Tous les articles par noumeaPost

L’Actu du lundi 20 avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Le fait marquant est la nouvelle dégradation des installations de la Dec à Païta. Manque de vigilance, défaillance ou absence de dispositifs anti-intrusion ? La gendarmerie est pourtant à proximité. Le feuilleton du vandalisme en tout genre et de l’insécurité se poursuit. Insécurité routière, également, avec ce nouvel accident mortel au Mont Dore dans la nuit de vendredi à samedi.

Métropole – Le président de la République a communiqué sur Canal + dans une émission présentée à mi-chemin entre information et divertissement. Peu convaincant face aux jeunes, il a présenté le Front National comme l’adversaire aux prochaines échéances.

Sport – Rugby : finale de la Coupe d’Europe 100% française entre Clermont et Toulon. Foot : match nul entre Lyon et Saint Etienne : 2 partout. Hamilton vainqueur en F1 à Bahrein. 24 heures du Mans moto remportée par Susuki.  Tennis : Djokovic vainqueur du tournoi de Monte Carlo. Fed Cup, les française battues par les Tchèques.

L’Actu du week end 18-19 avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Le fait marquant est l’information sur les possibilités de choix monétaires de la Nouvelle-Calédonie : le maintien du franc CFP, le passage à l’euro, un alignement sur le système en vigueur pour le franc CFA, ou une monnaie propre à la Nouvelle-Calédonie, solution « souverainiste ». Il s’agit d’une simple information, mais qui suscite déjà des inquiétudes parmi la population parmi laquelle circulent déjà nombre de rumeurs.

Le projet de loi organique modifiant le régime des inscriptions électorales sera examiné le 29 juin prochain par le Sénat. Gaël Yanno actuellement en métropole a défendu l’avis exprimé par le Congrès auprès de la Ministre des Outre-mer.

Le Tribunal administratif a jugé conforme au droit l’annulation du permis de recherche concédé, puis annulé par la province sud sur le gisement « Prony-Pernod ». Ce jugement, la commission d’enquête en cours et les différentes déclarations accroissent la méfiance des investisseurs industriels.

Nouméa – Au sujet de la circulation au Rond Point Berthelot, « les points noirs, c’est vraiment aux heures de pointe » déclare la Maire de Nouméa …

Finalement, la mairie va revenir peu ou prou, au système en vigueur. Pas de changement.

Métropole – Le fait marquant est l’annonce par Manuel Valls de nouvelles mesures antiracistes et en particulier la qualification au pénal de faits de presse.

Sport – En Nouvelle-Calédonie, début de la 3ème manche relevant de la Coupe  du monde de nage en eau libre. En tennis, Gael Monfils accède aux demi-finales de Monte-Carlo après avoir battu Dimitrov, 11ème mondial. Ce week end, en moto, les 24 heures du monde avec Kawasaki en pôle. Egalement Grand Prix d’Argentine en GP. Première réunion hippique à l’hippodrome Henri Milliard samedi.

L’Actu du Jeudi 16 avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Le fait marquant est la réunion menée par Yves Dassonville et Benoit Lombrière au Haut-Commissariat sur le thème de la monnaie et du crédit. Comme annoncé, cette réunion a été boycottée par le Rassemblement-UMP et l’UCF.

Métropole – Le fait marquant est la proposition du Président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone d’instaurer le vote obligatoire en France. A gauche comme à droite les avis divergent.

Sport – Le PSG a été battu par Barcelone 3-1 à l’issue d’un match dominé par les espagnols.

L’Actu de Mercredi 15 avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Le fait marquant est l’opération de générosité en faveur des sinistrés de Pouébo et de Ouégoa. Des familles ont tout perdu, et la solidarité s’exerce pour le Vanuatu, mais bien évidemment pour les familles dans la détresse dans le nord.

Métropole – Le fait marquant est l’agression d’un policier à Dunkerque par un braqueur récidiviste qui l’a aspergé d’essence et l’a transformé en torche humaine. Ce qui rappelle la dangerosité de ce métier dont la presse évoque le plus souvent les déviances des ripoux qui ne sont que quelques uns parmi les milliers de fonctionnaires de police dévoués et honnêtes.

Sport – Le fait marquant est la défaite de Monaco sur penalty. Belle tenu de l’équipe de la Principauté. Le match retour promet d’être chaud.

Gouvernement : 30 mesures nouvelles 30 mesures en cours – Le décryptage du Discours de Politique Générale

Lundi après midi, longue déclaration de Philippe Germain, le nouveau Président du gouvernement, pour indiquer ses axes prioritaires d’action. Dans le texte, 3 caractéristiques à relever : les éléments de langage, les mesures nouvelles, les mesures déjà en cours et les « marronniers ». Un enjeu : la confiance et l’économie. Décryptage.

Des éléments de langage « communs »
Si l’on reprend la récente interview accordée aux Nouvelles par Paul Néaoutyne, si l’on relit le communiqué des partis indépendantistes du 31 mars, et si l’on connaît quelque peu la dialectique du FLNKS, on constate que les mots choisis par Calédonie Ensemble ne seraient pas répudiés par les indépendantistes. « Emancipation », « citoyenneté », « nouveau nom du pays », « souveraineté économique », « peuple calédonien », « peuple en marche » ou encore « nation ».

Habile habillage ou dérive idéologique ?

Pour la nouvelle majorité au gouvernement, la plupart de ces termes sont issus du préambule et de la loi organique de 1999.

Pour le Rassemblement-UMP/Front pour l’Unité, c’est la marche vers l’indépendance « éclairée ». L’UCF est moins abrupte : concentration excessive des pouvoirs, méthode dictatoriale. A des éléments de langage millimétrés répondent en écho d’autres éléments de langage explosifs. En politique aussi, les mots ont une charge.

Dans les semaines, les mois et les années à venir, la sémantique va avoir la part belle !

30 mesures nouvelles
Sans effectuer un comptage exhaustif des mesures annoncées que l’on peut considérer comme nouvelles, 30 d’entre elles méritent d’être relevées. Tout est politique, bien évidemment. Mais un classement technique permet de mieux cerner ces annonces.

Au plan institutionnel, d’abord, l’article 27 de la loi organique sera soumis au congrès « avant la fin du premier semestre 2016. Il s’agit du transfert de l’audio-visuel, de l’enseignement supérieur, et des règles relatives à l’administration des provinces, des communes et de leurs établissements publics. Des débats animés en perspective, et un éloignement considérable de la République possible.

On peut rattacher à ce chapitre « le drapeau et le nom du pays ». Drapeau commun, Kanaky-Nouvelle-Calédonie, la discussion va s’ouvrir …

Dans le domaine minier et métallurgique, la stratégie est annoncée : « les autres mineurs (privés Ndlr) exportent l’essentiel de leur production, dans de conditions moins rémunératrices pour le pays. La Nouvelle-Calédonie est donc, avec les Philippines, le seul pays au monde à exporter encore des quantités significatives de nickel ». Le contrôle de la ressource par le secteur public est donc programmé, tout autant que la disparition des mineurs indépendants. La montée à 51% des collectivités au capital de la SLN fait le reste.

La production locale verra son statut protégé renforcé par une loi du pays pérennisant « le dispositif de protection de marché ».

Un impôt supplémentaire est prévu : une redevance d’extraction du minerai.Le bâtiment va bénéficier d’une rallonge des mesures de défiscalisation pour le logement locatif : reconduction pour 3 ans.

Quant à l’investissement, il devrait être encouragé par un Fonds d’Epargne et d’Investissement Calédonien, sans autre précision, pour l’instant.

La fiscalité va être allégée pour « les classes moyennes ». Simplification des procédures « fusion-acquisition » et crédit d’impôt innovation sont annoncés. Mais la fiscalité sur le foncier non bâti sera revu. A la hausse, vraisemblablement.

En revanche, aucune allusion à un impôt sur les plus-values immobilières.

Point fort de ces annonces fiscales : la mise en place d’une Taxe Générale sur la Consommation dès 2016.

En matière budgétaire, le discours fait état d’audit de performance et d’évaluation des politiques publiques. Ce sujet mériterait de figurer parmi les mesures déjà lancées, puisque le congrès à depuis une dizaine d’années décidé de « lolfer » le budget de la Nouvelle-Calédonie. La configuration Lolf devrait déjà mesurer la performance des politiques publiques, et mettre en oeuvre le principe « d’atteindre les objectifs définis au moindre coût ».

La nomenclature budgétaire sera modifiée : budget annexe pour les reversements aux provinces et aux communes, projet de « cliquet » supplémentaire pour ne pas pénaliser ces collectivités en cas de retournement négatif de conjoncture.

Pour l’emploi, on trouve la mise en place d’un « contrat d’intégration » avant la fin 2015 -s’agit-il d’une mesure inspirée par le Paips qui existait à la Mije Province sud ?-, et le financement de la formation professionnelle pour les très petites entreprises par un fonds paritaire.

Les jeunes passeront davantage le bac -75% de réussite contre 63% actuellement-, et ils bénéficieront d’un service civique calédonien, géré par une Agence à créer.

« Les salariés, retraités et travailleurs indépendants modestes devront s’affilier à une couverture complémentaires obligatoire et ils jouiront d’une meilleure protection.

Enfin, on trouve diverses mesures telles la participation à la conférence climat à Paris, la demande d’organisation d’un sommet France-Océanie à cette occasion, la « calédonisation » de certains services d’Etat comme la police et la gendarmerie commençant par le retour de fonctionnaires actuellement en métropole. Le logement et la rénovation urbaine sont également visés par le gouvernement qui va proposer l’instauration d’un droit de préemption dès le prochain trimestre, et la création d’un Office Foncier.

On peut enfin noter le remboursement des avances sur consommation électrique en faveur des abonnés, la révision du Code des P et T, et en matière de transport, le rapprochement Aircal-Aircalin, et une délégation de service public pour la desserte des Iles Loyauté. Et enfin, le refonte du statut des fonctionnaires…

30 mesures déjà en cours
Là encore, sans être exhaustif, on peut estimer à une trentaine les mesures citées qui font déjà l’objet d’un traitement.

Elles comprennent aussi bien le projet éducatif ou l’observatoire de la réussite, que le projet de loi du pays pour la protection de l’emploi local dans la fonction publique, en passant par la retraite des travailleurs indépendants  dont le texte sera déposé au congrès avant la fin de cette année, l’étude de l’autoroute de Tontouta ou encore le traitement des effluent rejetés dans le lagon.

On y trouve aussi ce que les journalistes appellent les « marronniers », citations récurrentes, comme l’amélioration du tourisme en chute depuis 10 ans, mais qui marque un léger redressement, ou le schéma d’aménagement et la retraite agricole.

Des sujets très politique et très conflictuels
Au plan politique, la polémique bat son plein, provoquée par l’alliance et la méthode FLNKS-Calédonie Ensemble pour élire les nouveaux président et vice-président du gouvernement.

Quels sont les sujets abordés par la « DPG » pouvant l’alimenter ?

D’abord, les points figurant dans le communiqué du FLNKS susceptibles d’être interprétés comme de véritables contreparties. Deux d’entre eux sont saillants : les transferts de l’article 27, et les orientations relatives à la stratégie minière de la Nouvelle-Calédonie.

L’article 27 inquiète depuis toujours. « Après tout, disent les détracteurs de l’Accord de Nouméa, les signataires n’avaient qu’à ne pas l’accepter ! ». Toujours est-il qu’il est désormais sur la table. Hors les compétences dont le transfert pourrait être confiscatoire comme l’audio-visuel, ou risqué comme l’enseignement supérieur, c’est surtout la modification possible du corps électoral communal qui fait débat.

Les élections communales sont effectivement ouvertes à tout électeur français, ici comme dans n’importe quelle commune de France et de Navarre. L’article 27 prévoit une restriction possible de ce corps, à l’image des élections provinciales. Certes, l’affaire n’est pas simple. Une analyse très complète par un constitutionnaliste de renom indique que cette restriction ne serait possible que si, la compétence transférée, la Nouvelle-Calédonie décidait de créer un statut communal qui lui soit propre. Prévoyant une possible motion de censure à l’encontre du Maire, par exemple. Mais les opposants à ce transfert affirment : « Pourquoi pas ? Il suffirait qu’une majorité existe pour cela … »

La stratégie minière est un second point. A l’évidence, le discours est en faveur d’un contrôle total par les collectivités publique de la ressource minière et de la SLN. « Appropriation des moyens de production, c’est un principe du marxisme, une véritable nationalisation » disent les uns, « concentration extraordinairement dangereuse entre les mains de quelques uns », disent les autres. « Emancipation inscrite dans l’Accord de Nouméa », répondent les tenants de la nouvelle-majorité.

Des débats à forte connotation idéologique se profilent. Deux conceptions de la société calédonienne.

Charge de travail et impact budgétaire
Deux autres points vont être commentés.

Le premier concerne l’exceptionnelle charge de travail qui va peser sur le gouvernement et les services administratifs. Mise en place de la TVA calédonienne, explications et débats sur l’article 27, textes fiscaux sur la redevance minière, la rénovation urbaine, le foncier non bâti, le crédit d’impôt innovation, création du fonds d’épargne et d’investissement, d’un office foncier, droit de préemption ou encore création d’un service civique unique dans la République et la refonte du statut des fonctionnaires, mesures qui viendront s’ajouter à « du lourd » comme la protection de l’emploi local dans la fonction publique, le projet éducatif, les nouveaux contrats de l’enseignement privé, la retraite des agriculteurs ou la retraite complémentaire obligatoire des travailleurs et retraités modestes. Avec pour de nombreuses annonces, des textes avant la fin de cette année ou au pire, en 2016.

Il existe toujours trois phases dans l’élaboration et le vote d’une mesure : son écriture, la phase à tout le moins obligatoire de concertation et de consultations, l’examen et le vote au congrès. Il faut ajouter, pour les lois du pays, la consultation du Conseil d’Etat. Et ses éventuelles censures. Ces phases requièrent du temps, souvent incompressible. La tâche sera herculéenne.

Le second est relatif à l’impact budgétaire des mesures, impact d’autant plus sensible que les finances publiques sont en difficulté. Que coûtent les réductions fiscales, la création d’un service civique, la rénovation urbaine, les crédits d’impôt ou les nouveaux régimes de retraite et de couverture complémentaire ?

De nouveaux impôts, un alourdissement du coût du travail sont-ils au bout de la démarche ?

Un enjeu : la situation économique
Au delà des mots, des slogans que les politiques vont se jeter à la figure, des accusations d’intentions cachées, d’accords occultes ou de dérive vers l’indépendance qu’une majorité de calédoniens refuse, le « juge de paix » sera économique.

Les politiques oublient trop souvent que ce n’est pas le secteur public -un quart des emplois- qui crée la richesse d’un pays, et alimente les budgets des collectivités. C’est le dynamisme économique et celui des entreprises.

La Nouvelle-Calédonie est à présent en proie au doute. Or le doute est un antidote à l’investissement, à la création d’emploi, au dynamisme économique. Déjà, es rentrées fiscales sont moins flamboyantes. Elles risquent encore de diminuer avec des attaques top frontales aux « revenus du capital », jargon socialo-communiste que même le premier ministre socialiste actuel manipule désormais avec des pincettes.

Parce que les revenus du capital sont nécessaires à l’investissement, à la création d’entreprises, au développement des entreprises, et qu’il faut rester extrêmement attentif à fixer la bonne limite à l’impôt pour ne pas faire fuir les capitaux.

Dans le nouveau gouvernement, seul le Palika développe depuis toujours un modèle économique pensé, appliqué : un modèle résolument d’inspiration collectiviste parce que nationaliste. Son poids deviendra-t-il essentiel ? Ou bien un modèle « nationaliste » plus vaste est-il en train de naître ?

A ces questions idéologiques, le tissus économique répondra rapidement. Le mur de Berlin est tombé. L’URSS n’est plus. La Chine est devenue de fait capitaliste. La mondialisation a libéré les échanges et la compétitivité est devenue l’exigence première.

La France, et le Parti Socialiste en font aujourd’hui la dure expérience, en abandonnant les vieilles lunes d’une gauche hors du temps. « J’aime l’entreprise » répète inlassablement Manuel Valls. La Nouvelle-Calédonie, empêtrée dans ses problèmes d’indépendance ou de maintien dans la République, troublée par une pensée de gauche omniprésente … alors qu’elle est plutôt anti-socialiste, pressée par des échéances nationales qui annoncent le retour de la droite et du centre en 2017, saura-t-elle faire les bons choix ?

Paradoxalement, la réponse ne viendra pas du politique. Elle sera envoyée « fort et clair » par son économie.

François, un pape engagé. Enfin !

Le pape François dit les choses, dans le respect de la foi des autres, mais en encourageant un catholicisme engagé, et même au delà, une chrétienté engagée.

Devant le silence de bien des autorités françaises, et parfois au pus haut sommet de l’Etat, face au massacre de chrétiens victimes de leur seul choix religieux, le pape s’est exprimé avec fermeté. Il a dénoncé un génocide en Orient perpétré par les terroristes islamistes.

Sa position a probablement eu un retentissement en France alors que l’attitude scandaleuse de la RATP à propos de l’affiche du concert des prêtres en faveur des chrétiens d’Orient faisait débat.

A présent, il évoque le génocide arménien, celui des premiers chrétiens. Sans faux semblant. Ce qui a immédiatement provoqué une réaction d’Ankara et la convocation de l’ambassadeur du Vatican.

Le pape François est un ardent défenseur de l’unité des chrétiens et du respect des autres religions. Il n’oublie certainement pas les excès du catholicisme dans le passé. Mais en ce siècle, il constitue une figure réconfortante d’un catholicisme tolérant mais fier de sa foi.

L’Actu du Lundi 13 avril 2015

Lundi 13 avril 2015

Nouvelle-Calédonie – Le fait marquant est la déclaration de politique générale du nouveau Président du gouvernement Philippe Germain lundi après midi devant les membres du congrès.
Cette déclaration, selon les représentants de l’UCF et du Rassemblement-UMP, a été rédigée sans concertation et en dehors des règles habituelles de collégialité.
Côté Parti Travailliste en congrès ce week end, Louis Kotra Uregei a été réélu Président à l’unanimité.

MétropoleNicolas Sarkozy met en place les conditions d’une primaire ouverte, notamment à droite et au centre. Il a déclaré que rien ne devait contrarier les chances de l’alternance en 2017.

SportDisparition de Patrice Dominguez, figure du tennis français, champion de France, entraîneur, consultant. Foot : Marseille battu par Bordeaux qui jouait à domicile.

Pourquoi nous sommes sortis de l’Accord de Nouméa

L’Accord de Nouméa, qui « n’est que » la suite évoluée des Accords de Matignon, ne se réduit pas à un simple statut progressiste de la Nouvelle-Calédonie. Il est d’abord le fruit d’une négociation entre le FLNKS et le Rassemblement pour la Calédonie dans la République pour ramener la paix sur la territoire, après une guerre civile, des dizaines de morts, un effondrement économique et une absence de perspective.

Il existe donc deux composantes dans ces accords : ce que les « signataires » appellent « l’esprit des accords », et la traduction juridique de cet esprit qui est le statut de la Nouvelle-Calédonie et son architecture institutionnelle particulière.

Après le déchirement des loyalistes, eux-mêmes issus du Rassemblement, après le coup de force au sein de l’Union Calédonienne, après l’élection à l’allure de putsch du président et du vice-président du gouvernement, il reste le statut. L’esprit, lui, a été totalement absent de ce processus, un esprit caractérisé par deux concepts : le consensus et la collégialité. La lettre sans l’esprit, on est donc bien en dehors des Accords Matignon et Nouméa. Momentanément, ou définitivement ?

L’enjeu : la paix civile et sociale en Nouvelle-Calédonie.

Deux camps éclatés Les Accords avaient été conclus entre deux formations politiques, le RPCR et le Flnks, et l’Etat. Aujourd’hui, et c’est peu de le dire, le paysage politique binaire calédonien a été bouleversé.

Au FLNKS d’abord, avec l’antagonisme Union Calédonienne/Palika, né de la « prise » de la Province nord par Paul Néaoutyne en 1999. Ce n’est un secret pour personne : si le Parti Travailliste avait confirmé sa percée électorale en 2014 aux élections provinciales, Gilbert Tyuienon serait probablement Président de la province.

Le RPCR, lui, a vécu, dans sa forme originelle. Harold Martin, Philippe Gomes et Didier Leroux, regroupés dans l’Avenir Ensemble, s’étaient saisis du pouvoir en  Province sud en 2004. Puis Pierre Frogier avait pris les commandes du parti début 2005, bouleversement suivi par le départ de Jacques Lafleur et la renaissance du RPC par ses soins. La suite est encore plus compliquée : éclatement de l’Avenir Ensemble d’Harold Martin et création de Calédonie Ensemble de Philippe Gomes peu après la tentative d’éviction de Didier Leroux par Gomes aux élections législatives de 2007, puis éclatement du Rassemblement-UMP avec la création du Mouvement Populaire Calédonien par Gael Yanno et Sonia Backes en 2013.

Tout cela compliqué par les déchirement de l’UMP en métropole, la guerre fratricide entre Copé et Fillon, et ses conséquences locales.

Deux tentatives avortées de regroupement des loyalistes Le camp loyaliste déchiré a essayé par deux fois de se regrouper. Un première fois à l’issue des élections provinciales de 2008 avec le Front Républicain proposé par Pierre Frogier, et dont la chute du gouvernement Gomes provoquée par l’UC a sonné le glas. Une deuxième fois avec le récent et éphémère Contrat de Gouvernance Solidaire qui a rapidement dégénéré avec la mise en cause de Cynthia Ligeard par Calédonie Ensemble sur le dossier Prony-Pernod, le refus du Rassemblement-UMP/Front pour l’Unité et du RPC d’Isabelle Lafleur de voter de nouveaux impôts en décembre dernier, été enfin la chute du gouvernement Ligeard provoquée par la démission de la liste Calédonie Ensemble.

Mais au gré des mois, le puzzle des partis loyalistes a évolué. L’UCF (Union pour la Calédonie dans la France) regroupant, pour faire simple, Gael Yanno/Sonia Backes avec Isabelle Lafleur et Philippe Blaise, également dissident du Rassemblement-UMP, et le Rassemblement/Front pour l’Unité (Rump-Harold Martin-Didier Leroux) se sont rapprochés pour tenter de trouver une issue à la crise provoquée par la chute du gouvernement Ligeard.

Philippe Gomes et Calédonie Ensemble ont boudé cet appel pour fonder une nouvelle alliance avec le Palika et une partie de l’UC pour conquérir la présidence du gouvernement.

Aujourd’hui, les loyalistes sont déchirés. Et beaucoup prédisent que cette rupture sera durable.

Une absence de recherche de consensus Premier parti pris de cette nouvelle alliance : créer une majorité arithmétique pour prendre le pouvoir « à la hussarde », au sein d’une institution qui symbolise « l’esprit » des Accords : le gouvernement. Un gouvernement dont les « signataires » avaient pourtant voulu l’élection à la proportionnelle pour qu’il demeure, au delà des règles de fonctionnement, un espace de dialogue et de partage entre indépendantistes et non-indépendantistes.

C’est vrai que cette crise eût mérité un traitement plus profond, un processus évitant le retour à un rapport de force si préjudiciable au contexte créé par les Accords de Matignon. Une réunion du Comité des Signataires, élargie aux partis issus des signataires originels, aurait sûrement permis de trouver une solution plus consensuelle. Et plus durable. Pierre Frogier l’avait proposé, en vain.

La solution choisie ne fait que créer un rapport de force. Certes, d’aucuns diront qu’à la suite des démissions à répétition et du refus d’assumer les secteurs dévolus d’autorité des « ministres » Calédonie Ensemble dans le précédent gouvernement Martin, ce rapport de force avait déjà été établi. Mais aujourd’hui, les divisions sont plus graves, elles affectent les deux camps, alors que nous entrons dans les 3 dernières années avant le premier referendum.

Une collégialité disparue La collégialité n’est pas l’apanage de la seule assemblée que constitue le gouvernement calédonien. En revanche, dans l’esprit des Accords, cette collégialité reflète ce que doit être la recherche du consensus avant tout recours à la décision majoritaire.

Une procédure s’est donc instituée au cours des années au sein du gouvernement calédonien : l’examen en commun des dossiers et des questions pouvant engager l’institution, et, au cours d’un débat que se veut convivial et participatif, la recherche d’un accord de tous.

Compte tenu des premières décision individuelles du nouveau gouvernement – bureaux pour fonctionner, moyens de fonctionner davantage imposés que partagés, par exemple-, il semble bien que la collégialité sera réduite à sa plus simple expression, c’est à dire, dans l’esprit, absente. La déclaration de politique générale en est l’illustration. Peu importe que « les mêmes aient été reconduits », certain secteurs, comme la santé, ont changé de main. Et puis, le respect du principe oblige à la manière …

Cette déclaration de politique générale, acte important dans l’esprit de consensus et de collégialité, va probablement devenir un sujet de conflit et d’oppositions politiques exacerbées. Tout le contraire de ce que voulaient les signataires des accords.

En dehors des clous L’analyse aboutit à une conclusion sans appel. Pour l’heure, la vie politique calédonienne a tourné le dos à ce qui fut une exemple régional, et même, une inspiration démocratique : les Accords de Matignon, suivis des Accords de Nouméa.

Il en reste simplement la lettre : le statut si particulier, novateur en ce qu’il a de fédéralisme interne à la République, avec ses échéances brutales : le transfert des compétences, et notamment celles liées à l’audio-visuel et au contrôle des collectivités, et enfin les trois consultations de sortie de l’Accord de Nouméa. Avec des séquences qui vont susciter de prévisibles tensions, comme la fin du régime électoral discriminatoire, seulement admis par la Constitution et la Cour Européenne de Justice pour une période transitoire qui s’achèvera avec la Loi Organique.

Mais l’esprit s’en est allé.

Comment imaginer désormais d’autres modes de décision que le rapport de force ?

En 1982, le gouvernement Ukeiwé avait chuté par un renversement d’alliances au sein du camp non-indépendantiste. Et Jean-Marie Tjibaou avait été élu chef de l’Exécutif local.

Après l’échec de Nainvilles-les-Roches, en 1984, le statut Lemoine avait été adopté et imposé. Ce rapport de force avait fait exploser toutes les solidarités propres à un société de petite taille, toutes les digues du respect mutuel et de la démocratie. Le 18 novembre 1984, Eloi Machoro fendait l’urne de la mairie de Canala d’un grand coup de hache …

Rien de tel pour l’instant, bien sûr. Rien de totalement comparable, non plus. Juste que ce qui avait ramené la paix, la concorde ET le développement économique en Nouvelle-Calédonie étaient justement ces Accords qui viennent d’être foulés au pied. Pas le statut, l’esprit. Or le statut peut se décréter. Pas l’esprit.