SCRUTIN RÉFÉRENDAIRE : LA PARTICIPATION VA RÉSERVER DES SURPRISES …

C’est la grande question : le taux de participation au dernier scrutin de consultation des électeurs calédoniens sur l’avenir institutionnel du territoire, le 12 décembre prochain. Plusieurs facteurs devraient entrer en ligne de compte. D’abord, bien sûr, l’appel à la non participation lancé par le FLNKS. Ensuite la situation sanitaire. Enfin, les éléments de campagne, soit actuels, soit déjà avancés lors des deux premiers scrutins, et les réflexions provoquées par les informations factuelles du document de l’Etat.

Le mot d’ordre de non participation pourrait être diversement suivi. Il n’aura probablement pas la même résonance dans les tribus et dans les milieux urbains. De surcroît, si le droit de suffrage universel date -sans les femmes- de 1848 pour les électeurs de culture européenne, celui des Kanak a fait l’objet de luttes plus récentes. Cet acquis est fortement ancré, pour l’exercice de ce droit fondamental et la puissance d’un bulletin de vote. Ayant fortement participé aux deux précédents scrutins référendaires, il n’est pas dit que tous les Kanak renonceront à ce droit en 2021.

Un autre élément peut s’inviter dans le choix des électeurs du OUI : la perte de crédibilité du FLNKS, en proie a des atermoiements depuis un an. L’issue des conflits du sud, autour de la reprise de l’usine, l’élection du gouvernement, la réaction dans anti-vax Kanak face au gouvernement Mapou, et le conflit générationnel larvé pourraient provoquer des surprises.

La situation sanitaire est un autre motif qui portera l’abstention ou non. On peut estimer que, majoritairement, les personnes vaccinées iront voter, tandis que les non vaccinés seront plus hésitants.

Quant au document de l’Etat, il a énoncé clairement ce que seraient, factuellement, les conséquences de l’indépendance. Au travers du document, de ses analyses dans tous les médias, des réunions de campagne ou d’information, une majorité d’électeurs en connait l’essentiel. Une fraction, probablement assez faible, entre 10 et 20% d’électeurs, notamment d’indécis, pourrait y trouver matière à réflexion pour le vote.

Les nouveaux inscrits depuis 2020 iront-ils voter ? Cette population jeune peut se révéler éloignée des mots d’ordre politiques, en particulier chez les jeunes Kanak. Compte tenu des enjeux, et de la forte sensibilisation accumulée depuis 2018, on peut estimer qu’une majorité de jeunes ira voter, avec un taux plus faible chez les nouveaux inscrits Kanak.

Au total, bien malin celui qui pourrait s’aventurer à donner un chiffre de participation. Comme chaque calcul électoral en politique, 1 + 1, cela fait rarement 2 ! Pronostiquer qu’une bonne majorité d’électeurs comprenant des partisans du OUI et des partisans du NON, c’est à dire plus de 50%, ira effectuer son devoir citoyen dimanche prochain, pourrait paraître hasardeux. Mais affirmer que c’est chose impossible le serait tout autant …