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L’ÉTAT DÉVOILE LE DOCUMENT FINAL SUR LES CONSÉQUENCES DU « OUI » ET DU « NON »

Comme il s’y était engagé, l’Etat, par le voix du Haut Commissaire Patrice Faure, a rendu public le document définitif explicitant « techniquement » les conséquences du « Oui » en cas d’indépendance de la Nouvelle Calédonie, et celles du « Non » si les électeurs choisissent de rester dans la République. Nous reviendrons en détail sur chaque items, mais en premier lieu, celui de la nationalité est essentiel.

LES DIFFÉRENCES ENTRE LE DOCUMENT DE MAI ET CELUI DE JUILLET
L’esprit du contenu divulgué au mois de mai denier reste le même. L’Etat ne prend pas partie, pour ou contre l’indépendance, mais décline concrètement les conséquences pour l’ensemble des habitants du territoire, et plus particulièrement, pour les citoyens de Nouvelle-Calédonie.

Plusieurs sujets sensibles sont davantage développés, en particulier, en cas de victoire du « oui »,  la nationalité, les transferts financiers, la situation des étudiants et les diplômes, ou le transport aérien. Pour ce qui est d’une éventuelle victoire du « non », c’est le « dégel » du corps électoral qui est développé.

NATIONALITÉ DU NOUVEL ETAT ET PERTE DE LA NATIONALITÉ FRANÇAISE
Incontestablement, c’est le sujet de la nationalité, en cas d’indépendance, qui fait débat. Et en particulier, la perte de nationalité française, une des plus enviées dans le monde.

Pour faire simple, et a priori, en cas de victoire du « oui », l’orientation donnée par les Accords de Nouméa est d’abord prise en considération. Selon cette orientation, la citoyenneté de la Nouvelle Calédonie aurait vocation à se transformer en nationalité.

Le document de l’Etat rappelle donc que « l’article 17-8 du code civil retranscrit le principe général selon lequel tout transfert de souveraineté sur un territoire entraîne changement de nationalité de la population qui y est domiciliée, sauf à s’établir hors de ce territoire (…) Sous la même réserve, les nationaux français, domiciliés dans les territoires cédés au jour du transfert de la souveraineté, perdent la nationalité française« .

Dans ces conditions, les citoyens de Nouvelle Calédonie deviendraient nationaux de Kanaky-Nouvelle Calédonie et perdraient la nationalité française.

Ce postulat de base peut être modifié par des conventions, des traités ou « à défaut, de manière unilatérale par la loi« .

En ce qui concerne la double nationalité, cette option qui pourrait être discutée entre les deux Etats est considérée comme exceptionnelle par la France.

La perte de nationalité est évidemment lourde de conséquence pour la circulation des personnes, les étudiants calédoniens, et les relations avec Wallis et Futuna. Ce sujet sera développé dans les articles à venir.

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DÉMISSION DE SAMUEL HNEPEUNE : L’ÉCHEC DE L’UC

En annonçant sa démission du gouvernement de Louis Mapou, Samuel Hnepeune est logique avec lui même. Ce technicien n’appartient pas au sérail politique, même si son frère Neko, ancien Vice-Président de l’Union Calédonienne, ancien maire de Lifou, ancien président de la province des Iles, demeure un cadre important de l’Union Calédonienne.

Plusieurs fois sollicité, après un passage au gouvernement dans le Cabinet de Gilbert Tyuienon, puis Secrétaire général adjoint, l’ancien cadre de banque devenu PDG d’Air Cal et président du Medef, avait finalement accepté. De conduire le 17e gouvernement Calédonien.

Hélas pour lui, après 5 mois de fausses et vraies discussions, de tergiversations, le Palika a finalement finalement ramassé la mise. C’est l’épilogue d’un échec de l’Union Calédonienne dont le président annonçait pourtant que le parti « irait jusqu’au bout ».

FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT DANS LA PRÉCIPITATION
C’est probablement une aile plus jeune et moins traditionaliste du parti, qui a précipité la chute du gouvernement ce 2 février 2021. Tous les membres du gouvernement indépendantistes démissionnent, après que la rumeur d’une censure ait couru. La suite est connue : le groupe UC/FLNKS/Nationalistes/Eveil Océanien se prend les pieds dans le tapis avec une élection du nouveau gouvernement pour laquelle la voix du Parti Travailliste n’a pas été « gérée ».

La liste de l’UC est conduite par Samuel Hnepeune, à l’issue d’une délibération des dirigeants close par le Secrétaire général. Pour cette fois, et contrairement à un processus interne qui dure depuis l’époque de la naissance du parti alors mené par Maurice Lenormand, les sections de base et les comités locaux n’ont pas été consultés.

Nous sommes alors en plein conflit sur la reprise de l’usine du Sud. L’Union Calédonienne et ses militants sont en pointe pour s’opposer au schéma -pourtant le seul crédible- incluant notamment le géant du négoce Trafigura. Selon une analyse juridique péremptoire, la chute du gouvernement Santa doit empêcher la poursuite de la poursuite de la procédure de cession. En fait, Thierry Santa participe normalement au Conseil des Mines puis au Comité consultatif des mines, et la transaction est autorisée.

UNE SUITE TROUBLÉE POUR LES INDÉPENDANTISTES
Tous cela n’empêche cependant pas l’élection d’un nouveau gouvernement. Et là, deuxième déconvenue pour l’UC. Ses stratèges n’ont pas prévu la crise d’urticaire de LKU, de l’USTKE et donc du Parti Travailliste, face à une liste conduite par l’ancien président du Medef. Et Patatras : le plan prévoyant 4 « ministres » au groupe UC/FLNKS/Nationalistes/Eveil Océanien s’effondre, au profit d’un équilibre 3-3 avec l’Uni Palika. La voix de l’élu du Parti Travailliste avait été négligée …

Pour le parti de Paul Néaoutyne, c’est la divine surprise. Il revendique alors, lui aussi, la présidence du gouvernement, arguant du fait que l’UC ne peut monopoliser à la fois cette fonction et celle du Congrès.

LA RECULADE DE L’UC
Finalement, après avoir clamé qu’elle ne lâcherait rien, l’Union Calédonienne se résout à porter Louis Mapou à la tête de l’Exécutif. Fini le « nous irons jusqu’au bout ». Et comme il s’y était résolu, Samuel Hnepeune a démissionné pour regagner son poste de PDG d’Aircal.

Certes, les indépendantistes vont maintenant s’appliquer à afficher une belle unanimité pour la campagne référendaire. Mais pour l’UC, le bilan est amer, et ressemble fort à un échec cuisant. D’autant que dans le gouvernement tant convoité, ses élus ne seront plus que deux …

A présent, et dans la perspective de l’élection du président du Congrès, plusieurs interrogations émergent. L’Union Calédonienne va-t-elle tout perdre avec la désignation au perchoir d’un non-indépendantiste, comme annoncé par l’Eveil Océanien ?

Certes, le parti de Milakulo Tukumuli affiche, une fois de plus, une position tarabiscotée. Il exige une candidature unique, comme si l’important, finalement, n’était pas, comme il l’affirme, d’équilibrer les Institutions avec un indépendantiste au gouvernement, et un partisan du maintien de la Calédonie dans la France au Congrès. Que cache cette manœuvre ?

Par sa démission, Samuel Hnepeune « fait monter » Vaimu’a Muliava, de l’Eveil Océanien. Cette bonne manière sera-t-elle « récompensée » par l’exfiltration de Roch Wamytan au Congrès ? Etrange.

Si tel était le cas, dans une alchimie qu’un alchimiste aurait bien du mal à comprendre, l’Union Calédonienne aurait enregistré le plus mauvais des calculs politiques de ces dernières années.

COVID : PASS EUROPÉEN PROCHAINEMENT DISPONIBLE

Les certificats Covid numériques européens bientôt délivrés en Nouvelle-Calédonie et la délivrance des certificats sanitaires européens attestant de la vaccination en Nouvelle-Calédonie débutera prochainement.

Ce document nominatif, muni d’un QR code, sera remis dans un premier temps au format papier et en priorité aux personnes vaccinées qui doivent voyager dans les tout prochains jours, pour un motif impérieux.

Il sera à retirer en personne ou par un tiers de confiance via une procuration (à télécharger sur le site gouv.nc), à un guichet dédié et uniquement sur rendez-vous.

D’ici à septembre, un téléservice permettra à toutes les personnes vaccinées de l’obtenir en ligne.

TOURISME SPATIAL : VOL RÉUSSI POUR RICHARD BRANSON

C’était la course entre milliardaires pour savoir qui serait le premier à effectuer le vol spatial purement touristique de l’histoire de l’humanité. A ce « jeu », c’est le milliardaire Richard Branson, fondateur de Virgin, qui a gagné.

Jeff Bezos, patron d’Amazon, a ainsi été précédé de quelques jours. Il s’envolera, lui, le 20 juillet prochain. Il a néanmoins félicité son concurrent après que celui ci ait atterri sur une piste de la base Spaceport America, dans l’État américain du Nouveau-Mexique, à environ 16 h 40, heure française.

Mieux que de longs articles, ces vidéos raconteront l’exploit.

AMI DE LA CALÉDONIE, DOMINIQUE BUSSEREAU PREND SA RETRAITE

C’était un ami fidèle du regretté Pierre Maresca. Cette amitié datait des années militantes aux Jeunes Giscardiens. C’est aussi un ami de la Nouvelle-Calédonie. Dominique Bussereau a occupé les plus hautes fonctions nationales, départementales et communales. Comme il l’avait annoncé depuis toujours, il se retire de la vie politique à 69 ans, un exemple que beaucoup ne devraient pas hésiter à suivre. Dans une interview accordée au Point, il se confie. Morceaux choisis.

« Le Point : Pourquoi avez-vous décidé de prendre votre retraite politique maintenant, à la veille d’une élection présidentielle ?
Dominique Bussereau : Je m’intéresse à la politique depuis la guerre d’Algérie, et cela m’a toujours passionné. Mais j’avais décidé depuis longtemps de ne plus avoir de mandat électif après l’âge de 70 ans. J’aurai 69 ans le 13 juillet, cela tombe bien. Je suis entré en politique jeune en adhérant aux Jeunes Républicains indépendants. Après 50 ans de militantisme et un premier mandat en 1983, j’ai estimé, non pas que j’eusse fait le tour de la question, mais qu’il y a un moment où il faut savoir s’arrêter. Continuer à se présenter indéfiniment me paraissait mal élevé. Cela ne m’empêchera pas de donner mon avis, de suivre la présidentielle, et même d’aider un candidat…

« Vous partez le cœur léger…
Très ! Parce que j’ai toujours eu la chance de partir de mon propre fait. Même si, sur toutes les élections auxquelles j’ai participé, il m’est arrivé d’être battu, notamment aux législatives en 1988. En 2010, quand j’ai quitté le gouvernement, j’avais demandé à Nicolas Sarkozy et à François Fillon de me laisser partir au prochain remaniement. En 2017, étant président de département, j’avais choisi de ne pas me représenter aux législatives. Et aujourd’hui encore j’avais décidé il y a six ans de ne pas être candidat aux départementales.

……………

« Est-ce la fin des partis politiques ?
S’ils ne se régénèrent pas, c’est certain. Les universités d’été ne font plus le job. Quand nous les avons créées avec Jean-Pierre Raffarin et Henri Giscard d’Estaing, cela durait trois semaines, nous y accueillions 100 jeunes par semaine pour les former à la rédaction des discours politiques, au débat, aux finances locales… Si les partis ne se remettent pas à préparer des élites politiques, ils vont mourir. Aujourd’hui, quel est l’intérêt d’être dans un parti politique ? Aucun ! Pire : avoir une étiquette de militant PS ou LR dans une élection locale est un handicap. Aujourd’hui, pour se lancer en politique, il vaut mieux être président de la jeune chambre économique ou animateur d’une association environnementale ! À Sciences Po, les affiches dans le hall proposent d’entrer chez JPMorgan, mais pas d’adhérer à un parti… C’est un vrai problème pour la démocratie.

« Comment en est-on arrivé là ?
La dernière belle initiative partisane, c’est la création de l’UMP en 2002. Après la défaite de Nicolas Sarkozy et la transformation de l’UMP en LR, le parti s’est rabougri. Ce n’est pas mieux à gauche : la présidence de François Hollande a fait éclater le PS avec les frondeurs. Être chef de parti n’intéresse personne : pour que les clés du PS soient à donner à Olivier Faure, c’est dire… Je n’ai rien contre Olivier Faure que j’aime beaucoup, mais ce n’est pas Mitterrand.

«  L’abstention est le plus grand parti de France depuis quelques années. Comment l’expliquez-vous ?
C’est lié à l’obsolescence des formations politiques traditionnelles et aussi aux chaînes d’info en continu qui mettent en scène 24 heures sur 24 des débats qui n’intéressent personne. Même moi qui suis passionné, dès que je vois un invité politique, je mets une série. Peut-être aussi qu’il n’y a plus les grandes personnalités charismatiques qu’étaient Jacques Chirac, Valéry Giscard d’Estaing ou François Mitterrand…

……………

« Quel est votre candidat préféré ?
Je ne suis plus à LR, mais je discute avec tous. Celle qui correspond le plus à mes goûts, c’est Valérie Pécresse : elle est la plus au centre. Mais j’aime bien Xavier Bertrand et je connais Michel Barnier depuis la nuit des temps. J’ai quitté LR à cause de Laurent Wauquiez, mais on s’est réconciliés.

« ….À quoi va ressembler votre nouvelle vie ?
Elle va suivre la bonne vieille règle des trois tiers : un tiers de vie familiale renforcée, un tiers de bénévolat au sein de la fondation Giscard d’Estaing, que l’on va développer. Je vais aussi m’occuper du navire Hermione. Et le dernier tiers pour une petite activité professionnelle : conseil d’administration, de surveillance et cours à Sciences Po et à HEC. »

SALON DU 4X4 À PAITA : LES CHINOISES ÉLECTRIQUES !

Le salon du 4×4 2021 à Païta ne déroge pas à la règle d’une grosses affluence. Il est vrai que le 4×4 est pratiquement une valeur du mode de vie dans la culture calédonienne. Mais cette année est marquée par l’apparition plus visible des voitures chinoises, et plus particulièrement, des voitures électriques chinoises. Attention : l’Empire du Milieu est devenu leader mondial dans une technologie de pointe qui va s’imposer sur la planète plus rapidement qu’on ne le croit. Innovation.

DISPARITION DE LA VOITURE THERMIQUE DANS DEUX DÉCENNIES
Les jours, ou plus exactement, les années de la voiture thermique sont comptées. En Europe, le groupe Volkswagen, et plus particulièrement Audi, a récemment fait sensation. La marque a officiellement annoncé qu’elle ne produirait plus de voiture thermique en 2033, c’est à dire dans à peine 12 ans ! Plusieurs autres marques de voiture ont emboîté le pas, avec davantage de prudence sur des gammes intégrant les hybrides.

Mais c’est la Chine qui sera un ogre dans le domaine des voitures électriques. Une véritable stratégie d’Etat a été mise en place avec des objectifs ambitieux visant, dans trois décennies à éradiquer la voiture thermique dans le plus grand marché de consommation au monde.

LES CHINOIS DÉJÀ EN TÊTE
Au salon du 4×4 à l’Arène de Paita, on trouve plusieurs leaders de la voiture électrique. Tesla, avec ses 4 roues motrices, mais également des japonaises, des coréennes et même des françaises.

Certains hybrides attirent l’attention du client, comme cette superbe compacte Susuki à moins de 2 millions !

Mais incontestablement, le clou du salon se trouve sous la tente d’Autovolt, avec les véhicules électriques du top mondial, chinois, BYD pour Build Your Dream.

BYD est déjà connu en métropole pour son usine de construction de Bus entièrement électriques à Beauvais. Un autre projet concernant la fabrication de véhicules est sur les rails.

En Chine, BYD avait détrôné Tesla depuis 2015. Au mois de mai de cette année, Tesla avait reprise le lead avec 33.463 ventes, contre 32.131 ventes à BYD et SAIC-GM-Wuling qui fabrique l’étonnante Hong Guang Mini ev qui coûte … 400.000 FCFP !

TANC EV : LA VRAIE SENSATION DU SALON CHEZ AUTOVOLT
La sensation du Salon se trouve sous la vaste tente d’Autovolt-MG motors. On peut y trouver la MG ZS ev, dejà connue grâce à une campagne de publicité robuste, et dont la clientèle a été séduite. Mais il faut surtout s’arrêter à la Tanc BYD S7 ev, une véritable merveille de technologie, de luxe de l’avant gardisme.

Cette voiture 100% électrique affiche 490 chevaux déployés par deux moteurs actionnant les roues arrières et les roues avant ! Les équipements sont plus que complets, avec en prime une tablette multimédia rotative, un système d’avertissement de franchissement des lignes, une clef intelligente, un détecteur anticollision de piétons, une montre GPS, des liseuses led, un pare-brise anti UV, à isolation thermique et anti bruit, ou encore un système de purification d’air !

Le 100 km/h est atteinte en 4,6 secondes et son autonomie est de 500 km !

En seconde prime, vous pouvez équiper un car-port de panneaux solaires et d’une batterie permettant la recharge totalement autonome de la voiture. Une technologie présentée sur le stand par Industrium.

D’autres véhicules chinois thermiques à des rapports qualité/prix époustouflants, sont également présentés au public. A noter en particulier les véhicules Changan et Geely, l’un des plus grands constructeurs chinois.

On vous le dit : dans la voiture, les Chinois débarquent.

LE PREMIER GOUVERNEMENT PRÉSIDÉ PAR UN INDÉPENDANTISTE EST UN ÉVÉNEMENT

Certes, la gestation a duré un record de temps : plus de cinq mois. Mais il n’empêche : avec l’installation d’un gouvernement calédonien indépendantiste après 1982, date à laquelle grâce aux voix de la FNSC, une majorité de l’Assemblée territoriale avait fait tomber le Conseil de Gouvernement vice-présidé par Dick Ukeiwé, au profit du Front Indépendantiste et de Jean-Marie Tjibaou, il s’agit d’un événement. Aujourd’hui, le contexte et l’institution sont différents. Explications.

A CINQ MOIS DU DERNIER RÉFÉRENDUM
Cette prise de pouvoir se situe dans un contexte très particulier : c’est en effet dans cinq mois tout juste que les Calédoniens seront appelés pour la troisième et dernière fois à se prononcer sur l’accession à l’indépendance du territoire, ou à son maintien dans la République. Autant dire que les capacités de gestion du nouveau gouvernement seront scrutées, et que chaque jour, les décisions s’inscriront dans cette perspective.

Bien entendu, les premières déclarations de Louis Mapou vont dans le sens de l’apaisement, de l’unité, et de l’invitation à traiter les problèmes de l’heure. La déclaration de politique générale est attendue, et ira dans ce sens. Mais l’exercice est convenu, même s’il est historique. Ce seront ensuite les actes qui prévaudront. Et les jugements qu’ils susciteront.

QUEL CABINET ? QUEL RECOURS À LA FRANCE ?
Au dela des paroles, les premières initiatives, les premières analyses seront révélatrices. Les commentateurs observeront d’abord la composition du Cabinet du président du gouvernement. Politique et militant ? Technique ? Les deux ? Le Cabinet reflètera les intentions du nouveau chef de l’Exécutif, et déterminera la qualité des relations avec les directions territoriales.

Viendra ensuite la résolution des problémes. Ils sont colossaux : voter un budget « définitif » sincère, en tenant compte des charges nouvelles résultant notamment de la gestion du Covid, mettre en œuvre le plan de redressement des régimes sociaux, gérer la crise sanitaire, conforter la CLR, et répondre aux multiples sollicitations qui viendront du camp indépendantiste. « A l’assaut des montagnes », a titré Les Nouvelles. La formule est pertinente.

Certes, certains pourraient envisager de « laisser la poussière sous le tapis ». Mais les urgences sont réelles et concrètes. Sans budget définitif, le déblocage des investissements ne pourra s’effectuer, provoquant la poursuite de licenciements notamment dans le bâtiment et les travaux publics. Sans dotation supplémentaire -700 millions par mois-, il faudra intégralement mettre à la charge des voyageurs les frais de quarantaine. Quant au Ruamm, sa situation impactera directement le paiement des fournisseurs des hôpitaux dès le mois prochain.

Alors, pour faire face, le gouvernement indépendantiste devra-t-il avoir recours à l’aide de la France … tout en prônant l’indépendance ?

ACHEVER L’INSTALLATION DU GOUVERNEMENT
Pour l’heure, d’ailleurs, passées les congratulations, l’installation du gouvernement doit se poursuivre pour qu’il puisse fonctionner. La répartition des secteurs est essentielle. A qui vont échoir les « portefeuilles » de la fiscalité, de l’économie, des mines et de l’enseignement ? Qui sera le porte-parole ? De combien de collaborateurs les cabinets seront-ils dotés ?

Quant à la vice-présidence, d’une importante relative compte tenu de l’absence de prérogatives liées à la fonction, elle sera surtout un éclairage politique. En se désistant,les non-indépendantistes ont clairement fait entendre qu’ils ne souhaitaient pas cautionner les décisions prochaines de ce gouvernement. Quant à l’Union Calédonienne, sa bouderie sera-t-elle passagère ? En ne revendiquant pas ce lot de consolation, le parti pourrait marquer un désaccord. Pas étonnant, puisqu’il a fallu cinq mois pour élire le président.

Bien sûr, ce dernier a exprimé sa déception quant aux refus des Loyalistes d’occuper la Vice-présidence. Il feint peut être d’oublier que les indépendantistes ont « viré » l’ancien président par une démission collective. Un trait révélateur de personnalité …

À L’UNI/PALIKA LA PRÉSIDENCE DU GOUVERNEMENT

C’est dit par l’actuel président du Congrès, Roch Wamytan : l’Union Calédonienne a décidé de « placer l’Uni à la présidence du gouvernement ». Ce serait le dénouement d’un psychodrame qui dure depuis cinq mois. Les indépendantistes, après avoir fait chuter le gouvernement Santa, se sont ensuite confrontés sur cette présidence, l’UC proposant Samuel Hnepeune, ancien président du Medef et Directeur général d’Aircal, et l’Uni défendant la candidature de Louis Mapou, ancien directeur de la Sofinor et ancien président du comité de direction de KNS. Epilogue.

QUI VA ÊTRE PRÉSIDENT ?
Cette révélation venant d’un seul responsable politique, tout en répondant à ces cinq mois d’incertitudes, pose en elle-même plusieurs questions. Au moins jusqu’à une conférence de presse annoncée pour demain.

La première concerne la procédure interne des partis politiques. Est-ce une nouvelle fois la décision des dirigeants des partis, ou bien leurs instances ont-elles préalablement consultées ? Du point de vue de l’UC, le comité directeur avait demandé que la question de la présidence de l’Exécutif soit réglée rapidement. Mais a-t-il entériné la décision importante annoncée ? On peut imaginer, par exemple, que le nom du futur président le sera définitivement acté au cours du week end. Mais dans cette affaire, tout comme la décision précipitée de démissionner du gouvernement, bien des règles de fonctionnement ont été transgressées …

La seconde est le nom du promu. Tout le monde s’attend à ce que Louis Mapou soit l’élu désigné. Mais après les écharpages passés, un autre candidat pourrait-il réaliser la synthèse ?

L’INCONNUE DE LA PRÉSIDENCE DU CONGRÈS
La deuxième échéance « fonctionnelle », c’est à dire celle aboutissant à une répartition des postes, sera l’élection à la présidence du Congrès. C’est pour l’instant un épais mystère en raison de l’attitude de l’Eveil Océanien.

Milakulo Tukumuli a annoncé et confirmé que pour respecter l’équilibre des Institutions, il serait alors en faveur d’un président du Congrès non indépendantiste. C’est, en clair, affirmer à Roch Wamytan qu’il perdra sa présidence.

On peut tout de même imaginer que l’élection du président du gouvernement s’effectuerait postérieurement à celle du Congrès. Histoire pour le groupe de l’UC/FLNKS/Nationalistes de vérifier, le cas échéant, la loyauté de son partenaire Eveil Océanien.

Chacun a en effet compris que « l’équilibre des Institutions » passe par le retour d’un élu de l’Eveil au gouvernement. Le numéro d’équilibriste est fascinant. Mais va-t-il trouver ses limites ?

UN NOUVEAU GOUVERNEMENT LA SEMAINE PROCHAINE ?

On s’habitue à tout, même à un gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes. On aurait presqu’oublié que le 17e gouvernement calédonien n’est toujours pas constitué en l’absence de l’élection de son président, une situation qui dure depuis bientôt 5 mois. Un record. Mais les corps sociaux rappellent aux élus la précarité de notre situation, parce qu’elle va se manifester de plus en plus dans le quotidien des Calédoniens. Des fournisseurs, créanciers des régimes de santé, ne vont prochainement plus être payés. Des médecins qui s’en vont, des Calédoniens otages du Covid, des régimes de retraite menacés. Rupture de trésorerie pour certains, licenciements nouveaux qui s’ajouteront aux incessants licenciements silencieux qui se succèdent depuis plusieurs mois. Il en va de même pour des secteurs économiques, associatifs. Au pied du mur, la nouvelle majorité indépendantiste au gouvernement va-t-elle se décider à désigner son président ?

Cela fait déjà plusieurs semaines que la question ne leur a pas été posée, officiellement, par une convocation de l’Exécutif, pour constater la carence ou, au contraire, une élection . Le nouveau Haut-Commissaire, nouvellement installé, devrait normalement s’en acquitter, après les réunions infructueuses organisées par son prédécesseur le 17 février, le 2 mars, le 1er avril et le 12 mai. En tout cas, il ne serait pas étonnant qu’il le fasse dans les prochains jours.

Les indépendantistes, quant à eux, sont désormais confrontés à une autre échéance : celle du 12 décembre, date à laquelle les électeurs vont être convoqués pour indiquer une dernière fois s’ils veulent ou non, l’indépendance de la Nouvelle Calédonie. La situation de blocage qu’ils ont eux-mêmes créée au gouvernement pèse désormais comme un boulet après de leurs partisans, déjà troublés par les récents « événements » autour de l’usine du sud, comme par les précisions apportées par l’Etat sur les conséquences du « Oui ».

Gilbert Tyuienon, Vice-président de l’Union Calédonienne et membre du 16e comme du 17e gouvernement, a indiqué que le Comité Directeur de son mouvement, réuni le 19 juin dernier, avait demandé « à régler la situation assez rapidement« . Ajoutant que des discussions avaient repris avec le partenaire Uni/Palika.

Le président de l’Eveil Océanien, dont le groupe au Congrès fait partie du rassemblement indépendantiste de l’Union Calédonienne, du FLNKS et des Nationalistes, a indiqué quant à lui, dimanche soir, que le 17e gouvernement serait en place avec le 15 juillet.

L’ensemble de ces indices concourt à rendre plausible une nouvelle convocation du 17e gouvernement dès la semaine prochaine. L’histoire à venir ne dit pas si l’élection du président en résultera, ni s’il s’agira alors de Louis Mapou, de Samuel Hnepeune, ou d’un autre. Ce qu’elle retiendra, en revanche, ce sont les conditions de conflit et d’incertitudes qui l’entourent, et encore plus sûrement, la gestion des affaires qui marquera la suite.

UN NOUVEAU GOUVERNEMENT AVANT LE 15 JUILLET DÉCLARE TUKUMULI

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Interrogé par Nadine Goapana dimanche soir sur le plateau télé de NC1ère, le président de l’Eveil Océanien a livré ses sentiments et quelques indications après son retour de Paris. Election des présidents du gouvernement et du Congrès, choix de nationalité en cas d’indépendance.

UN NOUVEAU GOUVERNEMENT AVANT LE 15 JUILLET
Sur l’élection du président du nouveau gouvernement, Milakulo Tumuli indique que son parti qui fait partie du groupe UC/FLNKS/Nationalistes/Eveil Océanien au Congrès, a été en contact avec ses partenaires de l’Union Calédonienne au cours de la semaine écoulée.

Cette semaine, ce sont les responsables de l’Uni que l’Eveil Océanien devrait rencontrer. Précision de l’élu : « Etant donné que la date (du référendum Ndlr) est fixée, on n’est plus dans un gouvernement dans un choix politique« , une situation qui, selon lui, impose de régler notamment l’affaire pendante du Ruamm. Dans la foulée, il annonce un nouveau gouvernement en place « avant le 15 juillet« .

UN PRÉSIDENT LOYALISTE AU CONGRÈS
« Nous ne formons pas de majorité, nous mettons en place des présidents, au gouvernement et au Congrès« , affirme le président du parti océanien. Dans cette logique, et après avoir rappelé que, grâce aux voix de l’Eveil, les indépendantistes disposent d’une majorité au gouvernement pour la première fois depuis fort longtemps, il déclare à propos de la présidence du Congrès : (…) « normalement, on devrait mettre un président loyaliste à la tête du Congrès » (…)

JE SUIS AVANT TOUT WALLISIEN ET FUTUNIEN
Sur la question de Nadine Goapana relative à la nationalité que Milakumo Tukumuli choisirait en cas d’indépendance, et dans l’hypothèse où, comme indiqué par les autorités françaises à Paris, le régime de double nationalité serait à écarter a priori, l’intéressé a précisé : « Je suis avant tout Wallisien et Futunien. Ensuite, je suis Calédonien. Et après, je me sens Français. Donc je choisirais la nationalité du nouvel Etat parce que je me sens foncièrement Calédonien« .

Pour mémoire, les indépendantistes ont indiqué dans leur projet que la nationalité envisagée pour Kanaky-Nouvelle Calédonie serait kanak. Il résulte des précisions apportées à Paris que dans l’hypothèse de l’indépendance, les Wallisiens et les Futuniens auraient le statut d’étrangers dans le nouvel Etat, tandis que les nationaux de ce dernier auraient, eux, le statut d’étrangers à Wallis et Futuna.