AU GOUVERNEMENT, KOLLÉGIALITÉ KAPUT

« Je ne ferai pas ce que j’ai dit que je ferai », c’est souvent un adage que les politiques mettent un point d’honneur à appliquer. Cela ne concerne évidemment pas que les élus indépendantistes, mais en l’espèce, ils l’ont fait sien au gouvernement de la Nouvelle Calédonie. En cause, la Déclaration de Politique générale devant le Congrès, acte solennel prévu par la loi organique, et que tout président du gouvernement doit prononcer lors de la plus prochaine session de la première assemblée suivant son élection.

Un bug s’était déjà produit le 18 novembre dernier, date prévue pour cette fameuse DPG que Louis Mapou devait présenter. Celle-ci avait fait l’objet d’un report « compte tenu du contexte général de fragilité du climat économique et social ».

Chacun a compris alors qu’il s’agissait, en réalité, d’une difficulté au sein du gouvernement, la « fragilité du climat économique et social » perdurant depuis au moins 3 ans … De fait, la déclaration n’avait pas été discutée entre tous les membres de l’exécutif, ce qui en la circonstance, est le b.a.ba de la célèbre collégialité.

Pour la deuxième tentative, il semble bien que le travers de la première se soit répété. A moins que « le climat économique et social » se soit considérablement amélioré en une semaine. En tout cas, ce n’est pas l’avis des membres du gouvernement Avenir en Confiance. « Dans les précédents gouvernements, cette feuille de route a toujours fait l’objet d’une validation par les différentes composantes de l’exécutif avant d’être prononcée« , déclarent-ils, en condamnant « cette attitude qui traduit une manque de respect total de la collégialité« . Ils pourraient donc quitter la salle du prononcé avant la fin de l’allocation, « si une orientation non collégiale devait être donnée« .

Lors de la démission collective des membres indépendantistes qui avait fait tomber le gouvernement Santa en février dernier, une prétendue absence de collégialité faisait partie des motifs. Thierry Santa, en tout cas, avait consulté ses collègues lorsque, fraîchement élu à la présidence du gouvernement, il avait prononcé sa DPG.

Alors, amateurisme, ou volonté délibérée de rechercher l’incident de la part de la majorité indépendantiste du gouvernement ? Les choses pourraient peut-être s’arranger si, in extrémis, une « collégialité » était organisée avec la présentation de la DPG pour trouver un accord sur le contenu de la déclaration.