STATUT : L’INTRANSIGEANCE INDÉPENDANTISTE JUSTIFIE UN RÉFÉRENDUM EN 2021

A quoi sert d’attendre puisque deux consultations successives d’autodétermination ont déjà eu lieu en tout juste deux ans et demi ? Une procédure unique au monde ! La seule raison de fixer une date pour la troisième consultation en octobre 2022 serait la volonté exprimée d’aboutir à une nouvelle solution consensuelle. Puisque les indépendantistes ont officialisé leur décision de refuser cette option, il est désormais urgent d’achever un processus imaginé par les signataires des Accords de Nouméa, et qui devient clairement ubuesque. Le plus rapidement possible, dès cette année.

LE TROISIÈME RÉFÉRENDUM : TOUT LE MONDE EST PRÊT
Deux référendums entre novembre 2018 ont permis de roder le système. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour que l’Etat déclenche toutes les procédures patiemment mises au point : mobilisation des magistrats, déplacement des observateurs de l’Onu, déploiement des moyens de sécurité, contrôle des opérations. Quant aux communes, c’est un jeu d’enfants, pour elles, d’installer les bureaux de vote nécessaires.

Dans de telles conditions, et puisque n’existe aucun alternative politique, rien ne peut s’opposer à la sortie d’un processus qui ressemble de plus en plus à une impasse.

METTRE FIN AU CHAOS AMBIANT
La Nouvelle-Calédonie a besoin de sortir dans les meilleurs délais du chaos dans lequel elle se trouve, un chaos qui, fort heureusement, ne se traduit pas par des désordres plus grands grâce à l’intervention de la France. Ce chaos, certes, n’affecte plus l’ordre public, après les débordements liés à la reprise de l’usine du Sud. Mais le territoire est en très mauvaise situation économique, sociale et politique.

Au plan politique, elle est un bateau ivre, avec un gouvernement bloqué depuis 3 mois par une rivalité mortifère entre les partis qui souhaitent l’indépendance dans quelques mois. Le Congrès évolue au gré des majorités de circonstance et des humeurs du moment.

Les finances publiques se trouvent dans une situation catastrophique, avec un budget pris en main par l’Etat. Sans une subvention généreuse de 10 milliards accordés par la France au titre de la solidarité Covid, elles seraient ingérables.

L’économie est sous perfusion. Des dizaines d’entreprises ont mis, discrètement, la clé sous la porte. Des centaines d’employés se sont retrouvés silencieusement au chômage. Le système économique de la province Nord est en danger. La SLN s’en sort tout juste. Le bâtiment n’a plus de perspectives, ni de commandes.

Quant à la situation sociale, elle est plombée par le « trou » géant de la Cafat, dont les effets sur le système de Santé va rapidement de faire sentir, au détriment des patients et des professions de santé. Inutile, par ailleurs, d’évoquer le Covid qui aurait définitivement « coulé » le territoire sans les interventions financières et sanitaires de l’Etat.

Attendre n’aboutirait qu’à une aggravation de la situation, et ce n’est pas l’action d’un nouveau gouvernement « fin mal barré » qui changerait grand chose. Si la main de l’Etat tremblait encore, c’est que ses dirigeants auraient aussi mal estimé la situation calédonienne, qu’ils ne l’ont fait du Covid.