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OMICRON : POURQUOI LE NOM DU VARIANT A SAUTÉ 2 LETTRES DE L’ALPHABET GREC

Le dernier mutant du Sars-Cov-2, issu de Colombie, s’appelle Mu. Logiquement, le variant suivant aurait du être dénommé Nu, puis Xi. Mais voila : ces deux lettres familières aux anciens étudiants de grec, ont été sautées jusqu’à Omicron. Pour quelle raison ? Réponse.

La suivante était donc Nu. Mais l’OMS a voulu éviter un piège : celui d’une confusion avec le mot anglais « new ». Alors, exit Nu.

C’était ensuite au tour de Xi. Le jour de gloire pour la quatorzième lettre ? Négatif. « Xi n’a pas été utilisé parce qu’il s’agit d’un nom courant et que les meilleures pratiques de l’OMS pour nommer les nouvelles maladies suggèrent d’éviter d’offenser tout groupe culturel, social, national, régional, professionnel ou ethnique« , explique l’Organisation Mondiale de la Santé, dans un communiqué.

Offenser qui ? Il semble en effet que « le nom Xi est peu usité en Chine« , affirme le Canard Enchaîné dans sa dernière édition. Peu usité, mais célèbre depuis l’avènement de Xi Jinping. De là à imaginer que l’OMS a souhaité ne pas froisser le haut dirigeant chinois, il n’y a qu’un pas que le journaliste du Financial Times, James Pickard, a franchi allègrement.

RISQUE MOINDRE AVEC LE VARIANT OMICRON, AFFIRME L’OMS

Dans un avis rendu hier, l’Organisation Mondiale de la Santé assure que le risque de contracter une forme grave du Covid avec le variant Omicron est moindre qu’avec les autres formes du virus.

En revanche, aucune indication n’est encore fournie sur l’efficacité des vaccins contre le variant sud africain.

Cette affirmation est corroborée par la présidente de l’association médicale d’Afrique du Sud qui ne relève que de légers symptômes provoqués par Omicron. Importante fatigue d’une durée d’un ou deux jours et douleurs musculaires ont été constatés.

L’OMS juge ainsi inutile les interdictions de voyage pour endiguer la propagation du nouveau variant. L’organisation a recommandé ainsi une réponse des Etats « rationnelle » et « proportionnelle ».

LE FLNKS SE PLAINT DE LA CAMPAGNE AUDIOVISUELLE

Dans son dernier communiqué, le FLNKS se plaint de la campagne menée en faveur du « non » dans la campagne audio-visuelle officielle : « force est de constater que les messages ne sont pas plus originaux qu’aux précédentes campagnes référendaires en faisant toujours croire à nos concitoyens que voter NON nous assurera un avenir meilleur, et que c’est la seule solution viable pour l’avenir de nos enfants« .

Mais surtout, « le Bureau Politique FLNKS dénonce le caractère calomnieux, infantilisant et dégradant des spots animés du camp du NON« , demande le retrait de ces spots, et interpelle « le CSA, la commission de contrôle et le Conseil des Sages pour rétablir une situation plus saine« .

Les arguments sont-ils fondés ?

Côté non indépendantiste, on fait valoir que ces créations ne font que reprendre, sous une forme humoristique, les indications à caractère juridique du document de l’Etat sur les conséquences du OUI et du NON.

Les internautes qui s’expriment sur la page du FLNKS dit officiel, partagent majoritairement l’opinion du communiqué du Front, mais certains, pas du tout.

Or, les images et les spots audiovisuels diffusés lors la campagne officielle sont préalablement enregistrés et soumis à une commission de contrôle, et donc aux règles scrupuleuses édictées par le CSA. Si la diffusion a été autorisée, c’est que ces spots ne comportent pas d’images et de paroles calomnieuses et dégradantes.

Reste le contenu. Les indépendantistes ont déjà déclaré que le document de l’Etat était une pièce à charge et un engagement en faveur du NON, ce que contestent évidemment les représentants du gouvernement central. C’est probablement là que le FLNKS a manqué le débat. Il lui appartenait de démontrer que les indications sur la nationalité, sur les interventions financières de l’Etat, sur les relations d’un Etat souverain avec la France et les territoires français, consignées sur le document de l’Etat sont erronées, ou ne reflètent ni la vérité juridique, ni la vérité financière. Exercice probablement ardu.

Au total, si une majorité de partisans convaincus du OUI estime que la non-participation est une décision du FLNKS politiquement pertinente, il semble qu’une fraction de cet électorat s’interroge sur la stratégie choisie qui fait de l’absence, non pas une force, mais un vraie faiblesse dans le débat démocratique.

POIGNÉE DE MAIN : LE SOCLE DE LA STATUE EST PRÊT

Après la consultation du 12 décembre, la poignée de main historique entre Jean Marie Tjibaou et Jacques Lafleur rappellera l’esprit dans lequel a été lancée la construction d’une Nouvelle Calédonie cherchant la paix avec elle même. Dès 1988, en tout cas, elle avait ramené la paix civile, et scellé les Accords fondateurs de Matignon.

Le 13 décembre, le territoire aura soldé la longue période ainsi créée, et qui s’était poursuivie par l’Accord de Nouméa.

Pourtant, la réconciliation symbolisée par la poignée de main continuera à inspirer les discussions qui s’ouvriront. D’une initiative portée par la maire de Nouméa, Sonia Lagarde, Isabelle Lafleur et Marie-Claude Tjibaou, est née la Place de la Paix, sur la Place des Cocotiers, qui portera une statue figurant la poignée de main échangée entre les deux personnalités historiques de la Nouvelle Calédonie. Le socle vient d’en être achevé, prêt à accueillir l’œuvre mémorielle en juin prochain. Video.

TROISIÈME CONSULTATION : ET SI LES INDÉPENDANTISTES AVAIENT FAIT UNE ERREUR STRATÉGIQUE ?

En donnant comme mot d’ordre la « non participation » au scrutin du 12 décembre prochain, le FLNKS demande ainsi aux partis qui le composent d’inviter leurs militants à ne pas donner leur avis. Politiquement, ce sera un refus de participer à cette consultation. Juridiquement, ces absences seront comptabilisées au titre des absentions. Quant au résultat, ainsi que le rappelait le président de la Commission de Contrôle, toutes les jurisprudences électorales convergent vers sa validation, même avec une faible participation. Le 13 décembre, donc, la troisième consultation prévue par l’Accord de Nouméa, et demandée expressément par les indépendantistes, se sera déroulée. L’Accord de Nouméa sera clos. La Nouvelle Calédonie et la France devront passer la phase suivante dont l’Accord stipule simplement que les partenaires doivent se réunir pour envisager la suite.

QUELLE STRATÉGIE INDÉPENDANTISTE ?
La situation politique présente est de nature à s’interroger sur la stratégie des indépendantistes. Et éventuellement à se demander s’il possèdent réellement une stratégie. Les événements qui se sont succédés depuis un an plaident en effet pour une telle interrogation.
Cela a été d’abord les mots d’ordre pour la contestation de la reprise de l’usine du Sud. Le FLNKS a voulu imposer Sofinor et Korea Zinc, au prix même d’actions violentes et d’exposition à des risques graves de ses militants. Le résultat a été un échec, d’abord parce que la Sofinor a été incapable de valider un partenaire crédible, ensuite parce qu’à l’évidence, aucun schéma de sortie n’avait été pensé. Résultat : un repli en rase campagne, et un accord sous l’égide de la présidente de la province Sud.
Cela a été ensuite la chute de gouvernement Santa. Les indépendantistes ont démissionné avec fracas, mais sans vraiment avoir préparé la situation. Résultat : 6 mois de tergiversations amères entre l’UC et le Palika.
Cela a été, dans la foulée, le déplacement en ordre dispersé, à Paris, sur l’invitation du Premier ministre, pour consulter sur la date du troisième référendum. L’UC et ses alliés s’y sont rendus, le Palika a refusé le déplacement.
Cela a été aussi l’élection du président du gouvernement. En finale, le candidat de l’UC, réputé favori, a du s’incliner devant celui du Palika, promu par le Parti Travailliste lors de l’élection des membres du gouvernement. Dans les jours qui ont suivi, Samuel Hnepeune a démissionné de l’institution.
Cela a été enfin la décision de non participation à la troisième consultation, avec des motivations qui ont varié au fil du temps. Manque de temps pour la campagne électorale dans un premier temps, situation sanitaire dans un autre, et processus de deuil dans le milieu Kanak dans un troisième temps.
Dans cette succession de phases depuis un an, il est bien difficile d’en extraire un fil conducteur et une stratégie cohérente.

APRÈS LE 12 DÉCEMBRE, L’UNION CALÉDONIENNE …. VA PRÉPARER LE TROISIÈME RÉFÉRENDUM
Une récente interview d’Elisabeh Nouar du président de l’Union Calédonienne sur RRB livre des éléments qui sont, pour le moins, étonnants. Pour l’UC, le 12 décembre n’est pas la troisième consultation, qui aura lieu ultérieurement … Extrait.
(…)
Daniel GoaOn y va avec espoir en espérant gagner
Elisabeth NouarMais vous n’y allez pas ! Vous ne pouvez pas gagner !!
DGOui au troisième … Ben pour le moment, c’est pas un troisième qui vient, et donc, nous irons au troisième et il y a de fortes chances qu’on gagne
EL C’est quoi ce troisième que vous voulez, c’est un troisième bis ? Parce que pour l’instant, il y a trois référendums prévus par l’Accord de Nouméa. Celui du 12 décembre va être organisé, va être validé. Vous en voulez un quatrième qui soit encore un référendum binaire ?
DGMais c’est pas le quatrième. Pour nous c’est le troisième.
ENEt celui du 12 décembre, c’est quoi ?
DGBen nous, ça ne vous concerne pas. La France se parle à elle même !
(…)

POUR LOUIS MAPOU, LE 12 DÉCEMBRE, C’EST BIEN LA TROISIÈME CONSULTATION
Les choses sont plus claires du côté du Palika, si l’on considère que la parole de ce parti peut être portée par Louis Mapou.
Dans sa déclaration de politique générale, le président du gouvernement livre une analyse qui, à l’évidence, est hors du contexte gouvernemental, et davantage politique. Il déclare ainsi : « S’agissant de la troisième consultation, nous en connaissons par avance l’issue et les implications. Pour autant, nous refusons de verser dans le pessimisme, car notre pays a en son sein un potentiel extraordinaire d’hommes et de femmes avec des histoires, des identités et des ambitions qui ne demandent qu’à se transcender dans une nouvelle Nouvelle-Calédonie« .
Pour lui, donc, la troisième consultation prévue par l’Accord de Nouméa aura bien lieu le 12 décembre prochain, créant ainsi un « pays » nouveau : la « nouvelle » Nouvelle Calédonie.
Depuis, le Palika n’a pas démenti, ni d’ailleurs aucun autre parti indépendantiste.
Mais il est vrai aussi que dans la perspective du maintien de la date du 12 décembre, le FLNKS avait immédiatement annoncé son absence de participation au scrutin, et également, son absence à toute discussion post référendaire. Changement de pied : désormais, il faudra compter avec les indépendantistes pour les négociations qui suivront un éventuelle victoire du « non ». Mais peut être pas dans un groupe de discussions rassemblant les partenaires calédoniens et l’Etat, et peut être uniquement au travers de « bilatérales » en direct avec la puissance colonisatrice. Advienne et comprenne que pourra.

COVID : « OMICRON », LE NOUVEAU VARIANT QUI FAIT TREMBLER L’EUROPE

Après le variant Delta, c’est un nouveau mutant qui s’est développé en Afrique du Sud. Il est réputé être plus contagieux, plus puissant, et peut être capable de contourner les défenses mises en place par les vaccins anti-covid. Mais ces informations n’ont pas été scientifiquement confirmées. En attendant, l’Omicron a infecté des passagers en provenance d’Afrique australe, et ayant débarqué en Belgique. Il risque donc de se propager dans toute l’Europe, à l’instar du Delta. La question est donc : quand arrivera-t-il en Nouvelle Calédonie ?

VOYAGES SUSPENDUS
Déjà, et après le Royaume-Uni, jeudi, plusieurs pays, dont la France, ont suspendu les liaisons aériennes avec l’Afrique du Sud, la Namibie, le Lesotho, l’Eswatini, le Zimbabwe, le Botswana et le Mozambique. «Tous les voyages aériens à destination de ces pays doivent être suspendus jusqu’à ce que nous ayons une bonne compréhension du danger posé par ce nouveau variant», a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula Van der Leyen. Les États-Unis attendent des « informations complémentaires ». L’OMS a rappelé vendredi qu’elle déconseillait « la mise en œuvre de mesures de restrictions aux voyages ».

UN VARIANT PRÉSENTANT DE NOMBREUSES MUTATIONS
Ce variant présente un nombre « extrêmement élevé » de mutations et « nous pouvons voir qu’il a un potentiel de propagation très rapide« , a déclaré le virologue Tulio de Oliveira, de l’institut de recherche Krisp, adossé à l’université du Kwazulu-Natal, lors d’une conférence de presse en ligne chapeautée par le ministère de la Santé sud-africain. « Certaines mutations sur le profil génétique de ce variant peuvent toucher la protéine Spike qui est la clé d’entrée du virus dans l’organisme« , a détaillé le ministre de la Santé français, Olivier Véran, vendredi, à Brest.

L’OMS TEMPORISE : PLUSIEURS SEMAINES POUR CONNAÎTRE L’IMPACT RÉEL D’OMICRON
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) déconseille pour l’instant de fermer les frontières, car elle estime qu’il faudra encore quelques semaines pour comprendre le niveau de transmissibilité et de virulence du nouveau variant B.1.1.529.
En attendant, l’OMS suit « de près » ce nouveau variant et se réunit vendredi pour déterminer sa dangerosité, a expliqué Christian Lindmeier lors d’un point de presse régulier des agences de l’ONU. « Il nous faudra quelques semaines pour comprendre l’impact de ce variant. Les chercheurs travaillent pour mieux comprendre les mutations et ce qu’elles pourraient signifier en termes de transmissibilité ou de virulence du variant, et quels pourraient être les effets sur les outils de diagnostics, les traitements et les vaccins« , a-t-il précisé.

DISCOURS DE POLITIQUE GÉNÉRALE : LE DÉCRYPTAGE

Après un report motivé par la « fragilité du climat économique et social », puis la constatation d’une absence de collégialité pour sa rédaction finale, la Déclaration de Politique Générale de Louis Mapou a bien été prononcée. Un long texte qui ne déroge pas aux intentions manifestées dans les précédents exercices du genre, mais qui a la particularité d’avoir été présentée par un président indépendantiste. Une première depuis la mise en place d’un gouvernement local dans le cadre des Accords de Nouméa. Et un exercice difficile pour un indépendantiste en quête de finances auprès de la France, et à la tête d’une institution comprenant une moitié de membres non indépendantistes.

LE CHOIX D’UNE SOCIOLOGIE QUI RASSEMBLE
Présenter un programme de gestion était quasiment impossible. Pour des raisons économique, d’abord. Les finances de la Nouvelle Calédonie sont exsangues, les entreprises sont en crise, et la solution ne peut venir que de l’Etat, donc de la France. Indépendance … Alors, tout naturellement, le président du gouvernement s’est tournée vers des thèmes plus consensuels, et dont l’évocation ne présente guère de risque.

Il s’est agi ainsi du thème de la lutte contre les inégalité, prégnant dans la vie politique calédonienne, -mais également métropolitaine- depuis des décennies. C’est une problématique réelle, prioritaire dans la devise de la République comme celle de la Calédonie. La question demeure : comment et avec quels moyens.

Il s’est agi ensuite du thème de la sociologie rassembleuse. Après le temps de la reconnaissance de l’identité Kanak, vient celui de celui des entités : « La société calédonienne a longtemps été une juxtaposition d’aires coutumières, de communautés, de cultures puis de provinces, et chacun se fait fort de s’identifier à ces entités« . On y retrouve les concepts de pluriculturalité, de pluriethnie, et des communautés. A la clé, le renouvellement de Melanesia 2000 sous la forme de « Caledonia Festival ». L’initiative n’aurait pas été reniée par Dewe Gorodey.

LES BONNES INTENTIONS
Pour le reste, le DPG tombe plutôt dans les lieux … communs à toutes les déclarations du genre. La réforme globale de la fiscalité, l’école performante, la cohésion sociale, la réduction de la dépendance des importations, la diversification économique, la transition énergétique, la sylviculture, l’habitat, la relance du tourisme ou encore la vie chère.

Le « nouveau modèle calédonien » en fait également partie. Comme d’ailleurs tous les « nouveaux modèles » annoncés ou espérés depuis des années : nouveau modèle de développement, nouveau modèle économique, nouveau modèle éducatif, nouveau pacte social. Reste à en lancer, un jour, la concrétisation.

Mais au total, ces items sont-ils critiquables ? Certainement pas. Autant les rappeler, dans l’espoir que certains d’entre eux progresseront ou verront le jour …

L’ÉNONCÉ POLITIQUE EST LE PLUS INTÉRESSANT
Comme dans bien des réunions à caractère politique, c’est à la fin que les sujets intéressants sont évoqués. Le discours de Louis Mapou répond à ce critère.

En effet, la situation politique est sans précédent. Les indépendantistes sont au pouvoir, la consultation référendaire mettant fin à l’Accord de Nouméa, et qu’ils ont demandée, va se tenir le 12 décembre. Et ils ont décidé ne pas y participer.

Dans ces conditions, la déclaration s’inscrit dans un contexte où il est probable que la Nouvelle Calédonie demeurera dans la République.

C’est le parti que, dans son discours, le président indépendantiste choisit. Pour lui, la rupture du contrat des sous-marins commandés par l’Australie est « l ’annonce d’un nouvel axe stratégique anglo-saxon place inévitablement la Nouvelle-Calédonie au cœur de la géopolitique française dans la zone IndoPacifique du point de vue diplomatique. Première puissance mondiale en termes de zone maritime grâce à la Nouvelle-Calédonie et la PF, la France doit sécuriser ses intérêts stratégiques dans la zone, notamment, ceux liés à l’exploitation des Zones économiques exclusives (ZEE). Les enjeux sont cruciaux puisque la Nouvelle-Calédonie offre à la diplomatie française la maîtrise des océans, la maîtrise des ressources halieutiques, des ressources minérales, la maîtrise des énergies renouvelables, de l’eau, mais aussi la maîtrise des liaisons maritimes et des flux de transport du commerce mondial. » Etonnant.

Louis Mapou ose ainsi se projeter dans l’après référendum, une ère post-Accord de Nouméa qui avait instauré cette bizarrerie de « souveraineté partagée ».  » Ne pourrait-on pas postuler de l’idée que, finalement, quoiqu’on en dise, s’il y a un gagnant, ça ne pourrait être que le pays ?« , suggère-t-il, en évoquant, non pas l’accession à l’indépendance, mais une discussion avec l’Etat «  sur tous les sujets sur lesquels il faut rénover le partage des compétences avec la Nouvelle-Calédonie.« 

Appelant « aux modalités d’un avenir serein entre nous, peuple de la Nouvelle-Calédonie, mais aussi dans notre relation statutaire avec l’Etat », Louis Mapou semble indiquer être favorable à une poursuite de l’esprit « de ce bel outil de décolonisation et d’émancipation qu’est l’Accord de Nouméa« .

Dans quel sens ? Celui d’une indépendance avec partenariat, prônée par son parti, le Palika, ou celui de l’invention d’une plus grande « souveraineté partagée » à l’intérieur de la République ?

Pour les juristes, et à partir du 13 décembre, la saison 3 s’avère passionnante.

AU GOUVERNEMENT, KOLLÉGIALITÉ KAPUT

« Je ne ferai pas ce que j’ai dit que je ferai », c’est souvent un adage que les politiques mettent un point d’honneur à appliquer. Cela ne concerne évidemment pas que les élus indépendantistes, mais en l’espèce, ils l’ont fait sien au gouvernement de la Nouvelle Calédonie. En cause, la Déclaration de Politique générale devant le Congrès, acte solennel prévu par la loi organique, et que tout président du gouvernement doit prononcer lors de la plus prochaine session de la première assemblée suivant son élection.

Un bug s’était déjà produit le 18 novembre dernier, date prévue pour cette fameuse DPG que Louis Mapou devait présenter. Celle-ci avait fait l’objet d’un report « compte tenu du contexte général de fragilité du climat économique et social ».

Chacun a compris alors qu’il s’agissait, en réalité, d’une difficulté au sein du gouvernement, la « fragilité du climat économique et social » perdurant depuis au moins 3 ans … De fait, la déclaration n’avait pas été discutée entre tous les membres de l’exécutif, ce qui en la circonstance, est le b.a.ba de la célèbre collégialité.

Pour la deuxième tentative, il semble bien que le travers de la première se soit répété. A moins que « le climat économique et social » se soit considérablement amélioré en une semaine. En tout cas, ce n’est pas l’avis des membres du gouvernement Avenir en Confiance. « Dans les précédents gouvernements, cette feuille de route a toujours fait l’objet d’une validation par les différentes composantes de l’exécutif avant d’être prononcée« , déclarent-ils, en condamnant « cette attitude qui traduit une manque de respect total de la collégialité« . Ils pourraient donc quitter la salle du prononcé avant la fin de l’allocation, « si une orientation non collégiale devait être donnée« .

Lors de la démission collective des membres indépendantistes qui avait fait tomber le gouvernement Santa en février dernier, une prétendue absence de collégialité faisait partie des motifs. Thierry Santa, en tout cas, avait consulté ses collègues lorsque, fraîchement élu à la présidence du gouvernement, il avait prononcé sa DPG.

Alors, amateurisme, ou volonté délibérée de rechercher l’incident de la part de la majorité indépendantiste du gouvernement ? Les choses pourraient peut-être s’arranger si, in extrémis, une « collégialité » était organisée avec la présentation de la DPG pour trouver un accord sur le contenu de la déclaration.

L’AVENIR DU NICKEL CALÉDONIEN SERA L’UN DES SUJETS MAJEURS DE L’APRÈS RÉFÉRENDUM

Que deviendront les complexes métallurgiques et miniers à l’issue de la troisième consultation sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle Calédonie ? Ce sujet n’est pas directement politique, mais il pèsera lourd dans les discussions.

C’est qu’en effet, la principale activité économique de l’archipel est malade depuis plusieurs années. Certains de ses outils survivent dans une situation dangereuse.

Il en va ainsi de KNS. En dépit des déclarations rassurantes, les récentes indications apportées par le nouveau président de Glencore, de même que les évolutions comptables l’intérieur du géant du négoce annoncent une prise de position prochaine du groupe sur l’entreprise calédonienne, dans laquelle il est minoritaire.

L’examen approfondi annoncé par Gary Nagle n’est en effet pas anodin. Les dizaines de milliards injectées régulièrement dans KNS ont interpelé les actionnaires et le management. Pour l’heure, la consigne -l’ultimatum ?- est d’équilibrer les comptes pour le milieu de l’an prochain. Sera-ce possible ?

Dans le sud, Vale n’avait pas procédé autrement, tout en étant, en revanche, majoritaire dans l’entreprise. Cela s’est soldé par une reprise, elle même facilitée par l’engagement financier du gouvernement français, et par une restructuration de la société pouvant, de manière crédible, conduire à un équilibre de ses résultats.

La SLN demeure tout autant dans le rouge. La conjoncture lui permet de jouer les prolongations. Mais sa situation demeure périlleuse autant que fragile.

Dans ce vaste dossier, qui sera en mesure d’intervenir pour prémunir la Nouvelle Calédonie d’une catastrophe industrielle et économique ?

Les finances locales, elles-mêmes en péril, ne peuvent évidemment pas y prétendre. Ni dans le Nord au travers de Sofinor et de la SMSP, ni dans le Sud, par les 34% détenues au capital de la SLN. Sébastien Lecornu a proposé, à plusieurs reprises, de mettre la question sur la table des négociations. En vain. Pourtant, elle s’imposera dans les mois à venir, et quel que soit l’issue de la consultation du 12 décembre.

LEVÉE PROCHAINE DE L’OBLIGATION VACCINALE POUR LES ARRIVANTS EN CALÉDONIE ?

La Nouvelle Calédonie est compétente en matière sanitaire. La liberté de circulation des personnes relève de l’Etat. Lorsque les élus calédoniens ont souhaité imposer la vaccination à toute personne débarquant sur le territoire, le représentant de l’Etat a souligné la nécessaire concordance des compétences. En effet, l’Etat ne peut imposer une règle sanitaire à une personne se déplaçant en Nouvelle Calédonie. Mais dans le cas où l’obligation vaccinale est une décision des autorités locales, alors l’Etat peut imposer aux voyageurs d’être en conformité avec cette obligation calédonienne, sous peine de ne pouvoir débarquer sur le territoire.

C’est ainsi qu’après que le congrès ait acté l’obligation vaccinale, l’Etat, dans les jours qui ont suivi, a imposé aux voyageurs se rendant en Calédonie, le respect des règles sanitaires du pays. Et donc, la vaccination obligatoire.

Cette obligation a fait l’objet du décret n°2021-1201 du 17 septembre 2021 qui stipule, notamment, que toute personne de 12 ans ou plus souhaitant se rendre en Nouvelle-Calédonie, doit être munie :
(…)
« d’un justificatif attestant d’un schéma vaccinal complet de l’un des vaccins contre la Covid-19 ayant fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par la Commission européenne soit :

  • Ÿ  s’agissant du vaccin “ COVID-19 Vaccine Janssen ” : 28 jours après l’administration d’une dose ;
  • Ÿ  s’agissant des autres vaccins : 7 jours après l’administration d’une 2e dose, sauf en ce qui concerne les personnes ayant été infectées par la covid-19, pour lesquelles ce délai court après l’administration d’une dose.« 

Si le régime sanitaire de la Nouvelle Calédonie change, et que l’obligation vaccinale n’est pas simplement reportée, mais annulée, l’Etat n’a alors, ni les raisons, ni la compétence pour d’imposer la vaccination aux voyageurs se déplaçant vers le territoire.

Pourquoi pas, après tout ?

Sauf que la menace du Covid ne cesse de se renouveler. L’Europe fait actuellement face à une nouvelle vague épidémique, touchant des pays où, pourtant, le taux de vaccination est très important.

Or, le variant Delta a déjà produit un sous-variant baptisé AY.4.2. Sa mutation concerne la protéine Spike, celle justement visée par les vaccins Arn, et dont la « destruction » empêche le coronavirus de pénétrer dans les molécules.

La 5e vague qui touche l’Europe, et donc la France -à une échelle réduite aujourd’hui-, pourrait générer de nouvelles mutations du Covid. Peut être, des variants encore plus contagieux, et donc plus dangereux. Nul ne le sait encore. La métropole, en tout cas, prend ses précautions en étendant peu à peu la troisième dose.

C’est peut être tout l’enjeu de la protection sanitaire de la Nouvelle Calédonie. Baisser la garde trop tôt risque d’avoir de sérieuses conséquences. Pour les non vaccinés, bien sûr, mais également pour ceux qui n’auraient pas reçu une troisième dose, en raison de la baisse rapide de la protection assurée par le premier rappel de vaccination.