LES NOUVEAUX IMPÔTS EN RADE : UN CAILLOU DANS LA CHAUSSURE DU GOUVERNEMENT

Le gouvernement présidé par Louis Mapou peine à démontrer sa capacité de gérer la Nouvelle Calédonie. Après une mise en place chaotique -il avait fallu 6 mois pour imposer le candidat de l’Uni au sein de la coalition indépendantiste-, il s’était retrouvé face à une rebond de la crise du covid avec l’introduction du variant Delta. Si cet épisode a été plutôt correctement maîtrisé en conjonction avec le Haut Commissaire, les indépendantistes, après avoir affirmé qu’ils se passeraient de l’aide de la France, avaient dû se résoudre à solliciter une intervention de Paris.

Quant aux prestations des porte-parole en conférences de presse sur ces sujets, elles avaient, quant à elles, attiré de nombreuses critiques, voire des quolibets, parfois dans les médias, et souvent sur les réseaux sociaux.

Sont venus ensuite les délais concernant les exercices imposés à tout gouvernement, la déclaration de politique générale et le dépôt du projet de budget 2O22, toujours pas remis sur le bureau du Congrès. Quant aux mesures de redressement du Ruamm, présentées comme une des ardentes priorités de l’Exécutif, elles se font toujours attendre.

Aujourd’hui, avec les avatars du rapport sur le calendrier d’un train de nouveaux impôts déposé à la hâte au Congrès, le gouvernement veut gagner en crédibilité grâce à ce qu’il voudrait afficher comme une réforme fiscale d’envergure. Mais la méthode, d’abord, le contenu ensuite, la présentation enfin, font apparaître l’initiative comme un travail bâclé, parfois improvisé, hors de toute concertation. Une opération qui pourrait se transformer en échec pour le premier gouvernement à dominante indépendantiste dont l’ambition est de démontrer sa compétence.

L’EXAMEN DU CALENDRIER FISCAL PAR LE CONGRÈS : UNE MÉTHODE INVERSÉE
Il s’agissait, au départ, d’une simple demande d’approbation d’un calendrier de mesures s’échelonnant entre 2O22 et 2O24. Seulement voilà : ces mesures concernent un prélèvement fiscal de 43 milliards, le plus important que la Calédonie ait éventuellement à subir dans toute son histoire ! Imaginer que l’exercice passerait comme une lettre à la poste relève de l’amateurisme.

C’est que de surcroît, les dites mesures ne sont pas toutes au point, qu’elles n’ont fait l’objet d’aucune concertation, notamment avec les forces vives du territoire, et qu’elles sont livrées au travers d’un calendrier sans contenu stratégique, sans mesure d’impact, sans évaluation des conséquences.

Autrement dit, ce serait au législateur de faire le travail pour lequel, justement, il a désigné un Exécutif !

Le Congrès va-t-il s’attacher à mener les tâches qui incombent normalement au gouvernement ? S’il est normal que les commissions ad hoc consultent pour éclairer des avis requis les textes qui leur sont soumis, il est totalement hors de propos, et même dangereux pour la pertinence de ces textes, qu’elles s’emploient à les instruire.

En l’état, le fameux calendrier n’aurait même pas dû franchir l’étape de son vote par une majorité du gouvernement. Là encore, improvisation et amateurisme ont fait bon ménage.