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Derniers sondages : Sarkozy largement vainqueur des primaires

images-2Selon un sondage Ipsos en date du 6 mai dernier, si les primaires de l’UMP avaient lieu en ce moment, Nicolas Sarkozy serait désigné par 55% des suffrages, loin devant Juppé à 26%. Si l’ancien chef de l’Etat était contraint à un deuxième tour, il l’emporterait encore haut la main avec 64% des suffrages contre 36% au maire de Bordeaux.

Ce résultat tient compte de la capacité de mobilisation des sympathisants de la Droite et du Centre, cette mobilisation établissant une nette différence entre les avis et un éventuel vote.

Rappelons que les primaires auront lieu les 20 et 27 novembre 2016.

A gauche, selon un sondage d’Odoxa du 4 mai, les sympathisants de gauche préfèreraient Valls à 57% pour être candidat aux prochaines élections présidentielles. François Hollande, de son côté, est jugé négativement sur ses 3 années de bilan par 81% des français (sondage CSA du 4 mai 2015), lesquels sont 54% à estimer qu’aucune baisse du chômage n’interviendra avant 2017.

Les élections présidentielles pourraient avoir lieu les 23 avril et 7 mai 2017.

Carla Bruni enceinte selon Closer

 

carla-bruniNicolas Sarkozy et Carla Bruni attendent un heureux événement selon la formule consacrée. C’est le magazine Closer qui l’annonce . « Une grossesse qui tient du miracle, ou plutôt d’un merveilleux hasard pour le couple Sarkozy. Car, comme toute quadra, l’ex-Première Dame qui fêtera ses 45 ans à la fin de l’année avait des probabilités plutôt faibles de mettre en route aussi vite un nouveau bébé, d’autant qu’elle a allaité sa petite fille durant plusieurs mois. Mais ces chances existaient néanmoins« .

Un présage, peut être, pour le Président de l’UMP qui connaît les suites de ce qui semble être un acharnement judiciaire. Mais qui s’apprête à briguer un second mandat de Président de la République.

Le préambule de l’Accord de Nouméa Texte nationaliste calédonien

Si les indépendantistes ont adhéré au texte fondamental de l’Accord de Nouméa – son préambule – c’est que cet écrit, jugé à juste titre remarquable, dessine les principes d’un nationalisme  calédonien.

C’est l’analyse sans détour qui peut en être faite à sa lecture sous le prisme du discours de Renan de 1862 prononcé à la Sorbonne sur le thème « Qu’est-ce qu’une nation ? ».

En résumé, le futur académicien suggère dans ce célèbre exposé que ni la fidélité à une dynastie, ni la race, ni la langue, ni la religion, ni l’intérêt économique, ni enfin la géographie ne définissent une nation. Chacun de ces sujets, traité de l’antiquité à l’Europe de l’époque, n’apparaît à ses yeux fondamental dans la construction d’un « identité nationale ».

« Une âme,  Un principe spirituel »

Pour Ernest Renan, probablement inspiré par « le Peuple » de Michelet édité 14 ans auparavant, « une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. »

Le préambule de l’Accord de Nouméa prescrit que « Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun ». Il scelle un parcours historique émaillé « d’ombres et de lumière » pour en faire un patrimoine commun dans la perspective du « destin commun » et du désir de vivre ensemble.

On trouve là les éléments du passé et du présent décrits par Renan pour constituer « l’âme » et « le principe spirituel » d’une nation : d’un côté, un héritage historique commun et, de l’autre, la volonté de vivre ensemble aujourd’hui. Et demain.

« L’Accord de Nouméa peut aboutir à l’éclosion d’une nation »

Ce constat n’est pas en soi révolutionnaire. En effet, l’Accord de Nouméa est façonné de telle manière qu’il puisse, dans un cas sur deux, aboutir à l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie, c’est à dire à l’éclosion d’une nation.

Cette dernière hypothèse souffre cependant de handicaps apparaissant, pour l’heure, insurmontables.

Sur le passé, un travail considérable a été effectué. La reconnaissance de l’identité kanak n’en est pas le moindre.

Les « non kanak » – terme qui m’insupporte -, ont de leur côté accepté d’assumer ce passé, y compris l’histoire du bagne, sujet tabou dans de nombreux milieux, pendant plus d’un siècle.

Il leur manque l’essentiel : la reconnaissance par eux-mêmes et par les kanak, de leur propre identité. Celle que j’appelle de mes voeux, et qui est l’identité caldienne.

« Cette perspective se heurte aux choix institutionnels antagonistes »

Mais le handicap le plus lourd, et peut être insurmontable, pour accéder à un principe de nation, est la perception du « vivre ensemble » et du « destin commun ». On voit bien que cette perspective se heurte aux choix institutionnels antagonistes,  et qu’elle est contrecarrée par l’arithmétique électorale.

Ainsi, le texte essentiel de l’Accord de Nouméa fut-il aisément accepté par les indépendantistes qui y trouvent le fondement d’un nationalisme calédonien, après qu’il eussent renoncé au concept de nationalisme kanak.

La réponse à ces spéculations viendra-t-elle d’un referendum « couperet » et conçu comme tel, ou d’une nouvelle solution consensuelle à l’image de celle adoptée en 1998 ?

Les indépendantistes peuvent-ils trouver dans un principe de souveraineté excluant la souveraineté internationale la satisfaction à leur revendication par définition « nationaliste » ?

C’est tout l’enjeu de la période qui se clôturera par les trois consultations d’autodétermination.

JCG Briault

Manquait plus que ça : Des roussettes porteuses d’un virus parfois mortel ! Et nous, on les mange !!

Découverte fortuite, mais découverte réelle : des roussettes du Parc Forestier étaient porteuses du virus Nipah.

L’étude des différentes communications sur le sujet incite à la prudence raisonnable : certes, le virus est transmissible à l’homme « par des contacts directs avec des déjection de l’animal » et au Bengladesh, « des personnes ont été affectées après avoir consommé du jus frais de palmier-dattier » infecté.

Rien de bien grave, donc, sinon qu’il n’existe aucun vaccin pour l’homme, et que « le tableau clinique chez l’homme va de l’infection asymptomatique à un syndrome respiratoire aigu et une encéphalite mortelle ». C’est très rassurant.

Alors bien sûr, il s’agit de roussettes du Parc Forestier. On ne sait pas encore ce qu’il en est pour les roussettes agrippées dans les nids bien de chez nous.

C’est juste important, parce qu’en Calédonie, ce n’est pas une question de « marcher dans des déjections », ou de « boire du jus frais de palmier dattier » : sur la Terre de Parole, Terre de Partage, les roussettes, c’est « miam miam » : ON LES MANGE …

Un espoir subsiste : avant de les boulotter, on les cuit.

Eramet : 19 milliards CFP de perte en 2014 contre 44,5 milliards en 2013, mais des perspectives positives

imgresLe groupe Eramet ne paraît pas au mieux, mais fin avril, le PDG de la société mettait en relief le redressement de son groupe et ses perspectives positives.

 Les pertes de 2013 qui s’élevaient à 370 millions d’euros, soit 44,5 milliards FCFP ont été ramenée à 159 millions d’euros, soit 19 milliards de FCFP en 2014. En revanche, le résultat opérationnel courant est repassé dans le vert à 8 milliards FCFP pour un chiffre d’affaires stable à 370 milliards FCFP.

 Cependant, le PDG de la compagnie, Patrick Buffet, a tenu à apporter un certain nombre d’éléments sur l’investissement et la santé financière de son groupe.

 S’agissant de la compétitivité de la SLN, le PDG indique que « en 2015, le prix de revient d’Eramet nickel devrait être dans la moyenne du secteur, à 6,5 dollars la livre. Les investissements réalisés, poursuit-il, ont permis de moderniser et de réduite les coûts aussi bien de la mine que de l’usine, qui demeure la plus puissante de Nouvelle-Calédonie avec une production de 55.000 tonnes par an ».

 Mais Patrick Buffet confirme également la diversification nickel en cours en Indonésie, où le groupe contrôle « l’un des plus importants gisements au monde dont l’évolution des ressources a doublé depuis son acquisition, passant de 4 à 8 millions de tonnes de nickel contenu ».

 Le dirigeant d’Eramet précise que des négociations sont en cours, « notamment avec les autorités indonésiennes », pour la construction de l’usine.

 Investissements et modernisation des équipements au Gabon pour l’exploitation du manganèse, branche alliages qui demeure un des fleurons de la technologie de la compagnie, renforcement de la structure financière du groupe qui dispose de 250 milliards FCFP de liquidité financière, Eramet, selon Patrick Buffet, « reste la plus belle entreprise minière et métallurgique française ».

Tapages nocturnes réguliers à la Côte Blanche

Avec un peu de vent de sud-est, tous les quartiers au nord immédiat du Ouen Toro en profitent : Val Plaisance, une partie de l’Anse Vata et de Tuband se trouvent sous les décibels de la Côte Blanche en soir de week end.

La Côte Blanche, ces nuits là, c’est un véritable spectacle. Sonore. La découverte est plutôt hallucinante, et pourrait être pittoresque si deux vrais problèmes ne s’y attachaient.

Le premier, c’est que là se dessine une génération de futurs malentendants, déambulant au milieu de milliers de décibels vomis par des méga-chaînes musicales installées dans les camionnettes ou dans des 4×4.

Sur des voitures roulant au pas sur le parking autour de la descente de bateaux, des jeunes et des adultes sont assis quasiment devant des enceintes « crachant » 2000 ou 3000 watts. De quoi altérer durablement une ouïe soumise à un véritable son d’enfer …

Le second, c’est que la production d’un tel bruit, jusqu’à des heures tardives après minuit, pose des questions sur le respect de la tranquillité publique. Surtout quand il atteint des quartiers d’habitation.

Bien qu’il s’agisse des quartiers sud …

Militaires coupables, militaires héros

MILITAIRES COUPABLES, MILITAIRES HÉROS
La presse est, ces temps-ci, diserte sur les accusations de sévices sexuels d’enfants par des soldats français.

 Si ces actes abominables ont eu lieu, que les coupables soient punis comme il se doit. Ce ne sera que justice.

 Mais alors, que l’on parle autant de chaque militaire mort en opération extérieure, loin des siens, en Afrique, en Afghanistan, en Irak. Ou tout simplement sur le sol national en protégeant les populations.

 Qu’on écrive et qu’on parle autant, pour chacun d’entre eux, trop souvent anonyme, et dont la mort ne scandalise pas grand monde. Probablement, sans grand intérêt pour une certaine presse.search

Crise sociale dans les 3 mois – La Calédonie doit s’y préparer

Toute occupée à ses échéances politiques, aux conflits générés par les soubresauts de son gouvernement, à la modification de la loi organique et ses conséquences sur le corps électoral, la Nouvelle-Calédonie en oublie les fondements de sa situation actuelle plutôt bonne : sa santé économique.

400 FAMILLES EN DIFFICULTÉ
La mise hors service d’un des deux fours de l’usine du nord aura des conséquences que l’on ne connaît pas encore entièrement. Pour l’heure, une mission d’audit débarquée sur le territoire sur commande de Glencore met au propre une situation de KNS passée comme jamais au crible.

« C’est une crise, pas une catastrophe » communique KNS. Certes. Mais en tout cas, toute crise économique a des répercussions sur l’emploi, la consommation, l’activité des entreprises.

Dans un premier temps, KNS serre tous les boulons. Objectif : réduire de manière drastique les dépenses, donc les budgets. Visés en priorité : les sous-traitants dont l’activité devra s’ajuster dans les 3 mois à une production de 14.000 tonnes au lieu des 35.000 annoncées.

Résultat : des coupes franches dans l’activité et donc les effectifs. Et en clair, une réduction qui peut être estimée à 400 emplois. Ce qui impacte, à la louche, 400 familles.

UN PRÉCÉDENT DANS LE SUD
L’usine Valé, dans le sud, avait dans un passé récent, subi des déboires, sinon de même nature, du moins aux conséquences comparables. La fermeture de l’installation avait directement touché les sous-traitants de la société. Mais la conjoncture était bien différente, aussi bien politique qu’économique.

L’économie du territoire était en phase ascendante, tandis que le contexte politique était davantage apaisé. Il n’y a jamais de bon moment pour une crise, mais celle-la intervient vraiment à un mauvais moment.

CONSÉQUENCES AU NORD COMME AU SUD
En Province nord, et plus particulièrement dans le périmètre de VKP, la consommation et le logement vont pâtir de ces réductions. D’autant que le nombre d’expatriés va être réduit sans délai d’un bon 40%.

Les logements, hors de prix dans la zone, ont connu un regain d’investissements ces derniers mois. Et souvent, d’endettement … Des évolutions sont prévisibles dans ce secteur aussi.

Parmi les sous-traitants, certains sont du nord. Ceux là seront probablement traités plus favorablement. Pour les sous-traitants du sud, la réduction des personnels et des marchés aura un impact global sur leur activité et leur perspectives 2015-2016.

CRISE PASSAGÈRE OU RISQUE DE SPIRALE ?
Rien, pour l’instant, ne permet d’affirmer que pour KNS, au delà de cette « crise », tout repartira de plus belle ensuite. Le calendrier optimiste positionne le redémarrage à pleine capacité avant la fin 2016.

Mais les décision finales, au plus haut niveau de Glencore, ne sont pas encore prises. Et la conjoncture zinc et cuivre, autres atouts de la compagnie, est également mauvaise.

Valé n’a souffert que d’une accident du travail, ces temps-ci. Mais les dirigeants de l’usine du sud sont eux aussi nerveux, compte tenu des « commandes » de la direction centrale en matière de production et donc d’équilibre, et de la mauvaise situation du cours du fer, activité majeure du brésilien.

Nous reviendrons dans de prochains articles sur ces questions fondamentales. En attendant, une seule certitude : le chômage annoncé ne pourra pas être absorbé sans difficulté dans une économie qui connaît un ralentissement ces derniers mois. Et surtout, qui doute, à la suite de décisions politiques qui ne portent guère à la confiance.

En clair, les autorités doivent se préparer à une situation de crise. La première dans l’euphorie de ces dernières années.

Comité des signataires-Pas de réunion, réunion ! Les dessous d’une Valls hésitation

Pas de réunion extraordinaire du Comité des signataires pour sortir de l’impasse institutionnelle et pour examiner divers points de conflit, la messe fut dite. Les Calédoniens n’avaient qu’à se mettre d’accord pour régler leurs problèmes. Circulez, y a rien à voir. Mais ça, c’était avant.

Le Président de la commission des lois de l’Assemblée Nationale avait lui, un avis plus nuancé. Pas de passage en force, avait-il écrit sur son Blog, pas de règlement de la crise calédonienne sans que se négocie un accord de nature politique.

Pierre Frogier avait, de son côté, écrit au Premier ministre son inquiétude face à une crise dont l’issue risquait d’occulter « l’esprit des Accords », sous entendu, l’esprit de consensus. Et demandé une réunion du Comité des Signataires.

Manuel Valls n’avait même pas daigné accuser réception du courrier du Président du Rassemblement-UMP, pourtant de surcroît, Sénateur de la République …

Que s’est-il donc passé vendredi dernier où, au cours d’une conférence de presse, le Président de l’Assemblée Nationale, en visite officielle sur le territoire, a livré une annonce surprise : un Comité des Signataires extraordinaire se tiendra vers la fin mai ? Supputations.

L’EQUIVALENT DE 2 MILLIONS DE FRANÇAIS DANS LES RUES DE PARIS
Claude Bartolone est plutôt un homme de consensus, face à la raideur de Manuel Valls. Dès le début de sa visite en Nouvelle-Calédonie, il a quelques motifs de contrariété. Et d’inquiétude.

D’abord au Congrès, un hémicycle partiellement vide. Les élus du Rassemblement-UMP, et la plupart des ceux de l’UCF boycottent le discours du quatrième personnage de l’Etat. Pour la presse métropolitaine, ce n’est donc pas un succès.

Ensuite dans la rue. 10 000 manifestants, c’est l’équivalent de 2 millions de français battant le pavé à Paris. Un chiffre qu’on ne peut occulter, sauf à être aveugle. Et surtout, quand la démocratie se saisit de la rue, c’est le signe d’un profond malaise, d’une rupture de cohésion. Et peut être, l’annonce de regroupements moins pacifiques.

Enfin, ces affiches 4×4 que personne ne peut ignorer, ces tracts, ces publications, laissant entendre que les socialistes prépareraient le largage de la Nouvelle-Calédonie. Claude Bartolone est un démocrate. Ce soupçon lui est insupportable.

D’autant que le jour même, Nicolas Sarkozy s’est fendu d’un tweet dans le lequel il apporte son « soutien à nos compatriotes de Nouvelle-Calédonie qui ont démontré une fois de plus vendredi leur attachement viscéral à la France ».

CONSULTATIONS TOUS AZIMUTS
Homme politique réputé plutôt fin, Claude Bartolone entreprend sans tarder davantage une consultation des formation politiques locales représentées au congrès pour savoir si une réunion du Comité des Signataires avant les débats parlementaires sur la modification de la loi organique leur agréerait.

La disposition excluant les natifs du scrutin référendaire lui paraît sûrement non seulement inappropriée, mais politiquement risquée. Ecarter du choix de leur avenir des calédoniens, y compris des kanak, quelle aubaine pour la droite comme pour l’extrême droite. Claude Bartolone l’avait affirmé à plusieurs reprises, dans la journée de jeudi : « l’Assemblée Nationale prendra ses responsabilités ».

Dans cette précipitation, il semble même avoir un peu forcé la main de l’Union Calédonienne dont le chef de groupe au congrès, Rock Wamytan, déclarait lundi que lors de l’entrevue avec le Président de l’Assemblée Nationale, la réunion d’un Comité des Signataires ne leur avait pas été exposée de manière explicite !

Quoi qu’il en soit, le Président de la République, puis le Premier ministre lui ont donné le feu vert pour annoncer ce Comité extraordinaire. Ce qu’il a fait lors de sa conférence de presse au Centre Tjibaou, et confirmé le soir sur les ondes de RRB.

POURQUOI CE REVIREMENT ?
Valls discourtois à l’égard de Frogier ? En contrepoint, cette déclaration de Bartolone : « Pierre Frogier n’est pas dans mon organisation politique mais nous avons tous besoin de Pierre Frogier aussi ». Puis rappelant que le Président du Rassemblement-UMP avait été depuis l’origine demandeur d’une réunion extraordinaire du Comité des Signataires, Claude Bartolone ajoute « On a peut être quelquefois le tort d’avoir raison trop tôt ». Pommade.

Pourquoi ce revirement ? « Comité surprise » titraient Les Nouvelles lundi matin.

Claude Bartolone est déjà venu en Nouvelle-Calédonie. Dans un climat plus apaisé. Cette fois, il découvre un pays déchiré politiquement, des indépendantistes divisés, des loyalistes dont la fracture a passé le cap de la détestation. Il sait que de ces antagonismes s’orientant vers un paroxysme, peut naître un regain de violence.

La France n’en a guère besoin, ces temps ci !

D’autant que dans les milieux dits « autorisés », on sait que la Nouvelle-Calédonie pourrait devenir une poudrière. Les experts économiques parisiens connaissent la réalité minière et industrielle du territoire, au delà des poncifs rassurants. La situation de la SLN, les interrogations de Glencore, l’effondrement du marché du fer et les réflexions de Vale. Toute l’économie calédonienne, en réalité, tient à quelques fils, et aux transferts de l’Etat. Qui lui même, n’en peut plus.

Ce cocktail peut devenir explosif. Et pour corser le tout, le gouvernement qui prépare un remaniement, et voit avec angoisse se profiler les élections régionales, est accusé de favoriser le glissement de la Calédonie vers l’indépendance.

Cette situation a probablement concouru à cette initiative de l’Etat, jusqu’à présent peu actif pour maintenir un esprit délité des Accords de Matignon et de Nouméa. Claude Bartolone sait que dans le processus politique de la Nouvelle-Calédonie, il existe quelques mots magiques. « Le Comité des Signataires » en est un. Contrairement à Manuel Valls, il l’utilise.

MARCHÉ DE DUPES OU MISE À PLAT ?
C’est donc sûr. Avec l’onction du sommet de l’Etat, un Comité des Signataires se tiendra fin mai, début juin sur la question de l’inscription automatique -ou non- des natifs de la Nouvelle-Calédonie sur la liste électorale référendaire. Mais pas que.

D’autres questions sont en effet pendantes. Les quelques milliers de radiations sur les listes provinciales en suspens, par exemple.

Et puis comment imaginer que deux des trois partis loyalistes, mis de côté au gouvernement par un accord Calédonie Ensemble-Palika-UC tendance Goa, accepterons de voir sans sourciller se dérouler un Comité entérinant la situation actuelle ? Pierre Frogier, lui-même, avait proposé cette réunion pour régler la crise institutionnelle. Certes, finalement, le Comité se réunira. Mais … après le coup de force au gouvernement !

Un chose est sûre : si la réunion « au sommet » des accords a pour seul objet les inscriptions électorales, elle sera juridique et politique sur un seul point. Mais elle ne rétablira pas une esprit de consensus à l’instar de ce qui a présidé depuis 25 ans la délicate gestion des Accords Matignon et de Nouméa. Une bataille pourra avoir été évitée. Mais la guerre reprendra localement de plus belle.

Claude Bartolone le pressent. « Refonder un accord qui permettra de manière plus apaisée de pouvoir réfléchir au futur », s’est-il livré au micro d’Elisabeth Nouar. Ce n’est pas lui qui donne la feuille de route mais son séjour calédonien a montré qu’il pèse lourd dans la direction socialiste de la nation.

Premier échelon de préparation, et premiers casse-têtes : « Cela va donner du travail au Haut-Commissaire ». Et puis, évoquant l’accord scellé par Jean-Marie Tjbaou et Jacques Lafleur : « Il faut que la Politique reprenne ses droits ». Politique avec un grand P.