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L’Actu du Lundi 13 avril 2015

Lundi 13 avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Le fait marquant est la déclaration de politique générale du nouveau Président du gouvernement Philippe Germain lundi après midi devant les membres du congrès.
Cette déclaration, selon les représentants de l’UCF et du Rassemblement-UMP, a été rédigée sans concertation et en dehors des règles habituelles de collégialité.
Côté Parti Travailliste en congrès ce week end, Louis Kotra Uregei a été réélu Président à l’unanimité.

MétropoleNicolas Sarkozy met en place les conditions d’une primaire ouverte, notamment à droite et au centre. Il a déclaré que rien ne devait contrarier les chances de l’alternance en 2017.

SportDisparition de Patrice Dominguez, figure du tennis français, champion de France, entraîneur, consultant. Foot : Marseille battu par Bordeaux qui jouait à domicile.

Pourquoi nous sommes sortis de l’Accord de Nouméa

L’Accord de Nouméa, qui « n’est que » la suite évoluée des Accords de Matignon, ne se réduit pas à un simple statut progressiste de la Nouvelle-Calédonie. Il est d’abord le fruit d’une négociation entre le FLNKS et le Rassemblement pour la Calédonie dans la République pour ramener la paix sur la territoire, après une guerre civile, des dizaines de morts, un effondrement économique et une absence de perspective.

Il existe donc deux composantes dans ces accords : ce que les « signataires » appellent « l’esprit des accords », et la traduction juridique de cet esprit qui est le statut de la Nouvelle-Calédonie et son architecture institutionnelle particulière.

Après le déchirement des loyalistes, eux-mêmes issus du Rassemblement, après le coup de force au sein de l’Union Calédonienne, après l’élection à l’allure de putsch du président et du vice-président du gouvernement, il reste le statut. L’esprit, lui, a été totalement absent de ce processus, un esprit caractérisé par deux concepts : le consensus et la collégialité. La lettre sans l’esprit, on est donc bien en dehors des Accords Matignon et Nouméa. Momentanément, ou définitivement ?

L’enjeu : la paix civile et sociale en Nouvelle-Calédonie.

Deux camps éclatés Les Accords avaient été conclus entre deux formations politiques, le RPCR et le Flnks, et l’Etat. Aujourd’hui, et c’est peu de le dire, le paysage politique binaire calédonien a été bouleversé.

Au FLNKS d’abord, avec l’antagonisme Union Calédonienne/Palika, né de la « prise » de la Province nord par Paul Néaoutyne en 1999. Ce n’est un secret pour personne : si le Parti Travailliste avait confirmé sa percée électorale en 2014 aux élections provinciales, Gilbert Tyuienon serait probablement Président de la province.

Le RPCR, lui, a vécu, dans sa forme originelle. Harold Martin, Philippe Gomes et Didier Leroux, regroupés dans l’Avenir Ensemble, s’étaient saisis du pouvoir en  Province sud en 2004. Puis Pierre Frogier avait pris les commandes du parti début 2005, bouleversement suivi par le départ de Jacques Lafleur et la renaissance du RPC par ses soins. La suite est encore plus compliquée : éclatement de l’Avenir Ensemble d’Harold Martin et création de Calédonie Ensemble de Philippe Gomes peu après la tentative d’éviction de Didier Leroux par Gomes aux élections législatives de 2007, puis éclatement du Rassemblement-UMP avec la création du Mouvement Populaire Calédonien par Gael Yanno et Sonia Backes en 2013.

Tout cela compliqué par les déchirement de l’UMP en métropole, la guerre fratricide entre Copé et Fillon, et ses conséquences locales.

Deux tentatives avortées de regroupement des loyalistes Le camp loyaliste déchiré a essayé par deux fois de se regrouper. Un première fois à l’issue des élections provinciales de 2008 avec le Front Républicain proposé par Pierre Frogier, et dont la chute du gouvernement Gomes provoquée par l’UC a sonné le glas. Une deuxième fois avec le récent et éphémère Contrat de Gouvernance Solidaire qui a rapidement dégénéré avec la mise en cause de Cynthia Ligeard par Calédonie Ensemble sur le dossier Prony-Pernod, le refus du Rassemblement-UMP/Front pour l’Unité et du RPC d’Isabelle Lafleur de voter de nouveaux impôts en décembre dernier, été enfin la chute du gouvernement Ligeard provoquée par la démission de la liste Calédonie Ensemble.

Mais au gré des mois, le puzzle des partis loyalistes a évolué. L’UCF (Union pour la Calédonie dans la France) regroupant, pour faire simple, Gael Yanno/Sonia Backes avec Isabelle Lafleur et Philippe Blaise, également dissident du Rassemblement-UMP, et le Rassemblement/Front pour l’Unité (Rump-Harold Martin-Didier Leroux) se sont rapprochés pour tenter de trouver une issue à la crise provoquée par la chute du gouvernement Ligeard.

Philippe Gomes et Calédonie Ensemble ont boudé cet appel pour fonder une nouvelle alliance avec le Palika et une partie de l’UC pour conquérir la présidence du gouvernement.

Aujourd’hui, les loyalistes sont déchirés. Et beaucoup prédisent que cette rupture sera durable.

Une absence de recherche de consensus Premier parti pris de cette nouvelle alliance : créer une majorité arithmétique pour prendre le pouvoir « à la hussarde », au sein d’une institution qui symbolise « l’esprit » des Accords : le gouvernement. Un gouvernement dont les « signataires » avaient pourtant voulu l’élection à la proportionnelle pour qu’il demeure, au delà des règles de fonctionnement, un espace de dialogue et de partage entre indépendantistes et non-indépendantistes.

C’est vrai que cette crise eût mérité un traitement plus profond, un processus évitant le retour à un rapport de force si préjudiciable au contexte créé par les Accords de Matignon. Une réunion du Comité des Signataires, élargie aux partis issus des signataires originels, aurait sûrement permis de trouver une solution plus consensuelle. Et plus durable. Pierre Frogier l’avait proposé, en vain.

La solution choisie ne fait que créer un rapport de force. Certes, d’aucuns diront qu’à la suite des démissions à répétition et du refus d’assumer les secteurs dévolus d’autorité des « ministres » Calédonie Ensemble dans le précédent gouvernement Martin, ce rapport de force avait déjà été établi. Mais aujourd’hui, les divisions sont plus graves, elles affectent les deux camps, alors que nous entrons dans les 3 dernières années avant le premier referendum.

Une collégialité disparue La collégialité n’est pas l’apanage de la seule assemblée que constitue le gouvernement calédonien. En revanche, dans l’esprit des Accords, cette collégialité reflète ce que doit être la recherche du consensus avant tout recours à la décision majoritaire.

Une procédure s’est donc instituée au cours des années au sein du gouvernement calédonien : l’examen en commun des dossiers et des questions pouvant engager l’institution, et, au cours d’un débat que se veut convivial et participatif, la recherche d’un accord de tous.

Compte tenu des premières décision individuelles du nouveau gouvernement – bureaux pour fonctionner, moyens de fonctionner davantage imposés que partagés, par exemple-, il semble bien que la collégialité sera réduite à sa plus simple expression, c’est à dire, dans l’esprit, absente. La déclaration de politique générale en est l’illustration. Peu importe que « les mêmes aient été reconduits », certain secteurs, comme la santé, ont changé de main. Et puis, le respect du principe oblige à la manière …

Cette déclaration de politique générale, acte important dans l’esprit de consensus et de collégialité, va probablement devenir un sujet de conflit et d’oppositions politiques exacerbées. Tout le contraire de ce que voulaient les signataires des accords.

En dehors des clous L’analyse aboutit à une conclusion sans appel. Pour l’heure, la vie politique calédonienne a tourné le dos à ce qui fut une exemple régional, et même, une inspiration démocratique : les Accords de Matignon, suivis des Accords de Nouméa.

Il en reste simplement la lettre : le statut si particulier, novateur en ce qu’il a de fédéralisme interne à la République, avec ses échéances brutales : le transfert des compétences, et notamment celles liées à l’audio-visuel et au contrôle des collectivités, et enfin les trois consultations de sortie de l’Accord de Nouméa. Avec des séquences qui vont susciter de prévisibles tensions, comme la fin du régime électoral discriminatoire, seulement admis par la Constitution et la Cour Européenne de Justice pour une période transitoire qui s’achèvera avec la Loi Organique.

Mais l’esprit s’en est allé.

Comment imaginer désormais d’autres modes de décision que le rapport de force ?

En 1982, le gouvernement Ukeiwé avait chuté par un renversement d’alliances au sein du camp non-indépendantiste. Et Jean-Marie Tjibaou avait été élu chef de l’Exécutif local.

Après l’échec de Nainvilles-les-Roches, en 1984, le statut Lemoine avait été adopté et imposé. Ce rapport de force avait fait exploser toutes les solidarités propres à un société de petite taille, toutes les digues du respect mutuel et de la démocratie. Le 18 novembre 1984, Eloi Machoro fendait l’urne de la mairie de Canala d’un grand coup de hache …

Rien de tel pour l’instant, bien sûr. Rien de totalement comparable, non plus. Juste que ce qui avait ramené la paix, la concorde ET le développement économique en Nouvelle-Calédonie étaient justement ces Accords qui viennent d’être foulés au pied. Pas le statut, l’esprit. Or le statut peut se décréter. Pas l’esprit.

L’Actu du Week end 11-12 avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Le fait marquant est la déclaration de Charles Washetine, porte parole du Palika, qui a déclaré sur RRB que les indépendantistes avaient délibérément choisi Calédonie Ensemble en raison « de la proximité des idées sur la stratégie nickel et la fiscalité » avec ce parti. Une déclaration qui donne corps aux craintes affichées notamment par le Rassemblement-UMP et l’UCF.

Métropole – Le fait marquant est incontestablement la vente de 36 avions Rafale à l’Inde, avions construits en France pour être disponibles rapidement par l’aviation indienne. Les discussions se poursuivent pour la construction et la vente en Inde de plus de 100 autres avions, avec à la clé, un transfert de technologie.

Sport – Lundi matin pour nous, finale de la coupe de la Ligue entre le PSG et Bastia.

L’Actu de Vendredi 10 Avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Le fait marquant est la position de l’Etat sur les demandes du congrès d’inscrire automatiquement les natifs de Nouvelle-Calédonie sur la liste des votants au referendum de sortie de l’Accord de Nouméa. La modification de la loi organique sera soumise au Sénat en juin, puis à l’Assemblée nationale.

Le Rassemblement UMP et l’UCF de Sonia Backes et de Gael Yanno dénoncent une collusion entre le gouvernement socialiste, Philippe Gomes et le Palika pour les uns, contre la surdité du gouvernement après l’avis de congrès du territoire.

Métropole – Le fait marquant qui fait la Une de tous les journeaux est la suite au Front National des déclarations de Jean-Marie Le Pen en faveur du gouvernement de Vichy et contre les français issus de l’immigration. Marine le Pen demande à son père de s’écarter de la vie politique et s’opposera à ce qu’il mène la liste FN aux élections régionales dans la région PACA.

Sport – Ouverture des Océania de judo à l’Arène du Sud, avec la participation de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

L’Actu du Mercredi 8 avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Le nouveau Président du gouvernement prononcera son discours de politique générale le 13 avril prochain. Réaction immédiate du Rassemblement et de l’UCF par les voix de Cynthia Ligeard, de Bernard Deladrière et de Sonia Backes : « passage en force, précipitation et mépris des autres partis qui ne sont pas dans la majorité Calédonie Ensemble/Palika/d’Anglebermes ».

Autre fait marquant : une nouvelle grève qui affecte les vols intérieurs et internationaux, et un ras-le-bol de plus en plus grand des usagers.
Enfin, le chantier de la clinique à Nouville une nouvelle fois bloqué …

Métropole – Le fait marquant est le suicide du Sénateur-Maire Jean Germain, « martyre de la République » indique son avocat. Dans une lettre d’adieu, le Sénateur indique que sa mise en examen reposait sur un « tissus de ragot, sur un tissus de rumeurs ». Aujourd’hui, toute la classe politique s’interroge sur le respect de la présomption d’innocence et sur une forme de justice et de presse qui favorise la transgression de ce principe fondamental et qui peuvent attenter gravement à l’honneur de personnes mises finalement hors de cause. 
Ce drame rappelle le suicide de Beregovoy, dont François Mitterrand avait estimé qu’il avait été « jeté en pâture aux chiens ».
Quant à Jean-Marie le Pen, « Français de 1000 ans », il récidive et fustige une France « gouvernée par des immigrés », est plutôt élogieux pour le Maréchal Pétain, et conclut « ils commencent tous à me gonfler avec la République » !

Sport – exceptionnelle qualification d’Auxerre club de Ligue 2 pour la finale de la Coupe de France face à Guinguamp, club de Ligue 1 par 1-0. Tournoi du Pacifique de chasse sous-marine en apnée avec la participation d’équipes d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de Guam, de Tahiti dans le secteur de la passe de Dumbéa. Les calédoniens sont en tête.

L’Actu du Mardi 7 avril 2015

Mardi 7 avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Le fait marquant est l’interview de Gérard Reignier, Secrétaire général de l’Union Calédonienne, interrogé mardi matin par Elisabeth Nouar. Premier constat : le Président de l’UC a pris seul la décision de faire alliance avec Calédonie Ensemble pour porter Philippe Germain à la présidence du gouvernement, décision à laquelle G. Reignier « ne se sent pas lié ». Des demandes d’explication son à prévoir au bureau politique de cet après midi. Pour autant, G. Reignier considère qu’il n’y pas scission à l’UC mais laisse entendre que les uns et les autres vont se retrouver sur les dossiers à venir. « Les 6 ont une majorité au gouvernement, mais pas au congrès ». Ce sont en effet les groupe qui décideront au congrès, un groupe UC présidé par Roch Wamytan …
Sur les « contre-parties », la position du responsable de l’UC est claire : « ce n’est pas possible de donner un blanc-seing comme ça. Il faut forcément s’engager sur quelque chose ».
Sur l’application du Contrat de Gouvernance Solidaire des loyalistes, Gérard Reignier estime que dès le départ, en refusant à Cynthia Ligeard une majorité pour élire Gilbert Tyuienon à la Vice-présidence, puis en la mettant en cause dans le dossier Prony-Pernod, un manoeuvre de déstabilisation de la Présidente avait été mise en oeuvre.

Nouméa L’association des riverains de la Baie des Citrons écrit pour la 4è fois aux responsables institutionnels ainsi qu’à la Maire de Nouméa pour demander qu’une solution soit trouvée pour les nuisances sonores du quartier.
J’avais moi-même rencontré cette association au cours de ma campagne de 2014, et j’ai proposé une solution pour les riverains et les exploitants de boîtes de nuit selon  selon un processus « gagnant-gagnant ».

Métropole – Le fait marquant est la reculade de la RATP qui a finalement accepté -contrainte par les élus de tous bords et l’opinion publique- d’accepter les publicités pour le concert des prêtres avec la mention « en faveur des chrétiens d’Orient ». Cet épisode lamentable montre à quel point la laïcité a besoin d’être expliquée. Et d’abord dans les écoles de Nouvelle-Calédonie.

Sport – On retiendra l’exceptionnelle moisson de titres pour les nageurs calédoniens à Limoges, et celui du 400 mètres 4 nages pour Lara Grangeon après le papillon, le deuxième des championnats de France pour la jeune nageuse. Je rappelle le titre de Thomas Dahlia en 200 mètres brasse.
En foot, le fait marquant est la victoire du PSG sur l’OM par 3-2. Le PSG reprend la tête de la Ligue 1 mais devra se passer de David Luiz et de Thiago Motta.

L’Actu du Week End 4-6 avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Parenthèse dans la vie politique calédonienne. Ouf ! Je retiens comme fait marquant le titre de Thomas Dahlia sur 200 mètres brasse aux championnats de France de natation et son ticket pour les championnats du monde de Kazan. Une victoire magnifique qui souligne le formidable niveau de la natation calédonienne, et le non moins formidable travail des entraîneurs, des bénévoles et de l’accompagnement des familles. Bravo aux nageurs calédoniens.

Deuxième fait marquant : c’est la fête de la Pâques pour les chrétiens de Calédonie. Le Pape François a fustigé « l’indifférence » des nations face au massacre des chrétiens notamment en Afrique et au Moyen Orient. Un occasion pour rappeler l’imbécilité de la RATP qui a censuré une affiche pour le concert des prêtres au bénéfice des chrétiens d’Orient.

Métropole – Le fait marquant est la baisse de 11% de l’insécurité routière en mars 2015 par rapport à mars 2014. Cynthia Ligeard qui a hérité de cette responsabilité dans le gouvernement Germain a localement du pain du la planche.

Sport – Après la performance de Thomas Dahlia, c’est le foot qui retient l’attention des media et de millions de français : le « classico » PSG-Marseille.  Pour Paris, l’enjeu est le maintien à la tête de la Ligue 1 après la victoire de Lyon sur Guingamp, Lyon nouveau leader.

Honte à la RATP ou l’intégrisme laïc stupide

La censure de la RATP à l’encontre de l’affiche pour un concert de prêtres au bénéfice des chrétiens d’Orient fait scandale en métropole.

Sous prétexte de laïcité la RATP a exigé que la mention « au bénéfice des chrétiens d’Orient » soit retirée de l’affiche. Mais on a trouvé précédemment dans les couloirs du métro des affiches montrant des femmes voilées, des femmes aux seins nus ou encore des publicités pour encourager l’adultère dans des sites de rencontre spécialisés !

J’avais déjà qualifié de lâcheté au plus haut niveau la condamnation de la France après la décapitation des chrétiens coptes par les islamistes en Libye. Le communiqué officiel évoquait des citoyens égyptiens pour éviter d’indiquer qu’ils avaient été assassinés parce que justement, ils étaient chrétiens.

Les Yasidis, et d’autres familles de chrétiens d’Orient subissent un génocide de la part de Daech. La RATP l’ignore. La laïcité est une liberté, pas un enfermement imbécile qui va jusqu’à taire les racines de la France. Honte à la régie.

JCGB

Prise de pouvoir au gouvernement – Le dessous des cartes

L’élection de Philippe Germain à la présidence du gouvernement « à la hussarde » n’est pas une initiative bidouillée à la va-vite. C’est le fruit d’un travail de préparation minutieux parce que délicat, entre quatre partenaires qui ne poursuivent pas tout à fait les mêmes objectifs, mais qui se sont accordés sur l’étape du 1er avril. Néaoutyne, les « nordistes » de l’UC, Calédonie Ensemble et l’Etat. Acteurs et Décryptage.

Néaoutyne, relais des socialistes
D’abord l’Etat. Ou plutôt le gouvernement central. Ou même le Président de la République. Il faut en effet se souvenir que la Nouvelle-Calédonie a participé aux primaires socialistes. Sous quelle égide ? Celle du Palika de Paul Néaoutyne. Lequel a ensuite largement contribué à la campagne de François Hollande, même si le mandataire était Marie Paule Robert et le président du comité de soutien Octave Togna.

Aujourd’hui, au sein des institutions, au plan politique, Néaoutyne est considéré comme incontournable. Et avec quelque raison, il est devenu l’interlocuteur privilégié du pouvoir socialiste.

Son modèle de développement économique -le seul modèle réellement configuré en Nouvelle-Calédonie- est de surcroît conforme à la pensée socialiste, frondeurs compris ! Et ce qui ne gâche rien, même si André Dang y est pour beaucoup, comme l’Etat d’ailleurs, le patron du Palika, Président de la province nord, a acquis la stature de celui qui a transformé le rêve en réalité : l’usine du Nord.

Paul Néaoutyne avait-il intérêt à favoriser l’accession de Calédonie Ensemble à la présidence du gouvernement ?

Oui. Pour plusieurs raisons. Economiquement immédiates : consolider la position des usines de la province nord en allégeant la facture fiscale e la SMSP, en assurant l’approvisionnement de l’usine Posco, et en développant sans tarder une politique visant à prendre le contrôle du domaine minier calédonien, celui de la SLN compris. Politiquement à court terme : faire progresser les idées indépendantistes contenues dans le transfert des compétences en s’appuyant sur des principes de décolonisation et plus prosaïquement, sur la pression fiscale. Economiquement à court et moyen terme : accroître le contrôle public sur les grands moyens de production et de développement. Et politiquement à moyen terme : faire pencher le referendum vers l’accession à une pleine souveraineté notamment « interne », telle qu’il l’a exposé dans une interview récente accordée au Nouvelle Calédoniennes.

Les « nordistes » de l’UC
Il existe une certaine « porosité » entre le Palika et l’UC dans le nord. A l’exception notable de Gilbert Tyuienon, le maire de Canala, qui visait la présidence de la province nord, et qui s’est fait « bouter » hors de toute responsabilité dans cette province par Paul Néaoutyne.

Une partie de l’UC soutien le schéma d’André Dang et la réussite à tout prix de l’usine du nord, ce qui comprend la stratégie minière mise en oeuvre par le Palika.

Dans cette mouvance, des élus de l’UC, et notamment du nord, n’ont pas de mots assez durs pour fustiger ce qui apparaît pour eux des faiblesses fiscales et un manque de détermination contre les lobbies économiques d’importation du sud proches notamment du Rassemblement et d’une partie de l’UCF.

Et puis, au sein de l’UC, chaque désignation du Président du plus vieux parti politique calédonien montre les lignes de division, et demain peut être, de fracture, entre le sud de Roch Wamytan, et il y a peu, de Charlie Pidjot, et le nord de Naouna puis de Goa.

Dans ce contexte, le patron de l’UC a décidé d’imposer son point de vue brutalement.

Calédonie Ensemble « coincé »
La chute du gouvernement provoquée par la démission de la liste Calédonie Ensemble ayant abouti à une impasse, deux choix se présentaient à Philippe Gomes :

  • soit effectuer une retraite stratégique en préservant la solidarité du bloc loyaliste,
  • soit passer en force en brisant un certain nombre de digues et surtout, en contredisant ses déclarations publique excluant fermement toute hypothèse d’une élection de Philippe Germain avec le concours des voix indépendantistes.

Coincée, Calédonie Ensemble devait se déterminer sans trop tarder, au risque de paraître ridicule. C’est donc la deuxième hypothèse qui a été choisie, probablement encouragée par les socialistes et quelque deus ex machina de leurs rangs. Et peut être le Président lui même …

Le rétablissement de l’ordre institutionnel en Nouvelle-Calédonie avec le soutien des kanak indépendantistes et accessoirement, ce qui pourrait apparaître comme un coup porté aux sarkozystes locaux n’est, en effet et à court terme, pas une mauvaise affaire pour le gouvernement socialiste.

Pour le patron de Calédonie Ensemble, c’était d’abord administrer une nouvelle preuve qu’il est capable d’obtenir ce qu’il veut et qu’il est devenu sinon le seul, l’homme fort de Calédonie.

C’était ensuite conquérir les moyens -et au total, ils sont considérables- d’assoir son pouvoir pour le moyen et le long terme. Province sud, gouvernement, sièges à l’Assemblée nationale, bientôt Conseil économique et social, en 2017 les 2 sièges de sénateurs, plus la myriade d’organismes et d’établissements contrôlés, de Promosud à la BCI. C’est du très lourd.

L’avantage de Philippe Gomes sur ses adversaires, c’est d’abord qu’il est seul maître à bord de son parti. C’est ensuite son indéniable capacité à imaginer puis à mettre en oeuvre une vraie stratégie de conquête.

Un scénario en plusieurs actes
« L’axe » Gomes-Néaoutyne n’est pas nouveau. Débat à deux en campagne provinciale, contacts fréquents, considération mutuelle ont forgé une vraie proximité entre les deux hommes. Pour que Paul Néaoutyne donne publiquement sa préférence à Philippe Gomes, pour qu’il accepte de porter à la présidence du gouvernement le représentant du parti qui a construit une campagne électorale contre l’adoption du drapeau de l’identité kanak, il fallait qu’il y en ait, de la proximité …

Avec l’UC, l’approche était plus complexe. Mais les proches d’André Dang, les anti-Pidjot /Wamytan encouragés par des personnalités de haut rang proches du pouvoir socialiste ont facilité les choses. Et incité au coup de force de Goa.

Dans l’avion du Président de la République, au cours de plusieurs séjours parisiens, à l’occasion de la visite de missionnaires véritables mici dominici, le scénario s’est forgé. Le voyage à grand frais pour la mise en service de l’extension de l’usine Posco a été un moment fort de la conclusion de l’accord.

Il fallait laisser passer l’écueil de la réforme de la Loi organique soumise au Congrès, puis opérer rapidement. C’est ce qui s’est passé. L’Etat était évidemment informé jour après jour, et mercredi dernier, heure par heure, et pour cause !

Et c’est ainsi que Philippe Germain et Jean-Louis d’Anglebermes se sont retrouvés mercredi après midi aux commandes du gouvernement calédonien.

Une situation complexe. Explosive ?
Pourtant, le coup de force déconseillé par le Président socialiste de la commission des Lois de l’Assemblée nationale lui même, créée une situation très complexe en Nouvelle-Calédonie. Et cette situation n’est pas qu’arithmétique.

Le camp des loyalistes est durablement divisé. L’Union Calédonienne va connaître de fortes tensions entre le Nord, le Sud et les Iles. Philippe Gomes et Calédonie Ensemble vont avoir bien du mal à expliquer cette alliance avec les indépendantistes dont personne ne croit qu’elle s’est faite sans contrepartie. Economiquement, l’inquiétude régnante risque de s’aggraver. Tout cela dans un contexte morose dans lequel les graves ennuis de l’usine du nord vont accentuer la croissance du chômage.

Les tensions vont s’exacerber, c’est une certitude. Le combat politique va devenir plus violent que jamais. Les anathème vont faire florès.

En 1982, le renversement d’alliance entre le RPCR et la FNSC avait fait chuter Dick Ukeiwe  et porté Jean-Marie Tjibaou au pouvoir. Certes, Philippe Germain se rattache au camp loyaliste. Mais le journal « Demain » n’a-t-il pas titré « l’élu du FLNKS » ?

En 1984, le 18 novembre au matin, sous un gouvernement socialiste qui avait fortement encouragé la manoeuvre éclataient les « événements ».

Dans un contexte, il est vrai, quelque peu différent, le pari de Philippe Gomes est plus risqué que jamais, même si tous les pouvoirs sont ou vont être entre ses mains. S’il arrive à convaincre les calédoniens qu’il ne les a pas trahis, il poursuivra irrésistiblement sa montée vers le Pouvoir. Sinon …