GLENCORE : KONIAMBO SUR LA SELLETTE

Le géant suisse a profité de la relance des économies mondiales, et grâce notamment à la demande des matières premières, a renoué avec les bénéfices. Ces derniers sont estimés par le trader dans une fourchette comprise entre 222 milliards CFP et 324 milliards CFP pour cette année.

Pourtant, dans sa branche nickel comprenant également les productions du groupe au Canada, en Australie et en Norvège, la situation de Koniambo Nickel, en Nouvelle Calédonie, continue à être préoccupante.

Dans son rapport financier, Glencore relève ce que tout le monde sait sur le territoire : « L’usine métallurgique (KNS) a débuté l’année en exploitation mono ligne (1 four sur 2 ndlr) conformément à une stratégie d’amélioration opérationnelle mise en œuvre en 2020. Au cours de l’année, le retour prévu à une exploitation à deux lignes a été affecté par la défaillance d’un groupe électrogène sur le site et le four (2) a subi une fuite  lors de sa phase de remise en service. L’enquête approfondie sur la fuite se poursuit. La ligne (de production) à deux exploitations (fours) devrait reprendre en août. »

Pour l’heure, le nouveau PDG de Glencore attend la remise en production du second four de l’usine du Nord. Mais il a annoncé un « examen approfondi » de l’actif détenu en Calédonie en vue de prendre une décision « sur ce que nous voulons faire« .

En cause, une réévaluation des coûts de production, une chute de la production en raison des aléas techniques, et des résultats financiers en baisse de 25% au premier semestre 2021 par rapport à 2020.

Glencore est actionnaire de KNS à 49%, mais finance entièrement les déficits d’exploitation. Ce modèle économique est-il viable, alors que le trader minoritaire a encore injecté 25 milliards CFP dans KNS, contre pratiquement zéro pour l’actionnaire majoritaire ?

Fer de lance de la pensée économique des indépendantistes pour un éventuel futur Etat souverain, le nickel n’est guère porteur, au moins en province Nord, d’espoirs de ressources financières.

Réuni à dans la capitale française le 15 juillet dernier, le Club de Paris réunissant les créanciers publics et privés de l’Afrique et présidé par le Directeur du Trésor français, a rééchelonné un certains nombre de dettes des pays africains. Parmi les sujets non encore réglés, une dette à l’égard du Tchad détenue par Glencore …