LES WALLISIENS ET LES FUTUNIENS DEVIENDRONT DES « ÉTRANGERS » SI LE « OUI » L’EMPORTE

Les discours lénifiants ne peuvent occulter la situation juridique des habitants de Nouvelle-Calédonie telle qu’elle résulterait en cas de victoire du « Oui » le 12 décembre prochain, et en particulier pour les ressortissants de Wallis et Futuna. Cette réalité serait implacable. Le document étudié à Paris sur les conséquences du « Oui » est clair. Ses précisions rappellent ce qui s’est passé au Vanuatu en 1980.

LES WALLISIENS ET LES FUTUNIENS SERONT DES ÉTRANGERS
Dans une Nouvelle-Calédonie souveraine, seuls les nationaux du nouvel Etat auront droit de cité. Les Calédoniens d’origine wallisienne et futunienne, actuellement électeurs aux scrutins provinciaux, seront probablement admis à la nouvelle nationalité. Ils devront, dans ce cas, renoncer à la nationalité française.

Pour tous les autres, ressortissants de Wallis et Futuna, et donc de nationalité française, le statut d’étranger leur sera appliqué. « Ceux qui n’auraient pas acquis parallèlement la nationalité du nouvel Etat seront également des étrangers en Nouvelle-Calédonie, précise le document du gouvernement français qui poursuit, Ils seront donc soumis au droit des étrangers déterminé souverainement pas le nouvel Etat« .

Il leur faudra obtenir un visa d’entrée, et leur séjour sera limité, comme pour tous les étrangers. A n’en pas douter, beaucoup devront retourner au fenua. Par ailleurs, il paraît logique que les étrangers ne puissent bénéficier des régimes sociaux, et ce sera le cas des Wallisiens et des Futuniens. Par exemple, plus de retraite de solidarité aujourd’hui acquise au bout de quelques mois, si tant est que le nouvel Etat aura les moyens de maintenir les régimes sociaux actuels. Cela est douteux.

En matière d’emploi, les étrangers wallisiens et futuniens devront obtenir une autorisation, et de travail, et de séjour. Dans tous les cas, la priorité sera accordée aux nationaux locaux pour tous les emplois.

Les relations entre le territoire français de Wallis et Futuna et Kanaky-Nouvelle-Calédonie seront donc bouleversées au regard de la situation actuelle.

POUR WALLIS ET FUTUNA, PLUS DE RSMA, DE CONTINUITÉ TERRITORIALE, OU D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
Dans le cas d’une indépendance de la Nouvelle-Calédonie, c’est vers la Polynésie que le territoire de Wallis et Futuna devra se tourner. Les liens institutionnels, administratifs et organisationnels avec la Calédonie indépendante seront coupés. Quels sont-ils ?

Il s’agit de la continuité territoriale, des relations de santé, notamment des Evasan, du RSMA qui disparaîtra en Calédonie, de l’enseignement supérieur, du ressort judiciaire d’appel, de l’appui des services de l’Etat basés actuellement en Calédonie, des affaires maritimes à la BPI.

L’accession de la Nouvelle-Calédonie à l’indépendance à un précédent : l’accession de l’indépendance du Vanuatu où, du jour au lendemain, tous les Français sont devenus des étrangers. Peu s’en souviennent …