L’INSTITUT PASTEUR VA TESTER UN NOUVEAU MÉDICAMENT CONTRE LE COVID

Dès le début de la crise sanitaire Covid-19, en mars 2020, une équipe de recherche réunissant des chercheurs de plusieurs laboratoires de l’Institut Pasteur de Lille (CNRS, Inserm, Université De Lille, CHU de Lille et la start-up Apteeus spécialisée dans le repositionnement de médicaments) s’est mobilisée dans la recherche d’un traitement contre le Covid-19. Ils ont utilisé une base de 2000 molécules déjà connues pour d’autres maladies afin d’identifier celles qui pourraient être capables d’apporter une réponse efficace contre le virus. L’objectif était de chercher dans cette « chimiothèque » un médicament efficace contre le Covid-19.


Et au début de l’été 2020, l’une d’elle, le clofoctol (le médicament s’appelle l’Octofene) s’est révélée comme particulièrement puissante contre le virus et fait depuis l’objet d’une série d’essais. Cette molécule disposant déjà d’une autorisation de mise sur le marché pour les infections respiratoires, le protocole a permis un délai plus rapide dans sa mise en place » explique l’Institut Pasteur de Lille.


Pour éviter un effet « hydroxychloroquine », les chercheurs longtemps préféré taire le nom de cette molécule. On sait depuis quelque temps qu’il s’agit du clofoctol, prescrit en France de 1978 à 2005 pour traiter les infections respiratoires bénignes sous la forme du suppositoire Octofene. Si ce dernier avait été retiré du marché en 2005, c’est parce que cet antibiotique n’était plus considéré comme utile, du fait que les rhinopharyngites pouvaient guérir d’elles-mêmes.


Cette molécule est, pour l’instant, la seule qui se positionne sur le début de la maladie. Mais il faut maintenant faire la preuve de son efficacité sur l’Homme. « Nous allons mener un essai clinique extrêmement rigoureux, respectant toutes les étapes de la procédure » explique l’Institut Pasteur.


Jusqu’à 700 volontaires sont espérés pour ce premier essai clinique. Les patients retenus feront l’objet d’un suivi médical très strict : les patients devront prendre deux suppositoires par jour, matin et soir pendant cinq jours et seront suivis pendant globalement deux à trois semaines.


Attention : en cas de succès, le traitement ne sera pas disponible avant plusieurs mois. Mais même si la vaccination se généralise en France, il sera un complément utile à la lutte contre la maladie.