Tous les articles par noumeaPost

COMMENT ÉVITER LE RISQUE DE FAILLITE ÉCONOMIQUE CALÉDONIENNE : Le dernier livre de JCG Briault

Deux risques nous séparent de l’échéance de 2018 : l’article 27 et la situation économique.

En s’appuyant sur les travaux d’un grand juriste, spécialiste en droit constitutionnel, l’auteur pointe du doigt les risques présentés par un transfert mal maîtrisé de l’article 27 : la mainmise d’un petite oligarchie sur la Calédonie. Quelles précautions s’imposent ?

couve 4e LivreRégimes sociaux en déficit, pour certains, structurels, finances publiques en grande difficulté, métallurgistes du nickel en pertes d’exploitation par dizaines de milliards et dont la capitalisation boursière s’est effondrée, entreprises calédoniennes inquiètes, taxées hier, imposées encore plus demain et dont la croissance est au point mort : cette situation n’est pas sans rappeler celle de l’Espagne et du Portugal hier, et plus récemment, celle de la Grèce. Toutes proportions gardées évidemment.

Depuis 25 ans, la Nouvelle-Calédonie est portée par la prospérité. Elle est à présent « en revers de fortune ».

couve LivreCette situation est inédite, parce que nullement comparable aux multiples épisodes de « crise » et de rebonds qu’elle a connu. Seule pourrait être évoquée la crise de 1973-1975, caractérisée par la quasi-faillite de la SLN qui a imposé d’une part, une réforme fiscale locale, sa cession et son nouveau statut de filiale d’Imétal d’autre part, et une aide de l’Etat équivalente à 100 milliards de nos francs actuels, enfin.

La crise dans laquelle entre la Calédonie ne pourra pas se résoudre de la même manière.

Le « pays » devra d’abord compter sur lui-même, et seulement sur lui-même. C’est le prix de l’autonomie qu’il a voulue

Bientôt, les politiques publiques seront bientôt, dans le cadre du projet de budget 2016.

Elles concerneront aussi bien la fiscalité, le droit du travail, le dialogue social, l’enseignement, la formation, les équipements et les investissements publics, que l’appréhension des dépenses budgétaires.

Une seule voie existe pour éviter cette faillite dramatique qui s’annonce. Cet espoir est réel grâce à des potentiels propres à la Calédonie : ses ressources minérales, son capital humain, la maîtrise de ses compétences qui lui permettra d’éviter les erreurs de la métropole.

La Nouvelle-Calédonie devra mettre en œuvre, comme tous les pays développés en crise aujourd’hui, dont la France, la seule recette adaptée aux contraintes d’une économie mondialisée : fonder un modèle de développement économique qui place la croissance des entreprises calédoniennes au cœur des politiques publiques.

Hors ce sursaut qui s’accompagne de l’indispensable réhabilitation de la réussite entreprenariale, la Calédonie va de plus en plus vivre au rythme des informations justifiant les craintes exprimées.

C’est le thème du livre que JC Gaby Briault viens de publier, et que l’on peut trouver dans plusieurs librairies, parmi lesquelles As de Trèfle Quartier Latin, Géant Sainte Marie, Carrefour, Librairie Michel Ange et Calédolivres.

POLICE : LE BLUES

Le public a été frappé, ces derniers jours, par les mises en cause de policiers étant intervenus pour protéger la tranquillité des citoyens. Comment comprendre, en dehors des subtilités juridiques, qu’un agresseur menaçant des honnêtes gens avec une arme blanche, désarmé par un policier, devienne un accusateur, écouté, des forces de l’ordre … ? Etats d’âme.

imagesDans un futur proche, les policiers se borneront peut être à n’intervenir qu’avec des porte-voix, pour ne jamais être poursuivis pour voie de fait, non assistance à personne en danger, ou autres mises en cause.

Que dire des policiers municipaux, fièrement équipés de « tazers » par le députée-maire ? A la moindre intervention « électrique », tous les violents, tous les agresseurs les accuseront probablement d’avoir attenté à leur vie. Et il est difficile d’imaginer ce qu’il adviendra lorsqu’au cours d’une confrontation, un mort sera à déplorer …

Pour les calédoniens qui se rendent régulièrement en Australie, quelle différence. Là-bas, les policiers sont respectés. Parce qu’ils ont les moyens de faire respecter la loi, et là même, de se faire respecter.

Ici, ils doivent supporter les insultes en tout genre sans mot dire –imbroglio des procédures oblige-, et en cas de contact avec un interpelé, être sous la menace d’une accusation de violence … par le délinquant.

Dans ces conditions, quelle motivation peut animer encore nos forces policières dans des interventions de maintien de l’ordre ou de la tranquillité publique ? Les beuveries des week end ? Les agressions de plus en plus fréquentes ?

Celle de leur engagement, bien sûr. Pour le reste, ils ont probablement le « blues ».

QUE SE SONT DITS LA MINISTRE DES OUTRE MER ET LE DIRECTEUR NICKEL DE GLENCORE ?

« Rien n’a filtré » de l’entretien entre la Ministre des Outre Mer, Georges Pau-Langevin, et Kenny Rives, le directeur de la branche nickel de Glencore. Les deux interlocuteurs ont indiqué que cet entretien s’inscrivait dans les relations normales entre le trader et le gouvernement. S’il s’agit d’un entretien « normal », pourquoi donc ne pas en donner la teneur ? Commentaires.

TOUTE LA VALEUR DE GLENCORE POURRAIT S’EVAPORER
D’abord, cet entretien n’est pas anodin. Il se situe au moment où les analystes de la banque britannique Investec ont estimé que « presque toute la valeur de Glencore pourrait s’évaporer ».

Le journal Le Monde écrit : « il fut un temps où Ivan Glasenberg (le PDG de Glencore-Ndlr) était un des rois du charbon, du cuivre et du zinc, qui avaient fait de lui un multimilliardaire en dollars, puissant et redouté. Un temps pas si lointain, en 2010, où Glencore (Global Energy Commoditity Resources) affichait déjà un chiffre d’affaires supérieur à celui d’un autre géant suisse plus connu, Nestlé. Plus dure est la chute ».

Ces analyses font suite à l’effondrement, le 28 septembre, des valeurs du groupe aux bourses de Londres et de Hong Kong. « Le groupe joue désormais sa survie » prédisent de nombreux experts.

Glencore a publié un communiqué selon lequel l’entreprise « n’a aucun problème de solvabilité ». Cette prise ee position a redonné quelques couleurs à sa valeur. Mais la multinationale traîne une dette colossale de 3.500 milliards de FCFP, c’est à dire bien plus que ses concurrents Rio Tinto, BHP Billinton ou Anglo American.

Le groupe a lancé une réduction de cette dette à hauteur de 20 milliards de dollars, ce qui l’a conduit a fermer des mines en Zambie et en République Démocratique du Congo, et plus récemment, Falcondo en République Dominicaine.

Quel rebond possible ? Les cours du zinc, du charbon, du cuivre et du nickel demeurent déprimés. La Chine, qui tire vers le haut la croissance mondiale depuis plusieurs années, premier consommateur de matières premières au monde, s’essouffle. Sa réorientation industrielle vers son marché intérieur ne connaît pas le succès escompté en raison d’un pouvoir d’achat qui est demeuré faible pour la majorité de la population.

LE MARCHÉ A-T-IL SURRÉAGI ?
Glencore, société qui fut controversée, n’est pas un inconnu pour le gouvernement français, ainsi que le rappelle le Monde : «  Créée en 1994 par le roi du trading Marc Rich sous le nom de Marc Rich + Co, elle a été critiquée – et parfois poursuivie et condamnée – pour ses pratiques fiscales, sociales et environnementales douteuses. Metaleurop, une filiale spécialisée dans les métaux non ferreux qui avait fermé du jour au lendemain son usine de Noyelles-Godault (Pas-de-Calais) en 2003, avait alerté sur ses méthodes. Jacques Chirac, alors président de la République, avait stigmatisé les « méthodes de patrons voyous » de cette entreprise qui avait brutalement licencié 831 salariés et laissé à la charge de la collectivité les énormes coûts de décontamination du site pollué par la dioxine et le plomb ».

Les analystes de Sanford C Berstein, société londonienne de recherche et consulting, sont quant à eux moins pessimistes. Le secteur du négoce, unique par rapport à ses concurrents, de Glencore, selon eux, peut difficilement être valorisé. 25 milliards de dollars ? 100 milliards ? Ils estiment que le marché à surréagi.

ET EN NOUVELLE-CALÉDONIE ?
images-1Question pour la Nouvelle-Calédonie : cette situation inquiétante peut-elle avoir des conséquences pour l’usine KNS ?

Incontestablement, oui. On comprend déjà ainsi pourquoi la réparation du second four a été mise en stand-by. La cession des actifs pourrait être envisagée. Mais en raison des surcoûts considérables de l’usine, leur valeur est actuellement surévaluée. Et puis, le trader a la main sur un domaine minier gigantesque …

Cependant, nul aujourd’hui ne peut prédire l’évolution du marché chinois, et donc celle des matières premières. La SMSP doit prier pour que l’usine demeure opérationnelle parce qu’elle même est sur le fil du rasoir.

Autre aspect : Glencore est-il le trader des exportations de minerai latéritique calédonien vers la Chine ? Si oui, dans le contexte actuel, la multinationale va-t-elle peser … pour les autorisations d’exportation dont les demandes sont actuellement sur le bureau du gouvernement calédonien ?

Une chose est sûre. Pau-Langevin et Rives n’ont pas du échanger que des banalités. Le gouvernement français est désormais informé de la situation difficile de Glencore. L’est-il de ses intentions en Nouvelle-Calédonie ?

24 SEPTEMBRE, ANNIVERSAIRE DES CALDIENS

Le 24 septembre 1853 marquait le début de l’installation, en Nouvelle-Calédonie, de la population caldienne.

D’abord européenne, métropolitaine, anglo-saxonne, elle s’est rapidement enrichie des « malabars », puis des travailleurs chinois, vietnamiens, indonésiens, japonais.

Quelques décennies plus tard, des océaniens venus de Polynésie française, de Wallis, de Futuna, des pieds noirs, des réunionnais, des antillais et d’autres sont venus s’ajouter à ces communautés en devenir.

Au fil des générations, les métropolitains ont perdu l’accent du terroir. Les japonais ont perdu leur langue maternelle. Toutes les générations nouvelles des populations d’origine se sont fondues dans un grand mouvement d’acculturation.

Une nouvelle identité est née, progressivement, chez tous ces calédoniens parfois métissés, nés ici ou d’adoption, mais ne se revendiquant pas de la culture kanak.

Le français est demeuré ou devenu la langue commune. Mais avec un accent du pays, des expressions qui nous sont propres, un vocabulaire original. Un français parlé « de Nouvelle-Calédonie ».

Une cuisine, qui n’est certes pas une gastronomie, s’est révélée, puisant le bami chez les uns, la salade de poisson, le rougail et mille petits plats chez les autres.

De notre côté, nous avons ensemble concocté la salade de cerf, ou encore le crabe mou sauté à l’ail. Parce la chasse et la pêche sont en grande partie notre mode de vie.

Des écrivains se sont mis à écrire des nouvelles, des romans, des pièces. Des cinéastes ont réalisé des films. Des artistes, de tous bords , ont créé des bandes dessinées, des chansons, de la musique, du théâtre.

Et bien d’autres choses encore.

« La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeur, les traditions et les croyances. » Telle est la définition de la culture par l’Unesco. Ainsi, notre culture est régionale, mais elle est réelle.

Dans la République, nous ne sommes, ou nous ne sommes plus, ni de Perpignan, ni de Roubaix, ni de Strasbourg ou de Brest. Nous ne sommes pas des Kanak. Mais nous sommes, nous aussi, d’ici.

Caldiens

Nous sommes les Caldiens. Notre épopée a commencé il y a 162 ans. Bon anniversaire à nous tous.

JC Gaby Briault

CONFLIT DES ROULEURS : L’ÉPREUVE DE VÉRITÉ

En refusant de se prononcer sur les demandes d’exportation de latérites vers la Chine, le gouvernement calédonien tente de renvoyer ce dossier devant le Congrès. Qui n’est pas compétent. Manœuvre ? Provocation ? Tentative pour sauver la face du Président du gouvernement ? Une épreuve de vérité commence.

Le Président du congrès a d’abord refusé de convoquer une session extraordinaire comme le réclamait la majorité du gouvernement. Motif : la délibération de l’Exécutif sera entachée d’un vice de procédure. Autre raison : la décision d’autoriser les exportations de minerai relève du gouvernement et non du Congrès. Epreuve de vérité juridique, donc, éclairée par le Haut-Commissaire qui dans le langage policé du corps préfectoral, suggère que la régularité de l’acte de gouvernement « apparaît incertaine », avis d’autant plus lourd qu’un de ses proches collaborateurs est issu du Conseil d’Etat. En clair : la procédure est probablement illégale.

Cet acte a été pris par une majorité Calédonie Ensemble-Palika, à laquelle s’est joint Jean-Louis d’Anglebermes. En contradiction, semble-t-il, avec les directives de son parti, l’Union Calédonienne. Si tel est le cas, il se profile une épreuve de vérité pour le Vice-président du gouvernement.

Epreuve de vérité économique, également. En annonçant un plan de réduction des emplois, Wilfrid Maï a rappelé à chacun qu’il ne s’agissait pas d’une simple querelle théorique de textes et de doctrine : l’économie, c’est d’abord la source d’emplois. Et ce qui se pointe s’appelle une catastrophe.

Epreuve de vérité en matière d’ordre public, peut être, aussi. Ce mineur fait travailler beaucoup de monde dans le sud, et notamment, dans la tribu de Saint Louis. Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer quelle vendetta pourrait inspirer un coup dur aux revenus des familles concernées.

RECHERCHE D’UNE ISSUE HONORABLE ?
Alors pourquoi cette décision du gouvernement qui risque de mettre un grand feu aux poudres ?

IMG_0284 2Probablement la recherche d’une issue honorable. Depuis l’origine du conflit, le Président Philippe Germain s’abrite en effet derrière le « schéma minier », lequel ne permettrait pas d’autres exportations de nickel que vers les « clients traditionnels ».

Ses détracteurs prétendent, eux, que ce n’est pas le cas et que la lecture attentive du fameux schéma montre que le texte permet d’autoriser les exportations demandées sous la clause contenue dans le document « d’évolution du marché ».

Or, si malgré tout, le schéma minier était expressément modifié par le Congrès dans le sens souhaité par les rouleurs et les mineurs indépendants, la décision ferait d’une pierre deux coups :

  • elle justifierait a posteriori la position de la majorité du gouvernement,
  • elle justifierait, à l’issue, une autorisation d’exportation vers la Chine.

Le risque, pour la majorité gouvernementale, est évidemment celui d’un examen juridique faisant autorité confirmant que lesdites exportations sont possibles sans modification du schéma minier…

Quoi qu’il en soit, le bilan inévitable de ce conflit sera certainement lourd. Pour l’économie, pour la crédibilité du gouvernement, pour les relations entre les partis politiques, pour la sérénité du débat de sortie de l’Accord de Nouméa.

Et la question se posera à coup sûr : pour quelles raisons avouées ou obscures la Calédonie a-t-elle été soumise à ce charivari abracabradantesque ?

LE TORCHON BRÛLE ENTRE CALÉDONIE ENSEMBLE ET L’UC

Alors que l’UC avait apporté ses voix pour la désignation de Philippe Germain à la Présidence du gouvernement et de Jean-Louis d’Anglebermes à la Vice-Présidence, Calédonie Ensemble a publiquement pris ses distances en critiquant violemment l’Union Calédonienne sur sa position à propos des exportations de latérites vers la Chine. Missiles et conséquences.

Tout un communiqué consacré à une critique en règle de l’Union Calédonienne, après que le plus vieux parti politique calédonien ait affiché un « nous n’avons pas de leçon à recevoir de quiconque » dans le dossier Lecren, voilà ce qui s’appelle une attaque en règle.

INJONCTION À L’UC
« Le positionnement de l’Union Calédonienne lors du GTPS du 7 septembre constitue donc un flagrant délit d’incohérence avec la ligne politique de l’Union Calédonienne concernant l’arrêt des exportations de minerai brut en 2019 (Congrès de Tiaoué-Koné) ainsi qu’avec la ligne politique affirmée le matin même du GTPS par le Président de l’Union Calédonienne », est une leçon ou une critique, c’est selon, sans nuance.

Mais Calédonie Ensemble va cette fois plus loin. En affirmant que « si l’Union Calédonienne a changé de position sur le sujet, c’est que son canal « business » a pris le pas sur le canal « historique » », c’est directement une accusation d’affairisme qui vise les leader de l’UC et en particulier son président Daniel Goa.

Procureur, le communiqué indique qu’il « faudra que l’UC explique en quoi cette démarche s’inscrit dans le cadre politique défini », référence aux positions jusqu’alors exprimées par le parti.

Ce qui frappe dans cet écrit est la violence des propos et l’injonction à un parti réputé jaloux de son indépendance. D’autant que l’Union Calédonienne peut se prévaloir d’être à l’origine du développement minier et métallurgique de la Province nord.

L‘UC OBTIENT LE FABULEUX MASSIF DU KONIAMBO
C’est en effet à l’UC que cette collectivité doit d’être propriétaire du gisement du Koniambo, une pépite nickel d’importance mondiale.

Rappel. Alors que les négociations sur « la solution consensuelle » prônée par Jacques Lafleur dès 1991 sont en panne, l’Union Calédonienne fait toujours la sourde oreille en 1998, à l’approche de l’échéance devant conduire à un referendum couperet « pour ou contre l’indépendance ».

La pression politique est considérable. Le leader du RPCR a même convaincu d’anciens éminents dirigeants de l’UC à s’en séparer pour défendre la solution consensuelle. Ainsi nait la Fédération des Comités de Coordination Indépendantistes, la FCCI.

L’UC est ébranlée mais ne plie pas. Bien au contraire. Ses militants bloquent une partie de la Calédonie, érigent des barrages, pour exiger de l’Etat « un geste fort au nom de la dette coloniale ». En clair : l’affectation du fabuleux gisement de Koniambo à la Province nord et le fameux « préalable minier ».

imgresC’est finalement le gouvernement Jospin, et notamment Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’économie et des finances, qui débloque l’affaire. La SLN, propriétaire du Koniambo, doit accepter un échange avec un massif à Tiébaghi accompagné d’une soulte d’une vingtaine de milliards CFP en dédommagement. Une mauvaise affaire pour la SLN, mais la porte ouverte aux plus grandes ambitions minières et métallurgiques pour la Province nord.

C’est cet accord obtenu par l’Union Calédonienne, et par personne d’autre, qui permet ensuite la signature de l’Accord de Nouméa.

Les responsables et les militants de l’UC ont conservé intact ce souvenir, alors que la Province est administrée depuis plus d’une décennie par le Palika. Et que l’Union Calédonienne a été écartée de la gestion du dossier nickel.

Pour ce qui concerne l’accusation de « canal business », Daniel Goa a sans doute aucun du prendre en considération la situation de centaines de rouleurs kanak et non kanak adhérents ou sympathisants de l’Union Calédonienne dans le conflit des rouleurs. Les sacrifier au nom d’une doctrine qui fait davantage place à l’idéologie plutôt qu’à  la prise en compte des situations humaines ne relève pas de la tradition de l’Union Calédonienne.

Chacun connaît par exemple la Cafat. Mais qui se souvient que la Cafat, instrument partenarial de solidarité exceptionnel pour tous les Calédoniens, fut créé il y a 65 ans par l’Union Calédonienne ? On pourrait donner bien d’autres exemples en matière économique, sociale, fiscale.

LE PRIX DU SANG
Ce parti a bien sûr évolué. Mais dans son ADN demeure un forme de pragmatisme qui sait s’imposer à l’idéologie.

Il faut ajouter que c’est l’UC qui est principalement à l’origine des événements de 1984, alors que son Secrétaire Général, Eloi Machoro, fracasse l’urne de Canala ce jour d’élection du 18 novembre pour mettre en place le statut Lemoine. Puis est « neutralisé ».

images-1C’est Jean-Marie Tjibaou, Président du FLNKS mais également Président de l’UC qui signe finalement les accords de paix de Matignon au nom des indépendantistes.

Au risque de sa vie qu’il perd à Ouvéa le 4 mai 1989, avec Yeiwene Yewene. Tous deux de l’Union Calédonienne.

Les responsables et les militants de l’UC portent cette histoire, faite de domination de la vie politique calédonienne de 1958 à la fin des années 70, faite aussi d’épisodes dramatiques, de conflit armé, d’acceptation de la paix et d’un nouveau rapport avec l’ancienne puissance coloniale.

C’est pour ces raisons qu’elle considère « ne pas avoir de leçons à recevoir de quiconque ». Mais c’est également pour ces raisons notamment que les récentes attaques de Calédonie Ensemble laisseront quelques traces profondes.

Humeur : Par Toutatis, ils sont fous ces Calédoniens !

Mon cher Economix,

Le mois dernier, en arrivant devant le siège du gouvernement local, j’ai pu admirer un échantillon d’une centaine de camions, accompagnés d’un bulldozer dénommé « le fils à Goldorak ».

Je pensais d’abord qu’il s’agissant du Salon Annuel du Camion.

C’est en voyant les inscriptions guère aimables sur les banderoles que je me suis aperçu que ce rassemblement n’avait rien d’un événement de loisir grand public !

Par curiosité, je me suis renseigné sur la cause de cette manifestation. C’est tout à fait étonnant, mon cher Economix.

En fait, la Nouvelle-Calédonie est une île très riche en minerai de nickel qu’elle utilise dans ses propres fonderies, et qu’elle exporte au Japon et en Corée.

L’île traverse actuellement un ralentissement économique. Les budgets publics sont en difficulté, les régimes sociaux sont en déficit, les usines métallurgiques perdent des sommes colossales.

Par chance pour la Calédonie, et alors que les ventes de minerai sont en baisse, la Chine propose d’en acheter ! Et pas n’importe quel minerai : celui qui est inutilisable par les clients traditionnels de l’île en raison de sa très faible teneur.

imagesLe monde entier rêve de nouveaux marchés en Chine, alors même que ce pays connaît un ralentissement économique qui met à mal l’économie mondiale.

Et bien crois moi si tu veux, le monde entier sauf la Calédonie !

Que comprendre ? Par Toutatis, ils sont fous ces Calédoniens !

Metallurgix

L’UCF est bien au gouvernement

Chacun aura rectifié sur la majorité éventuelle du gouvernement pour autoriser des exportations de latérites sur la Chine : il s’agit bien des deux voix des Républicains, de celle de l’UCF représentée par Isabelle Champmoreau, et celles de l’Union Calédonienne.

 

NICKEL : ACCORD DU GTPS POUR LA CHINE-QUE VA FAIRE LE GOUVERNEMENT ?

Dans une précédente édition, nous écrivions :

« S’il (Daniel Goa médiateur-NDLR) veut réussir aux yeux des opposants aux exportation vers la Chine, il doit convaincre rouleurs et petits mineurs de renoncer à leur demande. Comment alors leur sauver la face ?
Or, peut-il faire renoncer aux rouleurs leur demande d’exportation vers la Chine ? Pas plus que de demander à Philippe Germain de tourner casaque. Mais en politique, tout n’est pas possible, mais rien n’est impossible.
Il peut en revanche « externaliser » la décision vers une assemblée de sages, genre GTPS, après que le gouvernement ait accepté de s’y soumettre pour l’intérêt général et le retour au calme.
Il peut également trouver une majorité UC-Républicains au gouvernement, qui devra alors s’y soumettre, sauvant ainsi le face du Président qui appliquerait naturellement à une « décision collégiale ».

UNE MAJORITÉ EN FAVEUR D’EXPORTATIONS VERS LA CHINE
Le GTPS, rassemblant les signataires des Accords et les présidents de Provinces a donc été l’organe externe chargé de donner un avis censé faire autorité sur la demande d’exportation de nickel vers la Chine. Cet avis n’a pas été « consensuel ». Il a été obtenu à la majorité, deux blocs s’étant dessinés : le Palika et Calédonie Ensemble d’une part, l’Union Calédonienne et les Républicains d’autre part.

Au sortir de la réunion, un report de la réunion du Comité du Commerce Extérieur Minier prévue pour ce vendredi 11 a été évoqué par le Président de Gouvernement. Réaction immédiate du syndicat des rouleurs, Contrakmine : « nous exigeons le maintien de cette réunion comme prévu dans le calendrier », déclaration agrémentée d’un rappel au risque de « nouveau conflit dans le pays ».

QUE VA FAIRE LE GOUVERNEMENT ?
Désormais, la balle est de toute façon entre les mains du gouvernement local.

UnknownEn théorie, l’addition des voix des Républicains –Cynthia Ligeard, Bernard Deladrière- celle de l’UCF Isabelle Champmoreau et celles de l’Union Calédonienne –Gilbert Tyuienon, Antony Lecren et Jean-Louis d’Anglebermes- forme une majorité.

Certains s’interrogent sur le vote éventuel de d’Anglebermes, réputé proche de Calédonie Ensemble. Mais c’est la position de Daniel Goa qui compte dans cette affaire, tout comme le Président de l’UC est à l’origine du vote de Jean-Louis d’Anglebermes en faveur de Philippe Germain à la présidence du gouvernement.

On semble donc s’acheminer vers un vote à la majorité d’une autorisation d’exportation limitée en tonnage, en teneur, et dans le temps, de minerai de nickel vers la Chine.

UN GÂCHIS ?
Si tel était le cas, on pourra légitimement s’interroger sur un tel gâchis.

D’une part, la Direction des Mines et de la Géologie a recensé un stock de 21 millions de tonnes de latérites inutilisées, inutilisables, et exportables vers la Chine, alors que la demande des mineurs et des rouleurs ne porte que sur 1 à 2 millions de tonnes. Encore faut-il préciser qu’il ne s’agit non pas de réserves, chiffrables elles en centaines de millions de tonnes, mais bien de « déchets » actuellement entreposés dans les carrières.

D’autre part, dès le début du conflit, une autorisation limitée dans le temps limitée en teneur et limitée en tonnage avait été suggérée par plusieurs intervenants, parmi lesquels les Républicains.

Mais tout n’est peut être pas joué. Dans ce cas, il faudra s’attendre à une nouvelle épreuve qui cette fois, risque d’être autrement plus dure. Et quoi qu’il arrive, le conflit et la prise de position du GTPS auront sérieusement ébranlé l’autorité et la crédibilité du gouvernement.

JOHNNY À NOUMÉA EN 2016

Johnny Hallyday a déjà, par deux fois, rencontré la Nouvelle-Calédonie. Il devrait le faire une troisième fois en 2016.

La première fois fut au cours d’une tournée effectuée du 24 février au 8 mars 1972 à Nouméa et à Tahiti. L’idole des jeunes s’était produit au Rex devant une salle comble, bien sûr. Il était accompagné de Nanette Workman, son « égérie » d’alors dont les spectateurs de l’époque se souviennent des ennuis … de jean sur scène.

Johnny à Tahiti en 1972
Johnny à Tahiti en 1972

Johnny avait fait une excursion remarquée au Turtle Club de l’île Ouen, en ce temps mémorable tenu par Kolka Muller, sur un bateau confié par une personnalité. Sur le gazon de l’hôtel, Johnny avait, avec beaucoup de gentillesse, interprété à la guitare sèche, quelques uns de ses morceaux au grand bonheur de ses fans, y compris quelques uns de la tribu de Ouara.

Il avait ensuite poursuivi sa tournée avec des représentations triomphales à Tahiti.

LAURA SMET JOUE LE RÔLE DE MISS CALÉDONIE !

Laura Smet ... Miss Calédonie
Laura Smet … Miss Calédonie

Tiens toi droite afficheLa seconde rencontre, si l’on peut dire, a été à l’occasion du film « Tiens toi droite » de Katia Lewkowicz. Dans cette comédie sortie le 26 novembre 2014, la fille de Johnny, Laura Smet dont la mère est l’actrice Nathalie Baye, incarne … une Miss Nouvelle-Calédonie un peu déboussolée.

JOHNNY AIMERAIT RETOURNER À TAHITI
Le 2 octobre dernier et alors qu’il se trouvait à Los Angeles, le plus populaire de chanteurs français de « rock’n roll attitude » s’est livré à un exercice inédit : pendant toute la soirée, il a dialogué en direct avec ses fans.

Au cours d’un échange avec une habitante de Tipaerui, en Polynésie, il a évoqué Tahiti. La question posée était celle d’une fan : «avez-vous pensé à venir faire un concert chez nous à Tahiti. Je sais que c’est petit chez nous, mais les fans, eux, sont grands». Johnny a répondu de manière très positive : «ça fait partie des endroits où je souhaiterais me produire en 2016, mais j’y travaille».

imagesSelon certaines informations, la tournée a été effectivement mise sur pied. Elle devrait se dérouler en avril 2016. Elle comprendrait Nouméa où 43 ans après, Johnny va retrouver ses fans de toujours, et ceux de la nouvelle génération.

Le Rex n’est plus, mais « la fanitude » calédonienne pour Johnny est toujours bel et bien là.