SOUS-MARINS AUSTRALIENS : L’AFFAIRE POURRAIT CONNAÎTRE UN REBONDISSEMENT

« Je pense que nous devons prendre au sérieux la possibilité que nous n’obtenions jamais les sous-marins Aukus« , a indiqué dans le Guardian Sam Roggeveen, directeur du programme de sécurité internationale de l’Institut Lowy, un think tank indépendant basé à Sydney. Sans aller jusque-là, un retard dans la fourniture des sous-marins serait un véritable coup dur pour l’Australie qui doit faire face à la mise en retraite de ses sous-marins Collins aux alentours des années 2040 et risque donc de ne pas trouver de remplaçants avant cette date. Inimaginable à l’heure où les tensions avec la Chine dans la région indo-pacifique se renforcent.

Les affaires risquent en effet de se corser pour l’Australie qui ne devrait pas recevoir ses premiers sous-marins avant 2050 au mieux, quand le contrat avec la France promettait des premières livraisons en 2030. Coûts de construction en forte hausse, carnets de commandes déjà remplis… Plusieurs rapports dont un du Congrès américain ont semé le doute sur la capacité des industries américaine comme britannique à répondre à la demande australienne en temps et en heure alors qu’elles peinent déjà à satisfaire leurs propres besoins. 

Pour combler le déficit de capacité entre la mise au rebut des Collins et l’arrivée des nouveaux sous-marins nucléaires américains ou britanniques, l’Australie cherche une alternative. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ayant d’ores et déjà exclu de prêter certains de leurs submersibles, Canberra envisage selon le Guardian de se tourner vers d’autres partenaires. Parmi les options suggérées : des sous-marins d’Espagne, d’Allemagne, de Singapour, d’Israël ou encore de Suède, via le groupe Saab qui a participé à la conception des sous-marins de classe Collins.

D’après le quotidien économique de Sydney, c’est lors de la visite d’Anthony Albanese à Paris en juillet dernier qu’Emmanuel Macron aurait proposé de fournir à l’Australie quatre sous-marins à propulsion conventionnelle, lesquels seraient construits sur le site de Naval Group à Cherbourg. Si aucun des deux pays n’a confirmé cette information, les syndicats australiens rejetteraient déjà une solution de ce type, eux qui souhaitent que des sous-marins soient construits non pas à l’étranger mais dans leur pays pour accélérer la formation de main-d’œuvre locale. 

Initialement envisagée pour la fin de l’année, une éventuelle visite d’Emmanuel Macron en Australie n’a jamais été confirmée. Pourtant, selon le Monde, Sébastien Lecornu, ministre des Armées, « a confirmé, le 20 novembre, qu’il s’agissait de sous-marins à propulsion conventionnelle et non nucléaire, comme initialement demandé par Canberra dans le cadre de l’alliance « Aukus ».