LES INDÉPENDANTISTES CONDUISENT-ILS LA CALÉDONIE À LA CESSATION DE PAIEMENT ?

Est-ce un fin calcul ou la décision de responsables qui ne comprennent pas vraiment la situation dans laquelle se trouve la Nouvelle Calédonie ? En tout cas, au Congrès, les indépendantistes et quelques voix supplémentaires ont décidé hier de reporter à juillet l’habilitation du gouvernement à signer le contrat de prêt de 20,88 milliards de francs auprès de l’AFD.

Le motif : l’Agence française de développement a indiqué à l’exécutif l’impossibilité de prévoir un taux d’intérêt fixe, au regard de la panique sur les marchés financiers et de l’inflation mondiale très rapide due à la guerre en Ukraine. En clair, si ce n’est pas un taux fixe, c’est un taux variable.

Dans l’intervalle, le prêt relais consenti par un pool de banques locales devrait permettre quelques paiements prioritaires du territoire pour ses dépenses obligatoires et certains créanciers. En début de semaine, toutefois, la trésorerie du territoire était négative, ce qui signifie que dans ce cas, tout décaissement est impossible pour la Nouvelle Calédonie.

On peut craindre ainsi que le manque de trésorerie accroisse les difficultés des entreprise créancières, et accentue celles du Ruamm et des services de santé. Plusieurs cas de figure peuvent se dessiner, au gré des fluctuations des systèmes financiers de la planète et de celle de l’AFD.

Les conditions évoquées par l’Agence évoluent, et un taux fixe acceptable et proposé, conduisant à la signature de la convention du prêt de 20 milliards. Autre cas de figure, ces conditions n’évoluent pas, mais la Calédonie trouve un bailleur proposant un prêt à un taux maximum de 3%. Dans les conditions de solvabilité du territoire, on peut toujours rêver, en dehors peut être d’une banque chinoise qui se passerait de la garantie de l’État … Autre cas de figure également, l’État garanti à la Calédonie qu’au delà d’un taux d’intérêt supérieur à 3%, il prend le différentiel à sa charge jusqu’à un retour à bonne fortune. Autrement dit, le gouvernement local aurait pu, par exemple, solliciter un délai de négociation avec l’assentiment de l’ensemble des partis politiques du Congrès au lieu d’une adoption de motion préjudicielle. Cela cache-t-il quelques autres intentions ?