PACIFIQUE : LE PARADOXE DES RELATIONS ENTRE LA FRANCE ET LES INDÉPENDANTISTES

Les élections territoriales en Polynésie française ont mis ce territoire et la Nouvelle-Calédonie à égalité, pourrait-on dire. Louis Mapou, de l’Union Nationale pour l’indépendance, est le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Moetaï Brotherson, député du Tavini, va devenir le prochain président de la Polynésie française. Et même si dans les deux territoires, la population est majoritairement autonomiste, la revendication d’indépendance des deux principaux territoires français dans le Pacifique prend une autre tournure.

Bien sûr, la campagne électorale du Tavini d’Oscar Temaru s’est développée essentiellement autour du thème social et des inégalités, tout en profitant du sentiment de rejet d’Edouard Fritch d’une partie des électeurs autonomistes. Il n’empêche. Sur les plateaux télévision, les représentants du Tavini ne manquent pas de souligner que « la France devra mettre en oeuvre un processus de décolonisation de la Polynésie ». De son coté, Oscar Temaru a confirmé qu’il se rendrait en octobre avec une délégation du Tavini devant le comité de décolonisation de l’Onu. Avec en poche, le récent succès des indépendantistes polynésiens.

A l’inverse, et alors qu’ils exercent et exerceront concrètement le pouvoir, les partis indépendantistes n’ont toujours pas explicité … leur projet d’indépendance. Leur situation de vainqueurs dans les institutions conduit à un paradoxe : parvenus au pouvoir, ils mettent en relief l’impossibilité de maintenir à leur population le niveau de vie et de liberté dans le cadre d’une indépendance.

En Nouvelle-Calédonie, les difficultés rencontrées par la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique soulignent l’incapacité du territoire à assumer les charges découlant de ses propres compétences. En Polynésie, les indépendantistes ont dénoncé les inégalités sociales et la pauvreté. Mais, s’agissant de compétences exercées par le « pays », ils devront eux mêmes résoudre ce problème, et avec leurs propres moyens. Mission quasiment impossible en se passant des interventions généreuses de la France. Là-bas comme ici, comment se passer de  » l’État colonial » ? …

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