LE « CAMP EST » MENACÉ PAR LA MONTÉE DE EAUX ?

Le centre pénitentiaire de Nouméa, plus fréquemment appelé « Camp Est », sera-t-il menacé par la montée des eaux ? Il ne s’agit évidemment que d’une boutade, tellement cette question revient régulièrement à l’ordre du jour depuis au moins deux décennies.

L’état de notre prison a de nombreuses fois été stigmatisé, de même que sa surpopulation qui n’est d’ailleurs pas propre à la Nouvelle Calédonie. La Justice est elle-même confrontée à un problème d’exécution de peines en raison de cette surpopulation. Certes, le centre de détention de Koné allège la charge du Camp Est, mais le problème demeure.

Cette question avait été évoquée par le Haut Commissaire, comme elle l’avait été par plusieurs de ses prédécesseurs. « Chaque année, l’Etat investit 350 millions de francs dans la rénovation du Camp-Est. Nous cherchons dans Nouméa et le Grand Nouméa un nouveau terrain pour construire une nouvelle prison. Avec le changement climatique, la montée des eaux, un jour ou l’autre, le Camp-Est aura les pieds dans l’eau. Avec l’ensemble des élus, nous nous sommes fixés comme objectif de trouver, avant la fin de l’année, un terrain adapté, suffisamment grand et à proximité immédiate des forces de l’ordre« , avait-il déclaré le 23 août dernier à NC1ère.

Le problème n’est effectivement pas financier. Son rappel dans l’actualité par le député de la seconde circonscription n’a fait qu’écho à celui d’un ancien député de la première circonscription. Autant de demandes qui se sont heurtées à un « simple » problème foncier. C’est qu’en effet, la localisation d’un établissement pénitentiaire est soumise à des conditions de proximité du tribunal, des forces de l’ordre ou encore des établissements de santé. Mais elle doit, surtout, recevoir l’assentiment du maire concerné … et de ses habitants.

Or jusqu’à présent, tous les Calédoniens souhaitent que l’État construise un nouvel établissement pénitentiaire, … mais surtout pas à proximité de chaque « chez soi ». Un casse-tête qui perdure depuis des années, et dont le dossier devra être poursuivi par le successeur de l’actuel Haussaire.