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L’UNI-PALIKA VEUT LA PRÉSIDENCE DU GOUV ET L’INDÉPENDANCE POUR KANAKY-NOUVELLE CALÉDONIE

Un communiqué publié par l’Uni confirme la volonté du parti de Paul Néaoutyne d’installer Louis Mapou à la tête du 17e gouvernement calédonien. Pour l’Union Nationale pour l’Indépendance, « contrairement aux propos tenus par certains, cette situation ne réside pas en une querelle d’égo entre les candidats pressentis, mais de l’analyse du résultat du vote du 17 février. L’UNI considère qu’une grande confiance lui a été accordée et par voie de conséquence, à Louis MAPOU, militant indépendantiste de longue date au sein du PALIKA et de l’UNI, pour que les différentes actions qu’il mènerait en étant à la tête de ce 17ème gouvernement conduisent à la pleine souveraineté de notre pays. »

Le Palika affirme son engagement pour « des réformes fiscales » et « sociales« , et surtout à gérer « l’ultime période du processus de décolonisation« .  » C’est dans cette vision d’avenir, que l’UNI persiste à croire que la présidence du 17ème doit être confiée à L. Mapou« , conclut le mouvement séparatiste.

Pas de réaction de l’Union Calédonienne, dont la plupart des dirigeants estiment que Samuel Hnepeune est le plus apte à président le gouvernement au cours de la période pré-référendaire.

Les semaines à venir montreront lequel des deux partis indépendantistes va céder. Mais même si tout celà n’est pas une « querelle d’ego » comme le prétend l’Uni, l’accession au pouvoir exécutif par les indépendantistes a fort mal démarré.

La querelle, qui elle, est réelle, prouve en tout cas que la lutte pour le pouvoir dans Kanaky a commencé avant même une éventuelle accession à l’indépendance. Les experts en décolonisation ne manqueront pas de faire un parallèle avec des situations qui perdurent dans la plupart des pays indépendants africains.

LE PRINCE PHILIP D’EDIMBOURG EST MORT

« C’est avec un profond chagrin que sa majesté la reine annonce la mort de son époux bien aimé le prince Philip, duc d’Edimbourg« . C’est avec ce message que le palais de Buckingham a annoncé, vendredi 9 avril, la mort du prince Philip, époux de la reine Elizabeth II. Selon le communiqué, il est mort « paisiblement ce matin au château de Windsor« , à l’âge de 99 ans.

Le prince Philip est décédé quelques semaines seulement après une hospitalisation d’un mois à Londres pour une infection et un problème cardiaque préexistant.

Deux pas en retrait, le grand amour de la souveraine a fidèlement accompagné la reine Elizabeth pendant plus de soixante-treize ans. Même s’il devait souvent s’effacer, le prince Philip était resté impétueux, malgré le sacrifice de sa carrière et les lourdeurs du protocole. « Mon premier, second et ultime emploi est de ne jamais laisser tomber la reine« , avait-il expliqué à son secrétaire particulier, Michael Parker, juste après son mariage, en 1947.

Le prince Philip est né sur l’île grecque de Corfou, le 10 juin 1921. La légende raconte qu’il a vu le jour sur la table de la cuisine du palais Mon Repos. Le prince s’appelle Philippe de Grèce et de Danemark et naît sans nom. Sa famille se faisait appeler « de Grèce » faute de patronyme hellénique. Le descendant des rois de Grèce et du Danemark est alors le cinquième enfant et unique fils du prince André de Grèce et de la princesse Alice de Battenberg.

Le prince Philip vit ses premières années en exil, après avoir fui la Grèce avec ses parents à 18 mois, à bord d’un navire de l’armée britannique, dissimulé dans une caisse d’oranges. Après avoir séjourné à Londres, la famille du prince Philip s’installe à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Le duc d’Edimbourg y passe une enfance sans le sou et quelques années d’insouciance jusqu’à son retour en Angleterre, à l’âge de 7 ans.

Ecriture, peinture, aviation, polo… Le prince Philip était un hédoniste aux mille passions. Grand fan de sport et pilote d’avion, il était aussi féru d’équitation. Il fut l’un des joueurs de polo les plus réputés du pays jusqu’en 1971 avant de se tourner vers les compétitions d’attelages de chevaux. 

Il aimait aussi la peinture et fut d’ailleurs un peintre amateur de talent, jusqu’à exposer l’une de ses œuvres au palais de Buckingham en 2016. Le duc d’Edimbourg était aussi un collectionneur d’art et un écrivain.

Au Vanuatu, à Tanna, un village considère le duc d’Édimbourg comme une divinité associée aux esprits du volcan Yasur. Selon la mythologie locale, un esprit à la peau noire aurait émergé d’un volcan actif, tenant dans sa main droite des feuilles, signe de la maîtrise de la nature. Un esprit vêtu de blanc serait lui aussi apparu, tenant un objet susceptible d’être un marteau, symbole de la technologie. On raconte qu’il se serait envolé pour un pays lointain pour y épouser une reine. Il s’agirait, selon ce village, du prince Philip.

L’ÉTAT, INCONTOURNABLE, INVITE LES POLITIQUES CALÉDONIENS À PARIS

En invitant les principaux représentants des groupes politiques à Paris, le Président de la République et le gouvernement veulent reprendre la préparation de l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Sous quel format ? Le choix entre la grande migration habituelle, ou un format plus compact ? Un mix entre le « comité Leprédour » et ceux qui demeurent les signataires de l’Accord de Nouméa et de Matignon ? En attendant, l’Etat a réduit la dette Covid du territoire de 10 milliards, une somme importante transformée en aide directe.

LE POIDS DE LA FRANCE
La crise sanitaire et celle de l’usine du Sud pèsent indéniablement dans le choix des Calédoniens sur l’avenir institutionnel du territoire. Dans la vie réelle, et au delà des rodomontades de quelques leaders, la fragilité de la Nouvelle-Calédonie est apparue plus clairement.

L’économie locale a pu éviter la faillite grâce à une intervention de l’Etat, les vaccins et les tests en nombre suffisant ont été fournis par l’Etat, et la reprise de l’usine du sud par Prony Resources n’a été possible que grâce à un engagement financier de l’Etat.

Les indépendantistes eux-mêmes, lors de cette dernière crise, ont demandé tour à tour, une reprise du dossier par l’Etat, et même, … une « nationalisation » du complexe industriel de Goro.

Dans ces conditions, il ne fait pas de doute que l’avenir post-référendaire de la Nouvelle-Calédonie pourrait être envisagé avec davantage de réalisme, notamment de la part des séparatistes.

LES PERSPECTIVES RÉFÉRENDAIRES
En cas de référendum demandé par les groupes indépendantistes au Congrès, deux réponses devront être apportées par l’Etat, avec les concertations habituelles. La première concerne la date du scrutin et son organisation. La seconde pourrait être la question à poser aux électeurs.

En ce qui concerne la date, peu de doute : le gouvernement central ne prendra pas le risque d’une catapultage entre la campagne présidentielle et le scrutin d’autodétermination. Reste quelques questions récurrentes comme l’inscription automatique sur les listes électorales …

Pour ce qui est de la question posée aux électeurs, à l’évidence, Sébastien Lecornu, le gouvernement et peut être, indirectement, le président de la République, mettront tout leur poids pour tenter de faire prospérer une « solution consensuelle », c’est à dire un statut nouveau pouvant convenir à tous, avant l’ultime scrutin. Dans ces conditions, la question posée aux électeurs devrait être changée. Mais devant la part importante des idéologies, la route est encore longue.

LES PERSPECTIVES POST-RÉFÉRENDAIRES
Indéniablement, l’Etat semble souhaiter approfondir tous les cas de figure post-référendaires. La situation réelle de la Nouvelle-Calédonie en cas de victoire du « oui ». Avec bon nombre d’indications fondamentales susceptibles de faire réfléchir les électeurs. Et la situation à faire évoluer, en cas de nouvelle victoire du « non ». Avec les différents schémas institutionnels imaginés ou à mettre sur pied.

Une des questions sera alors essentielle, pour tous : le corps électoral sera-t-il « dégelé » immédiatement après le référendum ou à l’achèvement de la mandature provinciale actuelle ?

INDÉPENDANTISTES/GOUVERNEMENT : LES PIEDS DANS LE TAPIS ?

Provoquer la chute d’un gouvernement sans avoir préparé la suite, c’est l’impréparation révélée par l’incapacité des indépendantistes à s’accorder sur le nom du président. Inutile, dans ces conditions, de se poser la question de savoir si un programme avait été mis au point. Le pire est peut être à venir.

En attendant, la situation a tout de même des aspects ubuesques. Les censeurs sont, pour l’instant, en train de se censurer eux mêmes. Le gouvernement censuré est celui qui gère la crise sanitaire apparue en début de mois, et l’un des leaders indépendantistes, Jacques Lalié, président de la province des Iles Loyauté, propose qu’entre l’Exécutif chargé d’expédier les affaires courantes et urgentes, et le nouveau gouvernement qui peine à se mettre en place, il soit créé un … gouvernement transitoire !

Il laisse même entendre que le différend entre l’Union Calédonienne et le Palika-Uni n’est pas près de se résoudre puisqu’il suggère que ce « gouvernement transitoire » assure le pouvoir exécutif du territoire « sereinement jusqu’au troisième référendum« . Pas moins !

L’idée n’est pas sotte, mais elle suscite deux réflexions.

La première, c’est que le deux principaux partenaires indépendantistes n’ont aucune perspective d’accord pour mettre sur le trône de la route des Artifices soit Louis Mapou, soit Samuel Hnepeune. A moins que l’information ne soit pas encore parvenue aux Iles.

La seconde, c’est qu’il s’agit d’une démonstration de la décrépitude de l’Institution en ce sens qu’elle ne répond plus du tout à la réalité politique de 2021, dans sa composition, dans son fonctionnement, dans ses attributions. Certains iront même jusqu’à dire, dans la pertinence de son existence.

Il n’est, en tout cas, pas inintéressant qu’un indépendantiste « appelle toutes les forces vives de toutes sensibilités politiques à engager une démarche innovante et consensuelle qui dépasse les clivages partisans, tenant compte de notre identité plurielle« .

Pour s’engager dans cette voie, il s’appuie sur le récent accord concernant la reprise de l’usine du Sud, auquel sont parvenus les indépendantistes et Les Loyalistes emmenés par Sonia Backes, que beaucoup érigeaient en épouvantail -« chef de guerre » …

Certes, on voit mal comment un « gouvernement transitoire » pourrait se mettre en place. Une telle procédure n’est évidemment pas prévue dans la loi organique. Jacques Lalié évoque une solution politique. Celle-ci ne peut s’appuyer que sur le gouvernement élu le 17 février. On peut imaginer un accord entre les 11 « ministres », mais d’abord sur quel nom pour la présidence ? Sur quel programmes ? Avec quelle répartition des secteurs ? De quoi susciter tout de même quelques migraines.

En tout cas, Jacques Lalié, au travers de son communiqué, fait clairement le constat de l’impasse politique et institutionnelle dans laquelle nous sommes, et invite tout aussi clairement au dialogue entre « toutes les sensibilités politiques ».

Serait-ce l’ouverture d’un boulevard, ou plus modestement, d’un chemin, pour ouvrir également un dialogue constructif sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie ?

C’est la voix d’un élu éminent des Iles qui s’est manifestée. Qu’en pensent ses amis de la Grande Terre ?

TOUT SAVOIR SUR L’ACCORD POUR LA REPRISE DE L’USINE DU SUD

A l’issue de plusieurs mois de violences traduisant une contestation sur le schéma de reprise de l’usine du Sud par une entité dénommée Prony Resources comprenant 51% d’intérêts locaux, l’outil industriel a été mis à l’arrêt. Les personnels de l’usine et ceux des entreprises sous-traitantes ont été, soit licenciés, soit placés en situation de chômage partiel. L’échéance décidée par le propriétaire brésilien, Vale, pour le rachat de l’usine ou sa mise sous cocon a plusieurs fois été repoussée. Depuis près de 3 semaines, des négociations de la dernière chance ont été entreprises entre les contestataires et la président de la province Sud accompagnée par Les Loyalistes, sous l’égide du président du Congrès Roch Wamytan, « facilitateur ». Ces négociations, au cours de 16 réunions, ont abouti à un accord rendu public par les parties hier après midi.

LES SIGNATAIRES
Cet accord a été signé par les parties locales, les engagent, mais n’engagent qu’elles, bien entendu. Il s’agit du président du Congrès, des représentants de la province Sud et Les Loyalistes, du représentant de la province des Iles Loyauté, du FLNKS, du collectif Usine du sud/usine pays et de l’Ican, instance coutumière de négociation.

Dans sa forme, l’accord n’est pas encore ratifié par les assemblées concernées, et détentrices de droits. L’accord n’aborde pas cet aspect, mais il vaut évidemment engagement de leurs représentants.

LA COMPOSITION DU REPRENEUR
L’accord stipule que le capital du repreneur, Prony Resources et dont le nom commercial sera « Goro Resources », sera détenu par 4 entités :

– La Société de Participations Minières du Sud (SPMSC) à hauteur de 30%, société composée des 3 provinces avec 50% dévolus à la province Sud qui en assure la gouvernance,

– Une entité dénommée « fiduciaire », « à hauteur de 21%, qui transmettra progressivement ses titres au FCPE à hauteur de 12%, et au Fonds de Prévention des Risques Environnementaux et socio-culturels (FPRESC) à hauteur (sans participation financière),

Trafigura, n°2 mondial du négoce du pétrole et des matières premières, société créée par des Français et basée en Suisse,

– La Compagnie Financière de Prony qui porte notamment les parts  de l’encadrement. Sans Antonin Beurrier.

UNE SOCIÉTÉ PORTEUSE DES TITRES MINIERS
Sud Nickel sera une société dont la vocation consistera à porter les titres miniers concédés à l’exploitant. Sud Nickel sera une filiale de Promosud. La Province des Iles, au travers de la Sodil y détiendra 5%, ainsi que la FPRESC évoqué ci-dessus.

La création d’un tel dispositif est originale et constitue une première en Nouvelle-Calédonie. Elle n’altère pas la compétence de la province en matière minière conférée et garantie par la Loi Organique de 1999 qui porte statut de la Nouvelle-Calédonie.

TESLA PROPOSÉ COMME PARTENAIRE INDUSTRIEL
L’accord recommande un partenariat « industriel » avec Tesla pour intégrer de manière durable les produits de l’usine du Sud dans la fabrication des batteries électriques du géant américain.

Ce rapprochement vise également à orienter la qualité de la production de l’usine pour la rendre la plus pertinente possible au fil des évolutions technologiques et des besoins en nickel.

DES PRESCRIPTIONS ENVIRONNEMENTALES DRACONIENNES
Un partie importante du document concerne la sécurité du barrage, la qualité des résidus et la préservation environnementale. De nouvelles études seront commandées sur le barrage. Une attention particulière est recommandée pour l’exécution du projet Lucy et les émissions de l’usine.

LES CONSÉQUENCES DE L’ACCORD SIGNÉ
Bien entendu, les termes de l’accord concernent exclusivement les signataires. Mais on peut imaginer que les effets immédiats seront la remise en marche de l’usine, et la signature rapide de la vente entre Vale et Prony Resources dans sa nouvelle configuration.

Les assemblées compétentes devraient également être saisies des questions les concernant.

L’accord stipule que d’autres industriels pourraient être approchés. En ce qui concerne Tesla, aucun accord n’a pour l’instant été rendu public. Les recommandations formulées dans le document signé par les parties calédoniennes n’engagent évidemment pas Elon Musk, mais on sait que des contacts positifs avaient déjà été pris.

L’Etat, à ce stade, n’apparaît pas, mais il s’est déjà engagé de manière essentielle dans le projet de reprise. On peut supposer qu’il sera soulagé du retour à la normale au plan économique, histoire de pouvoir se consacrer au troisième référendum.

ESPOIR D’ACCORD SUR L’USINE DU SUD

Rien n’est définitivement scellé, mais des signes laissent espérer que les négociations entamées depuis une quinzaine de jours sous l’égide du « facilitateur » en la personne de Roch Wamytan, le président du Congrès, pourraient aboutir. Les heures qui viennent sont cruciales, d’autant que dans de telles discussions, à ce stade, le diable se cache dans les détails. A n’en pas douter, les responsabilités nouvelles et à assumer des indépendantistes à la suite de la chute du gouvernement militent en faveur d’une solution « équilibrée ». Mais les négociations ont ceci de commun avec les élections : les résultats sont certains à leur issue, et jamais avant.

C’est surtout un communiqué conjoint du FLNKS, du collectif Usine du Sud/usine pays et de l’Ican qui laisse apparaître des avancées. Depuis samedi, les « bases » des différents acteurs de la contestation menée depuis plusieurs mois sont en consultation sur « le packegde d’une solution de compromis pour l’avenir de l’usine du Sud ».

Trois items cruciaux constituent ce « packedge » (package-ndlr) selon le communiqué.

En premier lieu, le sort des personnels menacés de chômage, les personnes sous le coup d’une procédure judiciaire, les conséquences des blocages et celles relative à la cohésion sociale des Calédoniens.

En second lieu, la situation environnementale, et les assurances données ou obtenues sur la sécurité du barrage dit KO2.

En troisième lieu, le maintien ou non de Trafigura dans le montage de reprise, l’entrée d’un nouvel industriel et « les verrous à faire sauter ».

Toujours selon ce communiqué, les signataires sont en capacité « d’annoncer publiquement que des points d’équilibre ouvrant la voie d’une solution négociée entre les parties est en voie de consolidation entre l’Ican/collectif d’un côté et de l’autre la présidente de la province Sud/les loyalistes« .

Plusieurs éléments ont été avancés par des médias ou sur les réseaux sociaux. En ce qui concerne le second industriel, Glencore aurait été approché, mais aurait décliné la proposition. Pour ce qui est de Trafigura, sa participation est jugée fondamentale par la province Sud, notamment pour la crédibilité de l’écoulement des produits de l’usine sur le marché international. Mais sa participation au capital pourrait-elle être minorée ? Il a probablement été question du rôle d’Antonin Beurrier : restera ? Et si oui, dans quelles conditions ?

Ce communiqué, en tout cas, nourrit l’espoir d’un épilogue. Il faut dire que tout ce monde est aujourd’hui face à des responsabilités concrètes, car elles concernent des milliers de personnes et de familles. Le travail, ses revenus, les conditions de vie de chacun sont des valeurs intrinsèques qui sont indépendantes des opinions et des appartenances politiques.

On peut ajouter que la prise du pouvoir gouvernemental par les indépendantistes, et même s’ils ne s’accordent pas pour l’instant sur la présidence, les place en situation de responsabilité de gestion d’un pays, avec cette question politiquement majeure : en seront-ils capables ?

Usine du Sud, Présidence du gouvernement, Solution Consensuelle, une semaine chargée qui s’ouvre

Chaque jour a son lot de surprises et de sujets importants. Mais la semaine qui s’ouvre sera cruciale pour celles qui suivront. Elle peut engager l’avenir immédiat de la Nouvelle-Calédonie, autant que l’avenir à long terme du territoire. Le sort de l’usine du Sud, la personnalité qui sera désignée à la tête de l’Exécutif local et la position de l’Etat sur l’après référendum sont les sujets majeurs qui vont l’animer.

La reprise de l’usine du Sud pourrait connaître son épilogue politique, avant la conclusion commerciale. Hier, au JT de NC1ère, le président du Congrès, Roch Wamytan, a indiqué que des réunions, dont il est le « facilitateur », se tiennent depuis près de 15 jours entre les contestataires impliqués dans les troubles de l’usine du Sud et la présidente de la province Sud. Curieusement, ces réunions, quotidiennes au dire du président du Congrès, n’ont fait l’objet d’aucune déclaration et se sont déroulées « dans la plus stricte intimité ». Les observateurs ne manqueront pas d’en tirer l’enseignement que ce silence indique que les discussions ont probablement pris une bonne tournure. Après les consultations nécessaires, et en particulier des « bases », la semaine qui s’ouvre devrait connaître une avancée majeure dans ce dossier. Soit vers le consensus, soit vers une rupture, toutes tentatives de conciliation épuisées.

L’élection à la présidence du gouvernement va-t-elle connaître, elle aussi, son épilogue ? Rien ne paraît moins sûr, mais le Haut-Commissaire a convoqué les … protagonistes ce mardi. Là aussi, rien n’a filtré sur d’éventuelles tractations et d’éventuels accords. Difficile, tout de même, d’admettre que les difficultés entre l’UC et le Palika se sont aplanies en 2 jours, après la déclaration de Daniel Goa indiquant que son parti irait « jusqu’au bout ». Dans ce contexte, s’il y avait élection mardi, ce ne pourrait être que celle de Samuel Hnepeune.  Mais ce que n’a pas évoqué l’actuel président du Congrès, c’est, pour l’Union Calédonienne, la possibilité ou non de cumuler la présidence du Congrès et celle du gouvernement dans ce cas de figure …

Sébastien Lecornu a repris le terme -et l’objectif- mis en exergue par Jacques Lafleur en 1991 : « Solution consensuelle ». L’Etat a pris conscience, semble-t-il, que le résultat du troisième référendum ne réglera nullement la situation de la Nouvelle-Calédonie, contrairement à ce que pensaient les signataires des Accords de Nouméa. Une moitié de la population opposée à l’autre moitié, cela ne donnera raison ni au « oui », ni au « non ». Le ministre des Outre mer, depuis qu’il a pris ses fonctions et mis ses mains dans le cambouis calédonien, s’est rendu compte d’une autre chose : indépendantistes et non-indépendantistes sont capables de parler et d’agir sur ce qui les sépare. Mais pour ce qui les rassemble … Autrement dit, en s’exprimant dans la tribune du JDD, Sébastien Lecornu se résout à prendre les choses en main pour éviter le pire vers lequel les acteurs de la vie politique calédonienne semblent inexorablement se diriger. Au fond, ce n’est pas nouveau. Avec la mission du dialogue et le tête à tête imposé de Matignon, la décision de Bercy pour lever le préalable minier en 1998, le dépassement des réflexes jacobins pour écrire un statut de quasi-indépendance association en y adaptant la Constitution, l’Etat l’a fait à chaque échéance dangereuse. A n’en pas douter, il est finalement prêt à remettre le couvert pour la sortie de l’Accord de Nouméa.

GUÉRILLA ARMÉE PERMANENTE À L’USINE DU SUD : TOLÉRABLE SUR UN TERRITOIRE DE LA RÉPUBLIQUE ?

Un bâtiment de l’usine du Sud récemment incendié

Que se passerait-il si une usine de la région de Bordeaux était depuis 3 mois en situation d’agression armée, soumises aux attentats d’une bande d’individus mettant en péril 3000 emplois, « dans une très large indifférence » ?

Vale NC dénonce des exactions quotidiennes, « des actes de destruction et de violences contre des salariés« , l’utilisation « de cocktail molotov et d’armes à feu« , faits d’agresseurs que l’industriel juge « organisés« .

« Plus personne ne doit pouvoir ignorer notre situation« , se désespère Vale NC dont on comprend que la maison mère veuille quitter rapidement un pays livré à la chienlit et sans réaction.

Le 7 janvier dernier, après l’assaut du Capitole américain, Emmanuel Macron rappelait solennellement l' »idée universelle d’un homme, une voix« , et affirmait qu’il ne fallait céder en rien à la violence de quelques uns qui veulent remettre en cause la démocratie

Alors que la France s’apprête à entrer en campagne électorale, Marine Le Pen a probablement de beaux jours à venir sur le Caillou …

LA « COLO » DES VILLAGES DE MAGENTA RAPATRIÉE DE L’ILE DES PINS

Un avion d’Air Alizé et l’hélicoptère de la Province ont été affrétés samedi dernier, pour permettre le rapatriement à Nouméa de 30 enfants et de 3 encadrants de l’association Les Villages de Magenta, bloqués à l’Île des Pins, à la suite de la panne majeure qui a immobilisé le Betico. Cette opération a été effectuée à la demande de Sonia Backes, la présidente de l’assemblée de la province Sud,

Faute de pouvoir assurer la quantité de nourriture suffisante et dans l’impossibilité d’avoir un rapatriement ces prochains jours sur Air Calédonie pour l’ensemble des enfants, les responsables de l’association se sont donc tournés vers les institutions pour tenter de trouver une solution avant l’arrivée de la dépression prévue à partir de mardi.

Devant l’inquiétude des familles, et après une tentative pour trouver une solution de rapatriement par la voie maritime, solution rendue impossible par l’état de la mer, ce sont finalement Air Alizé et l’hélicoptère de la province Sud qui ont été dépêchés.

SALE TEMPS : INTEMPÉRIES, AGGRAVATION DE LA SITUATION DE LA SLN, le Palika inquiet des conséquences de la crise, Matt Damon se réfugie à Byron Bay

En ce week end, l’actualité calédonienne est à la fois politique et météorologique. Dans les deux cas, le constat est le même : sale temps !

Pour la SLN, l’aggravation de la situation continue. La société, déjà placée sous mandat ad hoc, va se trouver en début de semaine sous la procédure de conciliation. Il s’agira, pour elle, et sous la responsabilité d’un conciliateur, de trouver un accord avec ses principaux créanciers pour geler le paiement de ses dettes. Premières « cibles » : la Cafat et les impôts, et par ricochet, un coup dur supplémentaire pour la Cafat, le territoire, les provinces et la commune de Nouméa.

Le Palika s’inquiète des conséquences négatives pour le camp indépendantiste des violences et des atteintes à l’emploi et à la Cafat. « Tous ceux qui, à un moment, se sont mobilisés pour le Oui, et qui, de par les actions ou par les exactions que l’on fait, finissent par s’interroger sur la pertinence de ce que l’on fait ». Les événements actuels et leurs retombées sur la situation économique et sociale du territoire peuvent-il impacter la demande de référendum annoncée par les séparatistes ? « Il nous appartiendra, à nous tous, de dire comment on bouge dans un contexte qui a bougé », a indiqué Charles Washetine au cours de l’assemblée générale du parti qui se tenait samedi à Koné.

Quant à la météo, elle complète bien ce tableau catastrophique, tout en demeurant dans un registre plus modéré, mais avec une dépression qui rode. Le bulletin de météo France apporte les prévisions suivantes :

Ce matin :
Sur Bélep, sur le nord-est et la pointe nord de la Grande Terre, ainsi que sur le nord des Loyauté, le temps est couvert et pluvieux, voire orageux, sous l’influence d’une petite dépression juste au nord de Bélep. Sur le nord des Loyauté notamment, les pluies deviennent plus intenses. Le reste du pays est moins impacté par ces bandes pluvieuses : le ciel est très nuageux, avec des éclaircies plus fréquentes en allant vers le sud, et les averses qui circulent sont faibles et éparses, plus nombreuses sur le Sud-Est.
Quant au vent, sur l’extrême Nord, la pointe Sud, le Nord-Est et le nord des Loyauté, ainsi que sur le Sud-Ouest, il se renforce autour de 25 noeuds, avec des rafales à 35 noeuds, de secteur Est à Sud-Est. Ailleurs, il se maintient autour de 20 noeuds, avec des rafales à 30 noeuds, localement plus modéré sur le Nord-Ouest à l’abri de la chaîne entre 15 et 20 noeuds.
Cet après-midi :
Le temps reste couvert et pluvieux, avec parfois de fortes pluies et de l’orage sur la moitié Nord, et le nord des Loyauté. Les averses sont plus faibles sur le Sud-Est, le sud des Loyauté, rares ailleurs.
Sur le Sud-Ouest, l’extrême Nord, le nord des Loyauté et le Nord-Est, le vent de secteur Est reste rapide, autour de 25 noeuds avec des rafales de 35 à 40 noeuds. Il souffle entre 20 et 25 noeuds rafales 30 à 35 noeuds sur l’extrême Sud et Maré, et entre 15 et 20 noeuds sur le Nord-Ouest.
Les températures sont stables ou en légère hausse, avec 27 à 31 degrés.
Aperçu pour lundi et mardi :
Lundi, sur la pointe Nord, le nord des Loyauté et la côte Est, le temps reste très nuageux et instable, avec un risque d’averses modérées à fortes. Ailleurs, le ciel s’éclaircit progressivement, et les pluies deviennent sporadiques.
Le vent de secteur Est reste fort sur le Sud et les Loyauté, entre 20 et 25 noeuds, avec des rafales de 30 à 35 noeuds. Ailleurs, il faiblit entre 10 et 15 noeuds, voire 15 à 20 noeuds sur le Nord-Est l’après-midi.
Les températures minimales sont stationnaires par rapport à la veille. Les maximales sont en légère hausse sur l’Ouest, et stables ailleurs.
Mardi, le soleil revient plus franchement, même s’il est parfois voilé par des nuages élevés. Sur les Loyauté et la côte Est, les passages nuageux sont plus nombreux, et donnent quelques averses.
L’alizé de secteur Est souffle entre 15 et 20 noeuds, voire 10 à 15 noeuds sur l’extrême Sud, et 5 à 10 noeuds sur la côte Ouest.
Les températures minimales sont stables sur le Nord, en légère baisse sur le Sud. Les maximales sont stables.
Tendance pour la période de mercredi à samedi :
Mercredi et jeudi, un alizé plus sec s’installe. Quelques nuages bas et de belles éclaircies alternent. Les averses plus soutenues près du relief les après-midi reviennent à partir de vendredi.
Le vent est modéré à assez fort, d’Est mercredi, de Sud-Est ensuite.
Les températures se stabilisent, proches des normales de saison.

Nouvelles violences au Centre médical de Canala qui a été fermé vendredi, la province Nord se réservant la possibilité de renouveler cette fermeture en cas de récidive. Une excellente promotion de la destination auprès des médecins australiens, néo et fidjiens …

Augmentation des tarifs de cantine à Nouméa, une nouvelle qui suscite le mécontentement les parents d’élèves, mais imposée par la situation budgétaire de la ville. Le système de cantines scolaires est d’ailleurs une exception dans la région où même l’Australie et la Nouvelle-Zélande demeurent à celui des « lunch boxes » préparés par les parents des élèves.

Tous les Français vaccinés fin août, c’est l’annonce faite par le gouvernement … à condition que les doses de vaccins commandées soient livrées.

Matt Damon, la vedette hollywoodienne, le héros Jason Bourne,  s’est installé en Australie pour être davantage à l’abri du Covid. Il a obtenu en janvier l’autorisation de se confiner en quarantaine dans une maison à Byron Bay, à proximité de Surfers Paradise, une localité bien connue des Calédoniens qui se rendent à Gold Coast.