LES IMBROGLIOS COUTUMIERS DU FONCIER

Conflit foncier à Touaourou et coups de sabre d’abattis, conflit entre un GLPL et un clan au Pic aux morts, avec en toile de fond une querelle sur la légitimité de la personne habilitée à négocier, ce sont deux dossiers qui émergent parmi la problématique foncière en milieu traditionnel.

Au vrai, plus personnes n’y comprend plus rien, et les uns et les autres doivent s’accorder pour laisser à la Justice souvent dépeinte comme coloniale ainsi qu’à la gendarmerie souvent, elle aussi, présentée comme coloniale, pour résoudre temporairement les conflits. Pourquoi temporairement ?

Parce qu’il est admis que certaines querelles coutumières durent depuis des décennies pour ne pas dire plus. On se souvient les événements survenus à Maré du vivant de Nidoishe Naisseline à propos d’un foncier revendiqué par plusieurs clans depuis la nuit des temps, et qui s’était soldé par une confrontation mortelle.

De la même manière, plusieurs dossiers soumis à l’Adraf se sont eux aussi traduits par des contestations sur l’antériorité de la propriété foncière en question. En tout lieu, qui peut dire que le clan qui revendique n’avait pas supplanté un autre clan installé sur ce même lieu avant le « revendiqueur » ?

Dans certains cas, désormais, les enjeux financiers pointent le bout de leur nez. Le foncier n’est pas seulement un enjeu de lien à la terre dans un monde où les échanges économiques s’effectuent avec du sonnant et trébuchant.

Quant à la légitimité, elle repose parfois sur la mémoire d’un « Vieux » ou d’une « Vieille », eux-mêmes soumis à des pressions pour des enjeux qui n’existaient pas dans des temps plus anciens. Le foncier est une vaste problématique compliquée. Celle-ci l’est encore davantage lorsque surgissent les clans, les GDPL, et les paroles censées traduire les vérités orales.