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ERAMET VA-T-ELLE CÉDER LA SLN AU TITRE DE LA « CESSION DES ACTIFS » ?

« CENTRALE : QUESTION DE VIE OU DE MORT
POUR LA SLN »

search-1C’est l’Usine Nouvelle qui l’écrit à propos de la suspension du remplacement de la centrale électrique Doniambo. « D’après nos informations, indique l’Usine Nouvelle, cette suspension inclut le projet de nouvelle centrale électrique de la SLN, que Pierre Gugliermina (Président du Conseil d’administration de la SLN-NDLR) qualifie de « question de vie ou de mort pour le site »: « C’est un investissement prioritaire pour Eramet. Le choix est clair, c’était une question de vie ou de mort pour le site de Doniambo » (Nouvelle-Calédonie). « Le premier projet de remplacement de la centrale date de 2007-2008, mais c’était la crise, il a été repoussé. La centrale actuelle a 45 ans et elle a toujours, comme au démarrage, moins de 3% de pannes aléatoires. Par contre elle ne passera pas la cinquième décennale. »

« TOTALEMENT SACRIFIER LA SLN »

 Alors, si la centrale électrique nouvelle est « une question de vie ou de mort » pour la SLN, cette décision d’Eramet est-elle le prélude à un désengagement de plus grande envergure ?

« De toute évidence, Philippe Gomès détient des informations qui lui permettent de penser qu’Eramet va totalement sacrifier la SLN », affirme un commentateur qui souhaite rester anonyme », poursuit l’Usine Nouvelle.

EN DÉCEMBRE

Un prochain conseil d’administration de la société pourrait, début décembre, préciser de possibles cessions d’actifs dans la branche nickel et manganèse.

Au sein de la compagnie, depuis plusieurs exercices, certains administrateurs critiquent les choix opérés par Bernard Buffet, le Président d’Eramet. Les tensions entre Romain Zaleski, deuxième actionnaire avec 13% du capital et représenté au conseil par Jacques Bacardats, et Bernard Buffet sont qualifiées « d’historiques ». Le premier reproche aux dirigeants actuels un manque de pertinence des investissements consentis par le groupe Eramet dans ses activités historiques (le nickel, le manganèse et les alliages) ainsi que des « projets de diversifications en tous genres », allusion à Weda Bay (nickel) et à Moanda .

« DÉCISION PAR LES ACTIONNAIRES »

Cette fois, avec un marché terrifiant, des déficits qu’il sera difficile de combler, Eramet pourrait en effet prendre des décisions radicales, facilitées par les critiques en tout genre venant d’une partie de la classe politique calédonienne, et la volonté affichée pour un administrateur au sein même d’Eramet, de faire monter les collectivités publiques à 51% dans le capital de la SLN.

Cela va-t-il aller jusqu’à la cession de la SLN, de son usine affublée d’une centrale électrique obsolète, en recherche de compétitivité, sous le coup d’un risque de « nationalisation » de la société, mais d’un autre côté, dotée d’un des plus beaux domaines miniers nickel au monde ? C’est la majorité des actionnaires qui, le cas échéant, le décidera.

Report de la centrale Doniambo 100 milliards d’investissements en moins

 

« Brut de décoffrage », la décision de reporter la construction de la centrale électrique de Doniambo a pour conséquence de supprimer, pour l’instant, un investissement de 100 milliards FCFP en Nouvelle-Calédonie. En plus des conséquences économiques, cette décision est un révélateur pour les Calédoniens. Explications.

UNE TRES MAUVAISE NOUVELLE POUR LES ENTREPRISES
La richesse d’un pays vient de l’activité de ses entreprises, et plus particulièrement de leur bonne santé financière. Une entreprise qui réalise des profits investit et crée des emplois. La construction de la centrale électrique de nouvelle génération était une aubaine pour tous les corps d’état : construction, second œuvre, fournisseurs, intermédiaires. Une grande partie de l’investissement, c’est à dire plusieurs dizaines de milliards, devait se traduire par des retombées locales.

Image SLN
Image SLN

Désormais, il faut réviser les plans de charge espérés. Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’énorme chantier du Médipôle s’achève, et que se clôt le carnet de commandes lié à cette construction.

Difficile de mesurer l’impact négatif du report de la réalisation de la centrale électrique de Doniambo. Mais il est sûr que deux effets sont à prévoir : l’impact direct traduit par un chiffre d’affaires espéré qui disparaît, et l’impact indirect en ce sens que beaucoup d’anticipations d’investissements des entreprises et même des ménages calédoniens est lié à la dynamique de l’activité mine et métallurgie.

UN REVELATEUR
La décision du Conseil d’administration d’Eramet est-elle une réponse du berger à la bergère, suite aux différentes attaques subies par la société par plusieurs acteurs politiques locaux ?

On ne peut nier que la situation économique d’Eramet et de la SLN est aujourd’hui préoccupante pour les actionnaires. Entre 30 et 40 milliards FCFP de pertes pour l’exercice en cours, un cours du nickel en berne, des perspectives plus que floues, il convenait d’arrêter l’hémorragie.

Eramet n’est pas un service public, c’est une entreprise ! Ses actionnaires ont le devoir de protéger la bonne santé, voire l’existence de la société, en la gérant dans le respect de son intérêt. D’ailleurs, un actionnaire qui agirait délibérément contre lesdits intérêts pourrait avoir maille à partir avec le droit des sociétés.

Mais cette décision de gestion économique remet en perspective certaines réalités.

Sur la centrale, d’abord. On peut discuter à l’infini sur les vertus ou les vices de ce nouvel équipement destiné à remplacer une installation obsolète et à améliorer la rentabilité de la SLN, il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, ces querelles semblent bien futiles. L’investissement n’aura pas lieu. Fin des débats, et chacun peut en mesurer les conséquences concrètes.

Sur la réalité économique ensuite. On voit bien que pour une installation métallurgique de cette ampleur, les pouvoirs publics locaux sont un nain financier. Encore faut-il ajouter que les finances publiques sont « à la ramasse » et que la Nouvelle-Calédonie s’oriente doucement vers un schéma espagnol ou grec*. A charge pour elle de se reprendre d’urgence.

Dans le nouvel espace économique mondialisé, les « doctrines » promouvant la prééminence des acteurs publics ou des collectivités dans les grands appareils de production apparaissent clairement comme une vue de l’esprit.

La décision d’Eramet sera-t-elle de nature à rappeler aux décideurs que le cœur de la vie économique d’un pays, c’est la croissance des entreprises ? Réponse lors du vote des « politiques publiques » par le congrès, lors de l’examen du budget 2016

* Lire « Echéance 2018 – les dangers / Risques d’ersatz de République bananière et de faillite économique/ Plaidoyer pour un modèle de développement économique calédonien » . Chez Calédolivres, As de Trèfle quartier Latin, Géant, Carrefour, librairie Michel Ange.

COMMENT ÉVITER LE RISQUE DE FAILLITE ÉCONOMIQUE CALÉDONIENNE : Le dernier livre de JCG Briault

Deux risques nous séparent de l’échéance de 2018 : l’article 27 et la situation économique.

En s’appuyant sur les travaux d’un grand juriste, spécialiste en droit constitutionnel, l’auteur pointe du doigt les risques présentés par un transfert mal maîtrisé de l’article 27 : la mainmise d’un petite oligarchie sur la Calédonie. Quelles précautions s’imposent ?

couve 4e LivreRégimes sociaux en déficit, pour certains, structurels, finances publiques en grande difficulté, métallurgistes du nickel en pertes d’exploitation par dizaines de milliards et dont la capitalisation boursière s’est effondrée, entreprises calédoniennes inquiètes, taxées hier, imposées encore plus demain et dont la croissance est au point mort : cette situation n’est pas sans rappeler celle de l’Espagne et du Portugal hier, et plus récemment, celle de la Grèce. Toutes proportions gardées évidemment.

Depuis 25 ans, la Nouvelle-Calédonie est portée par la prospérité. Elle est à présent « en revers de fortune ».

couve LivreCette situation est inédite, parce que nullement comparable aux multiples épisodes de « crise » et de rebonds qu’elle a connu. Seule pourrait être évoquée la crise de 1973-1975, caractérisée par la quasi-faillite de la SLN qui a imposé d’une part, une réforme fiscale locale, sa cession et son nouveau statut de filiale d’Imétal d’autre part, et une aide de l’Etat équivalente à 100 milliards de nos francs actuels, enfin.

La crise dans laquelle entre la Calédonie ne pourra pas se résoudre de la même manière.

Le « pays » devra d’abord compter sur lui-même, et seulement sur lui-même. C’est le prix de l’autonomie qu’il a voulue

Bientôt, les politiques publiques seront bientôt, dans le cadre du projet de budget 2016.

Elles concerneront aussi bien la fiscalité, le droit du travail, le dialogue social, l’enseignement, la formation, les équipements et les investissements publics, que l’appréhension des dépenses budgétaires.

Une seule voie existe pour éviter cette faillite dramatique qui s’annonce. Cet espoir est réel grâce à des potentiels propres à la Calédonie : ses ressources minérales, son capital humain, la maîtrise de ses compétences qui lui permettra d’éviter les erreurs de la métropole.

La Nouvelle-Calédonie devra mettre en œuvre, comme tous les pays développés en crise aujourd’hui, dont la France, la seule recette adaptée aux contraintes d’une économie mondialisée : fonder un modèle de développement économique qui place la croissance des entreprises calédoniennes au cœur des politiques publiques.

Hors ce sursaut qui s’accompagne de l’indispensable réhabilitation de la réussite entreprenariale, la Calédonie va de plus en plus vivre au rythme des informations justifiant les craintes exprimées.

C’est le thème du livre que JC Gaby Briault viens de publier, et que l’on peut trouver dans plusieurs librairies, parmi lesquelles As de Trèfle Quartier Latin, Géant Sainte Marie, Carrefour, Librairie Michel Ange et Calédolivres.

POLICE : LE BLUES

Le public a été frappé, ces derniers jours, par les mises en cause de policiers étant intervenus pour protéger la tranquillité des citoyens. Comment comprendre, en dehors des subtilités juridiques, qu’un agresseur menaçant des honnêtes gens avec une arme blanche, désarmé par un policier, devienne un accusateur, écouté, des forces de l’ordre … ? Etats d’âme.

imagesDans un futur proche, les policiers se borneront peut être à n’intervenir qu’avec des porte-voix, pour ne jamais être poursuivis pour voie de fait, non assistance à personne en danger, ou autres mises en cause.

Que dire des policiers municipaux, fièrement équipés de « tazers » par le députée-maire ? A la moindre intervention « électrique », tous les violents, tous les agresseurs les accuseront probablement d’avoir attenté à leur vie. Et il est difficile d’imaginer ce qu’il adviendra lorsqu’au cours d’une confrontation, un mort sera à déplorer …

Pour les calédoniens qui se rendent régulièrement en Australie, quelle différence. Là-bas, les policiers sont respectés. Parce qu’ils ont les moyens de faire respecter la loi, et là même, de se faire respecter.

Ici, ils doivent supporter les insultes en tout genre sans mot dire –imbroglio des procédures oblige-, et en cas de contact avec un interpelé, être sous la menace d’une accusation de violence … par le délinquant.

Dans ces conditions, quelle motivation peut animer encore nos forces policières dans des interventions de maintien de l’ordre ou de la tranquillité publique ? Les beuveries des week end ? Les agressions de plus en plus fréquentes ?

Celle de leur engagement, bien sûr. Pour le reste, ils ont probablement le « blues ».

QUE SE SONT DITS LA MINISTRE DES OUTRE MER ET LE DIRECTEUR NICKEL DE GLENCORE ?

« Rien n’a filtré » de l’entretien entre la Ministre des Outre Mer, Georges Pau-Langevin, et Kenny Rives, le directeur de la branche nickel de Glencore. Les deux interlocuteurs ont indiqué que cet entretien s’inscrivait dans les relations normales entre le trader et le gouvernement. S’il s’agit d’un entretien « normal », pourquoi donc ne pas en donner la teneur ? Commentaires.

TOUTE LA VALEUR DE GLENCORE POURRAIT S’EVAPORER
D’abord, cet entretien n’est pas anodin. Il se situe au moment où les analystes de la banque britannique Investec ont estimé que « presque toute la valeur de Glencore pourrait s’évaporer ».

Le journal Le Monde écrit : « il fut un temps où Ivan Glasenberg (le PDG de Glencore-Ndlr) était un des rois du charbon, du cuivre et du zinc, qui avaient fait de lui un multimilliardaire en dollars, puissant et redouté. Un temps pas si lointain, en 2010, où Glencore (Global Energy Commoditity Resources) affichait déjà un chiffre d’affaires supérieur à celui d’un autre géant suisse plus connu, Nestlé. Plus dure est la chute ».

Ces analyses font suite à l’effondrement, le 28 septembre, des valeurs du groupe aux bourses de Londres et de Hong Kong. « Le groupe joue désormais sa survie » prédisent de nombreux experts.

Glencore a publié un communiqué selon lequel l’entreprise « n’a aucun problème de solvabilité ». Cette prise ee position a redonné quelques couleurs à sa valeur. Mais la multinationale traîne une dette colossale de 3.500 milliards de FCFP, c’est à dire bien plus que ses concurrents Rio Tinto, BHP Billinton ou Anglo American.

Le groupe a lancé une réduction de cette dette à hauteur de 20 milliards de dollars, ce qui l’a conduit a fermer des mines en Zambie et en République Démocratique du Congo, et plus récemment, Falcondo en République Dominicaine.

Quel rebond possible ? Les cours du zinc, du charbon, du cuivre et du nickel demeurent déprimés. La Chine, qui tire vers le haut la croissance mondiale depuis plusieurs années, premier consommateur de matières premières au monde, s’essouffle. Sa réorientation industrielle vers son marché intérieur ne connaît pas le succès escompté en raison d’un pouvoir d’achat qui est demeuré faible pour la majorité de la population.

LE MARCHÉ A-T-IL SURRÉAGI ?
Glencore, société qui fut controversée, n’est pas un inconnu pour le gouvernement français, ainsi que le rappelle le Monde : «  Créée en 1994 par le roi du trading Marc Rich sous le nom de Marc Rich + Co, elle a été critiquée – et parfois poursuivie et condamnée – pour ses pratiques fiscales, sociales et environnementales douteuses. Metaleurop, une filiale spécialisée dans les métaux non ferreux qui avait fermé du jour au lendemain son usine de Noyelles-Godault (Pas-de-Calais) en 2003, avait alerté sur ses méthodes. Jacques Chirac, alors président de la République, avait stigmatisé les « méthodes de patrons voyous » de cette entreprise qui avait brutalement licencié 831 salariés et laissé à la charge de la collectivité les énormes coûts de décontamination du site pollué par la dioxine et le plomb ».

Les analystes de Sanford C Berstein, société londonienne de recherche et consulting, sont quant à eux moins pessimistes. Le secteur du négoce, unique par rapport à ses concurrents, de Glencore, selon eux, peut difficilement être valorisé. 25 milliards de dollars ? 100 milliards ? Ils estiment que le marché à surréagi.

ET EN NOUVELLE-CALÉDONIE ?
images-1Question pour la Nouvelle-Calédonie : cette situation inquiétante peut-elle avoir des conséquences pour l’usine KNS ?

Incontestablement, oui. On comprend déjà ainsi pourquoi la réparation du second four a été mise en stand-by. La cession des actifs pourrait être envisagée. Mais en raison des surcoûts considérables de l’usine, leur valeur est actuellement surévaluée. Et puis, le trader a la main sur un domaine minier gigantesque …

Cependant, nul aujourd’hui ne peut prédire l’évolution du marché chinois, et donc celle des matières premières. La SMSP doit prier pour que l’usine demeure opérationnelle parce qu’elle même est sur le fil du rasoir.

Autre aspect : Glencore est-il le trader des exportations de minerai latéritique calédonien vers la Chine ? Si oui, dans le contexte actuel, la multinationale va-t-elle peser … pour les autorisations d’exportation dont les demandes sont actuellement sur le bureau du gouvernement calédonien ?

Une chose est sûre. Pau-Langevin et Rives n’ont pas du échanger que des banalités. Le gouvernement français est désormais informé de la situation difficile de Glencore. L’est-il de ses intentions en Nouvelle-Calédonie ?

24 SEPTEMBRE, ANNIVERSAIRE DES CALDIENS

Le 24 septembre 1853 marquait le début de l’installation, en Nouvelle-Calédonie, de la population caldienne.

D’abord européenne, métropolitaine, anglo-saxonne, elle s’est rapidement enrichie des « malabars », puis des travailleurs chinois, vietnamiens, indonésiens, japonais.

Quelques décennies plus tard, des océaniens venus de Polynésie française, de Wallis, de Futuna, des pieds noirs, des réunionnais, des antillais et d’autres sont venus s’ajouter à ces communautés en devenir.

Au fil des générations, les métropolitains ont perdu l’accent du terroir. Les japonais ont perdu leur langue maternelle. Toutes les générations nouvelles des populations d’origine se sont fondues dans un grand mouvement d’acculturation.

Une nouvelle identité est née, progressivement, chez tous ces calédoniens parfois métissés, nés ici ou d’adoption, mais ne se revendiquant pas de la culture kanak.

Le français est demeuré ou devenu la langue commune. Mais avec un accent du pays, des expressions qui nous sont propres, un vocabulaire original. Un français parlé « de Nouvelle-Calédonie ».

Une cuisine, qui n’est certes pas une gastronomie, s’est révélée, puisant le bami chez les uns, la salade de poisson, le rougail et mille petits plats chez les autres.

De notre côté, nous avons ensemble concocté la salade de cerf, ou encore le crabe mou sauté à l’ail. Parce la chasse et la pêche sont en grande partie notre mode de vie.

Des écrivains se sont mis à écrire des nouvelles, des romans, des pièces. Des cinéastes ont réalisé des films. Des artistes, de tous bords , ont créé des bandes dessinées, des chansons, de la musique, du théâtre.

Et bien d’autres choses encore.

« La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeur, les traditions et les croyances. » Telle est la définition de la culture par l’Unesco. Ainsi, notre culture est régionale, mais elle est réelle.

Dans la République, nous ne sommes, ou nous ne sommes plus, ni de Perpignan, ni de Roubaix, ni de Strasbourg ou de Brest. Nous ne sommes pas des Kanak. Mais nous sommes, nous aussi, d’ici.

Caldiens

Nous sommes les Caldiens. Notre épopée a commencé il y a 162 ans. Bon anniversaire à nous tous.

JC Gaby Briault

CONFLIT DES ROULEURS : L’ÉPREUVE DE VÉRITÉ

En refusant de se prononcer sur les demandes d’exportation de latérites vers la Chine, le gouvernement calédonien tente de renvoyer ce dossier devant le Congrès. Qui n’est pas compétent. Manœuvre ? Provocation ? Tentative pour sauver la face du Président du gouvernement ? Une épreuve de vérité commence.

Le Président du congrès a d’abord refusé de convoquer une session extraordinaire comme le réclamait la majorité du gouvernement. Motif : la délibération de l’Exécutif sera entachée d’un vice de procédure. Autre raison : la décision d’autoriser les exportations de minerai relève du gouvernement et non du Congrès. Epreuve de vérité juridique, donc, éclairée par le Haut-Commissaire qui dans le langage policé du corps préfectoral, suggère que la régularité de l’acte de gouvernement « apparaît incertaine », avis d’autant plus lourd qu’un de ses proches collaborateurs est issu du Conseil d’Etat. En clair : la procédure est probablement illégale.

Cet acte a été pris par une majorité Calédonie Ensemble-Palika, à laquelle s’est joint Jean-Louis d’Anglebermes. En contradiction, semble-t-il, avec les directives de son parti, l’Union Calédonienne. Si tel est le cas, il se profile une épreuve de vérité pour le Vice-président du gouvernement.

Epreuve de vérité économique, également. En annonçant un plan de réduction des emplois, Wilfrid Maï a rappelé à chacun qu’il ne s’agissait pas d’une simple querelle théorique de textes et de doctrine : l’économie, c’est d’abord la source d’emplois. Et ce qui se pointe s’appelle une catastrophe.

Epreuve de vérité en matière d’ordre public, peut être, aussi. Ce mineur fait travailler beaucoup de monde dans le sud, et notamment, dans la tribu de Saint Louis. Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer quelle vendetta pourrait inspirer un coup dur aux revenus des familles concernées.

RECHERCHE D’UNE ISSUE HONORABLE ?
Alors pourquoi cette décision du gouvernement qui risque de mettre un grand feu aux poudres ?

IMG_0284 2Probablement la recherche d’une issue honorable. Depuis l’origine du conflit, le Président Philippe Germain s’abrite en effet derrière le « schéma minier », lequel ne permettrait pas d’autres exportations de nickel que vers les « clients traditionnels ».

Ses détracteurs prétendent, eux, que ce n’est pas le cas et que la lecture attentive du fameux schéma montre que le texte permet d’autoriser les exportations demandées sous la clause contenue dans le document « d’évolution du marché ».

Or, si malgré tout, le schéma minier était expressément modifié par le Congrès dans le sens souhaité par les rouleurs et les mineurs indépendants, la décision ferait d’une pierre deux coups :

  • elle justifierait a posteriori la position de la majorité du gouvernement,
  • elle justifierait, à l’issue, une autorisation d’exportation vers la Chine.

Le risque, pour la majorité gouvernementale, est évidemment celui d’un examen juridique faisant autorité confirmant que lesdites exportations sont possibles sans modification du schéma minier…

Quoi qu’il en soit, le bilan inévitable de ce conflit sera certainement lourd. Pour l’économie, pour la crédibilité du gouvernement, pour les relations entre les partis politiques, pour la sérénité du débat de sortie de l’Accord de Nouméa.

Et la question se posera à coup sûr : pour quelles raisons avouées ou obscures la Calédonie a-t-elle été soumise à ce charivari abracabradantesque ?

LE TORCHON BRÛLE ENTRE CALÉDONIE ENSEMBLE ET L’UC

Alors que l’UC avait apporté ses voix pour la désignation de Philippe Germain à la Présidence du gouvernement et de Jean-Louis d’Anglebermes à la Vice-Présidence, Calédonie Ensemble a publiquement pris ses distances en critiquant violemment l’Union Calédonienne sur sa position à propos des exportations de latérites vers la Chine. Missiles et conséquences.

Tout un communiqué consacré à une critique en règle de l’Union Calédonienne, après que le plus vieux parti politique calédonien ait affiché un « nous n’avons pas de leçon à recevoir de quiconque » dans le dossier Lecren, voilà ce qui s’appelle une attaque en règle.

INJONCTION À L’UC
« Le positionnement de l’Union Calédonienne lors du GTPS du 7 septembre constitue donc un flagrant délit d’incohérence avec la ligne politique de l’Union Calédonienne concernant l’arrêt des exportations de minerai brut en 2019 (Congrès de Tiaoué-Koné) ainsi qu’avec la ligne politique affirmée le matin même du GTPS par le Président de l’Union Calédonienne », est une leçon ou une critique, c’est selon, sans nuance.

Mais Calédonie Ensemble va cette fois plus loin. En affirmant que « si l’Union Calédonienne a changé de position sur le sujet, c’est que son canal « business » a pris le pas sur le canal « historique » », c’est directement une accusation d’affairisme qui vise les leader de l’UC et en particulier son président Daniel Goa.

Procureur, le communiqué indique qu’il « faudra que l’UC explique en quoi cette démarche s’inscrit dans le cadre politique défini », référence aux positions jusqu’alors exprimées par le parti.

Ce qui frappe dans cet écrit est la violence des propos et l’injonction à un parti réputé jaloux de son indépendance. D’autant que l’Union Calédonienne peut se prévaloir d’être à l’origine du développement minier et métallurgique de la Province nord.

L‘UC OBTIENT LE FABULEUX MASSIF DU KONIAMBO
C’est en effet à l’UC que cette collectivité doit d’être propriétaire du gisement du Koniambo, une pépite nickel d’importance mondiale.

Rappel. Alors que les négociations sur « la solution consensuelle » prônée par Jacques Lafleur dès 1991 sont en panne, l’Union Calédonienne fait toujours la sourde oreille en 1998, à l’approche de l’échéance devant conduire à un referendum couperet « pour ou contre l’indépendance ».

La pression politique est considérable. Le leader du RPCR a même convaincu d’anciens éminents dirigeants de l’UC à s’en séparer pour défendre la solution consensuelle. Ainsi nait la Fédération des Comités de Coordination Indépendantistes, la FCCI.

L’UC est ébranlée mais ne plie pas. Bien au contraire. Ses militants bloquent une partie de la Calédonie, érigent des barrages, pour exiger de l’Etat « un geste fort au nom de la dette coloniale ». En clair : l’affectation du fabuleux gisement de Koniambo à la Province nord et le fameux « préalable minier ».

imgresC’est finalement le gouvernement Jospin, et notamment Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’économie et des finances, qui débloque l’affaire. La SLN, propriétaire du Koniambo, doit accepter un échange avec un massif à Tiébaghi accompagné d’une soulte d’une vingtaine de milliards CFP en dédommagement. Une mauvaise affaire pour la SLN, mais la porte ouverte aux plus grandes ambitions minières et métallurgiques pour la Province nord.

C’est cet accord obtenu par l’Union Calédonienne, et par personne d’autre, qui permet ensuite la signature de l’Accord de Nouméa.

Les responsables et les militants de l’UC ont conservé intact ce souvenir, alors que la Province est administrée depuis plus d’une décennie par le Palika. Et que l’Union Calédonienne a été écartée de la gestion du dossier nickel.

Pour ce qui concerne l’accusation de « canal business », Daniel Goa a sans doute aucun du prendre en considération la situation de centaines de rouleurs kanak et non kanak adhérents ou sympathisants de l’Union Calédonienne dans le conflit des rouleurs. Les sacrifier au nom d’une doctrine qui fait davantage place à l’idéologie plutôt qu’à  la prise en compte des situations humaines ne relève pas de la tradition de l’Union Calédonienne.

Chacun connaît par exemple la Cafat. Mais qui se souvient que la Cafat, instrument partenarial de solidarité exceptionnel pour tous les Calédoniens, fut créé il y a 65 ans par l’Union Calédonienne ? On pourrait donner bien d’autres exemples en matière économique, sociale, fiscale.

LE PRIX DU SANG
Ce parti a bien sûr évolué. Mais dans son ADN demeure un forme de pragmatisme qui sait s’imposer à l’idéologie.

Il faut ajouter que c’est l’UC qui est principalement à l’origine des événements de 1984, alors que son Secrétaire Général, Eloi Machoro, fracasse l’urne de Canala ce jour d’élection du 18 novembre pour mettre en place le statut Lemoine. Puis est « neutralisé ».

images-1C’est Jean-Marie Tjibaou, Président du FLNKS mais également Président de l’UC qui signe finalement les accords de paix de Matignon au nom des indépendantistes.

Au risque de sa vie qu’il perd à Ouvéa le 4 mai 1989, avec Yeiwene Yewene. Tous deux de l’Union Calédonienne.

Les responsables et les militants de l’UC portent cette histoire, faite de domination de la vie politique calédonienne de 1958 à la fin des années 70, faite aussi d’épisodes dramatiques, de conflit armé, d’acceptation de la paix et d’un nouveau rapport avec l’ancienne puissance coloniale.

C’est pour ces raisons qu’elle considère « ne pas avoir de leçons à recevoir de quiconque ». Mais c’est également pour ces raisons notamment que les récentes attaques de Calédonie Ensemble laisseront quelques traces profondes.

Humeur : Par Toutatis, ils sont fous ces Calédoniens !

Mon cher Economix,

Le mois dernier, en arrivant devant le siège du gouvernement local, j’ai pu admirer un échantillon d’une centaine de camions, accompagnés d’un bulldozer dénommé « le fils à Goldorak ».

Je pensais d’abord qu’il s’agissant du Salon Annuel du Camion.

C’est en voyant les inscriptions guère aimables sur les banderoles que je me suis aperçu que ce rassemblement n’avait rien d’un événement de loisir grand public !

Par curiosité, je me suis renseigné sur la cause de cette manifestation. C’est tout à fait étonnant, mon cher Economix.

En fait, la Nouvelle-Calédonie est une île très riche en minerai de nickel qu’elle utilise dans ses propres fonderies, et qu’elle exporte au Japon et en Corée.

L’île traverse actuellement un ralentissement économique. Les budgets publics sont en difficulté, les régimes sociaux sont en déficit, les usines métallurgiques perdent des sommes colossales.

Par chance pour la Calédonie, et alors que les ventes de minerai sont en baisse, la Chine propose d’en acheter ! Et pas n’importe quel minerai : celui qui est inutilisable par les clients traditionnels de l’île en raison de sa très faible teneur.

imagesLe monde entier rêve de nouveaux marchés en Chine, alors même que ce pays connaît un ralentissement économique qui met à mal l’économie mondiale.

Et bien crois moi si tu veux, le monde entier sauf la Calédonie !

Que comprendre ? Par Toutatis, ils sont fous ces Calédoniens !

Metallurgix

L’UCF est bien au gouvernement

Chacun aura rectifié sur la majorité éventuelle du gouvernement pour autoriser des exportations de latérites sur la Chine : il s’agit bien des deux voix des Républicains, de celle de l’UCF représentée par Isabelle Champmoreau, et celles de l’Union Calédonienne.