POURQUOI LA NON PARTICIPATION N’ALTÈRE PAS LA SINCÉRITÉ D’UN SCRUTIN

C’est la grande question : la décision de « non participation » à la troisième consultation sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle Calédonie risque-t-elle d’altérer la sincérité du scrutin ? Décryptage.

La non participation équivaut à une abstention. Le terme de « non participation » choisi par le FLNKS vise à porter une charge sémantique suggérant qu’en l’absence de vote de certains électeurs, le vote serait insincère. Dans les faits, une non participation équivaut une consigne d’abstention, mot d’ordre parfois utilisé par les partis politiques.
D’ailleurs, même sans consignes particulières, l’abstention a marqué une hausse très sensible lors des dernières élections régionales métropolitaines. En 2020, les élections municipales de Paris ont enregistré un record historique d’abstentions, la participation s’étant élevée à un petit … 36,68%. Cela n’empêche nullement la maire de Paris, Anne Hidalgo, de briguer la fonction de présidente de la République.

L’Etat est « simplement » tenu d’organiser la consultation. La responsabilité de l’Etat est d’organiser la consultation dans le respect des règles électorales et démocratiques, conformément à l’Accord de Nouméa. De ce point de vue, l’Etat français sera irréprochable, comme il l’a été lors des deux premiers scrutins de consultation des Calédoniens sur l’avenir institutionnel du territoire. Il met en place le dispositif, assure la liberté de vote et invite des observateurs de l’Onu.
En revanche, l’Etat n’est pas comptable de la participation à la consultation. Celle-ci relève de la libre décision de chacun.

La consultation tenue, l’Accord de Nouméa sera clos. C’est ce qui ressort des dispositions juridiques acceptées en 1998 par tous les acteurs calédoniens. La tenue de cette ultime consultation n’était d’ailleurs pas imposée. Elle résulte d’une demande du FLNKS.
Au plan international, le seul argument avancé par le représentant permanent de la Papouasie à l’Onu a été la situation sanitaire de la Nouvelle Calédonie. C’est exactement la position du gouvernement français.
Consultation électorale assurant aux électeurs un vote libre et démocratique, situation sanitaire permettant cette expression : ces conditions remplies assureraient la sincérité du scrutin prévu le 12 décembre.