PRÉSIDENCE DU CONGRÈS, ACCORD DE STABILITÉ : CE QUI VA CHANGER

La Nouvelle Calédonie aura les yeux braqués sur le Congrès aujourd’hui. Pourtant, le renouvellement du bureau s’effectuera sans surprise après l’annonce de la position de l’Éveil Océanien, puis la publication d’un pacte entre ce parti et les deux formations indépendantistes principales du Congrès. Alors les observateurs seront à l’affut de toute évolution, de tout changement dans un ordre qui paraît d’ores et déjà établi. Une personnalité mise en avant, les votes au sein des non-indépendantistes. Mais au-delà de cette journée d’élections internes, qu’est-ce qui peut changer réellement ?

Pas de surprise, en tout cas pour le perchoir. Rock Wamytan sera reconduit. Le chiffre à retenir sera donc le score de Gil Brial. Fera-t-il le plein de voix du camp non-indépendantiste ? Pas de surprise également pour la présidence de la commission permanente : l’accord majoritaire passé garantit celle-ci à Milakulo Tukumuli. Quant aux dispositions concernant le renforcement des moyens en collaborateurs, le budget de représentation de la commission permanente et le renforcement des moyens aux gouvernement, elles devront faire l’objet de décisions soit de délibérations du Congrès, soit d’inscriptions au budget du gouvernement et de l’assemblée. Au gouvernement, le président a toute latitude pour ce qui concerne les moyens.

Restera ensuite la composition du bureau du Congrès, la formation des commissions et de leur bureau, ainsi que nominations dans les commissions, comités et conseils d’administrations extérieurs. Pour ce qui concerne le Bureau du Congrès, les postes sensibles sont ceux des questeurs, appelés à valider ou non les dépenses décidées par l’ordonnateur, en l’espèce, le président. La première Vice-présidence du Congrès, la présidence de la commission permanente et les présidences des commissions, elles, sont accompagnées de moyens en collaborateurs. La mise à disposition de véhicules relève d’une décision de la présidence.

Passé ces opérations de cuisine interne, c’est la suite de la gouvernance de la Nouvelle-Calédonie qui est essentielle. Les signataires souhaitent « plus de dynamisme à l’action du gouvernement », une façon de reconnaître que peu de choses ont avancé depuis un an que l’Exécutif à majorité indépendantiste est en place … Des priorités sont fixées dans le document « de stabilité » : le sauvetage du Ruamm, l’abrogation des exonérations TAPP (Taxe additionnelle sur les produits pétroliers) et TPP (Taxe sur les produits pétroliers), la réforme de la fiscalité, l’habitat océanien, les mesures « stop » et les quotas, mesures couvrant la période 2022-2024 indiqués dans le « pacte ».

Ces décisions vont peser à la fois sur les recettes et les dépenses budgétaires de manière sensible. Elles impacteront les industries locales en supprimant les interdictions d’importations et les quotas. Quant à la fiscalité, les propositions à la fois portées par le gouvernement en début d’année, et plus récemment par l’Eveil Océanien, ont éclairé les intentions de la majorité au pouvoir.

La logique du « pacte » voudrait qu’elles soient prises en compte par la majorité dès le vote du budget 2023, avec pour première exigence, qu’il soit présenté sur le bureau du Congrès en équilibre dès la mi-novembre.

Il y a du pain sur la planche pour cette nouvelle majorité. Et probablement quelques remous à venir parmi les contribuables et les industriels.