres. Leur particularité c’est qu’elles brûlent très bien : ce sont d’excellents carburants. Elles ont aussi l’avantage de pouvoir être facilement stockées et transportées, ce qui en fait des sources d’énergie pratiques à utiliser.

Mais elles présentent deux très gros inconvénients :

  • En brûlant, elles dégagent beaucoup de particules qui polluent l’atmosphère, dont le fameux dioxyde de carbone (CO2).
  • Leur quantité sur la Terre est limitée.

Certes, la décision n’est pas encore prise, et chacun des partenaires impliqués dans la construction de la nouvelle centrale donne son avis. Celui de la SLN est toutefois particulier, puisqu’elle serait également le client majeur.

En ce qui concerne l’Etat, grand promoteur de la transition énergétique après la fameuse COP 21, la préférence semble plus discrète. Est-ce que ce qui est vrai à Paris, ne le serait plus dans le Pacifique où les territoires français sont regardés avec beaucoup d’attention ?

Entre énergies fossiles et énergies renouvelables, ce sont probablement des positions qui, progressivement, se dévoileront dans un dossier lourd, coûteux, mais emblématique en matière de développement durable de la Nouvelle-Calédonie.

Ou alors, pour la transition écologique, un solution transitionnelle ?

Environnement : la province Sud restaure le maquis minier à l’Ile des Pins

Philippe Blaise, le premier vice-président de la province Sud et Françoise Suve, la présidente de la commission de l’Environnement visitent aujourd’hui l’Aire Éducative Environnementale de la tribu de Touété, à l’Ile des Pins, restaurée par les élèves du collège de Vao. Objectif : sensibiliser les jeunes à la protection de la biodiversité, et protéger le captage d’eau potable dégradé par les incendies.

SENSIBILISATION DES JEUNES
La visite sera suivie d’une plantation agroforestière organisée en partenariat avec Mickaël Sansoni, spécialiste de cette méthode d’exploitation agricole associant arbres et cultures.

En 2015, les élèves du collège de Vao engagés dans le projet Aire de gestion éducative (aujourd’hui Aire Éducative Environnementale) lancé par province Sud, avaient fait le constat que le site était impacté par de multiples feux de brousse causant une destruction de la couverture végétale, ainsi qu’une érosion des sols et une absence de filtration et de rétention de l’eau.

800 PLANTS MIS EN TERRE
En 2016, un projet de création d’une pépinière voit le jour porté par deux ambassadeurs Jeunesse et développement durable et le directeur des établissements catholiques de Vao grâce au financement du programme INTEGRE (Initiative des Territoires pour la Gestion Régionale de l’Environnement qui vise à promouvoir la gestion environnementale des zones côtières.

En 2017, une opération de restauration a été menée et en 5 jours, 800 plants ont été mis en terre.

MIEUX CONNAÎTRE LA RICHESSE FRAGILE DE LA BIODIVERSITÉ
Cette année, les élèves ont souhaité restaurer le site par la méthode de l’agroforesterie pratiquée par Mickaël Sansoni, agriculteur et agroforestier connu sur le territoire pour ce mode d’exploitation agricole qui associe arbres et cultures. Ce projet est un moyen de former les jeunes Kunié à cette technique de plantation qui se rapproche des champs traditionnels.

Ce projet vise à permettre aux collégiens de Vao d’acquérir des connaissances sur la biodiversité son rôle et ses enjeux, les sensibiliser sur les impacts des feux qui détruisent le site. Cela permet également d’aborder la problématique de l’eau. En effet, le site de Touété comprend un captage qui a fortement été impacté lors des incendies de 2016-2017. Aujourd’hui, la revégétalisation de cette zone est primordiale afin de protéger le captage et avoir une eau plus potable.

L’étude internationale Global Reef constate la bonne santé de nos récifs coralliens

La Fondation Living Oceans, créée par Khaled bin Sultan, a récemment terminé des recherches sur le terrain pour l’une des plus grandes études sur les récifs coralliens de l’histoire: l’expédition Global Reef. L’expédition a voyagé à travers le monde à bord du M / Y Golden Shadow pour observer certains des récifs les plus reculés de la planète. 

C’est en 2013 que Global Reef s’est positionné en Nouvelle-Calédonie et a passé au crible les récifs du nord et du sud entre octobre et novembre de cette année. L’étude s’est effectuée en lien avec l’IRD et des chercheurs du monde entier.

Les récifs calédoniens examinés sont jugés en bonne santé. Avec même des surprises, en particulier concernant la baie de Prony :

LE POURCENTAGE DE CORAIL VIVANT LE PLUS ÉLEVÉ
« La baie de Prony était le site le plus singulier étudié en Nouvelle-Calédonie. Compte tenu de sa proximité avec la Grande Terre et de sa sédimentation élevée, une faible couverture de corail vivant pourrait être escomptée. Étonnamment, les recherches ont révélé tout le contraire. La baie de Prony possédait le pourcentage de corail vivant le plus élevé observé par rapport aux autres endroits étudiés en Nouvelle-Calédonie.« 

DES NUTRIMENTS ISSUS DES RUISSELLEMENTS MINIERS
Et concernant les algues :  » Contrairement à ce qui avait été observé dans les atolls d’Entrecasteaux et le récif de Cook, les corallines encroûtantes n’étaient pas l’algue la plus présente dans la baie de Prony. Le gazon algal, le gazon algal avec sédiment et les macroalgues étaient les principales algues observées. Cette situation était inattendue compte tenu de l’important ruissellement issu des mines de nickel sur les collines entourant la baie de Prony. Le ruissellement apporte probablement de nouveaux nutriments dans l’eau, permettant aux algues charnues de prospérer.« 

DE L’ESPOIR POUR L’AVENIR DES RÉCIFS CORALLIENS
« La baie de Prony possédait l’une des couvertures de corail vivant les plus élevées jamais observées par la Global Reef Expedition. Compte tenu de la quantité de ruissellement de sels nutritifs et de sédiments observée dans la baie de Prony en raison des mines de cuivre avoisinantes, ce constat était inattendu », note le rapport. « Cela nous donne de l’espoir pour l’avenir des récifs coralliens, commente Alexandra Dempsey.

Qui est Khaled Bin Sultan ?
Khaled ben Sultan ben Abdelaziz Al Saoud, fils de l’ancien prince héritier et ministre de la défense Sultan, était le vice-ministre de la défense de l’Arabie saoudite. Passionné par les océans, il a fondé la Living Oceans Foundation.

« LA PÉROUSE », NOUVEAU PONANT « EXPLORER » : LA CHANCE CALÉDONIENNE

La compagnie du Ponant, qui dépend à présent de la holding Artemis de la famille Pinault, vient de lancer une collection de yachts d’expédition luxueux dont le premier exemplaire est de « La Pérouse ». A bord de ces « Ponant Explorers » de capacité réduite, des passagers privilégiés vont pouvoir admirer quelques merveilles marines et sous marines du monde. Une chance pour la Nouvelle-Calédonie : le territoire est inscrit parmi les 45 croisières programmées dans le première saison du genre 2018-2019. Tourisme et réputation.

Le clou de ce navire doté uniquement de 92 cabines prises d’assaut par des amoureux millionnaires ou milliardaires : le salon « Blue Eye » réalisé par Jacques Rougerie, accessoirement architecte de l’aéroport de La Toutouta, expert mondial de l’architecture des mers, concepteur du Sea Orbiter ou encore du Musée d’archéologie sous-marine d’Alexandrie.

« Le Blue Eye est le premier salon multisensoriel ouvert sur les fonds sous-marins installé à bord d’un navire de croisière. Des hydrophones détectent les sons émis par les dauphins et les cétacés jusqu’à 10km à la ronde, ce qui permet de les approcher pour les observer. Les passagers, plongés sous la ligne de flottaison, peuvent admirer les coraux, les raies mantas, mais aussi … les plastiques et autres déchets, et prendre conscience des enjeux écologiques qui menacent les mers« . (Extrait de Le Point).

La visite de ce Palace écologique des mers permettra de promouvoir les merveilles marines et sous-marines de la Nouvelle-Calédonie. Des merveilles lesquelles, protégées mais mises en valeur, constituent une formidable économie durable pour ce 21e siècle.