GOUVERNEMENT : BIENTÔT LA DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE ?

La crise sanitaire semble sous contrôle. Tout le monde s’y est mis : le gouvernement, les provinces, les communes, la Sécurité Civile, des associations, des bénévoles, le corps médical, les pharmaciens, des entreprises. L’Etat a été omniprésent. Il a fourni les vaccins, les tests, des spécialistes et des renforts sanitaires venus de métropole, des moyens militaires, le service de santé des Armées dont des personnels médicaux qui viendront de métropole. Au total, le gouvernement de Louis Mapou donne le sentiment de ne pas trop mal s’en sortir. Mais les devoirs institutionnels commencent à se rappeler à son bon souvenir.

Le programme d’abord. C’est en février dernier que les indépendantistes font tomber le gouvernement Santa. Motif avancé, un manque de collégialité, et une absence de traitement de dossiers jugés importants par la coalition séparatiste. La suite immédiate est un gros trou d’air. Pendant 6 mois, les deux formations indépendantistes sont incapables de s’entendre sur la personnalité qui présidera l’Exécutif. Entre Samuel Hnépeune et Louis Mapou, c’est finalement l’Uni et l’ancien responsable de la Sofinor qui l’emporte. Et c’est alors le variant Delta qui s’invite.

Tandis que s’approche la fin de l’année, et la fatidique date de la consultation sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle Calédonie, les impératifs de la vie de la collectivité demeurent.

Le Ruamm, dont la gouvernance réformée, proposée par l’Igas il y a plus de deux ans est toujours lettre morte, se meurt obstinément. Le budget, mis en place d’autorité par le représentant de l’Etat, n’a toujours pas été révisé par le Congrès. Et l’action du nouveau gouvernement doit officiellement débuter en s’inscrivant dans le traditionnel discours-programme, dit de « politique générale ».

C’est que la crise sanitaire, en dépit de sa prégnance, n’empêche pas le fonctionnement des services administratifs et l’exécution du contrôle et de l’animation des secteurs dont sont chargés les membres du 17e gouvernement calédonien.

Rien, donc, ne peut s’opposer à la délivrance de la fameuse déclaration de politique générale de Louis Mapou.

Il serait en effet temps, alors que la loi organique prévoit que le délai normal pour le dépôt du projet de budget 2022 s’achève au 15 novembre.

Au préalable, le gouvernement devra présenter sa stratégie devant la représentation « parlementaire » du Congrès. Puis, s’inscrivant dans les grandes lignes tracées par le « DPG », le gouvernement devra proposer ses orientations budgétaires pour les trois ans à venir, une présentation permettant des échanges sans autre vote que celui du constat que le débat requis a eu lieu.

La difficulté, pour la majorité indépendantiste du gouvernement, sera cependant d’inscrire les orientations du budget de la Nouvelle Calédonie dans le sillon de l’indépendance, espérée par elle le 12 décembre au soir, et effective, dans cette hypothèse, dès la mi-2023.

Ainsi, tout ce processus se tient : déclaration de politique générale, puis débat d’orientation budgétaire, puis dépôt du projet de budget. C’est la raison pour laquelle, la « DPG », dont la date a plusieurs fois été repoussée, devrait être imminente. A moins que …