LE PORTE PAROLE DU PALIKA INTERDIT DE SÉJOUR DANS LE GUAHMA/MARÉ

Voilà une belle illustration de ce que deviendrait toute la Calédonie sous Kanaky : le retour aux féodalités et la mise entre parenthèses des principes de liberté que garantit la République. La liberté d’aller et venir est considérée comme l’un des droits fondamentaux des Français et des êtres humains. Pour avoir critiqué la décision de la grande chefferie de Guahma d’interdire les campagnes de vaccination sur son aire … au nom du respect de la liberté, Charles Washetine, leader du Palika aux Iles Loyauté et porte parole du parti, ainsi que Isabelle Bearune, Vice-présidente de la province viennent d’être interdits de séjour coutumièrement dans ce district. Les réactions du Palika/Uni, du président du gouvernement, du président de la province des Iles et de la Ligue des Droits de l’Homme sont attendues …

UNE PRIVATION DE DROITS EXCEPTIONNELLE POUR LA JUSTICE

L’interdiction de séjour est une peine exceptionnellement prononcée par la Justice française. Au grand dam, parfois, des victimes de multirécidivistes voleurs, violents et cambrioleurs en tout genre.
Ce n’est pas le cas, dans les aires où la coutume est encore prégnante, et notamment aux Iles Loyauté.
Pendant les événements, Dick Ukeiwe, leader anti-indépendantiste ainsi qu’un certain nombre de ses proches pourtant d’un rang coutumier élevé, en avaient fait les frais. Plus récemment, ces oukases avaient été prononcés à Belep contre des « fauteurs de troubles » et dans ce même district de Guahma, à l’encontre des habitants de Roh.
Sur la Grande Terre, ces sanctions coutumières sont plus rares. Mais il est vrai que d’une manière générale, et sur la plupart des territoires, la coutume est plus discrète, et souvent battue en brèche par la délinquance.

DES TENSIONS AVEC LA REPRÉSENTATION POLITIQUE
Aux Iles, illustration de l’ambivalence des pouvoirs politiques et des pouvoirs coutumiers, les responsables politiques sont … prudents. Déjà, au début de la crise Covid, ce sont les coutumiers qui avaient décidé l’interdiction d’atterrir aux avions d’Aircal. Cet épisode, d’ailleurs, perdure. En tout cas, le président de la province des Iles a toujours fait preuve de précautions oratoires lorsqu’il s’est agi, notamment, de décisions liées à la crise du Covid, aussi bien pour ce qui concerne la vaccination que les ouvertures des écoles.
Cette fois, il s’agit d’un choc frontal entre un parti politique indépendantiste, et une autorité coutumière. Ironie de l’histoire, le père du grand chef de Guahma fut un des fondateurs du Palika, puis le quitta pour créer le LKS devenu Dynamique Autochtone ! Il se dit, d’ailleurs, que le président du Palika n’est pas un grand adepte du Sénat coutumier. Ce conflit, dont est victime l’un des principaux responsables du parti, ne va pas arranger les choses.
Pour le président du gouvernement, également, la situation est délicate, compte tenu de la personnalité de Charles Washetine, ancien membre du gouvernement. Tous deux appartiennent au même parti politique, mais Louis Mapou est de la Grande Terre. Il sera donc plus libre d’exprimer sa solidarité à son ex-collègue. S’il le fait.

KANAKY ET LA COUTUME
Le respect de la coutume est pris en compte dans les Accords de Matignon et de Nouméa. Mais pas ses éventuels excès. La question est plus délicate pour les indépendantistes.
Dans son document : »Kanaky-Nouvelle Calédonie Un Etat souverain en Océanie« , l’Uni Palika auquel appartient Charles Washetine, consacre quelques chapitres importants sur la place de la coutume dans le nouvel Etat espéré.
Dans celui intitulé « la place de la coutume et des autres cultures dans l’Etat pluriculturel« , le document indique ainsi que « c’est un société Kanak moderne qui doit donc rééquilibrer le balancier entre l’individu et son groupe pour reformuler ce lien en milieu coutumier« .
« Vaste programme » comme aurait dit le Général de Gaulle qui entretenait un lieu historique et particulier avec l’arrière grand-père du grand chef de Guahma.